Accueil – Expert G. 18/24 – Méthode – Spécialités – Avis/Cas – Confiance
Jeune XY – (Andro)Jeunesse 4 – AndroJeunoPratique – Résumé – Contact
< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 >
LEXIQUE
Nominum / Rerum
(Suite)
– N –
NAPOLÉON – Croquis de l’épopée – Livre d’histoire, France, 20e s.
NAPOLÉON Ier des Français – Souverain régnant, France, 18e/19e s.
NARCISSISME / NARCISSIQUE – Égocentrisme, égoïsme, égotisme / relevant du narcissisme.
NARCISSISME NÉOGÉNÉRATIONNEL – Égocentrisme, égoïsme, égotisme du jeune.
NATIONS UNIES, Organisation des, ONU – Institution internationale regroupant la presque totalité des États, États-Unis, monde.
NAZISME / NAZI-S – Idéologie politique / relevant, tenant du nazisme, Allemagne, 20e s.
NÉGATIVISME / NÉGATIVISTE-S – Refus systématique, dénigrement, opposition / opposant.
NÉGATIVITÉ-S / NÉGATIF – Caractère pessimiste, défaitiste, défavorable de ce qui est non constructif, improductif & stérile, inutile / relevant de la négativité.
NÉGLIGENCE-S ÉDUCATIVE-S – Carence, abandonnisme, déficience d’éducation.
NE M’APPELEZ PLUS JAMAIS CRISE ! – Livre de sociologie, France, 21e s.
NÉOADOLESCENT-S / NÉOADOLESCENCE – Jeunes adolescents débutants & collégiens / débuts d’adolescence.
NÉOADOLESCENT-S PUBERTAIRE-S – Adonaissant : jeune adolescent débutant collégien de douze-quinze ans.
NÉOCORTEX / NÉOCORTICAL – Néopallium cérébraux : localisation du cerveau humain des fonctions cognitives évoluées : raisonnement, conscience, langage… / lié au néocortex.
NÉOGOTHIQUE-S, Jeune-s – Jeune « romantique sombre » : adepte d’une « certaine contre-culture fantastique », typologie sociologique, France, 21e s.
NÉOHIPPIE-S, Jeune-s – Jeune « libertaire » : non-violent, anticonsumériste, typologie sociologique, France, 21e s.
NÉOLOGISME-S / NÉOLOGIQUE – Mot & sens lexical nouveaux / relevant du néologisme.
NÉOPAGANISME-S / NÉOPAGANISTE-S – Polythéismes, rites païens, hétéroclismes religieux & philosophiques nouveaux actuels / relevant, tenant du néopaganisme.
NÉOPHILIE-S / NÉOPHILE-S – Amour, attirance, curiosité des nouveautés, de l’inconnu / lié à la néophilie, adepte des nouveautés.
NÉOPUNK-S, Jeune-s – Jeune subversif contestataire : nihiliste, anticonformiste & anti-autoritaire, individualiste & égalitaire, typologie sociologique, France, 21e s.
NERVOSITÉ-S / Caractère nerveux – Irritabilité, énervement, fébrilité.
NEUROBIOLOGIE / NEUROBIOLOGIQUE – Étude biologique des mécanismes du système nerveux humain / relevant de la neurobiologie.
NEURODÉGÉNÉRESCENCE / NEURODÉGÉNÉRESCENT- Atteintes des capacités cérébrales cognitives : mémoire, attention, langage, raisonnement… / relevant de neurodégénérescences.
NEUROLEPTIQUE-S / Antipsychotique-s – Médicaments psychotropes, « tranquillisants » : anxiolytiques, antidélirants, restructurants mentaux.
NEUROLOGIE / NEUROLOGIQUE – Médecine du « système nerveux central » cérébral & de l’ensemble périphérique des nerfs / relevant de la neurologie.
NEURONE-S / NEURONAL – Cellules nerveuses notamment cérébrales liées à l’information / relevant des neurones.
NEUROSCIENCES / NEUROSCIENTIFIQUE – Disciplines scientifiques d’étude du système nerveux humain / relevant des neurosciences.
NEUROTROPE-S / NEUROTROPIQUE – Éléments organiques se fixant sur le système nerveux / relevant des neurotropes.
NEUTRONIQUE – De nature relative aux neutrons : particules élémentaires neutres formant avec les protons les noyaux atomiques.
NÉVROSE-S / NÉVROTIQUE / NÉVROSANT / NÉVROSÉ-S – Troubles psychiques conscients à « conflits » douloureux obérant la vie sociale / relevant, atteint de la névrose.
NEWTON, I. – Philosophe, scientifique, astronome, théologien, Royaume d’Angleterre & de Grande-Bretagne, 17e/18e s.
NEWTOWN, Tuerie de – Massacre de masse par armes à feu, États-Unis, 21e s.
NICOLE-DRANCOURT, C. – Sociologue, France, 20e/21e s.
NIHILISME-S / NIHILISTE-S – Négation des valeurs, sens, buts, vérités collectifs admis / relevant, adepte du nihilisme.
NINETEEN NINETEEN : 1919 / L’An Premier du siècle – Œuvre littéraire, États-Unis, 20e s.
NIVEAU-X DE VIE – Qualité & quantité de biens, services disponibles par personne, groupe, population : confort matériel existentiel individuel & collectif.
NIVELLEMENT-S / NIVELEUR / NIVELÉ – Alignement, égalisation, aplanissement / relevant du nivellement.
NOBLESSE sociale / NOBLE-S – Milieu social aristocratique privilégié : hiérarchisé, endogame, héréditaire / relevant, membre de la noblesse.
NO LIMIT GENERATION / Génération sans limite – Jeunesse transgressive, « perdue », sans balises morales, Occident, 21e s.
NORME-S / NORMATIF / NORMÉ – Règle, précepte, standard / relevant de la norme.
NOS 18 ANS – Film cinématographique de comédie, France, 21e s.
NOS ENFANTS NOUS HAÏRONT – Livre de socioéconomie, France, 21e s.
NOTHOMB, A. – Écrivaine littéraire, Belgique, France, 20e/21e s.
N’OUBLIONS PAS LES JEUNES – Livre de réflexion sociale, philosophique, France, 21e s.
NOURIZADEH, N. – Réalisateur de cinéma, Royaume-Uni, 20e/21e s.
NOUVEAU MONDE – Amérique, Océanie par rapport à l’Ancien Monde restant.
NOUVEAU MONDE, Symphonie du – No 9 en mi-mineur B 178, opus 95 : œuvre musicale orchestrale, États-Unis & Empire d’Autriche-Hongrie, actuelle République tchèque, 19e s.
NOUVEAU TESTAMENT / NÉOTESTAMENTAIRE – Écritures bibliques dites canoniques du christianisme : relatives aux enseignements du Christ, Moyen-Orient, 1er/2e s. / relevant du Nouveau Testament.
NOUVELLE SOCIÉTÉ – Projet politique général gouvernemental « post-68 », France, 20e s.
NOUVELLE-S GÉNÉRATION-S / NÉOGÉNÉRATION-S / NÉOGÉNÉRATIONNEL – Cohorte d’âge récente des adolescents & jeunes de douze – vingt-quatre ans / relevant de la néogénération.
NOUVELLES ADOLESCENTES, Les – Livre de sociologie, France, 21e s.
NOZIÈRE, V. – Jeune criminelle parricide, France, 20e s.
NRJ – Station radiophonique jeunes, France.
NSC, Noyau SupraChiasmatique – Structure cérébrale neuronale d’hypothalamus régulant les rythmes circadiens quotidiens.
NUGENT, R. – Économiste, États-Unis, 20e/21e s.
NUIT DEBOUT – Mouvement protestataire sociopolitique, manifestation sociale, contestation de l’ordre établi notamment juvéniles, France, Europe, Canada, 21e s.
– O –
OBÉISSANCE-S / OBÉISSANT – Soumission, allégeance, obtempération / soumis.
OBÉSITÉ-S / OBÈSE-S – Excès de poids, adipeux, de graisse / en surpoids important.
OBJECTIVITÉ / OBJECTIF – Neutralité, impartialité, exactitude / relevant de l’objectivité.
OBLATIVITÉ / OBLATIF – Altruisme, générosité, abnégation & désintéressement / relevant de l’oblativité.
OBLIGATION-S DE MOYEN-S – Devoir de faire le maximum pour réaliser l’objectif imparti.
OBLIGATION-S DE RÉSULTAT-S – Devoir de parvenir à un aboutissement précis.
OBSERVATOIRE DE L’ENFANCE, [L’Adolescence], EN FRANCE – Organisme de recherche, d’études scientifiques sur les jeunes, France.
OBSERVATOIRE DES INÉGALITÉS – Organisme d’intérêt général d’analyse des disparités humaines, France.
OCCIDENT / OCCIDENTAL-AUX – Ouest du monde, Europe & Amérique du Nord & Australie, civilisation issue de la culture européenne antique gréco-romaine classique, la foi chrétienne, des Lumières / relevant, ressortissant de l’Occident.
OCCIDENTALISATION / OCCIDENTALISÉ-S – Influence occidentale américano-européenne sur le reste du monde / relevant, tenant de l’occidentalisation.
OCCIDENTALITÉ / OCCIDENTAL – Caractéristiques civilisationnelles : culturelles, spirituelles, économiques, scientifiques, intellectuelles de l’Occident euro-américain / d’Occident.
OCDE, Organisation de Coopération & de Développement Économique – Organisation internationale d’États développés, démocratiques, à économie de marché chargée d’études économiques, France.
ŒSTROGÈNE-S / ŒSTROGÉNIQUE – Hormone sexuelle féminine primaire d’ovulation / lié aux œstrogènes.
OFAJ, Office Franco-Allemand pour la Jeunesse – Organisme de coopération binational de la jeunesse germano-française, Allemagne, France.
OFQJ, Office Franco-Québécois pour la Jeunesse – Organisme de coopération binational de la jeunesse québéco-française, France, Québec.
OIT, Organisation Internationale du Travail – Agence des Nations Unies compétente en matière d’emploi & de protection, dialogue sociaux, Suisse, monde.
OJPJ, Observatoire de la Jeunesse & des Politiques de Jeunesse – Organisme public de recherche, d’études scientifiques sur les jeunes, France.
OLIGARCHIE-S / OLIGARCHIQUE – Pouvoir, autorité d’une minorité, un petit nombre / relevant de l’oligarchie.
OLIGO-ÉLÉMENT-S – Éléments chimiques minéraux, nutriments nécessaires à l’organisme humain.
OMS, Organisation Mondiale de la Santé – Organisme international des Nations Unies en charge des questions de santé publique mondiale, Suisse, monde.
ON ACHÈVE BIEN LES CHEVAUX – Œuvre de littérature, États-Unis, 20e s.
ONDES / CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES – Particules photoniques formant de l’énergie à rayonnement magnétoélectrique.
ON DIRAIT LE SUD – Album artistique musical incluant la chanson Le Sud, France, 20e s.
ONTOGÉNÉTIQUE & ONTOGENÈSE & ONTOGÉNIE / ONTOGÉNIQUE – Croissance holistique développementale humaine de nature psychophysique, de la conception à la maturité adulte voire jusqu’à la mort / relevant de l’ontogénie.
ONTOLOGIE / ONTOLOGIQUE – Étude philosophique, métaphysique, morale de l’être / qui relève de l’ontologie.
OPIACÉ-S / OPIOÏDE-S – Substances psychotropes dérivées de l’opium / à effets similaires.
OPINION-S – Conviction, point de vue, avis.
OPINIONWAY – Institut d’études d’opinion, sondages de populations de nature sociologique, France, 21e s.
OPIUM / OPIOMANE-S – Suc de pavot, narcotique, drogue psychotrope / consommateur d’opium.
OPPORTUNISME / OPPORTUNISTE-S – Conduite selon les circonstances conjoncturelles, les seuls purs intérêts personnels, non d’abord par éthique / relevant, tenant de l’opportunisme.
OPPOSITION-S / OPPOSITIONNEL / OPPOSANT-S / OPPOSÉ – Dissension, antagonisme, refus / relevant, tenant de l’opposition, réfractaire.
OPTIMISME-S / OPTIMISTE-S – Positivité, confiance, enthousiasme convaincus / relevant, tenant de l’optimisme.
ORANGE MÉCANIQUE (L’) – Œuvre de littérature de science-fiction, Royaume-Uni, 20e s. & film cinématographique d’anticipation, Royaume-Uni, 20e s.
ORDALIE-S / ORDALIQUE – Mise à l’épreuve, jugement, probation / relevant de l’ordalie, de nature sacrée.
ORDRE SOCIAL – Système d’ordonnancement de la société humaine.
ORIENTATION-S SCOLAIRE-S / UNIVERSITAIRE-S / PROFESSIONNELLE-S – « Aiguillage », proposition, indication de voies d’études & de métier, France.
ORIENTATION-S SEXUELLE-S – Attirances, préférences, goûts personnels : hétérosexuels, bisexuels, homosexuels, asexuels, sexuellement indéterminés.
ORPHÉE & EURYDICE – Personnages de fiction mythologique grecque antique.
OSTRACISME-S / OSTRACISANT / OSTRACISÉ-S – Bannissement, éviction, proscription / relevant de l’ostracisme.
OUSSEKINE, M. – Étudiant tué en marge de manifestations étudiantes, France, 20e s.
OUTRAGE-S / OUTRAGEANT / OUTRAGEUR / OUTRAGEUX / OUTRAGÉ-S – Avanie : offense & affront, injure & insulte, atteinte & préjudice / relevant de l’outrage.
OUTSIDER-S / Laissé-s pour compte – Exclu, discriminé, défavorisé.
OUTSIDERS, The / Outsiders / Les Inadaptés – Drame cinématographique, États-Unis, 20e s.
OUVERTURE-S / OUVERT – Largesse d’esprit, disponibilité à l’égard d’autrui, compréhension du monde extérieur / relevant de l’ouverture.
OVE, Observatoire national de la Vie Étudiante – Organisme public de recherche, d’études scientifiques sur les réalités étudiantes, France.
OZON, F. – Réalisateur de cinéma, France, 20e/21e s.
– P –
PACS, Pacte Civil de Solidarité – Union civile légale, partenariat contractuel d’organisation de vie commune entre deux personnes majeures, France.
PAEJ, Points Accueil & Écoute Jeunes – Structures d’orientation, de conseils, d’assistance sociaux, psychologiques, sanitaires pour la jeunesse, France.
PAILLETTES, Jeune-s – Jeune fêtard aimant fort l’apparence, l’amusement, les sorties festives récréatives, typologie sociologique, France, 21e s.
PAIO, Permanences d’Accueil, d’Information & d’Orientation – Actuelles Missions Locales pour l’Insertion Professionnelle et Sociale des Jeunes, structures d’insertion socioprofessionnelle des juniors en difficulté, France.
PAIR-S – Congénères, semblables, égaux.
PALAIS D’ÉTÉ, Prise du – Destruction de palais impériaux chinois par des troupes militaires étrangères d’occupation, Chine, 19e s.
PALAIS D’HIVER, Prise du – Occupation d’un palais impérial russe prélude à la Révolution bolchévique d’Octobre, Russie, 20e s.
PARADIGME-S / PARADIGMATIQUE – Conception du monde, modèle, courant de pensée / relevant du paradigme.
PARADIS PERDU, Le – Poème littéraire, Royaume d’Angleterre, 17e s.
PARAÎTRE-S – Apparence, artifice, superficialité.
PARALYSIE-S / Plégie-s / PARALYSÉ-S / PARALYSANT – Blocages neurologiques, physiques, métaboliques de la motricité musculaire : paraplégies, tétraplégies, parésies… / relevant de la paralysie, atteint du handicap moteur.
PARENTÉ / PARENTÈLE – Ensemble familial : par descendance & filiation, alliance, adoption.
PARENT-S de jeunes / PARENTAL – Ascendant-s biologique-s & adoptif-s : père & mère / relevant de la parentalité, des parents.
PARETO, V. – Économiste, sociologue, Italie, 19e/20e s.
PARIS DAUPHINE, Université – Établissement d’enseignement supérieur public, France.
PÂRIS & HÉLÈNE – Personnages de fiction mythologique grecque antique.
PARJURE-S – Mensonge, reniement, allégations fausses / auteur de parjure / relevant du parjure.
PARKER, B. – Jeune criminelle, États-Unis, 20e s.
PAROLE DE SOCRATE – Fable littéraire, France, 17e s.
PAROLE-S – Dire & langage, verbe & propos, expression orale humaine.
PAROLES D’ADOS – Livre de témoignages sociologiques, France, 21e s.
PAROLES POUR ADOLESCENTS – Ou le complexe du homard – Livre de psychologie, France, 20e s.
PARTENAIRE-S / PARTENARIAT-S AFFECTIFS – Conjoint / lien sentimentaux.
PARVENU-S-DÉTENTEUR-S – Adulte tutélaire possédant & dominant, influent & décideur par rapport aux jeunes prétendants-demandeurs, subordonnés, dépendants, conditionnés.
PASCAL, B. – Philosophe, théologien, scientifique, France, 17e s.
PASS, Permanences d’Accès aux Soins de Santé – Structures sanitaires accessibles aux personnes en difficulté socioéconomique, France.
PASSE-MURAILLE – Personne quelconque à laquelle nul ne prête attention.
PASSÉ-S – Écoulements temporels, temps révolus, époques antérieures.
PASSION-S / Caractère passionné / PASSIONNEL / PASSIONNANT – Engouement ardent, net penchant, fort centre d’intérêt / prédisposition afférente affirmée / relevant des passions.
PATER FAMILIAS / Père de famille – Chef de lignage masculin, ascendant faisant autorité en son foyer, titulaire de la puissance paternelle, France, Antiquité-20e s.
PATERNITÉ-S / PATERNEL – État de père, sentiment paternel, lien de parenté père-enfant, / relevant du père, de la paternité.
PATHOLOGIE-S / PATHOLOGIQUE – Étude des maladies, réalités, implications des troubles & ensemble des signes d’une maladie / relevant de la pathologie.
PATRIARCAT / PATRIARCAL – Système social de prééminence sociétale, familiale, éducative masculine & paternelle / relevant du patriarcat.
PATRIMOINE-S, économique-s / PATRIMONIAL – Biens matériels & financiers possédés / relevant du patrimoine.
PATRIMONIALITÉ DES OFFICES / Office-s patrimonial-aux – Vénalité et hérédité des charges, offices publics sous l’Ancien Régime : monnayables & transmissibles en famille, France, 16e-18e s.
PAUL de TARSE, saint Paul – Figure majeure du christianisme originel, Moyen-Orient, 1er s.
PAUPÉRISATION-S / PAUPÉRISÉ-S – Appauvrissement matériel & financier accru, continu, durable / relevant de la paupérisation.
PAUVRE-S – Indigents, nécessiteux, défavorisés / relevant de la pauvreté, l’indigence.
PAUVRETÉ-S – Dénuement, misère, indigence.
PAX AMERICANA / Paix américaine – « Hégémonie mondiale » des États-Unis d’Amérique. / Ses effets internationaux.
PAYSANNERIE RURALE / PAYSAN-S – Monde / gens agricoles, des campagnes.
PEAU-X / CUTANÉ – Épiderme humain, revêtement dermatologique, tissus organiques / relevant de la peau.
PÉCRESSE, V. – Femme politique, France, 20e/21e s.
PÉDOPHILIE / PÉDOPHILE-S – Attirances sexuelles adultes déviantes, pédocriminelles en cas d’actes pour les jeunes mineurs sexuels de moins de quinze ans / relatif à la pédophilie, atteint de pédophilie.
PEI, I. M. – Architecte, États-Unis, 20e/21e s.
PENN, A. – Réalisateur de cinéma, États-Unis, 20e/21e s.
PENSÉE / INTELLIGENCE OPÉRATOIRES FORMELLES – Stade psychique de maturité du raisonnement intellectuel juvénile humain de type adulte.
PENSÉE MORALE – Raisonnement axiologique humain.
PENSÉE MORALE ANTIQUE GRÉCO-ROMAINE – Philosophie axiologique issue de l’Antiquité classique européenne, Europe, 6e s. av. J.-C.-4e s.
PENSÉE / SYSTÈME COMBINATOIRES – Stade psychologique de maturité du raisonnement intellectuel juvénile humain de type adulte.
PENSÉE-S / PENSANT / PENSIF – Intellect, raisonnement, réflexion / apte à la pensée / pris par ses pensées.
PENSÉE-S / RAISONNEMENT-S HYPOTHÉTICO-DÉDUCTIFS – Stade psychique de maturité du raisonnement intellectuel juvénile humain de type adulte.
PENSÉES – Œuvre de philosophie et spiritualité apologétiques, France, 17e s.
PENSÉES SUICIDAIRES – État cognitif, émotionnel, comportemental négatif de désarroi, de souffrance menant à des idées de mort volontaire.
PENTAGRAMME de GINGER – Typologie & classification psychosociologiques / des valeurs, France, 20e s.
PÉNURIE-S / PÉNURIQUE – Carence, manque, rareté / relevant de la pénurie.
PERDITION-S / PERDU – En danger, détresse, péril : en risque d’anéantissement / relevant de la perdition : menacé, condamné, allant à sa perte.
PÈRE GORIOT, Le – Œuvre de littérature, France, 19e s.
PÈRE MANQUANT, FILS MANQUÉ – Que sont les hommes devenus ? – Livre de psychologie, Canada, 20e/21e s.
PÈRE-S / PATERNEL – Ascendant, géniteur, parent masculin / propre au père.
PERFECTIONNISME / PERFECTIONNISTE-S – Préoccupation de perfectibilité, d’excellence, sublimée / tenant, relevant du perfectionnisme.
PÉRIER, F. – Acteur, France, 20e/21e s.
PERMISSIVITÉ-S / PERMISSIF – Tolérance, libertarisme, acceptation / « libertaire ».
PERSÉVÉRANCE-TÉNACITÉ – Acharnement, constance, opiniâtreté.
PERSÉVÉRANT-S – Acharné, tenace, opiniâtre.
PERSONA-E NON GRATA-E – Personne indésirable, ostracisée, qui n’est pas la bienvenue.
PERSONNALISME / PERSONNALISTE-S – Mise au « premier plan » de la personne humaine, de son respect, son épanouissement / tenant, relevant du personnalisme.
PERSONNALITÉ-S / PERSONNEL – Tempérament, caractère, « individualité » psychique : cognitive, émotionnelle, comportementale de façon innée & acquise / lié à la personne & sa personnalité.
PERTURBATION-S JUVÉNILE-S / PERTURBATIF / PERTURBATEUR / PERTURBANT / PERTURBÉ – Trouble, bouleversement, ébranlement existentiels des jeunes / lié à la perturbation.
PESSIMISME-S / PESSIMISTE-S – Défaitisme, négativité, alarmisme convaincus / relevant, tenant du pessimisme.
PETER PAN, Syndrome – Peur de grandir, désir de rester enfant, immaturité tardive.
PETERSON, G. / LEIGH, G. – Psychologues, États-Unis, 20e/21e s.
PETIT BISCUIT – M. Benjelloun, jeune créateur de musiques électroniques, France, 21e s.
PETIT JURISTE, Le – Revue juridique étudiante, France.
PETIT-S-ENFANT-S – Descendants des enfants de leurs grands-parents.
PEUPLE ADOLESCENT, Le – Livre de sociologie, France, 20e s.
PEYREFITTE, A. – Homme politique, diplomate, écrivain, France, 20e s.
PHARISAÏSME / PHARISIEN-S – Hypocrisie religieuse & religiosité, affectation, simulation / lié au pharisaïsme, tenant du pharisaïsme.
PHÉNIX – Renaissance, génie, renouveau : métaphore.
PHILIA / Amitié – Camaraderie, affection, attachement amical.
PHILISTINS / PHILISTINISME – Peuple antique égéen & moyen-oriental, 12e-2e s. av. J.-C. – métaphore : personnes d’esprit obtus / nature, caractéristiques des philistins.
PHILOSOPHIE DE LA JEUNESSE – Réflexion éthique, morale sur les réalités, besoins, attentes des jeunes.
PHILOSOPHIE DE LA VIE & L’EXISTENCE / PHILOSOPHIQUE / PHILOSOPHE – « Principes fondamentaux existentiels », sagesse ontologique du quotidien, axiologie du vécu humain / relevant, tenant de la philosophie.
PHILOSOPHIE DES ÂGES DE LA VIE – Livre de philosophie générationnelle, France, 21e s.
PHILOSOPHIE, La – Livre de philosophie, France, 21e s.
PHOBIE-S / PHOBIQUE-S – Peurs irrationnelles, obsessionnelles, instinctives, troubles invasifs anxieux, psychopathologie / relevant des phobies, sujet à phobie-s.
PHOBIE-S SOCIALE-S – Anxiété sociale, trouble anxieux : timidité cognitive, émotionnelle, comportementale à évitements relationnels, mésestime de soi.
PHOSPHORE – Magazine de presse écrite jeunesse, France.
PHYSIOLOGIE / PHYSIOLOGIQUE – Science du fonctionnement physique des êtres vivants en tant qu’organismes biologiques / relevant de la physiologie.
PHYSIQUE-S – Anatomie & morphologie, plastique, corps des humains / corporel & charnel, physiologique & biologique, somatique & organique.
PIAGET, J. – Biologiste, psychologue, Suisse, 19e/20e s.
PIB, Produit Intérieur Brut – Indicateur économique évaluant la production de richesses nationales & productions annuelles de biens, services d’un pays.
PICCOLO, SAXO & COMPAGNIE – Conte musical pédagogique, France, 20e s.
PICOULT, J. – Écrivaine littéraire, États-Unis, 20e/21e s.
PIE VII – Souverain pontife de l’Église catholique romaine, Saint-Siège, 18e/19e s.
PIERCING-S / Perçage-s corporel-s – Trou dans la peau pour fixer un bijou décoratif.
PIERROT & COLOMBINE – Personnages de fiction de la commedia dell’arte, États italiens, 16e s.
PLAN SANTÉ DES JEUNES – Dispositif public sanitaire destiné à la « sauvegarde » de la jeunesse, France, 21e s.
PLANNING FAMILIAL, Centres de / CPEF, Centres de Planification et d’Éducation Familiale – Structures de consultation en matière de sexualité, grossesse, natalité, couple, parentalité, famille, France.
PLAUTE, T. M. – Écrivain, dramaturge, Rome, 3e/2e s. av. J.-C.
PLURIDISCIPLINARITÉ / PLURIDISCIPLINAIRE – Croisement de divers champs scientifiques disciplinaires pour une meilleure approche / relevant de la pluridisciplinarité.
PLURI/POLYTOXICOMANIE-S / PLURI/POLYTOXICOMANE-S – Usage de plusieurs produits psychotropes de façon simultanée ou non pour en accroître, modifier les effets / relevant de la pluri/polytoxicomanie.
PLURITHÉRAPIE-S / PLURITHÉRAPEUTIQUE – Usage de plusieurs approches & actes de soins thérapeutiques aux fins de meilleure efficacité sanitaire / relevant de la plurithérapie.
PLUS ENCORE – Livre de sociologie, France, 21e s.
PMA, Procréation Médicalement Assistée / AMP, Assistance Médicale à la Procréation – Pratiques cliniques, biologiques d’intervention médicale dans la procréation.
POIDS / PONDÉRAL – Mesure de la masse corporelle, ce que pèse une personne / relevant du poids.
PÔLE BIOPHYSIQUE & ANATOMIQUE MATÉRIEL – Typologie psychosociologique & des valeurs morales : corps biologique & physiologique, sauvegarde vitale & physique, France, 20e s.
PÔLE COGNITIF & MENTAL, INTELLECTUEL & RATIONNEL – Typologie psychosociologique & des valeurs morales : pensées & raisonnement mentaux, réflexion & logique, France, 20e s.
PÔLE EMPLOI – Établissement public d’insertion socioprofessionnelle, actuel France Travail, France.
PÔLE PSYCHOAFFECTIF & ÉMOTIONNEL RELATIONNEL – Typologie psychosociologique & des valeurs morales : personnalité & affects, sentiments & liens psychiques, France, 20e s.
PÔLE SOCIAL, COMPORTEMENTAL & ORGANISATIONNEL – Typologie psychosociologique & des valeurs morales : relations à autrui & sociabilité, conduites & gestion-mode de vie, France, 20e s.
PÔLE SPIRITUEL & MORAL, DES VALEURS & IDÉOLOGIQUE – Typologie psychosociologique & des valeurs morales : axiologie & adhésions, éthique & normes, France, 20e s.
POLIO/MYÉLITE / POLIOMYÉLITIQUE – Maladie virale infectieuse générant des paralysies / relevant, atteint de la poliomyélite.
POLITIQUE-S DE – LA – JEUNESSE – Dispositifs, mesures, actions des pouvoirs publics en faveur, à destination des jeunes, France.
POLITIQUE-S DE SANTÉ PUBLIQUE – Dispositifs, mesures, actions des pouvoirs publics en matière sanitaire, France.
POLONIUS – Personnage de fiction théâtrale historique dramatique, Royaume d’Angleterre, 17e s. : œuvre & Royaume de Danemark : intrigue.
POLYADDICTIONS / POLYADDICTIF – Pluridépendances, assuétudes, compulsions multiples à des produits, comportements, personnes / relevant des polyaddictions.
POMMEREAU, X. – Médecin psychiatre, France, 20e/21e s.
POPP, A. – Musicien : compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, France, 20e s.
PORE-S CUTANÉ-S – micro-orifices de la peau de passage de la sueur, du sébum.
PORNOGRAPHIE / PORNOGRAPHIQUE – Représentations sexuelles : artistiques, littéraires, de cinéma, Internet / relevant de la pornographie.
PORTRAIT DE DORIAN GRAY, Le – Œuvre de littérature philosophique, États-Unis / Royaume- Uni, 19e s.
PORTRAIT DE LA MÈRE ANGÉLIQUE ARNAULD – Œuvre picturale d’art religieux, France, 17e s.
PORT-ROYAL DES CHAMPS, Abbaye de – Ancienne abbaye catholique cistercienne, foyer chrétien de grande contestation politique & religieuse, France, 13e-18e s.
POSITIVISME / POSITIVISTE-S – Doctrine philosophique affirmant le primat de la connaissance des faits « validés scientifiquement » pour décrire les réalités humaines / relevant, tenant du positivisme, France, 19e s.
POSTADOLESCENCE-S / POSTADOLESCENT-S – Jeunesse / jeune préadultes.
POSTMODERNITÉ / POSTMODERNE – État actuel désabusé, désemparé, pragmatique réel & supposé du monde occidental / relevant de la postmodernité.
POSTURE-S TRIBUNITIENNE-S – Attitude, rôle, mission de défense de la plèbe, du peuple, des défavorisés. / Métaphore.
POUR NOS ADOS SOYONS ADULTES – Livre de psychologie, France, 21e s.
POUVOIR D’ACHAT – Capacités consuméristes d’acquisitions de biens matériels, services par le revenu disponible, France.
PRACONTAL (de), M. – Journaliste, France, 20e/21e s.
PRAGMATISME / PRAGMATIQUE-S – Réalisme pratique, empirisme d’expérience, adaptation par action concrète / relevant, tenant du pragmatisme.
PRAXIS – Visée d’influence, d’action, de changement des réalités existantes en optiques d’avancées.
PRÉADOLESCENCE-S / PRÉADOLESCENT-S – Postenfance du néoadolescent / néoado.
PRÉADULTE-S – Jeunes de douze – vingt-quatre ans entre enfance & maturité adulte.
PRÉCARITÉ-S / PRÉCARISATION-S SOCIOÉCONOMIQUES / PRÉCAIRE-S – Incertitudes, instabilités, insécurités sociales & matérielles / relevant, victime de la précarité.
PRÉFACE, F. Mitterrand – Au livre de M. de Hennezel : La Mort Intime : réflexion introductive philosophique, spirituelle, morale, France, 20e s.
PRÉJUGÉ-S – A priori & parti pris, prévention, idée reçue & jugement préconçu.
PREMIER-ÈRE CONFLIT / GUERRE MONDIAL-E / GRANDE GUERRE / GUERRE DE 1914-1918 – Combats militaires internationaux d’ampleur inédite, monde, 20e s.
PREMIER FORUM ADOLESCENCES – Colloque d’études, débats psychosociologiques sur la jeunesse, France, 21e s.
PREMIER-S MINISTRE-S français – Chef du gouvernement national, France.
PREMIUM, Jeune-s – Jeune meneur populaire, charismatique, recherché.
PRÉREQUIS – Préalable impératif, condition indispensable, nécessité incontournable.
PRESCRIPTEUR-S, D’ACHAT-S – Jeune influent qui conseille, recommande l’acquisition de biens matériels & de services à ses parents, aux adultes, aux pairs.
PRÉSENT-S – Temps actuel, contemporain, en cours.
PRÉSERVATIF-S – Capote, condom, protection sanitaire, contraceptive, hygiénique masculine & féminine.
PRÉSIDENT-S DE LA RÉPUBLIQUE française – Chef de l’État, de l’exécutif national élu, en exercice, France.
PRESSE ÉCRITE JEUNES – Journaux, magazines, publications d’information papier / Internet pour la jeunesse.
PRESSION-S – Influences d’intimidation, menaces coercitives, contraintes morales.
PRÉTENDANT-S-DEMANDEUR-S – Jeune en probation subordonné & dominé, dépendant & conditionné par rapport aux adultes parvenus-détenteurs dominants, tutélaires, influents.
PRÉTEXTAT & LÉOPOLDINE – Personnages juvéniles de fiction littéraire, France, 20e s.
PRÊT-S BANCAIRE-S AIDÉ-S pour étudiant-s – Dispositif de soutien public par financement des études supérieures garanti par l’État, France.
PRÉVENTION / PRÉVENTIF – Mesures, précautions, dispositions pour empêcher, limiter la survenue de risques, de dangers, de réalités négatives / relevant de la prévention.
PRÉVENTION SANITAIRE PRIMAIRE – Dispositifs de diminution des risques de survenue de nouveaux cas pathologiques, typologie médicale, de santé.
PRÉVENTION SANITAIRE SECONDAIRE – Dispositifs de limitation de l’évolution de maladies débutantes & d’éradication des facteurs de risques, typologie médicale, de santé.
PRÉVENTION SANITAIRE TERTIAIRE – Dispositifs de limitation des incapacités, récidives, complications, invalidités, rechutes pathologiques, typologie médicale, de santé.
PRÉVENTION SANITAIRE QUATERNAIRE – Dispositifs de soins palliatifs pour les patients en phase terminale et / ou d’évitement, de prévention des abus d’acharnement thérapeutique, typologie médicale, de santé.
PRINCIPE RESPONSABILITÉ, Le – Ouvrage de réflexion philosophique, Allemagne & États-Unis, 20e s.
PROBATION-S / PROBATOIRE – Temps d’épreuve évaluatif, test de valeur : apprentissage, défi, essai / relevant de la probation.
PROBLÈME-S SOCIAL-AUX – Difficultés socioéconomiques de populations défavorisées.
PROCRASTINATION-S / PROCRASTINATOIRE – Report ultérieur, ajournement, atermoiement : tendance excessive à la tergiversation / relevant de la procrastination.
PRODIGALITÉ-S / PRODIGUE – Générosité excessive, gabegie, dilapidation / trop généreux.
PRODUCTIVISME / PRODUCTIVISTE – Obsession économique de la production de biens, services / relevant du productivisme.
PROFANATION-S / PROFANATEUR / PROFANÉ – Sacrilège, outrage, vandalisme / relevant de la profanation.
PROGÉNITURE – Descendance, rejetons, enfants issus d’une filiation & de leurs parents.
PROGESTÉRONE / PROGESTÉRONIQUE – Hormone sexuelle féminine / lié à la progestérone.
PROJECT X / Projet X – Film cinématographique de comédie, États-Unis, 21e s.
PROJECTION-S psychique-s / PROJECTIF – Mécanisme de défense attribuant à autrui un sentiment personnel mais que l’on récuse / relevant de la projection.
PROJET-S / PROJETÉ – Dessein, objectif, intention / relevant du projet.
PROLÉGOMÈNES – Préambule, introduction, avant-propos.
PROLÉTARIAT INDUSTRIEL / PROLÉTARIEN / PROLÉTAIRE-S – Travailleur, ouvrier, salarié modestes d’entreprise productrice de biens matériels / relevant, membre du prolétariat.
PROMOTEUR-S / PROMOTION-S – Pionnier, créateur, initiateur / création.
PROPHÈTE, Le – Œuvre littéraire de philosophie poétique mystique, États-Unis, 20e s.
PROPOS TÉLÉVISÉS, J.-M. Lustiger – Communication médiatique, France, 20e s.
PROPRIO MOTU – De sa propre initiative, de son propre mouvement & chef de soi-même.
PROSOPOPÉE-S / PROSOPOPIQUE – Procédé rhétorique, expression allégorique symbolique, personnification abstraite / relevant de la prosopopée.
PROSPÉRITÉ-S / PROSPÈRE – Succès & réussite, bonheur & félicité, opulence, richesse / relevant de la prospérité.
PROST, A. – Historien, France, 20e/21e s.
PROSTITUTION-S / PROSTITUTIONNEL / PROSTITUÉ-S – Sexualité rémunérée / relevant de la prostitution / la pratiquant.
PROTECTIONNISME-S / PROTECTIONNISTE-S – Fermeture, contrôle, préférence économiques interventionnistes, anticoncurrentiels : dispositifs commerciaux défensifs-offensifs / relevant, tenant du protectionnisme.
PROTÉE, Syndrome de – Maladie génétique à lésions déformantes des tissus conjonctifs, épidermiques, osseux.
PROTIDE-S / PROTIDIQUE – Protéines, acides aminés, éléments nutritionnels d’origine animale & végétale / relevant des protides.
PROTON-S / PROTONIQUE – Particules atomiques à charge positive / relevant des protons.
PROZAC NATION / Nation Prozac – Film cinématographique dramatique, Allemagne, États-Unis, 21e s.
PS, Parti Socialiste (français) – Mouvement politique de type social-démocrate, France.
PSYCHANALYSE / PSYCHANALYTIQUE – Technique psychothérapeutique d’investigation introspective freudienne de l’inconscient existentiel psychique / relevant de la psychanalyse.
PSYCHÉDÉLISME / PSYCHÉDÉLIQUE – Perception sensorielle, état modifié de conscience, rêve éveillé induits par stupéfiant hallucinogène psychotrope / lié au psychédélisme.
PSYCHISME / PSYCHIQUE – Ensemble conscient & inconscient, intégral & partiel des réalités de l’esprit, l’intelligence, l’affectivité constituant la vie psychique / lié au psychisme.
PSYCHOAFFECTIVITÉ / PSYCHOAFFECTIF – Ensemble relevant de la sphère psychologique des sentiments humains / relatif au psychisme, aux sentiments, affects.
PSYCHOÉTHOLOGIE humaine / PSYCHOÉTHOLOGIQUE – Étude des mœurs, mentalités, attitudes de l’être humain, de sa personnalité : cognitions, émotions, comportements / lié à la psychoéthologie.
PSYCHOLOGIE ADOJUVÉNILE – Personnalité propre : tempérament, caractère, spécificités mentales : cognitives, émotionnelles, comportementales, réalités psychiques particulières : innées & acquises des jeunes.
PSYCHOLOGIE AFFIRMÉE – Personnalité à forte auto-estime, confiante, assertive.
PSYCHOLOGIE AGRESSIVE – Personnalité brutale, malveillante, hostile.
PSYCHOLOGIE COGNITIVE – Étude scientifique des réalités psychiques, intellectuelles liées aux connaissances & personnalité de l’humain comme sujet pensant, sachant.
PSYCHOLOGIE COMPORTEMENTALE – Étude scientifique du psychisme inactif, réactif, actif, proactif & personnalité de l’humain tel sujet d’action, de parole, d’abstention.
PSYCHOLOGIE DE L’ADOLESCENCE – Livre de psychologie, Canada, 21e s.
PSYCHOLOGIE DE L’ADOLESCENT – Livre de psychologie, France, 20e/21e s.
PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE – Étude scientifique des variations psychologiques entre sujets quant à la variabilité interindividuelle, intra-individuelle, intergroupale.
PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT – Étude scientifique des évolutions psychologiques humaines durant l’existence notamment à la jeunesse.
PSYCHOLOGIE ÉMOTIONNELLE – Étude scientifique des réalités psychiques liées aux affects, sentiments, perceptions & personnalité de l’humain comme sujet perceptif.
PSYCHOLOGIE INHIBÉE – Personnalité passive, en retrait, entravée.
PSYCHOLOGIE MANIPULATRICE – Personnalité manœuvrière, trompeuse, mensongère : toxique.
PSYCHOLOGIE / PSYCHOLOGIQUE – Étude scientifique & état de la réalité mentale : cognitive, émotionnelle, comportementale & de la personnalité : tempérament, caractère & des spécificités psychiques : innées, acquises des humains / relevant de la psychologie.
PSYCHOLOGIE SOCIALE – Étude scientifique de l’influence des états cognitifs, émotionnels, comportementaux, sociaux individuels sur les liens humains & réciproquement.
PSYCHOLOGIE SOCIOMORALE – Personnalité afférente au lien social & aux valeurs.
PSYCHOMÉTRIE / PSYCHOMÉTRIQUE – Tests psychologiques, science des techniques de mesure pratiquées en psychologie / relevant de la psychométrie.
PSYCHOPATHOLOGIE / PSYCHOPATHOLOGIQUE – Étude scientifique des troubles mentaux humains & ensemble des signes d’une maladie psychique / relevant de la psychopathologie.
PSYCHOSE-S / PSYCHOTIQUE – Délire, démence, schizophrénie / relevant de la psychose, atteint de psychose.
PSYCHOSOCIOLOGIE / PSYCHOSOCIOLOGIQUE – Science des interactions mutuelles entre les disciplines psychologique & sociologique / relevant de la psychosociologie.
PSYCHOTHÉRAPIE-S / PSYCHOTHÉRAPEUTIQUE – « Relation d’aide » fondée sur diverses approches psychologiques curatives / relevant de la psychothérapie.
PSYCHOTROPE-S / PSYCHOTROPIQUE – Substances chimiques influant sur le psychisme, le cerveau / relevant de ces substances.
PUBERTÉ / PUBERTAIRE / PUBÈRE – Mutation physiologique, morphologique, psychologique de l’adolescence, phase du développement entre enfance & adultisme / relevant de la puberté.
PUBERTÉ SEXUELLE PRIMAIRE – Développement d’attributs sexuels majeurs, les organes génitaux.
PUBERTÉ SEXUELLE SECONDAIRE – Développement d’attributs sexuels mineurs telle la pilosité.
PUBLICATION-S AMORALE-S – Diffusions écrites, audiovisuelles définies comme devant être prohibées pour les jeunes mineurs pour la sauvegarde de ces derniers.
PUGNACITÉ-EFFORT – Combativité, mordant, ténacité-acharnement, mobilisation, volonté résolue.
PUISSANCE PATERNELLE – Pouvoir légal du père sur ses enfants mineurs avant l’entrée en vigueur de l’autorité parentale conjointe des deux ascendants, France, Antiquité-20e s.
PUNK-S, Jeune-s – Jeune contestataire, subversif : adepte de certains types & modes idéologiques, culturels, libertaires, individualistes, nihilistes, Occident, 20e s.
PUPILLE-S DE L’ÉTAT – Mineur privé de parents confié notamment par décision de Justice au service de l’Aide Sociale à l’Enfance, France.
PURDY, J. – Écrivain littéraire, États-Unis, 20e/21e s.
– Q –
42e PARALLÈLE – Œuvre de littérature, États-Unis, 20e s.
15-24 ANS SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL, Les – Étude de socioéconomie, France, 21e s.
QI, Quotient Intellectuel – Résultat de test psychométrique qui outre examen psychologique peut être une indication quantitative standard d’intelligence abstraite.
QUALIFICATION-S D’ÉTUDES / PROFESSIONNELLE-S / QUALIFIANT / QUALIFIÉ – Certification, compétence, aptitude en matière de formation académique, d’emploi / lié à la qualification.
QUAND CES CHERS PETITS DEVIENNENT D’AFFREUX ADOS – Livre de psychologie, États-Unis, 20e s.
QUARANTE HONTEUSES / PITEUSES – Quatre dernières décennies de crise psychomorale, socioéconomique, culturelle mondiale, occidentale, européenne, française, 20e/21e s.
QUARTIERS D’EXIL, Les – Livre de sociologie, France, 20e s.
QUASAR-S – Astre galactique de type stellaire très brillant. / Métaphore.
QUATRIÈME FORUM ADOLESCENCES – Colloque d’études, débats psychosociologiques sur la jeunesse, France, 21e s.
QUEL AVENIR POUR LES JEUNES EN EUROPE ? – Article sociologique de presse quotidienne écrite d’information, France, 21e s.
QUELLE NUIT SOMMES-NOUS ? – Œuvre de littérature, France, 21e s.
QU’EST-CE QUE LE TIERS-ÉTAT ? – Pamphlet politique, France, 18e s.
QUESTIONS DE SOCIOLOGIE – Livre d’entretiens & de conférences de sociologie, France, 20e s.
– R –
RACHIS – Colonne vertébrale, axe osseux vertébré, support de la moelle épinière.
RACISME / RACISTE-S – Xénophobie : stigmatisation, discrimination, ségrégation : rejet des allochtones tels prétendument « inférieurs » aux autochtones / relevant, tenant du racisme.
RACKET-S entre jeunes / RACKETTEUR / RACKETTÉ – Extorsion matérielle par intimidation, chantage, toutes violences / relevant du racket.
RADIGUET, R. – Écrivain littéraire, France, 20e s.
RADIO VL – Station radiophonique Web jeunes devenue VL, France.
RADIOFRÉQUENCE-S / RADIOFRÉQUENTIEL – Émission de fréquence radioélectrique, d’onde électromagnétique, d’onde radio / relevant des radiofréquences.
RADIO-S JEUNES – Station radiophonique émettant des programmes médias audiodiffusés spécifiques pour la jeunesse.
RADIO-S / RADIOPHONIQUE – Radiophonie & radiodiffusion, programmes audiodiffusés, station radiophonique / relevant de la radio.
RAFFARIN, J.-P. – Homme d’État, France, 20e/21e s.
RAISINS DE LA COLÈRE, Les – Œuvre de littérature, États-Unis, 20e s.
RAISON / RAISONNABLE – Discernement, logique, sagesse / apte à la raison.
RAISONNEMENT-S / RAISONNEUR-S / RAISONNÉ – Argumentations & analyses, déductions & démonstrations, conclusions & jugements / tenant, relevant du raisonnement.
RAMPNOUX, R. – Philosophe, France, 20e/21e s.
RAMSAY, L. – Réalisatrice de cinéma, Royaume-Uni, 20e/21e s.
RAPPORT DE L’ONU SUR LA JEUNESSE 2005/2007 – Étude sociologique, monde, 21e s.
RAPPORT D’INFORMATION SUR LA POLITIQUE EN FAVEUR DES JEUNES – Étude d’analyse socioéconomique parlementaire, France, 21e s.
RASKOLNIKOF, R. – Personnage de fiction littéraire, Russie, 19e s.
RASTA-S, Jeune-s – Jeune baba cool : non violent, anticonformiste, révolté, typologie de sociologie, France, 21e s.
RASTIGNAC (de), E. – Personnage de fiction littéraire, France, 19e s.
RATIONALISATION / RATIONALISÉ – Autojustifications défensives favorables a posteriori de réalités plus mitigées sous couvert de la raison logique / lié à la rationalisation.
RATIONNEMENT-S ALIMENTAIRE-S / RATIONNÉ – Fermes restrictions, limitations, contrôles en matière de subsistance, ravitaillement, répartition de nourriture / relevant du rationnement.
RAVAILLAC – Ancien journal lycéen, France.
RAY, S. – Jeune lycéen « prodige des mathématiques », Inde, Allemagne, 20e/21e s.
RAYONNEMENT-ENTHOUSIASME – Charisme, influence, prestige – exaltation, allégresse, entrain.
RÉALISATION DE SOI – Accomplissement de soi, développement personnel, plénitude & épanouissement individuel.
RÉALITÉ-S INTERNATIONALE-S – État des enjeux, contexte, conflits géopolitiques mondiaux.
RÉASSURANCE PSYCHOLOGIQUE / RÉASSURÉ – Regain de confiance, de sérénité, d’affermissement de soi / relevant de la réassurance.
REBELLE-S / RÉBELLION-S – Réfractaire, contestataire, frondeur / révolte, opposition, rejet.
RÉCAPITULATION DE L’ENFANCE – Rappel, répétition, inventaire du passé enfantin, de ses acquis, réalités à l’adolescence.
RECONNAISSANCE : des autres par soi-même / RECONNU – Acceptation, respect, estime à l’égard d’autrui / relevant de la reconnaissance.
RECONNAISSANCE : par autrui de soi-même / RECONNU – Acceptation, respect, estime des autres à l’égard de soi / relevant de la reconnaissance.
RÉDEMPTION / RÉDEMPTEUR – Libération, salut, délivrance / métaphore / relevant de la rédemption.
REFOULEMENT-S / REFOULÉ – Rejet de ses propres désirs, envies, sentiments inconscients / relevant du refoulement.
RÉGIME-S ALIMENTAIRE-S AMAIGRISSANT-S – Changement restrictif des modes de nutrition habituels à des fins d’amaigrissement pondéral.
RÈGLES physiologiques – Menstruations, menstrues, écoulements biologiques sanguins menstruels féminins.
RÉGRESSION-S / RÉGRESSIF – Rétrogradation d’une réalité psychique comme sociologique nouvelle postérieure à un état préexistant antérieur / relevant de la régression.
RÉIFICATION-S / RÉIFICATEUR / RÉIFIÉ – Appréhension de l’être humain tels une chose, un objet, un moyen de pur intérêt matériel, hédoniste, consumériste / relevant de la réification.
RÉINSERTION-S / RÉINSÉRÉ – Réadaptation, réintégration, retour en la société / réadmis.
REITMAN, J. – Réalisateur de cinéma, Canada, 20e/21e s.
REJET-S / REJETÉ – Éviction, exclusion, refus / relevant, victime du rejet.
RELAPS – Hérétique récidiviste, déviant persistant, apostat convaincu / métaphore.
RELATIVISATION-S / RELATIVISABLE / RELATIVISÉ – Valorisation comparative, nuancement, perte de caractère absolu par contextualisation / relevant de la relativisation.
REMANIEMENT-S PSYCHIQUE-S – Changement, révision, remise en question psychiques : nouvelle configuration mentale.
REMY, J. – Journaliste, écrivaine, France, 20e/21e s.
RENAUT, A. – Philosophe, France, 20e/21e s.
RENCONTRES EUROPÉENNES de TAIZÉ – Rassemblements spirituels œcuméniques annuels de jeunes chrétiens, Europe, 20e/21e s.
RENFORCEMENT DE SOI – Affermissement, consolidation, fortification moraux intérieurs de la personnalité psychique.
RENONCEMENT-S – Abnégation, ascèse, élévation morales.
REPÈRE-S MORAL-AUX – Référence, éclairage, balise axiologiques, ontologiques, de valeurs.
RÉPUBLIQUE-S / RÉPUBLICAIN – Régime politique d’États dont le chef de l’exécutif n’est pas héréditaire / relevant de la république.
REQUIEM en ré mineur KV 626, Messe de – Œuvre de musique lyrique sacrée, Saint-Empire, 18e s.
REQUIEM FOR A DREAM / Retour à Brooklyn – Drame de cinéma / œuvre littéraire, États-Unis, 20e s.
RÉSEAU-X SOCIAL-AUX en ligne – Sites Internet communautaires de libres échanges interactifs multimédias informatiques de toutes natures.
RÉSILIENCE-S / RÉSILIENT – Endurances, résistances, solidités psychiques permettant de surmonter, se reconstruire, se transcender suite à un traumatisme / relevant de la résilience.
RESPONSABILITÉ-S / RESPONSABLE – Devoir, obligations, conscience moraux / « adulte ».
RESTAURANTS DU CŒUR, Les – Œuvre sociale caritative d’urgence d’aide à la personne, en matière d’insertion socioéconomique anti-pauvreté d’utilité publique, France, 20e/21e s.
RESTAURANT-S UNIVERSITAIRE-S – Espace de restauration collective en libre-service à prix réduit pour jeunes scolarisés dans l’enseignement supérieur.
RETENTISSEMENT-S / RETENTISSANT – Effet, conséquence, impact / lié au retentissement.
RETRAITE / RETRAITÉ-S – Cessation de vie active, non-activité professionnelle, retrait définitif de l’emploi, d’un métier / en retraite.
REVENU-S – Salaires, ressources, gains.
RÊVERIES DU PROMENEUR SOLITAIRE, Les – Autobiographie littéraire, France, 18e s.
RÊVEUR-S / RÊVE-S / RÊVÉ – Contemplatif, idéaliste, méditatif / idéal, espérance / métaphore / idéalisé.
REVIZOR, Le – Pièce théâtrale de comédie, Russie, 19e s.
RÉVOCATION DE L’ÉDIT DE NANTES – Par l’Édit royal de Fontainebleau : réglementation religieuse restrictive & répression du protestantisme, France, 17e s.
RÉVOLUTION AMÉRICAINE – Mouvement politique, indépendance, naissance des États-Unis d’Amérique, États-Unis, 18e s.
RÉVOLUTION ANGLAISE – Mouvement politique en deux temps dits : Première Révolution puis Seconde Révolution établissant une monarchie parlementaire, le renforcement du Parlement, Royaume d’Angleterre, 17e s.
RÉVOLUTION FRANÇAISE / RÉVOLUTIONNAIRE-S – Mouvement politique mettant un terme à l’Ancien Régime, instaurant une monarchie constitutionnelle puis une république, France, 18e s. / relevant, tenant de la révolution & la Révolution.
REYNAUD, M. – Médecin psychiatre addictologue, France, 20e/21e s.
REYNIÉ, D. – Universitaire de sciences politiques, France, 20e/21e s.
RHÉTORIQUE / RHÉTORICIEN – Art oratoire de persuasion, d’éloquence, Antiquité gréco-romaine classique européenne / relevant de la rhétorique.
RICHARD, P. – Entrepreneur, France, 20e/21e s.
RICHE-S / RICHESSE-S – Opulent, fortuné, florissant / opulence, fortune, prospérité.
RIDER-S, Jeune-s – Jeune itinérant motard adepte des sports de « glisse », de tout ce qui roule, typologie sociologique, France, 21e s.
RIGAUD, H. – Artiste peintre portraitiste, France, 17e/18e s.
RIGORISME-S / RIGORISTE-S – Austérité, exigence, ascèse morales, spirituelles, de vie / relevant, tenant du rigorisme.
RIGUEUR / RIGOUREUX – Précision, soin & méticulosité, sérieux / relevant de la rigueur.
RIMBAUD, A. – Poète littéraire, France, 19e s.
RISQUE-S, Prise de & Conduite à / RISQUEUR-S / RISQUÉ – Acceptation de dangers, périls, aléas par comportement excessif, inconsidéré, imprudent : menaçant soi-même, autrui / tenant, relevant du risque.
RITE-S DE PASSAGE / RITUEL – Rituel marquant la mutation de statut social & sexuel notamment la puberté sociale, par cérémonies, épreuves / relevant du rite.
RITE-S INITIATIQUE-S – Incorporation sélective ritualisée d’un sujet en un ensemble social & religieux.
ROBERTS, B. W. / VIECHTBAUER, W. / WALTON, K. E. – Psychologues, États-Unis & Pays-Bas & États-Unis, 20e/21e s.
ROBIN, M. – Mystique chrétienne catholique, France, 20e s.
ROCARD, M. – Homme d’État, France, 20e/21e s.
ROCHÉ, S. – Politologue et sociologue en criminologie, France, 20e/21e s.
ROCHEFORT, H. – Journaliste, dramaturge, homme politique, France, 19e/20e s.
ROCKOLLECTION – Chanson artistique, œuvre musicale, France, 20e s.
RODRIGUE & CHIMÈNE – Jeunes personnages de fiction théâtrale tragi-comique inspirés de figures réelles, France, 17e s. : œuvre & Espagne, 11e s. : intrigue.
ROMÉO – Personnage fictif de théâtre tragico-romantique, Angleterre, 16e s. : pièce & États italiens, 14e/15e s. : intrigue.
ROND D’ALEMBERT (Le), J. – Mathématicien, philosophe, encyclopédiste, France, 18e s.
ROUDET, B. – Sociologue, France, 20e/21e s.
ROULLEAU-BERGER, L. – Sociologue, France, 20e/21e s.
ROUSSEAU, J.-J. – Écrivain littéraire, philosophe, Suisse, France, 18e s.
RSA, Revenu de Solidarité Active – Allocation publique d’aides & d’insertions sociales, économiques, d’emploi, France.
RUFO, M. – Médecin pédopsychiatre, France, 20e/21e s.
RUMEUR-S – On-dit, ouï-dire, racontar.
– S –
SACRE DE NAPOLÉON, Le – Œuvre picturale artistique historique, France, 19e s.
SACRIFIÉ-S, Jeune-s – Jeunesse abandonnée, victime, oubliée, France, 20e s.
SADISME-S / SADIQUE-S – Trouble psychopathologique de jouissance de la souffrance d’autrui / tenant, relevant du sadisme.
SADOMASOCHISME-S / SADOMASOCHISTE-S – Trouble psychopathologique de jouissance de la souffrance d’autrui & de la sienne propre / tenant, relevant du sadomasochisme.
SAGES PAROLES DU DALAÏ LAMA – Livre de spiritualité, France, 21e s.
SAGESSE / SAGE-S – Idéal d’ « élévation morale », philosophique, spirituelle, discernement ontologique & éthique, circonspection & modération / empreint de sagesse.
SAÏD, E. – Universitaire, intellectuel, théoricien, Palestine & États-Unis, 20e/21e s.
SAINT-LAURENT, Y. – Grand couturier, France, 20e/21e s.
SALAIRE-S / SALARIÉ-S – Rémunération, rétribution, paie d’un emploi exercé / percevant un salaire.
SALMON, É. – Formateur en développement personnel, France, 20e/21e s.
SALOMON, R. – Auteur, France, 19e/20e s.
SALUT / SALUTAIRE – Rédemption, félicité, sauvegarde / relevant du salut.
SANCTION-S : négative-s / SANCTIONNATEUR / SANCTIONNÉ négativement – Peine & punition, condamnation & répression, effet néfaste / relevant de la sanction négative.
SANG CONTAMINÉ, Affaire du – Scandale d’infections virales du Sida & de l’hépatite C par transfusions sanguines toxiques, France, 20e s.
SANGUINITÉ / Caractère sanguin – Personnalité impulsive, spontanée, emportée.
SANS RANCUNE ! – Comédie dramatique cinématographique, Belgique, France, 21e s.
SANS TOIT NI LOI – Film cinématographique dramatique, France, 20e s.
SANT (Van), G. – Réalisateur de cinéma, États-Unis, 20e/21e s.
SANTÉ DES ADOLESCENTS, La – Livre de santé & médecine, France, 20e s.
SANTÉ DES JEUNES EN FRANCE, Sur la – Étude sociologique, France, 21e s.
SANTÉ psychosomatique, sociale / SANITAIRE – Constitution & état, équilibre, hygiène physiques, psychiques, sociaux / lié à la santé.
SANTÉ SCOLAIRE / DES ÉLÈVES en enseignements secondaires – Dispositifs, actes de sauvegarde préventive & curative de la constitution, l’équilibre, l’hygiène physiques, psychiques, sociaux du jeune scolarisé, France.
SANTONI, J. – Réalisateur de cinéma & télévision, France, 20e/21e s.
SARKOZY, N. – Homme d’État, président de la République, France, 20e/21e s.
SARRASIN, N. – Auteur en développement personnel, Canada, 20e/21e s.
SATIRES – Œuvre de poésie, Rome, 1er s.
SATISFAIT-S, Jeune-s – Jeunesse heureuse de son sort, confiante en son avenir, typologie sociologique, France, 21e s.
SAUVY, A. – Économiste, démographe, sociologue, France, 19e/20e s.
SCANDALE-S / SCANDALEUX – Infamie, indignité, honte / relevant du scandale.
SCAPIN – Personnage de fiction théâtrale de comédie, France, 17e s.
SCARIFICATION-S / SCARIFIÉ – Incision, marquage, modification corporels cutanés / marqué.
SCHIZOPHRÉNIE / SCHIZOPHRÈNE-S – Troubles neuropsychopathologiques psychotiques, anosognosie, perte mentale de contact avec la réalité / relevant, atteint de la schizophrénie.
SCHIZOPHRÉNIES FRANÇAISES – Ouvrage d’analyse sociologique politique, États-Unis & France, 21e s.
SCHNEIDER, R. – Actrice, Allemagne, France, 20e s.
SCIENCES DE LA JEUNESSE – Étude théorique & pratique, transversale, pluridisciplinaire, holistique de la jeunesse, des questions afférentes.
SCOLARISATION-S secondaire-s & supérieure-s – Suivi d’études en un établissement d’enseignement secondaire & supérieur général, professionnel, technologique, France.
SCOLARISÉ-S, Élève-s – Jeune suivant des études en un établissement d’enseignement secondaire & supérieur général, professionnel, technologique, France.
SCOLARITÉ-S secondaire-s & supérieure-s – Ensemble du parcours d’études d’un élève, d’un étudiant en cursus d’enseignements secondaires & supérieurs, France.
SCOLIOSE-S / SCOLIOTIQUE – Déviation sinueuse de la colonne vertébrale / relevant de la scoliose.
SÉBASTIEN – Jeune de vingt-et-un ans victime d’un assassinat familial, France, 21e s.
SÉBUM – Sécrétion grasse lipidique des glandes sébacées protégeant la peau.
SECOND EMPIRE FRANÇAIS – Régime politique monarchique constitutionnel, France, 19e s.
SECOND-E CONFLIT / GUERRE MONDIAL-E, 1939-1945 – Engagements militaires massifs d’ampleur internationale, monde, 20e s.
SECOURS CATHOLIQUE – Organisme caritatif chrétien / étude sociologique, France.
SECRET STORY – Émission télévisée de téléréalité, France, 21e s.
SECRETS DU CERVEAU DES ADOS, Les – Article scientifique de magazine de presse écrite d’information, France, 21e s.
SECTARISME / SECTAIRE – Intolérance, fanatisme, fermeture / relevant du sectarisme.
SECTE-S / SECTAIRE – Groupement idéologique communautaire mené par un chef moral, gourou / propre aux sectes.
SÉCURITÉ SOCIALE – Dispositif de protection sociale garantissant les besoins, ressources minimaux à tout citoyen : famille, maladie, vieillesse, dépendance, France.
SÉCURITÉ SOCIALE ÉTUDIANTE – Dispositif de protection sociale garantissant les besoins sanitaires des étudiants en cursus supérieurs, France. Remplacé par le régime général de Sécurité sociale en 2019.
SÉDATIF-S – Calmant, relaxant, tranquillisant.
SEGALEN, M. – Sociologue, ethnologue, France, 20e/21e s.
SÉGRÉGATION-S / SÉGRÉGATIF / SÉGRÉGUÉ – Discrimination, apartheid, exclusion / lié à la ségrégation.
SELBY (Jr), H. – Écrivain littéraire, États-Unis, 20e/21e s.
SÉNESCENCE-S / SÉNESCENT – Vieillissement, affaiblissement, fort déclin physiologiques, psychiques, sociaux humains / atteint de sénescence.
SENNE (Le), R. – Philosophe, psychologue, France, 19e/20e s.
SENS À SA VIE / EXISTENTIEL – Raison d’être & finalité, portée, valeur accordées à un parcours humain.
SENS / SENSÉ – Signification – raison d’être & finalité, portée, valeur / relevant du bon sens.
SENTIMENTALITÉ / Caractère sentimental – Personnalité « sensible » : affective, spirituelle, « romantique ».
SENTIMENT-S / SENTIMENTAL – Affect, émotion, attachement / relevant des sentiments.
SÉRÉNITÉ-S / SEREIN – Ataraxie, paix, quiétude / relevant de la sérénité.
SÉROPOSITIVITÉ, HIV / VIH / SIDA / SÉROPOSITIF-S – Test sérologique positif au virus du Sida, Syndrome de l’ImmunoDéficience humaine Acquise / atteint de séropositivité.
SERVICE MILITAIRE / NATIONAL – Ex-temps légal obligatoire de conscription, d’enrôlement militaires pour la jeunesse masculine, France, 19e/20e s.
SÉSAME – Dispositif d’allocation financière aux étudiants en difficulté, France.
SEUIL DE PAUVRETÉ – Niveau de revenus au-dessous duquel un ménage est, en vertu de certains critères prédéfinis, considéré comme pauvre c’est-à-dire nécessiteux, indigent.
SEUREL, F. – Personnage de fiction littéraire, France, 19e/20e s.
SÉVICE-S sur mineurs – Violences physiques, coups & blessures, maltraitances contre un jeune mineur, France.
SEXE BIOPHYSIQUE – Sexe anatomique, corporel, de naissance.
SEXE PSYCHOAFFECTIF – Sexe appréhendé, désiré, intégré par & pour soi-même.
SEXE SOCIORELATIONNEL – Sexe perçu par autrui envers soi par soi-même, à l’égard des autres au travers du regard de la collectivité : en sociabilité.
SEXE-S / SEXUÉ – Sexualité, pratiques sexuelles, activité sexuelle – organes sexuels – genre sexué / relevant du genre masculin & féminin .
SEXUALITÉ-S / SEXUEL – Réalité sexuelle humaine cognitive, émotionnelle, comportementale / relatif à la sexualité.
SHAKESPEARE, W. – Poète, dramaturge, écrivain littéraire, Royaume d’Angleterre, 16e/17e s.
SHAVER, P. – Psychologue, États-Unis, 20e/21e s.
SHELLY, M. – Médecin de santé publique, France, 20e/21e s.
SHRIVER, L. – Écrivaine littéraire, journaliste, États-Unis, 20e/21e s.
SHURE, M. – Psychologue, États-Unis, 20e/21e s.
SIDA, Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise / SIDÉEN-S – Symptômes de la destruction du système immunitaire par le virus d’immunodéficience humaine, dernier stade de l’infection / relevant, atteint du Sida.
SIEYÈS, E.-J., Abbé – Homme d’Église, politique, auteur essayiste, France, 18e/19e s.
SINGLY (de), F. – Sociologue, France, 20e/21e s.
SINISTROSE-S / SINISTRE – Pessimismes, négativités, défaitismes accentués & permanents / inquiétant, sombre, lugubre.
SITUATION DES JEUNES EN EUROPE, La – Étude sociologique, sondage d’opinion, France, Europe, 21e s.
SIX LIVRES DE LA RÉPUBLIQUE, LES – Essai de sciences politiques, France, 16e s.
SKINHEAD-S, Jeune-s / Crânes rasés – Jeunesse marginale, anticonformiste, extrémiste, Occident, 20e/21e s.
SKINS PARTIES / Soirées débridées – Fêtes juvéniles dites « sans limites », orgies, débordements.
SKJOLDBJAERG, E. – Réalisateur de cinéma, Norvège, 20e/21e s.
SKYROCK – Station radiophonique jeunes, France.
SKYROCK.COM – Réseau social en ligne : espaces Internet multimédias personnalisés de libre expression, de communication, d’échanges pour jeunes, France.
SMETANA, B. – Compositeur, Bohême, Empire d’Autriche puis d’Autriche-Hongrie, actuelle République tchèque, 19e s.
SMIC, Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance. – Salaire horaire minimal légal obligatoire automatiquement réévalué, France.
SOCIABILITÉ-S POLYMORPHE-S – Vie sociale, socialisation, liens collectifs évolutifs variés de plusieurs types.
SOCIABILITÉ-S / SOCIABILISÉ / SOCIABLE – Vécu en société, socialisation collective & réseau social de groupe cohérent, aptitude à cultiver des liens harmonieux à autrui en société / relevant de la sociabilité.
SOCIALISATION DE L’ADOLESCENT, La – Livre de psychosociologie, France, 21e s.
SOCIALISATION EXPÉRIMENTALE secondaire – Intégration sociale par essais, tentatives, recherches pratiques indépendants de & par soi-même : par le jeune.
SOCIALISATION IDENTIFICATOIRE primaire – Intégration sociale par assimilation, transfert, projection mimétiques d’élaboration d’identité, de personnalité via autrui : par l’enfant.
SOCIALISATION-S / SOCIALISÉ – Insertion en la société, apprentissage de la vie collective, intériorisation des habitus sociétaux & re/construction d’identité sociale / intégré, assimilé.
SOCIÉTÉ ADOLESCENTE, La – Livre de sociologie, États-Unis, 20e s.
SOCIÉTÉ BLOQUÉE, La – Livre de sociologie, France, 20e s.
SOCIÉTÉ DÉPRESSIVE – Civilisation de déclin, en marasme, tristesse, souffrance : déprimée, hypocondriaque, déprimante, Occident, 21e s.
SOCIÉTÉ-S / SOCIÉTAL – Collectivités, civilisations, communautés : vie en groupes organisés, en partages, interactions, coopérations / relevant de la société.
SOCIÉTÉS MUTUALISTES DES ÉTUDIANTS – Mutuelles régionales étudiantes sanitaires & d’assurance chargées du régime étudiant de Sécurité sociale sur une zone territoriale, France. Depuis 2019 en charge du régime général de Sécurité sociale appliqué aux étudiants.
SOCIOLOGIE DE LA FAMILLE – Livre de sociologie, France, 21e s.
SOCIOLOGIE DE LA JEUNESSE – Livre de sociologie, France, 20e/21e s.
SOCIOLOGIE / SOCIOLOGIQUE – Discipline des sciences humaines & sociales étudiant les humains en leur milieu social, les faits sociaux humains / relevant de la sociologie.
SOCS – Personnages de fiction cinématographique dramatique, États-Unis, 20e s.
SODA – Série télévisée de comédie / dossier de presse afférent de présentation médiatique, France, 21e s.
SODIUM – Chlorure salin, sel marin, substance cristallisée d’assaisonnement.
SŒUR-S / SORORAL – Fille née des mêmes parents qu’une personne / lié à la sœur.
SOIN-S des jeunes & mineurs / SOIGNANT / SOIGNÉ – Traitement, médication, secours sanitaires thérapeutiques préventifs & curatifs : physiques, psychiques, sociaux au junior / relevant du soin.
SOLJENITSYNE, A. – Écrivain littéraire, dissident, Union Soviétique, Russie, 20e/21e s.
SOLVANT-S – Produit chimique détourné faisant office de drogue de substitution.
SOMME THÉOLOGIQUE, La / Summa theologica – Œuvre de théologie, philosophie, États italiens, 13e s.
SOMMEIL-S – Fait de dormir, repos, perte de conscience.
SOMNIFÈRE-S – Barbiturique, calmant & tranquillisant, sédatif : hypnotiques, narcotiques, soporifiques / provoquant le sommeil.
SONDAGE-S JEUNESSE – Étude-s d’opinion sociologique-s, France, 21e s.
SOREL, J. – Personnage de fiction littéraire, France, 19e s.
SOS GÉNÉRATION – Jeunesse en marasme, perdition, tourment de la crise psychomorale, socioéconomique des Quarante Piteuses, France, Occident, 20e/21e s.
SOUCHON, A. – Artiste chanteur, France, 20e/21e s.
SOUFFRANCE-S / SOUFFRANT – Afflictions, tourments, douleurs physiques & psychiques & moraux / affecté de souffrance-s.
SOUFFRE-DOULEUR – Bouc-émissaire, tête de turc, victime ciblée.
SOUFISME / SOUFISTE-S – Courant philosophique islamique sunnite & chiite : mystique, ascétique, ésotérique / relevant, tenant du soufisme.
SPAM-S / POURRIEL-S – Messages électroniques commerciaux & publicitaires récurrents, indésirables, envoyés en masse, non autorisés ni sollicités.
SPECTACLE EST TERMINÉ, Le – Chanson artistique, œuvre musicale, France, 20e s.
SPIRITUALITÉ MÉDIÉVALE JUDÉO-CHRÉTIENNE – Mystique religieuse du Moyen Âge issue du judaïsme & du christianisme, Europe, 5e-15e s.
SPIRITUALITÉ-S / SPIRITUEL – Foi, « mystique », esprit & champ théologiques, axiologiques, philosophiques / relevant de la spiritualité.
SPLEEN / Morosité – Dégoût mélancolique, marasme hypocondriaque, ennui diffus sans cause.
SPLENDID – Troupe d’acteurs de comédie, café-théâtre éponyme, France, 20e/21e s.
SPLENDIDE ISOLEMENT – Par extension, analogie éloignement, solitude, mise à l’écart de souveraineté délibérés, volontaires.
STABILISATION-S / STABILISATEUR / STABILISÉ / STABLE – Équilibrage, consolidation, affermissement / relevant de la stabilisation / fixe.
STABILITÉ ÉMOTIONNELLE – Équilibre, constance, solidité cognitifs, comportementaux des sentiments, affects, perceptions psychosomatiques.
STABILITÉ PROFESSIONNELLE – Équilibre, constance, solidité en l’occupation de postes d’emploi, de métier, travail au long d’une carrière.
STADE-S D’ÉVOLUTION – Degrés, phases, niveaux périodiques développementaux de la croissance, la transformation progressifs humains : psychosomatiques, moraux.
STADES I À V DE LA PUBERTÉ HUMAINE – Typologie anatomique biophysiologique ado-pubertaire : phases périodiques de croissance progressive.
STAGE-S, professionnel-s & étudiant-s / STAGIAIRE-S – Formation, perfectionnement, activité d’emploi temporaires pratiques de finalisation, durant un cursus d’études, France / jeune en stage.
STANDARDISATION / STANDARDISÉ – Conformation à des normes, des critères, modèles uniques / relevant de la standardisation.
STANFORD, Université – Établissement privé d’enseignement supérieur d’excellence, États-Unis.
STATUTS DE LA FONDATION A. de GAULLE – Réglementation, charte, organisation régissant cette fondation humanitaire pour handicapés, France.
STEINBECK, J. – Écrivain littéraire, États-Unis, 20e s.
STEINBERG, L. – Universitaire de psychologie, États-Unis, 20e/21e s.
STELLINGER, A. – Sociopolitiste, France, Suède, 20e/21e s.
STENDHAL – H. Beyle, écrivain littéraire, France, 18e/19e s.
STIGMATISATION-S / STIGMATE-S / STIGMATISÉ-S – Marques supposées des plaies du Christ crucifié chez certains mystiques / sujet à stigmatisation.
STREEP, M. – Actrice de cinéma, États-Unis, 20e/21e s.
STRESS / STRESSEUR-S / STRESSANT / STRESSÉ – État psychosomatique réactionnel de l’organisme humain confronté à une attaque brutale : tension, choc, perturbation / relevant du stress.
STRUCTURATION-S / STRUCTURANT / STRUCTURÉ – Agencement-s, ordonnancement-s, organisation / relevant de la structuration.
STRUCTURE-S / STRUCTUREL – Agencement, organisation, « architecture » / relevant de la structure.
SUBJECTIVITÉ / SUBJECTIF – Spécificité, particularisme, individualité de la pensée, de la conscience, la réalité humaines / relevant de la subjectivité.
SUBLIMATION / SUBLIMATOIRE / SUBLIMÉ – Idéalisation, élévation, ennoblissement de valeurs, moraux, transcendants / relevant de la sublimation.
SUBORDINATION / SUBORDONNÉ – Dépendance, servitude, assujettissement / relevant de la subordination.
SUBVERSION-S / SUBVERSIF / SUBVERTI – Contestation, remise en cause, soulèvement : agissements de sape nihilistes, séditieux, négativistes contre les valeurs, principes établis / relevant de la subversion.
SUGAR DADDY – Système de prostitution déguisée consistant à échanger les faveurs d’une jeune étudiante dite Sugar Baby, contre des avantages matériels « octroyés » par un senior fortuné dit Sugar Daddy.
SUICIDE RÉVÈLE LA SOUFFRANCE singulière des jeunes homosexuels, Le – Article de psychosociologie de presse écrite d’information, France, 21e s.
SUICIDE-S / SUICIDAIRE / SUICIDANT-S / SUICIDÉ-S – Autolyse, mort volontaire, autodestruction mortelle / relevant du suicide, en pensées et risque de suicide / en tentative de suicide / mort de suicide.
SUICIDOLOGIE / SUICIDOLOGIQUE – Étude scientifique des conduites suicidaires, de leurs causes, prévention en psychopathologie, sociologie, philosophie… / relevant de la suicidologie.
SULEIMAN, E. – Universitaire de sciences politiques, États-Unis, 20e/21e s.
SUPERFICIALITÉ-S / SUPERFICIEL – Légèreté de surface sans profondeur / relevant de la superficialité.
SUPERVISION-S / SUPERVISEUR / SUPERVISÉ – Contrôle, surveillance, inspection vérificatifs de révision, qualité / relevant de la supervision.
SWINGING SIXTIES / Les pétillantes années 1960 – Décennie culturelle d’exception au Royaume-Uni, 20e s.
SYMBIOSE-S / SYMBIOTIQUE – Union, harmonie, association étroites fructueuses, mutuelles / relevant de la symbiose.
SYMPATHIE-S / SYMPATHIQUE – Attraction, affinité, bienveillance / relevant de la sympathie.
SYNAPSE-S / SYNAPTIQUE – Zone de contact entre neurones de livraison d’informations / relevant des synapses.
SYNCRÉTISME / SYNCRÉTIQUE – Système philosophique, spirituel, culturel pluridoctrinal, pluriel / relevant du syncrétisme.
SYNOPSIS / SYNOPTIQUE – Résumé, intrigue, trame écrits d’un scénario cinématographique / relatif à un aperçu général.
SYPHILIS / SYPHILITIQUE – Infection sexuellement transmissible contagieuse, chronique / relevant, atteint de la syphilis.
SYSTÈME COMBINATOIRE – Raisonnement « formel » permettant d’envisager toutes les configurations d’une situation, les permutations possibles en un ensemble.
SYSTÈME DES BEAUX-ARTS – Œuvre de philosophie, France, 20e s.
– T –
3096 JOURS – Livre de récit sociologique autobiographique, Autriche, 21e s.
TABAC / TABAGIE / TABAGISME des jeunes & mineurs / TABAGIQUE – Produit nicotinique psychoactif, herbacé addictif / consommation tabagique / intoxication par abus de tabac des jeunes / lié au tabac, à la tabagie, au tabagisme.
TAG, Trouble Anxieux Généralisé – Affection psychiatrique à manifestations physiques aiguës, inquiétudes permanentes irrépressibles de façon conjoncturelle & structurelle.
TAILLE-S – Gabarit, stature, dimension corporels humains en longueur & hauteur.
TANGUY, Syndrome – Cohabitation familiale intergénérationnelle tardive voire abusive de certains jeunes adultes résidant au domicile parental, Occident, 21e s.
TANNER, J. M. – Médecin pédiatre, Royaume-Uni, 20e/21e s.
TARTAR-GODDET, É. – Psychologue, psychosociologue, France, 20e/21e s.
TATOUAGE-S / TATOUÉ-S – Marquage indélébile décoratif & symbolique cutané par colorants injectés / marqué, porteur de tatouage-s.
TAVOILLOT, P.-H. – Philosophe, France, 20e/21e s.
TAXINOMIE / Taxonomie / TAXINOMIQUE – « Sciences de la classification », classements, représentations hiérarchiques de concepts, sujets, domaines / lié à la taxinomie.
TAYLORISME / TAYLORISTE – Organisation rationalisée, automatisée, scientifique du travail, États-Unis, monde, 19e/20e s. / relevant, tenant du taylorisme.
TCA, Troubles du Comportement Alimentaire – Dérèglement psychopathologique de la nutrition.
TECHNOLOGISME / TECHNOLOGISTE – Primauté, invasion, excès technologiques de la forte place, du rôle des technologies dans la vie des humains / relevant du technologisme.
TECHNOPHILIE / TECHNOPHILE-S – Appétence néophile pour les technologies, avancées technologiques notamment de pointe, récentes / relevant, atteint de la technophilie.
TECHNOSCIENCE-S / TECHNOSCIENTIFIQUE – Interactions mutuelles entre les sciences & techniques / relevant des technosciences.
TEEN / YOUTH MARKETING / Fidélisation mercantile des juniors, de leurs attentes – Publicité, communication, promotion commerciales, consuméristes, hédonistes, matérialistes pour les jeunes.
TEEN MOVIE-S / Cinéma avec / pour les ados – Genre cinématographique notamment américain traitant de l’adolescence avec des personnages, un public adolescents.
TEILHARD de CHARDIN, P. – Religieux, scientifique, théologien, philosophe, France, 19e/20e s.
TEKNOÏDE-S, Jeune-s – Jeune technophile à appétence néophile pour les technologies, les avancées de pointe récentes, typologie sociologique, France, 21e s.
TÉLÉOLOGIE / TÉLÉOLOGIQUE – Science de la finalité, doctrine subordonnant l’univers à une finalité, finalisme ontologique / relevant de la téléologie.
TÉLÉPHONE-S & TÉLÉPHONIE MOBILES & CELLULAIRES / TÉLÉPHONIQUE – Système de télécommunications par dispositif électronique numérique sans fil, radiofréquences & ondes électromagnétiques / relevant de la téléphonie.
TÉLÉTHON – Marathon télévisuel annuel de financement de la recherche sur les maladies génétiques rares, France, 21e s.
TÉLÉVISION-S JEUNES – Télédiffusion & société de programmes audiovisuels pour & par la jeunesse.
TÉLÉVISION-S / TÉLÉVISUEL – Télédiffusion & société de programmes audiovisuels / lié à la télévision.
TEMPÉRAMENT-S – Idiosyncrasie, personnalité, constitution psychiques innées conditionnant la façon humaine d’interagir avec l’environnement.
TEMPORALITÉ / TEMPOREL – Ce qui est lié au déroulement irréversible du temps / relevant du temps.
TEMPS LIBRE – Congés, loisirs, occupations « libres » du temps en dehors des obligations habituelles notamment scolaires, professionnelles.
TENTATIVE-S DE SUICIDE – Acte d’auto-agression non abouti à objectif de mort sans décès consécutif.
TERRE / TERRESTRE – Sol, couche terrestre, part solide du globe planétaire – métaphore : corps humain / relevant de la Terre.
TERRORISME / TERRORISTE-S – Usage de violences, terreur, crimes pour parvenir à des fins idéologiques de droit commun / relevant, acteur du terrorisme.
TERTULLIEN, F. – Écrivain littéraire, théologien, Carthage & Tunisie, 2e/3e s.
TESTOSTÉRONE / TESTOSTÉRONIQUE – Principale hormone sexuelle masculine / relevant de la testostérone.
TÉTANOS / TÉTANIQUE – Maladie infectieuse à effets neurotoxiques & musculaires / relevant du tétanos.
TÊTE DE TURC – Bouc émissaire, objet de dérision, souffre-douleur.
TÊTE-S – Cerveau : intellect, esprit, mental : métaphore.
TÉTRAHYDROCANNABINOL / Delta 9 THC – Cannabinoïde psychoactif, principe actif du cannabis, stupéfiant psychotrope.
TÉTRAPLÉGIE-S / TÉTRAPLÉGIQUE-S – Paralysies des quatre membres, le plus souvent par lésions de la moelle épinière / relevant, atteint de la tétraplégie.
THALAMUS humain / THALAMIQUE – Zone encéphalique du cerveau humain / lié au thalamus.
THALIDOMIDE – Médicament sédatif & antinauséeux cause de malformations congénitales, monde, 20e s.
THAUMATURGIE-S / THAUMATURGIQUE – Don religieux de guérison miraculeuse dans la foi chrétienne / relevant de la thaumaturgie.
THÉO – Jeune victime de graves déviances supposées des forces de l’ordre, France, 21e s.
THEORIA / Méditation, introspection – Contemplation, recueillement, oraison intérieurs, spirituels & mentaux.
THÉOSOPHIE / THÉOSOPHIQUE – Mysticisme, science du divin, philosophie de la « Vérité révélée » / relevant de la théosophie.
THÉRAPIE-S (PSY) / THÉRAPEUTIQUE – « Relation d’aide », traitement d’un trouble notamment psychique, suivi curatif de type psychothérapeutique / relevant de la thérapie.
THERMOPYLES, Bataille des – Conflit militaire, Grèce, 5e s. av. J.-C.
THOMISME / THOMISTE – Doctrine théologique & philosophique du christianisme issue de l’enseignement de T. d’Aquin, monde, depuis le 13e s. / relevant du thomisme.
TIC, Technologies de l’Information et de la Communication – Communication électronique télématique : informatique, audiovisuel, multimédia, néotélécommunication, Web.
TIERS-ÉTAT – Députés de la bourgeoisie aux États généraux de l’Ancien Régime, France, 14e-18e s.
TIERS-MONDE – Pays en développement & émergents hors Occident.
TIERS-PAYANT – Paiement direct des soins médicaux, des médicaments par le système de santé sans avance financière du patient.
TIMIDITÉ-S / TIMIDE-S – Embarras, indécision, crainte / relevant, affecté de la timidité.
TINCQ, H. – Journaliste, vaticaniste, France, 20e/21e s.
TINTIN – Personnage de fiction de bande dessinée de jeunesse, Belgique, 20e s.
TIROT, G. – Essayiste, France, 20e/21e s.
TITUS & BÉRÉNICE – Personnages historiques & personnages de fictions théâtrales, Moyen-Orient & Rome, 1er s. / Œuvres de Racine et Corneille, France, 17e s.
TOC, Troubles Obsessionnels Compulsifs – Trouble mental à pensées intrusives répétées & comportements récurrents ritualisés.
TOCQUEVILLE, A. (de) – Homme politique, philosophe politique, historien, France, 19e s.
TONUS SOCIAL – Énergie, dynamisme, vitalité des liens à autrui.
TOTALITARISME / TOTALITAIRE – Monopole idéologique dictatorial : absolutiste, tyrannique, despotique / relevant du totalitarisme.
TOUJOURS PLUS ! – Livre de socioéconomie, France, 20e s.
TOUR DE FRANCE CYCLISTE – Compétition sportive internationale, France, 20e/21e s.
TOURMENT-S / TOURMENTEUR / TOURMENTÉ – Douleur & souffrance, affliction & affres, peine & tracas / relevant du tourment.
TOUT BAIGNE, Jeune-s – Jeune satisfait de son « sort », en situation générale favorable, typologie sociologique, France, 21e s.
TOUT CE QUI BRILLE – Film cinématographique de comédie, France, 21e s.
TOUTE LA VIE – Œuvre musicale vocale, chanson artistique, France, 21e s.
TOXICOMANIE-S / TOXICOMANE-S – Intoxication, dépendance, accoutumance physiques & psychiques à des produits psychotropes / relevant, adepte de la toxicomanie.
TRAITÉ D’ADDICTOLOGIE – Livre de santé, France, 21e s.
TRAITÉ DE CARACTÉROLOGIE – Livre de psychologie, France, 20e s.
TRAITÉ / PACTE CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN, 2005 – Nouvelle Constitution européenne rejetée par référendum, Europe, 21e s.
TRANQUILLISANT-S – Médicament psychotrope : sédatif, anxiolytique ou neuroleptique.
TRANSCENDANCE / TRANSCENDANT – Métaphysique, dépassements, élévations spirituels, philosophiques, moraux / relevant de la transcendance.
TRANSFERTS SOCIAUX – Prestations sociales indemnitaires d’assistances compensatoires financières publiques.
TRANSGRESSION-S / TRANSGRESSIF / TRANSGRESSEUR / TRANSGRESSÉ – Manquement, anticonformisme, violation / relevant de la transgression.
TRANSITION-S / TRANSITIONNEL – Liaison graduelle, passage progressif, changement intermédiaire / relevant de la transition.
TRANSMUTATION-S / TRANSMUTATIF – Métamorphose, transfiguration, ennoblissement / relevant de la transmutation.
TRANSNATIONALITÉ / TRANSNATIONAL – Internationalisation au-delà des pays, des États, en une configuration mondialisée, globalisée / relevant de la transnationalité.
TRANSSEXUALISME / TRANSIDENTITÉ / TRANSSEXUEL-S – Trouble de l’identité sexuelle / transgenre.
TRANSSUBSTANTIATION-S – Métaphore, mutation de substance en une autre.
TRANSVERSALITÉ / TRANSVERSAL – Horizontalité, approche plurithématique, communauté de domaines & sujets / relevant de la transversalité.
TRASH, Jeune-s / Jeune-s glauque-s – Jeunesse provocante, agressive, choquante par saleté, médiocrité, vulgarité, Occident, 21e s.
TRAUMATISME-S / TRAUMATIQUE / TRAUMATISANT / TRAUMATISÉ – Trouble, ébranlement, choc physiques, psychiques, moraux / relevant du traumatisme.
TRAVAIL SCOLAIRE & PROFESSIONNEL – Tâches, activités, occupations éducatives, de l’emploi, France.
TRENTE GLORIEUSES – Période « faste » de forte prospérité, croissance, consommation socioéconomique des pays développés, monde, 20e s.
TRÈS GRANDE BOUCLE, La – Tour du monde cycliste, juvénile, 21e s.
TREVES, F. – Chirurgien, Royaume-Uni, 19e/20e s.
TRIANGLE DES BERMUDES – Zone géographique supposée être le théâtre de disparitions navales, aériennes étranges, inexpliquées, Océan Atlantique.
TRILOGIE DE LA RÉSILIENCE, La – Livres de psychologie, France, 21e s.
TRISOMIE 21 / Ex-mongolisme / TRISOMIQUE – Anomalie chromosomique congénitale par chromosome surnuméraire de la vingt-et-unième paire, psychophysiopathologie / relevant, atteint de la trisomie.
TRISTAN – Personnage celte de mythologie littéraire, Bretagne & France actuelle, Angleterre, Irlande, 5e/6e s. : existence & 12e s. : narrations littéraires.
TRISTESSE-S / TRISTE – Chagrin & mélancolie, affliction & désenchantement, accablement & amertume en désespérance morale / affecté de tristesse.
TRITHÉRAPIE-S / TRITHÉRAPEUTIQUE – Traitement antiviral curatif de la séropositivité & préventif du Sida / relevant de la trithérapie.
TROIS MONDES, UNE PLANÈTE – Article géopolitique de presse écrite d’information, France, 20e s.
TROISIÈME FORUM ADOLESCENCES – Colloque d’études, débats psychosociologiques sur la jeunesse, France, 21e s.
TROUBLE-S CARACTÉRIEL-S – Atteinte psychopathologique de la mentalité acquise.
TROUBLE-S DE LA PERSONNALITÉ – Atteintes psychopathologiques du psychisme inné & acquis.
TROUBLE-S DE L’AUDITION / ACOUPHÈNES / SURDITÉ-S – Baisses & pertes des capacités auditives / bruits parasites perçus sans émissions de sons / abolition totale de l’ouïe.
TROUBLE-S DU COMPORTEMENT – Atteinte psychopathologique des conduites.
TROUBLE-S PSYCHIQUE-S – Atteintes psychopathologiques psychoaffectives.
TSPT, Trouble de Stress Post-Traumatique – Trouble anxieux accru suite à occurrence perçue comme traumatisante, à pensées macabres, invasives.
TUBERCULOSE / TUBERCULEUX – Maladie infectieuse contagieuse notamment pulmonaire / relevant, atteint de la tuberculose.
TUERIE D’OSLO – Massacre de masse par armes à feu, Norvège, 21e s.
TUNIQUE DE NESSUS – Métaphore, cadeau empoisonné, présent funeste, passion maléfique destructrice.
TURKANA BOY / « Garçon de Turkana » – Squelette de jeune hominidé Homo ergaster & erectus, Afrique, Kenya, il y a 1,5 million d’années.
TURKANA, LAC – Lieu d’origine géographique du Garçon de Turkana, Afrique, Kenya.
TUTORAT ANDROJEUNOLOGIQUE / TUTORAL / TUTORÉ – Conseil personnel théorique & pratique du junior masculin de quinze – vingt-quatre ans, relation d’aide spécialisée, enseignements de réalisation de soi / relevant du tutorat.
TYPE-S AFFECTIF-S – Genre humain sentimental, émotionnel, d’attachements.
– U –
UN AMOUR DE JEUNESSE – Romance dramatique de cinéma, Allemagne, France, 21e s.
UN ENNEMI DU PEUPLE – Pièce de théâtre dramatique, Norvège, 19e s.
UNAF, Union Nationale des Associations Familiales – Institution familiale d’utilité publique regroupant des entités morales familiales, France.
UNEF, Union Nationale des Étudiants de France – Organisation étudiante de type syndical représentative de défense des intérêts de la jeunesse étudiante, France.
UNESCO, Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science & la Culture – Institution culturelle spécialisée de l’Organisation des Nations Unies, France, monde.
UNICEF, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance / l’Adolescence – Agence de l’ONU de défense de la condition des jeunes mineurs, États-Unis, monde.
UNION EUROPÉENNE – Groupement politique, économique continental d’États de l’Europe à compétences communautaires.
UNION-S LIBRE-S – Union sentimentale non légalisée ni reconnue civilement, religieusement.
UNIVERS SOCIAL DES ADOLESCENTS, L’ – Livre de psychosociologie, Canada, 21e s.
UNIVERSAUX – En métaphysique, concepts globaux communs à l’humanité tout entière, aux choses, aux occurrences particulières.
UNIVERSITÉ-S / UNIVERSITAIRE – Établissements d’enseignements supérieurs : généraux, professionnels, technologiques / lié à l’université, France.
UPIES, Unités Pédagogiques d’Intégration pour l’Enseignement Secondaire – Structures de scolarisation secondaire des jeunes handicapés, France.
URBANITÉ / URBAIN – Affabilité, courtoisie, politesse / relevant de l’urbanité.
USEM, Union Nationale des Mutuelles Étudiantes Régionales – Désormais « EmeVia », groupement de mutuelles territoriales de santé gérant la Sécurité sociale étudiante, France. Depuis 2018 chargée du régime général de Sécurité sociale appliqué aux étudiants.
UTILITARISME / UTILITARISTE – Matérialismes, valorisations de l’utile & de l’utilité, doctrine utilitariste / relevant de l’utilitarisme.
UTOPIE-S / UTOPIQUE / UTOPISTE – Illusion, chimère, rêve idéalisés de plénitude, perfection, d’harmonie / relevant, tenant de l’utopie, l’utopisme.
– V –
20 ANS D’ÉCART – Film cinématographique de comédie romantique, France, 21e s.
VACANCES / VACANCIER-S – Période de congé, repos, d’interruption d’activité / en vacances.
VACCINATION-S / VACCINAL / VACCINÉ-S – Immunisation, inoculation, prévention sanitaires infectieuses protectrices de la santé humaine / relevant de la vaccination & des vaccins.
VAISMAN, A. – Journaliste, France, 20e/21e s.
VALENTIN, R. – Jeune résistant de la Seconde Guerre mondiale, France, 20e s.
VALEUR-S / VALEUREUX / VALORISANT / VALORISÉ – Idéaux, principes, objectifs moraux, spirituels, culturels, sociaux personnels motivant les êtres humains en éthique, guidance, ontologie, axiologiques existentielles / relevant des valeurs.
VAMP-S – « Femme fatale », séductrice irrésistible, perverse, sans scrupules.
VANDALISME-S / VANDALE-S / VANDALISÉ-S – Dévastations, destructions, dégradations gratuites / relevant du vandalisme.
VANDERSTEEN, S. – Journaliste, France, 20e/21e s.
VARDA, A. – Réalisatrice de cinéma, France, 20e/21e s.
VERDIER, É. – Psychologue, France, 20e/21e s.
VÉRITÉ RÉVÉLÉE / Révélation – Connaissance religieuse monothéiste liée au Salut réputée de source divine.
VERNE, J. – Écrivain littéraire, France, 19e/20e s.
VERS UNE CIVILISATION DU LOISIR ? – Livre de sociologie, France, 20e s.
VERSINI, D. – Défenseure des Enfants & ados mineurs, femme politique, France, 20e/21e s.
VERTICALITÉ-S RELATIONNELLE-S / VERTICAL – Liens humains hiérarchisés, autoritaires, rigides / relevant de la verticalité.
VERTU-S THÉOLOGALE-S – Selon le Nouveau Testament biblique du christianisme, valeur devant mener les hommes en leur lien à l’univers, Dieu : foi, espérance, charité.
VICTIME-S / VICTIMISÉ – Personne qui subit un aléa de l’adversité existentielle humaine / considéré, reconnu comme victime.
VIE ACTIVE, PROFESSIONNELLE – Emploi, carrière, « parcours » de métier, de travail, de responsabilités rémunérées.
VIE-S / VIVANT-S / VITAL – Existence, destin & destinée, condition humains, terrestres, biologiques de la naissance au trépas / en vie / relevant de la vie.
VILAINE LULU, La – Livre de bande dessinée, France, 20e s.
VILLEPIN (de), D. – Homme d’État, France, 20e/21e s.
VIOLENCE-S / VIOLENT / VIOLENTÉ – Agressions & sévices, brutalités, abus physiques, psychiques, moraux / auteur & victime de violence-s.
VIOLETTE NOZIÈRE – Film cinématographique dramatique biographique, Canada, France, 20e s.
VIOL-S / VIOLÉ-S / VIOLEUR-S – Agressions, outrages, sévices sexuels, criminels contraints, par violences / relevant du viol.
VIRARD, M.-P. – Journaliste, France, 20e/21e s.
VITAMINE-S / VITAMINIQUE / VITAMINÉ – Substance organique azotée nécessaire à tout organisme humain / relevant, contenant des vitamines.
VIVE LES 11-25 – Livre de sociologie, France, 21e s.
VŒUX AUX FRANÇAIS, F. Mitterrand, 31 décembre 1994 – Intervention politique télévisée, France, 20e s.
VOL-S / VOLEUR-S / VOLÉ-S – Infraction pénale consistant à dérober, spolier, soustraire de façon frauduleuse le bien matériel d’autrui par appropriation indue / relevant du vol.
VON ECONOMO-CRUCHET, Maladie de – Encéphalite léthargique virale.
VOTRE ADO – Livre de santé et psychologie, France, 21e s.
VOULZY, L. – Artiste chanteur, France, 20e/21e s.
VUE – Sens de la vision, perception oculaire, faculté de voir avec les yeux.
VULGATE / VULGATIQUE – Bible chrétienne latine & par extension, métaphore, écrit faisant autorité, expression commune / relevant de la vulgate.
– W –
WARGNIER, R. – Réalisateur de cinéma, France, 20e/21e s.
WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN / Il faut qu’on parle de Kevin – Film cinématographique dramatique, thriller, États-Unis, Royaume-Uni, 21e s.
WEB PORNOGRAPHIE / WEB PORNOGRAPHIQUE – Pornographie Internet, représentations sexuelles audiovisuelles sur Internet / relevant de la web pornographie.
WEBER, M. – Sociologue, économiste, Allemagne, 19e/20e s.
WELTANSCHAUUNG / « Vision du monde » – Paradigme & conceptions métaphysiques, représentation de l’univers, philosophie existentielle.
WEST EASTERN DIVAN Orchestra / Orchestre du Divan occidental & oriental – Orchestre symphonique israélo-arabe de jeunes musiciens pour la paix, Moyen-Orient, 21e s.
WESTINGHOUSE, G. – Ingénieur, entrepreneur, inventeur, États-Unis, 19e/20e s.
WIERSMA, E. D. – Médecin psychiatre, Pays-Bas, 19e/20e s.
WILDE, O. – Écrivain littéraire, Irlande, 19e s.
WINAVER, D. – Médecin gynécologue, France, 20e/21e s.
WINNERS / Gagnants – Bien-nés, privilégiés, vainqueurs battants.
WORLD SOCIETY / Société mondialisée – Univers globalisé d’échanges ouverts interactifs, d’information-communication continues.
WURTZEL, E. – Journaliste, écrivaine, États-Unis, 20e/21e s.
WWW.CIUP.FR – Site Internet institutionnel éducatif, France.
WWW.DOCTISSIMO.FR – Site Internet informatif interactif sanitaire, France.
WWW.ENNEAGRAMME.COM – Site Internet de développement personnel, France.
WWW.FILSANTEJEUNES.COM – Site Internet institutionnel d’information sanitaire pour la jeunesse, France.
WWW.FONDATION-ANNE-DE-GAULLE.ORG – Site Internet institutionnel caritatif, sanitaire, France.
WWW.ILEDEFRANCE.FR – Site Internet institutionnel régional, France.
WWW.JEUNESDUMONDE.COM – Site Internet international de jeunesse, monde.
WWW.JEUNES.GOUV.FR – Site Internet institutionnel national de jeunesse, France.
WWW.LATRESGRANDEBOUCLE.TUMBLR.COM – Site Internet sportif de jeunesse, France.
WWW.LEPETITJURISTE.FR – Site Internet juridique de jeunesse, France.
WWW.MCETV.FR – Site Internet de Webmédia audiovisuel de jeunesse, France.
WWW.PARIS.FR – Site Internet institutionnel municipal de la capitale, France.
WWW.RADIOVL.FR / WWW.VL-MEDIA.FR – Sites Internet de Webmédia audiovisuel de jeunesse, France.
WWW.TASANTE.COM – Site Internet sanitaire de jeunesse, France.
WWW.UN.ORG/FR – Site Internet institutionnel d’organisme international, monde.
WWW.WEBADOS.FR – Ex-site de média radio Internet de jeunesse, France.
WWW.ZONE-ADO.COM – Ex-site Internet informatif d’échanges de jeunesse, France.
– Y –
YADE, R. – Femme politique, France, 20e/21e s.
YALLA – En Avant les Jeunes ! – Livre de réflexions pédagogiques, morales, spirituelles, France, 20e s.
YÉYÉ-S, Jeune-s – Jeunes amateurs de musique pop prisant les standards musicaux anglo-saxons revisités, France, 20e s.
YOUNG MAN SHOW / Le Spectacle d’un jeune homme – Spectacle humoristique, France, 21e s.
YPRES, Première Bataille d’ – Combats militaires du Premier Conflit mondial, Belgique, 20e s.
– Z –
ZAZOU-S, Jeune-s – Jeune anticonformiste, excentrique, existentialiste, libertaire, France, 20e s.
ZAZZO, B. – Psychologue, France, 20e/21e s.
ZOULOU-S, Jeune-s – Jeune marginal, jeunesse périurbaine adepte de hip-hop, rap, jeune voyou, lascar & zonard, Occident, 20e s.
ZUCKERBERG, M. E. – Informaticien, entrepreneur, créateur pionnier, États-Unis, 20e/21e s.
TABLE DES MATIÈRES
(ANDRO)JEUNOLOGIE®
Relever Votre Défi Jeune !
SOMMAIRE
Tomes I & II
Sommaire Tome I / Volume I-1
Sommaire Tome I / Volume I-2
Sommaire Tome II / Volume II-1
Sommaire Tome II / Volume II-2
Tome I
VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »
CONTEMPORAINES
Réflexion
D’(Andro)JeunoScience®
SOMMAIRE
Tome I – V. 1
PRÉAMBULE
[ « Tempête Sur Vous, Junior » ]
Faire sa vie – Votre jeunesse incertaine
Avoir reconnaissance – Vous, jeune mésestimé
Être soi – Votre néogénération malmenée
Volume I-1
« La Nature Personnelle, l’Identité Commune »
De Votre (Andro)Jeunesse
1
VOTRE INTÉGRITÉ PSYCHOSOMATIQUE
Vos Physiologie / Santé
D’(Andro)Jeune
Votre Juvénile
[ « Révolution Psychopubertaire » ]
Mécaniques ontogéniques de votre puberté de jeunesse
Vos anatomiques portées positives, délicates de junior
Vos morphologie, sexualisation, organisme différentiels juvéniles
[ L’Indice Général de Santé ]
De Votre Jeunesse Française
Données, fluctuations de la vitalité de votre nouvelle génération
Vos perfectibles conditions sanitaires, hygiène de vie de jeune
Vos aspects démographiques, items d’équilibre néogénérationnels
Vos Risques, Préventions
[ Soins Sanitaires de Junior ]
« Lourds désordres dommageables » de votre constitution de jeune
Problèmes somatopsychiques « de votre quotidien » juvénile
Politiques, système, pratiques de santé de votre jeunesse
2
VOTRE PERSONNALITÉ
Vos Psychologie-s (Andro)AdoJuvénile-s /
Postulat de « Crise »
[ Votre Néopsychologie ]
Cognitive-Émotionnelle à l’AdoJeunesse
Stades, grands traits de votre personnalité psychique de jeune
Vos pensée, intellect, raisonnement mental, émotions de junior
Typologie, classification de votre psychisme néogénérationnel « plastique »
[ Votre Construction ]
Sociomorale-Comportementale de Jeune
Vos jugement, éthologie, paroles, attitudes, actes, abstentions juvéniles
Vos évaluations, neuronales maturations « sui generis » de junior
Progressives autonomies psychosociales de votre jeunesse des années 2020
[ Votre « Trouble de Jeunesse ]
Un Mythe Anti-Néogénérationnel »
Vos tourment, passage, cohérence catégoriels de junior ?
Perfectionnements de votre configuration psychologique jeune
Vos juvéniles inquiétudes, bonheurs psychoaffectifs marqués
3
VOS « ATTACHEMENTS »
Vos Vie Familiale / Affectivité
(Andro)Juvéniles
Votre Indispensable
[ « Refuge Lignager » de Junior ]
Jeune occidental « ataviquement conditionné » par votre famille
Précieux rôles des liens de parenté auprès de votre néogénération
Attributs, projections signifiants de votre filiation juvénile
[ Le « Passionnel Investissement Affectif » ]
De Votre Jeunesse
Vos affections néogénérationnelles, degrés, types observés
Vos liens sentimentaux comparés, différenciés de junior
Vous, jeune, en situation d’épanouissement relationnel ?
Vos Omniprésentes
[ Amitiés, Amours, Sexualités Juvéniles ]
Conceptions, moteurs, contextes de vos vécus amicaux de junior
Vos principes, diversités, variabilités amoureux de jeunesse
Vos dynamique, tempérament, inclinations sexuels de jeune
4
VOTRE SOCIABILITÉ
Votre Sociologie (Andro)Jeunologique /
Vous, Junior « en Difficulté »
[ Vos Intégrations, Désinsertions Sociales ]
De Jeune d’Aujourd’hui
Junior hexagonal « subordonné » en votre société
Vos juvéniles affiliations, compétences anthropologiques
Adultisme dominant, votre « dés/adaptation sociétale » de jeunesse
[ Votre Hypothétique Socialisation ]
Néogénérationnelle Conditionnelle
Mise à l’écart de votre jeunesse sociologique minoritaire, marginalisée
Votre « grégarisme » juvénile « toujours plus protestataire qu’intégratif » ?
Vos image de marque, modalités, dépendances d’ « assimilation » de jeune
[ Votre Jeunesse « Abîmée » ]
Maltraitée, Handicapée, Précaire, Déviante
Dur sort de votre nouvelle génération vulnérable, « blessée de la vie »
Vous, jeune menacé, en danger, victime d’autrui / Vous, junior invalide
Votre jeunesse en faiblesse socioéconomique / Vous, jeune délinquant
5
VOTRE ÉTAT ÉCONOMICO-ETHNIQUE
Vos Niveau de Vie /
« Transnationalité » d'(Andro)Jeune
[ Les Consommations, Consumérismes ]
De Votre Néogénération
Vous, jeune, secondaire mais puissant acteur économique
Vos nettes inégalités, préoccupations matérielles juvéniles
Votre septentrionale jeunesse hédoniste, inactive, paupérisée
[ Vos Caractéristiques ]
Anthropoculturelles de Junior
Votre autochtone jeunesse « promue citoyenne du monde »
Votre génération nouvelle de France, d’Europe, d’Occident
Les mérites de votre « ouverture planétaire » accrue de jeune
Votre Croissante
[ « Globalisation » Juvénile Généralisée ]
Vous, junior de l’Ouest extra-européen, de « pays avancé, émergent »
Votre « néocohorte montante plus universelle, globe-trotter »
Distinctives comparaisons internationales de votre jeunesse
Notes
Lexique
Table des matières
Yves REMY
Dr / PhD
AndroJeunologue®
Docteur des Universités
(ANDRO)JEUNOLOGIE®
Relever Votre Défi Jeune !
Ce livre est une introduction inédite et novatrice aux sciences
Et au conseil personnel de votre (andro)Jeunesse
Et androJeunologiques.
En une large vision optimale : globale, transversale et pluridisciplinaire.
L’ouvrage présente l’essentiel des particularités de votre (andro)Juvénilité.
Les outils de pointe d’appréhension et de mentorat pour vous, jeune homme.
L’(Andro)Jeunologie® étude et assistance maximale pour vous, 15-24 ans.
Spécialement garçon. Balisage, tutorat, conseil
En réalisation de vous pour vous mener, junior XY, à mieux vous diriger.
Ce traité analyse votre néogénération en ce qu’elle est. Il décrit les meilleurs
Et plus appropriés procédés pour vous soutenir, les issues à vos aléas
Attentes, réalités, besoins spécifiques.
En théorie abstraite réflexive : (Andro)JeunoScience®
Et pratique concrète de terrain : AndroJeunoConseil®.
Protocoles in vitro et in vivo d’avant-garde.
Plus particulièrement concernant votre jeunesse masculine.
En deux tomes doubles
Soit quatre volumes d’AndroJeunologie®.
Tome I
Réflexion
D'(Andro)JeunoScience®
Données anthropologiques d’ensemble de recherche
Sur votre génération préadulte. Vous, jeune de 13-24 ans.
Tome II
Mentoring
D’AndroJeunoConseil®
Moyens d’accomplissement de vous androJuvénile.
Vos compréhension et conseil particuliers
De junior masculin.
Tome I / Volume I-1
[ Votre « Essence » Individuelle de Jeune ]
Santé, psychisme, affectivité, sociabilité, ethno-économie.
Tome I / Volume I-2
[ « Insertion » Sociale de Votre Jeunesse ]
États philo-historiques, formation / emploi, récréativité, valeurs, droit-s.
Tome II / Volume II-1
[ Vos « Solutions » AndroJeunologiques ]
Fondements, apport, réponse, nature, leviers d’intervention.
Tome II / Volume II-2
[ « Effets » de Votre AndroJeunoConseil® ]
Performance, adaptation, résultats, principes, plénitude d’action.
Yves REMY, Dr est consultant
Pour vos questions d’Éducation et de Jeunesse.
Conseil en matière de développement individuel
Pour vous, garçon de 15-24 ans. Expert en AndroJeunologie® :
Vos problématiques et thématiques juvéniles masculines.
Docteur des Universités en Sciences humaines et sociales.
(PsychoSociologie adoJuvénile), Paris. Certifié Acec / Mentoring personnel.
(Jeunesse). Paris. Conseil androJeunologue®.
Concepteur et théoricien-praticien de l’AndroJeunologie®
Investigations et relation d’aide holistiques vous concernant, junior mâle.
Approche cognitive, émotionnelle, comportementale de vos vécus, difficultés
Sui generis de garçon jeune. Notamment de votre confiance en vous.
Vos socialisation, gestion du stress, motivation, affirmation de vous
Optimisation de potentiels androJuvéniles…
Yves REMY, Dr a créé à Paris le premier et unique cabinet privé ad hoc
Spécialisé en France. De conseil androJeunologique
Personnel et intégral de vous seul, 15-24 ans masculin, à titre exclusif.
Comme de consulting Éducation-Jeunesse.
Yves REMY
Dr / PhD
AndroJeunologue®
Docteur des Universités
(ANDRO)JEUNOLOGIE®
Relever Votre Défi Jeune !
Tome I
VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »
CONTEMPORAINES
Réflexion
D’(Andro)JeunoScience®
Volume I-2
Vos Réalisation, « Cheminement » Existentiels
D'(Andro)Jeune
Yves REMY, Dr / PhD © 2019
Protection copyright SGDL / Dépôt légal BNF
SOMMAIRE
(ANDRO)JEUNOLOGIE®
Relever Votre Défi Jeune !
Tome I
VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »
CONTEMPORAINES
Réflexion
D’(Andro)JeunoScience®
SOMMAIRE
Tome I – V. 2
Volume I-2
Vos Réalisation, « Cheminement » Existentiels
D'(Andro)Jeune
6
VOTRE EMPREINTE « MÉMORIELLE »
[ Histoire / Philosophie ]
De Votre (Andro)Néogénération
Votre riche parcours historique de jeune, de jeunesse
Les savantes visions, doctrines sur votre juvénilité
Imaginer un « marqueur philosophique de votre nouvelle cohorte »
7
VOTRE INSERTION PERSONNELLE
[ Vos Formation / Emploi (Andro)Juvéniles ]
Les fondements majeurs de notre système éducatif pour vous, élève
Les conceptions pédagogiques de la nation pour votre jeunesse
Votre « insaisissable gageure » professionnelle de junior
8
VOTRE TEMPS RÉCRÉATIF
[ Loisirs / Culture-s ]
De Votre (Andro)Nouvelle Génération
Votre « folle passion ludique » de jeunesse du siècle
Votre intense culture numérique, « particulariste » de jeune
Votre juvénile civilisation « porteuse de sens » ?
9
VOS ÉTHIQUE, MORALE
[ Vos Valeurs / Adhésions ]
D'(Andro)Jeune
Votre avant-gardiste « syncrétisme juvénile extrême » ?
Vos « idéologiques élans » de jeune par / pour vous ?
Vos « indifférentismes, quêtes d’absolu » de junior
10
VOTRE « ENCADREMENT »
[ Vos Droit-s de Mineur / ]
Politiques Publiques d'(Andro)Jeunesse
Vos statut légal, régime civil, facultés, libertés de prémajeur
La loi pénale, extrapénale de votre minorité, votre civisme juvénile
Les réalités des interventions étatiques pour votre jeunesse
ÉPILOGUE
Postface
Sources / Bibliographie
Notes
Lexique
Table des matières
I-2
VOS RÉALISATION, « CHEMINEMENT »
EXISTENTIELS D'(ANDRO)JEUNE
Une civilisation se mesure à la qualité des objets de colère
Qu’elle propose à sa jeunesse
H. Grouès
Religieux, France, 1912-2007
Ah ! La jeunesse
L’immortelle poésie du cœur !
L. Conan
Écrivaine, Canada, 1845-1924
La Sève immortelle
Œuvre littéraire historique, Canada, 1925
L’appréhension holistique et des sciences humaines et sociales de votre jeunesse relève de fondamentaux. Constitutifs et d’approche anthropologique propre de votre juvénilité. Évolution historique et conception philosophique de votre jeunesse. De votre univers social, « managérial » de junior. Vos fluctuations éducatives et réalités scolaires juvéniles. Sont concernés aussi vos défis professionnels de jeune. En matière idéologique, d’encadrement juvéniles l’on peut distinguer les priorités ludiques, culturelles fixées par vous, cadet. Loisirs, culture pratiqués par vous, jeune. Vos conditionnements moraux de junior. Croyances, comme engagements. La réglementation juridique de votre minorité et du mineur. Les politiques nationales de la jeunesse française.
Octave puis Octavien (63 av.-14 ap. J.-C.), Caius Octavius Thurinus est le petit-neveu et fils adoptif de J. César. (Homme d’État, Rome, 100-44 av. J.-C.). Il est sous le nom d’Auguste le premier empereur romain de l’Histoire (27 av.-14 ap. J.-C.). Avec lors de son décès la titulature d’Imperator Caesar Divi Filius Augustus, de Pontifex Maximus… L’homme d’État romain et auteur latin Cicéron (106-43 av. J.-C.) soutient alors sa candidature au consulat en l’an 44 av. J.-C. En sa quatorzième Philippique, (Discours politique, Rome, 43 av. J.-C.), il livre sa célèbre pensée : « La valeur n’attend pas le nombre des années » ! « Virtute superavit aetatem » !-593. En 43 av. J.-C., âgé de vingt ans, Octave fait partie du Second Triumvirat (43- 32 av. J.-C.), devient l’un des trois consuls de Rome-594.
De fait, l’Histoire de l’humanité a démontré que les plus grandes réalisations et les plus abouties ou les plus marquantes aussi ne sont pas toujours celles des hommes de la maturité. Elles sont aussi celles de la jeunesse et des jeunes. Lesquels ont alors pour eux non le fruit de l’expérience mais celui du dynamisme, de l’inébranlable foi résolue des débuts de la vie ! Ce qui compense fort l’inexpérience. Alors que l’âge mûr aguerri est également celui des lassitudes. Ainsi le jeune C. de Vignemont, (France, 1970-), crée un logiciel vendu en 1984 par Apple avec le premier Macintosh, dès treize ans. À quatorze, il interroge à la télévision le président Mitterrand. À quinze ans, il est conseiller pour les nouvelles technologies au ministère du Plan. À dix-sept, il publie un essai informatique. À dix-huit ans, il parle au World Economic Forum de Davos.
6
VOTRE EMPREINTE « MÉMORIELLE »
Histoire / Philosophie
De Votre (Andro)Néogénération
L’Histoire est un grand présent
Pas seulement un passé
É.-A. Chartier, dit Alain
Philosophe, France, 1868-1951
Les Aventures du Cœur
Œuvre philosophique, France, 1945
La philosophie
Est le microscope de la pensée
V. Hugo
Écrivain, France, 1802-1885
Les Misérables
Œuvre littéraire, sociophilosophique
Historique, France, 1862
Votre jeunesse a un passé individuel et collectif commun des plus riches. Il s’agit alors d’interpréter le plus justement la nature, la destinée historiques des « peuples juniors ». Il convient de « repenser » votre juvénilité philosophique, son destin. Mieux savoir comment, plus adéquatement « transmuter » votre nouvelle génération pleinement épanouie en adultisme authentiquement heureux. Cela prendra alors toute son importance.
Peter Pan des temps modernes, les jeunes ont grand mal à grandir, non pressés d’entrer en leur âge mûr. Tant ce dernier leur paraît très répulsif et leur jeunesse plus plaisante et profitable malgré ses difficultés. Tout junior est concerné, sa génération étant plus unie qu’hétérogène. Fille symbole en cela par excellence de la globalisation mondiale. Le jeune actuel garde toute l’ « aura » mystique et passionnée du Siegfried mythologique scandinave et germanique. (Antiquité tardive, Haut Moyen Âge, narration XIIIe s.). De la « Tétralogie » musicale lyrique wagnérienne L’Anneau du Nibelung. (L’Or du Rhin, 1869, La Walkyrie, 1870, Siegfried, 1876, Le Crépuscule des dieux, 1876, opéras, États allemands / Allemagne, 1848-1874/1876). Le héros romantique est jeune, amoureux, idéaliste. L’adolescent est un convaincu qui croit en l’objet idéal, lequel est par essence toujours enthousiasmant.
Cette « ferveur » caractérise adolescence et romantisme. (J. Kristeva, psychanalyste, auteure française contemporaine). Ce qui permet à Siegfried de « vaincre le dragon »-595. Au-delà des envolées exaltées, passionnées et baroques le jeune se doit d’apprendre le sens de l’effort, la maturité, la responsabilité. La fougue ne trouve toute sa vertu que dans l’ascèse, l’élévation morale, l’abnégation. À défaut, elle n’est qu’artificielle illusion de surface sans nul fondement. Le poème épique germanique médiéval La Chanson des Nibelungen ayant inspiré les opéras de L’Anneau du Nibelung en témoigne puissamment. Le génie adolescent n’est pas un mythe. Ainsi P. Picasso, (Artiste peintre, Espagne, 1881-1973), développe son talent dès treize ans. C. F. Gauss, (Mathématicien, États allemands, 1777-1855), achève ses principaux travaux, base des mathématiques modernes actuelles, à vingt-et-un ans.
L’essentiel de la vie n’est pas de se demander
Ce que nous avons récolté mais ce que nous avons semé
T. Carlyle
Écrivain, Royaume-Uni, 1795-1881
[ VOTRE RICHE PARCOURS HISTORIQUE ]
DE JEUNE / DE JEUNESSE
L’histoire de la jeunesse du monde fluctue au gré du temps, de l’espace des humains, de leur action, de façon des plus singulières. En Occident la nouvelle génération connaît une indifférenciation par rapport au groupe des adultes, une intégration à ce dernier jusqu’à la fin de l’ère moderne. (Fin XVIIIe – déb. XIXe s.). Puis ce sera une « différenciation » des adultes sans insertion en leur société à partir du dix-neuvième siècle.
Votre jeunesse occidentale de type actuel en études prolongées, non en responsabilités naît une décennie après le milieu du vingtième siècle. Quand l’économie requiert des compétences bien plus poussées le travail des juniors n’est plus nécessaire aux sociétés postindustrielles. Dans les pays émergents ou en développement la plupart des jeunes continuent à connaître le statut de leurs homologues occidentaux de l’avant 1960, voire 1914.
Le junior français : européen, occidental connaît une « évolution historique » ancienne. Antique (510 av. J.-C.-476). Médiévale (477-1492). De Renaissance / d’Ancien Régime (1493-1589-1788). Notre jeunesse de l’Histoire contemporaine récente est prémoderne (1789-1870). Moderne (1871-1960). Postmoderne (depuis, 1961)-596. Votre jeunesse actuelle a donc bien plus d’un demi-siècle.
Il est hautement symbolique que l’une des toutes premières scènes humaines filmées dans le monde représente un jeune et un adulte ! Il s’agit du court-métrage cinématographique de comédie français L’Arroseur arrosé en 1895 de L. Lumière. (Ingénieur, industriel, France, 1864-1948). De fait, Le Jardinier et le Petit Espiègle-597. Un jardinier arrose ses plantations et un jeune bloque du pied l’eau du tuyau puis le retire, le jardinier qui en fixait alors le bout est mouillé. Il se fâche, attrape, corrige le facétieux. L. Trotobas, vingt-deux ans, est le premier junior de l’Histoire figurant en un scénario filmé et donc le premier jeune acteur de cinéma.
Puis le rôle sera tenu dans le même film par un jeune adolescent, B. Duval. Déjà le stéréotype est fixé sur pellicule ! Le junior est « déviant ». L’adulte est « sérieux », il se doit de châtier une jeunesse réputée « mauvaise » en et par sa juvénilité même. Or, B. Fischer, (Joueur d’échecs, États-Unis, 1943-2008), devient champion d’échecs de son pays à quatorze ans. N. Comaneci, (Gymnaste, Roumanie, 1961-), est triple médaillée d’Or Olympique à quatorze ans. M. Jackson, (Chanteur, États-Unis, 1958-2009), est en tête du premier classement musical américain à quatorze ans.
– Votre Juvénile « Mutation Spatio-Temporelle » –
Représentative d’Action du Passé
Histoire est un mot latin de 1361, vient du « grec historia. Connaissance, récit des événements du passé, des faits relatifs à l’évolution de l’humanité – d’un groupe social, d’une activité humaine -, qui sont dignes ou jugés dignes de mémoire ; les événements, les faits ainsi relatés ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-598.
L’histoire de la jeunesse retrace dans le temps et en l’espace en regard des personnes, réalités les évolutions des néogénérations. Elle permet d’en retenir des enseignements, éclairages utiles pour les périodes et jeunes présents et à venir. « Chaque génération comporte ses avantages et ses inconvénients, il convient alors de s’en accommoder » ! Telle est la réponse avisée d’un lycéen de quinze ans à une question de son enseignante de français proposée en classe de seconde. « Pensez-vous que votre classe d’âge implique actuellement plutôt des aspects positifs ou défavorables par rapport à celles du passé de vos parents et grands-parents » ?
La longue histoire des jeunes français n’aura été que celle d’un enfermement précoce en l’emploi ou l’inaction au cours des siècles passés. En « enrégimentements » prolongés dans les études depuis le vingtième siècle, surtout depuis un demi-siècle. La jeunesse pas plus hier qu’aujourd’hui n’aura été, n’est considérée comme « actrice active » mais « réceptacle passif ». Elle n’a jamais été perçue comme plein apport présent au monde or, tel un stade préparatoire à la société du futur. Même quand l’on passait quasiment sans transitions de l’enfance à l’adultisme hormis dans les milieux bourgeois favorisés en études ou oisifs.
La place des jeunes restait insignifiante, minorée. L’adolescence « pour tous » est une création des Trente Glorieuses (1945-1975). Dès lors que la prospérité, sophistication socioéconomiques permettent, nécessitent un temps de formation long. Entre la sortie de l’enfance et l’entrée en la vie professionnelle adulte. L’on sort au milieu du siècle dernier du statut universel de travailleur juvénile du plus grand nombre, de « sous-produit » de l’emploi salarié agricole puis industriel ou tertiaire. Pour entrer en celui d’ « apprenant du psittacisme scolaire », de « vecteur marchandisé » postindustriel du consumérisme ultra et des « loisirs de masse ».
Au cours de l’Histoire les jeunes connaissent une indifférenciation par rapport aux adultes et une intégration précoce à l’adultisme. Puis une « différenciation » à l’égard des mondes de leurs aînés et une insertion adulte différée. L’adolescent ordinaire est rarement « personnage de légende » historique. C’est pourtant son adolescence qui est la trame, la condition de son ascension future. Ainsi d’A. Anthelme, héros littéraire qui est un adolescent des plus modestes de l’Entre-deux-guerres (1918-1939). Il atteint par ses jeunes qualités propres son apogée de magnat de la presse et de la publicité en la France gaullienne des années 1960.
Surnommé l’Empereur tel W. Randolph Hearst. (Homme d’affaires, États-Unis, 1863-1951). Du Citizen Kane, (Drame de cinéma, États-Unis, 1941), d’O. Welles. (Réalisateur, États-Unis, 1915-1985)-599. Ainsi le dépeint le roman social éponyme français (L’Empereur, 1994) de J. Diwo. (Écrivain, France, 1914-2011). L’affairiste B. Tapie (1943-2021) de « modeste extraction » parvient aussi « à la force du poignet » par son talent juvénile à devenir tôt entrepreneur indépendant. Capitaine d’industrie, patron sportif, parlementaire, ministre, acteur, homme de médias en France.
À la mesure de l’Histoire de France, ses sanglants soubresauts, l’histoire de la jeunesse française est « tragique ». En ce sens qu’elle en « essuie les contrecoups » violents bien plus qu’elle n’est maîtresse d’elle-même, actrice influente. Certes les instigateurs majeurs de la Révolution (1789-1799) étaient en la trentaine mais ils se seront tous neutralisés. Finissant pour la plupart leur très courte carrière politique sur l’échafaud. G. Couthon (1755-1794), M. de Robespierre (1758-1794), G. J. Danton (1759-1794), C. Desmoulins (1760-1794)… Une fulgurante exception de cette époque tant fondatrice de notre Histoire : N. Bonaparte (1769-1821).
Artisan, stratège principal de la victoire du siège de Toulon sur les Anglais en décembre 1793, alors capitaine de vingt-quatre ans. Devenu général au même âge à l’issue du combat. Or, l’apport novateur de la jeunesse est essentiel à la bonne marche d’une société, une nation, de tout un pays, à toute époque-600. Notre jeunesse est-elle « privée de tout héritage, d’enseignements historiques » ? La question est légitime puisque l’on observe depuis notamment un demi-siècle une profonde rupture des transmissions de civilisation, éducatives, de socialisation, culturelles, comme morales intergénérationnelles.
De la part des aînés aux dépens des jeunes contemporains. La jeunesse historique d’aujourd’hui s’inscrit en un processus de différenciation, moratoire, d’incertitudes. Pour hier comme de nos jours l’adolescence, la juvénilité demandent à être préalablement définies en fonction de certains paramètres. Des différentes disciplines en jeu et des limites fixées par les historiens spécialistes des jeunes, des époques-601… Les notions de cohorte, génération, classe d’âge, cycle de vie et période sont à cet égard des apports précieux-602. La jeunesse d’aujourd’hui n’est pas « celle d’hier ni de demain ». Évidence criante certes mais qui ne saurait être « éludée ».
Le film cinématographique Nés en 68 (2008), comédie dramatique française d’O. Ducastel et de J. Martineau dépeint l’évolution d’une certaine jeunesse. À la fois pleine d’espérance et déjà désenchantée. Sur quatre décennies. 1968, des étudiants parisiens se lancent dans l’expérience de la vie communautaire rurale. Ils adhèrent encore aux grandes vertus d’un « nouveau monde et d’un « homme meilleur ». 1989, leurs enfants revisitent tout autrement les vieilles utopies libertaires de leurs ardents devanciers. En ce bicentenaire de la « Grande Révolution française » les jeunes veulent encore pourtant croire en une « prometteuse aurore ».
2007, de nouveaux combats bien différents s’offrent à la jeunesse contemporaine. Réaliste, lucide et désabusée, sans illusions elle ne souhaite plus de façon des plus idéalistes, altruistes « refaire l’univers ». Or, plus prosaïquement de façon plus individualiste s’y faire une place. Tout en conservant son plein enthousiasme, toute son énergie et sa générosité pour s’investir non seulement pour soi mais aussi autrui. Malgré tout, ombre et lumière, la jeunesse est demeurée « telle qu’en elle-même »-603 ! Plus d’un demi-siècle après « Mai-68 » !
Jadis sous l’Ancien Régime français (1589-1789), encore en partie au dix-neuvième siècle, la jeunesse traditionnelle est « visible et indifférenciée » du monde adulte. Comme évoqué plus haut. Depuis le milieu du vingtième siècle la jeunesse moderne est « transparente et très distinguée » de ses aînés-604. Elle avait un rôle significatif à jouer et était fort délibérément, parfaitement « intégrée » à sa société. Elle est désormais dépourvue de tout statut propre, isolée des adultes. La jeunesse est bien « différenciée » en ce sens qu’elle est de nos jours hermétiquement close sur elle-même en sa seule classe d’âge. Elle est enfermée en un moratoire prolongé qui ne lui donne accès aux attributs, privilèges de l’adultisme que de plus en plus tardivement la trentaine atteinte.
Les générations des enfants, des parents, grands-parents ont leurs spécificités propres. Les effets d’âge rejoignent ceux des périodes historiques concernées. La réalité juvénile comme toute donnée, variable humaine fluctue au gré de l’espace, du temps, des acteurs, de leur action, des choses. Selon les divers âges, sexes, le milieu, parcours, les études, l’habitat. Par exemple en France à l’époque contemporaine les jeunes de 1792, 1871 ou 1944 ont pris part à leur façon à la marche de l’Histoire. Les garçons ont toujours bénéficié par rapport aux filles d’un traitement, d’une considération fort privilégiés depuis toujours. Même si l’égalité progresse avec la naissance de l’adolescence actuelle depuis cinquante ans. Le passage à l’adultisme était marqué par des rites codifiés disparus, amoindris et différents aujourd’hui.
Depuis le dix-neuvième siècle de nombreux mouvements de jeunesse ont vu le jour, connu maints bouleversements jusqu’à aujourd’hui. La jeunesse est cloîtrée en dures incertitudes accrues. Du fait de l’accélération de la marche des temps, ses mutations, la raréfaction des débouchés accessibles. Puisque avantages et priorités vont aux générations antérieures à son détriment. Différentes, limites d’âge sont proposées en fonction de certains « critères ». Cette jeunesse est définie de façon transversale selon les thèmes qui la concernent et de façon pluridisciplinaire. En fonction des matières qui s’intéressent à elle.
Il existe ainsi par exemple une sociologie des rejetons, une psychologie des élèves ou une anthropologie des jeunes travailleurs. Une ethnologie des loisirs, cultures juvéniles, un droit des mineurs, des sciences de l’éducation, de l’enseignement secondaire. Une histoire des jeunes sous la Monarchie de Juillet, (France, 1830-1848), une économie des juniors des classes moyennes, une médecine de la puberté. Des études comparatives des jeunesses du monde, sur l’affectivité et l’insertion sociale, les difficultés, « crises » vécues des adolescents. Aussi leur traitement sociétal-605.
Également la philosophie de la jeunesse, les politiques en faveur de certaines catégories de jeunes, l’étude des valeurs du junior… La jeunesse occidentale de ces débuts de vingt-et-unième siècle est sans doute la première néogénération à être dépossédée de tout « bagage historique ». Faute de réelles « transmissions de civilisation » des générations précédentes. Comment devenir adulte, s’épanouir, bien « progresser » en son existence sans référents solides de toutes sortes ? Reliés au passé et permettant une guidance sûre au long de la vie.
Comment transmettre à son tour aux générations ultérieures ce qui fait défaut à soi-même ? Comment aussi perpétuer des richesses sans prix qui risquent d’être définitivement perdues ? Tel est le « handicap » majeur des jeunes d’aujourd’hui. Toute chose se périme de plus en plus, vite par accélération de la marche des temps. La société estime alors qu’il est inutile désormais de proposer aux adolescents des modèles existentiels préétablis. Que ceux-ci feront à leur guise leurs propres choix le moment venu. Qu’importe s’il y a noyade faute d’apprentissage préalable de la natation ! À adultes « faillis », jeunes « ruinés » !
N’ayant pas appris l’essentiel les juniors se perdront en les méandres de leur vie ou se contenteront d’être attentistes par peur de l’inconnu. Tel est l’attentat majeur perpétré contre eux par notre civilisation aveugle. Plus « barbare » que véritablement humaniste… Depuis les années 1930 les politiques de la Jeunesse ont également connu inflexions, mutations en France comme dans le reste de la sphère occidentale. Les politiques jeunologiques de la Cinquième République française comme antérieurement restent des plus parcellaires, limitées. Du gouvernement Debré (1959-1962) au gouvernement Philippe II (2017-2020) et au-delà !
En Occident depuis plus d’un demi-siècle l’adolescence, la jeunesse actuelles changent de réalité. D’élitistes, oisives, de dilettantes, restreintes, plus courtes elles deviennent plus démocratisées, étroitement liées à des scolarisations poussées. Telle est la « marque de fabrique » de la jeunesse de notre époque, universelle, étalée dans le temps. Les jeunes des années 2020 vivent une période difficile tels leurs devanciers au même âge nés en début de siècle dernier. Alors que leurs parents, grands-parents ont, jeunes, connu des temps plus cléments. La jeunesse de Gaule, de France de l’Histoire ancienne connaît donc trois grandes périodes distinctes, successives.
Antique en « liberté » jusqu’au cinquième siècle. Médiévale en « confinement » jusqu’à la fin du quinzième. De Renaissance / d’Ancien Régime en « apprentissage » jusqu’à la fin dix-huitième siècle à l’époque moderne. Depuis la Révolution la jeunesse française de l’ère contemporaine a connu également trois étapes historiques. « Prémoderne » avant la guerre de 1870. « Moderne » avant les années 1960. « Postmoderne » depuis.
Les finalités de l’analyse historique dans l’étude de la jeunesse, son évolution sont de retenir les enseignements du passé. Mieux gérer le présent. Puis établir une prospective d’avenir. Pour mieux accompagner la nouvelle génération vers l’adultisme accompli-606. Le destin collectif passé des jeunesses étrangères comparables relativise, resitue l’évolution historique de leurs pairs français. Les historiens de la jeunesse nous livrent aussi leurs débats controversés et complémentaires éclairants.
La société a toujours eu tendance à porter un regard sévère sur ses juniors. Ces derniers ont été considérés comme ferments subversifs de risque pour l’ordre établi. Assimilés aux « classes pernicieuses » des chemineaux pauvres, déviants ou « déments » des milieux populaires « douteux et de fort mauvais aloi ». Notamment au dix-neuvième siècle mais aussi au-delà. Encore dans la première moitié du vingtième. « Maisons de correction », autres « centres de redressement » ont perduré avons-nous dit au moins jusqu’aux années 1930.
Survivance bien anachronique du droit de correction, d’internement de la puissance paternelle. Après les temps fastes des Trente Glorieuses (1945-1975) nos jeunes ont été vus comme victimes de la crise dans le dernier quart du vingtième siècle. Aujourd’hui, les adolescents sont plutôt ressentis comme « un fardeau, une gêne », une population « improductive encombrante ». Dont l’on ne sait trop quoi faire, que l’on laisse à l’abandon, livrée à elle-même.
Comment différencier les jeunes en l’Histoire ? La cohorte est constituée de tous ceux qui ont vécu les mêmes choses au cours d’une même époque. La cohorte est notamment celle de la date de naissance. La génération est une cohorte de naissance homogène différente des générations antérieures / postérieures. Une génération est historique car concernant une période donnée de l’histoire des hommes. Que ceux-ci ont en partage autour d’événements vécus en commun et une conscience similaire. L’on évoque la néogénération des Poilus de 1914, celle des prisonniers de 1940. Elle est « généalogique » en tant que liée à la relation parents-enfants. Il s’agit des « différences » entre les ascendants et leurs descendants sous l’angle de la filiation et de la parentalité, des transmissions et des acquisitions.
La génération sociologique désigne des comportements, spécificités propres au groupe d’âge, des façons d’être et de vivre : habitus. Ce particularisme n’implique jamais en lui-même une conscience individuelle. Cette dernière est plutôt issue d’occurrences fortes fédératrices comme une guerre, une révolution. Un « flux de cohorte » concerne des sujets nés à la même date. Un processus de « vieillissement humain » les fait successivement changer de cohorte de la naissance à la mort.
Le flux de cohorte donne des classes d’âge, ensembles d’individus de même âge. Le processus de vieillissement les fait évoluer en ce continuum temporel. Dès la naissance le vieillissement est chronologique, biologique, social, psychologique. Il s’agit de séparer effets d’âge, de vieillissement et ceux de cohorte et de socialisation spécifique. Avoir vingt ans, cinquante ou quatre-vingts implique des différences majeures décisives !
Avoir vingt ans en 2020 diffère du fait d’atteindre le même âge en 1990 ou 1960. L’effet de période, la date d’observation comptent. (Galland, 2011)-607. Prenons le cas de trois générations successives actuellement en vie. Les enfants qui ont quinze ans en 2020, nés en 2005. Les parents, quarante-cinq ans en 2020, nés en 1975. Les grands-parents, soixante-dix ans en 2020 et nés en 1950. Les enfants sont les « jeunes du vingt-et-unième siècle », lesquels connaîtront des temps nouveaux et peut-être plus prometteurs qu’aujourd’hui. Les parents sont les « ressortissants de la crise, du marasme ».
Nés à la fin des « Trente Glorieuses » (1945-1975), à l’ère des utopies, des « Flower power, Peace and love et Interdit d’interdire » issues de Mai-68. Où tout semblait encore « possible ». Les grands-parents membres de la génération des « Baby-Boomers » sont nés à la sortie du conflit le plus meurtrier de l’Histoire. Ils ont quant à eux pleinement bénéficié des avantages de la reconstruction, la prospérité mondiales. La génération du premier cycle fut ascendante, celle du second fort déclinante. La génération du troisième, les jeunes d’aujourd’hui, pourrait véritablement devenir celle de la « renaissance » fort allègre. Comme de la « désespérance » la plus aggravée !
L’avenir du prochain demi-siècle le dira. En 1958, le général de Gaulle (1890-1970) souhaite instaurer une « révolution historique majeure » pour la France du vingtième siècle. Puis en 1965 il est réélu au suffrage universel direct. Ce mode d’élection du chef de l’État par le peuple est inédit en ce pays depuis le scrutin présidentiel de 1848. Ce dernier ne concernant que les électeurs masculins. En 1965 les Françaises désignent pour la première fois de leur histoire le dirigeant suprême du pays.
Les jeunes majeurs participent largement au vote. En 1969, l’arrivée au pouvoir de G. Pompidou (1911-1974) se conçoit comme continuatrice de l’œuvre majeure alors déjà accomplie par son prédécesseur. Avec un objectif de nette « modernisation économique ». En 1974, le mandat présidentiel de V. Giscard d’Estaing (1926-2020) se veut le vecteur d’une « ère nouvelle ». En 1981, l’élection de F. Mitterrand (1916-1996) a pour forte ambition de « changer la vie ».
En 1988, sous les slogans « Génération Mitterrand – La France unie » le président sortant l’emporte avec la pleine adhésion de la jeunesse. Fédérant en outre autour de lui un large consensus intergénérationnel. En 1995, le septennat de J. Chirac (1932-2019) s’ouvre par la volonté proclamée de « réduire la fracture sociale ». En 2002, le président sortant est réélu avec 82,21 pour cent des suffrages. Il s’agit d’un résultat historique unique dans les annales du suffrage universel direct présidentiel. Mieux encore que les 74,33 pour cent du neveu de l’empereur Napoléon Ier (1769-1821), L.-N. Bonaparte (1808-1873), en 1848. Premier scrutin présidentiel au suffrage universel direct.
En 2002 ce chiffre est dû à la présence au second tour d’un compétiteur rejeté. La jeunesse se mobilise massivement contre ce dernier. Elle contribue largement à sa défaite. En 2007, le début du quinquennat de N. Sarkozy (1955-) se veut annonciateur d’une politique dite de « rupture ». En 2012, la jeunesse soutient F. Hollande (1954-) qui l’emporte. Celui-ci, sur le slogan du « changement » se dit le « président des jeunes ». Déclarés « priorité nationale » avec la justice sociale. En 1958, les jeunes qui ont connu enfants le Second Conflit mondial (1939-1945) souhaitent tourner la page du dur Après-guerre (1945-1955). Profiter des « fruits de la prospérité », la croissance nouvelles de leur temps. En 1981, ils aspirent à un profond bouleversement politique, social.
En 2007, la jeunesse désenchantée espère que le changement de siècle la gratifie enfin avec l’arrivée aux affaires d’une autre génération en politique. En 2012, 2017, la désillusion, quasi-résignation des jeunes au pire sont patentes. Les juniors attendent de l’Histoire qu’elle les rejoigne, leur permettant de réaliser leurs vrais rêves, désirs, besoins. S’ils ne « font pas l’Histoire » ils tentent d’ « agir en l’Histoire » comme en 1789, 1830, 1848, 1870-1871, 1914 et 1945, 1968, 1981… L’adojeunesse moderne telle qu’elle émerge alors en Occident avec la seconde moitié de notre vingtième siècle n’existe pas à toutes les époques historiques.
Pas davantage aujourd’hui en tout point du globe. Elle est permise pour la plupart des jeunes en Amérique du Nord, Europe, au Japon, en Australie après 1960. Par la prolongation des études, le report de l’entrée dans la vie active, un enrichissement économique dispensant du travail des juniors. Une culture, des mœurs juvéniles très spécifiques, une conscience d’identité générationnelle. Elle ne concerne aujourd’hui dans les pays « émergents » qu’une minorité privilégiée comme en Occident avant 1945. La plupart des jeunes n’y connaissent alors qu’une vie de type adulte au travail dès la fin de l’enfance, voire aussi pendant.
Pour nombre d’entre eux. En notre monde dit développé comme ailleurs, garçons et filles gardent des rôles ségrégués. Malgré des rapprochements accrus en Occident. Âges, milieux, parcours, études, zones d’habitat concourent à l’existence ou non de l’adolescence si elle existe. Comme à sa durée plus ou moins longue, sa nature, richesse propre, son aisance, ses difficultés… Les anciens rites de passage vers l’adultisme ont disparu. Comme le Service militaire masculin universel, obligatoire tel qu’il existait depuis le début du vingtième siècle. Qui deviendra ensuite national puis civil et civique à titre facultatif pour les deux sexes.
Citons aussi le mariage. Le baccalauréat, le permis de conduire, le premier emploi stable n’ont sans doute pas le même poids ni une signification aussi forte. Tant la société actuelle s’est déstructurée, déformalisée. Les politiques de la Jeunesse tant en France surtout qu’en Europe, Amérique du Nord ne considèrent pas assez depuis un siècle les juniors comme une richesse en soi. Plutôt comme fardeau, source de problèmes à régler. Avant le Second Conflit mondial (1939-1945) le domaine « Jeunesse » est à peine distingué d’autres. Malgré certains efforts.
Pendant les Trente Glorieuses (1945-1975) les jeunes sont traités en « danger » potentiel subversif pour tout le reste du corps social. Avec la crise socioéconomique les jeunes sont appréhendés comme une génération fragilisée, vulnérable, sinistrée même à aider. En France, d’exception bourgeoise l’adolescence devient une réalité commune pour quasi-tous les juniors avec les Trente Glorieuses à leur zénith. Les jeunes des milieux ruraux, ouvriers, employés s’approprient l’adolescence des sphères les plus privilégiées.
Avec les disparités socioéconomiques qui si elles se sont certes atténuées pendant la prospérité s’accroissent sans cesse à nouveau. Depuis la crise des quatre décennies passées. Pour la jeunesse l’école a définitivement supplanté les champs, l’usine, le bureau, le magasin. L’oisiveté des filles à marier et des garçons rentiers d’antan. La jeunesse est d’abord « éludée ». Antique « libre », médiévale « confinée », d’Ancien Régime en « apprentissage ». Puis elle se mue en une jeunesse moderne « admise » au cours de ces deux derniers siècles écoulés.
L’Histoire ancienne des jeunes gaulois, francs, puis français est d’abord celle de l’Antiquité. De la Gaule et la République romaine du sixième siècle avant notre ère au tournant de 476. Quand le jeune dernier empereur romain d’Occident R. Augustule, Flavius Romulus Augustus (461-511), est déposé. Par les invasions barbares menées par le roi des Hérules Odoacre (433-493). La jeunesse médiévale dure de 477 jusqu’à la fin du quinzième siècle vers 1492. Date de la « découverte officielle » des Amériques par C. Colomb. (Navigateur génois, 1451-1506). Les jeunes de la Renaissance et de l’Ancien Régime vivent sous la monarchie capétienne.
Aux seizième, dix-septième et dix-huitième siècles, de 1493 à 1788. À l’époque contemporaine, il y a la jeunesse « prémoderne » romantique de la phase transitoire. De la Révolution (France, 1789-1799) à la fin du Second Empire (France, 1852-1870), entre 1789 et 1870. La jeunesse « moderne » revendicative d’un certain « entre-deux-mondes » médian. De l’instauration de la Troisième République (France, 1870-1940) à l’apparition de l’adolescence « universelle » d’aujourd’hui, entre 1871 et 1960. Puis la jeunesse « postmoderne » pragmatique de notre temps, depuis la mi-Trente Glorieuses (Occident, 1945-1975).
De la fin de la reconstruction post-Second Conflit mondial à nos jours, entre 1961 et 2020. En trois phases : « l’éveil, la conquête, l’installation ». Celles de la jeunesse française en sa société. Ce n’est qu’en comprenant le passé des juniors que l’on peut améliorer leur ordinaire d’aujourd’hui, mieux les aider à « gagner » leur devenir. Les grands courants, tendances, traits historiques néogénérationnels en Occident sont très significatifs de l’état d’esprit de la jeunesse. Comme des réalités de sa société du moment.
Ainsi la « Beat Generation » révoltée, iconoclaste des décennies 1950–1960 se démarque-t-elle des suivantes. La « Bof Génération » repue et apathique des années 1970–1980. La « Génération Sos » en détresse et résignée des décennies 1990–2000–2010–2020. Le terme de « Beat Generation », génération réputée « fatiguée, perdue » est forgé aux États-Unis en 1948 par l’écrivain et poète américain J. Kerouac (1922-1969)-608. Dix ans après Mai-68 le magazine d’information Le Nouvel Observateur, l’institut d’étude d’opinion Sofres mènent l’enquête. Auprès des treize – dix-sept ans français. Ils les qualifient de « Bof Génération ».
« On les croyait violents, drogués, punks ou destroys, au minimum révoltés. On se trompait : dix ans après Mai-68 les petits frères des enragés apparaissent tranquilles, trop tranquilles, fort partisans de l’ordre. Farouchement individualistes, jouisseurs paisibles. Indifférents à la politique, pas concernés par l’utopie. […]. Ces jeunes semblent former la première génération sans rage et sans tabous ».
(J. Daniel, écrivain, journaliste français, 1920-2020, Le Nouvel Observateur, dossier sociologique, France, 1978)-609. Les historiens de cette jeunesse nous décrivent des juniors soumis à des « rites » de passage et d’affranchissement. Une très stricte conformation sociale et éducative puis une extension de préparation et d’attente. Les jeunes subissent un jugement négatif de la part de la société adulte. Car ils contestent, remettent en cause la « belle mécanique » instaurée au seul bénéfice des aînés au détriment des cadets. Ainsi le pouvoir des puissants ne saurait-il être partagé, aucune de ses moindres parcelles concédée ! Le « dominant gris » gouverne encore et toujours le « dominé bleu ». Nous avons vu en cette logique l’image peu glorieuse que le monde adulte s’est donnée des juniors depuis le dix-neuvième siècle.
Tantôt classe jugée dangereuse, victime ou importune, voire les trois à la fois selon les conjonctures et conceptions. Il est tentant pour adultes et médias de stigmatiser les ados plutôt que d’avoir l’humilité de reconnaître leurs talents, contributions et mérites ! Comme juniors acteurs fondamentaux, décisifs en l’espace et le temps. Pour l’intérêt bien compris de l’ensemble du pays et de la nation ! L’on en est encore hélas bien loin-610. Le contexte hexagonal demeure plus que jamais défavorable à la jeunesse. Le président français E. Macron (1977-) élu en 2017 l’a plus été par « défaut résigné que par réelle adhésion convaincue ». En dépit de son jeune âge la majorité des juniors n’a pas voté pour lui. (1er tour). L’élu s’intéresse peu à eux. Il ne leur propose rien de décisif mais encore et toujours « sang, labeur, larmes et sueur » !
Un exemple parmi mille de l’apport précieux de la jeunesse à l’humanité tout entière : la découverte par pur hasard de la fabuleuse grotte préhistorique de Lascaux (France). Le 12 septembre 1940, en pleines Occupation allemande (1940-1944) et Seconde Guerre mondiale (1939-1945) par quatre jeunes adolescents jouant dans les bois avec leur chien. G. Agniel, S. Coencas, J. Marsal et M. Ravidat. Ces derniers ont ainsi contribué à la connaissance, préservation au profit de tous les hommes d’un inestimable symbole culturel terrestre.
La scène se situe en France dans le Périgord noir à Montignac en Dordogne sur les hauteurs de la vallée de la Vézère. Il s’agit d’un lieu « paléolithique » parfaitement conservé et orné de représentations artistiques pariétales exceptionnelles. Les peintures et gravures rupestres dateraient environ en moyenne de dix-sept mille ans avant notre ère par datations certifiées au carbone 14. Elles représentent essentiellement un millier de belles figures animalières de la faune sauvage ou domestique représentatives de l’époque.
En deux cents mètres de galeries. Ce site majeur est classé à l’inventaire des monuments historiques dès 1940, ensuite à celui du patrimoine mondial de l’Unesco en 1979. La grotte originale est ouverte au grand public entre 1948 et 1963. Puis définitivement fermée pour restauration, sauvegarde. Du fait de très graves dégradations notamment thermiques, hygrométriques générées par l’afflux trop massif d’un million de visiteurs en quinze ans. Malgré toutes les actions protectrices, une température constante maintenue à une douzaine de degrés, la grotte connaît hélas depuis dix ans de nouvelles atteintes.
Du fait de champignons parasites de composition chimique fort toxique. Depuis 1983 une reproduction à l’identique du site originel, extérieure à celui-ci permet d’admirer à nouveau grandeur nature ces « chefs-d’œuvre » si extraordinaires de nos lointains ancêtres. Avec deux cent cinquante mille visiteurs annuels-611. Une exposition mondiale itinérante a eu lieu. Un nouvel espace plus complet reproduisant l’intégralité exacte de la grotte initiale a été inauguré fin 2016.
– Junior Gallo-Français –
« Indifférencié / Inséré » des Temps Anciens
Il semble que l’écrivain romain Plaute (254-184 av. J.-C.) use de façon fort inédite du terme d’adolescence, adulescentiam. En sa comédie théâtrale Captivi, Les Captifs. (Rome, vers 193 av. J.-C.)-612. La pièce utilise aussi les mots adulescens ou adulescentulum : jeune homme, les jeunes gens étant qualifiés de « juventutes ». Adolescere : grandir donne le participe présent adolescens : qui grandit maintenant. Puis le participe passé adultus donne adulte : déjà grandi.
Cicéron (Homme d’État, écrivain, Rome, 106-43 av. J.-C.) écrit adulescentia, évoquant la jeunesse-613. L’adulescens romain est le jeune homme de quinze à trente ans. La majorité civile et civique est fixée à trente ans. La jeune femme du même âge est uxor, épouse. Cela marque bien les différences entre les sexes. L’homme dominant est lié à ses devoirs civils et militaires et la femme dépendante n’est qu’épouse, mère. En ancien français adolescence date du douzième siècle, adolescent, du quatorzième, adolescente, du quinzième.
Au Moyen Âge (476-1492), le jeune homme est un jouvenceau et le jeune noble est qualifié damoiseau. De même la jeune fille est dite jouvencelle ou damoiselle. Le terme adolescence n’est officialisé dans les dictionnaires français qu’au dix-septième siècle. Il a trait à la période de vie de quatorze à vingt-cinq ans. Seuls les garçons sont concernés. Le mot adolescent reste alors réservé au genre péjoratif et satirique. Celui d’adolescente est ignoré. Jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle les notions d’adolescence et d’adolescent, de jeune, comme de jeunesse restent dépréciées et quasi péjoratives.
L’état d’esprit dominant demeure à la dérision sous l’Ancien Régime français (1589-1789) et au-delà quant aux moins de vingt-cinq ans. Âge alors fixé de la majorité civile et civique avant la Révolution (1789-1799). La notion d’adolescence au sens admis, reconnu d’aujourd’hui ne se fait seulement officiellement et sémantiquement jour en France qu’à partir du Second Empire (1852-1870). Dans la décennie 1850. Sont concernés tous les jeunes de quatorze – vingt-cinq ans. Les termes adolescence, jeunesse sont plus associés que vraiment distingués-614. De même aujourd’hui l’adolescence se prolonge en la jeunesse « en aval » et celle-ci mord sur la première « en amont ».
L’adolescence des jeunes garçons de l’Antiquité romaine (VIe s. av. J.-C.-IVe s.) débute entre quinze et seize ans. En un rituel passage initiatique et fort consistant à revêtir la toge virile des hommes réputés être entrés dans la maturité. Pour les filles c’est le mariage qui tient lieu d’accès à la maturité juvénile. Le jeune romain devient véritablement adulte par les apprentissages militaire et politique, tirocinium. Plus tard en l’Histoire il y a Roland le preux. (Francie, 736-778). Lancelot du Lac. (Francie, VIe s.). Tristan de Cornouailles. (Bretagne, Angleterre, Irlande, VIe s.). A. Pendragon, le roi Arthur. (Bretagne, Angleterre, Irlande Ve-VIe s.).
Héros de la légende des Chevaliers de la Table ronde et de la quête du Graal. (Wace, poète normand, XIIe s., le Roman de Brut, histoire légendaire, Angleterre, 1155). Il existe une jeunesse médiévale « ordinaire ». Paysanne, populaire, ecclésiale ou bourgeoise. Il n’en demeure pas moins que de l’An Mil à la fin du Moyen Âge (1492) la chevalerie et la « courtoisie » prédominent. Notamment au travers de la littérature, de la chanson de geste. La guerre et les sentiments amoureux. De fait, pour une certaine jeunesse évoquée possédant le pouvoir. Masculine et aristocratique. Les récits du poète C. de Troyes, (France, v. 1135-1185, romans courtois, XIIe s.) en sont l’illustration.
Les jeunes chevaliers dits preux car censés être braves, intrépides et hommes d’armes s’opposent alors aux jeunes clercs qui prient. Aux juniors paysans qui œuvrent, produisent manuellement. Le rite des passages à la maturité, à l’officialisation de la charge des jeunes chevaliers passe par le solennel cérémonial de l’adoubement. Avec remise des équipements et insignes militaires de la dignité chevaleresque. En moyenne les jeunes adoubés ont entre seize et vingt-deux ans. Quant à la courtoisie d’usage ce sont les qualités de bienséance, d’urbanité et l’amour courtois, l’art d’aimer.
Que l’on qualifierait presque de « marivaudage » en certains de ses aspects « formels » pour reprendre une expression issue du dix-huitième siècle-615. Cela concerne au tout premier chef les jeunes filles, jeunes femmes. Même si les jeunes hommes y prennent également une part active, prépondérante et dominante. Poètes, troubadours, trouvères s’en font l’écho tout privilégié. Le jeune amoureux est le redevable de son aimée, lui prouve la valeur de ses sentiments par sa bravoure guerrière-616. – Le fait scolaire, éducatif juvénile antérieur à 1789 sera analysé plus loin -.
Au seizième siècle l’adolescence est considérée durer entre quatorze et vingt-et-un ans. Vingt-huit selon certains. Cela reflète encore la vision de l’Antiquité gréco-romaine. (VIe s. av. J.-C.-IVe s.). La jeunesse reste mal définie car c’est un âge moratoire, de conditionnement, de dépendance et subordination. En un mot, de domination et d’incertitude. L’adultisme survient par la succession du père, ce qui peut advenir fort tardivement. Cela concerne notamment la noblesse et la bourgeoisie. La paysannerie n’est pas exclue. À l’époque contemporaine la mère peut être en cause de façon centrale. À l’image dynastique d’un prince de Galles, le futur Édouard VII (1841-1910).
Contraint d’attendre la fin du fort long règne de sa mère la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901). Pour enfin ne régner en 1901 qu’à l’âge de soixante ans. De même le prince de Galles Charles d’Angleterre puis roi Charles III (1948-) aura attendu des décennies avant de devenir roi à son tour. Âgé de soixante-treize ans, en 2022. Alors que sa mère la reine Élisabeth II (1926-2022) aura régné soixante-dix ans (1952-2022) ! À la Renaissance (XVIe s.) et sous l’Ancien Régime français de l’ère moderne (1589-1789), la notion de jeune et de jeunesse reste fort dévaluée, dépréciée, péjorative. Tel âge d’inconséquence, d’inexpérience, d’immaturité.
La puissance paternelle est absolue en vertu de la patria potestas romaine. L’autorisation parentale au mariage des enfants même majeurs est impérative en droit français sous la monarchie absolue (XVIIe-XVIIIe s.). L’autorité paternelle prévaut « envers et contre tout ». La jeunesse se prolonge en sa trentaine. Cela concerne les milieux très favorisés. Les jeunes populaires travaillent dès la fin de leur enfance ou leur début d’adolescence sous la férule paternelle ou patronale. Sous le Moyen Âge (476-1492), l’Ancien Régime (1589-1789), la jeunesse est un monopole aristocratique.
Le fils aîné ne succède au père qu’après la durée moyenne de trois décennies. À l’ère médiévale, occupations militaires, sentiments et plaisirs, chasses et loisirs comblent cette longue phase d’attente. Les cadets ne peuvent espérer qu’un beau mariage. En attendant cette union les garçons de hauts lignages nobles comme bourgeois ont une libre sexualité d’aventures et d’attente. Le contrôle et la dépendance de ces jeunes favorisés sont économiques et familiaux plutôt que moraux et sociaux. Au Grand Siècle de Louis XIV, (France, 1638-1715), la futilité de la jeunesse est dénoncée, non sa subversion sociale.
Libertinage, vie mondaine. Le privilège nobiliaire de l’inné accorde peu de foi à l’éducation et la formation acquises. Le savoir-vivre se suffit à lui-même, l’emporte donc sur le savoir. À partir du règne de Louis XV, (France, 1710-1774), le principe du mérite personnel commence à timidement primer sur celui du sang, de la naissance, du titre. En théorie assurément. Peu à peu toutefois l’éducation dépasse alors le seul patronyme héréditaire. Sous le roi Louis XVI, (France, 1754-1793), l’effet des Lumières et des encyclopédistes commence à émerger. L’idée du primat d’une éducation civile et nationale pour former des citoyens bien plus utiles pour eux-mêmes et à la nation se fait jour peu à peu. Compétences effectives, besoins réels du pays sont de façon très nouvelle liés.
L’égalité entre citoyens n’en est pas encore reconnue pour autant. Toutefois la vertu d’un individu n’est plus considérée comme lignagère mais plus liée aux savoirs, connaissances par l’étude- 617-1. Ces conceptions de la jeunesse, l’éducation sont notamment prônées par le magistrat français L.-R. de Caradeuc de La Chalotais (1701-1785)-617-2. L’écrivain, philosophe genevois J.-J. Rousseau. (France, 1712-1778)-618. L’Encyclopédie, (Dictionnaire, France, 1751-1772), ne considère plus d’office la jeunesse telle ignorante et superficielle et la maturité comme sage et judicieuse.
Il est de façon inédite crédité aux jeunes plus de qualités que de défauts et aux aînés plus de vices que de vertus. La jeunesse est décrétée plus vertueuse que la vieillesse. La nouvelle génération n’est plus « délétère inconséquence » mais « progrès bénéfique ». Le futile temps stérile de jeunesse perdue devient alors occasion unique constructive d’apprentissage fécond de junior prometteur-619. (Huerre et al., 2002).
Pour les jeunes le Moyen Âge (476-1492) est le temps des héros, de la chevalerie, comme des conquérants. Celui des rites initiatiques et ordalies, du lien entre pouvoir temporel et spirituel et des croisés et martyrs. De la Renaissance à la Révolution (1492-1789) ce sera l’époque des maîtres, des savants, grands navigateurs, explorateurs, comme des apprentissages. De l’opposition entre pouvoir et conscience, des génies et bienfaiteurs de l’humanité en tous genres. (Dolto, 1988)-620. Tout junior a besoin de se reconnaître en des « figures de proue » pour grandir !
– Jeune de France « Dissocié / Désocialisé » –
Dans la Chronologie Récente
Avec la Révolution française de 1789 le Service militaire universel devient le rite de passage et de socialisation par excellence de la jeunesse masculine. En 1804 le Code civil abaisse l’âge de la majorité de vingt-cinq à vingt-et-un ans. L’âge légal du mariage est fixé à dix-huit ans pour les garçons, quinze pour les filles. Le consentement du père est nécessaire jusqu’à vingt-cinq ans pour les garçons, vingt-et-un pour les filles. Une loi de 1841 réglemente le travail des mineurs. Désormais les jeunes de douze à seize ans ne peuvent plus travailler plus de douze heures par journée.
Le travail de nuit est légal pour les plus de treize ans. Le Code civil de 1804 prévoit que les mineurs de seize ans peuvent être détenus à la demande de leur propre père. Pour « sujets de mécontentement très grave » pendant au plus un mois renouvelable. Pour tout jeune mineur de seize à vingt-et-un ans l’autorisation de la Justice est nécessaire. Une loi de 1850 réserve en chaque prison un quartier spécifique pour les jeunes mineurs pour les séparer des majeurs. Les protéger de « viles contaminations ».
Ce qui n’était jamais le cas auparavant. Le Code pénal de 1810 fait bénéficier les moins de seize ans d’une « excuse dite de minorité » pour actes « sans discernements ». Alors il y a remise aux parents ou à maison de correction le temps de la minorité au maximum. S’il y a discernement avéré la peine de prison possible est alors au maximum la moitié de celle concernant un adulte pour délit similaire. Peu à peu la répression des mineurs devient une préoccupation d’amendement. Au dix-neuvième siècle la jeunesse est reconnue mais très encadrée.
La famille bourgeoise est promue mais la nouvelle génération dressée contre ses aînés. Cette conception perdure jusqu’à l’explosion de Mai-68. Du fait de sa contradiction, son vice originel majeurs entre romantisme idéaliste et matérialisme réaliste. De cette aporie insoluble naît la jeunesse postmoderne actuelle de la troisième voie. Celle de la crise de l’après Trente Glorieuses, depuis le milieu des années 1970. Du réalisme sans illusions ni résignation. Du pragmatisme utilitaire prosaïque, comme des valeurs idéalistes d’espérance. Avant 1914, libertarisme, individualisme des jeunes post-1789 cohabitent.
De fait, la Révolution (1789-1799) promeut tout à la fois la réussite individuelle et l’égalité collective. Celle de 1830 génère, favorise bien des « appétits » juvéniles. La jeunesse notamment en études suscite une agitation sociale durant le siècle. Les jeunes inactifs sont plus nombreux du fait de la prolongation des études pour les plus favorisés au sein de la bourgeoisie urbaine. Ainsi la « figure nouvelle » de l’étudiant apparaît. De même que celle du lycéen toujours prompt à la sédition subversive. Ils sont les « grandes illustrations » des révolutions de 1830, 1848.
Il est vrai que la dure discipline scolaire qui leur est imposée est alors draconienne et quasi « concentrationnaire ». La prison scolaire existe jusqu’au milieu du Second Empire (1863). La punition écrite ou pensum empoisonne la vie des jeunes tout le siècle durant. L’école est coercitive alors qu’elle dit forger la liberté individuelle et collective. En la deuxième moitié du siècle science et progrès adoucissent la fièvre juvénile. Puis vers la Belle Époque (1897-1914), désillusions, doutes gagnent. Du Premier Empire à la Troisième République (1804-1940), il est reproché à la jeunesse trois travers majeurs réels ou supposés.
Le matérialisme, l’indiscipline et le dilettantisme. Ce qui dépeint en négatif trois types de personnages juvéniles très répulsifs et stigmatisés. Le jeune cynique, le jeune révolté, le jeune oisif. Certains voient dans les libertés adolescentes excessives la mort annoncée des familles et des sociétés. Tout ceci concerne les garçons. Les filles créditées de douceur, de soumission et d’abnégation demeurent vouées à la pure sphère privée domestique. Selon une traditionnelle vision l’éducation des enfants, la tenue du foyer familial, le ressourcement religieux. En vertu du principe allemand des trois K : Kinder, Küche, Kirche. Les enfants, la cuisine, l’église.
Cette formulation serait celle de l’empereur Guillaume II, (Allemagne, 1859-1941), synthétisant sa vision de la femme allemande ultra vertueuse du dix-neuvième siècle. Bonne mère, épouse, maîtresse de maison, croyante, citoyenne. Cela est repris par le régime nazi. (Allemagne, 1933-1945). Dans le même temps l’homme seul reste le chef de famille, travailleur ou le personnage principal tourné vers l’extérieur comme aussi la défense de la patrie. De façon discriminatoire la jeunesse populaire inquiète bien plus que celle de la bourgeoisie. C’est donc la première qu’il s’agit de mieux contrôler, socialiser, moraliser en toute priorité.
Famille, école sont alors suppléées par les mouvements de jeunesse adéquats. Chez les jeunes du temps intimité privée et utilité publique s’opposent de façon des plus malaisées. La promotion de la famille, de ses valeurs installe la juvénilité comme une nouvelle entité sociale. Cela aboutit tout autant à la contention sociale, morale et éducative de la même néogénération. La toute puissance des pères domine encore plus strictement que jamais. Les juniors défavorisés sont sous le primat du travail précoce, des organismes caritatifs religieux, puis de l’école.
La jeunesse française de la Troisième République (1870-1940) est plus reconnue que sous l’Ancien Régime (1589-1789) mais moins libre ! Puisqu’elle est devenue l’objet de contrôles et normalisations sociaux. Il y a cent ans, fin d’une époque, elle est considérée comme le « fer de lance » avant-gardiste de la société. En un idéal de progrès, de défense patriotique de tout une civilisation. La mobilisation générale militaire de 1914, comme celle de 1939 à un degré moindre, sont l’aboutissement paroxystique d’une vision utilitariste de la jeunesse. À des fins qui lui échappent. Ne sont pas les siennes ni en sa faveur mais celles d’adultes servant leurs intérêts propres. En « unilatéral contrat de dupes mystificateur »-621.
La fin si tragique de pans entiers de la nouvelle génération « chair à canon » des tranchées de la guerre de 1914-1918 en est l’illustration la plus terrible. Avec pour figure emblématique l’auteur célèbre du Grand Meaulnes, (Roman d’apprentissage, France, 1913), l’écrivain français A.-Fournier (1886-1914). Mort au combat à l’âge de vingt-sept ans au tout début du conflit, dont les restes sont retrouvés et identifiés en 1991. Contrairement à l’œuvre littéraire initiale le film éponyme, seconde adaptation cinématographique dramatique, (J.-D. Verhaeghe, France, 2006), imagine que Meaulnes tout comme son auteur meurt en soldat.
Au tout début de la Grande Guerre (1914-1918) aux côtés de son ami François Seurel l’autre héros du roman-622. Au dix-neuvième siècle, surtout en sa seconde moitié, l’intérêt pour les adolescents et les jeunes, l’adolescence et la jeunesse s’accroît donc. Tout autant aussi les très fortes craintes à leur égard. Le junior est encore et toujours considéré comme fauteur de troubles, de violences, désordres envers lui-même, autrui et la société. Sa sexualité inquiète et déplaît, hétéro ou surtout homosexuelle notamment en internat.
La jeunesse française participe avec fougue aux révolutions de 1830 et 1848. Elle anime de nombreux mouvements de révoltes notamment lycéens jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle. Au tournant du siècle à la Belle Époque, (France, 1897-1914), certaines bandes de jeunes s’illustrent par des violences. Comme celle dite des Apaches dans le Paris de Belleville. La peur, le rejet irraisonnés et irrationnels de la jeunesse s’en trouvent encore plus amplifiés. L’on tente d’annihiler les tendances réputées si violentes de cette juvénilité, ses penchants supposés pour une sexualité « débridée, transgressive ». En instituant la généralisation de l’éducation physique pour les juniors. À la fin du Second Empire (1870) elle est obligatoire en écoles primaires et secondaires.
De même le scoutisme « régulateur et régénérant » se développe en France dès 1911. Puis viennent les mouvements de Jeunesse chrétienne et les patronages, colonies de vacances, auberges de jeunesse. Les mouvements politiques, idéologiques pour jeunes. En 1851 le travail n’est plus autorisé avant douze ans, quatorze en 1936. À la fin du dix-neuvième siècle les jeunes de treize à seize ans peuvent travailler légalement jusqu’à dix heures par jour. En 1912 une loi crée les tribunaux pour enfants, la Justice des mineurs, la liberté surveillée. La jeunesse du régime de Vichy (1940-1944) survit comme elle peut entre délires zazous et embrigadement des Chantiers de jeunesse.
Après la Grande Guerre (1914-1918) les espérances des Années folles (1920) sont brèves. La jeunesse post-Occupation de la Quatrième République, (France, 1946-1958) veut profiter de la vie. Elle se scolarise plus que sous la république antérieure. Quant à la délinquance dite juvénile la répression des prisons, maisons de correction laisse peu à peu place à l’idée positive de « prévention et traitement sociaux ». Nouvelle Justice des mineurs et mesures éducatives, rééducation, éducation surveillée sont régies par une ordonnance de 1945.
Une ordonnance de 1958 met l’accent sur la prévention des déviances juvéniles notamment la récidive. Le placement en milieu social ouvert est institué. Les Nations Unies votent une Déclaration Universelle des Droits de l’Enfant (1959). L’adolescence persiste toutefois à être considérée comme « pathologie mentale ». Avec traitements sociomédico-psychologiques à la clé. Parallèlement liberté sexuelle et contraception profitent pleinement aux jeunes.
Les années 1960 voient l’émergence d’une jeunesse occidentale universelle, postmoderne massivement scolarisée. Pour la toute première fois de l’Histoire humaine. La jeunesse se constitue en classe d’âge à part entière avec des modes de vie, culturels particuliers. Bien éloignés de ceux des adultes et en opposition totale. Hédonisme, matérialisme, libertarisme, individualisme en sont les grands fondements. La musique prisée en est le rock’n roll avec en précurseur le chanteur E. Presley. (États-Unis, 1935-1977). Drogues et psychédélisme se répandent. Outre le goût pour la provocation, la « rupture de ban », la marginalité.
Avec des mouvements de beatniks désabusés, hippies libertaires, junkies toxicomanes… Les Beatles, (Groupe musical, Royaume-Uni, 1960-1970) triomphent. Au temps de Woodstock, (États-Unis, 1969) ancêtre des rave parties, rassemblements musicaux psychédéliques les jeunes existent enfin pour, par eux-mêmes. La « culture de papa » est définitivement morte. Dieu lui-même est « oublié ». La musique et la culture pop prennent leur envol. La jeunesse vit désormais en elle-même et se forme en génération et monde à part et part entière. Avec ses propres choix, traits mentaux, de vie et culturels, ses émissions de radio et modes vestimentaires…
Une prospérité économique sans précédent, les Trente Glorieuses (1945-1975) rendent cette révolution juvénile possible. Les jeunes minoritaires, seconds gagnent en particularisme au sein de leur groupe d’âge consumériste. Ce qu’ils perdent en marginalisation par rapport au monde adulte majoritaire et dominant. La communauté d’âge, générationnelle l’emporte chez le junior sur l’appartenance socioculturelle. La jeunesse occidentale se singularise des aînés et s’uniformise. En 1966 paraît le premier ouvrage scientifique français de psychologie de l’adolescence-623.
L’explosion de Mai-68 est due au fossé grandissant entre d’une part une jeunesse de plus en plus émancipée, mûrie, différenciée. De l’autre, des possibilités de réalisation de soi et d’action ou d’indépendance toujours aussi réduites comme au siècle précédent, le dix-neuvième. 68 aura été l’apogée de la jeunesse. Dès la décennie 1970 surviennent un effondrement démographique, une crise socioéconomique sans précédent. Depuis les années 1930, « pire encore » au début du siècle suivant. La jeunesse en est la première victime et se replie sur ses amertumes, déceptions, désespérances catégorielles.
Elle n’a plus pour uniques horizons quotidiens immédiats que ses petits plaisirs d’évasion instantanés. Sexe, drogue, alcool, tabac, sports extrêmes, replis sur soi et sa tribu d’amis, voire suicides, déviances ou violences caractérisées. Même l’espoir un temps mis dans les études, comme les diplômes a tragiquement « fait long feu ». Du fait de la dévalorisation de la plupart. La jeunesse n’a plus les moyens de devenir adulte en temps et heure sur le fond comme la forme. Les adultes sont retombés en adolescence à moins qu’ils y soient toujours restés « enfermés » pour certains. Si elle ne l’a jamais été la jeunesse n’est pas ou plus prioritaire. Comme au « temps béni » de la grande prospérité les seuls enjeux matériels liés aux mutations économiques, financières, technologiques l’emportent massivement. Sur les préoccupations socioéducatives et le soin de la juvénilité.
Les adultes ombrageux au pouvoir jaloux de leurs prérogatives, avantages font mine de vouloir « confier » l’avenir à la jeunesse. Pour s’octroyer tout le présent à ses dépens-624. La terreur des aînés est d’être éjectés par une descendance d’ « avant-garde » par son jeune âge et d’être ainsi fort prématurément rendus « obsolescents ». L’enseignement de masse pour tous les juniors a ainsi pour seuls objectifs et avantages d’immobiliser, de « vitrifier » toute la nouvelle génération. Le plus longtemps possible pour éviter le « partage du pouvoir », pour ensuite ne lui accorder que des « positions factices » sans intérêt ni influence. Dont aucun adulte confirmé ne veut et qui ne lui feront pas d’ombre. Au doux soleil des monopoles dont la France cultive toujours si bien le détestable secret. (Huerre et al., 2002)-625. – Le fait scolaire juvénile contemporain depuis 1789 sera analysé plus loin -.
Au dix-neuvième siècle et jusqu’à 1960 la jeunesse est celle des timoniers, des chefs de guerre, des « combattants de la liberté ». De la fin des apprentissages, du primat enseignant, celle aussi des révolutionnaires. De 1960 à 1980 vient le temps des « idoles », des jeunes stars, chefs de bande, du libertarisme et narcissisme, des esthètes et prophètes. Depuis quarante ans la jeunesse est celle de la fin des dieux, des pères, des idéologies. Elle est dominée par le groupe des pairs, les rassemblements, grandes causes, résignations et désillusions aussi. (Dolto, 1988).
[ LES SAVANTES VISIONS, DOCTRINES ]
SUR VOTRE JUVÉNILITÉ
Votre jeunesse demeure encore le « parent pauvre » de l’histoire politique, sociale, des mœurs et mentalités. Votre image de marque historique de junior à l’instar de celle qu’en donnent les médias actuels est globalement à tonalité négative, dépréciatrice. Votre jeunesse est dépeinte sous l’aspect d’une génération des plus « difficiles, tourmentées, tumultueuses, en révolte, perturbatrices… » Tantôt menace, victime, gêne pour l’ensemble du corps social.
Pourtant au cours de cette même Histoire les jeunes et jeunesses exceptionnels et « bienfaiteurs de l’humanité » ne font pas défaut. Votre néogénération actuelle ne manque pas davantage de talents, mérites. Elle est plus une belle promesse de présent et d’avenir qu’une malédiction en devenir. Au passé, actuellement et pour le futur les juniors ont été, sont, seront d’un apport positif en l’histoire des hommes.
Leur marque n’a nullement à rougir, rien à envier aux autres générations antérieures d’aujourd’hui, d’après. Les analyses, théories historiques et savantes sur votre jeunesse nous renseignent certes sur celle-ci. Tout autant aussi sur les sociétés, mentalités et actions des temps, contrées concernés. L’on distingue d’une part la doctrine jeunologique des précurseurs en l’Antiquité (VIe s. av. J.-C.-Ve s.), au Moyen Âge (Ve-XVe s.).
De l’autre, celle des concepteurs à la vision bien plus « aboutie » de l’ère moderne (XVe-XVIIIe s.) et contemporaine (XIXe-XXIe s.). Il y a votre jeunesse « ordinaire » objet habituel des travaux d’étude sur votre néogénération. Il existe donc des juniors hors normes, hors catégories qui ont joué un rôle historique particulier de tout premier plan !
Le Werther, (Roman, Saint-Empire, 1774) de Goethe (1749-1832) est l’archétype du jeune romantique tourmenté. Thème universel des amours juvéniles contrariées. Repris par l’opéra éponyme, (France, 1892) de Massenet (1842-1912), le film de Doillon, (France, 1993). Tels Roméo et Juliette, (États italiens, XIVe s.), Tristan et Iseult, (Bretagne, Angleterre, Irlande, Ve-VIe s.), Werther et Charlotte, (Saint-Empire, XVIIIe s.) s’aiment. Or, celle-ci épouse Albert. Werther rencontre une autre femme. Il ne peut pour autant se résoudre à renoncer à un amour impossible, ne trouve son salut qu’en la mort volontaire-626. Comme de nombreux jeunes d’aujourd’hui à bout de ressources. Terrassés par les rigueurs d’une vie pourtant à peine entamée et à ce titre aussi dure soit-elle porteuse de toutes les espérances de l’aurore !
– « Théories Spéculatives » Sur le Jeune –
De l’Antiquité à l’Ère Moderne
Théorie est un terme féminin datant de 1496. Il est issu du « latin ecclésial theoria, du vieux grec theôrein, observer. Ensemble d’idées, de concepts abstraits plus ou moins organisés, appliqué à un domaine particulier ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-627.
Les théories qui sont afférentes à la jeunesse sont donc des « élaborations intellectuelles » systématiques. Qui émettent hypothèses, synthèses concernant la nature, les buts du junior. Le philosophe grec Platon (427-347 av. J.-C.) estime que la personnalité émerge précocement selon les modes de vie. Ce qui donne une grande importance à l’éducation de la jeunesse. Le développement de l’enfance à l’adultisme est évolutif et progressif. Corps et âme sont distincts. L’âme est faite de trois niveaux. Les désirs et passions. Le courage et la ténacité, la combativité. L’esprit, l’immortalité et le surnaturel. Ces trois stades typologiques sont successivement atteints. Le dernier à l’adolescence et à l’adultisme mais pas par tous-628.
Aristote (384-322 av. J.-C.), philosophe grec ne sépare pas « le corps et l’âme » mais il les associe. Selon lui la jeunesse va de quinze à vingt-et-un ans. Les stades de développement vont fort dépendre de l’acquisition des apprentissages antérieurs. L’adolescence correspond à l’aptitude à choisir car les désirs et émotions ont été affinés lors de l’enfance antérieure. Entre sept et quatorze ans. La maturité adolescente évolue. Elle est celle des passions, de l’impulsivité, l’instabilité et du courage, de l’idéalisme, l’envie de vaincre, l’optimisme-629. Au Moyen Âge (476-1492) pendant un millénaire le jeune occidental comme tout être humain est sous le primat du religieux, de la théologie et du christianisme. L’homme est œuvre divine conditionné par son seul Créateur. Jeunes et adultes sont donc égaux en valeur, dignité. L’adolescent est assimilé à un adulte en réduction. Il n’y a pas de stades de développement.
Comenius (1592-1670), philosophe et pédagogue morave divise la scolarité en fonction du développement infanto-juvénile en quatre stades de six ans chacun. L’enseignement doit tenir plein compte des aptitudes d’âge. Des maturités et capacités intellectuelles et cognitives, émotionnelles, comme comportementales. Ainsi que strictement correspondantes. De même que Platon Comenius pense que lors de l’adolescence entre douze et dix-huit ans l’éducation doit être au service du « raisonnement ». Par l’apprentissage de matières prédéfinies telles la rhétorique, l’éthique, les mathématiques.
Concernant les dix-huit – vingt-quatre ans l’enseignement consolide le contrôle de soi, la pleine force mentale. Très spécifiquement par le « passage » par l’université et les voyages-630. Contrairement à Platon le philosophe anglais J. Locke (1632-1704) estime qu’il n’y a jamais d’idées innées. Les pensées sont sensitives ou mentales selon l’expérimentation. En empirisme le savoir vient de la seule expérience. L’adolescence est l’ère du perfectionnement cognitif. Le milieu de vie est décisif pour l’évolution juvénile. Locke privilégie la raison pour spécifier l’humain- 631.
J.-J. Rousseau (1712-1778) insiste sur la primauté des émotions-632. Il imagine quatre stades universels de développement. En particulier la jeunesse de douze à quinze ans ou l’ « âge de la force », livre III. L’adolescence de quinze à vingt ou « la puberté », livre IV. En son Émile ou De l’éducation, (France, 1762) Rousseau pense que l’éducation rationnelle doit débuter à douze ans. Elle consiste en un très minutieux « apprentissage » à l’autonomie, à l’expérimentation dynamiques fort concrètes.
Jamais en transmissions préétablies et rigides. Conscience et morale progressent de concert. Le mûrissement affectif autorise alors la pleine réciprocité des sentiments authentiques et profonds. L’humanisme vrai l’emporte sur tout autre considération-633. L’intérêt de l’adulte ne saurait écraser celui du jeune. Grande pensée ! Belle intuition de précurseur pour qui l’adolescence est une « deuxième naissance à la vie ». (Cloutier et al., 2008, 2015).
« L’on ne connaît point l’enfance : sur les fausses idées que l’on en a, plus l’on va plus l’on s’égare. Les plus sages s’attachent à ce qu’il importe aux hommes de savoir sans considérer ce que les enfants sont en état d’apprendre. Ils cherchent toujours l’homme en l’enfant sans penser à ce qu’il est avant que d’être homme. […]. Commencez donc par mieux étudier vos élèves car assurément vous ne les connaissez point. Or, si vous lisez ce livre en cette vue je ne le crois pas sans utilité pour vous ».
(J.-J. Rousseau, écrivain, philosophe genevois, Émile ou De l’éducation, traité philosophique pédagogique, France, 1762)-634.
– « Empiriques Figurations » à Votre Propos, Junior –
À l’Époque Contemporaine
Le psycho-philosophe américain G. Stanley Hall (1844-1924) est l’instigateur de la psychologie scientifique de l’adolescence (1904). Selon lui le développement humain dépend de la génétique « patrimoniale » propre à chacun. La maturation humaine reprend donc toute l’évolution anthropologique depuis le premier homme. Il s’agit de la doctrine « biogénétique récapitulative ». Stanley Hall rejoint en cela la théorie « bioévolutive » (1859) du naturaliste anglais C. Darwin (1809-1882). Il isole quatre stades développementaux dont le dernier correspond à votre jeunesse des treize – vingt-quatre ans.
Cette dernière aurait trait à l’homme tribal et « sauvage », ère primitive des plus mouvementées dominée par le paradoxe. Une cyclothymie alternant rage et euphorie d’une part et placidité et apathie de l’autre. Repli sur soi et générosité, solitude et sociabilité. L’adolescence est capitale en ceci qu’elle détermine tout le restant de l’existence humaine jusqu’à la mort. En matière sociale et de valeurs ou relationnelle comme d’adéquats raisonnements construits.(Cloutier et al., 2008, 2015)-635.
Le psychopédagogue français P. Mendousse (1870-1933) est l’un des premiers en son pays au premier tiers du siècle dernier à innover. Il traite et appréhende les juniors, leur univers autrement (1909, 1928). De façon très inédite la vision « analytique » l’emporte sur le jugement moralisateur. L’auteur s’essaie alors à décrire le plus « objectivement » les réalités juvéniles aux travers de ses aspects physiques, psychiques et moraux. Il ne s’agit plus de conformer la jeunesse à des normes adultes préétablies.
Ni de stigmatiser, déplorer ses particularités. Il lui est reconnu une personnalité psychique propre ni enfantine ni adulte. Pubertés et sexualités en sont les marqueurs dominants à canaliser et contenir. L’éducation, la confiance et la participation se doivent de l’emporter sur la coercition, la culpabilisation, l’autorité. Pour plus de réalisme, d’efficacité ou d’épanouissement. Liberté, observation et menées « didactiques » s’imposent enfin. L’adolescent peut ainsi toujours se comporter « à bon escient » et bien se discipliner lui-même.(Galland, 2011, 2017)-636.
M. Debesse, éducateur français (1903-1998), invente la notion de « crise d’originalité juvénile » (1936). Ce qui permet aux jeunes de s’affirmer de façon propre selon leur spécificité psychique. Il y a une période très critique d’ « agressivité anticonformiste ». Un réel temps de conscientisation, d’affirmation de soi. Le junior s’oppose résolument à toute norme, structure qui ne viennent pas de lui, manie forts contradictions, comme paradoxes. Autodétermination, autovalorisation se renforcent. Se sentant des plus « vulnérables » selon le « complexe du homard » (1988) de la pédiatre psychanalyste française F. Dolto (1908-1988) le jeune se rebiffe. En vertu de l’adage selon lequel « la meilleure défense est l’attaque ».
Contre lui-même, d’autres juniors, les adultes. Alors excès, provocations se multiplient de façon très volontairement subversive et iconoclaste. Menées « séditieuses » collectives ou forts replis sur soi solitaires et contemplatifs sont la marque juvénile ultra privilégiée. Le tout est à relier aussi à un certain « intellectualisme », une émotivité extrême et une grande inventivité des adolescents. La passion de l’esthétique et de la beauté en tout l’emporte. La quête artistique permet de s’imposer de façon très individualisée, comme différenciée. Cela flatte l’imaginaire fantasmagorique et admiratif, comme la volonté d’absolu du jeune. Peurs fort paralysantes, espérances exubérantes alternent. Le junior a d’abord besoin des plus « solides » valeurs morales pour « grandir ». (Wojnar, 2003)-637.
Dans la lignée de Stanley Hall (1844-1924), A. Gesell, pédiatre, psychologue américain (1880-1961) suggère un modèle développemental de l’évolution humaine. En tant que stade maturatif crucial, important l’adolescence prend toute sa place en ce schéma ontogénétique (1949). Le mécanisme de changement, de maturité est selon Gesell la « morphogenèse »-638. S. Freud, neurologue autrichien (1856-1939) distingue cinq « stades de développement » humain (1905). Le dernier, le stade génital concerne les adolescents de douze – dix-huit ans. Il se définit par la puissante pulsion sexuelle de type adulte « assouvie » notamment par la masturbation. L’identification a pour objet les pairs. Le choix psychoaffectif et sexuel est le plus souvent hétérosexuel, se porte sur les semblables-639. Nous le savons, le père de la psychanalyse s’est toutefois plus centré sur l’enfance que la jeunesse !
L’adolescence est bien plus centrale chez A. Freud, psychanalyste austro-britannique (1895-1982) que chez son père en terme de théorie développementale, psychodynamique. La sexualisation pubertaire serait un facteur de déstabilisation pour la pleine maîtrise de soi de l’adolescent. L’excès pulsionnel sexuel juvénile serait aussi potentielles sources de tensions. Il s’avère qu’il serait néfaste pour un jeune d’être trop dominé par ses pulsions ou au contraire qu’il les refoule. Cela transparaîtrait en nombre d’attitudes primaires adolescentes, juvéniles binaires. Adhésion-rejet ou solitude-sociabilité, comme égoïsme-altruisme… Cela se synthétiserait en un conflit interne visant à balancer contentement pulsionnel et maîtrise des appétences-640. La fille de Sigmund envisage l’adolescence telle « crise », deuil d’enfance bien plus qu’espoir d’adultisme !
P. Blos, psychanalyste américain (1904-1997) éclaire toutes les contradictions juvéniles. Par une désacralisation-désidéalisation des objets d’investissement, d’attachement et de la libido infantiles. Ainsi les parents sont-ils « banalisés » et éloignés du fait de leurs défauts réels ou supposés. Il y a aussi « désenchantement-désabusement » quant à soi-même par « prise de conscience » de ses propres travers. Cela permet de mieux choisir pour soi des « modèles » bien plus pertinents de développement. Pour Blos (1962) l’adolescence est un bouleversement capital fort malaisé entre « retours en arrière et avancées positives » pour s’imposer. La difficulté adolescente viendrait du délicat développement de cette phase de vie et des mécanismes de « renaissance » induits.
L’enfance serait alors revisitée, en partie réappropriée avec tous ses aspects les plus favorables comme négatifs. Blos distingue une adolescence débutante, une adolescence pleine et une adolescence finissante. La première adolescence est délicate du fait du grand « hiatus » entre maturité biologique et avancée psychique. La bonne évolution dépend alors de la bonne maîtrise de ces deux composantes de la croissance de l’adolescent. L’adolescence centrale réécrit l’enfance, les attachements infantiles du sujet, invente même de nouveaux objets d’adhésion. La dernière adolescence consiste en un vrai « perfectionnement-renforcement ». Les mécanismes adultes définitifs de personnalité sont acquis de façon plus rigide que souple-641.
E. Homburger Erikson, psychanalyste américain (1902-1994) spécifie huit « stades » de développement humain (1959). Chacun connaît des luttes, aléas oppositionnels à dépasser en répondant aux impératifs environnementaux sans se renier. L’évolution est favorable si l’épreuve est vaincue positivement. Cela participe alors au renouvellement enrichissant de la personne. Sinon le sujet est retardé en son évolution et peut même souffrir de très fortes anomalies du développement. Le stade 5, celui de la « crise dite d’identité » concerne les adolescents de douze à dix-huit ans. Les tendances opposées sont l’identité, la diffusion / confusion dans les rôles. L’objectif psychosocial est de se fixer des « limites personnelles » puis d’opter pour les « rôles adéquats ».
L’identité se forge par la quête, l’expérimentation, l’introspection. Les vecteurs des stades antérieurs sont assimilés. Confiance, autonomie et initiative, compétence, aptitudes présentes, désirs futurs. En cas d’échecs il y a déréalisation et aliénation sinon c’est la réalisation de soi, l’épanouissement qui dominent fort. Les pairs jouent un rôle positif en l’espèce dans le cadre amical, comme affectif. Le stade 6, celui de l’ « intimité » concerne tous les jeunes adultes. Les traits « antinomiques » sont l’intimité, la solidarité-isolement. Le but psychosocial impliqué est d’utiliser son identité propre pour être capable de nouer des liens de proximité, réciprocité généreuse. Pour éviter la solitude, la superficialité, l’artifice délétères, des relations formelles convenues-642. « Sans chair ni âme ».
J. C. Coleman, psychologue britannique actuel réfute le fait que l’adolescence soit en soi une crise d’identité. Comme la théorie psychanalytique et sociologique le pense. Car ces deux courants concernent avant tout l’adolescence pathologique particulière, non normale et habituelle. Coleman élabore une théorie focale du développement (1980), concept de soi, des liens aux parents, aux pairs. Les rapports juvéniles aux ascendants, semblables et à l’autre sexe évoluent de façon « plurifactorielle ». Selon Coleman le dépassement d’une « difficulté » n’est pas la clé, la solution d’une évolution ultérieure car la plupart des jeunes ont à traiter plusieurs aléas.
De façon non successive mais concomitante. Les évolutions conjoncturelles des jeunes ne sont pas immuables mais marquées par leur milieu, leur environnement socioculturels. Les juniors vivent la plupart avec brio leur jeunesse. Car ils traitent, résolvent chaque problématique unique au fur et à mesure qu’elle se présente, avant de passer à une autre et ainsi de suite. L’ensemble de la mécanique de mutation juvénile étant réparti sur la durée. Ainsi s’expliquerait le fait que la plupart des jeunes réussissent leur passage de l’enfance à l’adultisme. En dépit des grands défis en matière de bouleversements fulgurants, capitaux d’adaptation imposés à, par la jeunesse. Un succès relatif ! (Cloutier et al., 2008, 2015)-643.
Nous avons entrevu les juniors de France en l’Histoire nationale. Également, ce que certains auteurs « experts du genre humain » et / ou de la jeunesse pensent de la toute nouvelle génération. Nous citerons quelques personnages historiques juvéniles d’exception. Nos jeunes savent-ils véritablement ce qu’est fondamentalement l’Histoire de leur nation ? En une époque où depuis maintes décennies déjà l’enseignement scolaire français de l’Histoire connaît une profonde crise il est permis d’en fort douter.
Comme le « bêtisier » des lycéens le démontre à la fin du sous-chapitre sur l’école ci-dessous. Nos juniors savent par exemple que leurs ancêtres sont les Gaulois, qu’ils vivent sous une république, Cinquième du nom. Ils ne maîtrisent toutefois pas les complexités de leur Histoire en ses « gloires » comme ses infamies. Ainsi combien de jeunes et d’adultes également savent-ils qu’en 1793 au plus fort de la Terreur la nécropole royale de Saint-Denis a été violée, pillée, saccagée ? De façon sordide.
Parmi les pires vandalismes, barbares profanations, sacrilèges de l’Histoire humaine. Les cénotaphes et tombeaux détruits, démontés, fondus. Les cadavres des souverains, princes, serviteurs de l’État exhumés, outragés, jetés en fosse commune. En sinistres haines et ignominie-644. À l’encontre d’une loi universelle et sacrée, le respect absolu dû aux trépassés quels qu’ils soient, à leur dignité et leur sépulture. Comme en témoigne un très beau « sujet » de baccalauréat littéraire A de philosophie de l’Académie de Lille en 1983. » En quoi le culte des morts est-il signe d’humanité » ? Même les Bolchéviques révolutionnaires de 1917 ont pleinement respecté les sépulcres impériaux de Saint-Pétersbourg !
Les Soviétiques ont rebâti à l’identique les palais détruits par les troupes d’occupation allemandes. Alors qu’en France quand des communards, de façon criminelle, arbitraire incendient le palais des Tuileries il n’est pas reconstruit mais rasé ! Alors qu’il s’agit d’un monument d’exception bien national historique majeur appartenant à tous les Français. De la République comme des monarchies antérieures. Ainsi les plus grandes des césures historiques ne sont-elles pas exemptes des plus viles bassesses. Hélas l’Histoire de France n’a pas été avare de « déviances » qui ne font pas « honneur » au pays ni à son peuple ! Tout comme fort heureusement de grandeur et d’héroïsmes qui les gratifient tout autant !
– De l’Antérieur Destin Néogénérationnel –
« Hors Norme au Jeune Futur »
Des jeunes, des jeunesses « exceptionnels » ont influé sur l’Histoire de l’univers. L’un des exemples les plus marquants demeure celui de Jésus de Nazareth, Juif galiléen, (Déb. Ier s.), l’initiateur de l’une des principales religions mondiales depuis deux millénaires. Délivrant son formidable message spirituel et « révolutionnaire » dès son enfance, son adolescence-645. R. Radiguet (1903-1923), ami de son compatriote poète J. Cocteau (1889-1963), est un jeune écrivain français fort prometteur mort à vingt ans. Il publie sa plus célèbre œuvre littéraire Le Diable au corps (Roman d’apprentissage, France, 1923), écrite à l’âge de dix-sept-646.
W. A. Mozart, musicien autrichien « de génie » est né en 1756, mort en 1791. Jeune adolescent, il retranscrit de mémoire à Rome l’intégralité du Miserere. (Œuvre musicale vocale sacrée, Rome, 1638). Du compositeur romain G. Allegri (1582-1652) dont il est interdit alors de recopier la partition. En 1769 à treize ans Mozart est konzertmeister à la Cour de Salzbourg, il exécute sa Missa Brevis n° 2 en ré mineur K. 65/61a. En 1770 à quatorze ans il crée son bel opéra Mitridate re di Ponto K. 87/74a. (Mithridate roi du Pont). À dix-sept ans Mozart devient officiellement premier violon-647.
J.-M. Basquiat, novateur artiste peintre américain naît en 1960, meurt en 1988 à vingt-huit ans. Il est le premier graffeur new-yorkais et néo-expressionniste en vogue proche de son homologue et compatriote A. Warhol (1928-1987). Ses premières œuvres majeures sont en 1981 à vingt-et-un ans Cadillac Moon et en 1983 Crown-648. B. Magimel, acteur français est né en 1974. Il joue avec brio en son tout premier film en 1987 le rôle du jeune Maurice en la comédie française d’É. Chatiliez : La vie est un long fleuve tranquille. À l’âge de treize ans. Puis il poursuit une carrière cinématographique très accomplie-649.
E. Arantes do Nascimento dit Pelé est un footballeur brésilien hors pair (1940-2022). Il est encore à ce jour le seul joueur professionnel à être « triple champion du monde de football ». En 1958 à l’âge de dix-sept ans. 1962 à vingt-et-un. En 1970 au sein de l’équipe nationale brésilienne. Celui qui est dit « le roi Pelé » a marqué tout une génération de « mordus du ballon rond ». Il aura été un buteur exceptionnel des championnats du Brésil et des États-Unis-650.
É. Galois, mathématicien français précurseur naît en 1811 et meurt en 1832 âgé de vingt-et-un ans. Il réussit à résoudre des « équations algébriques » à partir des groupes de permutations de leurs racines. Ce qui fonde alors le caractère structural des mathématiques modernes. Il contribue ensuite également à élaborer les corps finis dits « corps de Galois » essentiels notamment en cryptographie-651.
Louis XIV, né en 1638 est sacré roi de France en 1654 âgé de seize ans. En 1661 à la mort de son Premier ministre et parrain Mazarin (1602-1661) il supprime la fonction jusqu’alors occupée par ce dernier. Il se saisit définitivement des pleins pouvoirs politiques, commence à exercer sa charge exécutive de souverain de plein exercice. Tout à la fois chef d’État et de gouvernement à l’âge de seulement vingt-trois ans ! Bien après Charlemagne, (Homme d’État, Francie, Empire d’Occident, 742-814), avant Napoléon Ier, (Homme d’État, France, 1769-1821) il devient le grand monarque que l’on sait. Jusqu’à sa mort tardive en 1715. Après un long règne officiel de soixante-douze ans. L’un des plus durables et des plus brillants de l’Histoire de l’humanité-652.
L. Page et S. Brin sont deux étudiants américains nés en 1973. Ils inventent en 1998 à l’âge de vingt-cinq ans le formidable, plus important moteur de recherche Internet mondial Google. Puis créent leur entreprise florissante du même nom. Ils trouvent comment déterminer les pages Internet les plus pertinentes selon les propres critères de recherche de l’internaute. Grâce à l’invention d’un algorithme mathématique dit PageRank, l’usage d’un robot, le GoogleBot. À l’Université Stanford de Californie, le premier étudiait à la faculté des sciences mathématiques. Le second à celle des sciences en informatique. Très jeunes ils deviennent de richissimes hommes d’affaires-653.
J. Dean (1931-1955) est un célébrissime acteur américain culte. Grand « porte-parole » des mal-être, révoltes, quêtes d’absolu de tout une « génération juvénile perdue ». « Fauché en pleine gloire » à l’âge de vingt-quatre ans-654. N’oublions pas pour autant des juniors plus « obscurs ». Dont l’Histoire a moins retenu le nom. Or, tout aussi valeureux. Ainsi G. Tautin, lycéen libertaire de dix-sept ans. Il meurt de façon tragique, violente dans le contexte des événements de « Mai-68 ». En défendant ses idéaux. Payant de sa vie même ses forts engagements pour autrui. Ces jeunes sont remarquables, durablement distingués comme tels à l’échelle de toutes les civilisations, cultures, époques. Ils démontrent donc à l’envi que « la valeur n’attend jamais le nombre d’années » ! L’âge ne compte pas mais seule la « grandeur de l’humanisme ».
Il est également en l’Histoire universelle de « jeunes héros malheureux » au destin et à la fin manqués, contrariés, tragiques. L’Aiglon est l’unique fils légitime de l’empereur Napoléon Ier, (France, 1769-1821), Roi de Rome, Napoléon II, duc de Reichstadt (1811-1832). Prématurément, il meurt à l’âge de vingt-et-un ans de la tuberculose, fort solitaire et exilé à Vienne suite à l’abolition du Premier Empire français (1804-1815). Il est apparenté par sa mère à Louis XVII (1785-1795), l’orphelin emprisonné du Temple, fils du roi de France Louis XVI (1754-1793) et de Marie-Antoinette, (Souveraine régnante, France, Autriche, 1755-1793). Autre jeune figure historique tourmentée décédée à dix ans. L’Aiglon affirme à la fin de sa vie : « Ma naissance et ma mort, voilà toute mon histoire-655 » !
Napoléon Eugène Louis, fils de Napoléon III, (Souverain régnant, France, 1808-1873), Prince Impérial français (1856-1879) meurt éloigné de son pays et sans jamais régner. Par la dure défaite de 1870 à Sedan et l’avènement de la Troisième République, (France, 1870-1940). Âgé de vingt-trois ans il est tué par les Zoulous en Afrique du Sud lors d’une opération militaire sous uniforme britannique-656. Le grand-duc-tsarévitch, Alexis Nikolaïevitch de Russie, A. Nikolaïevitch Romanov (1904-1918) est héritier dynastique du Tsar Nicolas II. (Souverain régnant, Russie, 1868-1918).
Hémophile, il est déporté en Sibérie par la révolution russe de 1917. Puis assassiné à l’approche de ses quatorze ans avec l’ensemble de la famille impériale russe par les « Bolchéviques » à Ekaterinbourg en Oural (Russie) en 1918. Il sera canonisé par l’Église orthodoxe de Russie, solennellement réhabilité en Justice avec tous ses proches-657. Trois jeunes héritiers d’empire destinés à régner, morts dramatiquement fort précocement, déchus et abattus par un sort funeste qui les dépassait.
De novembre 2004 à mars 2005 se tient au domaine national du château de Compiègne à l’occasion du bicentenaire du Premier Empire une exposition. Intitulée : La pourpre et l’exil – L’Aiglon et le Prince impérial. Elle met en scène nos deux jeunes personnages de l’Histoire de France ci-dessus déjà évoqués. Disparus « avant l’heure » de la façon la plus sombre. Le fils de Napoléon Ier et l’impératrice Marie-Louise d’Autriche (1791-1847) prénommé François puis Franz est titré prince de Parme.
Il meurt donc très jeune en exil à Vienne. En 1815, âgé de quatre ans, il doit fuir la France à la chute du régime napoléonien. Il est immortalisé par le drame théâtral de l’auteur français E. Rostand (1868-1918), L’Aiglon (1900). Célèbre surnom donné par V. Hugo, (Écrivain, France, 1802-1885) au roi de Rome en référence à l’Aigle paternel. Joué au début du vingtième siècle par S. Bernhardt, (Actrice, France, 1844-1923) dans le rôle principal.
Napoléon II est inhumé en la crypte impériale des Capucins, la nécropole dynastique des Habsbourg à Vienne. Sa dépouille mortelle est symboliquement rapatriée au côté de celle de son père Napoléon Ier. Aux Invalides à Paris le 15 décembre 1940 sous l’Occupation allemande (1940-1944). Un siècle et jour pour jour après le solennel retour des cendres de l’Empereur de Sainte-Hélène. Le 15 décembre 1840 sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Louis, prince impérial, fils de l’empereur Napoléon III, l’impératrice Eugénie (1826-1920) est le petit cousin de l’Aiglon. En 1870, jeune adolescent, il est contraint à l’exil en Angleterre avec ses parents après la fin du Second Empire français (1852-1870). L’instauration de la Troisième République (1870-1940). Il meurt donc en lointaine contrée. Il n’y aura alors ni restauration impériale ni Napoléon IV ni Troisième Empire. « Sic transit gloria mundi »…
Ces deux jeunes héritiers de trônes fils uniques, morts très tôt sans nuls descendants en rappellent d’autres tel Louis XVII (France), nous l’avons vu. L’on peut également évoquer à nouveau le tsarévitch Alexis de Russie décédé adolescent, tué par la révolution russe d’alors. Quel sens véritablement donner à ces juvéniles destinées historiques si brutalement et rapidement arrêtées ? Ces jeunes gens connaissent sinon l’existence « quotidienne », du moins les attentes de leurs semblables du même âge : joies et peines, espérances, doutes, déceptions.
Comme les autres juniors ils veulent réussir leur vie, être heureux, imprimer leur pleine marque. Du fait de leur rôle majeur « prédestiné » dès l’enfance, leur avenir est tout tracé. Celui de futurs chefs d’État successeurs de parents souverains régnants de royaume ou d’empire. Leur jeunesse n’est alors jamais « commune ». Par les lourdes responsabilités officielles qui leur incombent ces jeunes futurs monarques sont plus rapidement mûris que leurs pairs « ordinaires ». Ils ont conscience de leur « état ».
Pénétrés qu’ils sont des devoirs de leur charge. Tant à leur égard, celui de leurs ascendants au pouvoir, leur peuple. Ils se conçoivent avant tout eux-mêmes non comme sujets privés mais tels porteurs d’une très haute « symbolique » marquant l’imaginaire collectif. En cas de perte de l’autorité, d’exil et de possible disparition avant terme ces princes ressentent plus nettement encore la singularité terrible et l’éminence de leur mission. Ils n’y renoncent pas, espérant un retournement plus favorable.
Ainsi après la mort de son père en 1873, le fils de Napoléon III avait-il établi le projet constitutionnel d’un nouvel Empire français. Se projetant vers d’hypothétiques dignités ultérieures. La double « dramaturgie » fatale de la déchéance politique et personnelle, la mort violente, d’un sort funèbre nimbe ces « héros malheureux » d’une romantique aura de grandeur, d’inachevé, de désespoir. À l’image de la messianique mystique impériale. Transfigurée non pas tant par l’éclatant soleil d’Austerlitz (1805) que les mornes fins de Waterloo (1815) et Sainte-Hélène (1821)-658. Ce qui grandit encore leur légende.
Un exemple historique significatif et singulier de la mise en avant collective de la jeunesse : celui des sinistres Gardes rouges. En la seconde moitié des années 1960 en Chine lors de la Révolution culturelle (1966-1976). Afin de recouvrer, d’affermir ses pouvoirs Mao Zedong, (Homme d’État, Chine, 1893-1976) lance un vaste mouvement de retour aux « fondamentaux » du communisme chinois originel. Celui de la « prise du pouvoir » de 1949. Contre les traditions millénaires, pour une régénération idéologique et révolutionnaire d’avenir et d’avant-garde. Le « fer de lance » en est la jeunesse de Chine notamment lycéenne, étudiante enrôlée par millions comme « Gardes rouges ».
Ils seront les garants idéologiques de ce mouvement comme du pays. « Lancés » contre leurs aînés adultes. Au prix de millions de victimes, de destructions ou de méfaits immenses, en une ravageuse guerre civile. Exemple historique unique de « promotion » de masse de la juvénilité au détriment des adultes. Qui tourne court, aboutit en réalité à sa manipulation par et en faveur des anciens. Lesquels finissent par « se retourner » contre elle une fois son juvénile office « purificateur » accompli. Même « promus » les jeunes sont donc encore et toujours leurrés ! « Dupés » par des devanciers sans scrupules qui s’en servent sans vergogne à leurs seules fins aux dépens des cadets !
Alexandre le Grand, Alexandre III de Macédoine (356-323 av. J.-C.) devient le roi de la Grèce antique en 336 av. J.-C., âgé de vingt ans. Il le reste jusqu’à sa mort. Élève du philosophe Aristote (Grèce, 384-322) il demeure l’un des plus grands personnages politiques, conquérants de l’Histoire. Il parvient à « se hisser » à la tête de l’empire perse. Il relie par ses conquêtes militaires l’Orient et l’Occident en stratège de génie. Il s’empare « sans coup férir » de la Phénicie, l’Égypte, Babylone, la Perse et va jusqu’en Inde. Alexandre n’aura connu que des victoires de guerre sans nulles défaites. Les hommes d’État Hannibal, (Carthage, 247-183), César, (Rome, 100-44), Napoléon Ier, (France, 1769-1821), les empereurs de Rome (27 av. J.-C.-395/476), l’ère médiévale (476-1492) s’en prévaudront. L’emplacement exact de son tombeau s’est perdu et reste à ce jour introuvable.
Alexandre est à tout jamais l’ « archétype » planétaire même du génie politique et militaire suprême. Qui fera rêver des générations entières de successeurs comme de jeunes. Les humanités gréco-latines de l’Antiquité classique (VIe s. av. J.-C.-IVe s.) seront toujours « privilégiées » jusqu’à la fin de l’époque moderne (XVIIIe s.). Encore au dix-neuvième siècle et dans la première moitié du vingtième. Alexandre sera longtemps encore proposé dans les programmes scolaires de l’enseignement secondaire des collèges royaux de France. Comme des lycées de notre république. En modèle d’exemplarité, d’identification à de multiples cohortes d’élèves masculins adolescents-659.
Cléopâtre VII (69-30 av. J.-C.) est reine d’Égypte antique, (51 av. J.-C. jusqu’à sa mort). Elle règne dès l’âge de dix-huit ans. Elle appartient à une dynastie macédonienne. Elle est proche des hommes d’État J. César, (Rome, 100-44 av. J.-C.), M. Antoine, (Rome, 83-30). Cléopâtre reste à ce jour la femme la plus illustre de toute l’Antiquité (VIe s. av. J.-C.-Ve s.). Elle n’est vaincue que par l’empereur Auguste, (Rome, 63 av. J.-C-14), meurt prématurément de façon violente.
Comprenant que l’Égypte pharaonique avait vécu, besoin d’alliances elle se rapproche de Rome. Avec les péripéties que l’Histoire a retenues. Cléopâtre est le dernier grand souverain de l’Égypte antique (3150-30 av. J.-C.) et l’ultime monarque autonome avec son très jeune fils Ptolémée XV (47-30). Ensuite son pays n’est plus qu’une province romaine. Jusqu’au Moyen Âge (476-1492) elle est la figure historique féminine de tout premier plan-660.
Aliénor d’Aquitaine (1122-1204), épouse du roi Louis VII (1120-1180) devient reine de France en 1137 âgée de quinze ans jusqu’en 1152. Épouse du roi Henri II d’Angleterre (1133-1189) elle est ensuite souveraine de ce dernier pays de 1154 à 1189. Elle hérite encore enfant du duché d’Aquitaine. Elle participe activement à la Deuxième Croisade (1147-1149). Aliénor agit également en un domaine des plus importants, lequel serait aujourd’hui qualifié de « mécénat culturel, artistique et patrimonial ». Elle connaît des années de captivité et achève sa vie à l’abbaye de Fontevraud. (France, 1101-1792). Cette reine est l’une des toutes premières femmes à jouer un rôle politique d’envergure en France comme également la souveraine Blanche de Castille. (France, 1188-1252)- 661.
Jeanne d’Arc (1412-1431) est une « sommité » historique nationale française, chef militaire. Béatifiée en 1909 et canonisée en 1920 par le Saint-Siège. Depuis 1922 l’une des saintes « patronnes secondaires de la France ». Le pays du temps de Jeanne est en grande partie occupé par les Anglais. Subit une guerre civile féroce entre les Armagnacs et Bourguignons (1407-1435), n’a plus de souverain légitime. Adolescente, Jeanne dira s’être vue conférer de « façon céleste » la mission de libérer tout le territoire, faire couronner le dauphin. À la tête des armées de son pays elle arrache la victoire face à l’ennemi anglais assiégeant Orléans (1429). Elle œuvre au sacre du roi Charles VII, (France, 1403-1461) à Reims (1429), influe fort sur l’issue de la Guerre de Cent Ans. (France, 1337-1453).
Elle est arrêtée par les Bourguignons, vendue aux Anglais, jugée et brûlée vive pour « hérésie » âgée de dix-neuf ans (1431). Ce procès est annulé par la papauté un quart de siècle plus tard. Puis un autre l’innocente, la réhabilite et la déclare « martyre de la foi » (1456). Elle est révérée comme l’un des premiers artisans de l’unité et la pleine souveraineté de la nation française. En « mystique » à l’idéal spirituel et patriotique des plus nobles, plus hauts-662. Jeanne démontre la capacité de certains jeunes à l’élévation morale exceptionnelle. À l’instar de l’une des plus jeunes et illustres saintes chrétiennes de tous les temps : T. Martin de l’Enfant-Jésus : Thérèse de Lisieux. (France, 1873-1897). Telle Jeanne « patronne secondaire de la France ». Morte à vingt-quatre ans-663. Qui continue plus d’un siècle après sa disparition à susciter la vénération des croyants à travers le monde.
Michel Ange, Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni (1475-1564) est l’artiste de génie de la Renaissance italienne. (Fin XIVe-déb. XVIe s.). Auteur de chefs-d’œuvre uniques inoubliables. Citons La Pietà (1500) réalisée à l’âge de vingt-quatre ans, exposée à la basilique Saint-Pierre de Rome (1506-1626). Le David (1504) et le tombeau (1503) du pape Jules II (1443-1513), encore le plafond de la chapelle Sixtine (1512). Aussi le Moïse (1515), le Jugement dernier (1541) et la coupole de Saint-Pierre en partie (1564)…
Proche des Médicis, (Patriciens, Toscane, VIIIe-XVIIIe s.) qui l’appuient en mécénat il multiplie dessins, peintures, sculptures, œuvres d’architecture, poésies. Michel Ange commence à donner la pleine mesure de son « talent multiple » dès sa prime jeunesse. À la Renaissance seuls les peintres L. de Vinci, (États italiens, 1452-1519), Raphaël, (États pontificaux, 1483-1520) peuvent lui être valablement « comparés » en tant que géants culturels de l’humanité. Michel Ange demeure encore en son art le maître incontesté et incontestable de tous les temps. Admiré par les « amateurs éclairés » du monde entier-664.
Rembrandt H. Van Rijn (1606-1669), néerlandais, reste l’un de nos meilleurs peintres de l’art baroque occidental et de l’École hollandaise du Grand Siècle (XVIIe s.). Il excelle alors dans le portrait, les thèmes bibliques et historiques avec des clairs-obscurs très caractéristiques. La renommée, la grande valeur des œuvres de Rembrandt sont reconnues dès ses débuts de jeunesse. En 1625 à l’âge de dix-neuf ans Rembrandt peint La Lapidation de saint Étienne. En 1626 à vingt ans, La Partie de musique. Puis en 1629 à vingt-trois ans, L’Artiste en son atelier. En 1630 à vingt-quatre ans, La Résurrection de Lazare ainsi que Jérémie pleurant la destruction de Jérusalem.
Aujourd’hui les toiles du maître sont parmi les plus recherchées, les plus chères du monde de l’art. Les plus importants musées de la planète les exposent. Rijksmuseum d’Amsterdam, Louvre à Paris, National Gallery de Londres, Musée de Berlin, Metropolitan Museum of Art de New York. National Gallery of Art de Washington D.C. ou Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Rembrandt reste encore à ce jour admis dans le monde entier comme l’un des artistes le plus remarquable de son temps comme d’aujourd’hui-665. En quintessence de l’art intemporel et universel de la beauté esthétique élevée à son acmé culturelle, de civilisation.
Louis II de Bourbon, prince de Condé dit le Grand Condé (1621-1686) est Premier prince du sang, pair de France, général de la Guerre de Trente Ans, (Europe, 1618-1648). Instigateur de la Fronde princière (1648-1653) contre l’autorité monarchique du jeune Louis XIV, (France, 1638-1715), son grand-cousin. De la régente Anne d’Autriche, (France, 1601-1666), du Premier ministre le cardinal Mazarin, (France, 1602-1661). Il devient le gouverneur du duché de Bourgogne dès l’âge de dix-sept ans. À vingt-deux ans, en 1643, il commande toute l’armée de Picardie et remporte la victoire à la bataille de Rocroi, (France) sur les Espagnols.
En 1645 âgé de vingt-quatre ans il bat avec Turenne, (Maréchal de France, 1611-1675) les Allemands à Nördlingen, (Bavière). En 1646 à vingt-cinq ans il devient à la suite de son père Prince de Condé. Après l’échec de la Fronde et la défaite des rebelles Condé se réconcilie avec le roi Louis XIV. Il reprend alors le commandement d’armées royales. Il remporte des victoires fort importantes notamment contre les Hollandais. Entouré d’honneurs il achève son existence en son château de Chantilly, (France). Bossuet, (Prélat, écrivain, France, 1627-1704) prononce un éloge funèbre très appuyé. Condé aura alors été l’un des plus jeunes, valeureux chefs de guerre français-666.
B. Pascal (1623-1662) est scientifique, moraliste, philosophe et théologien français. Très jeune il commence à s’intéresser aux sciences naturelles. À seize ans en 1639 il publie un grand traité de géométrie projective dont la quintessence première reste sous le nom de Théorème de Pascal. En 1642 à dix-neuf ans il crée la machine à calcul dite Pascaline, la dédie au chancelier Séguier. (France, 1588-1672). Ses travaux conduisent au siècle suivant au calcul des probabilités, fort utiles en économie et sciences sociales. Proche du jansénisme de Port-Royal, (France, XVIIe s.), malade, ascète il fait œuvre littéraire, métaphysique, religieuse.
Citons Les Provinciales, (Apologétique épistolaire, France, 1656-1657), les Pensées, (Apologétique à titre posthume, France, 1670). Il récuse la casuistique jésuite, le thomisme ou le rationalisme de Descartes, scientifique, philosophe français (1596-1650). Au profit de l’augustinisme. De santé fragile notamment nerveuse, atteint par des lésions cérébrales Pascal meurt à trente-neuf ans. Précurseur majeur, il aura été l’un des plus fins « esprits humanistes » de son temps. L’un des plus grands savants de l’ère moderne dès son adolescence-667.
Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834) est un général, homme d’État français et américain. Il est un acteur majeur de l’indépendance des États-Unis d’Amérique (1775-1783), figure de proue de la Révolution française (1789-1799). Entre la prise de la Bastille (1789), la chute de la monarchie (1792), l’instauration de la Première République (1792-1804). Il s’engage auprès des « insurgés américains » à l’âge de dix-neuf ans. Âgé de vingt-trois en 1780 La Fayette se voit confier le commandement des troupes de Virginie. Par G. Washington, (Militaire, homme d’État, États-Unis, 1732-1799) avec qui il entretient des relations des plus étroites.
À leur tête il remporte le combat à la bataille de Yorktown, (États-Unis) en 1781 à vingt-quatre ans contre les armées anglaises. En renfort aux troupes américaines de Washington le comte de Rochambeau, (Futur Maréchal, de France, 1725-1807) commande l’expédition française. Avec l’appui décisif de la flotte royale du vice-amiral de Grasse. (France, 1722-1788). La Fayette rentre en France la même année devenant maréchal de camp. En 1789 Il est député aux États généraux, commandant en chef de la Garde nationale. Il assure la sauvegarde de la famille royale et l’escorte jusqu’à Paris. Il termine la Révolution avec le grade de général.
En 1792 il est déclaré « traître à la nation ». Emprisonné à l’étranger il est enfin libéré en 1797, rentre en France en 1800. Opposant farouche à Napoléon (1769-1821) et l’Empire (1804-1815) il se rallie alors aux Bourbons en 1814. Sous la Restauration (1815-1830) il redevient parlementaire. Il participe à la révolution de Juillet 1830, favorisant l’accession au trône du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850). Il entérine non l’option républicaine mais celle du remplacement de la dynastie de la branche aînée des Bourbons par celle cadette des Orléans (1830-1848). Il est parlementaire d’opposition.
Il est quasi-opposant permanent sous tous les régimes politiques français, du roi Louis XVI (1754-1793) à la Monarchie de Juillet (1830-1848). La Fayette reste surtout en l’Histoire comme un très jeune « artisan » éminent de la Révolution française (1789-1799), l’Indépendance des États-Unis d’Amérique (1776). Qualifié de « héros des deux mondes » il est citoyen d’honneur de ce pays depuis 2002. Le drapeau américain flotte même sur sa sépulture à Paris-668. La Fayette illustre à tout jamais la figure romantique ardente du jeune passionné se dévouant à une noble cause qui le dépasse.
G. Guynemer (1894-1917) est capitaine dans l’armée de l’air française. Il est le pilote militaire national le plus fameux du Premier Conflit mondial (1914-1918). Il remporte alors des dizaines de victoires, abat tout autant d’avions en combats aériens contre l’ennemi. Il est décoré de la croix d’officier de la Légion d’honneur. Guynemer est abattu en 1917 âgé de vingt-deux ans en patriote héros de guerre. Ni son avion ni son corps ni ses effets ne seront jamais retrouvés. Le lieu exact de sa sépulture, si elle existe, n’est toujours pas avéré à ce jour. Guynemer est l’archétype même du combattant intrépide et valeureux couvert de gloire et de lauriers. À l’image même des preux chevaliers médiévaux (476-1492) ou des grognards endurants de la Grande Armée napoléonienne (1804-1815). Tout en courage, abnégation-669.
C. Lindbergh (1902-1974) est un aviateur pionnier américain. À vingt-cinq ans en 1927 il est le premier pilote d’aéronef à réussir la traversée aérienne de tout l’Atlantique Nord en complet solitaire sans escales. Entre New York et Paris en trente-trois heures et trente minutes à bord de son Spirit of Saint Louis. Son avion est exposé au National Air and Space Museum de Washington D.C. En 1929 il est décoré de la Medal of Honor. En 1932 son fils aîné de vingt mois est kidnappé, assassiné en dépit du paiement d’une rançon. Ce sera la célèbre terrible affaire dite du bébé Lindbergh. Titulaire du grade de colonel il est ensuite conseiller civil en matière d’aviation militaire. Il s’oppose fermement à l’entrée en guerre des États-Unis.
Or, la cautionne après l’attaque japonaise de Pearl Harbor, (Hawaï) contre son pays en 1941. Il participe à titre civil au Second Conflit mondial (1939-1945). Après la guerre il travaille pour l’aviation civile. Son autobiographie relatant son exploit aérien de 1927, The Spirit of St. Louis, (États-Unis, 1953) lui vaut en 1954 le prix Pulitzer. Il devient général. Il se passionne pour les questions d’écologie, d’environnement. À partir de la fin des années 1950 il termine sa vie retiré à Hawaï. Il demeure dans les mémoires tel un jeune champion aérien d’endurance physique et morale « d’exception » en solitaire. Comme d’autres sur les mers tel le Français A. Bombard. (Biologiste et navigateur, 1924-2005). Traversant lui aussi seul le même océan Atlantique en canot pneumatique en 1952-670.
J. Cleveland Owens dit Jesse Owens (1913-1980) est un athlète américain, le premier grand champion sportif noir de niveau mondial. L’un des meilleurs coureurs de vitesse de la première moitié du vingtième siècle. Aux Jeux Olympiques d’été de 1936 à Berlin à l’âge de vingt-deux ans, il remporte quatre médailles d’Or pour les États-Unis. Owens bat dans les années 1930 les records mondiaux du cent mètres, du deux cents mètres, comme du saut en longueur.
Lequel saut n’est dépassé qu’en 1960. Il est dit que le chancelier du Reich allemand A. Hitler (1889-1945) aurait pour des raisons idéologiques et raciales ignoré Owens aux Jeux de Berlin. Pourtant l’athlète lui-même dément le fait, affirmant que le dictateur l’avait bel et bien, salué. L’Amérique d’alors est très « ségrégationniste », prive ses citoyens afro-américains de tout droit civique jusqu’à la présidence (1963-1968) de L. Johnson, (États-Unis, 1908-1973) en 1965.
Le président F. Roosevelt, (États-Unis, 1882-1945) ne reçoit même pas Owens lors de son retour triomphal au pays après ses exploits olympiques. En 1936 l’Associated Press, (États-Unis) le désigne alors « Athlète de l’année » et en 1950 « Meilleur athlète des cinquante dernières années ». En 1976 le président G. Ford, (États-Unis, 1913-2006) lui accorde la médaille présidentielle de la Liberté. En 1990 à titre posthume le président G. H. Bush, (États-Unis, 1924-2018) lui décerne la médaille d’Or du Congrès. Jesse est encore aujourd’hui admiré, reconnu comme un jeune champion de tout premier ordre qui aura fait honneur à la jeunesse et à l’humanité. Par son courage, sa ténacité et son endurance tout en appartenant en son temps à une communauté minoritaire fort injustement discriminée. Réalité dont il ne tirera jamais prétexte pour « abdiquer » !
Owens doit donc attendre 1965, l’âge de cinquante-deux ans pour connaître l’égalité des droits civiques entre Noirs et Blancs. Ce qui signifie que pendant son premier demi-siècle de vie il ne sera pas reconnu comme citoyen à part entière du seul fait de sa couleur de peau ! À qualités égales il ne bénéficiera pas en sa jeunesse dans les années 1930 des mêmes avantages initiaux que ses camarades d’origine européenne. Pourtant il ne se découragera pas, ne renoncera pas en abnégation, persévérance. Il se battra avec détermination jusqu’au bout. À la force de son seul mérite humain. Magnifique leçon d’humanisme juvénile-671 !
E. Presley (1935-1977) dit « The King », « Le Roi » est un chanteur, acteur américain. Il est l’un des chanteurs les plus influents du siècle passé. Il aurait à ce jour vendu un milliard de disques. Seuls les chanteurs M. Jackson, (États-Unis, 1958-2009), les Beatles, (Royaume-Uni, 1960-1970) sont comparables en audience planétaire. Il est « adulé » par les jeunes de son temps, devient célèbre à guère plus de vingt ans. Il incarne « pour toujours » le Rock and Roll. Les ados s’identifient à sa personne, sa musique.
Car cette néoculture musicale qui se veut anticulture est le symbole même des contestations, aspirations et revendications de la jeunesse. Elvis, son rock marquent alors, façonnent les débuts de l’adolescence occidentale moderne à partir des années 1950. Pour la toute première fois les juniors développent véritablement un univers culturel, de vie, de pratiques, mœurs, mentalités et comportements bien à eux. Autre que celui des adultes qui lui est opposé en tout et pour tout. Aujourd’hui après la fin prématurée du King la légende perdure, reste synonyme d’audace, d’innovation, de talent et de jeunesse iconoclaste-672.
The Beatles, Les Beatles (1960-1970) sont un groupe musical britannique né à Liverpool. Il est alors composé de G. Harrison (1943-2001), J. Lennon (1940-1980), P. McCartney (1942-) et R. Starr (1940-). Il est l’un des plus grands groupes musicaux célèbres de pop-rock mondiaux. Il symbolise à lui seul le courant musical dominant des années 1960. En dix années Les Beatles marquent ainsi tout une génération juvénile autour de leurs vingt ans. Ils continuent à fort séduire dans les décennies suivantes en dépit de la dissolution du groupe en 1970.
Ils demeurent comme étant les artistes ayant vendu le plus de disques au monde. Leur titre phare Yesterday / Hier, (Royaume-Uni, 1965) reste le « méga tube » mondial par excellence. Les Beatles constituent alors un véritable « phénomène de société ». Ils créent une prise de conscience socioculturelle comme idéologique de la jeunesse d’Occident. Cela mène aux mouvements hédonistes, libertaires, réfractaires de la fin des « sixties ». De nos jours encore Les Beatles représentent une véritable « révolution » musicale et sociétale. À jamais d’avant-garde, inégalée pour une juvénilité mondiale comme pour leurs aînés d’hier à aujourd’hui. (Deniau, 2003)-673.
J.-F. Deniau (1928-2007), homme politique, écrivain français éclaire à merveille la vie, l’œuvre de tous ces jeunes. « Au sommet de leur art » très tôt en leur vie-674. Quelle pourrait être la jeunesse française, occidentale, mondiale de demain ? À court et moyen termes il est fort probable que les tendances actuelles à l’ « attente » se poursuivront voire s’accentueront. Prolongation néogénérationnelle, report de l’entrée en la vie active, l’adultisme des juniors. À long terme il est fort possible qu’un « retournement » s’opère avec des études plus courtes et opérationnelles pour l’emploi.
Il devient aujourd’hui nécessaire en aval de reculer l’âge de la retraite pour pouvoir mieux la financer. L’on pourrait de même en amont concevoir une entrée plus précoce en l’emploi pour les mêmes raisons tout en étant mieux formé. Il est possible aussi que cette jeunesse finisse par se lasser d’un rôle purement scolaire et récréatif. Veuille prendre part aux affaires beaucoup plus tôt en travaillant plus rapidement qu’aujourd’hui ! Nous avons déjà évoqué les « trois cercles concentriques » caractérisant les réalités juvéniles. Qui fondent les plus grands enjeux d’avenir pour la jeune génération. Dont le « bon usage » en conditionne la plénitude.
Le « premier cercle » le plus proche des juniors constitue l’essence même de la jeunesse, ce qui lui donne sa spécificité directe, intrinsèque. Par exemple sa psychologie, ses modes relationnels et aspirations. Le « deuxième cercle » de la « distance » médiane est celui du « monde des jeunes ». Par exemple le milieu scolaire, les pratiques culturelles, le rapport au droit. Le « troisième cercle » le plus éloigné est constitué par l’environnement général. Les réalités planétaires et sociales et leur retentissement indirect sur la nouvelle génération.
Par exemple le système politique, économique, social général qui a un net impact sur la vie de l’adolescent la régit de façon plus ou moins lointaine mais réelle. Un jeune « évolué » est utile et sans états d’âme. Altruiste et sans calcul. Participatif sans retenue. Pour lui-même, autrui, sa communauté d’appartenance. Il ne tire jamais prétexte de sa jeunesse pour être improductif. Il est capable de donner gratuitement avec générosité, sans égoïsme ni esprit d’intéressement. Il participe bien volontiers aux affaires du monde qui sont à sa portée-675.
La jeunesse contemporaine s’est bel et bien définitivement retirée du reste de la société par ses nouveaux particularismes les plus irréductibles. Quand leurs chemins respectifs ont irrésistiblement et irrémédiablement divergé. Il est intéressant d’étudier comment, pourquoi en l’histoire des hommes certaines individualités, aussi des collectifs juvéniles ont pu, su, voulu imprimer leur marque à l’humanité entière. À toutes époques, en tous domaines. Quelle pourrait donc être la jeunesse de demain à la lumière de celle d’hier, d’aujourd’hui ? Nous tenterons une prospective psychosociologique morale juvénile puis verrons les grands enjeux de l’avenir des nouvelles générations. En nos « développements philosophiques »-676.
Un dernier exemple de jeunesse d’avant-garde pour conclure. Celle du jeune américain M. Zuckerberg (1984-). Le génial co-inventeur du plus important « réseau social » mondial, Facebook. Trombinoscope en français. En 2004 à l’âge de vingt ans. Avec trois condisciples étudiants de Harvard, (États-Unis). Il en devient le président. Facebook est le troisième site le plus consulté au monde après Google et YouTube. Mark détient un quart des parts de sa société qui a son siège à Palo Alto en Californie. Le chiffre d’affaires annuel dépasse 40 milliards de dollars (2017). Facebook totalise plus de 17 000 collaborateurs professionnels. Zuckerberg aura été le plus jeune milliardaire mondial. 33 milliards de dollars en 2015. Il est jugé comme l’une des personnalités internationales parmi les plus « influentes ».
Il a été la « personnalité de l’année » 2010 selon Time magazine, (États-Unis). Le plus jeune à vingt-cinq ans après et au même âge que l’aviateur C. Lindbergh, (États-Unis, 1902-1974) en 1927. Toute personne ou entreprise peut avoir son profil, ses informations propres sur Facebook, consultables par tous ou non selon les supports diffusés. À l’origine seuls les étudiants de Harvard puis des autres universités américaines étaient concernés. Ensuite tout internaute du monde. En 2017 la valeur de Facebook dépasse les quatre cents milliards de dollars. En France il y a trente-trois millions d’utilisateurs actifs mensuels, la moitié de la population, la moitié des internautes du pays en 2018. Voulant intéresser ses camarades étudiants de Harvard Mark a ensuite « rendu service » à toute la jeunesse du globe ! Cela continue, les jeunes du monde se servant de Facebook tels blog, « boîte à com et à idées ». Outre TikTok.
Un tiers des utilisateurs français ont entre dix-huit et vingt-quatre ans. Les quinze – vingt-quatre ans de France sont 82 pour cent à y avoir leur « compte » soit plus de six millions de juniors. Dans le monde les utilisateurs mensuels actifs sont 2,1 milliards fin 2017 avec une centaine de langues disponibles. La majorité des inscrits se trouve aux Amériques, en Europe, Asie. La France est le neuvième pays usager fin 2012. Un cinquième des habitués mondiaux du réseau ont entre treize et dix-sept ans. Plus d’un quart ont entre dix-huit et vingt-cinq ans. Presque la moitié des adeptes de Facebook dans le monde sont donc des jeunes de treize – vingt-cinq ans.
Facebook est ainsi l’attribut culturel néogénérationnel mondial par excellence créé pour des jeunes, surtout par des jeunes-677. La saga de M. Zuckerberg et Facebook donne ensuite lieu à une adaptation cinématographique réussie. Celle de la biographie écrite par B. Mezrich : La Revanche d’un solitaire. (États-Unis, 2010). Sous le titre de : The Social Network, Le Réseau social. (Drame historique, D. Fincher, États-Unis, 2010). Le film « reflet » de son temps est primé aux Academy Awards (Oscars), aux Golden Globe Awards, (États-Unis), comme aux Césars, (France)- 678.
Alexandre (356-323 av. J.-C.) mène ses troupes armées macédoniennes à la victoire à dix-huit ans, règne comme roi à vingt. J. d’Arc (1412-1431), chef de guerre débarrasse son pays la France des envahisseurs étrangers à dix-huit ans. M. Polo (1254-1324), marchand et explorateur quitte sa Venise natale pour l’Empire du Milieu à dix-sept. C. Colomb (1451-1506), navigateur génois s’embarque « au long cours » à quatorze ans. En vérité, de la plus haute Antiquité à nos jours « la valeur n’attend pas le nombre des ans ». Cela illustre à merveille l’adage selon lequel : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ». Célèbre parole du duc C. de Valois-Bourgogne dit le Téméraire. (Homme d’État, France, 1433-1477).
Reprise par le stathouder de Hollande Guillaume Ier d’Orange-Nassau dit le Taciturne (1533-1584). La force de caractère, le courage physique et moral et les richesses de personnalité, le sens du destin personnel. Également de l’intérêt général, l’ambition, la foi en soi, en son pays, sa nation, le talent, l’audace et l’originalité créative… Tout ceci fait les « grands hommes et femmes » de tous âges, toutes contrées, tous temps. Y compris les plus jeunes-679 ! « Les orages de la jeunesse sont environnés de jours brillants ». (Vauvenargues, écrivain, moraliste, aphoriste français, 1715-1747). Il s’agit de l’encourager à donner le meilleur d’elle-même.
« La jeunesse réclame aujourd’hui qu’on lui fasse confiance ».
(F. Hollande, homme d’État contemporain, France).
[ IMAGINER UN « MARQUEUR PHILOSOPHIQUE ]
DE VOTRE NOUVELLE COHORTE »
Votre jeunesse a conscience aujourd’hui comme hier, demain d’une identité particulariste individuelle, collective et d’un sentiment moral supérieur unique. De ce qui la différencie des autres générations, groupes humains. Les conceptions que vous, jeune, avez de la vie, des autres, de vous-même ne sont pas celles des « non-jeunes ». Cela légitime la fondation d’une véritable science, philosophie morale de votre jeunesse. L’objectif en serait alors de théoriser ce qu’est véritablement une nouvelle génération spécifique en un contexte humain, matériel, d’action et spatio-temporel donné. Ce que cela implique aussi d’un point de vue éthique, ontologique et ontogénique. Quant à vous, jeune seul ou comparé à vos pairs ou aux adultes.
Alain a vingt ans mais conserve encore tous les traits de l’adolescence. Il rêve sa vie plus qu’il ne vit réellement ses rêves. Il quitte sur un coup de tête ses parents et s’engage alors comme ouvrier aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Nous sommes aux tout débuts des années 1960 à la « grande époque » des constructions maritimes, celle du paquebot France (1960-1979). Puis il fait connaissance du monde du travail et des travailleurs. Il noue amitié avec José un ouvrier caréneur qui le réconforte, l’aide. Il y rencontre Annie jeune secrétaire avec qui il se lie, pour laquelle il éprouve des sentiments. Le père adoptif de celle-ci convainc Alain de poursuivre ses études. Préalable à l’avenir, l’union avec sa fille. Ainsi se déroule l’intrigue « tout en finesse » de l’œuvre cinématographique : Le Bonheur est pour demain. (H. Fabiani, comédie dramatique, France, 1962)-680.
Tous les « composants » ontologiques et philosophiques de la jeunesse y sont. La difficulté à grandir, l’impulsivité, le défi, un certain courage et la confrontation à l’inédit et l’inconnu, la très forte quête de libertés et d’indépendance. Également l’amitié, le lien à l’adulte et l’amour, l’effort, l’attente, le compromis et la volonté de progresser, « s’en sortir » et réussir. En un mot le « rêve d’être heureux » en soi et avec autrui, de trouver apaisement, plénitude, accomplissement, dépassement de soi.
Cela était plus accessible en 1960 qu’aujourd’hui. Cet idéal juvénile reste le même au travers des temps, espaces, gens, choses, entreprises. Sachons donc aider nos jeunes à y parvenir ! Pour grandir ils ont grand besoin de se conformer à des aînés sûrs, adultes-référents. Qu’ils peuvent admirer, dont ils peuvent s’inspirer en modèles identificatoires, pleine exemplarité. Hélas ces adultes se font de plus en plus rares aux pires dépens des cadets.
– Individuelle, Collective Idiosyncrasies –
Sentiment Moral de Votre Juvénilité
Philosophie est un mot de 1160 qui est issu du « latin philosophia et du grec : – philo, j’aime et sophia, sagesse -. Toute connaissance par la raison. Ensemble des études et recherches visant à saisir les causes premières, la réalité absolue, ainsi que les fondements des valeurs humaines puis envisageant les problèmes à leur plus haut degré de généralité. Conception générale et vision plus ou moins méthodique du monde, des problèmes de la vie ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-681.
La philosophie de la jeunesse est la réflexion, l’approche fondamentales sur l’essence morale de votre tranche d’âge spécifique de vie humaine. Essentiellement en notre sphère anthropologique, culturelle, occidentale. En France l’intérêt pour l’enfant, l’enfance a connu une extraordinaire fortune au siècle précédent notamment en sa seconde moitié. Bien plus que pour vous, jeune. Spécialités disciplinaires, spécialistes enfantologues, ouvrages, colloques, organes d’études, d’intervention, émissions médiatiques se sont donc multipliés.
Dans La Condition humaine, (Roman historique, France, 1933) l’écrivain A. Malraux, (France, 1901-1976) écrit : « Il faut soixante ans pour faire un homme et après il n’est bon qu’à mourir »- 682. D’évidence il faut maintes décennies de vie terrestre, maturité, dépassement, d’expériences, apprentissages, ascèse. De bonheurs, souffrances, aussi de succès, comme de revers pour atteindre la pleine « qualité d’Homme ». Faut-il pour autant éluder, minorer et mépriser le temps de jeunesse ? Pas davantage sans nul doute. Puisque c’est l’état même de jeune qui prépare, fait toute la dignité, la grandeur et la plénitude ou le néant du restant de toute l’existence terrestre ontogénétique !
En la décennie 1970 la pédiatre psychanalyste française F. Dolto (1908-1988) met en avant les premières années de vie. Avec sa fort célèbre émission alors radiodiffusée sur France Inter, « Lorsque l’Enfant paraît » (1976-1978). Elle y répond en direct aux questions des mères de jeunes enfants, ce qui est « révolutionnaire » à l’époque. La version écrite paraît en trois volumes, (France, 1977, 1978, 1979). Ce n’est qu’à la fin de sa vie que F. Dolto est amenée à « s’intéresser » aux adolescents-683. En pleine continuité de son expertise de l’enfance, l’adolescence étant état bien plus que passage.
Rien d’aussi « pléthorique » dans les médias audiovisuels pour les jeunes malgré de nets progrès relativement récents. Il faut attendre une décennie et demie plus tard au début des années 1990 pour que l’émission de Fun Radio, « Lovin’Fun », (France, 1992-1998 et 2013-2021) mette « en exergue » les questions de la jeunesse. Avec le Doc, le médecin pédiatre C. Spitz, l’animateur Difool, (Années 1990), puis Karel, (Années 2010-2020).
Consistant là aussi à répondre en direct aux interrogations cette fois des jeunes. Que cela fasse un « tabac » chez eux, devienne un véritable « phénomène de société » salué comme tel-684. Philosophie, sciences de la jeunesse restent à être inventées. Enseignements universitaires, centres de recherche, organismes d’action, spécialistes font encore trop cruellement défaut. De façon traditionnelle dépassée enfants et jeunes sont encore trop souvent associés, ce qui est un non-sens humain, intellectuel, scientifique absolu-685. Un « déni de jeunesse ».
La jeunesse demeure à jamais la période de l’existence la plus « porteuse de sens ». Celle où l’être humain se penche et se questionne le plus sur sa destinée et ses passions terrestres. Au cœur même des tourments de l’âme pensante, des déchirements, doutes et quêtes, élans et tumultes les plus intimes et douloureux ! Ainsi s’interroge en ambivalentes introspections torturées d’amour-haine Roland. Le jeune étudiant de la fort célèbre nouvelle littéraire de l’écrivain S. Zweig, (Autriche, 1881-1942), La Confusion des sentiments, (Allemagne, 1927).
« Aujourd’hui encore comme le garçon incertain d’alors je sens que je ne dois davantage à personne. Ni à père, à mère avant lui ni à femme et enfants après lui – je n’ai aimé personne plus que lui »-686.
L’essence ontologique de notre juvénilité est des plus complexes car multiforme ! Historique et biologique, psychologique et sociologique, anthropologico-culturelle, morale et juridique… C’est parce que la jeunesse du monde, celle du passé comme de notre temps est foisonnante, qu’elle déroute tant ! La nouvelle génération actuelle est tout autant qualifiée d’adolescence que de jeunesse. La première acception relève de la psychologie, la seconde de la sociologie.
L’adolescence concerne l’âge du collège et du lycée, la jeunesse celui des études supérieures, comme des débuts de la vie active. Nonobstant, l’adolescence déborde sur la jeunesse et réciproquement par double allongement. Comme déjà entrevu. Les Nations Unies et l’Union Européenne définissent officiellement la jeunesse comme la tranche d’âge des quinze – vingt-quatre ans. C’est celle-ci que nous appelons donc jeunesse. L’adolescence se poursuit dans la jeunesse et celle-ci est plus précoce. La juvénilité est une postenfance, un préadultisme. Elle est un temps de pleine préparation à l’avenir, non de commandement.
L’on peut y distinguer les adolescents mineurs de treize – dix-huit ans et les jeunes de dix-neuf – vingt-quatre. En 2020 nos dix millions de douze – vingt-cinq ans français sont nés entre 1995 et 2008-687. En tournant d’époques, temps de grandes recompositions mondiales, fin du bipolarisme Est-Ouest. Cette néogénération Y / Z est la toute première de ce siècle et de la communication tout numérique. Elle ne ressemble en rien à aucune autre ! En matière de jeunesse le vecteur humain, matériel, cognitif, émotionnel, comportemental, spatio-temporel est capital. La génération Z des moins de vingt ans vivra encore plus de mutations. À l’échelle historique les juniors varient naturellement d’une ère à une autre-688.
D’un point de vue géographique ce modèle est occidental. La plupart des jeunes de pays émergents vivent quasi comme leurs semblables occidentaux d’avant 1960. Leur transition de l’enfance à l’adultisme est directe, sans moratoire juvénile spécifique. Pour une raison économique-689. Tous les « aspects juvéniles » peuvent être envisagés globalement et sans exceptions ni exclusives. Pour parfaite compréhension, meilleur traitement de ce qui a trait à la néogénération. Les sciences de la jeunesse concernent également de fort nombreuses matières intellectuelles et de multiples domaines, thématiques.
La juvénilité est biologique, médicale, psychologique, sociologique, éducative, historique, anthropologique, ethnologique, culturelle et littéraire. Philosophique, morale, économique, juridique, politique, scientifique et conceptuelle. Le jeune relève des sciences biomédicales en tant qu’être vivant. Il est donc tributaire de son évolution physiologique, état de santé avec tous les accidents qui peuvent caractériser cet âge. Le junior est donc lié à une psychologie développementale cognitive, émotionnelle, comportementale. Laquelle façonne profondément sa chair comme son esprit. Non seulement au temps même de la néogénération or, aussi après toute l’existence durant.
Également sociale, clinique, différentielle extrêmement particulière. L’intelligence, la pensée, la structuration mentale, intellectuelle, la personnalité, l’identité personnelle propre, la notion de « crise » des jeunes de treize – vingt-quatre ans en font des être des plus singuliers ! Ce tropisme n’appartient qu’à eux seuls. Leur cerveau est en perpétuelle mutation, l’imagerie cérébrale juvénile le démontre. Les quinze – vingt-quatre ans constituent une génération sociologique née et vivant à une époque donnée. Tenant un rang social et sociétal même mineur avec des habitus originaux. Notre jeunesse a en cohorte un impact historique par ses multiples talents.
De l’Ancien Régime, (France, 1589-1789) à Mai-68, de la Révolution, (France, 1789-1799) à la Libération, (France, 1944), de 1848 à 1914. Maints jeunes se sont grandement illustrés avant trente ans. D’Alexandre, (Souverain régnant, Macédoine, 356-323 av. J.-C.) à Bonaparte, (Militaire, France, 1769-1821). De Jeanne d’Arc, (Chef de guerre, France, 1412-1431) à Michel-Ange, (Artiste, États italiens, 1475-1564). De Mozart, (Compositeur, Saint-Empire, 1756-1791) à J. Dean, (Acteur, États-Unis, 1931-1955). Les sciences de l’éducation rendent compte de la jeunesse notamment scolaire, ce qu’elle est, doit être. Sa formation intellectuelle, morale par son but premier : étudier et s’élever.
La néogénération intéresse les « sciences de l’Homme », celles des populations du globe : l’anthropo-ethnologie. Les juniors sont occidentaux ou du « Tiers-Monde », sur les cinq continents. Avec des traits communs et distinctifs. Les jeunes ont de très forts engouements culturels, agissent dans la culture. Sont particulièrement créatifs, inventifs, sujets / objets de l’art, la littérature, du cinéma, Web. De Pascal, (Philosophe, France, 1623-1662) aux Beatles, (Groupe musical, Royaume-Uni, 1960-1970).
Rembrandt, (Artiste peintre, Pays-Bas, 1606-1669) à Goethe, (Écrivain, Saint-Empire, États allemands, 1749-1832). D’Hugo, (Écrivain, France, 1802-1885) à E. Presley, (Chanteur, États-Unis, 1935-1977). Du Grand Meaulnes, (Roman, France, 1913) au Diable au corps, (Roman, France, 1923). La culture juvénile est unique ! La philosophie de la jeunesse ou jeunosophie entrevoit l’essence morale intrinsèque même des juniors, leurs valeurs, idéologies et éthique.
Il s’agit de l’âge « métaphysique » type par excellence. La quête spirituelle, ontologique et axiologique de ces jeunes est une « fièvre » inextinguible d’absolu. Ils sont acteurs économiques à us consuméristes intensifs des plus particuliers notamment de récréativité. Ils sont aussi prescripteurs d’achats pour leurs aînés. Mineurs et jeunes majeurs à certains titres sont également porteurs de droit-s et de devoirs légaux juridiquement codifiés au pénal et au civil les concernant. Les juniors majeurs sont électeurs, éligibles, bénéficiaires comme tous les mineurs de politiques publiques propres. L’étude de la juvénilité est devenue thème d’enseignements et de travaux de recherche.
De publications et de théories. En fonction des courants de pensée de Hall, (Universitaire psychologue, États-Unis, 1844-1924) à Erikson, (Psychanalyste, Allemagne, États-Unis, 1902-1994). Rousseau, (Philosophe genevois, 1712-1778) à Gesell, (Psychologue, États-Unis, 1880-1961). Blos, (Psychanalyste, Allemagne, États-Unis, 1904-1997) à Coleman, (Universitaire de psychologie, Royaume-Uni, 1940-). Les jeunes sont un « fertile terreau » multithématique. Corps, santé, niveau, mode et hygiène de vie, consommations et comparatifs entre jeunesses du monde.
Famille, affectivité amicale, amoureuse, sexuelle, différenciations sociologiques entre jeunes, compétences sociales, socialisations. Relations multipolaires entre jeunes comme avec les adultes. Contestations, marginalisations sociales, juniors en difficulté, maltraités, handicapés, précaires et déviants. Personnalité psychique juvénile, relations et structures d’aide pour jeunes, école et études, métiers, emploi et place en la société. Loisirs, croyances, idéaux et adhésions, citoyenneté, religiosité et engagements, capacité juridique et responsabilité civile et pénale. Protection et libertés, droits fondamentaux du mineur comme éducation civique-690…
À tous points de vue la jeunesse est terrain de recherche scientifique d’avenir : innovant et passionnant, « polymorphe », intégratif. En l’intérêt des nations il devra prendre essor et indépendance. Acquérir toute sa « légitimité » en la nomenclature des savoirs. Depuis le dix-neuvième siècle adolescence, jeunesse étaient des plus différenciées l’une de l’autre. Les adolescents mineurs en études secondaires étaient réputés être en crise interne. Instables, inconséquents, languides et perturbateurs. Les jeunes majeurs étudiants et actifs devaient être aptes à se plier aux exigences de la vie et de la société adultes. Les juniors étaient toujours tenus à l’écart. Considérés telle classe dangereuse ou menaçante, subversive.
Ou hâves victimes de sorts contraires. Souvent en fardeau d’une société ne sachant qu’ « en faire ». Cette dernière étant avant tout faite par, avec et pour les seuls adultes. Mai-68, ère pourtant encore porteuse aura été le premier grand révélateur de la « misère juvénile ». La « rigueur réaliste » veut que l’on parle pour l’Occident actuel de jeunesse. Les treize – vingt-quatre ans, génération cohérente plus homogène que disparate. Il y a plus de vecteurs rapprochant les sujets de cette classe d’âge que de facteurs qui les séparent. Apprenons à aimer nos juniors tels qu’ils sont sans vouloir les manipuler ni les conformer à l’ego adulte ! Le jeune même mineur ne s’appartient qu’à lui-même et n’est la « propriété » de personne.
Quelles que puissent être les variables différentielles venant discriminer ces juniors entre eux. Âges, sexes, identités, personnalités, adhésions, parcours, éducations, études. Milieux socioculturels, ethniques, géographiques, économiques, ainsi qu’appétences, capacités… La « rhétorique » dépassée de P. Bourdieu, (Sociologue, France, 1930-2002), « La jeunesse n’est qu’un mot » (1978/1984) est donc inexacte ! La vraie césure est plus entre jeunes et adultes qu’entre jeunes ! La variable d’âge l’emporte sur tout autre : socioéconomique, culturelle et nationale… Inversons la « charge accusatoire ». Si c’étaient le mûrissement, l’expérience de l’adultisme qui le desservaient en ses « pseudo-certitudes toutes faites » ? !
Au contraire le regard neuf de la jeunesse qui faisait toute la valeur, scellait le bien-fondé, la pertinence de la néogénération ? Non encore empêtrée, très lourdement parasitée par les si pesantes strates successives conformistes, immobilistes, craintives de vie adulte. En réalité comme le dit si bien le sociologue français M. Fize, les « embûches » des jeunes ne sont pas tant endogènes biopsychiques et personnelles. Qu’exogènes socioéconomiques et morales. Le pire « désenchantement » n’est pas dû aux traumas psychiques individuels de l’adolescent occidental. Plutôt à la souffrance sociale collective de la jeunesse française telle génération.
Notre vieille société nationale latine lui est hostile ! Nos juniors connaissent plus de mal-être qu’ailleurs en Occident. Ce qui invariablement les amène à manifester en masse leur mal de vivre. Tous les registres de leur existence sont abîmés. Familial, scolaire, d’emploi, relationnel, culturel, récréatif, des valeurs et idéaux, juridique, politique et économique, social et sanitaire… En tous ses paramètres, tous champs l’horizon de notre jeunesse lui semble inexorablement improbable. Tant et tant qu’elle désespère fort d’elle-même, d’autrui, de la vie.
Accidents, suicides, addictions, chômages, déviances, échecs scolaires et dépressions. Troubles de santé, paupérisations, marginalisations, déclassements, asocialités… Tout cela frappe plus nos jeunes que ceux de nations homologues-691. Pourquoi ce « jeunocide » ? Une seule explication à la « jeunophobie », un abyssal défaut d’espérance morale. Ce pays, sa société n’ont de cesse de se prévaloir de 1789, la République, la démocratie, des droits de l’Homme, de la liberté, l’égalité, la fraternité. Telles autant d’incantations en « légitimité ».
Idéaux et valeurs des plus précieux, estimables et respectables toujours affirmés mais bien moins appliqués ! Notre nation est-elle si peu sûre de ses « fondamentaux » historiques, de civilisation ? Ce ne sont en réalité que « pauvres faux-semblants et vaine vacuité » ne servant qu’à toujours celer les pires turpitudes obérant le territoire, son peuple. Quand dans le même temps ils vouent leur jeunesse « aux gémonies ». Laquelle à raison « hurle » à la scélérate imposture, la tragique farce ! Ce « lugubre monde national » n’a strictement rien à proposer aux juniors, aucun réel destin commun ni insertion, nul bonheur.
Tout ce qui leur est « réservé » est petit, médiocre, dévalué telle « soue fangeuse aux pourceaux » ! Voyons aussi à quel point notre sombre système éducatif est obsolète, « en faillite et inefficace, sinistre et anti-jeune même » ! Le junior a soif de noblesse, d’acmé morale, de mystique et d’infini. L’adulte l’en prive indûment par son manque d’amour, sa propre inconduite, non-éducation, son faux exemple déchu, indigne et pernicieux, sa toxique incurie. Ne faisons pas mine en « vils tartuffes » de nous « formaliser » alors que nos cadets se réfugient tels fols desperados kamikazes en de « funestes logiques de mort ». Plutôt que de vie, navrés de nos pires « apostasies ». Sans solides bases morales point de salut !
Ces terribles vilenies morbides et macabres ont été perpétrées contre eux ! « Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville – Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur » ? (P. Verlaine, poète, 1844-1896, Il pleure dans mon cœur, poème, France, 1874)-692. La jeunesse est une « décennie magique, magnifique promesse », Te Deum éclatant. Non Requiem à la funèbre affliction de morne De Profundis. Comme tant d’adultes veulent fallacieusement le lui faire penser. Tout junior doit assouvir ses impératifs humains vitaux définis par A. Maslow, (Psychologue, États-Unis, 1908-1970), en 1943.
Il en établit cinq principaux, chacun « conditionnant » l’accès au suivant en commençant par le premier jusqu’au dernier. Ce sont les besoins physiologiques -matériels. De sécurité-sérénité. Puis d’appartenance-socialisation. D’estime-reconnaissance. D’accomplissement-dépassement de soi-693. Pour vivre, s’épanouir, apprendre, devenir adulte tout jeune se doit d’être en bonne santé psychosomatique. De bénéficier d’un niveau de vie socioéconomique minimal. Car sans survie biomatérielle « l’esprit trépasse ». Il se doit de pouvoir subsister en environnement des plus stables, familiers, rassurants, comme favorables.
Sans menace aucune contre sa sûreté physique, psychique, morale, sociale… Le junior a aussi la forte nécessité d’être intégré à divers groupes sociaux pour grandir, se réaliser au plein contact d’autrui. Famille, amis, partenaire affectif, école, condisciples, entreprise, collègues, associations, mouvements, centres de loisirs, bandes, quartier et ville… Pour être équilibré il requiert l’adhésion, l’encouragement, l’approbation, la bienveillance des autres en tout ce qu’il est, veut être, réalise. Que ce soient les adultes, parents, enseignants, responsables… Surtout ses pairs juvéniles.
Le suprême idéal transcendant que tous les humains jeunes ou non ne sont pas en mesure d’atteindre en leur vie même à son « couchant ». Il s’agit de la pleine réalisation morale, ontogénique de soi. Nous sommes en cela dans l’ordre de l’infini philosophique, spirituel, du « sacré », d’une certaine sagesse quasi supraterrestre. L’ataraxie, l’équanimité, félicité ultime, disparition de toute crainte, tout désir. Rêve d’un Au-Delà quasi extatique rare et hors de portée réelle de la plupart des mortels si emportés par leurs folles passions d’ici-bas. Lequel pour autant peut demeurer quête existentielle des plus ardentes !
Il appartient à chaque jeune de faire de son mieux pour réussir sa vie ! Nous avons vu que le sociologue français de la jeunesse O. Galland établit cinq critères objectifs d’adultisme pour les jeunes. L’achèvement de ses études. L’entrée en l’emploi. La fin de la cohabitation parentale, familiale verticale et l’installation en habitat personnel. La stabilisation affective. La fondation d’une famille propre horizontale. (O. Galland, Sociologie de la jeunesse, essai sociologique, France, 2017)-694. Auparavant ces cinq étapes se suivaient dans le temps, l’espace. Cela n’est plus le cas aujourd’hui par une ingrate conjoncture.
Pour nombre de jeunes ces initiatiques et rituelles séquences de passage adulte deviennent donc plutôt asynchrones. Avec allers-retours, arrêts, reprises… Il n’y a jamais d’adultisme sans un minimum de vraie formation qualifiante utile et « exploitable ». De responsabilités professionnelles pour être indépendant, s’assumer, réaliser sa mission humaine pour soi, la collectivité. La fin du « lien privilégié » avec parents, fratrie, une résidence « à soi ». La capacité à aimer et être aimé de façon exclusive, constante, oblative et jamais captative. Le don partagé fait vivre l’humanité.
L’aptitude à donner à son tour la vie, élever des enfants, transmettre à sa descendance en bon parent nourricier jamais, toxique. Malgré la meilleure volonté des jeunes ce schéma parfait est mis à mal par la démonétisation des diplômes, le chômage, la crise du logement et économique. La trop grande cherté de la vie, l’incertitude amoureuse entre les sexes, les séparations des couples, les risques à créer, entretenir une famille… La nouvelle génération le sait et en pâtit fort. Quoi qu’il en soit la finalité légitime et naturelle de tout jeune « qui se respecte » est l’épanouissement ou eudémonisme, non le « malheur-entropie »-695. L’humain normal n’est pas masochiste, cherche plutôt le plaisir, fuit la douleur.
La plupart des auteurs s’accordent sur certains renforcements. La souveraineté, le civisme, la civilité sociale et un solide système de valeurs ou la distanciation d’avec ses semblables juniors. Une identité personnelle aboutie, une acceptation de soi, son corps, sa psyché et de bonnes relations à autrui, de l’autonomie. Une maîtrise de son destin, son environnement, impartir un sens à sa vie, se développer en tout, pour tout. Savoir relativiser, fixer sa vocation existentielle, avoir une utilité sociale. À ce prix exigeant tout jeune peut affirmer en conscience que la vie, sa vie « vaut la peine d’être vécue » ! En tant que junior lors de sa jeunesse puis comme adulte tout le restant de son séjour terrestre quel qu’il puisse être en ses demi-teintes-696 !
Le moral, l’état d’esprit des jeunes français fluctuent au gré des conjonctures, sondages d’opinion. Entre l’éternelle insouciance juvénile de « tous les possibles » et une certaine désespérance lucide. Quant aux misères du temps et de la condition malaisée de junior en notre pays. Il en va de même dans les autres États occidentaux avec des nuances illustrant les difficultés accrues des jeunes de France à s’épanouir, se faire entendre. La réflexion morale sur l’ « âme juvénile » reste trop empirique et demande à être étendue. Le sens « métaphysique » de l’état de jeune au passé, présent, futur, également en une sorte de prospective philosophique de cet âge de vie gagnerait à être éclairé. Comment la jeunesse peut-elle être considérée en regard des autres temps existentiels du sien et à l’étranger ? Comme une « chance », une « malédiction » ? Les deux ? Ni l’une ni l’autre ? Autre chose ?
Historiquement l’adolescence ne naît véritablement qu’à l’époque contemporaine dans les sociétés occidentales. Au moment où elle devient quasi universelle. Par la prolongation alors généralisée des temps de formation. Le report dans le temps de l’insertion sociale et adulte. L’émergence d’une véritable culture jeunes. Le principe historique évoque l’adolescence en tant que phase de marginalisation, d’assujettissement. Ce processus est issu d’un système socioéconomique qui repose sur le profit, la puissance de minorités favorisées, l’adultisme tutélaire tout puissant.
Le principe biosanitaire explique aussi l’adolescence en tant que stade naturel, universel du développement humain. Elle repose sur une occurrence physiologique accomplie, la puberté. Celle-ci marque donc le passage de l’enfance à l’adolescence par un ensemble de modifications anatomiques s’accompagnant de mutations psychiques. Qui font du sujet un être alors apte à procréer. L’adolescence est de type psychologique du fait que l’individu, par remaniements successifs, s’y construit une personnalité si particulière au sujet psychique, à la génération. Nous avons déjà évoqué cette richesse juvénile pluriconstitutive.
L’adolescent est un être socioéconomique qui s’inscrit en une société donnée avec son vécu propre, s’y façonne par divers « vecteurs » matériels et de socialisation. L’adolescence est un fait ethno-anthropologique, culturel car elle n’existe pas en sociétés dites primitives ni en pays en développement. Sauf pour quelques minorités très privilégiées. Les individus y passent sans transition de l’enfance au monde adulte avec une mise au travail précoce, une intégration rapide à l’adultisme. Comme entité humaine si unique comparable à aucune autre l’adolescence s’inscrit en une « irréductibilité morale ».
Qui implique une conscience générationnelle éducative, intellectuelle, mentale, spirituelle, philosophique, éthique, de valeurs, une récréativité. L’adolescent est également concerné par le droit et la loi qui lui confèrent le statut de mineur puis des attributs de jeune majeur. Par opposition aux majeurs le mineur est « le sujet qui n’a pas atteint l’âge légal de la majorité » fixé à dix-huit ans en France-697. En 1974 au lieu de vingt-et-un suite à l’engagement « programmatique » du futur président V. Giscard d’Estaing.(1926-2020, mandat présidentiel, France, 1974-1981).
Les juniors français disent avoir beaucoup d’amis à 96 pour cent. Ils estiment pouvoir facilement parler avec leurs parents à 79 pour cent. Ils se sentent bien à l’école à 78 pour cent. Ils sont le plus souvent satisfaits de ce qui leur arrive à 71 pour cent. Ils se perçoivent souvent sous pression à 42 pour cent. Ils sont souvent mal dans leur peau à 18 pour cent. Ils ont des difficultés à aller vers les autres à 17 pour cent. (Pfizer, France, 2008)-698.
75 pour cent des jeunes interrogés croient être socialement favorisés. Ce qui compte le plus à leurs yeux et constitue également des problèmes potentiels très redoutés pour l’avenir : la famille à 90 pour cent. Les amis à 78 pour cent. L’amour à 57 pour cent. La santé à 38 pour cent. Les résultats scolaires à 37 pour cent. La musique à 20 pour cent. Le sport à 20 pour cent. L’argent à 20 pour cent. Les loisirs à 18 pour cent. La vie à l’école à 11 pour cent. La religion à 9 pour cent. 92 pour cent sont convaincus que l’éducation inculquée par leurs parents constitue la clé tout essentielle de leur réussite. 77 pour cent concernant leurs enseignements scolaires. 86 pour cent affirment que la morale c’est important. 64 pour cent se disent confiants pour leur propre avenir personnel. 95 pour cent pensent à leur vie future.
90 pour cent s’assignent personnellement des objectifs pour leur avenir. 81 pour cent parlent avec leurs amis de leurs projets du futur. 74 pour cent évoquent avec leurs parents leurs projets d’avenir. 72 pour cent planifient des projets futurs. 55 pour cent expriment leurs projets d’avenir dans le cadre scolaire. Les problèmes les plus redoutés pour le futur sont la santé, la maladie à 79 pour cent. Les problèmes familiaux à 58 pour cent. Financiers à 57 pour cent. Sentimentaux à 37 pour cent. Scolaires à 29 pour cent. Addictifs à 20 pour cent. Psychologiques à 17 pour cent. 64 pour cent se disent « confiants » face à leur avenir. 20 pour cent face à l’évolution du monde, 14 pour cent face à l’évolution même de leur société. Encourageantes « sagesses » ! (Pfizer, France, 2006)-699.
« Sur la plage abandonnée […] [On] déplore la perte de l’été Qui depuis s’en est allé, On a rangé les vacances. […]. Et c’est triste quand on pense à la saison Du soleil et des chansons. […]. Le mistral va s’habituer À courir sans les voiliers. […]. Le train m’emmènera vers l’automne Retrouver la ville sous la pluie, Mon chagrin ne sera pour personne, Je le garderai comme un ami. […] ».
(Paroles de La Madrague, œuvre musicale vocale interprétée par B. Bardot, actrice, chanteuse contemporaine, France, 1963). Tout comme l’été la jeunesse est fort courte et éphémère. Or, à l’inverse de ce dernier elle est unique en une vie d’homme, ne revient jamais. Que les juniors sachent l’ennoblir pour éviter d’éternels cuisants regrets !
Le Dernier Empereur, The Last Emperor (1987) est un magistral film de cinéma historique italo-britannique de B. Bertolucci, (Italie, 1941-2018)-700. Il retrace la vie du dernier souverain chinois Pu Yi (1906-1967). L’ultime monarque de la dynastie Qing (1644-1912) naît en 1906 et monte sur le trône enfant en 1908, la régence étant alors assurée par son père. Il abdique en 1912 à la proclamation de la République de Chine (1912-1949). Ayant conservé ses titres et privilèges royaux en ses palais il doit quitter la Cité Interdite, résidence impériale de Pékin (1420-1912) en 1924. Il est le terminal représentant suprême d’une dynastie quadrimillénaire. Le film est particulièrement intéressant pour ce qui est de la conception que se fait de son adolescence et de ses responsabilités quasi adultes un jeune. Placé en des circonstances exceptionnelles et un « destin hors norme » dépassant le sujet concerné lui-même.
Le film dépeint très bien, mêlant fictions et vérités historiques, la volonté de pleine maîtrise de son destin de Pu Yi adolescent décuplée par son statut comme les événements. Ainsi sa rage d’apprendre notamment l’anglais, de « s’ouvrir » à d’autres cultures sous la direction d’un précepteur occidental écossais, Sir R. Johnston, (Royaume-Uni, 1874-1938). Pu Yi décide même de s’adjoindre un prénom dynastique britannique, Henry, de couper sa natte, geste hautement symbolique.
S’habiller à l’occidentale, d’utiliser une bicyclette, des lunettes de vue, essaie de sortir en vain de sa résidence surveillée. Il prend en main la gestion matérielle de sa Maison, réprime des abus, chasse les eunuques, provoque certains dignitaires de la Cour. Allant jusqu’à obliger l’un d’eux à boire de l’encre pour « démontrer » qu’il reste malgré la fin de l’Empire le maître… En vérité, un jeune d’exception, à part, du fait de son statut hors norme. Or, se comportant comme bien des adolescents « ordinaires » de son âge. À part entière-701 !
Le Nom de la rose (1980) est un célèbre roman philosophique de l’écrivain italien U. Eco (1932-2016)-702. Le remarquable film thriller médiéval franco-italo-ouest-allemand éponyme et subséquent (1986) est du réalisateur français J.-J. Annaud (1943-)-703. Tout l’intérêt de l’œuvre littéraire comme de la fiction cinématographique afférente est de mêler intrigue et réflexion morale, intellectuelle. Y apparaît un jeune personnage nullement dénué d’intérêt, Adso, le narrateur. En 1327 en une abbaye bénédictine italienne du Nord plusieurs moines sont assassinés. L’enquête est menée par un Franciscain G. de Baskerville aidé par son novice bénédictin A. de Melk. Tout pénétré qu’il puisse être des devoirs de sa charge et son état religieux Adso n’en demeure pas moins un tout jeune homme.
Fort habité des préoccupations de sa génération y compris les plus « temporelles » ! Ainsi malgré sa vocation conventuelle il n’en succombe pas moins dans le film aux charmes d’une jeune fille de son âge. Fort « troublé » il interroge son maître à mots couverts sur l’ambivalence métaphysique terrestre de l’amour spirituel désintéressé. Surtout de l’appétence amoureuse. Le jeune Adso semble plus en proie à ses « émois adolescents » que préoccupé par les faits tragiques qui secouent alors fort le monastère et l’enquête criminelle en cours. La dialectique-controverse doctrinale menée par les légats pontificaux au sujet du nécessaire dénuement de l’Église. De la légitimité de son « opulence » à l’image ou non de l’exemplarité du Christ, (Messie du christianisme, Moyen-Orient, Ier s.) lors de son parcours humain.
Le questionnement philosophique suscité par ces deux jeunes personnages préadultes, l’un réel Pu Yi, l’autre fictionnel Adso est simple. Un adolescent placé en des occurrences et fonctions très inhabituelles pour son âge d’un type plus adulte que juvénile devient-il en cela d’office un adulte de fait ? Sa condition intrinsèque de jeune l’emporte-t-elle malgré tout sur des devoirs bien extrinsèques de maturité plus ou moins choisis comme acceptés ou imposés ? Les jeunes sont capables de gravité, maturité, sens du devoir, du sacrifice et des responsabilités. Aussi élevés et si lourds soient-ils.
Ils n’en demeurent pas moins pour autant des juniors. Avec tout ce que cela implique de « légèreté néogénérationnelle ». Pu Yi a l’ambition farouche, déterminée de gouverner son pays comme souverain. En dépit et du fait même des aléas politiques incertains contraires de sa nation, dynastie, son temps. Tout en s’intéressant aux folles passions plus prosaïques de son âge. A. de Melk succombe certes aux sirènes féminines les plus charnelles. Il n’en seconde pas moins judicieusement, consciencieusement son maître en sa tâche d’enquête. Avec efficacité, intelligence, succès.
Il poursuit de façon accomplie son noviciat, deviendra religieux régulier comme son mentor. Qu’est-ce donc fondamentalement que l’adolescence des treize – dix-huit ans, la jeunesse des dix-neuf – vingt-quatre ? C’est-à-dire la « juvénilité » des treize – vingt-quatre ans ? Il s’agit d’un état transitoire or, à part entière de l’existence humaine entre l’enfance fort dépendante et le plein adultisme libre. Les critères de début et de fin de la jeunesse sont biologiques, psychiques, cognitifs, émotionnels, comportementaux, juridiques, sociaux, moraux, culturels, historiques… L’adolescence des treize – dix-huit ans commence avec les débuts de la puberté. Les premiers raisonnements abstraits.
Une nouvelle affirmation de son intimité, ses décisions, préférences, la préservation de secrets. La possibilité de rester seul-e à la maison quelques heures sans que les parents ne soient coupables de négligences, délaissement ou d’abandon. Une coopération plus autonome et responsable aux tâches de la communauté, l’élaboration d’un tissu social propre hors de la famille. L’adolescence finit par l’aptitude à procréer. Le développement de la pensée formelle selon Piaget. (Psychologue, Suisse, 1896-1980). La conscience, l’acceptation, l’affirmation de soi comme entité souveraine, de son identité, ses options propres. Délicat compromis, équilibre.
L’atteinte de la majorité civile, civique. L’aptitude au contrôle de soi avec les attributs de la puissance individuelle, la maturité, l’autonomie, la responsabilité envers soi et autrui. La jeunesse des dix-neuf – vingt-quatre ans débute avec l’aisance d’une anatomie pleinement adulte à la croissance achevée. Le perfectionnement accru de la pensée formelle telle que donc définie par Piaget. Le fait de commencer à bien et mieux s’imposer en société. Une pleine capacité juridique en tous domaines dès l’âge de ses dix-huit ans. Vingt-quatre pour être éligible au mandat sénatorial en France. Une meilleure intégration aboutie dans la société notamment par l’accès aux études supérieures, à l’emploi. La jeunesse au sens étroit du terme est celle des quinze – vingt-quatre ans selon la définition des Nations Unies, de l’Union Européenne.
Elle s’achève par l’âge où certains commencent déjà à procréer. C’est-à-dire mettre en application effective toute leur faculté biologique procréatrice. Une bonne maîtrise achevée du jugement moral conventionnel selon Kohlberg, (Psychologue, États-Unis, 1927-1987)-704, au stade 4, la loi, l’ordre social. Pour une part des jeunes un début d’aptitude au jugement postconventionnel. Une fierté de ce que l’on est sans se préoccuper davantage de l’image de soi projetée et de l’opinion d’autrui sur soi. Plus de droits politiques notamment par la possibilité de devenir électeur et éligible à tout mandat citoyen électif public. La réussite de l’insertion sociale, la stabilisation adulte en matière professionnelle, de logement, affective-705.
L’impératrice Eugénie – de Montijo – (1826-1920), épouse de l’empereur Napoléon III (1808-1873) est la dernière souveraine de France et des Français (1853-1870). En 1870, après la défaite de Sedan, la disparition de l’Empire (1852-1870) elle s’adresse au roi de Prusse, futur empereur allemand Guillaume Ier (1797-1888). Pour le dissuader d’annexer l’Alsace-Moselle. Ce dernier refuse, arguant du fait que cette prise territoriale n’a pas été dictée par la volonté prussienne d’agrandir son propre territoire. Par des espaces qui seraient plus considérés tels germaniques que français.
Or, d’établir une « zone tampon » militarisée et purement défensive contre la France. Après le Premier Conflit mondial (1914-1918), fin 1918, les Alliés, États-Unis en tête, considèrent derechef l’Alsace-Moselle comme seule contrée allemande. Non a priori et de façon inconditionnelle restituable à la France. L’ex-impératrice révèle alors l’existence de la missive du vieux monarque prussien antérieure d’un demi-siècle. Elle la communique au chef du gouvernement français au pouvoir G. Clemenceau (1841-1929).
Cette lettre atteste donc bel et bien que les territoires annexés l’étaient pour des raisons purement militaires. Non d’appartenance nationale à l’Allemagne. Cela conduit lors du traité de Versailles en 1919 à ce que la province perdue en 1871 revienne de droit à la France. Extraordinaire rapprochement cinquante ans après la fin de l’Empire français (1852-1870) et l’instauration de la Troisième République (1870-1940).
Que cet échange intervenu alors entre notre dernière souveraine française catholique et l’un des plus grands chefs républicains de gouvernement et de guerre antimonarchiste et incroyant ! Quel formidable « retournement » pour Eugénie dont la défaite militaire du régime impérial avait tant provoqué en 1870 une perte territoriale française ! Elle qui à l’époque régente encore au pouvoir sera bien plus tard en partie à l’origine de la restitution à la France de ce même territoire en l’an 1919. En une sorte de spectaculaire et symbolique « geste réparateur et consolatoire » !
L’éclatante victoire de 1918 sur l’Allemagne étant quelque peu une revanche française sur la cinglante défaite de 1870-706. Que retenir de cette formidable leçon d’Histoire aujourd’hui encore si peu connue des Français ? Tant étrangère en apparence à notre propos sur les jeunes. Que nous devons toujours enseigner à notre jeunesse trop souvent si prompte à se décourager qu’absolument rien sur Terre n’est jamais irrémédiable. Inexorable, inéluctable ni définitif. Que le temps qui passe, l’opiniâtreté des hommes peuvent changer toutes donnes du tout au tout. « Faire merveille et accomplir des miracles » !
Rien ou presque n’est alors irréversible sinon la mort. Hormis notamment celle de Lazare si l’on en croit les Écritures. Eugénie pouvait-elle concevoir en 1870 qu’une province de son pays perdue par la défaite des armées de son époux Napoléon III (1808-1873) serait recouvrée un demi siècle plus tard en 1919 ? En partie grâce à son intervention d’ex-souveraine d’une époque pourtant déjà si lointaine, révolue ? Certainement pas. Apprenons à nos jeunes à toujours s’acharner en persévérance, ténacité, effort, espérance ! En tout et pour tout les effets comme bénéfices obtenus n’en seront que plus fructueux, inespérés, prometteurs. Le meilleur et non le pire !
Autre « leçon » du même ordre illustrant les extraordinaires fluctuations de l’Histoire et la vie humaine. À l’été 1855 la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901) souhaite se recueillir devant la dépouille mortelle de l’ex-ennemi terrible de son pays. L’Empereur des Français Napoléon Ier (1769-1821) aux Invalides. Lors de sa « visite officielle » à Paris à l’occasion de l’Exposition universelle. Elle demande même à son fils le prince de Galles futur roi Édouard VII, (Royaume-Uni, 1841-1910) alors tout jeune adolescent de s’agenouiller.
S’incliner devant celui que la souveraine qualifie même de « Grand Napoléon »-707. Afin de s’épanouir en sagesse, plénitude la jeunesse requiert désespérément quatre métavaleurs fondamentales. L’Amour, la Vérité, la Paix et la Justice. Elle ne peut grandir en une société « pervertie » qui ne lui assène que la haine ou l’indifférence, le mensonge ou la demi-réalité, le tourment ou la vindicte, l’injustice ou le déni. Les jeunes ne peuvent s’élever en pleins idéal, noblesse d’âme que s’ils sont reconnus en acceptation, authenticité, équité.
« Si le grain ne meurt il reste seul mais s’il meurt il porte beaucoup de fruit ».
(Jean, apôtre, Ier s., Nouveau Testament biblique, Évangile, XII-24, Moyen-Orient, Ier s.).
– Vous, Junior « Prétendant / Demandeur » –
Face à Vos Vie, Âge, Existence
Vous, jeune de notre pays, êtes partagé entre l’enthousiasme, l’insouciance, l’espérance propres à votre génération, celle de tous les possibles. Un désillusionnement profond dû à la prise de conscience des nouveaux obstacles accrus qui s’imposent à vous. Par rapport aux jeunes générations précédentes et comparativement à vos homologues occidentaux plus favorisés. Cela est démontré par les études comparatives avec d’autres sociétés similaires. Votre continuum juvénile humain, spatial, temporel et comportemental : de sujets, d’espace, d’époque, d’action est capital.
Pour mieux pénétrer les arcanes intimes de cette génération. Les juniors ont à relever un triple défi pour s’accomplir, aguerrir leur force mentale. Exister pour soi et autrui, grandir en sagesse, s’intégrer socialement. En les décennies qui suivent le Second Conflit mondial (1939-1945) grandir signifie s’accomplir. Avec les années 1980 cela implique avant tout « souffrir ». Le dur contexte socioéconomique, moral actuel n’est plus à la promotion de la juvénilité. Or, à la validation des acquis de ses aînés à ses dépens.
Les jeunes sont maintenus à l’écart du glacis surprivilégié des adultes. Ils sont les grands perdants avant la trentaine d’une véritable et féroce « guerre intergénérationnelle larvée ». De porteuse d’allégresse et de renouveau la jeunesse est devenue importune, « maudite ». Les juniors se sentent déchirés entre leur envie de « fuir au plus vite » un temps de vie si sinistré, infortuné et un désir de le prolonger. Tant il offre paradoxalement aussi quelques menus avantages compensatoires, protecteurs. Par rapport à un « adultisme hostile » qui les malmène, ne veut pas d’eux.
La jeunesse est tout à la fois « refuge » rassurant et « enfer » inhospitalier. L’un des meilleurs exemples de démocratie directe participative juvénile sont les forums Internet réservés aux juniors qu’ils prisent fort. Ces espaces privilégiés permettent aux adolescents des échanges en ligne libres, ouverts, sans tabous entre jeunes sur tous les sujets qui les intéressent. À distance, sous couvert d’anonymat. Ils doivent maintenir ce qu’ils sont envers et contre tout puis se forger une personnalité aiguisée à force de coups, s’imposer « à la force du poignet ». Les jeunes ont massivement investi l’Internet mondial.
Il s’agit pour eux d’un moyen de communication, d’information, de détente, loisir socioculturel phare sans précédent, équivalent. Il correspond à leurs attentes adolescentes d’universalité, de liberté totale, d’instantanéité, anonymat, accès à la demande comme support multimédia intégral. Communauté juvénile par excellence, modernité, vitesse, hédonisme des sens et communications tous azimuts. Enrichissements culturels, rencontres ainsi que possibilités infinies d’expression personnelle, de mise en scène de soi-même… Le Web mondial permet à tous les jeunes d’assouvir toutes leurs fantasmagories de juniors.
Cela explique la véritable frénésie « webomaniaque » qui s’est emparée de toute la jeunesse mondiale avec le vingt-et-unième siècle commençant. Les jeunes adulent les échanges en ligne car ils aiment tant l’infini, non les limites. Seule la Toile mondiale le leur permet. En particulier nous avons vu à quel point les libres forums d’expressions juvéniles en ligne avaient les faveurs des juniors. Pour la première fois en l’histoire de notre jeunesse celle-ci se voit pleinement réserver des espaces de parole. Qui lui sont propres de façon libre quasi illimitée. En dehors du contrôle des adultes, dans les seules limites du respect de la loi, de soi et des autres.
C’est pour elle une formidable révolution qui lui permet de faire l’apprentissage de sa libre expression. Ce qui consolide ses personnalité, affirmation d’elle-même, maturité, aptitude à argumenter, proposer, construire, adhérer, s’enthousiasmer, s’entraider. Non plus seulement détruire, s’opposer, critiquer, bouder, s’assombrir, nuire aux autres. Les forums en ligne pour juniors sont pour eux-mêmes une véritable soupape de « respiration psychique » salutaire. En un monde réel où l’expression adulte hégémonique a encore seule « droit de cité ».
Les critères juvéniles différentiels quant au rapport philosophique à la vie concernent les sexes, âges, milieux socioéconomiques, parcours, personnalités, éducations et habitats des juniors. L’influence de ces critères sur la conception morale adolescente de l’existence, l’univers est grande. Quel regard les jeunes portent-ils sur eux-mêmes, leur âge, celui de leurs pairs, l’idée même de jeunesse ? Cette vision nous est fort utile pour mieux les aider à se réaliser. La psychologie humaniste a défini six fondamentaux propres à maximiser le développement personnel humain. En particulier pour le junior sur le chemin de l’adultisme. Nous l’avons vu.
Les inclinations, indifférences, aversions du jeune sont-elles spécifiques, intangibles ? Il y a des appétences, goûts, attirances. Détachements, désintérêts, insensibilités. Inappétences, dégoûts, répulsions. Qui sont forts, modérés ou faibles. Chez une jeunesse « telle qu’en elle-même ». Ce sont les fantastiques révélateurs de ce que sont réellement les juniors, ce qu’ils attendent de leur vie. L’influence des « marqueurs sociaux » sur la conception morale adolescente de l’existence et l’univers est immense. De fait, l’acculturation qui imprègne le jeune en son environnement d’origine, de vie nourrit directement la vision juvénile de la condition humaine. Ainsi un junior de classe sociale supérieure pourra-t-il se considérer en « conquérant ». Il verra donc le monde comme un « terreau » susceptible de lui offrir toutes les « occasions » qu’il en attend.
À l’opposé, un jeune de milieu modeste aura tendance à être bien moins ambitieux, exigeant. Ayant conscience que ses prétentions seront à la mesure des possibilités de réalisation plus limitées qui sont les siennes. Entre les deux positions un adolescent, jeune des classes moyennes cherchera à concilier au mieux les vrais ressorts et possibilités réelles mais raisonnables à sa portée. En ambitions tempérées de réalisme. Il a été constaté par tous les chercheurs en sciences sociales que les souhaits d’orientation scolaire des élèves sont d’autant mieux pris en compte qu’ils émanent de familles favorisées. Que les milieux modestes sont moins exigeants et ambitieux. Même en cas de bon niveau d’études les classes plus déshéritées renoncent. Les classes favorisées restent bien plus audacieuses même quand les résultats du jeune sont limités…
La jeunesse est le temps de la « métaphysique ». Elle connaît une grande mutation du lien à soi. Le junior est désormais le créateur, acteur de son existence, tout son parcours, projet de vie. Il bouleverse sa « relation à l’univers ». En se dissociant de la Règle il devient lucide quant aux aléas du monde, s’approprie ce dernier. Le truchement de l’aréopage des pairs va permettre à la juvénilité de s’affranchir de certains codes sociaux, d’en adopter d’autres. Pour passer de l’enfance à l’adultisme. L’adolescent modifie son rapport aux autres. La maturité naissante lui permet l’instauration de confrontations bien plus abouties, paritaires, distanciées avec ses semblables et les adultes. Il existe libre en la limite d’autrui.
Affectivité, intimité, sociabilité « légaliste » et morale juvéniles en forment les corollaires. La jeunesse occidentale contemporaine se prolonge en moyenne jusqu’à l’âge de vingt-cinq voire trente ans pour certains. Cela aboutit à une jeunesse qui serait quasi « exclue » car « mise à l’écart » par la construction sociale adulte. Également à une nouvelle génération « prolongée » que l’accès à l’adultisme rebuterait. Qui entendrait bénéficier au maximum de tous avantages de l’irresponsabilité et de la vie récréative « adulescentes ». Puis à une jeunesse postadolescente de « préparation » à l’entrée en adultisme.
Par expérimentations actives et non plus identifications plus ou moins subies comme par le passé. (Galland, 2017). La juvénilité est un temps de maturations et d’autonomie par l’acquisition progressive de l’expérience, la responsabilité, l’authenticité. Cela à partir de la réflexion, l’expérimentation, l’égocentrisme, le conformisme juvéniles. L’inexpérience réelle ou supposée du jeune est illusion, indétermination, dispersion. Elle deviendra expérience par les progrès du réalisme, du pragmatisme, de la relativisation-distanciation. Sous l’égide puissante de la pratique et de l’entraînement libertés et réflexions vont du statut de concepts à ceux de réalités vécues.
Devenir adulte signifie aussi pour le jeune de passer d’une certaine limitation d’esprit à une hauteur de vue universelle. Par capacité élargie de pensée propre originale. Pour vaincre la tentation « égotiste » l’altruisme est la seule voie prometteuse or, si exigeante, hors de la portée même de bien des adultes. L’universalisme moral ou l’universalité éthique sont donc en vérité très peu compris comme pratiqués avant les vingt-cinq ans. Car ils requièrent un dépassement de soi, une ascèse, de la maturité adulte accomplie.
Le temps de la jeunesse est encore celui du relativisme, de l’indifférentisme, de l’attachement d’objet concret. De fait à l’image de sa société le jeune est conformiste car il se veut certes la seule mesure de lui-même, de l’univers. Or, il se contente de suivre la « pensée collective prédéfinie », surtout celle de ses congénères, ce qui le rassure par facilité. Le dispense de raisonner de façon aboutie, mûrie, personnelle et sensée. L’adulte en sa fréquente impéritie éducative est bien incapable d’élever la jeunesse à l’accomplissement moral qui devrait pourtant lui revenir-708 !
En son édition datée du 23 novembre 2011 le journal français Le Monde publie une enquête des plus révélatrices. Quant à la façon dont les adultes évaluent les jeunes et dont ces derniers se jaugent eux-mêmes-709. Les aînés comprennent, reconnaissent les difficultés de la jeunesse de France mais jugent cette dernière très négativement. 81 pour cent des sondés pensent qu’il est « difficile d’être un jeune aujourd’hui en France ». 71 pour cent estiment que la réalité juvénile vécue s’est dégradée comparativement à celle des générations antérieures. 92 pour cent pensent que cela est avéré pour l’emploi. 89 pour cent pour le logement.
84 pour cent quant au pouvoir d’achat. Seuls les loisirs ou les liens sentimentaux notamment sont perçus comme bien plus aisés que par le passé. 83 pour cent des sondés estiment les jeunes actuels différents ou très différents de ce qu’ils étaient eux-mêmes en leur propre jeunesse. Les juniors actuels sont considérés tels égoïstes à 63 pour cent. Paresseux à 53 pour cent. Intolérants à 53 pour cent. Sombre constat pour une réalité non moins funeste. Les moins de trente ans se jugent eux-mêmes tels égoïstes à 70 pour cent. Paresseux à 65 pour cent. Intolérants à 51 pour cent. Les adultes ne comprennent pas leur nouvelle génération. La craignent et la perçoivent comme révoltée à 70 pour cent. (Ipsos, France, 2011).
Un cinquième des mineurs selon l’Insee est en pauvreté financière contre un dixième de retraités ! La majorité des pauvres se retrouve chez les moins de trente ans. La priorité va toujours aux aînés notamment « mûrs ». « Monopolisant » l’essentiel des protections et des avantages socioprofessionnels, matériels, financiers. Au détriment des cadets. Les Français n’estiment pas assez leur jeunesse, ne la reconnaissent pas, la « nient » parfois. Le plus grave est que les jeunes eux-mêmes ont « assimilé » ce rejet massif de leur propre société. Intoxiqués, manipulés par ce syndrome jeunophobe ils se jugent encore plus durement.
Comme s’ils avaient intégré, entériné le verdict hostile et contraire qui les condamne sans appel. Comme s’ils étaient par avance des plus résignés à leur triste sort. Comme si leur relégation sociétale illégitime les convainquaient de leur déchéance, indignité supposées ! En véritable escroquerie morale inique et déshonnête à leur encontre. La juvénilité reflète parfaitement la réalité et la pensée de sa société aînée en sa « déroute ». Ainsi une génération nouvelle déjà « moralement cachectique » s’accable encore plus du dur désaveu de ses aînés à son égard. Pourtant responsables ès qualité de son marasme !
Une passionnante enquête auprès de collégiens, lycéens nous éclaire sur la vision de la vie des juniors. Comme personnalité-s à ressusciter pour l’interroger les filles choisiraient Cléopâtre, (Souveraine régnante, Égypte, v. 69-30 av. J.-C.) à 57 pour cent. Les garçons, Einstein, (Physicien, Allemagne, États-Unis, 1879-1955) à 35 pour cent contre 18 pour cent pour les filles, 27 pour cent pour les deux sexes. Cléopâtre l’emporte donc pour les deux sexes à 42 pour cent et à 27 pour cent chez les garçons. À l’adolescence les filles choisissent donc plutôt des modèles féminins, les garçons des idoles masculines. Cléopâtre est l’archétype de la réussite féminine au pouvoir, Einstein, de l’aura intellectuelle et scientifique.
Napoléon Ier, (Souverain régnant, France, 1769-1821) et Mozart, (Compositeur, Saint-Empire, 1756-1791) ont moins de succès. L’idéal militaire et la musique classique font peu recette chez les jeunes. Surtout Napoléon chez les filles, Mozart pour les garçons. S’ils pouvaient voyager dans le temps les garçons choisiraient leur époque à 50 pour cent. 42 pour cent des filles. Soit 46 pour cent pour les deux sexes. Les garçons choisissent l’an 2300 à 26 pour cent, les filles l’ère pharaonique à 19 pour cent. Le temps des Pharaons, (Souverains régnants, Égypte, 3150-30 av. J.-C.), du Moyen Âge (476-1492), de Louis XIV, (Souverain régnant, France, 1638-1661-1715) ou l’an 2300 plaisent moins.
Passé et futur les attirent donc bien moins que leur propre temps, celui des débuts du vingt-et-unième siècle. De façon réaliste et pragmatique, ce qui n’interdit nullement le rêve, pas davantage que la nostalgie ou l’utopie. S’ils ou elles possédaient un territoire de dix mille kilomètres carrés à réserver à un usage en priorité, que feraient les jeunes ? Les filles plébiscitent à 49 pour cent la réserve naturelle pour les espèces en voie de disparition. Les garçons à 47 pour cent. L’ensemble des jeunes à 48 pour cent.
Les garçons opteraient pour le parc de loisirs à 22 pour cent, les filles pour l’asile de réfugiés à 24 pour cent. Parc d’attraction, terre d’accueil pour réfugiés, territoire réservé aux amis, amis d’amis conviennent moins. L’écologie, l’environnement, la cause animale préoccupent les jeunes en priorité. Les juniors donnent leur préférence aux animaux plutôt qu’aux humains notamment réfugiés. Non par pur égoïsme et indifférence à leurs semblables Terriens. Peut-être par réalisme et déception quant aux travers « humains » des humains. Les animaux étant alors crédités de bien plus de mérite, plus d’ « humanité ».
Concernant les supports de communication les garçons préfèrent toujours le film de cinéma. À 44 pour cent. Les filles à 42 pour cent. Les garçons choisissent Internet à 33 pour cent, les filles à 26 pour cent. Internet, livres, bande dessinée viennent après. Aujourd’hui quinze ans après, Internet avec ses infinies possibilités vidéo est en tête chez les juniors. Les livres et l’écrit sont dépréciés notamment chez les garçons au plein profit de l’image comme du son. Imaginant « le monde dans cent ans », le scénario le plus probable pour les jeunes est le clonage humain. Certainement à 41 pour cent, probablement à 40 pour cent.
La plupart des travaux pénibles seront exécutés par des robots : probablement à 41 pour cent, c’est le plus séduisant à 37 pour cent. L’on passerait bien plus de temps dans les mondes virtuels que dans la réalité : probablement à 35 pour cent, certainement à 30 pour cent. L’on pourrait se téléporter instantanément de France en Australie est décrété comme le plus séduisant à 47 pour cent, certainement pas à 38 pour cent. L’on pourra même changer de sexe à volonté, être alternativement autant homme qu’également femme : non certainement pas à 54 pour cent, probablement pas à 27 pour cent-710.
L’on pourra aussi vendre ou acheter un être humain complet ou en pièces détachées : non certainement pas à 63 pour cent. C’est le plus inquiétant à 46 pour cent. La « téléportation » est plébiscitée par les jeunes car ils détestent attendre et sont les adeptes forcenés du « tout, tout de suite » ! La « marchandisation » du corps humain est rejetée comme inquiétante. De même que le « clonage humain » jugé comme le plus inquiétant à 30 pour cent. En cas de disparition, les inventions qui manqueraient le plus sont la voiture à 34 pour cent pour les garçons, 31 pour cent pour les filles.
L’ordinateur pour 29 pour cent des garçons. Le téléphone mobile pour 29 pour cent des filles. La télévision est appréciée pour 27 pour cent des filles, 24 pour cent des garçons. La voiture est adulée car le permis de conduire signifie autonomie, libres sorties entre pairs hors giron parental. Les filles apprécient la libre parole sur mobile. Les garçons le jeu vidéo sur ordinateur. Quinze ans après cette étude le mobile vient toujours en tête car smartphones, iphones, tablettes groupent tout. Télévision, Internet, jeux vidéo, téléphonie, messages écrits, audio, vidéo, multimédia.
Le plus beau rêve pour l’humanité est de supprimer les guerres pour 68 pour cent des filles et 60 pour cent des garçons. Soit 64 pour cent des deux sexes. Vaincre la faim dans le monde à 23 pour cent des juniors interrogés. Habiter des planètes fort lointaines, dévoiler les mystères du cerveau recueillent nettement moins de suffrages. Les jeunes s’attachent donc prioritairement de façon pragmatique à l’éradication de tous fléaux mondiaux actuels : conflits armés et malnutrition. Plutôt qu’à des idéaux « passionnants » mais secondaires.
La priorité pour réussir sa vie professionnelle est de travailler dur à 46 pour cent. D’être honnête à 23 pour cent. Les juniors enseigneront en priorité à leurs enfants à être honnête à 59 pour cent, à travailler dur à 32 pour cent. Avoir des relations et connaître des gens, savoir ruser, manipuler ou savoir se vendre séduisent bien moins les jeunes. La raison et le respect de valeurs saines, intangibles, la morale l’emportent donc fort chez les juniors en matière de travail. Non les moyens détournés d’arriver coûte que coûte à ses fins de façon perverse et masquée. Ce qui est très rassurant, invalide le préjugé d’une jeunesse sans foi ni loi !
Pour les jeunes réussir sa vie c’est avant tout fonder une famille à 53 pour cent pour les filles, 50 pour cent pour les garçons. 52 pour cent ensemble. Exercer un métier intéressant à 31 pour cent pour les garçons, 30 pour cent pour les filles. Vivre une vie pleine d’aventure, gagner beaucoup d’argent, être très célèbre attirent fort peu comparativement. Malgré ses vicissitudes actuelles de dissensions la famille demeure plus que jamais la valeur montante sûre des adolescents. Seul refuge-repère tangible en un monde « en furie ». Le métier aussi passionnant soit-il vient fort loin en deuxième position même pour les garçons.
Sur ces deux valeurs, famille et métier, les deux sexes ont le même avis au même niveau. Signe d’un net rapprochement plus marqué et égalitaire entre les sexes. Pour les juniors le plus grand symbole de la « pleine réussite » est la détention d’un prix Nobel de science à 45 pour cent. Remporter une médaille, d’Or aux Jeux Olympiques à 18 pour cent. Faire partie des cent plus grandes fortunes du monde, gagner un Oscar à Hollywood, être élu chef d’État ne viennent qu’après. Ni argent ou star-system ni politique ne passionnent plus guère notre jeunesse contemporaine. Contrairement à l’image négative qui la marque telle « tunique de Nessus ».
Si une bonne fée leur proposait d’exaucer un seul des vœux suivants les jeunes choisiraient d’avoir une mention Très Bien au bac. À 47 pour cent des filles, 36 pour cent des garçons, 41 pour cent ensemble. Les garçons opteraient pour cent mille euros au Loto à 42 pour cent, les filles à 26 pour cent, soit 34 pour cent pour les deux sexes. Rendre amoureux de soi la fille ou le garçon que l’on souhaite séduire, être sélectionné à la Star Academy, (France, 2001-2008 et dep. 2012), changer une partie de son corps. Autant de vœux bien moins attractifs chez les ados. Là encore la raison l’emporte sur la passion. La réussite scolaire passe pour les jeunes interrogés avant l’argent. L’aisance financière avant le « marivaudage ». En réel pragmatisme tout juvénile ! (Science & Vie Junior, publication jeunesse, étude, France, 2003)-711.
L’essayiste G. Tirot dresse un tableau clinique explicatif accablant du net rejet de la jeunesse par notre société française. (France anti-jeune, essai sociologique, France, 2008). Avec en couverture de son ouvrage le buste d’une Marianne fort âgée en symbole d’une République décidément bien sénescente. Cela est très symptomatique d’une mentalité nationale plutôt « frileuse ». Plus encline aux statu quo ante conservateurs de gauche comme de droite qu’à l’ouverture de « hardis changements ». Les vieux Anciens continuent à « l’emporter » chez nous sur les jeunes Modernes.
Quand le reste de l’Occident « bouge » à toute allure et nous laisse si loin sur le côté de la route en notre trop prudent attentisme. L’auteur stigmatise la « fracture » générationnelle, l’exclusion de l’emploi et l’obsolescence du « modèle » social français qui institutionnalise l’injustice intergénérationnelle. Aux dépens des jeunes démunis. Il pointe aussi une société bloquée, le mal-être catégoriel d’une nouvelle génération laissée pour compte qui s’ignore, l’écrasant poids « tyrannique » de la génération 1968. Aussi une iniquité intergénérationnelle sans nom. Au profit des seuls aînés nantis.
Pour conclure est souhaité un nouveau contrat social plus équitable entre les générations-712. Auparavant en un brillant essai le sociologue français L. Chauvel avait déjà établi le même triste constat. (Le destin des générations, essai sociologique, France, 1998, 2014). Des seniors actuels mieux lotis que les jeunes et plus favorisés lors de leur propre jeunesse-713. Les juniors sont « défavorisés » par rapport aux adultes et entre eux : « titrés ou sans grade ». En sa célèbre comédie théâtrale L’Avare, (France, 1668), Molière, (Dramaturge, France, 1622-1673) nous dépeint à merveille les rapports intergénérationnels des jeunes et adultes, parents et grands enfants.
La jeunesse du Grand Siècle (France, XVIIe s.) de Louis XIV, (Souverain régnant, France, 1638-1715) est éloignée de celle actuelle. À y regarder de plus près certains traits intemporels subsistent plus que jamais trois siècles et demi après ! Que l’on en juge ! Harpagon est le père de deux jeunes gens Cléante et Élise. Le fils de la maison se plaint fort amèrement des attitudes coercitives, limitatives, arbitraires à son encontre de son ascendant. Des adultes à l’égard des jeunes. Réprobatrices tirades des Modernes aux Anciens d’hier, d’aujourd’hui, comme de demain !
Acte I – Scène II
Cléante à sa sœur Élise
« […]. Je sais que je dépends d’un père et que le nom de fils me soumet à ses volontés ; que nous ne devons point engager notre foi sans le consentement de ceux dont nous tenons le jour ; que le Ciel les a fait les maîtres de nos vœux, qu’il nous est enjoint de n’en disposer que par leur conduite ; que n’étant prévenus d’aucune folle ardeur ils sont en état de se tromper bien moins que nous, voir beaucoup mieux ce qui nous est propre ; qu’il en faut plutôt croire les lumières de leur prudence que l’aveuglement de notre passion ; que l’emportement de la jeunesse nous entraîne le plus souvent en des précipices fâcheux. […] ».
Acte I – Scène II
Cléante à Élise
« […]. Car enfin peut-on rien voir de plus cruel que cette rigoureuse épargne que l’on exerce sur nous, que cette sécheresse étrange où l’on nous fait languir ? Que nous servira d’avoir du bien s’il ne nous vient que dans le temps que nous ne serons plus dans le bel âge d’en jouir ? Si pour m’entretenir même il faut que maintenant je m’engage de tous côtés ? Si je suis réduit avec vous à chercher tous les jours le secours des marchands pour avoir moyen de porter des habits raisonnables ? […] ».
Acte II – Scène I
Cléante au valet La Flèche
– À propos de son père usurier à son égard – :
« Que la peste l’étouffe avec sa discrétion, le traître, le bourreau qu’il est ! A-t-on jamais parlé d’une usure semblable ? ! N’est-il pas content du furieux intérêt qu’il exige sans vouloir encore m’obliger à prendre pour trois mille livres les vieux rogatons qu’il ramasse ? Je n’aurai pas deux cents écus de tout cela. Cependant il faudra bien me résoudre à consentir à ce qu’il veut car il est en état de me faire tout accepter, il me tient le scélérat le poignard sur la gorge ».
(Molière, comédien, dramaturge français, 1622-1673, L’Avare, comédie théâtrale, France, 1668).
Désormais comme jadis, plus que jamais en ces temps de difficultés de toutes sortes les jeunes sont étroitement dépendants de leurs parents et des adultes. En dépit de certaines libertés juvéniles accrues notamment en la sphère privée et des loisirs le « bon vouloir » préalable des aînés demeure. Les adultes sont toujours censés être en tout et pour tout infaillibles ou presque et les juniors au contraire indignes de confiance. Les ascendants et les anciens sont réputés mieux savoir que les jeunes eux-mêmes ce qui est bon ou pas pour ces derniers.
La nouvelle génération ne se gouverne donc pas tant elle-même qu’elle n’est plutôt conditionnée, menée par ses aînés. L’adulte est pressenti comme sage, clairvoyant en tant que tel quand le jeune l’est comme « tête brûlée », inconscient, inconséquent. Les cadets ne pourraient ainsi qu’aller à leur perte et leurs prédécesseurs à leur plénitude. En une sorte de « prime à la maturité », de « malus aux jeunes années ». Loin de l’image de parents et d’adultes actuels « prodigues » en gratifications matérielles, affectives de toutes sortes. Ascendants et aînés sont en réalité « avares » de l’essentiel pour leurs rejetons !
Réelles ouvertures d’esprit, transmissions morales, vraie compréhension de la jeunesse font défaut de nos jours comme dans les temps passés. En réalité surtout en notre culture latine les plus jeunes restent « tenus en suspicion, sujétion ». La prévention sans cesse érigée à leur rencontre les maintient en état subordonné de véritable désert axiologique. La jeunesse est l’âge le plus propice pour jouir pleinement du « meilleur de la vie ». Or, même si elle y parvient jamais ce n’est fort généralement qu’au mitan de la vie, le quasi premier demi-siècle d’existence terrestre déjà atteint. Quand il n’est déjà presque plus temps d’être en mesure d’en retirer les pleins bénéfices mérités !
D’où l’amertume, l’aigreur, la frustration, la rage de tout une génération avant la trentaine voire la quarantaine. Les études d’opinion démontrent même à l’unisson que ce sont les sexagénaires retraités qui se disent les plus épanouis, satisfaits de l’existence ! Fallait-il attendre de parvenir au vingt-et-unième siècle pour en être encore là ? ! Notamment en matière socioéconomique de plus en plus de jeunes en sont réduits à ne pouvoir poursuivre leurs études supérieures. Dépendre tardivement du soutien matériel de leurs parents, de leur toit. Être reclus en solitude subie et maudite plus que recherchée.
Misérablement vivoter d’expédients désespérants prolongés. De plus en plus les adultes installés dans la vie dits « insiders » imposent à leurs descendants exclus de l’essentiel les « outsiders » des conditions trop abusives d’entrée en la vie active. Aujourd’hui il faut à la nouvelle génération « donner » de plus en plus pour « recevoir » de moins en moins. D’où sentiment très douloureux des jeunes de se faire constamment « avoir » par leurs aînés. Ce qui génère chez eux la forte tentation des pires replis, révoltes, rejets, non-coopérations et sabotages. Tels sont les fruits empoisonnés du mépris, de l’indifférence et de l’abandon !
Le monde adulte exploite d’autant plus de façon éhontée sa jeunesse qu’il sait pouvoir le faire sans vergogne. De fait les plus jeunes n’ont pas le choix s’ils veulent encore espérer s’en sortir. Ils ont pleinement conscience d’être sous le joug, à la merci du bon vouloir de leurs devanciers. Ils devront donc en passer par tous les caprices et les intérêts propres de leurs prédécesseurs. Bien contents encore si leurs sacrifices finissent par être payés de retour. Car de plus en plus même en franchissant les fourches caudines imposées de l’adultisme la jeunesse peut être bernée et trahie. Se retrouver durablement « sans rien ou presque » !
Voire définitivement exclue, vouée aux dénuements matériels et moraux les plus complets. N’obtenir en échange de ses plus gros efforts que vils « queues de cerise et châteaux en Espagne ». Comme autant d’illusions piétinées à tout jamais. Au jeu morbide si tragiquement réactualisé de « la bourse ou la vie » ! Le tout sous surveillances constantes fort étroites, libertés conditionnelles des plus ténues. Ainsi le Cléante de Molière (1622-1673) dupé par son Harpagon de père, (L’Avare, comédie théâtrale, France, 1668) parviendra-t-il certes peut-être à ses fins.
Toutefois au prix de bien des tourments inutiles et excessifs. Par le fait même d’un père si abusif et ingrat, ne voyant que ses intérêts propres avant même ceux de ses enfants-714. Pour la jeunesse le monde a-t-il depuis l’Ancien Régime, (France, 1589-1789) autant changé qu’on le croit ? Il est permis d’en fort douter tant à la lumière de l’art littéraire théâtral français de J.-B. Poquelin que des sinistres réalités juvéniles contemporaines !… Plus que jamais les aînés restent l’ « Alpha et l’Omega » de toutes choses. Quand les cadets en sont réduits à la part mineure congrue de l’humanité dite pourtant pensante !
Into the Wild, Vers l’Inconnu, (S. Penn, 2007) est un drame cinématographique américain. Issu du récit au titre éponyme, Voyage au bout de la solitude, en français. (États-Unis, 1996)-715. Il s’agit d’un fort bel ouvrage de J. Krakauer qui retrace les pérégrinations d’un jeune Américain C. McCandless (1968-1992). En 1990, âgé de vingt-deux ans, tout juste diplômé de l’université Christopher part sillonner l’Amérique du Nord. Deux ans plus tard, en 1992, il meurt à vingt-quatre ans en solitaire en Alaska d’épuisement, de malnutrition, d’empoisonnement alimentaire peut-être.
Le jeune homme quitte tout « du jour au lendemain » sans prévenir sa famille. Il ne la contactera ni ne la reverra jamais plus. Il s’agit d’une rupture de ban totale pour fuir un milieu familial étouffant, un père tyrannique maltraitant. Atteindre un absolu de félicité au travers de la liberté, la vérité, la solitude, l’isolement. Par le rejet d’une civilisation humaine de pouvoir, d’argent et d’hédonisme perçue comme fort perverse et nocive. Au profit d’une morale élevée, un retour à l’ « état de nature » rousseauiste en espaces sauvages jugés plus sains, purs. L’objectif est l’Alaska vu comme ultime « Terre Promise, Paradis Perdu » ici-bas.
Christopher y vit et meurt en un vieux bus abandonné. Il éprouve alors une certaine paix morale, un bonheur jamais atteints. Lui qui avait souffert d’une histoire familiale tourmentée. Il s’enrichit en cours de route de rencontres humaines très denses et stimulantes. Prenant alors conscience que la « félicité » vient de soi et également d’autrui il écrit : « Le bonheur n’est authentique que lorsqu’il est partagé ». Idéaliste, panthéiste il relate son expérience de voyage spirituel en un journal. Il est marqué par les écrits de ses compatriotes écrivains H. D. Thoreau (1817-1862), R. Waldo Emerson (1803-1882), M. Twain (1835-1910), J. London (1876-1916). De l’auteur russe L. Tolstoï (1828-1910). Ses parents font apposer une plaque commémorative à même le bus qui sera son « cénotaphe ».
« Chris notre fils et frère bien aimé est mort ici pendant son périple en quête d’idéal de vie meilleure par la grâce de Dieu. Par son ultime message : J’ai eu une vie heureuse et j’en remercie le Seigneur. Adieu, que Dieu vous bénisse tous !, nous remettons son âme à l’Univers ».
Magnifique exemple de générosité, soif éperdue d’absolu jamais étanchée d’une jeunesse plus proche du spirituel que ses aînés ! Qui a compris que la réalisation de soi terrestre est toujours axiologique, jamais matérielle. Quoi qu’il arrive la juvénilité se doit de vivre intensément ses vertes années. Pour prévenir tout amer regret aux rigueurs de la maturité des vieux jours venus.
« Il n’est pire douleur que le souvenir du bonheur au temps de l’infortune ».
(D. Alighieri, poète florentin, 1265-1321, Divine Comédie, poème, États italiens, 14e s.).
Julien Sorel est un jeune garçon de la province à l’époque de la Restauration, (France, 1815-1830), de grandes qualités humaines. Toutefois de modeste extraction sociale, rejeté par sa famille. Il s’élève socialement par ses capacités intellectuelles et aspire à la pourpre militaire ou à l’ébène ecclésiastique. Admirateur du grand Napoléon, (Souverain régnant, France, 1769-1821), Julien gagne la capitale et fait son entrée dans le beau monde. Il devient officier, est anobli. Il meurt sur l’échafaud pour tentative de meurtre. Sorel est l’archétype du juvénile héros romantique sans peurs ni reproches. Qui se hisse à la force de sa jeunesse, partant de rien, pour perdre sa mise en funeste défi suicidaire.
(Stendhal, 1783-1842, Le Rouge et le Noir, roman d’apprentissage, France, 1830)-716. À l’aune d’un Lucien de Rubempré. (H. de Balzac, 1799-1850, La Comédie humaine, étude de mœurs, France, 1830-1856)-717. Tout comme Hernani. (V. Hugo, 1802-1885, Hernani ou l’Honneur castillan, drame théâtral, France, 1830)-718. À l’image d’un Ruy Blas. (V. Hugo, Ruy Blas, drame théâtral, France, 1838)-719.
Eugène de Rastignac quitte sa province natale pour étudier à Paris. Il veut « parvenir » à tout prix. À l’instar d’un A. Thiers, (France, 1797-1877), chef du gouvernement (1836, 1840, 1848) sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Premier chef de l’État (1871-1873) de la Troisième République (1870-1940). Eugène finit ministre, comte, pair de France dans les années 1830 et 1840. Exemple d’une jeunesse hardie qui renverse, transcende tout sur son passage. Avide de profiter de l’existence, brisant obstacles et conventions. (H. de Balzac, La Comédie humaine, étude de mœurs, France, 1830-1856)-720.
Le tout jeune Fabrice del Dongo quitte son Italie d’origine pour la France. Apprenant que Napoléon a fui l’île d’Elbe et repris le plein pouvoir (1815), il décide de fait de « servir » son héros. Âgé de dix-sept ans il débarque à la bataille de Waterloo (1815), y assiste de loin en simple observateur néophyte. Après maintes péripéties il termine sa vie en religieux reclus. (Stendhal, La Chartreuse de Parme, roman d’action, France, 1839)-721.
Ces jeunes héros littéraires de l’époque romantique, (Première moitié du XIXe s.) se ressemblent fort. Vivant entre deux empires napoléoniens dont le Premier mythifié (France, 1804-1815/1852-1870), ils veulent ennoblir leur destin. Dépasser leur juvénile condition initiale plus ou moins modeste. Se servir de leur jeunesse pour mieux réaliser leur vie d’homme. Au-delà des tabous. Éternel défi adolescent de toujours et partout. Plus que jamais d’actualité en des temps tout aussi « fermés » aux juniors !
– Science, Essence Jeunologiques –
Vos Habitus, Réussite, « Acmé de Soi »
L’école tient compte des critères de milieu car elle estime que les catégories supérieures ont bien plus les moyens de « s’en sortir » quoi qu’il arrive. Alors que les autres n’auront pas cette chance. Une profonde introspection servirait notre société pour re/définir positivement vous, jeune, en ce que vous êtes véritablement. Non plus seulement négativement pour ce que vous n’êtes pas. Déjà plus réellement des enfants et pas encore assurément pleins adultes. En votre « purgatoire » néogénérationnel si incertain, hésitant, flottant, invisible et « indéterminé ».
Un « Centre National d’AdoJeunologie », Cna, serait utile aux recherches sur les treize – vingt-quatre ans. Pour proposer des avancées en leur faveur en tous domaines. Cet organisme serait tout particulièrement chargé de conseiller les pouvoirs publics. Notamment le futur éventuel ministère des Jeunes et des Droits de la Jeunesse en matière de politiques de la Jeunesse. Pour cela il établirait en très étroite concertation avec les intéressés les réalités, besoins et attentes juvéniles les plus importants, prioritaires. Pour mieux agir en leur faveur.
Il s’agit en ce cadre de créer une nouvelle discipline : les « sciences de la jeunesse » : AdoJeunologie. Ce néologisme forgé par l’auteur (2003) signifie en son sens premier étude des adolescents et jeunes de treize – vingt-quatre ans. Cette nouvelle discipline scientifique sera transversale et pluridisciplinaire, étudiera tous les domaines au travers de toutes les disciplines qui ont trait à la jeunesse. Elle sera alors enseignée dans le supérieur, donnera lieu à des recherches validées. Actuellement en France aucun cursus d’études supérieures complet ni diplôme n’existent en psychologie exclusivement de l’adolescent, du jeune.
En sociologie, sciences de la jeunesse et droit général des mineurs ou droits de l’adolescent. Quelles leçons philosophiques et morales sont-elles les plus aptes à aider la jeunesse à se dépasser ? Transmettre au junior le sens moral de son existence terrestre. Le respect des valeurs humaines fondamentales. La culture de sa plénitude personnelle en toutes choses. Telles semblent être les minimales bases fondamentales pour optimiser toute éducation des juniors à l’adultisme digne de ce nom. « Trace, transcendance, réussite juvéniles ».
Qu’est-ce qu’en réalité une jeunesse « réussie » ? Nous pouvons nous poser cette grande question axiologique. À l’instar de l’interrogation qui sert de fondement au livre du philosophe français L. Ferry sur la « plénitude humaine ». (Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Essai philosophique, France, 2002). Trois éléments fondamentaux pourraient selon nous y contribuer. Une solide et rigoureuse « discipline personnelle de l’existence ». Un authentique dialogue actif fructueux inter et intragénérationnel. De multiples apprentissages persévérants, pertinents aptes à éclairer le passé, guider durablement le présent et l’avenir de chaque jeune-722.
Les adolescents pensent à 47 pour cent que l’adolescence est une étape « comme » une autre. À 39 pour cent que c’est le meilleur moment de la vie. À 12 pour cent qu’il s’agit de la pire période. Les adultes estiment que l’adolescence est une période comme une autre à 48 pour cent. La pire période à 25 pour cent. Le meilleur moment de la vie à 24 pour cent. (Pfizer, France, 2007)-723.
Les adolescents s’aiment, ne s’aiment pas eux-mêmes, apprécient, rejettent tout à la fois leurs pairs néogénérationnels, goûtent leur jeunesse et s’en dégoûtent aussi. Ils sont soumis à l’ambivalence de leur âge-Janus, plénitude conquérante et marasme limitatif. Le jeune est le « grand de l’enfant » mais demeure le « petit de l’adulte ». Ses capacités, désirs sont fort accrus mais les possibilités de les réaliser même élargies restent des plus restreintes. Les frustrations l’emportent sur les contentements-724. La psychologie humaniste propose une typologie passionnante de six « principes capitaux ». Seuls aptes à permettre de réaliser le plein épanouissement de l’être humain, tout particulièrement en sa composante juvénile.
Il s’agit de l’ « acceptation de soi. L’harmonie relationnelle avec autrui. La libre détermination de soi. La maîtrise de son environnement. La conscience d’un objectif, d’une signification donnés à son existence. D’un développement personnel optimal ». (Dans J. Lecomte, psychologue, Donner un sens à sa vie, livre de psychologie, France, 2007. Selon une classification de C. D. Ryff, universitaire de psychologie, États-Unis, 1989)-725. Il est fort bon que non seulement l’adulte inculque cela au jeune mais l’aide aussi à le réaliser toute son existence ! Comme le dit le titre des mémoires d’un ancien président français (1995-2007) : « Chaque pas doit être un but ». (Chirac, 2009). Trop souvent l’aîné ne transmet « rien ou le pire » à son cadet au lieu du « meilleur ». Mutons !
« Dis-moi ce que tu aimes, ce qui te rend indifférent, ce que tu détestes, je te dirai qui tu es ! » Cette maxime de bon sens s’applique particulièrement à l’adolescence, âge de toutes les passions dévorantes, tous les rejets radicaux. Le préadultisme est marqué par des choix d’adhésion pleine, de fort détachement, répulsion passionnée, passionnelle. Envies, plaisirs, désirs, comme insensibilités, refus, cassures sont la norme de cette génération sur tous les modes. Indifférences, « agueusies morales », apathies excessives d’amorphes doivent nous alerter en cas de persistances coutumières, marquent une souffrance d’alerte. Il y a manque total de réflexion globale intellectuelle, morale, scientifique sur la place et le destin de cette néogénération. D’une réelle unité centrale de recherche, proposition d’action en sa faveur, l’intérêt du pays. Cela se fait cruellement sentir, constitue un handicap face à l’étranger.
D’où l’intérêt capital pour nos jeunes, notre nation de créer le grand centre de réflexion, d’action en AdoJeunologie que nous avons déjà évoqué. « Faire émerger » une nouvelle discipline universitaire menant au doctorat en « Sciences de la Jeunesse ». Au confluent de disciplines déjà existantes mais centrée sur le thème unique des treize – vingt-quatre ans. Symboliquement une chaire de « Sciences de la Jeunesse » pourrait être créée au Collège de France. Les enseignements philosophiques, moraux tendent à transmettre aux juniors le sens de l’essentiel. Le respect des lois humaines. La culture du bonheur. Ils sont les seuls à pouvoir les aider à sortir du marasme de civilisation que leur terre d’Occident connaît.
Faute d’ancrages moraux et spirituels plus rayonnants. Nous avons parlé de trace, transcendance et réussite. Les jeunes souhaitent laisser une « marque » de leur vie terrestre avant que de quitter « ce bas monde » pour que cette dernière n’ait pas été vaine. Ils aspirent beaucoup à une certaine « rédemption » car ils savent qu’à défaut leur existence aura fort manqué de la densité qui sépare la plénitude du désespoir moral. Ils savent faire toute la différence entre la « réussite dans la vie » et la « réussite de sa propre vie ». Au-delà du succès matériel et social ils attendent le bonheur affectif et spirituel. En quoi peut-on dire que l’on a fort « bien vécu » sa jeunesse, « réussi » sans encombre le passage à l’adultisme ? Bien « mené sa barque vers l’autre rive, tiré son épingle du jeu » préadulte ?
Une bonne rigueur et hygiène de vie. De fructueux échanges ininterrompus avec soi-même, comme autrui. Des enseignements, entraînements du quotidien instructifs, prometteurs, riches de leçons de vie au présent, pour l’avenir. Tels sont les grands « prolégomènes » du bonheur juvénile-726. Il y a un fort constat philosophique, moral définitif à retenir pour appréhender ce qu’est la jeunesse. Ce que sont les juniors de treize – vingt-quatre ans. C’est qu’ils ont un talent remarquable, des dons spécifiques et une aura toute particulière. En un mot, qu’ils sont capables et aptes au meilleur y compris d’héroïsme comme nous l’avons vu.
Qui sait qu’en 2010 le plus jeune pensionnaire de la Comédie française y est entré par son mérite reconnu à l’âge de vingt-et-un ans-727 ? Il s’agit d’un jeune acteur de théâtre et cinéma fort talentueux des plus prometteurs : P. Niney, (France, 1989-). N’oublions pas davantage le terrible « sacrifice » d’un P. Bayle (France, 1783-1794), tout jeune patriote engagé dans les armées républicaines. Tombé à près de douze ans au champ d’honneur, plus jeune militaire étant « mort pour la France ». Celui de son homologue J. Viala (France, 1780-1793). Mort à l’approche de ses treize ans en combattant parmi les troupes de la Révolution française (1789-1799). Lors d’une action personnelle de fort courage !
La pyramide de Kheops à Gizeh. (Égypte, 2560 av. J.-C.). Les jardins suspendus de Babylone. (Mésopotamie / Irak, VIe s. av. J.-C.). La statue chryséléphantine du dieu Zeus à Olympie. (Grèce, v. 436 av. J.-C.). Le mausolée d’Halicarnasse en Asie mineure. (Empire perse / Turquie, 350 av. J.-C.). Le temple d’Artémis à Éphèse. (Cité grecque d’Asie mineure / Turquie, 560 av. J.-C.). Le colosse de Rhodes. (Grèce, 292 av. J.-C.). Le phare d’Alexandrie. (Égypte, v. 290 av. J.-C.). Autant de « chefs-d’œuvre classiques » de l’art et de l’architecture antiques quasi tous disparus aujourd’hui. Alors considérés comme prodiges indépassables.
En réalité l’humain lui-même n’est-il pas la seule et unique « merveille » terrestre ? Bien plus que ses si éphémères productions si remarquables soient-elles ? Particulièrement les plus jeunes des Terriens seuls espérance, avenir, renouvellement, dynamique de notre espèce mortelle d’ici-bas-728. Les « universaux » sont les cinq grands vecteurs qui régissent les façons dont un prédicat pourrait se rattacher par un lien à une thématique ou un sujet.
Il s’agit du genre, de l’espèce, de la différence, du propre, de l’accident. Cela signifie donc : spécificité, nature, distinction, unicité, phénomène. Cela s’applique parfaitement aux juniors. La jeunesse est d’essence particulière, n’est réductible à nulle autre population humaine. Sa réalité se suffit à elle-même car elle a sa propre légitimité intrinsèque. Elle s’illustre par une éthologie, des comportements à part. Elle est incomparable car d’une puissante originalité non transposable d’un point de vue personnel, temporel, spatial, d’action.
Elle est intangible, inaltérable en tant qu’état-passage avéré de toute existence humaine. L’Ancien Testament mettait en exergue un Dieu-Jupiter omnipotent, tonnant, vengeur et punitif. Le Nouveau, un Dieu-amour compassionnel, de pardon, rédempteur, miséricordieux. De même cessons de promouvoir une jeunesse-malédiction considérée comme pire anathème, malchance, calamité maléfique. Envisageons une néogénération-potentiel unique, entreprenante, bienfaisante pour tous. Régénératrice d’une société moribonde déchue. Annonciatrice d’une « aube nouvelle ».
Par essence les juniors sont très incertains d’eux-mêmes en un temps de vie préparatoire, moratoire et instable. Aujourd’hui cet état naturel consubstantiel à la jeunesse est aggravé par la déstabilisation des adultes eux-mêmes. En une conjoncture mouvante fort difficile le naturel doute des jeunes entre douloureusement en résonance avec celui anormal des adultes. Le jeune ne peut véritablement grandir si desservi par les faiblesses de ses aînés.
Les parents eux-mêmes sont de plus en plus confrontés aux affres d’un emploi précarisé des seniors. Des ruptures affectives de la maturité, d’un avenir introuvable pour tous. Cela insécurise d’autant les quinze – vingt-quatre ans déjà en pleines interrogations existentielles. De fait nombre d’adultes se retrouvent donc en position, situation de pseudo-jeunesse. Les jeunes eux-mêmes sont contraints de demeurer ou régresser au « stade de l’enfance ». Ce « télescopage transgénérationnel » toxique pour tous brouille les rapports entre les âges.
Il ne grandit pas les individus, les rend malheureux. Les juniors exigent de leurs devanciers qu’ils éclairent le chemin. Non qu’ils l’obscurcissent encore un peu plus chaque jour. Telle est la principale cause du tourment, du désarroi des cadets. Génération abandonnée sans vigies ni balises, « apatride transie en son infortune d’orpheline pauvre déshéritée ». Alors retrouvons l’assurance de nos valeurs, d’expérience, de sagesse. Éduquons, élevons vers l’exigence notre jeunesse. En fermeté et clarté sans pour autant asséner ni contraindre moralement, mutiler nos successeurs. Car sans transmissions sûres il n’y aura nul héritage pertinent dont puissent alors pleinement profiter « ceux d’après ». Ce « malheur éducatif » reproduit à l’infini faute de salutaires remises en cause perdurera à tout jamais. Pour le plus grand dommage de l’espèce humaine. Du fait de l’incurie, l’impéritie de « ceux d’avant »-729.
Le banga est le refuge très prisé des adolescents mahorais. À Mayotte, il s’agit d’une case pour juniors issue de la vieille tradition bantoue propre à l’archipel des Comores. Cet espace juvénile marque la rupture-passage symbolique entre l’enfance et l’adultisme. Il permet aux jeunes de grandir en eux-mêmes en solitude. Il est constitué d’une maisonnette provisoire d’une pièce en pisé bâtie à l’écart du foyer familial. Souvent ces bangas sont réunis hors des villages à l’écart. Les jeunes y développent ainsi entre eux une véritable sociabilité néogénérationnelle. À l’image des campus anglo-américains sous la « supervision » adulte contrairement aux bangas. La chambre du jeune au domicile parental joue ce rôle d’évasion personnelle. À un moindre degré car au sein de la famille. Le studio étudiant s’en approche plus. Le banga contribue à l’autonomie du junior sous sécurité parentale.
La décoration, l’équipement et les plantations alentours sont laissés à la libre initiative du jeune. Sans se couper du monde extérieur adulte ce dernier vit ainsi un temps privilégié à lui pour « se construire ». Les anthropologues notent que les juniors concernés sont plus épanouis que d’autres. Ils deviennent des adultes plus accomplis-730. Depuis un demi-siècle beaucoup a été fait pour l’enfance. Les structures de toutes sortes pour les moins de douze ans se sont fort multipliées. En revanche pour les quinze – vingt-quatre ans équipements, espaces adaptés, spécifiques font encore bien trop défaut en France. Les jeunes ne savent « que faire ni où aller ». Notre société occidentale se doit de « ménager » à sa jeunesse une dimension spatiotemporelle propre de réalisation de soi. Pour l’aider à mieux mûrir et s’accomplir.
L’accès à l’emploi est le sujet qui « inquiète » le plus les juniors, surtout les dix-huit – vingt-quatre ans à 64 pour cent pour ces derniers. La latitude de trouver, conserver un poste stable devient un défi majeur quasiment introuvable pour beaucoup. La peur de ne pas y arriver est d’autant plus forte que pour la jeunesse l’autonomie, l’indépendance matérielles sont capitales pour l’accomplissement de soi. Sans travail cette souveraineté devient « vaine ». Cette angoisse vis-à-vis de l’insertion par le métier exercé se double alors de pressantes interrogations à l’égard du pouvoir d’achat à 47 pour cent. De la crise économique, financière à 36 pour cent.
Le pouvoir d’achat inquiète le plus les jeunes vingtenaires à 51 pour cent. À un âge où une part plus importante d’entre eux existe dans le monde du travail. Raison pour laquelle l’accès à l’emploi les stresse bien moins que les plus jeunes. Le travail n’empêche pas une partie d’entre eux de rester financièrement « démunis ». Après l’emploi, les impôts et les taxes à 31 pour cent, comme les inégalités sociales à 22 pour cent sont les vecteurs majeurs de craintes. Face à ce contexte économique jugé critique qui les perturbe pour leur avenir les juniors sont moins préoccupés par d’autres thèmes. Comme l’environnement à 15 pour cent et l’état des banlieues à 5 pour cent, l’avenir de l’énergie nucléaire à 3 pour cent.
Comme tous les Français les jeunes se soucient fort de l’emploi, du pouvoir d’achat, comme de la crise économique. Le terrible marasme conjoncturel les rapproche des aînés. Étant les plus menacés ils ont le même pragmatisme désabusé et inquiet que les autres y compris leurs parents. En période d’incertitude notamment matérielle et financière les juniors se font prudents. 82 pour cent affirment tenter le plus possible de faire des économies, d’épargner un peu d’argent. La génération Y / Z bien plus « cigale que fourmi », ultraconsumériste est devenue des plus « raisonnables », réalités obligent.
Ce mouvement d’épargne est important chez les moins de vingt-cinq ans à 79 pour cent. D’autant plus qu’ils ne pensent pas tous que leur situation financière sera « meilleure » à l’avenir à seulement 60 pour cent. Alors que les attentes positives d’un futur accès au travail ou d’évolution salariale devraient être la « marque » de leur jeune âge. L’espoir d’amélioration des revenus notamment du travail est le plus souvent des plus faibles. En un pays qui ne sait pas rémunérer l’apport de tous.
L’entrée en la vie active suscite même de bien plus fortes vulnérabilités financières. Les dépenses liées à l’autonomie : loyers, courses et impôts… rendent malaisée l’indépendance car cette dernière les fragilise financièrement. 45 pour cent des dix-huit – vingt-quatre ans disent avoir des difficultés à faire face à leurs « charges ». Ces réalités ne suscitent pas pour autant un sentiment généralisé de paupérisation. Même si 42 pour cent des jeunes disent se sentir souvent en position de précarité. Les solidarités familiales notamment parentales restent très décisives.
Cette aide intergénérationnelle a également ses limites. Notamment pour l’accession à la propriété. Alors presque un junior sur deux pense que sa vie peut basculer à tout instant dans la précarité à 49 pour cent. Ce tourment existentiel retentit sur l’ensemble de leurs perceptions, mentalités, comportements en tous les domaines de la vie. Sans nulles exceptions. Notamment dans l’emploi. Les jeunes ont l’impression d’une certaine incapacité et que leur vie leur échappe. Plus de quatre sur dix sont convaincus qu’ils n’ont que peu de pouvoir sur ce qui leur arrive à 43 pour cent. Délétère sentiment d’impuissance.
Pour autant les réalités de précarités avérées restent plutôt rares. Même si un jeune sur dix reconnaît avoir souvent des difficultés à se procurer une alimentation saine, équilibrée à 14 pour cent. Payer son loyer ou les charges de son logement à 11 pour cent. Certains actes médicaux à 8 pour cent. Ils sont beaucoup plus nombreux à rencontrer souvent ou quelquefois de grandes impécuniosités pour pouvoir assumer ces dépenses. 47 pour cent pour se fournir une alimentation saine et équilibrée. 40 pour cent pour assurer les dépenses de loyers ou de charges du logement. 39 pour cent pour payer certains actes médicaux.
La récurrence de ces difficultés justifie pour beaucoup leur ressenti de très dure incertitude face à l’avenir. Cette génération n’est pas en partie démobilisée à l’égard de la valeur travail. La quasi-totalité des moins de trente ans considère qu’avoir un travail que l’on apprécie est une condition essentielle pour être heureux à 96 pour cent. Affirme avoir le goût du travail à 92 pour cent. Que « réussir » sa vie professionnelle est un objectif essentiel pour eux à 92 pour cent. Chez ces jeunes le travail est donc une valeur capitale. Accéder à un poste de métier, parler de son emploi est un grand vecteur de reconnaissance auprès de ses congénères.
Car l’accession à un travail rémunéré est une étape, un passage en leur vie. Souvent le symbole d’un début de souveraineté financière donc d’une vie perçue comme plus libre. En outre en contexte spécifiquement hostile pour les jeunes ils sont particulièrement fiers de leur emploi. De fait un junior actif sur quatre reste au chômage en France. Obtenir un travail est un tel « défi » que près de sept jeunes sur dix disent que s’ils trouvaient un emploi stable ils seraient prêts à le conserver. Même s’ils ne s’y épanouissaient pas.
Même si le chômage et les « aléas » de parcours professionnels sont inévitables. La récurrence du syndrome de précarité et d’instabilité des juniors se manifeste tout particulièrement en matière de travail. Nombre d’entre eux n’ont jamais travaillé et sont encore en études. La majorité des dix-huit – vingt-quatre ans considèrent qu’ils tâteront de plusieurs phases de chômage au cours de leur carrière à 65 pour cent. Les jeunes pensent aussi très majoritairement qu’ils changeront plusieurs fois de métier en leur vie professionnelle à 70 pour cent.
Le lien qu’ils entretiennent avec le diplôme n’est plus le même que pour leurs parents. Les juniors sont fort convaincus qu’il y a une « condition impérative » qui prédétermine l’emploi. Ils croient très majoritairement que l’absence de diplôme est fort « rédhibitoire ». Que même si l’on est motivé l’on ne peut pas trouver d’emploi intéressant sans diplôme à 38 pour cent. De même seuls 35 pour cent pensent que le diplôme « ne sert à rien » pour trouver un emploi. En revanche ils minorent fort son importance notamment car eux-mêmes ne sont que peu convaincus que leurs études les ont bien préparés à l’emploi à 58 pour cent.
Lorsque l’on demande aux jeunes ce qui est majeur pour réussir leur vie professionnelle ils citent d’abord les relations à 48 pour cent. Non au sens de passe-droit mais de « réseau ». Ils ont grandi au gré de Facebook, LinkedIn, Viadeo ou Twitter. Les réseaux sociaux leur sont ainsi devenus incontournables en de nombreux aspects de la vie. Trouver un emploi et retrouver ou rester en contact avec des amis, sortir, rencontrer l’âme sœur… Ils évoquent ensuite le goût du travail à 41 pour cent. Le fait d’avoir des diplômes à 37 pour cent. Puis le courage à 36 pour cent. En un monde de très fortes incertitudes très changeant la chance est aussi une nécessité salvatrice d’espoir pour beaucoup à 30 pour cent.
Le mérite, le travail seuls ne suffisent plus. Être né en milieu privilégié est perçu comme bien plus important pour réussir sa vie professionnelle que d’avoir l’esprit de compétition à 14 pour cent. D’être créatif à 8 pour cent. Les jeunes ont intégré un certain nombre des griefs qui leur sont faits. Ils estiment que leur principal « défaut » est le manque d’expérience professionnelle à 71 pour cent. Ils mettent en exergue leur grand manque de préparation aux réalités du monde du travail à 46 pour cent. Ils critiquent le manque de confiance des chefs d’entreprise envers les juniors à 59 pour cent.
Ils pensent aussi que le coût des charges à l’embauche pour les entreprises est bien trop élevé, constitue un frein à 30 pour cent. Les jeunes expliquent beaucoup plus rarement leurs difficultés à intégrer l’emploi par d’éventuelles discriminations. Leur origine socioéconomique ou culturelle à 19 pour cent. Le fait d’être issu d’un quartier qui a une mauvaise image à 13 pour cent. La couleur de peau à 9 pour cent. Si les juniors redoutent fort d’être au chômage ils ne se montrent cependant pas enclins à la création d’entreprise. Les très dures difficultés alors rencontrées par les entrepreneurs, leur peur de possible précarité induite les rendent des plus réticents.
Ils pensent qu’il ne s’agit pas d’un moyen véritablement « probant » de parvenir à l’autonomie et indépendance. 45 pour cent d’entre eux se disent plutôt « intéressés ». En réalité seulement un jeune sur dix clame qu’il songe véritablement à l’affaire à 13 pour cent. Les jeunes pensent aussi que l’entrepreneuriat junior est insuffisamment aidé en France à 84 pour cent. Malgré les dérives des prix de l’immobilier devenir propriétaire reste un rêve auquel les juniors aspirent. 93 pour cent d’entre eux disent qu’ils aimeraient beaucoup pouvoir posséder leur logement un jour.
Seulement trois jeunes sur dix reconnaissent avoir renoncé à 29 pour cent. Ce ne sont pas l’état ni aussi le prix de leur logement qui les font souhaiter devenir propriétaire. Puisqu’ils en sont généralement satisfaits à 83 pour cent. Qu’ils le perçoivent comme « adapté » à leurs ressources financières à 69 pour cent. En revanche ils pensent très majoritairement que c’est une « assurance » contre la précarité à 71 pour cent. L’aide parentale demeure impérative pour louer un logement à 77 pour cent. Avec le mécanisme de caution ou des aides financières. À défaut la location juvénile semble aujourd’hui quasi impossible.
Toute cette « solidarité » a ses limites. Moins d’un jeune sur deux pense que ses parents pourront l’aider financièrement s’il voulait devenir un jour propriétaire de son logement. Un jeune de dix-huit – vingt-quatre ans sur deux seulement le croit à 48 pour cent. Une partie d’entre eux a déjà fort sollicité cette aide parentale sans doute en vain. Cette néogénération ne démontre ni un optimisme débordant, marque pourtant juvénile, ni un pessimisme intégral. En dépit du net marasme auquel elle est particulièrement confrontée. Les juniors sont très « pessimistes » à l’égard de l’avenir de la société française à 78 pour cent.
Ils ne comptent pas sur les rouages de solidarités existants pour les soutenir ! Ils ont assisté à l’effondrement du « modèle social français » et semblent avoir totalement intégré cette nouvelle donne. Leur « vision » est celle d’une société de moins en moins apte et prête à inverser les inégalités. Qui ne permet plus vraiment l’ascension sociale de la majorité. Elle transparaît au long de l’enquête. Ils reprochent d’abord à leur société française d’être inégalitaire à 54 pour cent. Les jeunes considèrent qu’il y a bien trop de malhonnêtetés, corruptions à 50 pour cent. Que l’argent y tient une trop grande place à 40 pour cent.
La critique est tout d’abord avant tout sociale. Ce n’est pas tant l’attitude de la société à l’égard de la jeunesse qui les choque le plus mais bien les inégalités qui se creusent. La critique est d’autant plus acérée qu’elle est très globale. La réduction des écarts entre les riches et pauvres semble une attente importante. Ils font grief à la société française d’être bien trop individualiste à 35 pour cent. Le fort manque de place accordée aux jeunes est stigmatisé à 32 pour cent. Tout comme les critiques concernant le fonctionnement démocratique ou le manque d’ordre.
En conjonctures économiques très mornes et face à une « crise interminable » les juniors ont une confiance très faible dans le personnel politique. Seulement 13 pour cent pensent qu’il se préoccupe de leur génération. Cette tendance est stable quel que soit l’âge des jeunes sondés. La population française en son ensemble se défie également et très majoritairement des ténors politiques. Il ne s’agit pas d’une spécificité juvénile mais d’un « trait d’union » entre générations. Comme leurs aînés les juniors sont favorables au mariage universel à 72 pour cent et en proportions plus importantes encore.
Quant aux drogues notamment la dépénalisation du cannabis les jeunes sont plutôt en l’espèce conservateurs. Ils y sont aujourd’hui très majoritairement opposés à 60 pour cent. En revanche ils sont logiquement farouchement opposés à la loi Hadopi à 76 pour cent. Sans doute perçue comme restriction de la liberté d’utilisation d’Internet. La génération Y est sensible à l’urgence environnementale. Notamment grâce à l’information reçue durant le parcours d’études. Les jeunes affirment en majorité avoir peur des conséquences de la détérioration de l’environnement.
Sur leur santé et celle de leurs enfants à 77 pour cent. Ils estiment que les catastrophes météorologiques sont la pire conséquence du réchauffement climatique à 76 pour cent. La majorité disent inciter l’entourage à faire davantage « attention » à l’environnement à 72 pour cent. Ils disent ressentir en leur quotidien les effets de la mise à mal de l’environnement à 56 pour cent. Le taux de conviction écologique des juniors reste des plus relatifs. Ils sont plus sensibles à la sauvegarde de la planète que follement convaincus.
Moins d’un junior sur deux pense être pour partie personnellement responsable de la dégradation des milieux naturels à 47 pour cent. Près de quatre jeunes sur dix estiment même que l’on « exagère » fort l’importance de l’environnement à 38 pour cent. Par leurs pratiques de consommations courantes les juniors semblent moins engagés que leurs aînés en faveur du développement durable. Critères de fabrication, durabilité des produits, comme engagement environnemental ou équitable des marques… Les jeunes ne semblent pas sensibles à ces arguments à l’inverse des adultes.
L’écologie n’est pas un critère déterminant lors de leurs achats. Outre leurs habitus de consommation du quotidien ils semblent assez rétifs à se restreindre ou se contraindre pour réduire leurs excès environnementaux. Ainsi ils sont fort peu portés à pratiquer les « éco-gestes ». Tri des déchets, douche plutôt que bain, achat de produits de saison, limitation attentive des consommations d’énergie notamment électrique… Les jeunes sont réceptifs aux préceptes généreux, positifs. Encore faut-il qu’ils y soient adéquatement sensibilisés, aidés à les mettre en œuvre ! (Ipsos, France, 2012)-731.
Florence, 1537. Le patricien L. de Médicis, dix-neuf ans, épris des choses de l’esprit comme de l’héroïsme antique gréco-romain se bat pour restaurer la République. Or, le garçon, (Homme politique, écrivain, États italiens, 1514-1548) est l’archétype même de l’ambivalence juvénile. Lorenzino, héros romantique idéaliste, intrépide, poétique. Lorenzaccio, triste sire, avili, pervers, couard. La vie du jeune Laurent est la destinée contradictoire car partisane autant que désintéressée d’un combattant incompris. Face à la société adulte veule, pusillanime, fate.
« Le mal existe mais pas sans le bien, comme l’ombre existe mais non sans la lumière ». (III, 3).
Ainsi va la jeunesse en ses cimes et abysses axiologiques. Tels sont les enseignements d’une célèbre œuvre littéraire. (Lorenzaccio, drame romantique théâtral d’A. de Musset, poète et dramaturge français, 1810-1857, France, 1834. Inspiré d’une chronique de la Renaissance sur la vie de Florence au XVIe s., Storia fiorentina, Histoire florentine, de B. Varchi, historien, poète florentin, États italiens, 1502-1565, Florence, XVIe s.).
Octave, jeune homme de dix-neuf ans est lâché par son aimée. Amer, désillusionné il se laisse aller aux pires cyniques turpitudes. Il fait une nouvelle rencontre. Or, ses blessures, son désabusement l’ont rendu inapte à l’amour. Devenu nihiliste, vindicatif, destructeur il s’en prend à sa dulcinée, détruit fort méthodiquement leur relation. La jeune femme perd alors tout sentiment et s’éprend d’un autre. Sur le point de la tuer, Octave recouvre ses esprits, renonce à son amour brisé. Cette fiction littéraire illustre les affres de la jeunesse romantique sous la Monarchie de Juillet. (France, 1830-1848). Orpheline des gloires de l’Empire napoléonien (France, 1804-1815). Privée des ressources de la foi écornées par les Lumières du siècle précédent. Ce récit dépeint les désespérances juvéniles des désenchantements de toute existence humaine en mûrissement. Une juvénilité rejetant alors le passé, maudissant le présent et doutant du futur. À destin contrarié de nature mauvaise.
« Tout ce qui était n’est plus. Tout ce qui sera n’est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux ».
Nos cadets actuels se dessèchent d’un quotidien tout autant aride. Au-delà des époques, contrées la déréliction néogénérationnelle est universelle, intemporelle. (La Confession d’un enfant du siècle, œuvre littéraire d’A. de Musset, France, 1836). Altaïr, Bételgeuse, Proxima du Centaure… Autant d’appellations quasi « poétiques » désignant des étoiles en leurs multiples galaxies, constellations en l’univers. Ces corps célestes ne font que passer dans le temps et l’espace. Ils naissent, existent et meurent ayant épuisé leur ressource énergétique propre. De même l’éphémère jeunesse est appelée à disparaître. Elle est le temps des espérances, des rêves, des élans, envolées les plus baroques et plus fous !
Quand l’adultisme puis la sénescence sont trop souvent encore l’étique ère des amertumes, des désillusions, aigreurs, renonciations les plus cruelles. Car la vie humaine s’acharne presque à sadique plaisir à « fracasser » les aspirations même les plus prudentes, raisonnables. L’homme a fort oublié que seule la sagesse du renoncement, de l’équanimité, de l’ataraxie est gage d’espoir, de paix intérieure et d’oubli de soi. Aidons donc nos jeunes à cultiver et mettre en œuvre leurs idéaux à leur âge. À persister à l’adultisme.
À « tenir bon » en fin de vie. Afin de faire mentir une très pessimiste vision ontologique qui sonne comme le glas d’une triste complainte, d’un sourd regret. Synthétisée en ce fort célèbre adage : « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait » ! (H. Estienne, humaniste, 1528-1598, Les Prémices, essai de philologie, France, 1594)-732. En l’existence terrestre que l’on pourrait qualifier de « Comédie humaine » à l’instar de l’œuvre littéraire, (France, 1830-1856) de Balzac (1799-1850)-733. Immense, extraordinaire fresque de l’âme anthropologique comme autant de peintures de mœurs des milieux sociologiques de son temps. En leurs « grandeurs et misères ». Regroupant nombre d’écrits de l’auteur de la Monarchie de Juillet (France, 1830-1848) à la Deuxième République (France, 1848-1852).
Évoquons en un tout autre registre La Comédie ou Divine Comédie, (États italiens, 1307-1321), chef d’œuvre poétique médiéval de Dante, (Penseur, États italiens, 1265-1321), « phare » de la littérature mondiale intemporelle, universelle-734. En ses Enfer, Purgatoire et Paradis. Mettant en scène les tourments, passions, errements de l’âme humaine. Sa transcendance, rédemption, ses espérances tout autant ! Que les adultes prennent la peine d’instruire la jeunesse pour la mener à son accomplissement. Qu’ils se gardent de l’agonir à tort et à travers d’acrimonieuses récriminations.
« Un peu trop forts en gueule et fort impertinents : se mêlant sur tout de dire leur avis ».
(Molière, acteur, dramaturge français, 1622-1673, Le Tartuffe ou l’Imposteur, comédie théâtrale, acte I, scène 1, France, 1669).
Quand l’on est jeune l’on s’interroge sur sa place dans la société
L’on est en quête d’identité, l’on cherche des modèles référents
François, quinze ans–735
7
VOTRE INSERTION PERSONNELLE
Vos Formation / Emploi
(Andro)Juvéniles
La nature donne le génie
La société l’esprit, les études le goût
C.-A. Sainte-Beuve
Critique littéraire, écrivain
France, 1804-1869
Mon cœur trouvait sa joie dans mon travail
C’est le fruit que j’en ai retiré
Ecclésiaste, II, 10
La Bible, Livre sacré
Moyen-Orient, IIIe s. av. J.-C.
La France a fait le choix délibéré de certaines tendances majeures en votre scolarisation de jeune. Ses conceptions de votre encadrement éducatif de junior élève, étudiant. Le « sort » réservé à votre nouvelle génération. Les aménagements académiques fort perfectibles pour vous, junior en études. La recherche d’un emploi est devenue extrêmement aléatoire pour votre jeunesse. L’obtention d’un vrai travail « ne va plus de soi » pour vous, jeune. La pérennisation professionnelle se fait donc des plus délicates pour toute votre néogénération en son ensemble.
Pour autant la locution latine : « Labor omnia vincit improbus », « Un travail acharné vient à bout de tout-736 », est plus que jamais un impératif comme une « sauvegarde ». Ceux d’une bonne insertion adulte par l’effort, la persévérance, la ténacité scolaires et professionnels de tout jeune. De son épanouissement tout autant. Quels sont le contexte, la philosophie de ces vers du poète latin Virgile (70-19 av. J.-C.) en ses Géorgiques, (Rome, 36-29 av. J.-C.) ? Le poème promeut les milieux agrestes, le travail terrien, les valeurs rurales. Sous l’Empereur Auguste (63 av. J.-C.-14) le peuple romain est fort lassé de décennies de guerres civiles, veut la paix. Les campagnes deviennent alors symboles de quiétude et de labeur reconstructeur. Thème de l’État français dit de Vichy (1940-1944) : » La terre ne ment pas » !
Au-delà aujourd’hui la jeunesse sous la guidance des adultes se doit de revenir à des valeurs plus authentiques et saines. Moins hédonistes, matérialistes et consuméristes. Plus éthiques, spirituelles, humanistes. Telle est la clé de la pleine « réalisation de soi ». Le reste n’est qu’illusoire, que trompeur, décevant. Tout cela passe par la meilleure éducation idoine possible. De fait, les années d’études marquent les jeunes à vie. Ainsi un ex-scolarisé devenu adulte revient à son ancien collège deux décennies plus tard. Il se désole de constater que les bâtiments sont désormais à l’abandon, ouverts à tous les vents. Tout est resté en l’état avant démolition, l’établissement étant reconstruit ailleurs. Les divers matériaux de cours sont encore là. L’ancien collégien parcourt les lieux lugubres avec nostalgie. Les figures du passé resurgissent devant lui in situ. Il comprend alors que les années de formation sont les plus fortes !
Nous gagnons notre vie avec ce que nous recevons
Or, nous lui donnons un sens avec ce que nous offrons
W. Churchill
Homme d’État, Royaume-Uni, 1874-1965
[ LES FONDEMENTS MAJEURS ]
DE NOTRE SYSTÈME ÉDUCATIF POUR VOUS, ÉLÈVE
L’école française de la Renaissance / d’Ancien Régime (1492-1589-1789). De l’Instruction Publique (1789-1932). De l’Éducation Nationale (1932-). Toutes ont bâti pour la France, vous, jeune, un système éducatif cohérent. Avec ses forces et ses faiblesses. Certains de ses fondements même étant issus de l’éducation antique (510 av. J.-C.-476), médiévale (476-1492). Vous, scolarisé d’aujourd’hui, connaissez un parcours d’études, une structuration d’enseignements particuliers à « racines » profondes, anciennes. Cela retentit également sur la bonne gestion de l’école, les types de transmissions voulus, l’accès aux formations c’est-à-dire « l’égalité des chances scolaires ».
La série télévisée dramatique française de France 2, Madame le Proviseur, devenue Madame la Proviseure est diffusée de 1994 à 2006. En onze saisons et vingt-six épisodes. (Dernier réalisateur : P. Bérenger). Elle dépeint bien les jours ordinaires et tumultueux d’un grand lycée parisien favorisé et fictif, le lycée Eugène Belgrand, dans le seizième arrondissement. Puis à Sceaux. Le tournage a lieu aux lycées Molière, Jean-Baptiste-Say (Paris 16) et Marie-Curie (Sceaux).
Cette série s’inspire de l’essai sociologique éponyme de M. Gentzbittel, (France, 1988), célèbre proviseure du lycée parisien Fénelon dans les années 1980 et 1990-737. Elle donne une bonne idée certes fictionnelle or, plutôt réaliste de l’existence quotidienne académique, extrascolaire des lycéens d’aujourd’hui. Joies, peines, échecs, réussites des jeunes entre études, famille et copains, amours, loisirs et passions du vécu adolescent conventionnel comme atypique. En autant de « parcours » personnels d’élèves. Or, il est à regretter que notre école soit moins faite pour « former tous que promouvoir certains ».
« Un élève ce n’est pas uniquement un cerveau, une moyenne trimestrielle. C’est un corps comme des vêtements, c’est de l’os et de la tripe, c’est du pittoresque et de l’intrigant. C’est de la réussite et du déshonneur, c’est du mensonge et de la solitude, c’est du rire. C’est de l’absence, de la paresse, de la vie et quelquefois de la mort. […] ». « Un lycée ressemble aujourd’hui au désert de Gobi. Pour que les uns survivent et atteignent leur but, étanchent leur soif, il faut que d’autres périssent, s’épuisent et désespèrent ».
(M. Gentzbittel, cheffe d’établissement d’enseignement secondaire & supérieur française, 1935-2016, La Cause des élèves, essai sociologique et éducatif, France, 1991)-738.
– Éducation Nationale, Vous, Scolarisé –
Analyse, Perspectives Évolutives
Formation est un terme de 1160 issu du « latin formatio, de formare, former. (XXe s.) Éducation intellectuelle et morale d’un être humain ; moyens par lesquels on la dirige, l’acquiert ; les résultats ainsi obtenus. Ensemble des connaissances théoriques et pratiques en une technique, un métier ; leur acquisition ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-739.
La formation des jeunes est le processus global qui leur permet de faire des études. Pour acquérir connaissances, savoirs, humanisme, comme se préparer à l’emploi professionnel, la vie adulte. L’école n’est légalement pas obligatoire en France, c’est l’instruction qui l’est de trois à seize ans. Cela signifie que les parents qui le souhaitent peuvent faire instruire leurs enfants eux-mêmes à leur maison ou aussi par des précepteurs privés de leur choix. L’État s’assurant de l’effectivité, de la qualité et des résultats « satisfaisants » de cet enseignement par des inspections très régulières. Ce type de formation reste marginal en France. L’école devrait ouvrir les esprits et former, enrichir, libérer, épanouir.
Elle a peut-être en partie atteint ces objectifs humanistes avant les massifications de ses publics antérieurement au Second Conflit mondial (1939-1945). Les scolarisés peu nombreux de milieux homogènes, favorisés et motivés « parlaient le même langage » que leur école, partageaient les mêmes « objectifs ». Les études de lycée, comme supérieures menaient peu ou prou des jeunes déjà cultivés, nantis, gratifiés vers des positions socioprofessionnelles enviables. Les études n’étaient qu’une simple confirmation de positions familiales supérieures déjà solidement préétablies.
Le milieu d’origine, non l’école d’alors déterminait les destinées de tous-740. Dès les années 1930 le système mute. Il est confié à la seule école la tâche de sélectionner les meilleurs. Ceux dont la nouvelle société a besoin pour en faire ses « fers de lance » les plus dynamiques. Promouvoir, valider l’emporte définitivement sur former et éduquer. Schématiquement quatre « phases historiques » successives récentes de l’école française peuvent être très clairement isolées-741. Il n’est pas certain hélas que l’intérêt des jeunes soit toujours plus et mieux assuré aujourd’hui qu’auparavant !
Sous l’Ancien Régime (France, 1589-1789), à l’ère moderne, les hautes classes de la société n’ont nul besoin de l’école pour « parvenir ». Leur appartenance de caste se suffit à elle-même pour occuper déjà au préalable les sommets. Même si cela commence à changer vers la fin du régime monarchique. L’école chrétienne pour l’essentiel tente d’inculquer des rudiments au plus grand nombre possible. De la Révolution (France, 1789-1799) aux Années folles (France, 1920-1929), « âge d’or de la scolarisation », l’enseignement s’universalise peu à peu tout d’abord pour l’enfance.
L’objectif est de former la jeunesse pour en faire des adultes accomplis, la préparer à la vie en société, former aux métiers. Faire acquérir un bagage suffisant propre à bien servir toute l’existence durant, un viatique sûr et durable en des temps de relative stabilité. Tout mute avec les années 1930. Les études secondaires puis supérieures finissent fort alors par se généraliser pour les adolescents et les jeunes de tous milieux filles comprises. Le certificat d’études primaires est de plus en plus éclipsé par le brevet des collèges puis par le baccalauréat. Enfin, par les diplômes de l’enseignement supérieur. Simplement former ne suffit plus !
Il s’agit maintenant de distinguer une « élite » en tous domaines par le mérite, non plus le seul milieu social d’origine. Or, dès les années 1970 ce fort bel ordonnancement se dérègle. La démocratisation s’étiole. Le système atteint ses limites. Le milieu d’origine reprend toute son importance, lequel avait été un peu limité par la « méritocratie » des quatre décennies antérieures. En outre les jeunes nord-américains et germaniques ou scandinaves sont bien plus épanouis, autonomes et mûrs que nos jeunes français. Car ils vivent plus entre eux en campus au lieu de demeurer si interminablement « confinés » chez leurs parents.
Ils font plus d’études supérieures qu’en notre pays. En France, il n’y a que des lieux d’enseignement et des résidences d’étudiants. Il convient de créer de véritables « campus » comme dans le monde anglo-américain. Pour que nos juniors puissent s’y épanouir entre eux au lieu de se languir en solitude-742. La massification des effectifs « engorge » fort désormais tout l’édifice scolaire. L’on sera passé au cours de la seconde moitié du vingtième siècle et au début du vingt-et-unième d’un enseignement quasi « ésotérique » à une éducation « exotérique ». De savoirs réservés à un très petit nombre de jeunes à des connaissances diffusées à tous.
Les conditions d’éducation se font bien plus difficiles. Violences, échecs se multiplient. La sélectivité élitiste si renforcée par la prégnance de l’origine sociale s’accroît. L’hétérogénéité des publics scolarisés, leur inadaptation aux règles intellectualistes de l’école disqualifient de très nombreux jeunes incapables de s’adapter. Tout ceci fait désormais de l’éducation une mission devenue quasiment impossible. Entre exclusion des « mauvais », gardiennage des « moyens », promotion des seuls « meilleurs ». Le « langage » des enseignés et celui des enseignants, de l’institution scolaire ont tellement divergé que la « faillite » du système est patente.
Seuls les mieux armés, préparés intellectuellement, psychiquement, culturellement et socialement bénéficient pleinement de la sélectivité scolaire. L’école religieuse chrétienne médiévale d’abord, puis d’Ancien Régime avait pour tâche essentielle de former surtout des clercs et savants. L’école républicaine du dix-neuvième siècle des intellectuels. Puis l’école postmoderne d’aujourd’hui des travailleurs d’entreprises. Les deux premiers enseignements avaient des publics « choisis » aptes aux vocations prédestinées, en position d’y parvenir.
Les potaches actuels innombrables ne pourront tous prétendre aux seules fonctions de l’encadrement de l’économie postcapitaliste de marché. Ils sont pour beaucoup d’entre eux dépourvus des outils indispensables d’appréhension adéquate du raisonnement intellectuel abouti. Tel qu’il est exigé par les études secondaires comme supérieures. De larges pans de scolarisés « se noient » peu à peu sans jamais parvenir à émerger. Concernant la plupart des établissements éducatifs « ordinaires » le collège se primarise, le lycée se collégiarise, le supérieur se « secondarise ». Nombre d’élèves parviennent aux échelons supérieurs sans pour autant en avoir jamais le niveau.
En aval les employeurs se plaignent de la mauvaise formation des candidats à l’embauche. Il commence même à se murmurer que le Brevet des collèges est du niveau de l’ancien Certificat d’études du primaire. Le baccalauréat de celui du brevet du passé. La licence universitaire de la qualité du baccalauréat d’avant 1960… Le problème reste entier. Malgré sa massification notre enseignement supérieur reste fermé à la jeunesse. Quatre-vingts pour cent d’une classe d’âge suivent des études supérieures en Suède. À peine 55 pour cent en France selon l’Unesco. Retard qui nuit fort au pays !
Plus que jamais l’Éducation nationale « monstre difforme impuissant » est l’Enseignement national. Ex- « Instruction publique », appellation officielle jusqu’au début des années 1930. Cette institution est un véritable « Grand Corps malade » pour paraphraser le pseudonyme d’un artiste français. Elle est celle des transmissions académiques mais non des jeunes eux-mêmes qui ne s’y reconnaissent pas. Pourquoi ? Parce qu’elle refuse de les considérer ès qualité en tant que juniors. N’accepte alors de ne les traiter que comme élèves usagers administratifs anonymes indifférenciés de formations.
En cela réside l’origine de la « faillite » du système-743. L’enseignement doit être éducation. Il a vocation à s’emplir d’humanisme et d’ouverture, de liberté, d’audace, d’originalité. Ainsi avec le personnage du professeur J. Keating incarné par l’acteur R. Williams, (États-Unis, 1951-2014), enseignant fort atypique de littérature. En un élitiste internat américain ultrarigide de fin des années 1950 en la comédie dramatique cinématographique Le Cercle des poètes disparus. (P. Weir, États-Unis, 1989). Cet enseignant hors pair marque ses élèves et les jeunes spectateurs leur inculquant le refus total des conventions du « prêt-à-penser intellectuel ». La forte nécessité d’être eux-mêmes, de s’affirmer à leur façon-744.
Les évolutions historiques du fait scolaire, de la scolarisation des jeunes français nous rapportent des tendances clefs. Sur la place des juniors en notre pays, le dessein que forme pour eux notre société. Distinguons l’enseignement secondaire et supérieur du junior français de l’Antiquité « humaniste » (Gaule, 510 av. J.-C.-476). Du Moyen Âge « spiritualiste » (Francie, France, 476-1492). De l’ère moderne monarchique capétienne « intellectualiste » (France, 1492-1789). Cette école est fort rare, réservée à une catégorie limitée, choisie de juniors.
Depuis le gouvernement royal jusqu’à nos jours il s’agit d’une « longue marche » progressive qui marque le souci d’éduquer, de former, d’intégrer les plus jeunes. C’est une mission d’Église pour un relatif petit nombre de privilégiés avant 1789 et jusqu’au début de la Troisième République (France, 1870-1940). L’Éducation est nationale, universelle, Service public d’État par étapes à partir de la fin du dix-neuvième siècle. Peu à peu l’Église de Rome ne régit plus que le seul enseignement dit privé, non plus toute l’éducation.
Avec les années 1950–1960 tout jeune notamment mineur devient avant tout un élève. Depuis la Révolution française (1789-1799) notre école contemporaine républicaine passe de l’ « exception » jusqu’aux réformes de J. Ferry, (Homme d’État, France, 1832-1893) un siècle plus tard à la « normalisation ». De la fin du dix-neuvième siècle aux années 1960. Puis à l’ « universalité » des scolarisations sous la Cinquième République (France, 1990-)-745.
L’explosion la plus remarquable des effectifs alors scolarisés comme du nombre total des jeunes diplômés notamment des enseignements supérieurs intervient depuis les débuts des années 1990. L’allongement généralisé des études pour la plupart des juniors est un fait patent. En France depuis trente ans le « culte du parchemin » atteint son paroxysme. En des temps où plus que jamais s’il n’est plus suffisant le diplôme est devenu absolument indispensable à l’acquisition d’un emploi. Même peu voire « non qualifié ».
L’école ancienne secondaire, supérieure de l’Antiquité, du Moyen Âge a donc pour vocation première de former de « purs lettrés » puis des clercs. Soit de « beaux esprits ». L’école moderne de l’Ancien Régime concerne avant tout les classes moyennes de la bourgeoisie. L’aristocratie se forme en son milieu clos, le peuple n’a pas ou peu accès aux études. Elles sont fort nécessaires à l’université pour conduire à certains métiers réglementés. Comme surtout les professions théologiques, juridiques, médicales. L’école secondaire et supérieure contemporaine post-Révolution (1789-2020) connaît donc trois phases successives.
De 1789 à J. Ferry (1879-1883) soit presque un siècle plus tard la scolarisation se développe or, n’est pas encore vraiment universelle, démocratisée. Seul le Certificat d’études primaires élémentaires (1882-1989) deviendra le diplôme « du plus grand nombre »-746. De la fin du dix-neuvième siècle à 1960 le mouvement perdure. L’enseignement devient obligatoire jusqu’à douze, quatorze, puis seize ans. Après le primaire le secondaire se répand. L’enseignement supérieur reste des plus limités. L’université forme alors surtout de futurs « intellectuels ». Le Diplôme national du brevet, (Dep., 1947/1988) est le niveau le plus courant avant 1980-747. C’est-à-dire une formation de base de premier cycle complet de l’enseignement secondaire.
Avec la Cinquième République (1958-) la formation théorique et pratique poussée avant l’emploi devient la règle pour tous les jeunes. L’enseignement supérieur progresse à son tour. Il s’agit désormais de former surtout de futurs professionnels et cadres d’entreprise-748. À partir du début des années 1990 les études de lycée, d’université connaissent un « boom » d’ampleur inédite. Le baccalauréat, (Dep. le XIIIe s./1808) puis les diplômes de l’enseignement supérieur deviennent l’objectif premier. Tant pour les jeunes que des familles. Telle est la forte « massification » des effectifs scolarisés. D’un strict point de vue de la démocratisation rappelons que son apogée se situe entre 1930 et 1970. Après les bouleversements du « pic » scolaire des années 1960-1970 une progression plus spectaculaire encore intervient avec les décennies 1990, 2000 et 2010.
En un seul tiers de siècle entre le milieu des années 1980 et la fin des années 2010 le nombre de bacheliers triple presque. Il « frôle » alors les sept cent mille récipiendaires. Les étudiants sont désormais deux millions sept cent mille aujourd’hui. L’ensemble de la nouvelle génération fréquente le collège puis de plus en plus le lycée. En 2018, 79,9 pour cent d’une génération obtient son baccalauréat, l’université s’ouvre à quasi tous les milieux de juniors. Les études se sont prolongées de façon phénoménale pour l’ensemble de la jeunesse. L’âge moyen de l’arrêt de la scolarité s’établit à vingt-deux ans soit six années après la fin de l’obligation scolaire à seize ans. Cela équivaut dans l’absolu à un niveau bac plus quatre années d’études supérieures, un master 1 universitaire. (Depuis 2003).
Également au diplôme d’une « école d’enseignement supérieur » dont les études durent quatre années-749. L’essor aussi fulgurant, exponentiel des organismes de soutien scolaire en atteste. L’école demeure fabuleusement surinvestie en l’espérance des familles, des jeunes pour l’emploi, la mobilité sociale. Pour autant depuis les années 2000 « le cœur n’y est plus ». Chacun mesure fort combien le temps de la « patrimonialité des offices », (vénalité / hérédité) d’Ancien Régime français (1589-1789) redevient d’actualité-750. Que ce qui avait été présenté comme une « chance pour tous » ne l’est en réalité que pour certains élus ! Le coût croissant d’une année d’études, le moindre « rendement » des certifications sont des plus dissuasifs.
Outre le diplôme le milieu socioculturel, ethnique, d’origine, le tissu relationnel, tout le poids matériel, financier ou patrimonial des familles l’emportent de plus en plus. En une sorte de « rétrogradation historique régressive » à des contextes antérieurs que l’on croyait révolus à tout jamais. Certes les jeunes français sont plus nombreux à être scolarisés, diplômés, le sont plus longtemps, mieux. Les filles qui ont longtemps été sous-éduquées par rapport aux garçons ont « rattrapé leur retard ». Elles ont même dépassé leurs camarades masculins en certains points, domaines. Toutefois les filières les plus prisées demeurent l’apanage des garçons.
Ainsi si les jeunes filles l’emportent désormais en études de médecine c’est que le métier est devenu moins « attractif ». Les garçons s’en détournent plus mais les hommes continuent à détenir les meilleurs des postes « hiérarchiques ». En l’activité professionnelle médicale comme plus généralement au sein des secteurs d’emploi les plus recherchés. Les juniors savent qu’ils doivent toujours et encore en passer par les « fourches caudines » de la réussite ou de l’échec. D’une sélection de plus en plus draconienne, ce qui ne va pas sans anxiétés accrues.
Trop de jeunes sortent chaque année du champ scolaire sans qualification aucune. Avec des certifications fort insuffisantes, peu ou non « monnayables » sur le marché de l’emploi. Globalement les filles travaillent plus et mieux que les garçons, font désormais plus d’études qu’eux. Sont plus nombreuses à étudier et y réussissent bien mieux que leurs homologues masculins. Elles sont meilleures en leurs capacités de verbalisation comme d’abstractions intellectuelles. Les garçons quant à eux en intelligence mathématique, spatiale.
Le mal-être psychosocial notamment des étudiants grandit. Avec le gigantisme de ce nouveau système éducatif, la non-reconnaissance faite aux juniors, l’avenir incertain qu’il assure. Se multiplient dépressions, surmenage, stress, violences, retards, absentéismes, exclusions et mauvaises conditions de travail, dépersonnalisation. Non-travail, efforts, ténacité insuffisants, tricheries, indiscipline, blocages, rejets, phobies scolaires, redoublements, déqualifications. En outre la France accuse encore un coupable net retard en matière d’accès, de démocratisation des enseignements supérieurs. Notamment ceux parmi les plus « exigeants, d’excellence »-751.
55 pour cent de la néogénération française accomplit des études supérieures. Les deux tiers aux États-Unis, les trois quarts en Europe du Nord ou même 80 pour cent en Suède. S’accentuent à tous les niveaux baisse d’exigences comme inadaptations des dispositions de certains jeunes au moule scolaire français. Très mauvaises relations avec les enseignants, l’administration, abandon des études avant leur achèvement, échecs… Avec notamment un réel marasme collégien comme étudiant. L’école française est rigide, verticale, autoritaire, impersonnelle, trop peu humaine, ouverte et trop austère.
Cela fait qu’elle est l’une des plus dysfonctionnelles, inhospitalières, inefficaces d’Occident. Nos juniors y souffrent, s’ennuient au lieu de s’y épanouir. Ils n’y sont pas assez compris, pris en compte, aimés. Tout le système éducatif s’en défie, les traite de façon hostile en ennemis. Il n’est tenu compte ni de leurs besoins et attentes ni de leurs réalités juvéniles. L’école multiplie alors les maladresses coupables à l’égard de tous ses publics, ne sait susciter que leur compréhensible hostilité. L’Éducation française rate ses objectifs éducatifs car elle n’est pas conçue pour ses publics mais pour elle-même ! Un comble ! Imagine-t-on une entreprise indifférente à ses clients ?
Alors ce paradoxe : les jeunes sont de plus en plus consommateurs d’études, attestations diplômantes. Ils adhérent de moins en moins à l’institution scolaire, ses rites, ses valeurs, contraintes. La conception ultraconsumériste et utilitariste prévaut. L’on étudie plus pour être labellisé, estampillé et validé que pour s’enrichir, se former ou apprendre. Ce pragmatisme néoréaliste s’explique en partie par la conjoncture économique si défavorable et l’esprit du temps. D’autant plus que les élèves de tous niveaux voient bien qu’ils ne sont en leurs études, le système éducatif français que « quantité très négligeable ».
La grande charte éducative de 1989 plaçant l’élève « au centre du système éducatif » a à cet égard « fait très long feu ». L’école nationale secondaire comme supérieure n’arrive pas à « donner leur pleine chance éducative et d’épanouissement » à tous ses usagers. Massifiée, « aveugle, sourde, muette, indifférente » à beaucoup elle exclut tous ceux qui ne sont pas jugés « conformes ». Elle convient bien à l’élève moyen « formaté » pour le système et son « logiciel pré-installé »-752.
Les éléments les plus brillants et plus encore ceux qui sont en difficulté sont marginalisés, incompris, délaissés, exclus. L’école de ce pays attend de l’élève capacités mnémoniques, pensée convenue, automatismes de pure commande. Autonomie, originalité, liberté d’esprit, affirmation de personnalités fortes, « iconoclastes » sont fort combattues. Par un système éducatif rigide, autoritaire et conformiste. Il s’agit de façonner de pâles exécutants, non des meneurs charismatiques, à l’image d’une société trop « figée, passéiste, sans imagination ». Pour tout dire en « marasme inquiétant ».
Pour la majorité des jeunes le temps des études n’est plus depuis quarante ans celui de la joie des apprentissages mais de la très morne résignation. De plus en plus d’étudiants connaissent des conditions de vie économique fort difficiles. Un tiers d’entre eux ne mange pas à sa faim ! Le défaut académique remplace l’adhésion éducative. Quoi qu’il en soit il vaut bien mieux être étudiant. Avec ou sans emploi de complément, les quelques avantages que cela comporte en terme de « statut social » d’importance relative. Que chômeur en « déchéance absolue » ou même salarié déclassé. Seuls les ressortissants ultraminoritaires des filières d’élite « surnagent » vraiment. L’encadrement pédagogique de l’école est aléatoire en ses résultats effectifs pour l’élève. Un système de soutien scolaire insuffisant tente d’y remédier.
Notre pays est l’un de ceux qui en Occident connaît le plus de « déperdition » entre le nombre total des scolarisés et celui des diplômés qui est bien moindre. Nous scolarisons moins de jeunes en l’enseignement supérieur que certains pays en Amérique du Nord, Scandinavie. Les moyens financiers qui lui sont alloués sont inférieurs chez nous et l’échec scolaire à tous niveaux bien plus élevé. Car nos jeunes sont moins bien préparés, notre enseignement plus normatif, lourd qu’ailleurs.
Notre école de masse impersonnelle, rigide, anonyme secrète et amplifie chez nombre de juniors la démotivation, le mal-être. La fatigue excessive, l’anxiété, l’inadaptation, la solitude, la démobilisation, les forts découragements et saturations. L’incapacité totale de travailler, la révolte, les désespoirs, dégoûts et angoisses scolaires, les mauvaises orientations en cascade, abandons d’études. Il y a surcharge des tâches et des espaces, délabrement de locaux inadaptés, manque de moyens, mauvaises ambiance ou normes de travail. Relations difficiles avec les enseignants ou l’administration.
Un certain nombre de jeunes ne peuvent se faire à la dure rigueur scolaire habituelle. Ils nécessitent un traitement différent adéquat hélas souvent inexistant ou même défaillant lui aussi ! Les enseignants sont également touchés par les conditions souvent désastreuses de leur métier. Le suicide en milieu étudiant est préoccupant. Les juniors ne voient pas assez les finalités de leurs études. Le monde, la jeunesse ont bien plus changé que l’école elle-même. Le public rare, sélectionné, cultivé, motivé antérieur aux années 1960 a laissé place au « tout-venant ».
Qui souvent ne fait d’études que car cela est devenu un impératif pour l’emploi ou par défaut « faute de mieux » en attendant. Les codes scolaires ne peuvent être assimilés par des publics trop pléthoriques, hétérogènes, trop étrangers à leur sens. Depuis trente ans cela s’aggrave. Une bonne partie de la jeunesse y compris dans l’enseignement supérieur ne suit plus aucun cours pour s’instruire, s’enrichir ou se former. Or, pour le seul diplôme promu au rang de « Saint Graal » sans avoir nullement les aptitudes requises. La « quantité » a tué la « qualité » aussi sûrement que la mauvaise monnaie chasse la bonne.
Sous la Rome antique (509 av. J.-C.-395), entre les douze et dix-sept ans environ les jeunes hommes aristocrates fréquentent l’enseignement du grammairien. Cette fort solide éducation secondaire repose alors essentiellement sur la culture et la langue helléniques du temps et la grammaire. Les très grands poètes grecs tel Homère (fin VIIIe s. av. J.-C.) et latins comme Virgile (70-19 av. J.-C.) sont surtout étudiés. Puis vient l’enseignement du rhéteur. Axé sur des éléments du droit, la rhétorique, l’art oratoire, de l’éloquence, du bien parler, de convaincre.
Par la bonne capacité à défendre, exposer avec fortes convictions, crédibilité et pertinence des idées, des causes, des débats contradictoires. Ces études concernent la descendance des grandes familles patriciennes et la destinent aux carrières publiques et politiques. Les jeunes filles favorisées quant à elles étudient avec des précepteurs particuliers ou en des écoles privées. Elles apprennent les auteurs latins et grecs, le chant et des instruments de musique, cithare, lyre-753. À la fin de l’empire romain d’Occident (476) l’Église assure seule la gestion de l’éducation surtout pour les futurs clercs. Littérature, religion y sont enseignées.
Au cours du haut Moyen Âge européen du cinquième au dixième siècle nombre d’écoles monastiques, épiscopales / cathédrales et paroissiales se développent alors. Scriptoriums, bibliothèques conventuels se multiplient. Les écoles abbatiales arrivent à leur apogée maximale à l’époque carolingienne jusqu’au onzième siècle. Les plus « célèbres » sont celles du Bec-Hellouin en Normandie (1045), de Cluny en Bourgogne (Xe s.), aussi de Saint-Victor et Sainte-Geneviève (XIe s.) à Paris. À partir du douzième siècle les écoles « épiscopales-cathédrales » urbaines finissent par l’emporter en prestige et en attraction sur les autres.
Au Moyen Âge tardif du onzième au quinzième siècle les écoles épiscopales constituent le réseau éducatif le plus important et recherché. Elles sont gérées par les chanoines des chapitres des cathédrales d’où la dénomination également d’écoles capitulaires. L’enseignement est inculqué par des maîtres, les magister. Il s’agit alors de clercs diplômés d’une « licence d’enseigner », Licentia Docendi, délivrée par le chancelier de la cathédrale, autorité suprême de l’école épiscopale. Globalement la gratuité des cours prévaut. Les écoles épiscopales de Paris et de Chartres figurent en leur temps parmi les plus fameuses de la seconde partie de notre ère médiévale.
À partir de la fin du douzième siècle se créent ce qui sera appelé des collèges. À l’origine il s’agit de fondations caritatives, de mécénat destinées à l’hébergement, la restauration, au soutien scolaire d’étudiants défavorisés. À qui il est octroyé une bourse d’études. Ces jeunes suivent leurs cours à l’université comme les autres. Les fondateurs sont des gouvernants ou des dignitaires religieux puissants. À la fin de l’ère médiévale les collèges sont peu à peu devenus des lieux d’enseignement à part entière en sus des cursus de l’université.
Les plus célèbres sont à Paris les collèges d’Harcourt (1280), de Sorbonne (1253), de Navarre (1304). Cependant contrairement aux universités les collèges d’enseignement médiévaux ne sont habilités à conférer ni grades ni diplômes universitaires. À partir du douzième siècle pour s’affranchir de l’obédience des écoles épiscopales dominantes les clercs se regroupent en corporations savantes : Universitates Studiorum. Avec pour objectifs affichés la recherche, l’enseignement en toute indépendance. Les universités se voient accorder par la papauté des bulles fondant leur liberté à l’égard de tout pouvoir extérieur temporel comme spirituel.
Il s’agit des Libertas Academica, l’autonomie intellectuelle. L’Université de Paris (1150) avec celles de Bologne (1088), d’Oxford (1096), de Cambridge (1209) est l’une des premières à voir le jour. Approuvée par le roi de France Philippe Auguste (1165-1223) en 1200 et par le pape Innocent III (1160-1216) en 1215. Enseignants comme étudiants clercs bénéficient d’un statut juridique et judiciaire hors du « droit commun » d’une justice propre. Les charges militaires et en partie d’impositions leur sont épargnées. En 1215, statuts comme discipline ainsi que programmes sont établis.
À partir de 1231 l’université parisienne ne relève que de l’autorité et la protection de la papauté. L’université est constituée d’une faculté de formation générale et préparatoire, la faculté des Arts mais aussi de trois facultés spécialisées, Droit, Médecine, Théologie. Le baccalauréat (XIIIe s.) sanctionne la fin des études des Arts. La licence (XIIe s.) comme le doctorat (XIIIe s.) sont ensuite les deux grades délivrés par les facultés spécialisées. L’enseignement universitaire concerne alors tout d’abord les arts libéraux. Enseignement généraliste délivré dans les écoles et universités avec deux grands cycles pédagogiques. Le premier cycle à dominante littéraire et philosophique concerne le Trivium : rhétorique et dialectique comme aussi grammaire.
Le second cycle dit Quadrivium est consacré aux seules sciences, dispense un cursus d’arithmétique, de géométrie, d’astronomie et de musique. Les fondements savants reposent sur les textes sacrés, bibliques, ecclésiaux. En faculté des Arts les cours débutent par des lectures, analyses de textes, Lectio. Ensuite la thèse des auteurs est disséquée, critiquée en disputatio. Puis l’enseignant donne son avis final en determinatio. La seule langue des études au Moyen Âge (476-1492) comme à l’époque moderne (1492-1789) reste le latin.
Les fondements pédagogiques et intellectuels demeurent ceux de l’Antiquité classique gréco-romaine (509 av.J.-C.-395). Les enseignants européens les plus brillants du Moyen Âge sont fort célèbres. Gerbert d’Aurillac (945-1003), Fulbert de Chartres (960-1028), Bérenger de Tours (998-1088), Anselme de Cantorbéry (1033-1109). P. Abélard (1079-1142) et P. Lombard (1100-1160), T. d’Aquin (1224-1274), Siger de Brabant (1240-1284)-754… En autant de forts esprits. Qui auront marqué leur temps par leur fulgurance tant académique que spirituelle et au-delà.
À partir du seizième siècle, de la Renaissance l’école française de notre ère moderne se répand. Elle est alors très stimulée par l’essor de l’imprimerie, l’émulation entre la Réforme protestante, (Dès XVe s.) et celle de l’Église romaine (XVIe s.). Elle détient un « quasi-monopole » légal en matière d’enseignement, d’éducation académiques officiels. Cela s’accentue fort au Grand Siècle (XVIIe s.), surtout à celui des Lumières (XVIIIe s.) sous l’égide quasi exclusive de l’Église. Même s’il n’y a pas encore de réel « système éducatif ».
Lequel ne commence à se construire très progressivement qu’à partir du seul dix-neuvième siècle. Ce mode éducatif classique dure trois siècles sous l’Ancien Régime monarchique jusqu’aux bouleversements révolutionnaires (XVIe au XVIIIe s.). Le « collège royal » voit le jour pour tous les adolescents masculins de l’enseignement secondaire. La discipline est très rigoureuse. Désormais pour la toute première fois les élèves sont enseignés séparément par niveaux d’études et âges homogènes correspondants. Enseignés comme enseignants se voient assigner un net statut hiérarchique dissemblable et subordonné pour les premiers et supérieur pour les seconds.
Au seizième siècle le collège recrute ses élèves essentiellement dans la bourgeoisie. À partir du dix-septième y viennent peu à peu les jeunes aristocrates. Puis au dernier siècle de la monarchie dite absolue les adolescents les plus méritants de milieux plus modestes peuvent à l’occasion y être scolarisés. Toutefois seuls les rejetons de la très haute société ont accès aux collèges parisiens et des grandes villes les plus sélectifs et prestigieux. Tout particulièrement ceux majoritaires fondés, gérés par l’ordre des Jésuites (XVIe s.). Tels ceux de Billom (1558), du Prytanée de La Flèche (1604) ou de Clermont (1563), l’actuel lycée parisien Louis-le-Grand (1682/1873-).
Par les Oratoriens notamment au collège de Juilly (1638-2012). Les pensionnats se développent car l’isolement et l’enfermement de la jeunesse savante sont réputés avoir une très grande vertu éducative et morale. Par coupure totale d’avec le monde extérieur temporel. Le collège forme les élites savantes de l’Ancien Régime (France, 1589-1789), une partie de celles de la Révolution (France, 1789-1799). Les enseignements ont pour seuls fondements l’humanisme antique gréco-romain, chrétien. Les langues anciennes, grec et latin, la morale antique, chrétienne, les humanités, la rhétorique classiques, les enseignements religieux.
L’Histoire ancienne, la philosophie scolastique… Peu de langues modernes, de disciplines scientifiques. Notre système d’enseignement secondaire des collèges et lycées actuels est aujourd’hui encore marqué par la pédagogie de la Ratio Studiorum des Pères Jésuites. Avec les notions toujours en cours de programmes, d’emploi du temps, de passage de classe en classe. D’évaluations trimestrielles, semestrielles, annuelles… Cet enseignement spirituel et classique forme le « bon chrétien », les élites religieuses, littéraires, médicales et juridiques d’un État monarchique et chrétien.
Les filles sont peu scolarisées pour la plupart. Les jeunes filles favorisées sont instruites à domicile et par leur préceptorat privé ou en des institutions purement religieuses comme les couvents féminins. Elles n’ont jamais accès aux humanités gréco-romaines des garçons et leur enseignement est généralement bien plus sommaire, d’ordre pratique et domestique. Il existe également des écoles secondaires d’enseignement professionnel fondées, gérées par les Frères des Écoles chrétiennes, (France, XVIIe s.). Celles créées par le pédagogue français J.-B. de La Salle (1651-1719). Pour les juniors plus modestes que ceux des collèges.
Le corps enseignant du secondaire et supérieur est essentiellement constitué de religieux réguliers et séculiers. Les universités dynamiques, attractives, ouvertes à l’international au Moyen Âge (XIIe-XIVe s.) ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes à l’époque moderne (XVIe-XVIIIe s.). Elles ont perdu de leur brio intellectuel et attirent fort peu de jeunes notamment de la meilleure société. Leur « pré carré » se replie sur la théologie. L’essentiel de l’enseignement supérieur a cours en dehors d’elle. Les écoles spécialisées post-collège commencent à se créer.
Beaucoup ne relèvent pas de l’Église contrairement aux collèges mais alors du seul gouvernement royal. Dès la fin de l’Ancien Régime français (XVIIIe s.) l’idée d’une « Éducation nationale » relevant de l’État non plus de l’Église commence à occuper les esprits. Avec l’expulsion de France des Jésuites en 1764, les idéaux des encyclopédistes ainsi que des Lumières et l’influence grandissante des Parlements, du gallicanisme-755. L’on commence à considérer l’enseignement non comme un privilège de caste or, tel un droit pour la plupart. Exigible par tout citoyen en tant que tel, non comme privilège de classe réservé à l’élite.
La période révolutionnaire supprime les congrégations religieuses notamment enseignantes. Les collèges royaux et les universités sont abolis. En 1795 les collèges sont remplacés par les écoles centrales. Le latin est désormais devancé par les disciplines scientifiques et les « sciences morales et politiques ». En 1794 sont créés le Conservatoire National des Arts et Métiers, Cnam, l’École Polytechnique, des Écoles de Santé. En 1795 naissent aussi ce qui deviendra plus tard l’École du Louvre, aussi l’École des Langues Orientales.
Le Collège de France succède au « Collège royal de France ». Prise par d’autres « urgences » la nouvelle Première République (1792-1804) ne peut véritablement pas remplacer l’architecture scolaire d’Ancien Régime (France, 1589-1789) disparue. Par une nouvelle à part entière. Ce sera l’affaire du siècle suivant, le dix-neuvième et surtout du vingtième. Pour la première fois l’enseignement français est un enseignement national d’État. L’Église en perd le monopole de fait-756.
Durant tout le dix-neuvième siècle l’enseignement secondaire, plus encore le supérieur, restent très élitistes et sélectifs. Ils demeurent le quasi-monopole de fait des jeunes de sexe masculin et des milieux favorisés. Du Premier Empire au milieu de la Troisième République (France, 1804-1914) moins de 5 pour cent de la classe d’âge masculine juvénile accède aux études secondaires. Moins encore aux cursus supérieurs. Les cours sont payants, très chers. Le système éducatif post-primaire est des plus malthusiens car avant tout conçu pour la seule promotion et la perpétuation des élites existantes. Non pour l’avancement de l’ensemble de la jeunesse.
Le milieu socioculturel d’une minorité l’emporte sur le mérite personnel de tous. Après l’échec des écoles centrales sous la Révolution les collèges royaux d’Ancien Régime (France, 1589-1789) sont remis à l’honneur sous le Premier Empire (France, 1804-1815) dès 1805. En tant que lycées impériaux ou collèges communaux. Le « lycée » est créé dès le Consulat (France, 1799-1804) en 1802. Il redevient collège royal sous la Restauration, la Monarchie de Juillet entre 1815 et 1848. Jusqu’aux tout débuts du siècle dernier sous la Troisième République (France, 1870-1940) les lycées se limitent à quelques dizaines. Tous les chefs lieux de préfectures n’en ont pas. Avant 1900 seuls quatre lycées comptent à Paris. De fait à l’époque obtenir le baccalauréat équivaut à l’admission en Grande école aujourd’hui.
Citons donc à Paris le lycée Charlemagne (1802), Condorcet (1803), Henri-IV (1796), Louis-le-Grand (1563). Le lycée public est alors géré par l’État. Les enseignants sont formés par l’École normale, l’agrégation. Les collèges sont plus nombreux et installés dans des villes secondaires. Leurs maîtres sont moins formés. L’État y exerce son contrôle. Les municipalités en ont la charge financière et matérielle. Certains deviendront lycées. Dès l’Empire (1804) avec l’autorisation de l’État et contre imposition financière spécifique il y a des établissements d’enseignement secondaire privés.
Ils sont ouverts par les seules congrégations enseignantes en externat ou internat. Ils connaissent grand succès de même que les petits séminaires à partir de la Restauration (1815). Ces derniers ont un enseignement secondaire généraliste de qualité ne préparant pas qu’à la prêtrise. Ils concurrencent fort les collèges royaux d’avant la Deuxième République (France, 1848-1852). La loi Falloux de 1850 instaure la pleine « liberté de l’enseignement secondaire ». Toutes les congrégations éducatives y compris celle des Jésuites bannis en 1764, réadmis en 1814 peuvent désormais enseigner. Sans autorisation de l’État.
Les conditions d’ouverture d’établissements sont des plus minimales. L’enseignement privé confessionnel est des plus prépondérants. Au dix-neuvième siècle comme avant la Révolution l’enseignement secondaire privé religieux fait florès. Car son modèle d’humanités classiques est toujours très prisé de tous les notables du temps. Latin, internat continuent à séduire la bourgeoisie. En outre les belles carrières professionnelles ne sont accessibles que via les meilleures écoles secondaires, le baccalauréat. Puis les universités, écoles d’enseignement supérieur. Concernant ces études supérieures leur premier rôle est de former essentiellement au droit comme à la médecine.
Le droit permet l’accès aux professions juridiques, de magistrat mais aussi surtout d’avocat. Le barreau peut en outre être prélude à carrière politique. Ainsi jusqu’au Premier Conflit mondial (1914-1918) et au Second (1939-1945) en France nombre de chefs d’État, de gouvernement ou de ministres sont d’anciens avocats. De nos jours encore l’ex-président de la République N. Sarkozy (France, 2007-2012) et aussi son prédécesseur F. Mitterrand (France, 1916-1996, mandats 1981-1995) ont été d’anciens avocats. Avant que de « se fixer » en politique. Dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle la médecine devient une carrière recherchée, prestigieuse.
Ainsi un fort grand président du Conseil (1906-1909/1917-1920), G. Clemenceau, (France, 1841-1929) a-t-il été médecin. En outre sont issues de l’ancienne faculté des Arts, la faculté des lettres comme celle des sciences. Elles demeurent marginales jusqu’aux débuts de la Troisième République (France, 1870-1940). Quant aux Grandes écoles les plus anciennes datent de l’Ancien Régime (France, 1589-1789) telle l’École des Ponts et Chaussées (1747), de la Révolution (France, 1789-1799) telle l’École Polytechnique (1794). Elles connaissent également un fort attrait. Citons aussi l’École militaire de Saint-Cyr (1802) et l’École Normale Supérieure (1794) avec ses deux filières littéraire et scientifique.
Les disciplines scientifiques du secondaire, des « classes préparatoires » sont revalorisées. Car elles seules permettent de réussir les concours d’entrée aux Grandes écoles scientifiques. Le programme, le système des collèges royaux d’Ancien Régime (France, 1589-1789) commencent à être rétablis dès le Consulat en 1802. Surtout avec la Restauration (France, 1815-1830). Le latin et le grec avaient déjà bien « décliné » depuis la fin du règne du roi Louis XIV (France, 1715), ainsi que les humanités littéraires et rhétoriques ou philosophiques. Ils l’emportent à nouveau sur les sciences comme sur les langues modernes.
P. Albertini, (historien français contemporain) note qu’à la fin du Second Empire (France, 1852-1870) l’enseignement classique se compare à ce qu’il était au Grand Siècle sous le roi Louis XIV (France, 1638-1715) ! Au long du dix-neuvième siècle prévaut un esprit à l’opposé des idéaux des Lumières, de la Révolution (France, 1789-1799) antireligieux. Les élites sont en quête de stabilité, tradition, spiritualité. Elles estiment que la valeur éducative, humaniste, de civilisation sur le modèle jésuitique ne peut reposer que sur la distanciation d’avec les aléas contemporains. Cela impose un enseignement intemporel, éternel, mystique, éthéré.
Dont le fondement repose sur la seule philosophie, la sagesse d’une Antiquité gréco-romaine idéalisée, formatée, revisitée et la piété chrétienne. Antiquité profane et foi chrétienne sont mêlées en un seul fondement, une seule finalité morale. Seuls jugés aptes à une éducation convenable de la jeunesse d’élite. Seul le latin est estimé mener à la maîtrise du français. Le thème latin, traduire du français en latin est privilégié, non la version latine, transposer du latin en français. L’enseignement secondaire classique est pétri d’humanités traditionnelles-757. L’idéal éducatif reste celui de l’académisme, l’humanisme antiques du Grand Siècle (France, XVIIe s.).
Histoire, géographie, langues vivantes, sciences mathématiques et physiques restent très minorées. Le professeur de lettres est donc le « deus ex machina » suprême des lycées. Concernant l’enseignement supérieur la Révolution (France, 1789-1799) avait aboli les grades universitaires. Le Consulat, l’Empire (France, 1799-1815) les rétablissent et unifient un système universitaire d’État fort homogène. Le droit et la médecine demeurent les cursus des élites. Le droit est basé sur le droit romain, le Code civil et la procédure. La jurisprudence concrète est privilégiée.
Le droit constitutionnel apparaît sous la Monarchie de Juillet (France, 1830-1848), l’économie politique sous le Second Empire (France, 1852-1870). Outre les facultés de médecine formant les seuls médecins, des écoles de médecine préparent des officiers de santé. Les étudiants en médecine sont peu nombreux. Les facultés de lettres : philosophie, histoire / géographie, littérature ancienne et littérature française, littérature étrangère et celles de sciences sont des plus insignifiantes. Elles servent à attribuer le baccalauréat. Il n’y a nuls étudiants propres or, enseignements pour tous. Comme aujourd’hui l’essentiel de la recherche scientifique existe hors université.
En quelques organismes extérieurs de grand prestige tels le Muséum d’Histoire naturelle (1635), le Collège de France (1530), l’École Pratique des Hautes Études (1868). Il y a aussi les écoles du gouvernement telles Polytechnique, Saint-Cyr ou Navale (1830) pour les officiers militaires. L’École des Ponts (1747), celle des Mines (1783), l’École Centrale (1829) forment les ingénieurs. L’École Normale Supérieure mène à l’agrégation, aux carrières d’enseignement, de recherche littéraires et scientifiques du secondaire et supérieur. À partir du Consulat (France, 1799-1804) l’Église n’a plus la mainmise sur les écoles secondaires, comme sous l’Ancien Régime (France, 1589-1789) sur les collèges royaux.
Désormais l’enseignement public est un monopole d’État. L’Église ne gère plus que ses propres institutions scolaires privées, les petits séminaires. Toutefois ces derniers ne doivent former que de futurs clercs. Jusqu’à la Deuxième République (1848-1852) la règle est largement ignorée. Nombre de jeunes fréquentent cet enseignement sans viser la seule vocation religieuse. Leur famille ne voulant pas les confier aux établissements d’enseignement secondaire public. La grande loi Falloux de 1850 instaure donc la liberté de l’enseignement secondaire. Ce qui implique un immense bouleversement éducatif inédit.
Désormais toutes les congrégations même non autorisées peuvent librement enseigner sans aucun contrôle sauf en matière d’hygiène, de moralité. Ce qui fait qu’aux débuts de la Troisième République (France, 1870-1940) l’enseignement secondaire privé scolarise plus de jeunes que son homologue public. Les ecclésiastiques peuvent même enseigner dans l’enseignement secondaire et supérieur public. En 1875 c’est la liberté de l’enseignement supérieur qui est proclamée. Des établissements privés d’enseignement supérieur se créent donc.
Jusqu’à la toute fin du Second Empire (France, 1852-1870) l’enseignement secondaire des filles est quasiment le « monopole » des congrégations religieuses féminines. En 1867 à l’instigation du ministre de l’Instruction V. Duruy, (France, 1811-1894) se créent des « cours secondaires » publics de jeunes filles. L’on y enseigne les lettres, les sciences, les langues vivantes, l’histoire, le dessin. C’est l’échec car l’Église s’y oppose fort voulant conserver tout son « monopole » de l’enseignement féminin. À partir des années 1880 au lycée le discours français l’emporte sur le discours latin au baccalauréat comme au concours général. La version, l’analyse des auteurs dépassent le thème et la rédaction.
La « rhétorique latine » disparaît au début du vingtième siècle. Le latin demeure obligatoire dans le secondaire classique. En 1882 se crée un baccalauréat de l’enseignement spécial qui devient enseignement secondaire moderne en 1891. Il mène à l’enseignement supérieur de sciences et médecine. La réforme de 1902 assure une égalité entre lettres et sciences dans le secondaire. Quatre voies s’ouvrent aux lycéens. Les baccalauréats A, latin-grec. B, latin-langues. C, latin-sciences. D, langues-sciences. Ce système perdure jusqu’à la réforme de 1965.
Le bac C est le plus recherché, le D déprécié et le A décline. Dans l’Entre-deux- guerres (1918-1939) la section A, latin-grec se renforce peu à peu. En 1939 les bacheliers A constituent presque un tiers des lauréats de fin des études secondaires et restent les élites d’excellence. Après guerre se crée une section d’élites minoritaires A’, latin-grec-sciences. Des débuts de la Troisième République à ceux de la Cinquième (France, 1870-1970) l’enseignement secondaire reste ce qu’il avait été depuis l’Ancien Régime (France, 1589-1789). Élitiste, humaniste et intellectualisé, abstrait, littéraire plus que scientifique, de culture générale, réservé à l’élite-758.
Le public enseigné est bourgeois, plus masculin que féminin, les enseignants bien formés, peu nombreux et aussi souvent agrégés. Les effectifs d’élèves restent très stables, limités jusqu’aux années 1930. À partir de la gratuité de tout l’enseignement secondaire en 1930 les lycéens commencent à être plus nombreux. Il faut encore attendre les années 1950 et surtout 1960 pour qu’ils commencent à croître de façon bien plus substantielle. Les lycées restent peu nombreux et urbains en moyenne jusqu’à la fin de la Quatrième République (France, 1946-1958). Un lycée de garçons, un de jeunes filles par préfecture, des collèges dans les sous-préfectures.
Alors les conditions d’études sont excellentes. Il n’y a encore que dix mille bacheliers en 1920, vingt mille en 1937 et trente mille en 1947. L’enseignement secondaire reste alors appréhendé comme d’excellence, d’élite et non encore de masse. Les familles modestes considèrent le lycée comme inaccessible, à trop long terme et peu propice à des professions disponibles. L’État estime que « trop » de bacheliers impliquerait trop de laissés pour compte faute de vrais débouchés assez suffisants. Les langues anciennes et vivantes restent des plus privilégiées ainsi que l’exercice traducteur de la version notamment latine.
De même « versions » anglaise, allemande l’emportent sur l’entraînement réel à la langue vernaculaire parlée. Composition française et explication de texte continuent à prédominer. Avec une fort nette prééminence de la langue, de la littérature classiques des dix-septième, dix-huitième, dix-neuvième siècles. Puis la dissertation littéraire et morale ou philosophique remplace peu à peu la classique rhétorique d’antan. La philosophie des classes de terminale se veut encore essentiellement « anti-scientiste ». En opposition anachronique et dépassée au scientisme des philosophes français Taine (1828-1893), Renan (1823-1892) en seconde moitié du dix-neuvième siècle.
Avant 1950 en enseignements secondaires généraux les disciplines scientifiques demeurent fort marginales et insuffisantes. Comme aussi l’éducation physique et sportive. Les enseignements littéraires continuent à dominer. Trop peu d’ingénieurs, de scientifiques sont formés. La loi C. Sée (1847-1919) de 1880 crée pour la première fois en France un véritable enseignement secondaire féminin. Même s’il est encore différent, de moindre exigence, séparé de celui des garçons qui seul reste encore principal et premier.
Cet enseignement privilégie les humanités dites « modernes », langues vivantes, français. Le concret, l’oral, le dynamique vivant en sont la « marque de fabrique » bien plus que pour les garçons. Les langues anciennes sont absentes et les sciences laissées à la « portion congrue ». Cet enseignement contrairement à celui des garçons n’est pas sanctionné par le baccalauréat. Pour être malgré tout bachelières les filles se doivent alors de préparer leur l’examen individuellement et en dehors de leur cursus d’études. Émerge donc logiquement une nouvelle catégorie d’enseignants, les enseignantes du secondaire.
En 1924 les études secondaires des filles et celles des garçons deviennent enfin identiques, uniques. Tant en matière de durée, programmes, comme d’objectifs pédagogiques. Les humanités classiques deviennent alors le moule unique de tout l’enseignement secondaire général. La spécificité « moderniste » du secondaire féminin ayant disparu. En 1960, en un monde de plus en plus multipolaire, concurrentiel, rationnel la France présente un très grand retard en matière de niveau scientifique. Notamment du fait d’un enseignement secondaire qui fait encore la part bien « trop belle » aux seules disciplines littéraires au détriment des matières scientifiques.
L’enseignement supérieur se développe peu à peu après 1880 mais reste embryonnaire. Notamment du fait de la faiblesse des effectifs lycéens, bacheliers. Du début à la fin de la Troisième République (France, 1870-1940) la capitale « concentre » encore et toujours la moitié des effectifs étudiants du pays. De 1880 à 1940 de grands « efforts » de l’État en infrastructures universitaires sont accomplis. Comme la reconstruction des locaux même de la Sorbonne. Qui constituent encore de nos jours l’essentiel de la configuration immobilière existante au Quartier latin. Seule la Cinquième République (France, 1958-) fera mieux.
Le niveau scientifique des études de médecine est fort relevé. Le nombre des spécialisations médicales augmente très notablement. Le droit évolue peu même si le droit public attire plus désormais que le droit privé par l’attrait des concours de la Fonction publique. Les étudiants en droit restent de très loin les plus nombreux. Facultés de sciences comme écoles d’ingénieurs se multiplient. Les sciences expérimentales progressent. Les facultés de lettres continuent à ne former essentiellement que des enseignants du secondaire. Latin et grec sont séparés.
La géographie prend plus d’autonomie par rapport à l’histoire. De nouvelles disciplines comme la sociologie ou la psychologie apparaissent. L’érudition l’emporte sur la rhétorique. Le positivisme gagne du terrain. Jusqu’aux années 1960 les effectifs étudiants sont limités, insuffisants faute d’un nombre de bacheliers élevé. En l’immédiat Après-guerre (1945-1955) il y a encore trop peu de licenciés, de docteurs. Les chercheurs sont insuffisamment formés. Dans l’Entre-deux-guerres (1918-1939) le budget de l’enseignement supérieur reste des plus maigres. Les travaux universitaires sont sans rigueur.
Les enseignants sont mieux formés que les chercheurs. La théorie convenue domine encore au détriment de la pratique opérationnelle. L’innovation est fort rejetée. Tant en matière intellectuelle littéraire que scientifique la France accuse en 1945 un fort grand retard en terme d’enseignements supérieurs, de recherche. L’ouverture, la coopération internationales en l’espèce sont encore des plus embryonnaires. À partir de la Libération (France, 1944), surtout du milieu des années 1950, le nombre des étudiants commence à progresser de façon très significative pour la toute première fois. L’Université moderne est née.
Il double entre 1931 et 1956, puis entre 1956 et 1964. Cela est essentiellement dû au fort « gonflement » parallèle des effectifs des lycéens et bacheliers. La recherche fondamentale universitaire française étant insuffisante et distancée par l’étranger il est créé en 1939 un Centre National de la Recherche Scientifique, Cnrs. À l’image d’autres équivalents dans le monde. Désormais l’enseignement supérieur et la recherche sont distincts. Cette nouvelle institution améliore le niveau intellectuel et scientifique du pays après 1950.
La scolarisation secondaire, supérieure de masse est imposée à partir des années 1950 par la prospérité des « Trente Glorieuses », (Monde développé, 1945-1975). Le développement du tertiaire aux dépens du secteur agricole et industriel. Les travailleurs qualifiés font encore souvent défaut. L’émergence de la Communauté Économique Européenne, la primauté de l’Amérique du Nord, les avancées soviétiques rendent le « changement d’échelle scolaire » inéluctable. Il s’agit notamment de développer les enseignements professionnels, supérieurs si en retard. En 1959 l’obligation scolaire passe de quatorze ans, âge fixé sous le Front populaire (France, 1936-1938), à seize ans-759.
Dès la Libération (France, 1944-1945) l’objectif affiché est l’égalité des chances de tous les jeunes de France face à l’éducation scolaire. Les travaux de la commission Langevin, (Physicien, France, 1872-1946) – Wallon, (Psychologue, France, 1879-1962) datent des débuts de la Quatrième République (France, 1946). Ils stipulent que l’enseignement secondaire doit être accessible à tous. En 1959 les collèges d’enseignement général, Ceg, sont créés ainsi qu’en 1963 les collèges d’enseignement secondaire, Ces. La loi Haby, (Homme politique, France, 1919-2003) de 1975 dite du collège unique fond les deux types de collèges précédents en un seul.
Désormais tous les juniors font des études secondaires générales ou spécialisées : technologiques ou professionnelles. D’abord dans le premier cycle des collèges dans les décennies 1950 à 1970. Puis de plus en plus à partir des années 1980 dans tous les seconds cycles des lycées généraux, technologiques, professionnels. La finalité politique gouvernementale d’alors est « 80 pour cent d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat ». Ce qui devient réalité avec 85 pour cent en 2012. Un immense effort budgétaire et immobilier est accompli pour « faire face » à l’afflux massif des élèves et étudiants. Entre 1954 et 1967 le nombre de bacheliers se multiplie par 3,6.
Les effectifs des étudiants doublent entre 1959 et 1966 puis à nouveau avant 1975. Les constructions de locaux universitaires se développent parallèlement. Collégiens, lycéens, étudiants étaient surtout issus des classes socioculturelles élevées. Ils sont désormais de plus en plus les enfants des classes moyennes puis populaires. Toutefois les filières les plus sélectives, prestigieuses, socialement rentables restent encore le seul monopole de fait des élites. La nouvelle jeunesse en études aspire au diplôme alors que ce dernier commence déjà à se déprécier. Aux scolarisés fort rares triés sur le volet, en osmose avec l’école, les adultes succèdent des juniors ultracontestataires, politisés, révoltés et anticonformistes.
En rupture totale avec l’institution scolaire, le monde des aînés qui leur sont fort étrangers, en lesquels ils ne sont pas en phase ni intégrés. Notamment par leur éloignement même de la « culture savante » qui n’est pas inhérente à leur milieu d’origine. L’heure de « Mai-68 » avait sonné ! Dans les années 1960 il y a le baccalauréat général (1808) et le bac de technicien (1968). Pour le premier la « summa divisio » n’est plus en fonction des langues anciennes et modernes mais des mathématiques. Lesquelles deviennent l’Alpha et l’Omega des études.
Le baccalauréat général A (1968), L (1995), à options littéraires (2021) est littéraire. Le B (1968), Es (1995), à options économiques et sociales (2021) est économique et social. Le C (1968), S (1995), mathématique à options scientifiques (2021) avec le D et E est élitiste car scientifique. Le D (1968-1994) concerne les sciences. Le E (1968-1994) associe mathématiques et techniques. Le bac technologique F (1968), Sti2d, Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable (2013) est industriel. Le bac G (1968), Stmg, Sciences et Technologies du Management et de la Gestion (2013) est tertiaire.
Le bac St2s (2013), Sciences et Technologies de la Santé et du Social, ex-F (1971) est médicosocial. Le bac Stl (2013), Sciences et Technologies de Laboratoire, ex-F (1968) concerne les « biotechnologies » et « sciences physiques et chimiques en laboratoire ». Le supérieur a des filières longues : droit, médecine, lettres et Grandes écoles conduit aux carrières supérieures. Les études littéraires, scientifiques comprennent un premier cycle de deux ans : diplôme d’études universitaires générales (1973-2012). Un deuxième de deux ans, licence (XIIe s., 1808 et 2002), maîtrise (1966-2006).
Un troisième d’un à quatre ans ou plus, diplôme d’études approfondies (1964/1974-2006), diplôme d’études supérieures spécialisées (1974-2006) puis doctorat (XIIIe s., 1808, 2002, 2016). Les études supérieures ont des filières courtes : brevets de techniciens supérieurs, Bts (1959). Diplômes universitaires de technologie, Dut (1966). Avant 1960 seul le « milieu » social d’appartenance fixe le destin scolaire, professionnel du jeune. Puis il y a orientation scolaire selon les préférences, surtout les résultats, niveaux de capacités. Ce qui est une orientation d’échec déterminée selon les « seuils maximaux d’incompétences ».
C’est-à-dire aller jusqu’au maximum ultime de ses capacités, jamais au-delà. Les conseillers d’orientation apparaissent ainsi que l’ « Onisep » (1970) : l’Office National d’Information sur les Enseignements et Professions. L’école s’est démocratisée depuis 1930 jusqu’en 1970. Depuis elle n’a fait que se massifier. Tous les établissements d’enseignement secondaire et supérieur et tous les diplômes même nationaux n’ont pas la même « valeur ». La sociologie géographique d’un lieu donné est en étroite corrélation avec la qualité des établissements d’enseignement qui y sont situés.
La carte scolaire de 1963 impose l’école du quartier de résidence du junior. L’objectif est de bien répartir les flux des jeunes entre les différentes unités d’enseignement anciennes et nouvelles. Dans la réalité des faits cela assoit fort les inégalités scolaires et sociales. Puisque les jeunes de milieux très modestes et des quartiers les plus populaires vont dans les établissements locaux non réputés. Ceux privilégiés des « beaux quartiers » fréquentent les écoles de prestige qui y sont implantées. Les familles favorisées savent contourner la carte scolaire par toutes sortes de « stratégies d’artifice ».
Options rares fort élitistes, domiciliations de complaisance… Hors d’atteintes des milieux modestes. Elles optent pour l’enseignement privé payant non régi par la sectorisation. En 1990 le lycée d’élite s’est finalement fort peu ouvert. Il ne prépare pas au baccalauréat mais aux cursus supérieurs les plus sélectifs. Au sein même des collèges et lycées les filières et options disciplinaires les plus exigeantes sont choisies par les milieux favorisés pour mieux préparer l’avenir. Comme le latin, le grec ancien, l’allemand première langue ou le japonais. Le baccalauréat général C scientifique, mathématiques devenu S en 1995 reste encore le plus prisé.
Les filières technologiques et professionnelles sont « dévaluées, répulsives » ou rarement choisies pour elles-mêmes. Elles ne sont généralement qu’un refuge contraint et forcé. Sans réelles adhésion, vocation par « orientation » de jeunes n’ayant pas accès aux filières générales ou qui y ont déjà échoué. Notre pays sait fabriquer des élites d’excellence. Il « néglige » la plupart des juniors, ceux qui ne peuvent prétendre à des « carrières de commandement ». La France présente donc un immense retard dommageable en matière d’enseignements professionnalisés. Contrairement à bien d’autres nations plus avancées.
Ainsi l’économie allemande bénéficie de ses formations professionnelles et techniques. Quand la nôtre pâtit de ses « pires défaillances » en la matière. La création du baccalauréat professionnel en 1985 est un progrès certes mais insuffisant. Dans les filières générales il y a la sélectivité intellectuelle et celle qui est financière. Les familles aisées n’ayant alors pas le loisir d’opter pour la première peuvent toujours choisir la seconde. Avec notamment les écoles d’ingénieurs comme de commerce payantes et fort onéreuses.
Les formations ultra sélectives, aujourd’hui comme autrefois, demeurent attractives et malthusiennes. Meilleures classes préparatoires, très Grandes écoles, études médicales de pointe, comme universités étrangères les plus sélectives, de prestige mondial… Monopoles d’élites socioéconomiques et culturelles. En médecine un « numerus clausus » apparu en 1971 pour le passage en deuxième année accentue la sélection. Comme également pour la pharmacie depuis 1981. L’enseignement privé notamment catholique participe aussi d’un « élitisme académique à la française ». En tous ses établissements secondaires comme supérieurs « d’excellence ».
En 1951 les lois Marie, (Homme d’État, France, 1897-1974) et Barangé, (Homme politique, France, 1897-1985) étendent à tout élève des écoles privées l’octroi de bourses d’études. À ces établissements des subventions étatiques. En 1959 la loi Debré, (Homme d’État, France, 1912-1996) instaure un contrat d’association qui permet aux enseignants de certaines écoles privées d’être rémunérés par l’État. En 1977 la loi dite Guermeur, (Homme politique, France, 1930-) impose aux enseignants du privé le respect du « caractère propre » de leur établissement. Elle accroît la souveraineté, les prérogatives de leurs dirigeants.
En 1984 le projet d’assimiler l’enseignement privé au système public est abandonné faute d’adhésion. Cet enseignement privé, payant pour l’essentiel, confessionnel, dépendant de l’Église de France demeure très prisé par la population. Il permet un certain élitisme, est reconnu comme exigeant et plus efficace. Il assure de meilleures conditions de travail en effectifs plus légers, garant d’ordre, de valeurs, tradition. Il autorise de passer outre la carte scolaire, les décisions d’orientation du secteur éducatif public « de masse ». Il rend aussi possible plus d’homogénéité sociale-760.
Dans les années 1960 il apparaît de façon fort illusoire que les mathématiques modernes sont bien moins corrélées au niveau socioculturel des jeunes que les disciplines littéraires. Les matières scientifiques seraient plus objectives et adaptées à la massification éducative. À la fin de la décennie comme ultérieurement les bacheliers scientifiques C sont fort peu nombreux. Car les mathématiques sont devenues un vecteur des plus sélectifs, exactement comme le latin, le grec ancien de jadis. Le niveau d’aptitude exigé en mathématiques des classes scientifiques des lycées ne cesse de s’élever. À la mesure même de celui des classes préparatoires de mathématiques.
Seuls les meilleurs élèves fréquentent ces filières d’élites. La majorité des cursus d’excellence augmentent leur sélectivité sur des critères disciplinaires mathématiques et scientifiques. Médecine, Grandes écoles de commerce, d’ingénieurs. En réalité l’ « habileté » mathématique et scientifique est tout autant reliée à la réussite sociale que les aptitudes littéraires. Il est grotesque, totalitaire de ne fixer qu’un critère académique de suprématie unique, exclusif, axé sur les seules mathématiques. Il s’agit d’une « imbécillité nationale » exemplaire qui n’existe nulle part ailleurs et à un tel niveau aussi « délirant » ! Le nouveau baccalauréat à options scientifiques (2021) n’y changera strictement rien.
Cet « égarement mental culturel » condamne la majorité des jeunes de ce pays de façon fort arbitraire, injuste. Alors qu’ils pourraient parfaitement réussir avec d’autres capacités et talents tout aussi respectables, valables. Cette logique très déraisonnable de sélection trop drastique aboutit même à une pénurie de scientifiques formés opérationnels. En outre les disciplines littéraires sont très déconsidérées. Elles sont totalement étrangères à un public juvénile « non cultivé » qui les rejettent. Leurs méthodes de transmissions magistrales aux dépens de la participation, de l’expression des élèves adolescents sont également fort remises en cause.
Les langues anciennes sont de moins en moins enseignées au lycée et très peu d’élèves sont concernés. La littérature française est « en crise ». Le baccalauréat de français en fin de première ayant été maintenu, les textes littéraires continuent à être étudiés. Avec la rhétorique des plus classiques de la dissertation et du commentaire. Seul le résumé-discussion est ajouté. De même histoire et philosophie connaissent quelques soubresauts. Elles finissent en réalité par perdurer, étant toujours au programme actuel du baccalauréat.
Le collège actuel connaît une situation critique. Il est le théâtre fort privilégié des tourments pubertaires. Notamment des garçons de quatorze-quinze ans en classes de quatrième et troisième. Dans ces conditions et faute d’encadrement, de surveillance suffisants et adéquats les violences de toutes sortes des plus forts se déchaînent. Au détriment des plus faibles. Attaques verbales et physiques, harcèlements, extorsions, menaces, chantages, pressions, rétorsions et humiliations. Dégradations d’équipements scolaires, chahuts, perturbations en tous genres, absentéisme, échec scolaire, refus de travailler, indiscipline…
Entre jeunes et aussi contre les enseignants, personnels adultes. Le niveau moyen d’un adolescent en fin d’études collégiales est d’une catastrophique indigence. Le passage de classe en classe est quasi toujours assuré pour tous ou presque. L’ensemble d’une génération passe désormais par le collège. Ces publics souvent très populaires d’origine modeste voire immigrée sont pléthoriques, hétérogènes, inadaptés, non préparés et non motivés. Présents physiquement par contrainte, obligation scolaire jusqu’à l’âge de seize ans, non intellectualisés. Ils ont les pires difficultés à se contrôler, maîtriser une « chose scolaire » qui les dépasse, exaspère.
Rigueur, effort, ténacité sont hors de leur portée. Ce « malheur collégien » a été préparé en amont par une école primaire elle-même « en déroute » quant aux objectifs, méthodes, contenus, effets d’enseignement. Le lycée général connaît moins de turbulence. Cependant là aussi niveaux intellectuels, exigences académiques ont fort baissé depuis vingt-cinq ans. La massification des effectifs d’élèves au collège a fini par gagner le lycée depuis 1990. La résorption de ces flux massifs inédits de jeunes s’est faite par le biais d’un abaissement des prérequis imposés.
Tant dans les classes scientifiques que littéraires tous les programmes et épreuves ont été simplifiés. Partout le niveau baisse de façon affligeante. L’objectif n’est plus de former avec rigueur mais de diplômer au rabais le maximum de juniors de façon hypocrite et démagogique. Quitte à fabriquer des générations entières d’aigris, de chômeurs, déclassés. Réalité déjà présente. Ce qui explique les taux d’échecs, d’abandons élevés dans l’enseignement supérieur. De bacheliers non et mal préparés, académiquement faibles.
Dans le même temps les jeunes minoritaires et les plus favorisés continuent à conserver leur niveau d’excellence. Grâce à des formations secondaires et supérieures d’élites fermées rares dont ils ont quasiment seuls le monopole de fait. Les études sont devenues utilitaristes et purement scolaires. L’élève moyen exige des « recettes miracle toutes faites, rabâchées. Du tout cuit prémâché, prédigéré, prêt à être bien recraché aux examens ». Il ne s’agit alors plus d’éducation didactique mais de « psittacisme pédagogique » des plus navrants ! Il y a une crise des sciences et une désaffection pour tous les cursus universitaires scientifiques hors la seule santé.
Un manque très préoccupant d’enseignants en la matière. Depuis cinq décennies la démocratisation des études est « en panne ». Aujourd’hui 80 pour cent de jeunes d’une génération obtiennent le baccalauréat. Il y a 88,3 pour cent de reçus parmi les candidats, six cent soixante-quinze mille sur sept cent soixante-cinq mille en 2018. Cela mène trop souvent à l’échec dans les études supérieures ou à l’obtention de diplômes ultérieurs dévalués et sans débouchés. Les effectifs étudiants atteignent les deux millions sept cent mille jeunes en 2018. Trois millions vingt-sept mille en 2025. Quand il en « faudrait » plutôt au minimum quatre millions-761 ! Pour atteindre le niveau satisfaisant dont a besoin le développement du pays, la moyenne des États occidentaux qui font mieux que nous.
Depuis vingt ans le lycée a très largement accueilli la plupart des juniors ce qui est très positif en soi. Toutefois cela s’est accompli au prix d’un exil des milieux défavorisés dans les cursus les plus « déshérités ». Les meilleures études générales du secondaire restent l’apanage des milieux moyens et supérieurs comme les « classes européennes ». Les tout nouveaux « lycées-ghetto » des banlieues difficiles ne regroupent que « les plus mal lotis ».
Déjà en 1991 quand commence à émerger le « lycée de masse » le sociologue français F. Dubet dépeint fort bien le phénomène de la « hiérarchisation » lycéenne. Entre « établissements d’élite » du centre des grandes villes. « Lycées dans la norme » des villes moyennes. « Institutions déshéritées » des périphéries urbaines « difficiles ». Cette typologie peut concerner tous types de filières. Le premier genre est encore et toujours sur représenté dans les cursus de l’enseignement secondaire dit « général ». Le deuxième dans les études technologiques. Le dernier pour ce qui est des études dites professionnelles-762.
Les Zones d’Éducation Prioritaire, Zep, sont créées en 1981, les Zones Urbaines Sensibles, Zus, naissent en 1996. Elles visent à aider les collèges et collégiens, les lycées et lycéens défavorisés. Remplacées par les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville, Qpv, en 2015. Elles n’ont pas suffi à inverser la donne mais à les isoler, stigmatiser encore un peu plus en un « fort repoussoir ». Un peu comme les différents « plans emplois Jeunes » gouvernementaux pour les juniors les moins titrés. D’aucuns évoquent même une véritable « relégation sociale » à l’image du si lourd bannissement pénal d’antan.
Les ségrégations socioculturelles, économiques, comme géographiques ne cessent de s’étendre. Les milieux populaires notamment issus de l’immigration sont perçus comme hautement « répulsifs ». Ils sont de plus en plus séparés des classes moyennes et supérieures. Égalité des chances et mixité sociale sont désormais plus que jamais plus de l’ordre de la théorie utopique que de la réalité de fait. Aux « ghettos des bien nés » font face ceux des « malchanceux de la vie ». Aux stratégies éducatives de l’élite, du collège à la fin des études supérieures, répond une certaine impuissance-fatalité des plus démunis face aux savoirs et à la connaissance.
En ce contexte l’enseignement privé notamment catholique est totalement pris d’assaut. Car il représente à lui seul la voie de « salut » et d’excellence socioéducative majeure. Quel retournement par rapport à la situation prévalant sous la Première République (France, 1792-1804) et la Troisième (France, 1870-1940) ! Paris est une illustration fort extrême de la « course aux dignités » académiques. Plus que jamais depuis 1945 notre capitale concentre tous les établissements d’enseignements secondaires et supérieurs les plus prisés. Grands lycées comme Henri-IV (1796) ou Stanislas (1804).
Meilleures classes préparatoires comme Louis-le-Grand (1563/ 1682/1873) ou Saint-Louis (1280/1820). Puis plus Grandes écoles comme les Mines ou l’École Normale Supérieure. Les effectifs lycéens, bacheliers ont beaucoup crû or, ceux d’étudiants n’ont pas suivi. Quelque 55 pour cent d’une classe d’âge accèdent aux études supérieures. La moyenne de l’Ocde dépasse la moitié, 65 pour cent aux États-Unis et 80 pour cent en Australie, dans les pays scandinaves. Beaucoup d’étudiants se perdent à l’université, ne s’y épanouissent pas, y sont livrés à eux-mêmes sans encadrement. Ils y échouent notamment les jeunes qui sont parmi les plus défavorisés.
Trop souvent les études secondaires préparent très mal aux exigences du supérieur. Les étudiants n’ont nulle méthode de travail adéquate. Le très grand « scandale », le gâchis si inacceptable agréé par le pays à ses dépens comme celui de sa jeunesse est l’abandon d’une part d’entre elle. Lors du premier cycle universitaire de trois ans menant à la licence. Nombre de ceux qui y parviennent sont ensuite handicapés pour réussir les deux années suivantes du deuxième cycle de master. Depuis plus de trois décennies la démocratisation sociale des Grandes écoles est « bloquée net ». Rappelons les plus importantes.
École des Hautes Études Commerciales de Paris, Hec (1881), École Nationale d’Administration, Ena (1945), devenue Institut National du Service Public, Insp (2022), École Normale Supérieure, Ens ou École Polytechnique, X… Les juniors des milieux populaires y représentent moins d’un dixième des effectifs alors qu’ils sont les deux tiers de la jeunesse nationale ! La pure « reproduction sociale à la française » perdure encore et toujours et s’aggrave-763 ! Elle avait déjà pourtant été haut et fort dénoncée en notre pays dès 1964 et 1970 par les sociologues français P. Bourdieu (1930-2002) et J.-C. Passeron (1930-).
Les professions, les états socialement les plus prestigieux, rémunérés, rentables restent réservés aux « élites » du pays. Même les élèves, étudiants, diplômés les plus brillants des classes modestes réussissent bien moins que les sujets les moins compétents des catégories supérieures. Ils ne bénéficient nullement des mêmes appuis et leviers, ont des ambitions, prétentions bien moindres et ils renoncent plus aisément. Environ la moitié des bacheliers le sont en filières générales, un tiers en cursus technologiques, un cinquième en sections professionnelles.
Le baccalauréat moderne actuel dit « général » date de 1808, le baccalauréat technologique de 1968, le bac professionnel de 1985. Le « bac pro » est une heureuse initiative et un très grand succès. De plus en plus de jeunes l’obtiennent. Cela revalorise les formations directement liées aux métiers, sert fort notre économie. L’insertion dans l’emploi de ses « récipiendaires » reste meilleure que celle d’un bac général seul. D’un diplôme de premier cycle terminal de simple licence universitaire non professionnalisante.
De même aussi dans l’enseignement supérieur les formations les plus spécialisées, plus professionnalisées attirent et ont de bons débouchés. Brevets de technicien supérieur, Bts (1959), diplômes universitaires de technologie, dut (1966), magistères (1985), mastères spécialisés (1986) ou maîtrise en administration des affaires / master of business administration, Mba, (1908, États-Unis, 1957, France), licences et masters (2002). Quant à l’apprentissage ou formation par alternance qui réussit toujours si bien à l’Allemagne il recule. La France est bien le deuxième pays européen en nombre d’apprentis après l’Allemagne. Or, elle n’atteint en 2019 que les quatre cent soixante mille de ces apprentis, un tiers des juniors en formation professionnelle. Un million cinquante mille en 2025.
En Allemagne les apprentis sont un million six cent mille, 70 pour cent des juniors en formation professionnelle. Il y a eu jadis l’échec et le rejet retentissant par les jeunes du projet de réforme universitaire Devaquet, (Homme politique, France, 1942-2018) fin 1986, comme de toutes celles d’après. Depuis lors notre enseignement supérieur français notamment universitaire est totalement bloqué, figé-764. La loi de 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, Lru, est dite « loi Pécresse ». Du nom de la ministre des Enseignements Supérieurs et de la Recherche d’alors. Elle assoit l’autonomie budgétaire et de gestion des ressources humaines comme immobilière des universités. Le « Plan Campus » en 2008 vise à créer douze « pôles universitaires français d’excellence ».
De niveau mondial avec de gros budgets spéciaux regroupant les meilleures universités, Grandes écoles. Tout ceci est très positif, va dans le bon sens et constitue un progrès. Le jugement se fera aux seuls « résultats » ultérieurs. Il est fort peu probable que cela suffise à réformer en profondeur un système inefficace et sclérosé, dépassé et à bout de souffle. En croissante perte de vitesse internationale. Au seuil des années 2000 un début de relative harmonisation des diplômes universitaires européens est intervenu, le système Lmd / 3-5-8.
Premier cycle d’études supérieures de licence en trois ans. Deuxième cycle de master 1 et 2 en deux années supplémentaires. Puis troisième cycle de doctorat en trois années en sus ou plus. Soit au total huit années d’études minimum. P. Albertini, (Historien français contemporain, op. cit.) établit une comparaison éclairante entre notre enseignement supérieur et celui du Royaume-Uni. Entre 1940 et 2005 nos voisins obtiennent cinq fois plus de prix Nobel que la France. Selon le classement 2018 de Shanghai, Harvard est la première université mondiale, puis Stanford, Cambridge, Mit, Berkeley, Princeton, Oxford, Columbia, Caltech, Chicago, Ucla.
La première université française La Sorbonne n’est que trente-sixième. L’université Paris-Saclay est treizième en 2025. La France ne compte que trois établissements parmi les « cent premiers mondiaux » et les trente-cinq premiers européens. Contre huit britanniques parmi les cent tout premiers mondiaux, incluant les deux meilleurs en Europe. Prestige, moyens, richesse séculaires des meilleures universités aux États-Unis, comme au Royaume-Uni sont inconnus en France. En particulier l’indigence de nos bibliothèques universitaires est fort pathétique.
Nos « Grandes écoles » monopolisent les meilleurs étudiants vidant ainsi les universités de leur substance vive. Ces écoles n’ont pas la taille suffisante ni la vitalité, le très net rayonnement mondial des plus grandes universités anglo-américaines. En 2018 le classement de Shanghai place l’École Normale Supérieure au soixante-quatrième rang mondial, l’École Polytechnique après le quatre-centième ! En outre la recherche scientifique, l’aura intellectuelle françaises sont en crise et déclin accentués.
Il y a un manque de postes disponibles, de débouchés, perspectives de carrière, de moyens, de rémunérations abyssal. Ce qui accentue la « fuite des cerveaux » à l’étranger notamment en Amérique du Nord. Les étudiants occidentaux sont moins nombreux qu’avant en France. Les meilleurs étudiants du monde, les plus nombreux vont aux États-Unis et au Royaume-Uni. De même notre « vieux modèle intellectuel français » encore vivace dans le monde jusqu’en 1980 s’est périmé et éteint. Le déclin français repose en grande partie sur le délitement de son école. Cette école « dépassée » est monopolisée en son meilleur par une petite caste oligarchique immuable. Qui interdit toute évolution d’envergure favorable. Ce pays n’évoluera positivement que lorsqu’il sera en mesure de refonder du tout au tout, de fond en comble son système éducatif, d’intelligence. Compétition mondiale oblige ! (Albertini, 2006, 2014)-765.
Pour conclure cet historique tableau scolaire français évoquons un anachronisme à faire disparaître. Comme au Moyen Âge le baccalauréat est le premier grade de l’enseignement supérieur. La licence étant le deuxième, le master le troisième, puis le doctorat. Cela valait quand le bac ne concernait qu’une minorité de jeunes, avait sa pleine valeur intellectuelle, culturelle, académique. C’est-à-dire jusqu’au début des années 1980 quand il n’est encore obtenu que par un gros quart d’une génération.
À partir des années 1990 du fait notamment du nouveau bac professionnel plus de la moitié d’une génération, la plupart des candidats réussissent l’épreuve. Aujourd’hui 80 pour cent d’une génération a le bac. Ce diplôme ne préjuge donc plus en rien de l’aptitude à réussir des études supérieures. On le mesure au si terrible taux d’échec lors des trois premières années du supérieur notamment à l’université.
Depuis plus de vingt ans les conditions d’obtention sont très assouplies. Dans les faits le baccalauréat n’est donc plus qu’un simple « certificat de fin d’études secondaires ». Il s’agit donc désormais qu’il ne soit plus « reconnu » que comme tel. Ainsi la licence deviendrait le premier grade universitaire, le master 2 le deuxième, le doctorat diplôme national de docteur serait le troisième, toujours « plus haut grade de l’enseignement supérieur ». Cette nouvelle architecture universitaire serait bien plus réaliste. Il y aurait également une bien meilleure orientation des lycéens. Une sélection sur dossier, épreuves, entretien, motivation, profil de chaque junior à toutes entrées en université. Comme c’est déjà le cas pour les – Grandes – écoles. Cela éviterait un gâchis éducatif en l’intérêt des jeunes, du pays-766. (Voir : M. Fize, sociologue français contemporain, L’école à la ramasse – L’éducation nationale en faillite, ouvrage socioéducatif, France, 2019).
La fiction dramatique cinématographique française de L. Malle, (Cinéaste, France, 1932-1995), Au Revoir les enfants date de 1987. Elle décrit le quotidien de jeunes adolescents collégiens scolarisés en un internat privé catholique à Avon près de Fontainebleau. Le Petit Collège des Carmes (1932-1960). En fin d’Occupation allemande, (France, 1940-1944), à l’hiver 1944. L’établissement accueille alors clandestinement trois jeunes adolescents Juifs. Julien le jeune personnage principal se lie d’amitié avec l’un d’eux, Jean. Julien finit par comprendre « qui » est son ami. Par une dénonciation la Gestapo arrête le directeur du collège, le Père Jean, entré en résistance et les trois adolescents cachés.
Ils sont tous les quatre déportés. Ce film terrible est bouleversant d’amitié entre adolescents sur fond de scolarité secondaire et de drame historique en contexte de guerre comme d’occupation. Il est d’abord autobiographique puisque le réalisateur L. Malle a personnellement vécu les faits au tout début de son adolescence. Cette amitié brisée net par la séparation brutale, la mort est avant tout fictionnelle. Nonobstant, l’histoire le marquera profondément et influera fort sur son existence, son œuvre. Il n’est jamais véritablement « entré en l’intimité de Jean ».
Il en conçoit comme un sourd regret, un grand chagrin, une éternelle blessure secrète. Le film est en partie un « devoir de mémoire ». Une réécriture de la tristesse de n’avoir pu ni su ou voulu mieux connaître et soutenir un autre jeune si menacé. Bien moins favorisé par le sort que lui. Emporté par une funeste tourmente dont les dramatiques enjeux dépassaient largement l’entendement de jeunes adolescents. Le vrai Jean, H.-H. Michel, (Allemagne, 1930-1944) mourra en arrivant en camp de concentration sitôt après son arrestation à l’âge de treize ans.
Le directeur de l’internat, le Père Jean, de son vrai nom le Père Jacques de Jésus, (L. L. Bunel, religieux, France, 1900-1945) disparaît lui aussi. Peu après la libération de son camp. Il est désormais honoré comme Juste et Serviteur de Dieu et l’instruction de sa cause en béatification est en cours au Saint-Siège-767. Ce magnifique film si poignant, mélancolique et tragique montre de façon magistrale l’éthique juvénile. Combien les jeunes au cours et à l’occasion de leurs études peuvent être autant amenés à vivre intensément leur temps de formation. En et au-delà la chose académique. Ils y ont une « fondamentale aura propre » des plus transcendantes et marquantes-768 !
En 2018 il est décidé de réformer les classes et le baccalauréat de lycée général à partir de la rentrée scolaire de 2019 en première. Celle de 2020 en terminale. Les séries, le bac ES, L, S sont remplacés par treize spécialités : de types essentiellement économiques, littéraires, scientifiques. Le baccalauréat est simplifié. En plus des notes de l’examen pour 60 pour cent, celles de première et terminale à 40 pour cent sont prises en compte en contrôle continu. Le nouveau bac est délivré à partir de l’année 2021.
– Votre Vie Académique de Junior –
L’Organisation de Vos Enseignements
Souvent vous, diplômé de tout rang, ne détenez pas la « culture » qui devrait être attachée à votre certification. Les meilleures Grandes écoles n’échappent pas à la règle. En amont comme en aval ce pays est devenu « incapable de faire la différence entre le bon grain et l’ivraie ». L’ouverture « à tous les vents », plus sûrement encore le népotisme et les passe-droits ou privilèges l’emportent partout ! Vous, élève, attendez beaucoup du diplôme décrété sésame suprême de tout emploi en France.
Les juniors n’attendent rien de l’école, des études devenues marchandises de consommation courante comme tant d’autres encore. Avec ses palmarès comme les hôtels, restaurants ont leurs étoiles. Nombre de jeunes prétendent même aux meilleurs métiers sans pour autant se donner le mal du moindre travail scolaire adéquat. L’école convient aux élèves mentalement structurés pour parfaitement « se plier » à ce qui est attendu d’eux, qu’ils soient brillants ou non. En l’occurrence ici il s’agit bien plus d’adaptabilité que de capacités particulières innées ou acquises à proprement parler. Même si les deux réalités existent-769.
Les apprenants les plus rétifs car « surdimensionnés ou sous dimensionnés » par rapport au système scolaire sont très impitoyablement tarabustés. Ignorés puis enfin éjectés sans ménagement du « temple sacré ». En trois étapes successives et selon la réactivité du sujet concerné par la difficulté à « suivre ». L’élève « adapté » est encouragé, les autres sont trop malmenés, livrés à eux-mêmes et leur souffrance. L’école par facilité, lâcheté croit ou fait « mine » de croire que l’élève souffre psychiquement parce qu’il est scolairement mauvais.
Alors qu’il est retardataire ou « défaillant » en ses études car il est moralement à la peine. Quant aux intelligences exceptionnelles et aux personnalités hors pair elles sont tout autant incomprises, « noyées en l’océan » des conformismes scolaires. L’on est « sommé » de se soumettre aux normes préétablies, communément admises quitte à en « mourir d’ennui », échouer. Se démettre en « déguerpissant » vers les cieux bien plus cléments des trop rares établissements spécialisés adéquats. Même l’ « élève standard » moyen subit la « grisaille » d’une institution qui irrémédiablement détruit tant toute passion d’apprendre et de s’enrichir.
Par la corvée du laborieux rabâchage, de la pensée unique si convenue. Il existe un tutorat assuré par les enseignants eux-mêmes au sein même des établissements d’enseignements secondaires / supérieurs, publics / privés. Les parents aident aussi eux-mêmes directement leurs enfants à travailler quand ils le peuvent. Ils font également appel à des répétiteurs, professeurs individuels particuliers ou des organismes de soutien scolaire privés. Lesquels prospèrent en un marché de plus en plus important. Tant l’angoisse face à un avenir des plus incertains est grande, les diplômes, la réussite scolaire survalorisés en notre pays.
Les activités extrascolaires sont pauvres, les jeunes peu impliqués, investis, intégrés, se sentent non concernés par leur vie lycéenne, universitaire. Ils sont « ailleurs », se définissent comme « jeunes » non comme « élèves ou étudiants ». Cela diffère et Ô combien des réalités « intégratives » habituellement vécues par les autres scolarisés occidentaux notamment anglo-américains. Maisons des lycéens, foyers socioéducatifs, associations d’étudiants et groupes éducatifs, d’activités diverses existent. Ils ne suffisent pas à combler un fort terrible « vide existentiel scolaire comme extrascolaire ». L’école ne peut remédier au malaise des juniors du pays.
Le statut scolaire « désintégratif » des jeunes français est l’une des clés majeures de leur actuel marasme. Les moyens matériels d’éducation mis en œuvre pour les juniors scolarisés sont pourtant très importants. Le budget de l’Éducation nationale, l’Enseignement Supérieur, la Recherche est le premier de l’État. La contribution financière des collectivités locales est « marquante » pour les collèges de la part des départements. Pour les lycées venant des régions. L’État finançant seul les salaires des enseignants fonctionnaires, les établissements publics d’enseignement supérieur notamment universitaires.
Pour autant les infrastructures et équipements scolaires dont bénéficient les jeunes scolarisés français sont parmi les plus indigents d’Occident. Hormis ceux de quelques établissements publics d’élite, surtout privés, notamment d’enseignement supérieur. Sauf exceptions la vie scolaire des juniors est plutôt limitée, sans relief et l’encadrement pédagogique relâché, peu optimisé. Nous avons vu en ces conditions à quel point la suppléance du soutien scolaire public, privé s’imposait. Pour aider les jeunes à combler leurs lacunes et celles d’un système éducatif « traditionnel ».
Notons la massification des effectifs scolarisés, le gigantisme de nombre d’établissements. Le manque de moyens, d’équipements, l’individualisme culturel français. Cela s’oppose à l’organisation d’activités extrascolaires au sein de l’école contrairement aux réalités d’autres pays notamment anglo-américains. Seules les Grandes écoles ou une partie d’entre elles permettent cela car leur organisation est à l’opposé de ce qui vient d’être décrit. L’essentiel du système éducatif étant non intégratif les scolarisés s’y impliquent le moins possible.
Ils préfèrent « fuir » des lieux plus inhospitaliers qu’accueillants dès qu’ils le peuvent sitôt la fin des cours sans s’attarder. Les jeunes se sentent peu intégrés, concernés en leur existence et leur rôle d’élèves. Ils refusent d’être exclusivement assimilés à cet état car ils le jugent dévalué, abaissant. Cela est dû à un statut fort peu valorisé en France, déconsidéré même. L’élève n’est appréhendé que tel simple « appendice apprenant » passif, subalterne qui n’a pas d’existence propre en tant que jeune. L’erreur majeure de notre école est qu’elle oublie qu’avant d’être un scolarisé le junior ne se considère avant tout « que » comme un jeune.
Tant il sait qu’en son pays de la maternelle à la fin de ses études son « label d’élève » est réducteur, réduit, dévalué. À tout niveau de formation l’apprenant est usager transparent de son cursus, non un acteur majeur à part entière. Les élèves ne sont que des apprentis, pas des bâtisseurs d’avenir en leurs études, réalités connexes d’enrichissement. À aucun point de leur carrière studieuse ils ne sont pris en compte ni ne peuvent réellement agir, s’exprimer. L’on comprend mieux pourquoi à l’instar de leurs aînés il ne leur reste parfois plus que la rue pour se faire entendre.
En un pays qui ne cesse jamais de manifester, défiler, protester, s’opposer faute de moyens d’influences plus évolués à sa « portée ». Paradoxe aussi de l’école française, le budget de l’enseignement comme de la recherche est le tout premier de notre nation. Quelque soixante-douze milliards d’euros en 2019 ! Pour autant les véritables performances académiques, les conditions matérielles d’enseignement sont « indignes » d’un grand pays développé. Bien inférieures à celles réservées aux jeunes scolarisés des pays homologues. Intellectuellement et culturellement la France est en « perte de vitesse » dans le monde. Le parc immobilier dévolu à l’éducation est bien trop limité, exigu et vétuste.
Les équipements utilisés sont généralement obsolètes, hors normes de confort, d’hygiène et de sécurité attendues au vingt-et-unième siècle. En un pays de ce niveau. La plupart des cantines scolaires sont déplorables, de même que les bibliothèques, équipements sportifs, culturels, les matériels pédagogiques usuels utilisés. Les installations sanitaires, techniques, laboratoires, ateliers, salles de cours, travaux pratiques, dirigés, amphithéâtres et mobiliers… Les espaces verts extérieurs de plein air, détente, comme les foyers, cafétérias, bars, lieux décents de restauration, repos font très cruellement défaut. Aucune université française ne dispose de campus étudiant véritable !
Ceux des Grandes écoles privées et publiques ne soutiennent nullement la comparaison avec l’étranger occidental. Sans même évoquer les universités anglo-américaines ou nordiques. Constructions, reconstructions, modernisations, agrandissements, remises aux normes, accroissement du confort et de l’attrait des locaux scolaires de tous niveaux… Ceci s’impose d’extrême urgence. Nos jeunes, les enseignants, les personnels administratifs, techniques, ouvriers, sociaux et de santé n’y travaillent pas en conditions minimales décentes. Ni en terme d’agrément, de sécurité et d’efficacité.
Cette misère matérielle, éducative bien française contribue au dysfonctionnement général du système scolaire de ce pays. Au mal-être de notre jeunesse qui ne s’y plait pas, y végète tristement ! C’est pourquoi nos écoles sont des lieux de désocialisation, non de socialisation comme à l’étranger. Nos juniors s’empressent de fuir des lieux aussi tristes, inadaptés, inhospitaliers. Certains évitent même de s’y rendre et préfèrent travailler chez eux. En ces conditions échecs personnels, abandons d’études, rébellions, mal-être notamment chez les étudiants universitaires, marasmes atteignent un niveau par trop élevé. Par rapport à ce qui s’observe ailleurs.
L’enseignement est général ou professionnalisé, long ou court. Le cursus secondaire se répartit en premier degré, celui du collège, en second, celui du lycée. Outre l’apprentissage il est général, technologique ou professionnel. Dans le supérieur coexistent classes préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, instituts universitaires de technologie, écoles « petites, moyennes et grandes ». L’université quant à elle accueille toujours une bonne part des étudiants de France. Même si c’est à échelle moindre que par le passé.
Elle dispose de trois cycles, le premier en trois ans mène à la licence. Le deuxième en deux ans au master un et deux, ex-recherche ou professionnel. Le troisième en trois ans ou plus au doctorat. En formations classiques ou professionnalisées. Il s’agit donc du système d’enseignement supérieur européen harmonisé dit aussi Lmd en trois, cinq ou huit ans. Une ségrégation persistante réserve encore les meilleures Grandes écoles à l’aristocratie élitiste des étudiants. Le reste du supérieur notamment à l’université, à la masse des étudiants de « second ordre ». L’État est responsable des formations académiques du secondaire et du supérieur, de la gestion matérielle des universités.
Les départements assurent l’entretien des collèges. Les régions celui des lycées. Les politiques, le système éducatifs français tendent à promouvoir une « formation de qualité » pour le plus grand nombre de jeunes. Avec les réussites, ratés que l’on sait. Universalisation des accès aux études, limitation et retard des insertions professionnelles, inadaptations profondes entre le diplôme et l’emploi. Rapport fort insuffisant entre le nombre de scolarisés et celui des diplômés, très nette déperdition entre toutes les formations suivies et les compétences réelles acquises. Massification des effectifs, cursus, diplômes, relativisation, « démonétisation » de la valeur des formations, certifications.
L’école française présente une triple caractéristique. Elle est « éliminatoire », « rigide », « en panne »-770. Les modes même de la transmission des savoirs sont obsolètes. Ils demeurent trop « académiques » en un monde en si perpétuels mouvements. Verticaux en une société horizontale. Non interactifs en un contexte de « participation multipolaire ». Inadaptés à de jeunes publics, théoriques ou non professionnalisés… Depuis déjà les années 1950 l’objectif des politiques, du système éducatifs du pays consiste à faire en sorte que tous les jeunes poussent leurs études aussi loin que possible. Jusqu’à leur plein « seuil d’incompétence ». Afin d’acquérir un bagage adéquat et propre à leur permettre de s’insérer au mieux sur le marché du travail-771. L’on se souvient du but affiché au milieu des années 1980 de 80 pour cent d’une nouvelle génération française « au niveau du baccalauréat » pour l’année 2000.
Ce qui aura été un plein succès puisqu’une décennie plus tard (2012) 85 pour cent de notre néogénération atteint ce stade. Pour 80 pour cent de détenteurs du diplôme, premier grade de l’enseignement supérieur. Pour cela des moyens importants ont été alloués au budget de l’Éducation nationale. Le tout premier par rapport à ceux des autres domaines budgétaires régaliens de l’État depuis une vingtaine d’années. La « volonté publique » est également de combattre l’échec scolaire et d’aider les jeunes les plus « vulnérables », en difficulté.
Ni le problème dudit échec scolaire ni celui de l’exclusion des juniors de l’emploi, leur précarité, déclassement n’ont été à ce jour résolus. Malgré ces bonnes intentions et mises en œuvre louables, Ainsi le Royaume-Uni a-t-il autant d’étudiants dans l’enseignement supérieur que la France mais plus de diplômés de ce « rang » chaque année. Il y a une « inadéquation » entre le nombre des scolarisés et celui des diplômés. Trop de jeunes sortent du système éducatif sans aucune qualification ou avec des certifications bien insuffisantes. Nos diplômes sont souvent des plus « inutilisables » dans le monde de l’entreprise comme à l’étranger-772.
Malgré toutes les sommes englouties notre système éducatif est à bout de souffle. Il souffre d’obsolescence matérielle, technique, humaine inquiétante. Cette école est éliminatoire car son rôle premier devient désormais non la « promotion » de tous ses ressortissants mais la sélection des seuls meilleurs. Le bannissement des jeunes jugés « non conformes ». Elle est rigide car elle ne promeut que les normes préétablies de la pensée, réussite, du savoir-faire uniques, non de la diversité d’excellence-773. L’école française est « en panne » car elle ne répond plus aux besoins réels des juniors, de la société et du monde contemporain.
Elle en vient alors à « fabriquer » elle-même plus d’échecs et d’exclusions que de réussites et d’intégrations sociales et économiques, culturelles ou morales-774. L’organisation juridique et administrative nationale, régionale et départementale de notre école est trop verticale, lourde, complexe, centralisée, dépassée. Déconcentration, décentralisation et autonomie scolaires accrues s’imposent ! Les collectivités locales doivent s’investir bien plus, les établissements gagner en libertés. Notons qu’en 2019 l’instruction qui était obligatoire en France de six à seize ans l’est désormais de trois à seize. Il conviendrait d’aller jusqu’à dix-huit ans, âge de la majorité civile et civique. Ce qui serait plus réaliste et pertinent au regard des exigences actuelles de l’emploi.
Transmettre implique de posséder la matière intellectuelle concernée, d’être capable de la diffuser avec efficacité, pédagogie. De l’aimer, faire partager cette passion aux scolarisés, d’apprécier enseigner par vocation, de considérer, connaître son public. S’adapter à lui en fonction de ce qu’il est sans jamais renoncer à l’exigence de qualité, rigueur requise avec tact, psychologie, comme fermeté. Toutes ces conditions sont rarement remplies en totalité, perfection. La formation des enseignants reste lacunaire à ce point de vue notamment en matière psychopédagogique.
Les relations enseignants / enseignés peuvent être empreintes de plus de respect, considération, d’harmonie mutuels. L’ordre, la discipline, la vraie droiture morale et le travail sont des impératifs incontournables pour tout jeune mineur et majeur en études. Aucun manquement ou tricherie ne sont tolérables. En tout début de chaque année scolaire tout élève doit se voir remettre le règlement intérieur de l’établissement, l’énoncé de ses « droits et devoirs éducatifs ». Il s’engagera à les respecter sans exceptions au long de l’année sous un triple seing. Le sien, celui de ses parents, de l’administration scolaire-775.
Les jeunes du secondaire sont plus de six millions, les étudiants deux millions sept cent mille. Globalement les filles apprécient bien plus les études que les garçons. En France le système éducatif est peu aimé des juniors. L’enseignement demeure socialement ségrégué. Les études les plus longues, généralistes et scientifiques vont plutôt aux milieux favorisés, les formations courtes, techniques et professionnalisées aux strates populaires. Les classes moyennes occupent une position médiane en la matière. L’orientation est le plus souvent le fait des parents, non du junior lui-même. Ils choisissent plutôt la voie littéraire ou artistique pour les filles et scientifique ou technique pour les garçons. De plus en plus de perturbations minent la vie des établissements scolaires secondaires voire désormais ceux des premiers cycles universitaires.
Le grand fossé entre les règles académiques et les normes juvéniles ne cesse de « se creuser ». Ce qui aboutit à des déviances néogénérationnelles asociales grandissantes. L’école est ainsi de plus en plus délégitimée. En fort « désordre ». Dès lors qu’elle est bien moins considérée comme vecteur de réussite il y a malaise social. Il y a trente ans les trois quarts des lycéens associent diplômes et « réussite dans la vie ». Guère plus d’un dixième aujourd’hui ! La « démobilisation » gagne d’autant plus que le contexte socioéconomique des années 2020 est des plus déplorables. Peurs, phobies, comme ennuis scolaires sont légion. Plus des trois quarts des enfants de cadres supérieurs et professions libérales obtiennent leur baccalauréat contre le quart des enfants d’ouvriers. (Coslin, 2013)-776.
Le système éducatif français est moins efficace, plus inégalitaire, plus coûteux que celui de la majorité des pays d’Occident. Pourquoi, comment et jusqu’où ? Le tout premier problème concerne notre baccalauréat. Sept cent soixante-cinq mille candidats, six cent soixante-quinze mille reçus en 2018. 95 pour cent des élèves de terminale finissent par l’obtenir. 88 pour cent de taux de réussite annuel pour les trois bacs, 91 pour cent pour la filière générale. Donc le bac pour tous les juniors d’aujourd’hui ou presque. Il est vrai que les élèves y sont grandement aidés. Le soutien scolaire privé est en croissance exponentielle. À lui seul le premier du marché, Acadomia, dispense cinquante mille heures de cours en 1990-1991. Un million en 2000-2001. Deux millions et demi en 2006-2007. Bien plus encore aujourd’hui. Soit un « marché » d’un milliard d’euros à l’époque, toutes filières privées confondues.
Puisque le baccalauréat est quasi universel cela signifie qu’il ne renseigne plus nullement sur les vraies aptitudes ainsi validées. Les connaissances fondamentales acquises ne sont pas réellement vérifiées ni les pleins moyens mis en œuvre pour les acquérir. Selon certaines évaluations les trois quarts des élèves du secondaire ne maîtriseraient pas les programmes enseignés, près d’un cinquième seraient en « grande difficulté ».
Selon l’Ocde en 2007 le nombre de publications scientifiques par million d’habitants est de 69 pour le Danemark, 58 pour la Suède, 50 pour les États-Unis, 12 pour la France ! Notre école est devenue incapable de « garantir » à la majorité des élèves du secondaire une façon bien précise de s’exprimer. Également une structuration grammaticale la plus correcte et une capacité d’argumentation cohérente pour définir une pensée conforme à ses idées. Appréhender celle d’autrui avec le plus de clairvoyance et d’esprit d’à-propos-777.
Les sept années de collège et de lycée ne garantissent plus en rien ces apprentissages fondamentaux. Les enseignants des premiers cycles universitaires le constatent. Ils évaluent avec effarement l’indigence des connaissances et savoirs de leurs étudiants. L’indispensable contrôle continu en classe terminale comptant pour moitié avec les notes du bac fait encore, (Avant 2021) défaut. Le coût annuel du bac dépasse les deux cents millions d’euros. Soit cinq mille euros pour un élève recalé. C’est-à-dire à peine moins que la dépense annuelle pour un étudiant d’université, 6 700 euros en 2007 – 10 500 en 2012 -.
Il y a un fossé abyssal entre d’une part les moyens financiers engagés pour l’école et de l’autre toutes les performances effectives du système. Les premiers sont parmi les plus importants du monde occidental. Les secondes parmi les plus piètres ! Jusqu’à ces dernières années dans tout le secondaire le nombre d’enseignants augmentait tandis que celui des élèves diminuait ! Globalement les enseignants ne manquent pas de moyens mais leur carrière est mal gérée. La rémunération au mérite est inexistante, la progression salariale beaucoup plus lente en France que dans la majeure partie des nations homologues. Inspections, contrôles sont rares.
80 pour cent d’une génération obtiennent le bac. Sur 750 000 jeunes quittant chaque année le système éducatif 100 000 n’ont ni diplôme ni certification du secondaire. 40 pour cent d’entre eux trois ans après leur « expulsion » du système sont encore chômeurs. La moitié des jeunes sortis de l’école à dix-sept ans sans aucun diplôme font partie du cinquième des familles les plus démunies. L’école française ne réduit ni ne maintient les inégalités. Elle les creuse ! À l’entrée en sixième 94 pour cent des enfants de cadres sont « à l’heure » ou « en avance » par rapport à leur année de naissance.
Contre 67 pour cent seulement pour les enfants d’ouvriers. À l’entrée en seconde les déterminismes sociaux sont encore bien plus puissants. Avec une note moyenne de 9 à 12 au contrôle continu en troisième quasi tous les enfants de cadres optent pour la seconde générale. Or, seulement deux tiers des enfants d’ouvriers. Les enseignants vérifient surtout que les desiderata des familles concordent avec les résultats des élèves. Ce qui avantage les milieux favorisés mais dessert fort les autres-778.
Les enfants d’ouvriers sont trois fois plus nombreux que les enfants de cadres en sixième. Ils sont deux fois moins nombreux en terminale scientifique. Un adulte contemporain rapporte ainsi bien se souvenir d’un excellent camarade de collège en sixième issu de l’immigration italienne de milieu modeste. Dans les années 1970 ce dernier arrête ses études générales en fin de cinquième. Il se destinera finalement via l’apprentissage à une profession manuelle comme son père. Alors que son condisciple socialement bien plus favorisé poursuivra avec grand succès de longues études sélectives. Jusqu’aux plus hauts grades de l’enseignement supérieur.
Depuis cette époque la situation s’est fort « améliorée » mais n’a guère connu de bouleversements « drastiques » en matière de « démocratisation » du secondaire comme du supérieur. Bien au contraire certaines régressions s’observent même. Rappelons ici que cette démocratisation a surtout été marquante des années 1930 à 1960 incluses. Que dès l’orée des années 1970 elle était arrêtée pour l’essentiel. Malgré un consumérisme scolaire très massif depuis le début des années 1990. Qui « marque le pas » aujourd’hui.
Depuis vingt ans de fait avons-nous déjà relevé il y a plus « démographisation scolaire » que « démocratisation académique » très réelle. Entre 1976 et 2007 la proportion d’enfants d’ouvriers titulaires du bac scientifique s’est réduite de 11 à 5 pour cent. Ces jeunes sont moins présents en Grandes écoles notamment d’ingénieurs qu’un demi-siècle plus tôt ! La France manque cruellement de scientifiques. Or, la section scientifique S ne sert pas à en former mais à surtout faire de la sélection sociale ! Depuis trente ans les Zones d’Éducation Prioritaires devenues en 2014 Réseaux d’Éducation Prioritaire ont failli indubitablement en leur objectif de pleine et réelle démocratisation.
Elles n’ont fait qu’accentuer encore un peu plus la ghettoïsation et stigmatisation des établissements concernés. Ces derniers concentrent l’essentiel des jeunes étrangers issus de l’immigration de milieux défavorisés, en retard. Cristallisation socioculturelle, économique qui ne fait que compromettre encore un peu plus les chances de réussite de tous ces juniors. Cette vraie « catastrophe éducative nationale » du secondaire influe tout naturellement négativement dans le supérieur. En 2018 seules trois « malheureuses » universités françaises figurent donc parmi les cent premières mondiales. Quatre seulement en 2025. États-Unis et Grande-Bretagne continuent à « truster » l’essentiel en la matière.
En fin d’années 2000 la France arrive en terme de nombre de publications scientifiques par million d’habitants en quinzième position au sein des pays de l’Ocde. Alors même que la filière scientifique académique est le « fer de lance » de toute notre ségrégation sociale ! Deux systèmes d’enseignement supérieur cohabitent. Celui des très Grandes écoles sélectives, malthusiennes, à forte valeur sociale ajoutée. Celui des universités pléthoriques, ouvertes à tout bachelier même technologique et professionnel à promotions sociales quasi nulles. En 2007 41 pour cent des étudiants quittent l’université sans diplôme contre 17 pour cent au Royaume-Uni, 6 pour cent au Japon.
Un étudiant d’université sur deux connaît l’échec en premier cycle universitaire. Les droits d’inscription sont fort dérisoires mais les conditions de travail des plus indignes. L’État consacre trente à cinquante mille euros pour un élève de l’École Normale Supérieure. Quinze fois moins pour un étudiant de la Sorbonne. J.-R. Pitte, ex-président de l’université Paris Sorbonne, actuelle Sorbonne Université, établit un comparatif des plus affligeants-779. L’étudiant sorbonnard dispose en moyenne de 2,6 mètres carrés quand la réglementation impose pour tout poulet de Bresse un minimum de dix mètres carrés. Afin de bénéficier de l’appellation d’origine contrôlée ! Notre université « se meurt », agissons-780 !
En 2007 le capital de l’université Harvard, (États-Unis, 1636) est de 29 milliards de dollars soit autant que l’ensemble du budget des enseignements supérieurs français. La même année l’université Pierre-et-Marie-Curie (1971-2017) à Paris, actuelle Sorbonne Université regroupe 27 000 étudiants. Son budget annuel est de 90 millions d’euros. Elle ne possède pas « en propre » ses locaux, ne dispose alors d’aucuns capitaux spécifiques. Ses moyens sont donc dérisoires. La nouvelle autonomie toute relative des universités françaises ne change rien à la mauvaise donne actuelle.
Puisque tous les établissements continuent à n’opérer nulle sélection à l’entrée ni à pouvoir fixer eux-mêmes leurs droits d’inscription. L’État s’en charge pour tous de façon globale, uniforme, à un niveau qui reste d’indigence. Seuls quelques établissements de prestige, d’excellence, professionnalisés font exception à la non-sélection, aux frais bas telle la faculté de gestion (1968) Paris Dauphine, actuelle Université Paris Sciences et Lettres, PSL Or, fin 2017 il est décidé que les bacheliers candidats à l’université jugés trop faibles seront « remis à niveau », condition de leur inscription. (Marseille, 2007).
Selon l’Ocde en 2006 la dépense moyenne annuelle par étudiant en milliers de dollars est de 11 pour la France, 16 pour la Suède, 24 pour les États-Unis. Sans contributions accrues des usagers d’enseignement eux-mêmes comme le font tous les plus grands pays notre université restera sans moyens. Délabrée, incommode et sous-équipée, peu performante et peu compétitive à l’échelle occidentale et mondiale. En 2007 avec 7 200 euros (12 250 euros en 2023) la dépense annuelle par étudiant d’université publique est inférieure à celle d’un collégien, 7 400 euros, d’un lycéen, 10 170 euros.
Les grandes nations dépensent logiquement plus pour les étudiants universitaires que pour les simples élèves du secondaire. Seule la France faisait exception avant de si récents progrès rectificatifs inversant la donne ! Or, l’innovation n’appartient qu’aux États qui dépensent le plus pour leurs étudiants. Alors notre très précaire place de septième puissance mondiale risque fort d’être bientôt révoquée. Dès lors que le triple A français initial des grandes agences mondiales économiques de notation n’est déjà plus que double puis simple en 2025.
La Sorbonne, prestigieuse université médiévale, l’une des plus anciennes du globe et de réputation mondiale depuis des siècles est pourtant sinistrée. En 2006 elle accueille 26 000 étudiants, a un budget de 32 millions d’euros, plus 54 millions d’euros de salaires payés par l’État. Avec des locaux à rénover de 60 000 mètres carrés sur quatorze sites. Un étudiant y coûte donc 3 300 euros annuels soit moitié moins encore qu’un étudiant moyen français. Moins qu’un enfant de maternelle et trois fois moins qu’un lycéen ou moins qu’un étudiant mexicain. Princeton (1746/1896), aux États-Unis a un budget annuel en 2006 de 730 millions d’euros pour 6 677 étudiants.
Avec 736 000 mètres carrés de surface soit 110 mètres carrés par étudiant. Il est dépensé pour chaque étudiant et par an 110 000 euros. Trente-trois fois plus que pour un pauvre étudiant de la Sorbonne-781 ! En France les bibliothèques universitaires offrent une place pour dix-huit étudiants, en Allemagne, Grande-Bretagne une pour cinq ! En Amérique du Nord toutes les bibliothèques sont ouvertes de huit à vingt-trois heures, fins de semaines comprises. En France l’ouverture est en moyenne hebdomadaire seulement de cinquante heures, la moitié, dimanches exclus. Pour mettre l’université française aux normes européennes, d’Occident il manque au moins dix milliards d’euros annuels. (Pitte, 2006).
En moyenne les frais d’inscriptions universitaires annuels ne dépassent pas les trois cents euros par étudiant. Ils n’atteindraient la moyenne occidentale qu’en les multipliant par dix, vingt ou trente au minimum ! Alors que plus des deux tiers des étudiants américains payent leurs études à crédit, s’endettent pour se former. Même le président des États-Unis, (2009-2017) B. Obama, diplômé de Harvard. Notre archaïque, hypocrite enseignement supérieur ne fait que reproduire les vieux ordres d’Ancien Régime (1589-1789). Selon une image de J. Marseille. (Historien français, 1945-2010).
La noblesse figure les très Grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, l’École Normale Supérieure, L’Ena, actuel Institut national du Service public, Insp… Une rente de situation à vie à moins de vingt-cinq ans pour moins de cent cinquante mille étudiants par année. Sur 2,7 millions ! Conditions d’études, débouchés socioprofessionnels y sont excellents à tous points de vue. La sélection depuis la maternelle ou presque des plus « féroces ». La dépense annuelle par élève en classe préparatoire est de 15 000 euros, plus en moyenne que pour un étudiant d’université, 10 900 euros (2014). « Tribut » payé par tout contribuable alors que la part des enfants des milieux les plus défavorisés ne cesse de s’y fort réduire-782.
La part des élèves d’origine modeste en nos quatre plus grandes écoles, Polytechnique, Ena, Hec, Normale Sup décroît. De 29 pour cent au début des années 1950 à 9 pour cent au milieu des années 1990. Soit une baisse en moins d’un demi-siècle de plus des deux tiers ! Employés et ouvriers qui représentent 60 pour cent de la population active n’envoient que 6 pour cent de leurs enfants à l’Ena. Soit le dixième de leur poids social total ! Moins de 1 pour cent à Polytechnique, 3,4 pour cent dans les écoles de commerce, 6,1 pour cent en écoles d’ingénieurs.
Les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures trustent 85 pour cent des institutions les plus prestigieuses, constituent 62 pour cent de l’ensemble des élèves des Grandes écoles. Seuls 10 pour cent à peine de la société fournissent au pays ses élites supérieures. Comme si la nation ne comptait que le dixième de sa population totale ! En moyenne une scolarité dans les meilleures écoles de management privées coûte 10 000 euros annuels. Soit trente-trois fois plus qu’à l’université ! Ce n’est pas ce chiffre qui est anormalement élevé au vu des fort excellents débouchés professionnels avérés offerts.
Plutôt celui de l’université dramatiquement dérisoire. De fait cinq ans après la fin de leurs études 70 pour cent des étudiants des Grandes écoles sont cadres du public ou du privé. Contre 33 pour cent des diplômés d’une licence universitaire. Guère plus de 50 pour cent pour les diplômés de masters 2 d’universités. Concernant ces derniers un tiers au moins ne sont qu’employés. Le clergé est les établissements à statuts spécifiques comme les instituts d’études politiques ou les écoles d’ingénieurs ou de commerce de second ordre. La sélection est réelle, les débouchés restent cependant fort appréciables.
Le tiers état rassemble dans les universités notamment littéraires plus de la moitié soit donc la majorité des étudiants, 1,7 million sur 2,7. La marque de fabrique en est le manque d’exigences en terme financier, de sélection, de travail. Donc la dépréciation des diplômes peu exigeants, pléthoriques et les manques de débouchés notamment à haute teneur socioprofessionnelle et financière. Tout ceci provoque le grand déclassement social des enfants des classes moyennes. Dont les impôts renforcent les rentes de situation, la « patrimonialité des offices tels les quartiers nobiliaires de la caste d’en haut ». L’allongement des scolarités accroît fort ce syndrome.
Notre université à l’instar de ses homologues anglo-américaines a besoin de sources de financements décuplées, diversifiées notamment d’origines privées. Le plein rôle de l’État et ses moyens en faillite sont dépassés. En première année d’études les frais de scolarité et d’hébergement à Harvard atteignent les soixante-cinq mille dollars ! Tous les « meilleurs » établissements universitaires mondiaux ne sont pas américains par hasard. Leur si insolente santé financière provient surtout du mécénat, de la possession d’actifs personnels fonciers, immobiliers et monétaires propres démesurés. Fructifiés en permanence, démultipliés par des experts financiers de « tout premier plan ».
Ainsi en 2007 la toute première université américaine et mondiale, Harvard, a donc un patrimoine de 29 milliards de dollars. Quand la première université française quant à elle n’a à son actif que 12 malheureux millions soit plus de deux mille fois moins ! Améliorons aussi l’orientation des étudiants. Plus de la moitié estiment ne pas avoir été suffisamment informés en la matière. Un sur cinq dit même que sa formation ne répond pas à ses attentes. Un sur deux est en situation de stress très marqué. Plus de 40 pour cent des étudiants délaissent leurs études sans diplôme. 5 pour cent des jeunes défavorisés accèdent aux Grandes écoles, un quart en 1950 ! L’objectif n’est plus « 80 pour cent d’une génération au niveau bac » car ce stade est désormais fort dépassé. Plutôt 50 pour cent d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur-783.
Selon l’Ocde la proportion d’adultes de vingt-cinq – soixante-quatre ans ayant accompli des études supérieures en 2001 est variable. 29 pour cent aux États-Unis, 20,1 pour cent au Japon, 18,6 pour cent au Royaume-Uni, 15,6 en Finlande. Hélas seulement 12,4 pour cent en France, l’un des taux les plus bas d’Occident. Les dépenses annuelles par étudiant en dollars américains sont aussi très fluctuantes. 22 234 aux États-Unis, 20 230 en Suisse, 15 188 en Suède, 12 688 en Australie, 10 003 en Irlande, 8 837 en France. Notre pays a l’un des plus faibles niveaux de dépenses par étudiant en Occident pour le pire des résultats académiques ! En dépit de progrès récents. (Marseille, 2007).
En 2005 l’institut GlobeScan demande aux ressortissants de vingt nations si le système de la « libre entreprise », de l’économie de marché est le meilleur ou non pour l’avenir. 74 pour cent des Chinois sont d’accord, de même que, 71 pour cent des Américains et 67 pour cent des Britanniques. 65 pour cent des Allemands, 59 pour cent des Italiens, 43 pour cent des Russes. 36 pour cent des Français. 20 pour cent des Chinois ne sont pas d’accord, 32 pour cent des Allemands, 38 pour cent des Mexicains. Pour 50 pour cent des Français. (GlobeScan, Royaume-Uni, États-Unis, Canada, 2005).
Sur vingt peuples occidentaux et « émergents » les Français sont les moins nombreux à adhérer à la libre entreprise et l’économie de marché. Les plus nombreux à les rejeter. Pathétique image d’une société française qui ne « rêve » que d’illusoires pseudo-protections étatiques, bureaucratiques « à la soviétique ». Qui ne se rend même pas compte que depuis toujours ou presque cette fixité rigide en soi fait son pire malheur ! Est-ce donc le vrai visage de la Liberté, l’Égalité et la Fraternité ? Il est permis d’en très fortement douter. Cette véritable « sclérose mentale » massacrante ne sera vaincue que par une fort drastique révolution des mentalités. À défaut le pays continuera à s’enfoncer chaque jour un peu plus en ses pires marasmes, démons. En un concert des nations qui inexorablement de plus en plus progresse à ses pires dépens !
– Gestion, Transmission, Égalité –
De Vos « Chances Scolaires » de Jeune
Vous, jeune, n’avez pas appris à travailler, optimiser et rentabiliser vos tâches scolaires, en saisir la pleine finalité. Acquérir une solide méthode académique fait défaut. L’organisation, la gestion des obligations de vos études sont aléatoires, empiriques, non finalisées, rationalisées pour un résultat maximal. Les disciplines enseignées sont de moins en moins bien adaptées à notre temps, la vie que vous devrez affronter vous, junior. Vos programmes sont trop indigestes, surchargés et s’empilent les uns sur les autres à mesure des années, en ajouts successifs. Sans élagages, remises à plat ni refonte.
Cohérences, pertinences, pluri, interdisciplinarités, transversalités intellectuelles manquent encore. Les savoirs restent encore trop cloisonnés, parcellaires. Le vingt-et-unième siècle n’a pas encore franchi les murs de notre école. Alors qu’il faut bien réussir, gagner sa vie ! Pédagogie, psychologie font trop souvent défaut. Les transmissions peinent. La plupart des jeunes élèves sont « mal ou insuffisamment formés ». Capacités d’analyse, esprit critique, d’initiative, points de repères, d’ancrages sont trop peu développés et sollicités. De même que l’éveil des consciences, curiosités et intelligences.
Il manque cruellement une solide propédeutique méthodologique au travail scolaire. Avant d’enseigner toute discipline il s’agit d’inculquer aux élèves la meilleure façon d’apprendre. Cela n’est pas le cas aujourd’hui mais reste à faire. Les relations entre les enseignés, leurs enseignants ne sont pas « simples » en France. Les premiers ont l’habitude de l’horizontalité interactive et participative. Les autres ont été formés à la verticalité unilatérale de l’ « oracle » émis de celui ou celle « qui sait » à ceux « qui ne savent pas ».
Travail, discipline, sanction de l’élève répondent à de strictes normes préétablies mais nécessaires. À condition qu’elles soient justes, aient préalablement été fort clairement notifiées aux élèves. Lesquels doivent « préventivement » être pleinement conscients des règles à observer, risques encourus en cas d’infraction. Les tâches académiques juvéniles à l’école et chez soi manquent trop de rigueur, de méthode, comme d’organisation correctement planifiée. Que transmettre-784 ?
Traditionnellement les études classiques antiques (VIe s. av. J.-C.-IVe s.), médiévales (Ve-XVe s.) comportent sept arts libéraux en opposition aux arts dits mécaniques. Il s’agit du « noble » savoir gratuit, non productif, non productiviste. Le Trivium regroupe la rhétorique scolastique, la grammaire, la dialectique. Puis le Quadrivium, la géométrie, l’arithmétique, la musique et l’astronomie. Les matières transmises de nos jours manquent de structuration, de finalités clairement établies. Les programmes sont trop pléthoriques, inadaptés.
Éduquer consiste à respecter la spécificité de chaque jeune d’une part, faire passer des règles, valeurs, savoirs de l’autre. Notre école ne sait, ne peut, veut faire correctement ni l’un ni l’autre de ses devoirs. Il manque un bon « équilibre » entre culture générale et matières littéraires notamment les langues étrangères, en premier l’anglais, les sciences, les arts. L’abstraction l’emporte sur l’expérimentation. L’intellect sur le manuel, l’éducation physique et sportive ou artistique. La théorie sur la pratique. Le monde de l’entreprise, de la recherche, technologique et culturel est encore bien trop ignoré-785.
Dans le secondaire a fini la prédominance séculaire des humanités classiques gréco-latines, littéraires, philosophiques, historiques, morales. Elles ont été remplacées depuis la décennie 1960 par une primauté réductrice et plus écrasante encore, celle des matières scientifiques. Essentiellement mathématiques. Dans le supérieur les filières d’ingénierie et commerciales l’emportent. Les études les plus prisées et « porteuses » ne sélectionnent plus que par les seules mathématiques. Les cursus généraux « écrasent » les autres. En leur sein la seule ancienne section scientifique S règne à outrance de même que ses équivalents actuels.
Or, cela déséquilibre fort, asservit tout notre système éducatif au seul profit abusif et limitatif d’une discipline purement technique, abstraite. Dont l’excès ne contribue en rien en soi à l’ouverture et l’enrichissement des esprits mais à leur parfait « abrutissement ». Il a été démontré que cette matière n’est jamais plus « objective » pour évaluer les élèves que d’autres. Il est absurde, extrêmement dommageable pour notre jeunesse, notre pays de privilégier un seul type de formation, d’intelligence au détriment de tous les autres. Aucune autre nation ne le fait-786 ! Cette « passion nationale est pure folie » !
Cela nous appauvrit, affaiblit fort par une « normativité unique écrasant les individus ». En fidélité en cela à un certain « totalitarisme national si kafkaïen » des plus dangereux. Des pans entiers de notre jeunesse, nos intelligences sont ainsi arbitrairement éliminés d’office. Cette « sotte arrogante prétention à l’universalisme totalitaire » nous a déjà conduits à bien des désastres historiques. Notamment sous la Révolution (France, 1789-1799) et l’Empire (France, 1804-1815). Citons certaines tragédies sanglantes aveugles de 1792-1795 tel le « massacre vendéen ».
L’épopée débute en fanfare à Valmy (1792), au pont d’Arcole (1796). Finit en catastrophe au 18 Brumaire (1799), à Waterloo (1815) ! Cet abus des mathématiques est pire encore que les « excès » antérieurs du latin et grec ancien, de la rhétorique classique. Qui avaient à leur avantage un fondement humaniste, culturel, moral, comme spirituel indiscutable ! Les pures mathématiques abstraites, simple outil technique, n’ont que peu de valeur philosophique au sens strict en elles-mêmes.
Aucune utilité d’application intrinsèque pour guider valablement, ontologiquement une vie humaine. Elles ne font que « gâcher » en vain l’existence de très nombreux jeunes. Elles sont fort discriminatoires car elles requièrent le plus souvent des soutiens complémentaires dont tous les juniors ne peuvent bénéficier. Elles n’épanouissent nullement, n’apportent aucun vrai « sens axiologique », ne délivrent aucun message. Elles ne fournissent nulle « explication pertinente de notre monde ». Elles sont fort à l’image de notre malheureuse société technicienne, utilitariste et médiocre. Si cette discipline avait tant les vertus d’excellence, d’efficacité que l’on prétend la France serait en bien meilleure posture dans le concert des nations. Or, ce pays ne cesse d’y reculer. Le niveau en mathématiques de nos jeunes n’est pas même brillant comparativement à celui de leurs pairs occidentaux-787.
Quels sont les actuels publics scolarisés ? L’école française a connu une démocratisation sans précédent pendant quatre décennies du début des années 1930 à la fin des années 1960. Depuis surtout les années 1990 le mouvement s’est très considérablement ralenti. L’on retrouve des clivages ségrégatifs traditionnels. Entre les âges, sexes, comme milieux d’appartenance, personnalités, parcours, goûts, capacités, localisations géographiques. Il est démontré que l’école maintient, aggrave les clivages sociaux plus qu’elle ne les réduit. Les connaissances, savoirs se suffisent trop à eux-mêmes au détriment des savoir-faire et faire savoir. La seule mémoire mécanique est trop sollicitée à l’encontre du raisonnement et de l’intelligence vive. Nous avons oublié l’exercice si salutaire de la « disputatio » ou discussion antique et médiévale.
Consistant à opposer arguments, contre-arguments sous l’autorité du maître. Un exemple parmi mille autres d’une théorisation excessive, inutilisable, vaine : notre enseignement des langues étrangères. Abandonnons un jeune en contrée allogène quels que soient l’idiome, la langue indigènes qu’il sera supposé avoir appris des années durant. Il sera incapable d’appréhender la société visitée, se faire comprendre par les autochtones. Il sera en la position des « Persans » du philosophe français Montesquieu (1689-1755), Usbek et Rica en visite en France. (Lettres persanes, roman épistolaire, France, 1721). S’esbaudissant fort des biens curieuses mœurs, façons des Parisiens du dix-huitième siècle-788. L’école est « ouverte » à tous ou presque c’est entendu. Les publics scolarisés « choisis, élus » de l’Avant-guerre, (Décennie 1930) et même encore des années 1950 sont désormais ceux de la « masse ».
Or, ils ne fréquentent pas les mêmes établissements, ne suivent pas les mêmes cursus. Ils ne connaissent pas les mêmes pleines réussites propres ni les mêmes destinées de l’avenir socioprofessionnel. Les jeunes les plus âgés sont mieux armés, plus mûrs, font mieux face aux difficultés que leurs cadets. Les garçons continuent à « truster », fort monopoliser les meilleures trajectoires scolaires. Alors même que les filles bien plus studieuses réussissent globalement mieux leurs études que les homologues masculins. Les milieux socioculturels, économiques, les jeunes français de souche ou d’origine ouest et nord européenne les plus favorisés auront plus de facilités que les autres.
Les personnalités les mieux trempées, plus assurées, solides, les plus motivées, épanouies ont plus de chances de réussite. Un passé et un parcours paisibles, sans heurts prédisposent à un destin scolaire meilleur ou plus aisé. Les appétences, capacités réelles et niveaux de performance atteints, difficultés ou facilités connues augurent d’une ambition scolaire. Plus ou moins raisonnable ou ambitieuse. L’on distingue ainsi les élèves, étudiants faibles, moyens, forts. Face aux études les citoyens ne sont pas égaux. Beaucoup déplorent ne pas avoir étudié plus. Premier regret des Français !
Il semble qu’il y ait des régions de plus forte réussite scolaire que d’autres. Ainsi le taux de réussite au baccalauréat est généralement meilleur en Bretagne plutôt qu’en Île-de-France. La réussite, la prolongation des études sont moindres en milieu rural, périurbain qu’en zone urbaine. Pour des raisons de composition sociologique plus favorisée dans les très grandes villes notamment- 789. Notre école a donc ses types d’ « offices patrimoniaux ». La primauté des élites supérieures couronnées et des meilleurs lycées Henri-IV, Louis-le-Grand… Grandes écoles : Polytechnique et École Nationale d’Administration devenue Insp, École CentraleSupélec et École Normale Supérieure.
École des Hautes Études Commerciales de Paris, École des Mines, École des Ponts et Chaussées-790… L’ordinaire du tout-venant moyen des lycées honorables de centre-ville, universités professionnalisées. Telle l’université Paris Panthéon / Assas (1970) pour le droit, l’économie, Paris Dauphine Psl (1968) pour la gestion. Comme Paris Descartes devenue Paris-Cité (1971 puis 2019) pour la médecine-791. Vient aussi la subalternité des déclassés défavorisés des lycées les moins « cotés » notamment non généraux et périurbains. Des universités non professionnalisées, des études secondaires et supérieures courtes comme de type technique-792.
Le système d’orientation scolaire français est terriblement lacunaire. Nulle « rationalité » n’y préside or, une improvisation quasi totale qui ne laisse place qu’au hasard, comme à la « débrouille », l’aiguillage par l’échec. La massification ou « démographisation » des effectifs scolarisés l’emporte sur leur réelle « démocratisation »-793. Ainsi concernant l’enseignement supérieur, le seul à permettre de « faire carrière » après un minimum de cinq années d’études. L’aggravation de la crise socioéconomique, financière induit beaucoup moins de possibilités d’effectuer et de prolonger des études postbac. Hors jeunes favorisés. Ceux des milieux les plus modestes sont ainsi moins nombreux que seulement quelques décennies plus tôt dans les meilleures très Grandes écoles comme Polytechnique. Ils ont de moins en moins accès aux cursus d’excellence les plus prestigieux crise oblige !
Ils constituent la majorité des effectifs des filières professionnalisées courtes. Telles les Sts, sections de techniciens supérieurs, les Iut, instituts universitaires de technologie, certaines écoles privées de second ordre. Également les cursus universitaires généraux non sélectifs longs des études littéraires, de sciences humaines. À fort peu de débouchés professionnels, généralement peu gratifiants, rémunérateurs. Quant aux jeunes des milieux très favorisés ils occupent fort massivement les formations sélectives à aboutissements professionnels réels valorisants-794.
Il s’agit des classes préparatoires, des meilleures Grandes écoles, des filières universitaires professionnalisées d’élite parmi les plus sélectives. Médecine, droit, gestion, établissements internationaux renommés à l’étranger-795. Les filles sont bien plus nombreuses désormais que les garçons dans les filières supérieures. Or, ces derniers auront toujours le « monopole » des cursus les plus « rentables » en matière de pouvoir, prestige, revenus-796.
Officiellement l’école de la République est une. De même que cette dernière est indivisible selon la Constitution. En réalité elle est multiple. Les disparités en matière d’élèves, d’études et d’écoles sont plus grandes que jamais comme déjà évoqué. Pour le secondaire comme pour le supérieur il y a donc une minorité d’établissements élitistes fermés d’ « excellence » pour les plus favorisés. Ultra sélectionnés depuis les classes de maternelle et menant aux meilleures carrières. L’archétype en est le lycée général parisien de prestige national, la très Grande école de renom international-797. Viennent ensuite une part d’institutions quasiment « en faillite » concentrant les élèves les plus « en difficulté, défavorisés ».
Conduisant aux avenirs professionnels les plus modestes. L’on peut citer surtout le lycée professionnel de banlieue déshéritée. L’école supérieure des filières professionnelles courtes acceptant les non-bacheliers, non reconnue par l’État. La majorité des écoles sont en une moyenne fort « quelconque ». Elles rassemblent la plupart des juniors, ceux de l’immense « marais » des classes intermédiaires ou moyennes. En un système éducatif qui demeure très « ségrégatif, discriminatoire, socialement cloisonné ». Pour des métiers de niveau plutôt moyen. Exemple : le lycée technologique ou l’université « lambda »-798.
Avec la réforme Haby dite du collège unique en 1975 les jeunes prolongent tous leurs études secondaires. En particulier depuis vingt-cinq ans l’orientation en fin de cinquième est remplacée par celle de fin de troisième. La plupart des adolescents suivent donc l’ensemble du cursus du premier degré de l’enseignement secondaire collégial, soit de la sixième à la troisième. Essentiellement entre douze et quinze ans. De plus en plus de jeunes, de même, fréquentent le lycée, pour beaucoup jusqu’au baccalauréat obtenu par 80 pour cent d’une génération actuelle.
Désormais les inégalités sociales éducatives se situent non plus tant au collège que pour l’orientation lycéenne du second degré. Soit générale ou technologique d’une part, soit professionnelle de l’autre. Les élèves de milieux socioculturels favorisés ont plus souvent accès au premier type de cursus et les autres jeunes au second. D’autant plus que le jeu des langues rares et options spéciales accentue les inégalités au profit de ceux qui sont déjà très avantagés par le sort. Les autres devant se contenter des « restes ».
Ces stratégies élitistes et élitaires visent surtout à obtenir les « meilleures classes », les établissements d’excellence. Or, tout ceci a une influence majeure décisive sur l’ensemble des études de lycée, comme supérieures. La plupart des juniors de parents cadres notamment supérieurs et enseignants font des cursus secondaires longs. Contre moins de la moitié des élèves de milieux ouvriers et employés. Les milieux plus favorisés sont généralement plus ambitieux, tenaces, exigeants quant à leurs souhaits d’orientation. Même en cas de résultats scolaires « limités ».
Alors que les autres familles ont bien plus tendance à « minorer » leurs prétentions. Les conseils de classe prennent en considération ces desiderata des uns et des autres. Ce qui accentue les discriminations sociales car le niveau socioculturel élevé des élèves favorisés joue en leur pleine faveur alors que celui des autres jeunes les dessert fort. Le standard socioéconomique supérieur étant réputé plus bénéfique pour le soutien, l’aptitude à mieux réussir des études plus exigeantes et sélectives. Il en va de même de l’approche des conseillers d’orientation. Les critères socioculturels l’emportent fort sur le niveau scolaire.
Une nette majorité des descendants de cadres supérieurs vont en terminale générale ou technologique sans redoubler. Contre un tiers seulement d’enfants d’ouvriers, d’employés. Ces derniers sont sur-représentés en terminale professionnelle moins valorisée par rapport aux autres terminales. Les enfants de cadres supérieurs obtiennent surtout un baccalauréat général et tout d’abord le plus sélectif scientifique. Nettement moins souvent un bac technologique, très rarement un baccalauréat professionnel. Les jeunes favorisés accèdent plus à une seconde générale avec un niveau bien plus fort, des options plus rares.
Le tout prédisposant mieux à la première générale scientifique. Parcours scolaires d’excellence, réussites académiques ne vont pas étroitement de pair. Puisque la variable socioculturelle discriminante y joue un rôle majeur. De façon générale les filles réussissent bien mieux que les garçons en leurs études secondaires. Or, elles sont « ultramajoritaires » en terminale L, majoritaires en ES, minoritaires en S. Les filles sont aussi très majoritaires en baccalauréat technologique tertiaire. Alors que les garçons ont encore et toujours le quasi-monopole des sections technologiques industrielles. Nombre d’études restent sexuellement ségréguées !
Toutefois pour l’obtention du baccalauréat le milieu social a plus de poids que le sexe des impétrants. Or, ce sont les garçons qui trustent le bac S tout milieu social confondu sauf les filles de cadres. Plus de quatre cinquièmes des rejetons de cadres, comme d’enseignants sont diplômés de cursus d’enseignement supérieur. Contre le tiers des enfants d’ouvriers, d’employés. Les enfants de cadres, d’enseignants dépassent même le tiers des effectifs du premier cycle universitaire. Ils atteignent plus de la moitié de ceux de classe préparatoire aux Grandes écoles.
La plupart des élèves des – très – Grandes écoles parisiennes sont issus des classes sociales les plus favorisées et du genre masculin. Ainsi les garçons de la haute société sont très majoritaires dans les meilleures Grandes écoles notamment d’ingénieurs. D’autant plus que ces jeunes appartiennent déjà aux milieux professionnels auxquels mènent ces écoles. En une sorte d’autocooptation reproductrice. Ces études sont risquées, longues et difficiles, coûteuses et à enjeux, obstacles successifs, différés. Comme la médecine et de recrutement très bourgeois. Seul le bac S puis équivalent permet de faire cet exigeant type de formations.
Le fils d’ouvrier bachelier scientifique fait des choix plus accessibles. Or, les formations les plus socialement, économiquement gratifiantes sont aussi toujours les plus aléatoires, hasardeuses. La potentialité dissuasive d’échec l’emporte donc chez les filles, surtout les jeunes modestes sur la rentabilité attendue. Pour renoncer et réajuster ses prétentions à la baisse alors que c’est l’inverse chez les garçons surtout les juniors fort favorisés. Qui optent plus pour le risque, le défi, la persévérance et la non-renonciation dans l’ambition. Le milieu social d’origine reste donc très prédictif des études choisies, réussies et du destin socioculturel, économique ultérieur et terminal.
En outre la toute meilleure information sur les stratégies, les filières les plus économiquement rentables du moment profite toujours tout prioritairement aux plus favorisés socialement. Après le bac il n’y a plus tant inégalités de réussite académique qu’inégalités de latitudes de choix, comme d’attitudes d’orientation décisives pour l’avenir. Plus l’on progresse, monte dans la hiérarchie suprême des cursus d’études notamment les plus élitistes plus la part des jeunes de milieux favorisés croît. Plus celle des juniors moins « titrés » diminue-799. La « démocratie scolaire » reste théorique.
À l’inverse plus le niveau, la sélectivité des études sont bas plus les juniors de milieux modestes l’emportent en nombre en ces filières. Plus ceux de la haute société s’y raréfient. En cela l’école dite « méritocratique » de la République a fort échoué. Puisqu’il y a plus eu démocratisation quantitative ou démographisation scolaires que démocratisation éducative et qualitative. C’est-à-dire accès, réussite de tous – élèves et étudiants – à tout – le système d’offre académique du plus modeste au plus excellent.
En outre nous le verrons également, ce qui prévaut en terme d’études, de diplômes se vérifie en matière d’emploi subséquent. Il y a généralement concordance prédominante entre milieu socioculturel de départ et niveau de formation et de diplôme « terminal ». Cela s’observe également le plus souvent entre niveau et type de diplômes et classe, genre d’emploi exercé de façon liée ultérieure. Ce qui accroît en aval les inégalités socioacadémiques antérieures. (Duru-Bellat et al., 2012, 2018)-800.
> (Andro)Jeunesse 5 / ou
– Menu d’AndroJeunoConsulting –
Accueil – Expert G. 18/24 – Méthode – Spécialités – Avis/Cas – Confiance
Jeune XY – (Andro)Jeunesse 4 – AndroJeunoPratique – Résumé – Contact
< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 >
– Haut de Page –
AndroJeunoConseil® – Consulting Éducation–Jeunesse – Mentorat 18-24 XY
© Yves REMY, Dr / PhD, expert androJeune – 2003 – Confidentialité – Mentions légales
Le site Andro-AdoJeunoConseil15-24.org, Paris est sous protection copyright © Sgdl
A-A15-24.org est sous sauvegarde d’un dépôt légal © à la BNF