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[ VOS « IDÉOLOGIQUES ÉLANS » ]

DE JEUNE PAR / POUR VOUS ?


 

 

Vous, junior, voulez « avoir votre mot à dire ». Non seulement quant à ce qui concerne très directement votre génération mais aussi plus globalement la « vie de la Cité ». Pour autant votre rôle civique, politique est des plus étiques, restreints. La classe politique et les pouvoirs publics « se défient » de votre classe d’âge à votre plus grand dam, vous tiennent en marge des affaires décisionnaires. Si vous, jeune, vous maintenez fort éloigné des religions, Églises, dogmes et ne voulez « vous laisser endoctriner », vous avez soif de « communion spirituelle ».

Car vous percevez instinctivement, intuitivement, viscéralement la vaine vacuité d’un monde sans foi, morale ni loi. En lequel seuls force, pouvoir, argent auraient droit de cité, soumettant les plus faibles sous leur inique joug. Les virulents combats idéologiques qui avaient tant et tant enflammé la jeunesse des siècles passés ont vécu. Demeurent les causes qui concernent votre néogénération ou ont trait aux injustices, générosités et grands principes moraux. Pour elles vous, jeune, saurez encore vous lever en masse pour protester, faire entendre votre voix. Tenter d’infléchir certains choix opérés par vos aînés qui vous semblent en conscience des plus contestables.


 

 

Au début des années 1970 un lycéen périparisien, Gilles se lance avec force délectation dans le maelström culturel et idéologique de l’époque post-Soixante-huit. Il hésite entre engagement militant et quête individuelle. Le garçon préfère peinture, cinéma à la politique en opprobre de ses camarades plus activistes. Entre amours, arts et liens humains Gilles et ses amis voyagent, tracent leur chemin, optent pour leur avenir. Afin de faire leurs preuves, s’imposer, assumer leurs pleins destin, vocation ontologiques.

En temps tourbillonnant, changeant, comme favorable à la jeunesse. Riche pour sa propre génération de promesses de toutes sortes. Gilles finira par assumer ses élans, préférences, gages pour lui d’épanouissement et de réussite. Comme le dépeint si bien le drame historique de cinéma français : Après Mai. (O. Assayas, 2012). Les jeunes d’hier, comme surtout d’aujourd’hui se défient fort des idéologies toutes faites des appareils qui les portent. Pour autant, ils n’en demeurent pas moins des plus sensibles, ouverts aux nobles et généreux engagements, valeurs qui leur semblent les plus dignes d’adhésion-979.


 

 


– Rôle Civique Politique Minoré, Distancié –

De Votre Jeunesse


 

 

Idéal-s, idéaux est un terme masculin de 1765. « Ce que l’on se représente ou se propose comme type parfait, modèle absolu, en l’ordre pratique comme esthétique ou intellectuel. Ensemble de valeurs esthétiques, morales ou intellectuelles – par opposition aux intérêts de la vie matérielle -. Ce qui en quelques ordres que ce soit donnerait une parfaite satisfaction aux aspirations du cœur, de l’esprit ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-980.

Vos idéaux de jeunesse sont donc vos pleines aspirations « métaphysiques » et immatérielles. Depuis la suspension du Service national, (France, 1798-1997) la question se pose en une optique d’intégration de votre jeunesse d’instaurer ou non un Service civique, (France, 2010) ou militaire obligatoire ou volontaire.


 

 

Le choix s’est porté sur le pur volontariat-981. Puis sur l’obligation avec le Service National Universel. (France, 2019). Les jeunes peuvent être amenés à se détourner de la politique, du système électoral et civique. Il faut noter que la place qui leur y est octroyée reste toujours des plus congrues ce qui ne les incite pas à s’engager. Généralement les juniors votent peu, sont fort rarement détenteurs de mandats électifs avant leurs vingt-cinq ans. Les dérives de la politique les dissuadent de se prononcer, présenter. Comme la pitoyable campagne présidentielle française de 2017 l’a si magistralement et si honteusement encore démontré ! En pires circonstances et effondrements inédits !

Leur orientation politique varie selon les époques, individus du conservatisme extrême au progressisme total. Globalement la tonalité constante des conceptions juvéniles incline aux idéaux d’ouverture, de générosité, de tolérance et progrès. Leur citoyenneté demeure plus théorique qu’effective. Le jeune est fort peu ou mal représenté en ce système institutionnel électif. Il est très peu « présent » dans le dispositif représentatif politique général. Quant aux instances délibératives, décisionnaires, consultatives propres à l’adolescence elles sont trop peu nombreuses.

Leurs fonctions, pouvoirs sont encore mal définis et minorés. Leur assise démocratique est très limitée. Cela en restreint toute la légitimité intrinsèque, l’impact, l’attrait réels. L’on peut citer les conseils d’arrondissement, municipaux, départementaux, régionaux, national de la Jeunesse. Également le Sénat junior, le Parlement européen des Jeunes-982. Ces organes représentatifs ont le mérite d’exister or, le poids sociétal juvénile reste faible.

Il en va de même pour toutes les instances sociales, associatives, syndicales, humanitaires, religieuses. La voix des jeunes n’y est pas entendue ni écoutée ou peu. La possibilité de s’y faire représenter est rarement prévue même quand l’activité, la mission concernée a trait à l’adolescence. Faute de nette revivification ces entités s’étiolent, périclitent d’autant qu’elles ne sont plus en phase avec leurs mandants. Le dynamisme des cadets y serait bénéfique-983. En ces conditions le lien entretenu entre les jeunes français et leur pays s’est très distendu.

Quid du sentiment d’appartenance, de fierté nationales, loyauté civique, du sens sacrificiel collectif, de patrie, patriotisme chez les juniors ? Il s’est fort largement, globalement évanoui, délité, dissous en la globalisation du monde. Toutefois une certaine satisfaction, voire une fierté nationales juvéniles de la « francité » peuvent perdurer en une partie de la jeunesse. Traditionnellement plus l’on est éduqué et formé ou haut diplômé plus l’on est « politisé ».

Cela n’est plus le cas aujourd’hui. Malgré la hausse continue du niveau d’éducation des jeunes ils sont moins « perméables » à la chose politique que jadis. Désormais les études scolaires influent moins sur la sensibilité juvénile à l’idéologie politique. La tendance semble même aujourd’hui s’être inversée. Un haut stade de formation « dissuadant » plus de l’attrait politique que des études moindres. Cela vaut pour les juniors les plus dépolitisés. Pour les autres les jeunes de milieux favorisés sont plus politisés que ceux de catégories populaires. Les garçons sont bien plus politisés que les filles à tous niveaux de formations. Seule une petite minorité de juniors suit l’actualité politique dans les médias au quotidien tous niveaux d’éducation confondus.

Peu informés en la matière les jeunes ont malgré tout leur opinion sur la question. Un peu moins concernant les collectivités locales. Le nombre de juniors déclarant ne pas vouloir voter ou voter blanc à une élection politique reste important. Bien plus que chez les adultes les plus âgés. Plus le jeune est dépolitisé plus il ira ré/affirmer sa volonté d’abstention potentielle. Le vote juvénile n’est pas un acte civique mais facultatif et libre si on le juge bon, valable. L’abstentionnisme croît avec le faible niveau d’études. Il est vrai que les juniors les moins titrés peinent à se reconnaître en une élite qui s’autoreproduit !

Si les jeunes votent moins que par le passé, moins que leurs aînés, ils s’affirment, se manifestent autrement. Notamment par mouvements protestataires typiquement juvéniles. Les juniors signent de plus en plus de pétitions, manifestent de plus en plus depuis trente ans. Dès le lycée l’adolescent affirme fort son refus, mécontentement. La grande majorité des jeunes a eu l’occasion de « protester » publiquement et collectivement. En tous milieux sociaux, niveaux de revenus et sexes.

Plus les juniors sont politisés plus ils participent à toutes formes oppositionnelles. L’activisme idéologique, politique est surtout très nettement le fait des jeunes affichant clairement une appartenance partisane tranchée. Même peu politisés la plupart des juniors savent se fixer sur l’échiquier politique. Leur choix diffère peu de celui de leurs aînés. Les jeunes plutôt conservateurs appartiennent plus aux milieux plus favorisés, sont plus religieux, attachés à la morale. Acceptent peu les orientations sexuelles minoritaires, l’usage psychédélique ou l’immigration étrangère. Ils plébiscitent « la liberté ».

Ceux qui se disent plus progressistes relèvent plus des strates modestes, sont plus sans religion, moins attachés à la notion de principes. Ils cautionnent plus les différents types de sexualité et la libre consommation de stupéfiants, l’égalité, l’insertion étrangère en France. Concernant certaines valeurs jeunes de droite, du centre, de gauche se sont rapprochés. Ainsi concernant la demande d’un certain ordre social, le droit de regard, d’intervention du peuple quant à la politique nationale et la latitude d’expression… La majorité des juniors surtout de gauche rejettent l’extrême droite.

Ils sont bien plus nationalistes que par le passé surtout à droite. Les jeunes sont globalement plus tolérants que les adultes concernant l’immigration et les étrangers en France. Ils s’y intéressent pour autant fort peu. Ils ne se mobiliseraient pas pour eux mais pour les vieux, les handicapés, leur entourage familier et leurs proches. Les différences politiques entre juniors et adultes sont fort limitées. Les jeunes adhèrent moins que leurs devanciers à l’idéologie politique et moins encore que par le passé. Ils sont plus lucides et critiques que les adultes. Ils ne votent que lors d’élections qui font sens, d’importance majeure à leurs yeux : peu de scrutins. (Galland et al., 2002, 2012)-984.


 

 


– Vos Spiritualités –

« Ontologiques Enracinements » de Junior


 

 

La pratique, les croyances religieuses traditionnelles et actives ne sont pas « le fort » de votre jeunesse de France. Comme du restant de la population également hormis en sa fraction la plus âgée. Toutefois vous êtes loin de vous détourner d’une certaine adhésion à la transcendance, aux choses de l’esprit. Votre besoin de vous y ressourcer est réel plus encore aujourd’hui que ces dernières décennies. Paradoxe de votre jeunesse vous êtes ultraperméable aux tentations du matérialisme ambiant et des sociétés de marché.

Or, vous semblez confusément, intuitivement percevoir que l’essentiel est peut-être en un « ailleurs » sublimé et l’indicible moral pour vous dépasser. Il vous manque d’être en mesure de vous forger votre philosophie éthique de l’existence. Le besoin de croire n’a pas disparu, rejoignant le sens de religion, du latin religare, relier les hommes. Ce lien ou liant vous « parle », junior. Notons le succès planétaire des Jmj, Journées Mondiales de la Jeunesse créées par le pape Jean-Paul II, (Saint-Siège, 1920-2005), en débuts de pontificat. (Vatican, 1984)-985.


 

 

Réunissant tous les deux ou trois ans les jeunes chrétiens catholiques de dix-huit – trente ans et de tous pays. Par centaines de milliers, en différents lieux du globe. Ainsi à Buenos Aires en 1987, Paris en 1997, Sydney en 2008 ou Lisbonne en 2023. Par-dessus tout être capable de donner un sens à sa vie est inaccessible à la plupart des juniors, ils en souffrent cruellement. C’est cela qui si fondamentalement les aiderait le mieux à bien vivre. Il persiste encore néanmoins chez nombre de jeunes une vie spirituelle au travers de croyances personnelles solides et de pratiques religieuses.

Qui s’exercent par le biais de mouvements, d’organismes et de structures telles les aumôneries chrétiennes, juives, musulmanes. Liées aux collèges et lycées ou établissements d’enseignements supérieurs publics. Les activités confessionnelles des écoles privées, les instances religieuses de jeunesse en France. Tels le Mej, Mouvement Eucharistique des Jeunes (1962), la Jec, Jeunesse Étudiante Chrétienne (1929). La Jic, Jeunesse Indépendante Chrétienne (1929), la Joc, Jeunesse Ouvrière Chrétienne (1925). Les rassemblements spirituels comme les rencontres de Taizé, Lourdes…

Les Frat, pèlerinages des collégiens, lycéens en Île-de-France, les pèlerinages de jeunes à Chartres-986… Il est de la plus haute importance qu’un « préceptorat humaniste » soit transmis par les parents qui le souhaitent. Également par l’enseignement primaire, secondaire, privé, public. Les Églises, l’enseignement privé confessionnel éduquent à la catéchèse chrétienne, juive, musulmane, bouddhiste… L’école publique transmet une instruction civique, l’histoire des faits religieux.

Il s’agit aussi d’inculquer à tous les jeunes scolarisés un enseignement au développement personnel, moral et éthique. Naturellement pas une formation religieuse qui ne relève que des consciences personnelles et de la sphère familiale strictement privée. Non une éducation morale comme celle prévalant jusqu’au début du vingtième siècle avant la séparation dite des Églises et de l’État. (France, 1905). Or, en très strict respect légitime et indispensable de la laïcité, une formation libre des esprits pour « armer » les juniors face à leur avenir-987.

En notre siècle maîtriser les savoirs intellectuels, techniques ne suffit plus. Il est de plus en plus nécessaire également de développer une « densité morale » pour se réaliser de façon holiste toute la vie durant. La « réputation » des jeunes n’est plus à faire ! Ils ont été décrétés matérialistes, hédonistes, individualistes, profiteurs, consuméristes, paresseux, égoïstes… Il y repose une part de vérités et d’inexactitudes aussi. À l’image de la thématique de la très belle œuvre musicale française interprétée par le chanteur A. Souchon, Et si en plus y’a personne (2005) la jeunesse s’interroge. Sans préjugés sur le « sens de la vie » et l’apport du spirituel, le fondement du religieux, la réalité ou non d’un hypothétique divin. La tolérance, le fanatisme, les abus de certaines déviances au seul nom du Sacré.

« Abderahmane, Martin, David – Et si le Ciel était vide – Il y a tant de torpeurs – De musiques antalgiques – Tant d’anti-douleurs dans ces jolis cantiques – Il y a tant de questions, tant de mystères – Tant de compassions et tant de revolvers »-988.

Depuis les chambardements de Mai-68 l’adhésion à la foi et aux pratiques du christianisme est en net reflux. Notamment chez les jeunes occidentaux particulièrement français. Car ce qui leur apparaît est non la valeur du spirituel mais le « diktat » de lois semblant caduques. Indifférentismes, scepticismes, relativismes, agnosticismes progressent aux détriments des vérités révélées plus encore que l’athéisme absolu. Vérité, foi, religion uniques ne sont plus « de saison ». Les adhésions non conventionnelles, paranormales, ésotériques grandissent. Paradoxalement une certaine « renaissance chrétienne » se marque. La « première religion de France » reste encore la plus en mesure de mobiliser les juniors. Au travers de ses nombreux mouvements de jeunesse. À l’échelle internationale l’Église apostolique de Rome veut maintenir sa dimension « universelle », du grec catholicos.

Notamment par le biais des Journées Mondiales de la Jeunesse. Pour ces jeunes chrétiens la foi est vécue librement sous le primat du « Dieu oblatif » du Nouveau Testament biblique. Non plus de la Divinité punitive de l’Ancien. Chez les juniors notamment catholiques et chrétiens toutefois les très strictes croyances et pratiques conformistes impératives ont vécu. Elles sont désormais dépassées par une vague religiosité « libre-service » facultative. La jeunesse réfute l’autorité verticale, veut choisir par elle-même ses adhésions de façon fort informelle, ponctuelle et libre. Sans obligations ni engagements sur la durée. En fonction d’elle-même, non de sources externes.

Elle ne « reproduit plus mais veut expérimenter ». (Galland). Depuis déjà quatre décennies l’appartenance, comme la pratique religieuses notamment chrétiennes s’effondrent. Il en va de même de la croyance spirituelle, de celle en une entité divine, de l’usage de la prière. La foi en une seule religion « véritable et révélée » est désormais résiduelle. L’adhésion à une survie supraterrestre post mortem persiste, reste stable. Chez le jeune la « décélération religieuse » est stabilisée. L’idée du religieux, la foi spirituelle ne sont pas d’emblée et en tant que telles rejetées par les juniors.

Seules l’appartenance, la croyance, la pratique religieuses institutionnelles ont fortement décru. Les jeunes ne croient plus en un « lien » personnel et privilégié avec le Dieu « de proximité » immédiate, quotidienne avec eux. Ils croient de plus en plus en la survie humaine après la mort, une vie éternelle de l’Au-Delà. Le rapport au religieux même à l’Église en matière spirituelle, morale est bien plus positif aujourd’hui chez les juniors qu’il y a vingt ans. Cette tendance générale concerne les jeunes des deux sexes, comme de tous les milieux socioprofessionnels, culturels d’appartenance.

De tous niveaux de formation. Toutefois les juniors de sexe féminin et les plus formés et titrés de façon sociale et dans l’emploi ont une religiosité chrétienne plus affirmée. De plus en plus chez les jeunes notamment les croyances morales, spirituelles sont détachées de la religion proprement dite. Que l’on soit croyant pratiquant ou non de la religion chrétienne catholique ou protestante, sans religion ou athée. Les juniors incroyants ou sans religion voient leurs adhésions morales augmenter. La spiritualité libre et personnelle est désormais séparée et très distincte de la religion établie.

Certains jeunes athées et plus encore de sans religion disent même croire en Dieu et être croyants. Désormais les juniors peuvent croire, même « pratiquer » sans nul besoin d’appartenance religieuse. Toutefois les jeunes français demeurent parmi les juniors occidentaux se disant les moins croyants en Dieu. Les moins liés et adhérant à une religion. L’idée de permissivité recule chez les jeunes notamment chez les catholiques non pratiquants et les sans religion. Les juniors chrétiens et pratiquants sont toujours plus liés que les autres au « conventionnel idéal familial, éducatif classique ».

D’autorité, de respect, d’ordre civique, aux institutions, grandes entreprises, au rejet de la toxicomanie, de l’avortement. Ils sont plus politiquement conservateurs et économiquement et socialement libéraux. Chez tous les jeunes progressent fort l’idéal conjugal, civique, d’autorité, de morale, du bien et du mal. Également le libertarisme personnel en matière de mœurs attitrées, comportements privés et mentalités propres. Cela concerne tant les juniors pratiquants que non pratiquants et « sans religion ». Les jeunes croyants non pratiquants et sans religion sont bien moins permissifs qu’avant sauf en matière d’usage de drogues.

Les juniors croyants pratiquants le sont nettement plus que par le passé en matière de divorce, d’homosexualité, d’euthanasie et de suicide. Les jeunes se disent insatisfaits de l’apport de l’Église catholique en matières morales, sociales, familiale. Sauf ceux qui sont pratiquants catholiques réguliers. Les juniors ne font crédit à l’Église qu’en matière purement spirituelle. L’Église omnisciente du passé n’est plus acceptée, semble désormais anachronique. Elle est considérée en sa « vertu religieuse originelle » des débuts du christianisme antique. En matière de « foi apostolique » l’Église conserve toute son aura surtout chez les pratiquants.

Après un tassement à la Renaissance et au Grand Siècle, (France, XVIe-XVIIe s.) la foi chrétienne en France notamment juvénile progresse jusque vers la fin du règne de Louis XV, (Souverain régnant, France, 1710-1774). Elle régresse jusqu’au Premier Empire, (France, 1804-1815), jusqu’à la Restauration, (France, 1815-1830) et jusqu’aux débuts de la Monarchie de Juillet, (France, 1830-1848). Elle repart jusqu’au milieu du Second Empire, (France, 1852-1870), recule jusqu’au début du Premier Conflit mondial. (1914-1918). Se développe jusqu’au début de la Cinquième République, (France, 1958-), puis décroît à nouveau. Aujourd’hui notamment chez les jeunes le sentiment, le fait religieux particulièrement chrétiens catholiques sont en « crise » des plus profondes. Les vocations religieuses séculières bien plus que régulières sont moindres encore qu’à la Révolution. (France, 1789-1799) !

Contrairement à la vie monastique qui se maintient beaucoup mieux en pleine vitalité la prêtrise n’attire plus. Le temps du religieux ultraflamboyant est bel et bien révolu, du moins temporairement, voire durablement. Contrairement aux époques antérieures à l’ère antique classique européenne, (Gaule, 510 av. J.-C.-476), médiévale, (Francie, France, 476-1492), moderne, (France, 1492-1789/1815). Encore en partie contemporaine jusqu’en plein milieu du vingtième siècle, (France, 1815-1950). L’appartenance religieuse des juniors continue à se raréfier. Toutefois depuis vingt ans la religiosité, comme la spiritualité des mêmes jeunes progressent. Les décrues antérieures sont stabilisées. Les croyances religieuses sont en hausse chez les juniors sans religion.

La quête juvénile d’un fort idéal spirituel peut d’autant s’exprimer qu’elle est désormais détachée de toute « religion institutionnelle établie ». De toute Église, de tout dogme rigide et impératif prédéfini. Notre jeunesse croit de plus en plus en une existence en une dimension parallèle après le trépas. Elle est la toute première génération convaincue que sa destinée humaine terrestre sera moins « enviable » que celle de ses devancières. Faut-il y voir une relation de cause à effet, l’espérance d’obtenir une « seconde chance » post mortem ?

L’on peut légitimement se poser cette question. En outre il y a une obsession bien temporelle de l’accomplissement de soi chez les jeunes. Ce qui pourrait alors leur faire envisager la mort physique, psychique et morale de façon plus intolérable que par le passé. La résignation quant à l’inéluctabilité de la finitude ontologique si absolue et définitive ne passe désormais plus notamment chez les jeunes. En « eschatologique espérance ». (Galland et al., 2002, 2012)-989.

Dès l’Après-guerre (1945-1955) il apparaît que la traditionnelle scolastique chrétienne ne rend plus assez compte des enseignements du Christ. De la parole biblique originelle. Elle n’est plus en phase avec les temps modernes, les attentes participatives des peuples, aspirations de la jeunesse. Le passage des siècles, les rigidités théologiques dogmatiques, la verticalité autoritaire, centralisatrice du pouvoir ecclésial. La « collusion » de l’Église avec les pouvoirs politiques établis, la confusion entre temporalité et spiritualité, la montée de l’agnosticisme, l’indifférentisme, de l’athéisme et du relativisme. Le rejet de toute « Vérité révélée » en tant que telle depuis les Lumières, (Europe, XVIIIe s.).

Les bouleversements intellectuels, moraux et culturels, économiques, politiques, sociaux et scientifiques. Des mœurs, mentalités, de l’éducation issus des deux conflits mondiaux, la décolonisation… Cela rend inéluctable la modernisation de l’Église, la foi du magistère chrétien. Après le long pontificat austère, conservateur, controversé, (Vatican, 1939-1958) du pape Pie XII, (Saint-Siège, 1876-1958) son successeur (Vatican, 1958-1963) Jean XXIII, (Saint-Siège, 1881-1963) appelle de ses vœux dès 1959 un véritable « Aggiornamento ». Une mise à jour. Un « Risorgimento ». Une renaissance. Soit une reconfiguration totale et un renouveau du catholicisme universel.

Cela se fera à l’occasion d’un concile dit Vatican II à partir de 1962. Avec le nouveau pape Paul VI, (Saint-Siège, 1897-1978) de 1963 à la clôture de 1965. Traditionnellement le christianisme, comme l’Église se sont toujours intéressés au devenir moral, éducatif, ontologique des jeunes. En France pendant de longs siècles la mission première de catéchiser, soigner, de cultiver et d’enseigner, d’éduquer et intégrer revenait à la famille et l’Église. Bien plus qu’à l’État, à la collectivité.

Depuis la Révolution, (France, 1789-1799) et la Troisième République, (France, 1870-1940) le rôle du catholicisme auprès des juniors français relève de la « sphère privée ». Des consciences individuelles. Le christianisme est sorti du champ public. Pour autant il continue à jouer un rôle non négligeable au travers de l’école privée majoritairement catholique, du scoutisme, des aumôneries. De nombreux organismes de jeunes, des manifestations, rassemblements locaux, régionaux, nationaux ou mondiaux comme les Jmj… Le charisme, la personnalité hors du commun du pape Jean-Paul II, (Saint-Siège, 1920-2005) ont beaucoup touché la néogénération.

Ils auront fort contribué à renforcer les aspirations spirituelles, éthiques d’une part d’entre-elle. La doctrine de l’Église en matière d’éducation, de famille ou de jeunesse est issue du Concile Vatican II, (Saint-Siège, 1962-1965). Elle est théorisée par le Catéchisme de l’Église catholique. (Ouvrage d’instruction doctrinale religieuse, morale et spirituelle, Saint-Siège, 1992, 1997, 2005, 2011). L’irréfragable rôle éducatif des parents au profit des juniors tel un « droit et devoir » est réaffirmé comme fondamental, irremplaçable. De même que l’importance de la formation à la foi, la conscience.

Éduquer est capital pour « donner des raisons de vivre, comme d’espérer ». Faisant toujours prédominer la dimension axiologique sur la matérialité en exemplarité adulte. La liberté d’enseignement, du choix d’études, du métier, de vie doit être garantie. En toute éducation la dignité morale sera préservée. La famille assurera une parfaite prise en charge des jeunes. Le devoir des adultes est de détourner la néogénération des pulsions suicidaires. L’instruction, la dignité des juniors en terme de morale et de sexualité, comme d’affectivité sont prioritaires.

La responsabilité pédagogique adulte implique l’interdit de tout attentat sexuel sur mineur. L’intégrité physique et morale juvénile est sacrée. À la violation criminelle s’ajouterait alors le traumatisme à vie. Parents, comme enfants ont des droits et obligations réciproques. Les fondements familiaux reposent sur l’amour. La famille a une place essentielle en sa société. Elle en est la base et doit être favorisée, respectée, protégée en tant que telle. Les libertés familiales sont « inaliénables ». Les enfants doivent respect et attention à leurs ascendants. Ceux-ci pourvoient à tous besoins physiques, spirituels du junior. Le christianisme met au cœur la famille, l’éducation, les jeunes.

Afin que l’accomplissement humain ontogénique, matériel, biopsychique se réalise en pleines dignité et espérance. À tout jamais. Les temps du Concile de Trente, (Saint-Siège, 1545-1563), de la Réforme catholique, (Saint-Siège, XVIe s.), du Concile Vatican I, (Saint-Siège, 1869-1870) sont révolus. Un Vatican III du vingt-et-unième siècle n’est alors pas à exclure, pourrait même certainement s’imposer. Pour une « réactualisation » des plus bénéfiques-990. Ce qui impliquerait notamment que l’Église de Rome associe plus encore les juniors à sa bonne marche, à la foi. Leur fasse plus confiance qu’aujourd’hui. En refusant comme toute institution établie ancienne de tomber dans les travers des conservatismes. Au profit d’une salutaire re/vitalité qui ne peut venir que des jeunes. Tel est le « révolutionnaire défi » à venir !


 

 


– Vos Emblématiques –

Engagements Juvéniles Passionnés


 

 

Il y a bien longtemps que vous, jeune, n’accordez plus aucune foi aux théories, programmes, personnages politiques. Guère plus à ce qui de près ou de loin relève de la pleine sphère institutionnelle publique. Vous réfutez tout ce qui peut sembler à vos yeux par trop rigide et dogmatique, limitatif de libertés. Depuis les années 1980 vous savez que la politique est un « milieu plutôt suspect ». Qui ne se sert de votre jeunesse qu’en une optique fort manipulatrice, intéressée. À des fins électoralistes, politiciennes, de faire-valoir.


 

 

Les juniors ne croient plus aux fallacieuses promesses qui n’ « engagent que ceux à qui elles sont tenues ». Ils savent qu’ils ne représentent qu’une « catégorie de seconde zone » de la population non prioritaire. Aux yeux des pouvoirs dirigeants successifs depuis un demi-siècle. Que leurs mouvements revendicatifs ne débouchent jamais sur des avancées décisives à long terme. Ils ont toute conscience que leur situation ne cesse de se dégrader. En une dommageable logique de déni inique et de « calamiteuse totale indifférence » des autorités publiques à leur encontre.

Ces jeunes perçoivent que les responsables de la communauté nationale ne sont pas à la hauteur des enjeux. Qu’ils contribuent non à un « monde meilleur » mais à un « avenir de pis en pis ». Ils ne veulent en aucun cas cautionner une telle gabegie française si affligeante. Pour autant les jeunes ne sont pas d’ « égotistes irresponsables ». Ils s’intéressent fort lucidement au « bien commun et à la chose publique » en son sens non institutionnel mais d’intérêt général. Ils ont la « fibre communale » et sont sensibles à ce qui se passe en leur village, ville. Le département, la région leur semblent déjà des entités plus lointaines.

Ils se sentent encore français, peuvent vibrer à l’occasion, l’unisson pour leur pays. Par exemple lors de grandes compétitions sportives internationales à forts enjeux, charges émotionnelles « patriotiques ». Ils se définissent comme européens. Avec un sentiment de fortes proximités et fraternités avec leurs pairs générationnels des pays de l’Union. Dominent fort la crise du continent, les inquiétudes accrues pour l’avenir en les deuxième puis troisième décennies de notre nouveau siècle. Des réticences « europhobes » inédites apparaissent chez les moins de trente ans.

Cette génération qui était pourtant la plus « europhile » commence à douter des vertus de l’intégration européenne. Tant ses pires inconvénients commencent à l’emporter sur les vrais avantages en son esprit. Ainsi la mobilité des hommes qui semblait être un si grand atout d’ouverture, d’enrichissement devient une pernicieuse lourde menace concurrentielle. C’est la raison pour laquelle cette jeune génération française a majoritairement rejeté en 2005 le traité constitutionnel européen. Lequel lui était proposé par référendum.

Cela n’avait pas été le cas en 1992 lors du référendum concernant le traité institutionnel européen précédent de Maastricht. Quant à la sphère mondiale elle touche tout particulièrement notre jeunesse « globe trotter et citoyenne du monde ». Elle a l’habitude des voyages intercontinentaux, des échanges tous azimuts avec l’étranger notamment avec d’autres jeunes de l’univers. Cette ouverture sur le monde est physique mais aussi virtuelle. Avec la multiplicité des moyens de communication, d’information, médiatiques, informatiques. Les juniors sont informés de tout ce qui se passe « toujours et partout ». De façon instantanée, intégrale, comme universelle.

Ils échangent en permanence avec la « Terre entière » qui se trouve fort « rapetissée » d’un coup de télécommande ou de clic de souris. Les divisions artificielles de frontières leur semblent bien dépassées. Il y a vingt ans le président J. Chirac, (Homme d’État, France, 1932-2019, mandats présidentiels, 1995-2007) suspend le « Service national » tel qu’il existait en France depuis déjà près d’un siècle. Cette obligation civique essentiellement masculine et militaire n’a pas vraiment été remplacée. En contexte d’intégration juvénile difficile à la société et la nation il semblait opportun d’instaurer un nouveau « Service civique ».

Pour les juniors des deux sexes, facultatif en fonction des aspirations, besoins de chacun. Élargi à tout domaine d’intérêt général. Reconnu et validé pour l’insertion socioprofessionnelle ultérieure des jeunes qu’il faciliterait. Ce nouveau Service civique instauré depuis 2010 n’aura d’intérêt qu’en une réelle optique d’utilité avérée pour la collectivité et la jeunesse elle-même. Cela n’était plus le cas pour le défunt Service militaire, cause majeure de sa fin. Nous verrons ce qu’il adviendra alors du successeur. En outre en 2019 un nouveau Service National Universel obligatoire pour les deux sexes est progressivement mis en œuvre.

Le domaine politique et civique français est par excellence le « théâtre d’ombres, comme de lumières » à l’égard duquel les juniors sont tant « tenus en lisière »-991. Au même titre que les femmes, les minorités ethniques, sexuelles, religieuses… La jeunesse est consciente de son exclusion du champ public, sociétal et des défaillances des dirigeants du monde adulte. Elle n’est donc pas à juste titre encline à postuler aux suffrages citoyens ni à participer aux processus électoraux. Ni même à s’intéresser véritablement ou à ajouter crédit à la chose publique. Les études démontrent sauf exceptions le peu de participation électorale des moins de vingt-cinq ans.

Les politiciens ne s’intéressent guère à eux, ne leur proposent rien de « concret ». Ils ne promeuvent aucune politique de la Jeunesse véritable ni aucunes avancées tangibles pour l’ensemble de la société. Les juniors s’abstiennent donc de voter. C’est leur façon à eux de protester, signifier aux adultes que ces derniers ne font pas d’efforts pour eux. Qu’il n’y a dès lors nulle raison qu’ils en fassent en toute réciprocité. Se voyant exclus de la communauté nationale les jeunes ne se sentent pas tenus de s’inscrire en une démarche civique, collective. La jeunesse étant par nature bien plus « contestataire que loyaliste » son vote est plus souvent globalement « progressiste que conservateur ».

Il advient qu’elle privilégie la droite plutôt que la gauche en fonction des circonstances. Cette jeunesse ne se concevra comme réelle « citoyenne » que quand ses aînés l’aideront à s’insérer en adulte. Au lieu de constamment la tenir en suspicion. La majorité civile, civique qui donne le droit de vote est fixée à dix-huit ans. Il est absurde, injustifié qu’il faille attendre vingt-quatre ans pour être éligible comme simple sénateur. Alors que fort logiquement dix-huit suffisent pour l’éligibilité présidentielle et aux députations nationale, européenne. Il s’agit que toutes les fonctions électives sans exception soient accessibles dès dix-huit ans.

Droit de vote, éligibilité peuvent se faire à partir du même âge. Pour plus de démocratie s’impose la limitation du nombre de mandats successifs dans le temps. Celle à un seul poste électif à la fois en non-cumul absolu. Toutes les élections peuvent intervenir au suffrage universel direct y compris en notre Sénat comme pour l’ex-Sénat d’Italie. Le système des grands électeurs eux-mêmes élus est une très anachronique survivance censitaire, oligarchique et archaïque, non démocratique. Indigne de notre siècle. Il y a trop peu de candidats de dix-huit – vingt-quatre ans, peu d’élus. L’on assiste à un rajeunissement insuffisant de ces élus.

Nul membre de nos gouvernements français n’a jamais moins de trente ans quand Bonaparte était Premier consul à trente (1799), puis Empereur à trente-cinq (1804). Le 11 novembre 1940, des milliers de jeunes lycéens, d’étudiants parisiens, de France manifestent publiquement leur attachement à la liberté, la démocratie, l’honneur, leur patrie. En bravant alors les troupes d’occupation allemandes. Ils seront durement réprimés. Cinq élèves du lycée Buffon à Paris entrent en résistance pour leur pays, le paient chèrement de leur vie le 8 février 1943.

Ils s’appelaient J.-M. Arthus, quinze ans. J. Baudry, dix-huit. P. Benoît, quinze ans. P. Grelot, dix-sept. L. Legros, seize ans. (1940). En de tels contextes les jeunes savent faire montre des patriotismes les plus héroïques. Jusqu’à faire sacrifice suprême de leur propre existence. Nul doute qu’en des circonstances similaires aujourd’hui nos juniors sauraient encore « donner leur sang » pour leur nation. Leur génération est pétrie d’idéal, de noblesse, grande dignité. Les notions même de patrie, patriotisme, citoyenneté se font bien plus incertaines, lointaines. En un contexte de globalisation mondiale et d’édulcoration du sentiment national, d’effacement des frontières et des identités particularistes, de déréliction.

Toutefois les jeunes restent attachés à leur pays, ce qu’il représente à leurs yeux. Tout en ayant appris à connaître, apprécier leurs homologues juvéniles européens, occidentaux et du monde. À l’image de l’Amitié franco-allemande (1963-). D’Alésia (52 av. J.-C.) à Marignan (1515), de Valmy (1792) à la guerre d’Algérie (1954-1962) les juniors sont toujours les premiers à être enrôlés dans les armées. Pour la défense de la nation au péril de leur vie. Il est légitime qu’en juste retour ils bénéficient d’égards, d’intégration en leur communauté nationale ! Non en « chair à canon ».

La jeunesse est sensible aux valeurs sociales et civiques, à la liberté, l’égalité, la solidarité. Elle y tient, les défend avec force et conviction. Si elle estime qu’elles sont menacées, remises en cause elle n’hésite jamais à manifester en masse. Ainsi en 1986, 1990, 1994, 1998, 2002, 2006, 2010, 2014, 2016, 2018. Le sens de la protestation juvénile est double. Autodéfense contre un péril direct répulsif, comme revendication aiguë pour soi. Les juniors cultivent des valeurs personnelles raréfiées. Courage, dynamisme, spontanéité, authenticité, générosité, amour, tolérance, sincérité et « sens de la justice et des autres ».

Également humanisme, humour, engagement, éclectisme, respect… Ils peuvent se montrer individualistes, matérialistes, hédonistes, comme égocentriques. Les jeunes rejettent les antithèses flagrantes de ces valeurs, les pouvoirs établis, les institutions, le travail aliénant. À juste titre la jeunesse estime que ces grandes valeurs dont elle se veut porteuse sont bien peu partagées, pratiquées, défendues par les sociétés adultes. Elle a souvent un sens plus « moral » de l’existence que ses aînés qui paraissent avoir tant renoncé à leurs idéaux.

Par contrecoup les adultes semblent empêtrés en leurs certitudes toutes faites et contradictions insolubles. Le monde qu’ils lèguent est aux yeux des jeunes déchu, irrécupérable. Les juniors ne réfutent pas tout idéal métaphysique. Ils en sont laissés ignorants. Ils n’ont pas été éduqués à l’acculturation morale, philosophique. Cela les déconnecte de toute imprégnation, conscience d’une croyance aussi ténue soit-elle. Tout le mal-être de l’adolescent provient du fait qu’il souffre d’abandonnisme. Il ne peut bénéficier du réconfort axiologique des valeurs si essentielles à son cheminement. Il est incertain, en déshérence car spolié de son avenir.

Le factice engouement dont semblent jouir les jeunes n’est que leurre pervers. Ils ne sont pas appréciés pour eux-mêmes. L’illustration en est offerte par le déni affectif et moral qui les frappe d’interdit social. L’adolescent n’est pas reçu en sa propre société. L’espérance lui est refusée. La dialectique adulte du négativisme le plus mortel le paralyse. Les convictions sont rares. Elles ne peuvent éclairer ni construire. Faute d’outils d’évaluation il est déstabilisé. Le jeune opère la confusion entre les choses de l’esprit, le paranormal. Il est séduit par l’irréalité de l’insolite irrationnel.

L’illusoire émotion de l’inexpliqué a l’attrait d’entraîner vers les paradis artificiels de l’oubli, des promesses les plus fallacieuses. Faute de réelle structuration morale solide inculquée par un magistère exigeant, droit et vrai la mentalité juvénile reste immature et inachevée. Car livrée à la crédulité la plus sectaire. Le danger en est la captativité adulte. Cela illustre les tristes défaillances de l’infernale trilogie morale contemporaine : déclin, décadence et déchéance. La jeunesse était « brimée » par coercition excessive. Elle l’est désormais tout autant par abandon, laxisme, complaisances. Tout aussi toxiques !

Être solidaire pour les adolescents c’est aider les personnes en difficultés au quotidien à 52 pour cent. Être attentif à son entourage proche en « périodes difficiles » à 31 pour cent. Faire partie d’un groupe d’amis très liés à 20 pour cent. Faire du bénévolat pour une association caritative à 17 pour cent. La jeunesse se veut plus généreuse qu’égoïste. Se sentir concerné par les problèmes d’actualité à 15 pour cent. Faire un don de son sang ou un don d’organes à 15 pour cent. Faire son « devoir » de citoyen à 12 pour cent. Donner de l’argent aux associations à 11 pour cent. Manifester dans la rue pour défendre une cause à 10 pour cent. Participer à la vie de la maison à 8 pour cent. Monter des projets de collectes pour financer une action caritative ou humanitaire à 5 pour cent.

Pour les jeunes interrogés les « solidarités » concernent avant tout les relations avec des personnes de l’entourage à 88 pour cent. Dont les amis à 78 pour cent. La fratrie à 55 pour cent. Les parents à 55 pour cent. En outre les juniors disent que cela concerne des personnes hors entourage à 58 pour cent. Dont les personnes pauvres à 25 pour cent. Handicapées à 23 pour cent. Malades ou hospitalisées à 20 pour cent. Les personnes âgées à 18 pour cent. Originaires d’un autre pays à 12 pour cent. Autres à 1 pour cent. 87 pour cent des jeunes se disent sensibles à l’idée de solidarité. Le junior désire plus « donner que prendre ». (Pfizer, France, 2008)-992.

Le bénévolat d’engagement persiste chez nombre de juniors. Le plus souvent il y a fort loin entre l’adhésion, voire l’envie réelle de servir et la réalité des actes, mouvements, d’action. Sauf en certains « réveils néogénérationnels » comme les manifestations de protestations de masse. Les jeunes se mobilisent plutôt plus « contre » que « pour ». Plus souvent pour défendre et de façon crispée leurs légitimes intérêts catégoriels que pour de nobles causes qui dépassent leur personne. Pour « détruire que pour construire ». Pour autant les adultes n’agissent pas fondamentalement autrement. Cela est humain.

Une vaste réflexion s’impose pour savoir comment mieux aider les juniors à s’engager concrètement. Les mouvements, associations de jeunesse comme le scoutisme continuent pour leur part à être actifs en tous domaines. Malgré certaines désaffections fort réelles par rapport à des temps antérieurs. La participation, l’appartenance, le militantisme revendiqués des jeunes à des mouvements politiques, idéologiques, syndicaux restent fort limités. Le junior veut être libre, individualisé. Le vieux slogan « ni dieu ni maître » séduit plus la jeunesse que les rigidités dogmatiques !

Le monde politique se défie de la jeunesse, la tient en marge des responsabilités. Elle est rarement en position d’éligibilité. Les élus la consultent fort peu. L’ancienneté, l’expérience l’emportent en la vie publique sur le dynamisme, l’innovation. Les partis sont des viviers de notabilités et non de nouveaux talents. Prévaut la sclérose du pays, de la politique que les jeunes, les adultes aussi rejettent. La démocratie en sort très appauvrie. Associations, syndicats, organismes humanitaires d’adultes, Églises ne sont pas davantage ouverts sur la néogénération. Qui peine encore à s’y faire entendre, les désertent.

Là encore immobilisme et conservatisme prévalent sur l’audace et l’action d’avenir. Mineurs ou majeurs les jeunes ne s’y retrouvent pas, n’y sont jamais les « bienvenus » et n’y ont nulle influence. Même les organismes conçus pour eux sont essentiellement gérés, encadrés par les seuls majeurs ce qui est un vrai non-sens. Puisque les cadets sont tous un véritable « levain en la pâte » de l’avenir. Comme pour leurs aînés les croyances, pratiques religieuses ont donc fortement décru chez les juniors depuis un demi-siècle. Se plier à des adhésions, dogmes ecclésiaux rigides et formalistes préétablis n’est plus depuis longtemps déjà en l’ « air du temps ».

La jeunesse éprise de libertés, d’autodétermination rechigne à se conformer à des codes de conduite et pensée imposés. Elle souhaite toujours l’échange, l’intime conviction plutôt que les diktats, oukases spirituels. Pour autant notre époque est aussi celle des aspirations et quêtes ontologiques les plus ardentes. Les juniors d’aujourd’hui ont peut-être plus encore que leurs pairs de la deuxième moitié du vingtième siècle conscience de certains ravages ! Ceux du plus pur matérialisme, de l’hédonisme très débridé, l’individualisme fort égotiste du « consumérisme fou ».

Ils savent bien à quel point cela détruit physiquement notre planète, psychiquement les humains, moralement les consciences. Un jeune sur trois participe à au moins une association, ses activités. Cela rejoint alors le niveau moyen de l’ensemble de la population. Les juniors mineurs détiennent le record d’appartenance en la matière. Près de la moitié des quinze – dix-neuf ans sont concernés. Pour un tiers des vingt – vingt-quatre ans. Un tiers des dix-huit – vingt-et-un ans. Plus d’un cinquième des vingt-deux – vingt-cinq ans. Près de la moitié des lycéens, étudiants appartiennent à au moins une association.

Il y a un lien entre scolarité et associativité. Les jeunes en études sont les plus associés comparativement aux autres juniors. La moitié des jeunes scolaires contre un tiers pour les autres juniors. Cette affiliation juvénile associative est stable dans le temps depuis vingt ans. Les jeunes les plus favorisés adhèrent plus que les autres. En l’espèce le niveau de diplômes, culturel est bien plus marquant que le seul critère de ressources économiques, financières. Toutefois les juniors de catégories supérieures s’associent moins que par le passé et ceux de milieux populaires plus.

Les jeunes pour un quart d’entre eux privilégient d’abord les associations sportives puis de loisirs. Ensuite les associations culturelles, moins d’un dixième. Viennent ensuite les organismes « charitables » puis religieux avec moins de 5 pour cent de juniors chacun. Ces taux sont stables dans le temps. Les jeunes optent pour les associations de partage d’activité commune, comme de réalisation de soi. Aux dépens de celles militantes de défense d’intérêts catégoriels, collectifs. Le sport est le loisir premier des juniors de moins de vingt-cinq ans notamment de ceux qui sont encore en études.

Cela concerne un tiers des scolarisés, plus les ruraux que les urbains et deux fois plus les garçons que les filles. Les jeunes font bien plus de bénévolat associatif que jadis et ils y assument plus de responsabilités. Qu’ils soient en études ou non. Cela est à distinguer du pur militantisme des « engagements actifs » auxquels très peu de juniors souscrivent. Les jeunes en association semblent toujours plus politisés, protestataires que d’autres, plus progressistes ou centristes. Ce fait est plus accentué que chez les adultes. Ils sont bien plus confiants dans les institutions. Le fait d’être politisé, comme engagé incite à s’associer plus que l’inverse.

L’associativité menant alors moins à l’investissement idéologique. Les juniors de gauche, du centre s’associent plus que ceux de droite. Car leur tendance mène plus à la participation, comme aux engagements socio-institutionnels. Croire aux institutions conduit également à généralement bien plus « s’associer ». Parallèlement le fait de se regrouper en association de semblables induit tout autant une certaine forme d’ « endogamie » de valeurs et d’adhésions. Également de fermeture, d’exclusion, de l’entre soi à l’égard de ce qui ne l’est pas, y est étranger. Selon le totalitaire adage : « Qui n’est pas avec moi est contre moi » !

Les hommes sont les plus nombreux en milieu associatif juvénile, comme adulte. Plus encore chez les jeunes que chez leurs aînés-993. Du fait notamment que l’association sportive est la plus choisie par les juniors et que le sport reste l’apanage des garçons. Les garçons dominent aussi dans les organismes de jeunesse. Les filles l’emportent dans les associations culturelles. Garçons et filles ont un « niveau de bénévolat associatif » comparable. Les filles « dominent » en matière culturelle, charitable et les garçons en associations sportives, de loisirs. Les jeunes s’investissent aussi volontiers en des regroupements « informels » comme les groupes musicaux.

Aussi en certaines entités comme les conseils de la vie lycéenne, conseils municipaux de jeunes, partages d’intérêts. (Galland et al., 2002, 2012)-994. La néogénération est la première à se perdre dans les « bonheurs, délices et poisons » des consumérismes les plus matérialistes, hédonistes. Elle sait tout autant en mesurer les limites, impasses et illusions. Elle aime donc encore à s’engager, donner, « se donner ». Même si les formes et l’intensité de cette implication ont changé par rapport au passé. « Se gaver » de sensations physiques, sensuelles est l’ « échappatoire » principale laissée aux juniors. Il s’agit de leur proposer et permettre « bien mieux ».


 

 

Car : « Oh la la la vie en rose – Le rose qu’on nous propose – D’avoir les quantités de choses – Qui donnent envie d’autre chose – Aïe on nous fait croire – Que le bonheur c’est d’avoir – De l’avoir plein nos armoires – Dérisions de nous dérisoires car – Foule sentimentale – On a soif d’idéal – Attirée par les étoiles, les voiles – Que des choses pas commerciales – Foule sentimentale – Il faut voir comme on nous parle – Comme on nous parle…-995 ».

Comme le dit si bien : Foule sentimentale (1993), le texte de l’œuvre musicale française du chanteur contemporain A. Souchon. Éternel paradoxe d’une jeunesse par essence fort contradictoire ! Encore et toujours déchirée entre son viscéral besoin d’idéal moral et son désir non moins impérieux, ardent de confort sensuel et physique. En une sorte de fort « cornélien dilemme » entre l’aventure généreuse, comme l’ouverture sur autrui du « grand large » et les frileux replis sur soi-même, des satisfactions les plus prosaïques. Une juvénile ambivalence assurément des plus humaines !


 

 


VOS « INDIFFÉRENTISMES

[ QUÊTES D’ABSOLU » DE JUNIOR ]


 

 

Votre jeunesse occidentale contemporaine se sent « orpheline, en déshérence ». Car elle voit bien que nul vrai projet commun, d’avenir, de société ne la concerne, l’intègre, l’associe et qu’aucun idéal majeur ne lui est proposé. Elle a besoin d’enthousiasme, d’encouragements pour « grandir », espérer. Elle ne subit qu’abaissements, dévalorisations, découragements, indifférences et rejets. Ni entendue ni attendue elle est niée en ce qu’elle est, croit, aspire, privée de toutes espérances. Elle ne désire pourtant que faire croître une si grande, noble, digne « métaphysique » juvénile originale, puissante. Aimer, donner, comme croire sont les valeurs cardinales des jeunesses du monde ! Au firmament de leur « irréfutable doxa ».


 

 

En pleine Occupation (1940-1944), en leur ville provinciale de jeunes lycéens prennent conscience de la dérision à étudier, être insouciant, vivre leur jeunesse. Quand leur patrie de France est opprimée par la pire des totalitaires puissances étrangères. Ils décident donc résolument d’affronter les forces allemandes locales. Ils organisent un attentat or, c’est l’un de leurs enseignants qui est arrêté. Les jeunes réunissent alors des armes pour « attaquer » la Kommandantur et libérer leur professeur.

Telle est la trame de La Verte Moisson, le roman d’action d’H.-V. Brunel. (Écrivain, France, XXe s.). Puis film de cinéma éponyme. (Drame de guerre, F. Villiers, France, 1959)-996. Réalité strictement avérée de notre nouvelle génération. Laquelle n’est amorphe que quand les circonstances émollientes de la vie l’y incitent. Que les occurrences s’y prêtent très clairement, l’on verra alors les juniors n’écoutant que leur conscience et leur plein courage accomplir tout leur devoir !

Ce n’est donc pas le jeune âge qui éloigne, dissuade des valeurs mais le contexte existentiel qui les endort ou les suscite. Il appartient donc à la société adulte de savoir permettre, inciter, donner envie aux juniors de « se battre » pour donner vie à des principes moraux qui les dépassent. Car « l’homme est toujours plus grand que lui-même, ses petitesses et fautes ». Ce salvateur accomplissement de soi n’est rendu possible que s’il éclot à l’aurore de l’existence. Non en son mitan ou crépuscule. À défaut, il ne restera généralement qu’à l’état de latence, d’illusions, de velléités purement stériles ! Car la jeunesse est âge d’horizons infinis quand la maturité adulte n’est plus que le temps des limites bornées. Aux cadets, les espérances de tous les possibles à venir. Aux autres, les impasses de la finitude d’un passé révolu.


 

 


– « Dérélictions, Déshérences » –

De Votre Jeunesse Occidentale ?


 

 

Indifférentisme est un terme masculin datant de 1750. Il s’agit d’une « attitude d’indifférence systématique en matière de politique ou de religion ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-997.


 

 

Cela caractérise assez bien notre jeunesse occidentale et notamment française. Les juniors ont délaissé dogmes, chapelles. Ils restent toujours très attachés à une certaine « morale » intemporelle, universelle, comme inter/personnelle. De plus en plus de jeunes s’interrogent sur les « choses de l’esprit ». Ils sont en recherche, quête morales, spirituelles pour leur enrichissement personnel et s’ouvrir encore plus généreusement sur autrui. Cela concerne les adolescents de toutes les croyances religieuses ou les incroyances.

Ainsi si les ordinations sacerdotales séculières ne cessent fort de se raréfier, les vocations monastiques régulières attirent plus de nombreux juniors. En France, Occident et dans les pays émergents. Au-delà les rassemblements, retraites, méditations, cheminements spirituels intéressent la nouvelle génération. Loin du seul champ strictement religieux. Aucun jeune ne peut devenir un adulte « complet » apte à faire face aux aléas de l’existence, un être de densité morale équilibrante sans acquis ni force spirituels préalables.

Que cette spiritualité soit religieuse ou profane et laïque. En vérité les juniors ont soif de transcendantes croyances, don de soi. Ils sont « encalminés » en une société « perdue », frileuse. Qui ne sait plus trop ce qu’elle veut, qui elle est, d’où elle vient ni où elle se dirige. Les jeunes d’aujourd’hui sont désorientés car ils sont orphelins d’une métaphysique élevant l’homme. Au-dessus des contingences de sa condition bornée. L’essence, l’ « essentialisme » plutôt que l’ « existentialisme » ou le « nominalisme » ont été remplacés par les vils subterfuges mensongers des instincts.

Ce qui fausse la raison, les jugements sains et obère en réalité la « classique » conception spirituelle du « Salut », l’accession au bonheur. Cette société loin d’éclairer sa jeunesse obscurcit encore bien plus son horizon pourtant déjà si « embrumé » ! Le rôle des adultes est d’éclaircir l’épais brouillard qui enserre les consciences des juniors et moins jeunes. Ces juniors se disent prêts à s’investir pour une cause humanitaire d’intérêt général.

Leur quête métaphysique, spirituelle est réelle. Toutefois ils s’engagent effectivement bien peu, leur aspiration à l’idéal ne trouve pas à s’exprimer. De fait la société actuelle décourage systématiquement l’ascèse morale. Celle de l’adolescent lui apparaît doublement suspecte car juvénile, humaniste donc très hautement subversive. Il s’agit de ne surtout pas « faire de vagues ». La priorité est à la vitesse, violence, la laideur, bêtise, la médiocrité, bassesse. Au conditionnement de masse individualiste, hédoniste au profit, au pouvoir, à la rentabilité. En ce contexte il est vain avec les incertitudes de l’adolescence de vouloir promouvoir des valeurs.

Surtout en nette antinomie avec le matérialisme, l’égocentrisme dominants. Le jeune est terriblement découragé en ses aspirations déçues. Sa générosité se mue en morosité, déviance néfaste pour lui et autrui. Pourtant cultiver un idéal spirituel, politique, humanitaire, social, d’intérêt public répond à la quête morale. Également transcendante d’engagement, d’utilité, de service de bien des juniors. Cela matérialise leur vision idéalisée du monde, les aide fort à grandir en maturité, responsabilité. Don de soi, générosité, altruisme, vrai sens de l’autre, de soi, gratuité sont les vertus vouées au néant de cette démarche d’intégration.

L’adolescence est ainsi niée. « Mai-68 » a été rendu possible parce que les jeunes de l’époque issus du Baby Boom constituaient une classe fournie, puissante. Aujourd’hui en autre contexte démographique les treize – vingt-quatre ans sont nés entre 1996 et 2007. En période de natalité ultérieure plus limitée ils sont moins nombreux, comme dynamiques. Leur influence, plein poids dans la société sont en décrue constante. Quand leurs aînés gagnent encore en importance de façon fort hégémonique. La société occidentale est de plus en plus complexe, sophistiquée. Elle exige des savoirs, savoir-faire et faire savoir de plus en plus élevés, pointus. Cela contribue à privilégier la maturité, l’expérience, les seules compétences validées.

Les juniors sont mis en attente prolongée afin d’acquérir un « bagage » de plus en plus important, complexe. Cela ne signifie jamais pour autant qu’une fois « adoubés » ils soient pleinement admis, reconnus bien au contraire. L’adolescence très favorisée se forme longuement, n’accède aux réelles responsabilités que tardivement. Le reste d’entre elle se contente d’études, de diplômes bien moins poussés, d’emplois autrement modestes. Sans faire véritablement carrière. Ce qui est réservé aux plus titrés. Les jeunes les moins ou pas diplômés sont dès lors condamnés au chômage durable et aux « petits emplois » les plus dépréciés et aliénants. Qui leur reviennent encore et toujours en priorité. Pour l’adulte le junior est source d’espoir, d’attente, de relève, comme de défiance, de doute et suspicion.

« Ô jeunesse, jeunesse ! Je t’en supplie, songe à la grande besogne qui t’attend. Tu es l’ouvrière future. Tu vas jeter les assises de ce siècle prochain qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d’équité posés par le siècle finissant. Nous les vieux, les aînés nous te laissons le formidable amas de notre enquête, comme beaucoup de contradictions, d’obscurités peut-être. Mais à coup sûr l’effort le plus passionné que jamais siècle ait fait vers la lumière. Les documents les plus honnêtes, comme les plus solides. Les fondements mêmes de ce vaste édifice de la science que tu dois continuer à bâtir pour ton honneur et ton bonheur. Nous ne te demandons que d’être encore plus généreuse.

Encore plus libre d’esprit. De nous dépasser par ton amour de la vie normalement vécue par ton effort mis tout entier dans le travail. Cette grande fécondité des hommes et de la terre qui saura bien faire enfin pousser la débordante moisson de joie sous l’éclatant soleil. Nous te céderons alors fraternellement la place, heureux de disparaître et de nous reposer de notre part de tâche accomplie dans le bon sommeil de la mort. Si nous savons que tu nous continues et que tu réalises nos rêves ! […]. Où allez-vous jeunes gens, où allez-vous étudiants, vous qui battez les rues, manifestant, jetant au milieu de nos discordes la bravoure et l’espoir de vos vingt ans ? Nous allons à l’humanité, la vérité, la justice »-998 !

(É. Zola, Lettre à la jeunesse, exhortation publique, France, 1897). L’écrivain français É. Zola (1840-1902) s’adresse ainsi à la jeunesse de France. Au cours de l’Affaire Dreyfus, (France, 1894-1906), prélude à son J’Accuse… ! (Article politique, L’Aurore, France, 1898). Pour qu’elle ne « s’endorme sur ses acquis », ceux de ses ancêtres. Qu’elle ne renonce pas à ses vertus d’idéal et de justice. Qu’elle perpétue les luttes de ses devanciers et les siennes pour la liberté, l’équité, les valeurs indépassables. En fidélité à ce qu’elle est, doit demeurer, une jeunesse debout, droite et juste.

Il y a un siècle l’on s’inquiétait encore et toujours de jeunes tourmentés, égarés, livrés à eux-mêmes en questionnements-999. De Platon, (Philosophe, Grèce, IVe s. av. J.-C.) à Zola, (France, fin du XIXe s.) et depuis lors au travers des siècles et millénaires les aînés auront fort douté de leur néogénération. Bien plus que cette dernière d’elle-même, de ses prédécesseurs ! Zola espère malgré tout en la jeunesse d’un nouveau siècle, le vingtième. Faisons de même pour nos juniors de début du vingt-et-unième !


 

 

« Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam Tuam. Secundum multitudinem miserationum Tuarum, dēlē iniquitatem meam »…

« Pitié pour moi-même mon Dieu, en Ton amour selon Ta grande miséricorde efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense »…

Ainsi débute le célèbre Miserere du compositeur romain sujet des États pontificaux G. Allegri (1582-1652). Cette magistrale œuvre musicale a cappella est créée en 1638 sous le pape Urbain VIII. (Saint-Siège, 1568-1644). Tiré du Psaume LI, le Miserere a toujours été exclusivement chanté au Vatican lors des matines du Mercredi, comme Vendredi Saints à la Chapelle Sixtine (1483). Il l’est encore. Il s’agit d’une rhétorique baroque polyphonique tridentine à deux chœurs. Summum de l’art vocal sacré de la Renaissance. (Europe, XVIe s.). Toute l’influence des compositeurs de l’école romaine : Palestrina, (États pontificaux, 1525-1594) et vénitienne : Gabrieli, (République de Venise, Andrea, 1533-1585 / Giovanni, 1554-1612) s’y fait sentir. Méditation d’une « pureté tout angélique ».

La saisissante composition du maître Allegri est en réalité plus chant d’espérance que de lamentation. Après la crucifixion et mise au tombeau il annonce la résurrection du Christ, la Vie éternelle à venir. Ce sont de jeunes gens qui l’entonnent à l’unisson. Il crie aussi le fol espoir de tout une jeunesse en un « monde bien meilleur ». Un accomplissement, une plénitude humains dès le présent du parcours terrestre tangible d’ici-bas. Sans plus attendre l’Au-Delà futur d’une dimension posthumaine potentielle. Sachons entendre cet ardent cri d’humanité montante en déshérence. Le comprendre et y répondre.

Afin que le sens de mettre au monde, d’élever, d’introduire à l’univers ne se perde, ne devienne vain et caduc. Au plus grand dam de notre espèce. Au travers d’une descendance abandonnée, trahie et reniée. Livrée à un « funeste sort de mort et non exaltant de vie ». Qui la bafoue tant au lieu de la transcender-1000… Il est temps de re/venir à des valeurs bien plus saines et équilibrées d’élévation et d’épurement. Pourtant la juvénilité sait parfaitement les cultiver. Ainsi le 24 mars 2018 des foules de lycéens américains défilent au travers de leur pays. Exigeant la limitation des armes à feu. Suite à la mort de dix-sept jeunes abattus par un autre à un lycée de Parkland en Floride le 14 février 2018.


 

 


– « Métaphysiques, Axiologiques Désirs » –

De Votre Nouvelle Génération


 

 

Âge juvénile de toutes vos sensualités sans doute mais aussi par excellence avons-nous dit de la pleine métaphysique ! Pourquoi ? Parce que vous, jeune, ressentez très fortement et profondément par toutes les fibres de vos être, corps, esprit, cœur, âme, choses de vie. Vous percevez, comprenez bien plus encore peut-être que les adultes « possédants » que les « temporelles gratifications » ne donnent que d’ « immédiates satisfactions ». Seulement passagères, un simple pseudo contentement de surface.


 

 

Que seules les « morales nourritures spirituelles » authentiques élèvent l’âme, rendent heureux. Ces juniors ont soif de connaître, d’apprendre, de savoir, comprendre les arcanes et tréfonds de l’univers. Ils ont force envie de plénitude, transcendance, dépassement de soi. Ils souhaitent laisser une trace, imprimer leur marque, donner du sens à leur destinée humaine. Ils savent qu’ils sont uniques, n’ont qu’une vie terrestre, ils veulent et à tout prix la réussir. Ils ont peur de « passer à côté » de leur destin et attendent des « adultes » les impératives clés des décryptages ontogéniques.

Les aînés auraient tort de « sous-estimer » leurs cadets. Pensant que du simple fait qu’ils ont de quoi boire, manger, dormir, s’amuser, rire, avoir des copains, produits addictifs, du sexe ils sont contents ! Ce ne serait à leur égard que supplémentaire cuistrerie. C’est leur faire injure, méconnaître la complexité, la richesse extrêmes de cette néogénération. Celle-ci est très idéaliste aussi, adule beautés, générosités et noblesse. Elle aime fort à recevoir or, aussi offrir, les engagements altruistes, les dons de soi. Les plus grands défis moraux sont ceux de cette classe d’âge.

Que ce soit pour la préservation écologique de la faune, la flore, l’aide aux peuples, individus les plus « déshérités ». Le refus des conflits et pires injustices, l’ardente aspiration à tendre vers un « monde bien meilleur », plus humain, juste, fraternel… L’ère « Baba cool, Peace and love, Flower power» des parents, grands-parents est révolue depuis des lustres. La vraie « quête juvénile éperdue de l’absolu » est plus ardente que jamais. Hélas elle se mue depuis quarante ans en triste, lancinante désespérance morale, culturelle, sociale, économique, politique. D’unNo Future toujours tant et plus désabusé !

Parce que les matérialistes utopies du passé ont toutes été inventoriées, épuisées une à une. Les jeunes savent qu’il leur reste à explorer d’autres pistes autrement fécondes. Les temps ne sont plus à la militance, à l’engagement idéologiques chez les juniors depuis trente ans. Seule une infime minorité convaincue reste encore concernée. Les engagements individuels l’emportent sur les adhésions des masses. Le seul bénévolat non idéologique de générosité, humanitaire, de don, service gratuit à autrui « fait encore recette ». Car certaines causes généreuses touchent toujours le cœur de nos jeunes.

Notre époque privilégie le libre arbitre individuel plutôt que les mouvements collectifs ressentis comme de sectaires leviers d’embrigadement, de contraintes intolérables. Ainsi le scoutisme attire moins les juniors que par le passé. Le tissu associatif juvénile demeure encore vivace, dynamique mais ses responsables doivent avoir seize ans révolus. Il souffre de rigidités qui lui sont préjudiciables auprès des jeunes. Nous avons vu combien les organes élus de la néogénération tels les conseils de la jeunesse souffraient d’un immense déficit démocratique donc représentatif !

Ils sont certes une réelle émanation des juniors mais ne sauraient s’exprimer au nom de l’ensemble des jeunes. Puisqu’ils ne sont jamais élus par ces derniers au suffrage universel direct. Seul mode électoral pleinement démocratique, représentatif. La désaffection adulte idéologique et d’engagement est encore plus prégnante chez ces juniors. Il y a de moins en moins d’adhésions juvéniles aux partis politiques y compris dans les mouvements partisans de jeunesse. Ces partis ne peuvent plus comme autrefois abuser de la supposée crédulité de celle-ci. Pour lui faire accomplir « les pires basses besognes » notamment en période de campagnes électorales.

Cela est encore « pis » pour les syndicalisations. Notre pays est l’un des moins syndicalisés d’Occident et les jeunes le sont encore infiniment moins que leurs aînés. Pour la petite minorité d’entre eux active avant vingt-cinq ans, la majorité prolongeant ses études. Ces syndicats à l’inverse d’autres ailleurs n’ont pas su « évoluer ». S’adapter à une société globalisée postindustrielle, de services, technologique, de cadres en laquelle le monde ouvrier décline. Quant aux engagements sociétaux et moraux juvéniles l’on peut observer que le monde adulte ne les favorise guère et les découragerait même plutôt fort !

Puisque la jeunesse reste globalement tenue en suspicion, marge de l’essentiel. Ainsi le jour même de l’annonce de l’obtention de son prix Nobel de Littérature (2008) l’écrivain français J.-M. G. Le Clézio s’exprime-t-il. Il relève la « difficulté inouïe » qu’ont les jeunes écrivains à se faire reconnaître, publier en notre pays-1001. Les valeurs, idéaux, combats que « porte » notre jeunesse ne sont pas « reconnus » pour ce qu’ils sont. Il ne faut donc guère s’étonner que nos juniors préfèrent précautionneusement s’en tenir aux frileux replis si confortables !

Sur leur sphère ludique du morne quotidien ! Sauf exceptions comme pour les revendications d’identité de masse. En matière de valeurs le paradoxe de la néogénération est très « cornélien ». Perte des repères moraux, difficultés à s’engager mais aussi fortes aspirations à adhérer aux « choses de l’esprit ». La jeunesse aura toujours été l’âge des passions et défis de toutes les générosités, ouvertures d’esprit et combats. De la volonté la plus farouche de faire « bouger les choses ».

Cela demeure aujourd’hui plus que jamais. Cependant surtout depuis les années 1980 un cataclysme économique, social, moral frappe la société occidentale. Les pertes de repères, replis catégoriels, désabusements, marasmes découragent jeunes, comme adultes. Le culte matérialiste, hédoniste a été inoculé aux adolescents dès leur plus jeune âge par un monde marchand si omniprésent. Ce type même de pseudo-civilisation contribue à « anesthésier » une nouvelle génération toujours fort désireuse de « bonifier notre monde ». Laquelle se voit contrainte de « renoncer » en un contexte fort défavorable de peurs, d’immobilismes.

Peu propice aux « lyriques envolées », audacieuses initiatives, iconoclastes et folles remises en cause. Les temps sont à la prudence, l’expectative, la jalouse préservation ombrageuse des acquis catégoriels, l’inquiétude de les perdre. Les juniors souffrent de ne pouvoir bien mieux exprimer concrètement leurs idéaux propres. Ils se contentent alors bon gré, mal gré de « se laisser vivre ou survivre » au jour le jour comme ils le peuvent. Avec le peu de latitude réelle dont ils disposent. Notre devoir d’adultes est de les « aider » à mettre en œuvre leurs spécifiques valeurs. Notre monde en a le plus grand besoin pour être « meilleur ». Ainsi le droit d’association du mineur, des « juniors associations » peut être mieux garanti, favorisé.

Pour tous les mineurs. En particulier quant à la possibilité de création, direction et gestion matérielle et financière. Il s’agit aussi pour le système éducatif de mieux être à l’écoute des préoccupations des scolarisés. De même concernant le monde de l’entreprise pour ce qui est de ses jeunes collaborateurs. La « parole » juvénile n’est pas assez audible dans les médias. Plutôt que de diffuser la seule marginalité d’une jeunesse minoritaire en difficulté, que le milieu de la communication permette aux juniors de « se dire » authentiquement. Les politiques ont un grand rôle à jouer par des rencontres avec la jeunesse prenant en compte ses vraies « passions ».

Les faisant « vivre et vivifier » en sa société adulte. Comme évoqué précédemment différents critères peuvent introduire des différences en matière de valeurs. « Entre jeunes » et au sein même de notre pays. Globalement la nouvelle génération se retrouve autour d’idéaux communs. Recherche, volonté de bonheur, de réelle réussite de vie, d’amour, de partages, de communions, don de soi, générosité pour autrui et tolérance. Ouverture d’esprit, solidarités, participation à la « marche du monde, de la société », désirs de grands changements et progrès… La jeunesse du monde garde foi et exigence morales !

2009 marque le vingtième anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant – et de l’Adolescent – de 1989. Texte voté par l’Assemblée générale des Nations Unies (New York). Ratifié par la France en 1990. À cette occasion collégiens et lycéens de France sont interrogés sur divers sujets, valeurs capitaux de société les concernant. Près de deux mille quatre cents juniors s’expriment. Cela est riche d’enseignements. À la lumière de ces opinions, idéaux adolescents les jeunes élaborent deux cents propositions d’avenir. Sous l’égide de la défenseure des Enfants.

Les domaines abordés concernent la famille, l’éducation, la santé, la précarité et les violences, la Justice et les discriminations. Également les handicaps, la participation et l’expression, Internet et la vie privée. Pour les juniors la valeur éducative familiale première repose sur l’autorité, comme le dialogue. En affection, respect, confiance réciproques. Dans le sens partagé de l’équité, en juste équilibre sanction / récompense. Les jeunes estiment que leurs libertés, autonomie et vie privée doivent être respectées par leur famille. L’école est assimilée par eux au stress, à la pression, l’angoisse.

Les élèves s’y sentent, disent peu encouragés, soutenus par les enseignants. Ce qui nuit à leur envie, plaisir d’apprendre, leur performance scolaire. Sont aussi soulignés un emploi du temps excessif aux dépens des loisirs. L’abus dominant de la notation. Une orientation scolaire draconienne, trop abstraite qui exclut de si nombreux jeunes. Ce qui décourage et suscite le manque de confiance en soi. Ils prônent plus d’ouverture, moins de « scolarisme », plus d’échanges et du concret. De la formation et non de l’information. Ils stigmatisent une orientation couperet selon les seuls résultats obtenus, non le désir juvénile.

Ainsi que la prédominance des filières générales notamment scientifique. La prise en compte réelle de la finalité professionnelle des cursus leur paraît toujours insuffisante. Le travail scolaire est jugé excessif, trop concentré, mal réparti. Globalement l’école prend aux yeux des jeunes trop de place et envahit bien trop encore toute leur vie préadulte. Au détriment même de leur santé physique, psychique, sociale puisque leurs naturels rythmes chrono-psychobiologiques ne sont jamais ou si mal respectés. Ce qui génère de dommageables troubles de toutes sortes.

Pour autant l’école reste considérée pour les occasions d’enrichissements, les rencontres qu’elle autorise avec les pairs et des adultes autres que les parents. Les juniors plébiscitent les enseignants « passionnés et passionnants » qui savent les captiver. Ils rejettent en bloc la compétition scolaire, le culte de la performance à outrance. Considérés comme un piège infernal qui les enferme, les détruit. Ce qui tue tout leur bonheur d’apprendre et de savoir, connaître et découvrir. Le culte de la « réussite à tout prix » est dénoncé. À l’image de ce qui prévaut en leur société. Ni la position de cancre ni même celle de premier de la classe ne sont bien vécues.

La marginalité des disciplines artistiques pourtant véritable « respiration » nécessaire est déplorée. Les violences scolaires de toutes sortes sont jugées excessives et omniprésentes. Concernant leur santé les jeunes estiment que la santé physique est induite par la santé psychique et réciproquement. Ils ont conscience que la bonne santé comme la définit l’Oms est aussi physique que psychique, sociale, ne se réduit pas à la non-maladie. Au non-handicap. La confiance en soi donnée par la famille, les amis, l’école est plébiscitée. Les mal-être psychiques les inquiètent toujours beaucoup. Ils ne peuvent toujours faire face.

Ils sont fort attentifs au « blues ou spleen » adolescent. Le stress imposé par les adultes les perturbe, ils s’en plaignent amèrement. En cas de besoin une aide de santé spécifique est souhaitée par les juniors. Elle passe prioritairement selon eux par les pairs. Jugés les plus dignes de confiance. En vérité les professionnels de la santé, pas plus que les sites Internet ou les systèmes d’écoute téléphonique ne recueillent leurs suffrages. Les jeunes savent que diététique et activité physique sont la clé capitale d’une bonne santé.

Pour autant la plupart n’appliquent encore que trop peu ce principe de vitalité pourtant reconnu par eux. Au profit dommageable, ils le reconnaissent fort des calmants, somnifères dont nombre d’entre eux usent et abusent. Ils critiquent toutes les campagnes d’éducation, de prévention sanitaires qui leur sont destinées. Car ils les trouvent trop peu crédibles, réalistes, comme adaptées à leur génération. Elles n’ont donc que peu d’impact, d’effet à leur égard. Les ados semblent bien informés en matière d’addictions. Nombreuses campagnes de mises en garde obligent.

Tabac, alcool et drogues. Moins pour la sexualité. Encore moins pour les troubles dits du comportement alimentaire et les « états dépressifs ». Ils avouent avoir du mal à résister aux tentations des psychotropes d’évasion. Car cela les aide à supporter les pires « affres » des pressions sociales qui taraudent si durement nombre d’entre eux. Ne pas consommer peut mener à l’exclusion par les pairs. Ce que ne peut concevoir un jeune qui en tant que tel craint la solitude plus que tout. Il y a donc un conformisme, mimétisme juvéniles qui incitent très fortement à boire, fumer. Tant la notion de groupe est prégnante à cet âge de vie.

L’on se sent ainsi aussi plus fort. La « bonne information sexuelle » est souhaitée dans le cadre scolaire mais par les seuls intervenants extérieurs. Les contraceptifs courants, préservatif, pilule anticonceptionnelle sont bien connus. L’avortement reste encore un thème tabou. De bien meilleures connaissances sur les « liens filles-garçons » sont fort attendues. Les filles se plaignent toujours souvent des incorrections des garçons à leur encontre. Ces derniers les considèrent, traitent encore trop fréquemment en objets sexuels à leur simple disposition-1002. Assujettis à leurs seuls caprices, pure force brute de « virils mâles dominants et en rut ».

Le machisme perdure chez les garçons juniors contemporains, comme chez leurs aînés de même sexe. Une adéquate éducation sexuelle des garçons s’impose et fait encore défaut. Les jeunes souhaitent pour eux des « ateliers de vie ». En lesquels l’essentiel réel de leur quotidien existentiel de juniors puisse être très librement débattu entre eux. Sous la houlette d’adultes adéquats. Concernant la précarité assimilée par eux à l’incertitude, l’instabilité les jeunes reconnaissent l’inégalité des êtres en la matière. Ils font la distinction entre précarité et exclusion.

Ils savent à quel point la précarité socioéconomique peut être douloureuse pour un junior. Dans le cadre scolaire, sous le regard des autres mieux pourvus. L’aide apportée doit ménager selon eux la dignité de l’aidé-e. La notion même de « mixité sociale » tolérante des différences est importante pour les jeunes. Ils soulignent les effets délétères de la précarité sur la santé, toute l’hygiène de vie. Pour tout junior la sociabilité juvénile avec les autres notamment les pairs est capitale pour l’équilibre personnel et interpersonnel. Les jeunes ont conscience que la précarité détruit le lien social indispensable à l’épanouissement.

Ils constatent que les loisirs sont discriminants en terme de coûts financiers impliqués. Les jeunes disent que ce sont la précarité, l’exclusion qui génèrent les déviances et dérives de toutes sortes. Ils sont très sensibles à l’impératif, au devoir moral et social d’aider les plus démunis notamment leurs pairs « en détresse ». Quant aux violences les juniors sont fort convaincus de leur caractère omniprésent et universel. Ils affirment pour beaucoup d’entre eux vivre en un climat bien plus tendu que serein. Ils stigmatisent la vision médiatique d’une jeunesse violente cause première de déviances.

Ils reconnaissent aussi que médias, outils numériques, de télécommunications dont ils sont si friands sont vecteurs de diffusions de violences par excellence. Ils condamnent fort toute violence qu’elle soit physique, sexuelle ou morale. Cette dernière est toujours ressentie par eux comme la plus « douloureuse », dommageable. Notamment sur la durée. Que ce soit entre jeunes ou du fait des adultes. Les violences scolaires sont particulièrement mal ressenties. Les juniors exigent de l’autorité de la part de tous les acteurs éducatifs, enseignants et conseillers d’éducation notamment. Les violences scolaires suscitent fortes anxiété, angoisse chez les élèves.

Ces dérives sont souvent sourdes, diffuses, subies, non exprimées, dénoncées, punies. Les campagnes de préventions des violences juvéniles, d’incitation à les « dénoncer » par la parole n’ont pas d’impact. L’incapacité des adultes à en protéger les jeunes les inquiète, les insécurise. Souvent la loi du silence prévaut par craintes de représailles et rétorsions plus dévastatrices. Information, prévention sont appelées de leurs vœux.

Quant à la Justice les juniors sont attachés à un dispositif spécifique pour les mineurs. Différent de celui des majeurs. Pour des raisons liées à la vulnérabilité adolescente. Qui requiert surtout protection, aide, éducation. Les jeunes impartissent à cette Justice régalienne un sextuple rôle. Imposer des limites aux dérives. Garantir l’égalité et l’équilibre quant aux droits et devoirs. Assurer l’ordre et protéger des violences en avis, prévention, sanction, amendement des déviants. Punir quand nécessaire. Dédommager les victimes. Assurer des médiations entre parties-1003.

La Justice est appelée à permettre aux citoyens de mieux vivre ensemble. Par l’éducation, l’exemplarité morale. Des adultes, comme de la Justice elle-même. Faire respecter l’ordre, la loi, l’équité. Assurer le dialogue entre tous. En appui à la famille, l’école et les jeunes eux-mêmes. Ce qui ne dispense pas, ne délie jamais tous ces acteurs sociaux de leurs devoirs notamment à l’égard des mineurs. La Justice n’est donc jugée par les juniors que comme un dernier recours. Quand toutes les voies sociétales ont au préalable été en vain explorées. La réglementation scolaire n’est pas à leurs yeux ressentie comme toujours juste, adaptée à la jeunesse.

Les jeunes regrettent que les adultes mettent toujours en exergue les devoirs juvéniles mais beaucoup moins leurs droits. L’école est rarement considérée par les élèves comme juste. Or, appréhendée comme trop laxiste ou trop sévère. Une meilleure écoute et prise en compte ou communication sont souhaitées. La Justice des mineurs est méconnue des intéressés. Ils aimeraient mieux connaître l’institution judiciaire. Ils récusent l’amalgame entre jeunesse et délinquance. Ils demandent une Justice des mineurs mieux adaptée aux adolescents. De fait ils disent que les enfants sont en une « problématique » tout autre. Les jeunes souhaitent deux Justices des mineurs distinctes. Ce qui est pertinent, judicieux !

L’une des enfants, l’autre des adolescents. L’éducatif doit toujours l’emporter selon eux sur le répressif. La réhabilitation de la « deuxième chance », de confiance en des vertus d’auto-amendement de chaque jeune est demandée par les juniors. Pour eux la sanction doit avoir valeur pédagogique comme les travaux imposés de réparation notamment en faveur des victimes. Une réelle aide éducative aux parents en difficulté est requise. Les jeunes sont bien conscients des limites matérielles et humaines de la Justice. Quant aux discriminations ils sont très lucides sur la nature intolérante de leur société pour toutes les « différences ».

Tout particulièrement à l’égard de leur génération. Ils rejettent la tyrannie de la norme majoritaire imposée. Ils sont fort sensibles au conformisme juvénile notamment en matière d’aspect extérieur physique, de vêtements. Ils en souffrent tout autant. Ils ont une conscience aiguë que le simple fait d’être jeune est l’un des tout premiers facteurs discriminatoires. Sexisme, racisme, antisémitisme, homophobie sont rejetés. Les juniors admettent que le handicap est un facteur qui alourdit les difficultés de la vie et ne doit pas en outre devenir discriminant.

Ils relèvent qu’à l’école les jeunes handicapés sont mis de côté, restent trop solitaires. Les moyens spécifiques d’aide à leur profit sont très insuffisants, comme pas toujours adéquats. Le handicap limite encore trop injustement les possibilités d’études, de métiers. Il en va de même en matière de loisirs, de rapports affectifs humains. À propos de la participation et de l’expression des jeunes ces derniers insistent sur les manques d’écoute à leur égard. Ils l’expliquent par la somme des préjugés fort négatifs des adultes à leur encontre. La société française est une société anti-jeune par excellence. Très rétrograde, en retard en Occident en matière de pouvoir juvénile.

L’avis des juniors est récusé en tant que tel par principe. Il n’intéresse pas ! Il est toujours admis qu’émanant d’une jeune personne il ne peut jamais être d’aucun crédit, d’aucune crédibilité. Le fait de devenir majeur ne change strictement rien à l’affaire. La majorité civile, civique n’est qu’un fait formel qui ne prend plein effet réel qu’à la trentaine accomplie. Jamais avant. En famille les juniors se sentent habituellement plutôt « écoutés ». Ce qui ne veut naturellement nullement dire qu’ils sont toujours « entendus » et « bien » entendus. Le sujet conflictuel le plus épineux reste les sorties, surtout les études.

La constante pression parentale pour y réussir à tout prix finit par miner les jeunes les plus endurcis. Car elle se mesure toujours à l’aune des seules notes, non du travail, des efforts effectifs fournis. Ce que le junior trouve très injuste. Cela le décourage, démotive. Les jeunes reprochent à l’école de ne pas assez les entendre, consulter, laisser participer. Y compris au sein même des instances consultatives auxquelles les représentants des élèves participent. Leur présence n’y est que formelle et même « parodique ». Ils n’y sont d’aucun poids, nulle influence réelle.

Ce qui reflète bien l’hypocrisie d’une société française en laquelle tout n’est que faux-semblants, théorique, virtuel, qu’illusoire. Sans aboutissements agis. Même quant aux instances consultatives locales Jeunesse, aux associations pour juniors ces derniers s’en détournent. Ils ne sont pas dupes du fait qu’en réalité l’opinion, les décisions adultes seules comptent. Aux dépens des avis juvéniles. Par préjugé anti-jeune. Puis les juniors relèvent que les médias ne s’intéressent qu’à une minorité juvénile marginale ou déviante et non représentative. Jamais à la jeunesse ès qualité et de façon positive, valorisante-1004.

Les jeunes ne veulent plus s’engager car ils ne sont pas pris en compte. Ils le feraient bien volontiers si cela avait un sens qui aboutisse concrètement. Faute d’adhésion des adultes, de libertés accordées par eux cela les décourage par avance. Les juniors se sont aussi exprimés sur leur usage propre de l’Internet notamment par rapport à leur vie privée. Les trois quarts des jeunes interrogés utilisent le Web, la plupart tous les jours, de une à quatre heures. Plus encore en dehors des jours de cours. Seulement un dixième des jeunes ne pratique pas ou très rarement. Les garçons jouent surtout en réseau, les filles discutent par messageries. Ils sont conscients des dangers potentiels et avérés de la Toile. En matière de sécurité, d’intimité, comme de dépendances et aussi de pleines dérives de la virtualité.

Ils reconnaissent n’être pas assez bien informés en matière d’éducation aux risques majeurs de l’Internet. Sinon ils demandent que leurs parents leur fassent confiance, ne fouillent jamais en leur ordinateur personnel. Symbole pour eux d’atteinte à leurs libertés et vie privée. Ils reconnaissent au Web des vertus de socialisation mais restent fort attachés à la rencontre réelle. L’usage Internet pour les études reste limité, capital en matière culturelle. Notamment musicale, cinématographique. Les téléchargements illégaux en droit sont pour autant pour eux normaux, ne serait-ce que pour raisons financières et pratiques. Voire libertaires ! Les jeunes de douze – dix-huit ans interrogés ont donc donné leur opinion et expérience vécue. Quant à ces divers sujets de société et de valeurs qui les touchent de près. Ils ont fait deux cents propositions d’avancées en l’espèce. (Parole aux Jeunes, France, 2009).


 

 


I

– Votre Famille Juvénile –


 

 

1- Vous éduquer, vous transmettre des valeurs.

2- Votre éducation plus basée sur la confiance, le dialogue et l’accord éducatif de vos deux parents.

3- Le conseil parental en matière d’orientation de vos études mais votre libre décision de jeune en l’espèce.

4- Limites éducatives selon votre âge et vous, sujet junior. S’y tenir. Vous donner des responsabilités croissantes.

5- Punir avec retenue selon votre âge. De façon justifiée avec possibilité de vous défendre. Sans atteintes physiques, morales, humiliations, privations de loisirs.

6- Aider de façon adéquate vos parents en difficulté d’autorité. Par des spécialistes de votre adolescence.

7- Vos intimité, comme vie privée d’adolescent sont à respecter.

8- Vous éduquer préventivement, jeune, en matière d’addictions, de sexualité, d’Internet sans harcèlement continu.

9- Une formation de vos parents à l’Internet au bénéfice de vous, junior, en matière d’utilisations et de risques.

10- Vous informer, adolescent, des réalités familiales y compris difficiles.

11- Vous écouter, prendre en compte votre avis de junior pour les décisions fort importantes et concernant la gestion de votre vie familiale.

12- Fixer des règles de vos structuration et projet de vie de jeune.

13- Vous soutenir, junior, en cas de séparation parentale.

14- Suivi psychoéducatif pour vous, jeune « en souffrance ».

15- Former les magistrats à la communication avec vous, junior.

16- Mieux définir les « rôles » de votre beau-parent.

17- Favoriser tous vos temps de vie en famille.

18- Plus de médiations éducatives idoines pour vos parents en difficulté.

19- Prévenir vos maltraitances par rencontres obligatoires à l’école entre les enseignants, parents, vous, élève.

20- Mieux appréhender vos difficultés juvéniles dues à des cas particuliers déstabilisants.


 

 


II

– Votre École, Jeune –


 

 

21- Revoir vos rythmes annuels et quotidiens scolaires. Cours le matin, loisirs en après-midi.

22- Concevoir un soutien scolaire plus performant pour vous.

23- Systématiser le tutorat pour vous, jeune défavorisé. En optique de juste compensation d’aide.

24- Revaloriser tous vos cursus notamment en lycée professionnel.

25- Bâtir votre meilleure orientation collégienne, lycéenne.

26- Plus de stages pour vous dans le secondaire, de possibilités de stages adéquats en entreprises. Développer votre formation en alternance.

27- Mieux former vos enseignants à la communication, la pédagogie, votre psychologie adolescente.

28- Opter pour une pédagogie plus adaptée à votre jeunesse, plus concrète, qui vous parle. Ne pas négliger vos disciplines culturelles, artistiques.

29- Favoriser vos travaux de groupe coopératif plutôt que vos évaluation, classement.

30- Développer la communication élève-enseignants via vos délégués, vos échanges, la compréhension mutuelle, le traitement de vos vraies difficultés.

31- Renforcer l’ « autorité professorale » via celle de votre chef d’établissement.

32- Des locaux spécifiques pour votre écoute, comme votre « soutien » scolaire.

33- Des casiers personnels pour vous, élève à l’école.

34- Une charte d’usage de votre téléphone mobile à l’école.

35- Plus de moyens pour plus d’espaces de loisirs adaptés pour vous, jeune.

36- Un système universel de carte loisirs pour vous, junior.

37- Plus de pistes cyclables pour vos déplacements d’adolescent.

38- Des « boîtes de nuit » pour vous, mineur. La plupart des clubs étant pour majeurs.

39- Plus de transports tous les soirs de vos fins de semaines, plus de sécurité de vos transports.

40- Vos repas de cantine et vos transports « moins chers ».

41- Pour vous, élève défavorisé, fournitures scolaires moins chères ou gratuites et par redistributions des surplus.

42- Plus de mixités socioculturelles pour vous, élève par assouplissement de votre carte scolaire.

43- Encore plus pour vous d’échanges culturels et scolaires internationaux.

44- Vos tenues vestimentaires à l’école bien plus discrètes, moins discriminantes.

45- Une cotisation de solidarité scolaire pour vos activités d’élève moins favorisé.


 

 


III

– Votre Plénitude Psychosomatique de Junior –


 

 

46- Plus d’information sur vos dispositifs d’aides au jeune, de soins anonymes, gratuits. Créer une « santé mobile » pour vous jeune.

47- Vous informer, junior sur les espaces d’aide, les numéros d’appel gratuits qui vous sont réservés. Notamment sur les sites Internet que vous fréquentez et dans vos magazines pour junior.

48- Créer un site Web interactif « officiel » sur vos santé, sexualité de jeune.

49- De bons forums de votre santé à l’école.

50- Des médecins et des infirmières scolaires à temps complet et attitrés en votre établissement d’éducation. Ce qui n’existe pas pour vous aujourd’hui.

51- Votre enseignement scolaire obligatoire adapté de secourisme anti-addictions.

52- Votre information sur les maladies, les troubles psychiques.

53- Vos consultations « psy » gratuites et sécurisées Internet avec de jeunes professionnels. Des « groupes de parole » avec des juniors de mêmes difficultés que vous.

54- Favoriser votre confiance en vous de jeune.

55- Des activités culturelles non notées à l’école pour vous détendre. Plus de temps pour vos activités culturelles, sportives. Plus d’équipements afférents à votre école et plus accessibles.

56- Pas d’idéalisations, de dévalorisations « marketing » de la femme dans vos médias.

57- Interdiction des publicités vous incitant à consommer gras, salé ou sucré. Même s’il y a votre incitation à bouger, ingérer fruits, légumes, ne pas abuser de sel, lipides, glucides.

58- Favoriser votre publicité d’information santé plutôt que purement commerciale.

59- Des communications sur votre sexualité à l’école par des intervenants extérieurs.

60- Votre bonne information associative sur la contraception, l’avortement, le Sida, les Ist.

61- Vos meilleurs suivis et informations en matière d’avortement.

62- Mieux vous informer et prévenir quant à vos dépendances addictives à l’école au moins dès la sixième.

63- Des « campagnes santé » d’information, de prévention mieux adaptées, pertinentes et significatives pour vous, jeune.

64- Sensibiliser vos parents au respect par vous, junior des seuils d’âges d’accès aux jeux vidéo. Les rendre encore plus visibles et les relever.


 

 


IV

– Vos Solidarités de Jeunesse –


 

 

65- Développer les solidarités interpersonnelles du citoyen au profit de vous, jeune défavorisé sans compter sur les institutions officielles.

66- Sensibiliser à votre précarité par tous les moyens.

67- Diffuser l’information sur les dispositifs et centres d’appel pour vous, jeune en difficulté.

68- Favoriser l’accès réel à vos soins de précarisé avec respect du droit à votre santé par tous les soignants.

69- Stimuler votre logement social, pas d’expulsions sans relogements.

70- Développer les logements accessibles pour vous, apprenti et étudiant.

71- Vous inculquer, jeune tous les outils et les démarches nécessaires à votre recherche d’emploi.

72- Élargir les dispositifs boursiers pour mieux vous aider, élève défavorisé à étudier.

73- Une « seconde chance de formation » pour vous, jeune sans qualification pour mieux « vous insérer ».

74- Des cours gratuits de français pour vos parents non francophones.

75- Mieux vous informer, mineur étranger isolé de vos possibilités d’insertion professionnelle.


 

 


V

– Vos Violences NéoGénérationnelles –


 

 

76- Moins d’expositions médiatiques de vos violences juvéniles.

77- Anonymat médiatique pour vous, jeune auteur ou victime de déviances par des techniques adéquates.

78- Vous informer, junior des dangers des déviances, des lois, réglementations, de vos droits et devoirs de mineur.

79- Des campagnes d’informations, de sensibilisations et de prévention de vos violences.

80- Soutenir vos parents en tant qu’autorités d’éducation.

81- Vous aider, jeune en souffrance, à comportements trop violents.

82- Des lieux d’accueil, d’écoute, de soutien psychiques pour vous, junior.

83- Plus d’autorité professorale, des conseillers éducatifs actifs pour vous.

84- Plus de surveillants et d’éducateurs en votre collège.

85- Des « médiateurs de vie scolaire » anti-violence, de lien social entre vous, élèves.

86- Plus de formations scolaires sur vos violences.

87- Prises de parole scolaires avec vous, élève violent pour vous aider.

88- Plus de sécurité scolaire pour vous.

89- Pour chaque déviance vous sanctionner et / ou accompagner vite et bien.

90- Mieux vous écouter et prendre en compte vous, victime.

91- Vous aider, victime de fait même non reconnue officiellement en Justice comme telle. En équité pour vous.


 

 


VI

– Votre Justice du Mineur –


 

 

92- Vous expliquer la Justice à l’école par des professionnels idoines.

93- Consacrer des cours d’éducation civique « Justice » à vos droits de jeune autant qu’à vos devoirs.

94- Journées pédagogiques, réunions d’information « Justice » dans vos « quartiers ».

95- Formation des avocats, magistrats à votre « psychologie  juvénile ».

96- Juger selon votre personnalité et votre histoire propres de junior.

97- Vous condamner en s’assurant de vos maturité, discernement réels de jeune. En une optique plus pédagogique de bonne compréhension du « sens de votre châtiment ».

98- Consulter vos éducateurs de quartier, junior le cas échéant.

99- Vous donner une « seconde chance », jeune déviant, chercher à saisir les raisons de votre acte.

100- Développer le travail d’intérêt général pour vous donner, junior la notion de « sens, d’utilité » de votre sanction en conscience des réalités.

101- Conserver l’excuse de minorité et pas de responsabilité pénale avant l’âge de vos treize ans minimum.

102- L’emprisonnement doit être « adapté à votre âge » et réservé à vous, jeune de plus de quinze ans.

103- Pour tout crime la durée maximale de votre emprisonnement, vous mineur ne pourra pas excéder vingt ans-1005.

104- Le dispositif des « centres éducatifs fermés » sera élargi afin que l’emprisonnement vous soit évité à vous, mineur.

105- Votre insertion de « mineur déviant et en danger » sera bien mieux favorisée pour vous aider à sortir de votre « marasme ».

106- Améliorer votre prise en charge médicale et psychiatrique juvénile.

107- Garantir la confidentialité de votre casier judiciaire.

108- Exécution de votre jugement sans remise de peine.

109- Pour une Justice pénale bien plus rapide pour vous.

110- Mieux former tous les professionnels de la Police et la Justice à votre « prise en charge » de victime.

111- Aider, soutenir vos parents, jeune concerné et les informer le plus utilement de votre accompagnement.

112- Toujours veiller au vouvoiement de vous, protagoniste en cause.

113- Tout contrôle se doit d’être non violent pour vous.

114- Des locaux spécifiques pour vous, mineur vous seront exclusivement dévolus dans tous les commissariats.

115- Reconnaissance publique, médiatique par la Police de ses éventuelles erreurs à votre encontre.

116- La Police pourrait aussi à des fins préventives à l’école et dans les quartiers vous expliquer la loi, jeune.

117- Des campagnes publiques d’information, médiatiques sur vos discriminations, comme les sanctions afférentes.

118- Développer les centres d’appel, d’accueil, d’écoute adéquats pour vous, junior victime de discrimination, bien les faire connaître.

119- Faire évoluer les mentalités en matière de vos discriminations par le théâtre et le jeu de rôle.

120- Vous former, jeune volontaire aux pratiques discriminantes pour vous sensibiliser, mineur.

121- Même éducation-sanction pour les deux sexes en votre famille et à votre école.

122- En famille, comme à l’école vous, fille et garçon devez être mieux pris en compte à parité strictement égale.

123- Une campagne nationale télévisée anti-sexisme pour vous.

124- Lutter contre votre inégalité de salaire et d’emploi entre les sexes, établir votre « parité en politique ».

125- Vous éduquer dès l’école primaire à l’égalité de tous, au plein respect de toutes vos « différences ».

126- Médiatiser les « richesses de toutes vos diversités ».

127- Une « Journée intergénérationnelle pour vous contre les racismes ».

128- Limiter au maximum vos contrôles policiers « au faciès ».

129- Vous sanctionner, auteur d’actes ou de propos racistes dans les stades.

130- Instaurer votre « mixité sociale » dans vos activités scolaires et extrascolaires en « décloisonnant » vos sections de cursus.

131- Lutter contre votre « discrimination à l’embauche » pour vos apprentissages et stages. En une logique d’ « égalité de vos chances » dans l’emploi.

132- Information à l’école sur votre sexualité par des intervenants extérieurs. Sensibiliser à la tolérance de toutes vos « orientations » notamment celle homosexuelle.

133- Mieux sanctionner vos discriminations en entreprise et du seul fait de votre « orientation sexuelle ».

134- Sanctionner toutes vos discriminations d’orientation sexuelle dans les domaines sportifs.

135- Des campagnes d’information, de prévention anti-discriminations de votre orientation sexuelle.


 

 


VII

– Votre Handicap de Jeune –


 

 

136- Une journée du Handicap pour que vous, handicapé vous exprimiez sur tout, pas seulement sur votre état.

137- Vous « banaliser », handicapé dans les médias, vous permettre de vous y exprimer sur tout.

138- Des logements dont l’aménagement tienne mieux compte de votre handicap.

139- Aménager tous les transports publics, les infrastructures, véhicules pour votre accès d’handicapé.

140- Aide à vos déplacements d’handicapé dans les transports collectifs par personnels adéquats.

141- Des sites Web d’informations sur les lieux de loisirs « accessibles à vous, handicapé ».

142- Bien informer votre famille et le plus précocement sur le handicap des enfants.

143- Informer les services médicosociaux à la naissance du handicap avéré de l’enfant pour une aide et un suivi rapides de votre famille. Selon l’adage : « Mieux vaut prévenir que guérir ».

144- Un « numéro national » pour bien répondre à vos réelles problématiques d’handicapé, de votre famille.

145- Des services spécialisés en mairies et des professionnels pour soutenir vos parents au quotidien, les « soulager » en temps disponible pour vous leur enfant.

146- Renforcer les associations spécialisées pour soutenir et informer votre famille.

147- Tenir compte de « votre parole » de jeune, vous laisser la « pleine liberté » de vos choix personnels.

148- Faciliter votre dialogue de junior handicapé en votre famille en la soutenant, en formant tous les intervenants adéquats.

149- Permettre si possible votre intégration de jeune handicapé en milieu scolaire ordinaire.

150- Adapter l’école, vos enseignements, outils de travail, en limiter les coûts pour vous, handicapé.

151- Plus d’établissements spécialisés avec libre choix par vous, junior handicapé.

152- Vous aider, élève handicapé de l’enseignement professionnel à mieux vous insérer dans l’emploi.

153- Des activités extrascolaires communes à vous, jeune handicapé et à vous, junior valide.

154- Médiatiser, mettre en valeur vos activités « handisport ».

155- Vous rendre accessibles, jeune handicapé les sports et les compétitions sportives comme pour les autres.

156- Un site Web, un numéro d’appel sur votre sexualité et pour vos rencontres, junior handicapé.

157- Votre accès gratuit à des logiciels adéquats d’aide à la personne et à Internet.

158- Vous associer, handicapé à la conception et à l’usage de ces logiciels.

159- Vous « sensibiliser », informer, élève à la vie avec vos condisciples handicapés.

160- Vous sanctionner, élève qui discriminez vos pairs handicapés, prévoir ces sanctions dans les règlements intérieurs de vos établissements d’enseignement.


 

 


VIII

– Vos Expression & Participation de Junior –


 

 

161- Prendre en considération votre avis de junior dans les décisions vous concernant, vous y associer.

162- Mieux garantir vos droits de mineur en cas de séparation de vos parents.

163- Mieux vous associer, écouter ou prendre en considération, élève du secondaire et vos avis. Quant à la gestion, la « vie » de votre établissement d’enseignement et via vos délégués des élèves.

164- Un médiateur de l’Éducation scolaire appréhendant vos avis d’élève sur toutes les thématiques d’intérêt national.

165- Former vos délégués de classe à la vie scolaire et à la communication avec vos enseignants. Pour qu’ils puissent « mieux vous défendre vous, leur condisciple ».

166- Muer vos délégués en « médiateurs » intervenant à votre demande d’élève.

167- Des réunions de vos délégués de classe de collège pour faire des propositions.

168- Revaloriser le travail de vos délégués de classe.

169- Mieux vous informer et inciter, jeune à « vous engager ».

170- Un effort d’adaptation des adultes à vos mentalités juvéniles et à la communication avec vous, junior.

171- Une rencontre nationale pour valoriser, « porter » vos projets et réalisations de junior en tous domaines.

172- Mutualiser tout moyen intercommunal pour « concrétiser » vos projets de jeune rural.

173- Vous motiver, junior à vous intéresser à la politique.

174- Associer les sciences politiques à vos cours historiques, comme géographiques de lycée.

175- Développer toutes vos associations juvéniles de quartier avec des réunions d’appréhension des « problématiques locales ».

176- Vous informer et former, jeune aux pratiques associatives.

177- Vous former, junior qui créez ou gérez une association par de « bons » stages, conseils, suivis.

178- Des antennes d’information en mairie animées par vous, jeune engagé dans la vie associative.

179- Abaisser l’âge légal de votre « capacité » à la création d’une association à quinze ans-1006.

180- Des concours d’incitation de junior à votre création d’association. Le premier prix servant de financement afférent.

181- Création d’un nouvel organisme de financement et contrôle de vos associations.

182- Moins médiatiser les « faits divers » vous concernant, mineur.

183- Revaloriser votre image de marque de jeune en médiatisant vos initiatives positives et non seulement vos faits négatifs.

184- Associer votre jeunesse aux productions médiatiques pour la « revaloriser ».

185- Développer tous vos médias de junior et pour vous notamment en votre enseignement secondaire.

186- Mieux vous informer, jeune des « offres culturelles » existantes accessibles, intéressantes pour vous.

187- Vous inciter, aider, junior à « monter » vos projets culturels.

188- Valoriser vos pratiques « extrascolaires », culturelles et sportives notamment en les intégrant dans votre livret scolaire.


 

 


IX

– Votre Internet, Jeunesse –


 

 

189- Réduire vos inégalités numériques notamment en zones rurales.

190- Pas un seul de votre établissement scolaire sans réseau Internet notamment « sans fils » pour vous.

191- Former vos enseignants au numérique informatique et Web.

192- Des interventions dans tout le secondaire de spécialistes des nouvelles technologies de l’information-communication. Pour vous informer, jeune de la cyber-réalité.

193- Former vos parents à l’Internet pour vous « aider, protéger vous, jeune ».

194- Établir un contrôle / une « surveillance » parentaux du Web en fonction de vos âge et activité.

195- Une instance de contrôle mondial du Web notamment selon votre âge d’accessibilité.

196- Une information par les éditeurs de sites des risques potentiels encourus pour vous sur l’Internet.

197- Simplifier les chartes de confidentialité de vos sites Web.

198- Mieux vous informer, jeune quant à vos « réelles responsabilités » sur l’Internet. Vous responsabiliser, junior internaute.

199- Un téléchargement légal de produits culturels Internet peu onéreux, voire gratuit pour vous, jeune. À « usage personnel ».

200- Rendre la culture financièrement accessible à vous, junior-1007.


 

 

(Parole aux Jeunes, France, 2009).


 

 

Il convenait de publier ces suggestions de vie et d’avenir des jeunes. Elles révèlent leur lucidité, maturité responsables. Ici, les propositions pour les juniors ne viennent exclusivement pas des seuls adultes. Les adolescents « se disent » par et pour eux-mêmes. Cela est tout l’intérêt inédit de l’exercice ! Ils ont parfaitement compris qu’il leur « faut cultiver leur jardin ». (Voltaire, écrivain, philosophe français, 1694-1778, Candide ou l’Optimisme, conte philosophique, Genève, 1759). Ce qui signifie se fixer un dessein existentiel par le travail, l’utilité sociale, un projet pour soi et autrui.

Donner un sens à leur existence. Livrer le meilleur d’eux-mêmes. Développer leurs talents, apprendre, s’enrichir moralement, intellectuellement, optimiser le tout au centuple… Le 20 novembre 2019, les trente ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant – Et de l’Adolescent – sont célébrés. Pour cette occasion le Défenseur des droits français J. Toubon met en garde : « Adoptée il y a 30 ans la CIDE est le texte international le plus ratifié au monde et pourtant les droits des enfants [et des adolescents] ne sont toujours pas pleinement respectés en France, comme ailleurs ». Dont acte !


 

 


– Comment Vous, Jeune –

Envisagez-Vous Vos Convictions, Luttes ?


 

 

Les particularismes nationaux demeurent des plus vivaces, les durs aléas de la construction européenne en font foi. Or, l’on assiste à une nette unification des valeurs entre vos jeunesses d’Europe, d’Occident, voire du monde. La fin de la scission idéologique entre les deux parties Est et Ouest du continent européen avec les années 1990 y a contribué. Le dur contexte mondial accentue en votre néogénération ce qu’il est convenu d’appeler l’euroscepticisme.


 

 

Or, le sentiment de ce que le dirigeant M. Gorbatchev, (Urss/Russie, 1931-2022) a qualifié de « Maison commune » européenne, (Conseil de l’Europe, Strasbourg, 1989) demeure. Les juniors continentaux ont conscience de ce qui les différencie culturellement des jeunes des pays dits émergents. Confrontés aux difficultés de subsistance de leurs sociétés en développement. Ils savent fort aussi à quel point leurs pairs nord-américains sont généralement plus avancés qu’eux. En reconnaissance, intégration, niveau de vie, foi en eux, l’avenir… Les valeurs cultivées par les jeunesses du monde au travers des cinq continents sont tout à la fois très proches et des plus éloignées.

La globalisation internationale « unifie » les peuples, en tout premier lieu les jeunes avides d’échanges. Très solidaires en terme de communauté générationnelle autour d’un « modèle occidental de réussite-bonheur ». De même les progrès technologiques, la démultiplication des échanges, voyages. L’universalisation fulgurante instantanée des informations, médias et de l’Internet. D’une certaine pensée commune à l’échelle planétaire… Toutefois il y a eu passage d’un monde bipolaire Est-Ouest dominé par l’Occident à un monde multipolaire mais aussi unipolaire. À prééminence d’un seul pays, les États-Unis.

L’arrivée aussi d’autres acteurs majeurs émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil. Des différences irréductibles de cultures, civilisations maintiennent des césures de valeurs entre jeunes du monde. Cela contribue à l’enrichissement humain loin de toute uniformisation trop réductrice. La plupart des juniors ont au plus profond d’eux-mêmes la « passion d’un idéal de vie fort exigeant ». Lequel les transcende, les mène au dépassement de leur personne. Nous avons dit qu’être un jeune « humaniste, de valeur » impliquait à notre sens trois réalités fondamentales.

Un complet accomplissement de sa vie d’homme. Une authentique plénitude morale. Un don de soi généreux et entier. En une visée d’engagement, non à son seul avantage or, autant au service d’autrui, de sa communauté. Que cela peut-il bien signifier, impliquer quand l’on est un garçon, une fille de quinze, vingt, vingt-cinq ans ? S’accomplir en tant que jeune veut dire atteindre les objectifs que l’on s’est au préalable imparti, s’y fixer, tenir. Poursuivre la voie que l’on s’est librement choisie, non subir passivement les impératifs établis par d’autres que soi-même.

Fussent-ils adultes ayant autorité morale comme les parents, enseignants ou employeurs. Il s’agit ensuite de fructifier les buts atteints pour s’en enrichir moralement. Car une finalité qui se contente de se suffire à elle-même est comme une stérile semence morte, hors sol avant d’éclore. S’accomplir consiste à « offrir » sa réussite à autrui, faire en sorte qu’elle présente une « utilité sociale » à la collectivité entière. La plénitude morale est l’ascèse spirituelle qui éloigne des seules gratifications matérielles de l’ego narcissique.

Elle peut prendre corps en l’introspection, la méditation et l’espérance au-delà de la prière religieuse du seul croyant. Elle est également le fruit du sens donné à son existence. De la réelle signification, l’utilité de ce que l’on est et veut être. De la « trace et marque » que l’on souhaiterait laisser aux vivants après la fin de son « passage terrestre ». Du souvenir de sa personne et sa vie imprimé dans les mémoires de ceux qui restent. La plénitude de l’être est aussi la « sagesse » qui permet de relativiser, supporter de façon dépassionnée. Tant les succès et inerties que les échecs en une « égalité d’âme » fort sereine.

Le don de soi est atteint quand l’on est capable de s’ « oublier », se décentrer de sa propre personne. Pour s’intéresser au prochain, gratifier autrui en congruence, empathie, compassion. Harmonie, compréhension, solidarité. Cela consiste aussi à offrir le meilleur de soi au-delà des limites de ce que l’on est véritablement. Se dépasser non pour soi mais pour autrui. Le vrai don de soi conduit même aussi parfois à « se sacrifier ». Faire passer ses intérêts, sa personne après ceux des autres, même au détriment de soi. À tout le moins appliquer la sage parole biblique :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

(Marc, évangéliste, Ier s., XII, 29-31, Nouveau Testament, Moyen-Orient, Ier s.)-1008. Ni plus ni moins, à juste et pleine égalité ! Tant il est avéré que se donner pleinement est avant tout aimer. Aimer de façon non pas captative et par pur égoïsme mais oblative et en réel désintéressement.

« La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la loi en sa plénitude » !

(Paul de Tarse, apôtre, Ier s., Épître aux Romains, XIII, 8-10, Nouveau Testament biblique, Moyen-Orient, Ier s.)-1009. Y a-t-il ou non des valeurs communes nationales, européennes, occidentales, comme mondiales pour la jeunesse ? Les comparaisons internationales apportent une réponse positive. Tout en mettant en exergue des différenciations nationales marquées pour les juniors, comme les adultes. Ce qui empêche notamment une meilleure « unité européenne ». Il s’agit de toujours donner un vrai sens à l’existence, permettre de « réaliser la terrestre mission humaine » laquelle est celle de tout un chacun. Faute de quoi le douloureux sentiment de manque et d’incomplétude s’installe très profondément et durablement-1010. Au plus « grand dam » d’une néogénération déçue.

Les jeunes ont-ils confiance dans les institutions ? Il semblerait que ce soit plus ou moins le cas, plus que l’on pourrait habituellement le penser. L’image de la Police est positive chez la plupart des juniors. Avec la généralisation de l’insécurité, comme du sentiment d’insécurité ordre, protection publics sont plus que jamais d’actualité. Y compris notamment chez les jeunes qui en sont parmi les plus touchés surtout avant vingt ans. De même concernant la sécurité extérieure l’armée est bien considérée par les juniors. Cela va surtout de pair avec le degré de nationalisme cultivé qui progresse chez les jeunes.

Les armées ont d’autant un capital d’adhésion juvénile bien plus fort que par le passé qu’elles ne sont plus synonymes de contrainte. De fait le Service national obligatoire pour les garçons notamment militaire n’existe plus depuis la fin du siècle dernier. Il était nous l’avons dit considéré comme une contrainte arbitraire inutile par bien des juniors. Sa suppression n’a pu que renforcer le sentiment favorable à l’égard des armées. Surtout en contexte international troublé, instable, délétère. Notamment depuis les tragiques attentats de 2001 aux États-Unis et 2015, 2016 en France. De terrorisme mondial globalisé. En lequel l’impavidité personnelle et collective se cherche. En un monde où les violences n’ont pas cessé un seul jour depuis 1945 !

L’image de la religion, l’Église catholiques notamment est mitigée en l’opinion juvénile. D’autant qu’il s’agit d’une foi et d’une institution bimillénaires perçues comme peinant à se renouveler, « rigides, conservatrices et vieillissantes ». Non assez ouvertes sur la modernité et la jeunesse mais plutôt sur « la tradition, les anciens, le dogme intangible ». C’est-à-dire l’inverse de ce que sont et cultivent ou veulent les jeunes. Les organismes de soins et de protection sociale pour tous, en partie pour les plus fragiles sont beaucoup appréciés par les juniors. Santé, Sécurité sociale, acquis sociaux.

Plutôt que libéralisme intégral du « laisser-faire, laisser-passer » bien plus cher aux jeunes nord-américains. Même notre système éducatif semble aussi globalement validé par les juniors pour se former, garantir leur futur. Ils contestent plutôt des aspects spécifiques. Dialogue, cohérence études / métiers, blocages scolaires, qualités des locaux, comme effectifs des classes et d’enseignants… En revanche l’appréhension par les jeunes des institutions politiques, de l’État est extrêmement mauvaise. Administration publique, présidence, gouvernement et Parlement. En toute réaliste lucidité.

Ils ne croient pas aux vertus d’action et de résultats adéquates, efficaces des organismes et des décideurs nationaux. Le défaut d’ « exemplarité irréprochable » de ces instances de la collectivité aggrave encore ce rejet juvénile. L’activité, la gestion politiques en viennent à être considérées notamment par les jeunes de très corruptibles et corrompues. Fort peu recommandables, honorables. Ainsi les juniors figurent-ils parmi les plus abstentionnistes à toutes élections politiques : locales, nationales, comme européennes. L’image des grandes entreprises est brouillée. Fusions, délocalisations, mondialisation, licenciements de masse, compétitivité à outrance…

Ceci fait que ces entreprises ne sont jamais considérées comme « vectrices de progrès, d’accomplissement pour tous ». Plutôt comme « exploiteuses » et « profiteuses » du contexte international pour leur compte et intérêt propres. Aux dépens de l’humain et des travailleurs qui contribuent pourtant au premier chef à la prospérité de ces entreprises. Les syndicats de salariés n’en sont pas moins fort mal vus et fuis par toute la jeunesse qui y adhère encore moins que ses aînés. La presse écrite, audiovisuelle n’a pas davantage très bonne image chez les jeunes. Quels que soient sa nature ou son nom.

Sans doute quelque peu conscients d’un certain nivellement par le bas, d’une uniformisation, d’une « décérébration » des esprits. Plus ou moins manipulateurs, voire « totalitaires » sinon dans les intentions, du moins dans les faits. La radio est le média le mieux considéré par les juniors qui l’apprécient fort notamment pour ses émissions « pour eux ». Les organisations internationales comme les Nations Unies ou l’Union Européenne ne sont pas rejetées ès qualité par les jeunes. Or, depuis une décennie l’image de l’Europe et de sa construction s’est muée en quasi- « europhobie ».

Alors qu’elle était très positive chez des juniors alors bien plus europhiles que leurs aînés. Ces jeunes devenus eurosceptiques ont massivement rejeté le Traité constitutionnel européen au référendum de 2005. L’Europe était alors pour eux symbole de progrès, de prospérité commune, de fraternité, solidarité, force, d’avancée collective et d’avenir. De chance unique elle s’est muée en menace contre les cohésions, identités nationales. Surtout contre les intérêts économiques des pays et de leur jeunesse.

L’Europe est désormais vue par les juniors sauf les plus favorisés, mieux formés d’entre eux comme un « vecteur de mondialisation libérale ». De chômage pernicieux, de lutte, de compétitivité à outrance. L’Europe qui séduisait et rassurait devient donc répulsive, source d’inquiétude, d’insécurité, d’instabilité. En un contexte mondial difficile, de montée des périls, de crise morale, économique, financière, sociale, de terrorisme. Le temps n’est alors plus à l’ouverture totale des frontières pour les hommes, les biens mais au seul « repli national » protectionniste. Y compris dans l’opinion des jeunes. Le climat de crise, montée des périls, défensif de 1929, voire de 1939 toutes proportions gardées semble désormais prévaloir.

Tout particulièrement chez les juniors ce qui ne laisse pas d’inquiéter. Une crise monétaire et financière de l’euro, des déficits budgétaires sans précédent depuis 2008 accentuent le trait. Plus généralement les jeunes de moindre éducation, culture sont plus extrémistes et xénophobes que les autres. Ils rejettent plus les institutions publiques, politiques. Elles ont selon eux une responsabilité dans leur exclusion. Les juniors défavorisés, en mal-être sont donc bien plus « radicaux et revendicatifs. Contestataires et protestataires, voire séditieux, subversifs ». Les violentes émeutes périurbaines de 2005 l’ont très amplement démontré.

Les jeunes de parents cadres supérieurs, dirigeants, professions libérales ou cadres eux-mêmes, les juniors les plus diplômés sont ceux qui adhèrent le plus aux institutions. Plus encore concernant les organismes politiques centraux de l’État que les organes judiciaires, policiers, éducatifs. Les filles font toujours plus confiance aux institutions que les garçons. Globalement les jeunes sont moins économiquement libéraux que leurs aînés. Toutefois le libéralisme peut en certains aspects l’emporter sur l’interventionnisme. Les juniors pourtant en besoin d’insertion socioprofessionnelle ne jugent pas que l’État ou la collectivité aient à veiller à l’entretien des individus.

Que cela relève de l’initiative personnelle de chacun. Les jeunes n’en appellent pas moins de leurs vœux une économie, une société plus égalitaires et plus justes pour tous. Ils rejettent tout autant « l’assistanat collectif généralisé » érigé en système que l’individualisme libéral absolu du « chacun pour soi ». L’économie « idéale » ne serait donc ni libérale ni étatique mais mixte, « capitaliste de marché encadrée ». Une libre loi de l’offre et de la demande régulée. Une social-démocratie à la scandinave d’économie ouverte et prospère. Dont les inégalités, disparités sont corrigées par la contribution fiscale.

La concurrence comme progrès n’est admise que modérée, surveillée. Pour « garantir » au maximum au plus grand nombre possible l’équité sociale maximale. En ce cadre une plus grande liberté d’entreprendre reste souhaitée par les jeunes. La préférence de la majorité des juniors va plus à la propriété privée qu’aux nationalisations étatiques de l’économie. Tout en souhaitant « concilier » les avantages des deux systèmes. La majorité juvénile accepte le principe du strict contrôle des chômeurs en compensation des indemnisations reçues.

En politique la plupart des jeunes considèrent favorablement le système démocratique comme « meilleure forme de gouvernement ». En dépit de certains travers dont ils ont conscience. Rejoignant ainsi l’homme d’État britannique W. Churchill (1874-1965). Le jugeant comme « le pire système de gouvernement à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés en l’Histoire ». (Chambre des Communes, Royaume-Uni, 1947). Certains juniors font plus confiance à un gouvernement de spécialistes que d’élus. D’autres apprécieraient un « pouvoir autoritaire et fort ». Un gouvernement militaire est très unanimement rejeté-1011.

L’adhésion juvénile à la démocratie est certaine mais non sans « failles » notamment en contexte actuel très incertain et troublé. De fait l’exercice démocratique populaire quotidien trouve trop peu à être vécu par tous et de façon concrète en France. Cela reste bien trop abstrait, virtuel, potentiel tout particulièrement pour les jeunes peu écoutés, pris en compte et servis en ce pays. L’attachement démocratique est partagé par toutes les classes d’âge.

Les juniors les moins perméables au savoir et au reste de l’humanité extranationale sont les plus rétifs et hostiles à l’ « idéal démocratique ». Un haut niveau socioculturel, éducatif permet l’intégration satisfaisante de l’idée du collectif. L’inverse enferme, isole, frustre, mène au négativisme social et politique. Nous l’avons relevé, les valeurs des jeunes et des adultes se sont rapprochées. Les juniors sont moins « systématiquement oppositionnels » que par le passé. Le style d’autorité adulte s’étant adouci, les normes assouplies cela s’impose moins.

La quête juvénile d’ordre, d’autorité, de sécurité a crû. Cela correspond à un besoin de protection, de réassurance en des temps difficiles. Tout particulièrement pour une jeunesse en mal d’insertion sociétale. Qui est la « laissée pour compte », dominée, non prioritaire de notre société faite avant tout par, pour les seuls adultes dominants. Ainsi chez les jeunes libertés personnelles et ordonnancement collectif sont acceptés de concert en nécessaire conciliation mixte. L’ « état de nature » si cher à l’écrivain et philosophe genevois Rousseau (1712-1778) rejoint ainsi chez les juniors la non moins importante vertu de vernis civilisateur. (J.-J. Rousseau, Du Contrat social ou Principes du droit politique, ouvrage de philosophie politique, France, 1762).

Il n’en demeure pas moins que les jeunes les plus en difficultés, les moins favorisés sont bien plus critiques et radicaux ou contestataires. Par leur fort marasme, souffrance et échec même. D’autant mal vécus qu’ils sont comparés à l’aisance des juniors « mieux lotis ». Ce qui ne fait qu’accroître un très lourd sentiment d’injustice, exclusion, arbitraire croissant-1012. Autre ambivalence de la jeunesse qui veut que celle-ci aspire tout autant à des repères, une stabilité, de strictes règles pour grandir, s’épanouir. Qu’à des libertés, de la souplesse, du changement et de la fantaisie pour s’accomplir comme « néogénération montante ». La rose et ses piquants ! (Galland et al., 2002, 2012).


 

 

Tous les jeunes ont grand besoin de rêves et d’idéal, de valeurs et d’évasion, de mystère, comme d’engagement, de passion et d’aventure. En autant d’ambitieux « défis » élevés entre pairs. Ainsi au pensionnat Saint-Agil de Meaux trois adolescents collégiens français illustrent-ils « à merveille » ce juvénile désir viscéral d’accomplissement de soi. Peu avant la Première Guerre mondiale (1914-1918), A. Baume, P. Macroy, M. Sorgues « rêvent » de la mythique Amérique des pionniers. Ils ont créé leur propre société secrète, les « Chiche-Capon ». Cette dernière a pour ultime objectif de préparer le grand départ clandestin des jeunes vers leur « Terre d’élection promise ». Les garçons en tiennent les séances nocturnes en salle de sciences naturelles. Sous la bienveillante égide du célèbre squelette de la classe rebaptisé Martin. Lequel fait également office de mascotte et de bougeoir.

Des événements « étranges » commencent à se produire de nuit. Sorgues puis Macroy disparaissent. Baume mène alors l’enquête sur les mystères de l’internat. Pour cela il décide de disparaître aussi. Il trouve la « clé de l’énigme » avec l’aide décisive du professeur d’anglais M. Walter : un trafic de faux monnayage avec à sa tête le directeur de la pension. Sorgues est libéré. Il avait été enlevé par ledit directeur pour avoir aperçu l’un des malfaiteurs. Macroy revient alors ayant échoué à embarquer pour l’Amérique. Le trafic est démantelé.

Walter sera même admis comme « membre des Chiche-Capon » ! Tous les ferments de la sociabilité adolescente se retrouvent dans Les Disparus de Saint-Agil-1013. Belle œuvre littéraire policière de 1935. (France, P. Véry, écrivain français, 1900-1960). Puis comédie dramatique de cinéma française de 1938. (C. Jaque, 1904-1994). L’amitié, le secret, l’énigme à résoudre, le voyage, un pacte, le monde clos des études d’internat, la loyauté fidèle, le défi et la révolte… Tout ce qui fait rêver les jeunes de cet âge en particulier garçons tant épris du « grand large » !


 

 

En 2018 le président de la République E. Macron, (France, 2017-2027) souhaite le rétablissement d’un Service National Universel obligatoire pour les jeunes. Désormais des deux sexes. Cette mesure est très controversée. Il ne semble pas qu’elle corresponde à leurs besoins et attentes les plus urgents ! Ce service ne sera en définitive que volontaire.


 

 

Avoir dix-huit ans est ce qu’il y a de mieux […]

L’on fait ce que l’on veut et l’on a toujours

Les parents derrière. L’on peut rester insouciant


 

Valentin, dix-huit ans1014


 

 


10


 

 

VOTRE « ENCADREMENT »


 

Vos Droit-s du Mineur /

Politiques Publiques d'(Andro)Jeunesse


 

 

C’est le devoir qui crée le droit

Non le droit qui crée le devoir


 

F.-R. de Chateaubriand

Écrivain, homme politique

France, 1768-1848


 

Mémoires d’Outre-tombe

Œuvre autobiographique, France, 1849/1850


 

 

Il faut que les principes d’une politique

Soient faits de justice et de vérité


 

Démosthène

Homme d’État, Grèce, 384-322 av. J.-C.


 

Olynthiennes, II, 10

Discours politique, Grèce, 349 av. J.-C.


 

 

Il existe un statut juridique général spécial du jeune mineur en son cadre de vie. Vous, junior mineur, bénéficiez également de droits codifiés : civils, fondamentaux, de libertés publiques spécifiques. Interviennent aussi en outre un droit pénal comme extrapénal d’exception de votre jeunesse mineure et majeure. Il s’agit in fine de responsabiliser votre nouvelle génération en ses droits, devoirs légaux. Comment mieux vous « servir » de façon plus adéquate, jeune de France ? Les fondements, finalités, nature et résultats des actions et politiques publiques particulières en faveur de votre classe d’âge dite « montante » importent à cet égard beaucoup.


 

 

Le droit français ne reconnaît ni l’adolescent ni le jeune en tant que tels, ès qualité. Il ne considère que le mineur, c’est-à-dire l’enfant, l’adolescent de zéro à dix-sept ans inclus, tous qualifiés d’enfants. La législation n’appréhende ensuite que des majeurs de dix-huit ans et plus, jeunes comme adultes confondus. Il vaudrait mieux distinguer l’enfant de l’adolescent, le jeune de l’adulte accompli. Il s’agit pour le droit de mieux, plus finement « tenir compte » des différences et spécificités des âges. Pour plus de justesse, de justice, de traitements entre les humains. Par une meilleure appréhension de départ. Par exemple : douze, dix-huit ou vingt-quatre ans… Le droit doit prendre en considération non seulement des adolescents mineurs mais aussi des jeunes majeurs.

Quoi qu’il en soit la réglementation française en matière de jeunesse n’est plus « en phase » avec les réalités contemporaines de notre temps et société. Une mutation d’urgence s’impose afin que notre descendance puisse s’accomplir au mieux. Désormais en France un âge minimal de consentement sexuel est fixé si la Justice estime qu’il y a abus de vulnérabilité. Il correspond à l’âge de la majorité sexuelle, quinze ans.

Il y a viol par contrainte et surprise si le mineur de moins de quinze ans est considéré comme n’ayant pas le discernement nécessaire pour consentir sexuellement. Il faudra fixer un âge minimal irréfragable de consentement sexuel à quinze ans. Pour mieux protéger le mineur. En cas d’agression sexuelle sur mineur le délai de prescription à partir de l’âge de la majorité, dix-huit ans, est passé en 2018 de vingt à trente ans. L’âge de la majorité pénale est le même que celui de la majorité civile et civique : dix-huit ans.


 

 

Il faut faire de sa vie

Un chef d’œuvre !


 

W. von Goethe

Écrivain, homme d’État

Saint-Empire, États allemands, 1749-1832


 

 


[ VOS STATUT LÉGAL, RÉGIME CIVIL ]

FACULTÉS, LIBERTÉS DE PRÉMAJEUR


 

 

Vous, mineur, vous définissez avant tout en droit, non par votre capacité juridique mais votre incapacité en la matière. Le droit civil régit vos latitudes, devoirs de jeune en votre famille et vos études, emploi, loisirs. Il encadre également vos adhésions idéologiques de junior en vue de proscrire tous les « débordements extrémistes » possibles. Vos droits fondamentaux et libertés publiques et privées, vos protection et sauvegarde de mineur sont également une grande préoccupation de nos législations nationales comme internationales en vigueur.


 

 

Ethan, dix-huit ans, tout jeune étudiant américain est « chassé » de chez lui par son père du fait notamment de l’hostilité marquée de sa belle-mère. À la rue « du jour au lendemain » il a recours à la prostitution pour « survivre ». Il se lie alors avec un jeune trafiquant, Remigio. Ethan apprend que sa famille sera absente pour les fêtes de Thanksgiving. Il va cambrioler son domicile par provocation et pour laver l’affront qui lui a été fait par son éviction brutale. La famille honnie revient prématurément, cela ne va a priori pas « arranger ses affaires » en cours. Ainsi débute le drame cinématographique américano-canadien Ethan Mao / L’Enfer d’Ethan. (Q. Lee, 2004)-1015. Nombre de jeunes se trouvent ainsi « vidés » de chez eux pour une raison ou une autre par leurs parents ou partent d’eux-mêmes.

Les mineurs et jeunes majeurs à la rue, en fugue, errance, galère sont de plus en plus nombreux. Avec tous les dangers, dérives et drames que cela implique. Les parents sont tenus par la loi dans la mesure de leurs moyens ni plus ni moins d’assurer la « subsistance » de leurs enfants mineurs. Ainsi que jeunes majeurs à l’aune du « raisonnable » si le junior est en études, y travaille et réussit normalement. À défaut, la Justice peut imposer tout leur « devoir d’entretien » aux parents.

Plus largement, au-delà, la collectivité, les pouvoirs publics ont plein devoir de protection et d’assistance au jeune mineur et majeur. Il existe à cet effet des mesures de « sauvegarde judiciaire » spécifiques, d’aides sociales, assistance éducative ou de placements… Procédures étatiques permettant de « suppléer » la carence familiale ou sociétale. Famille, société et État se doivent de protéger, d’aider tout junior notamment menacé à grandir, prospérer et s’épanouir.


 

 


– Vos Capacité Juridique –

Norme Familiale, Éducative de Junior


 

 

Droit-s est un terme médiéval du douzième siècle qui provient du « bas latin directum. Ce qui est conforme à une règle. Ce qui est exigible et ce qui est permis dans une collectivité humaine. Ce qui est permis par conformité à une règle morale, sociale. Ce qui est exigible ou permis par conformité à une règle précise formulée – loi, règlement -. Ce qui constitue le fondement des droits de l’homme vivant en société ou des règles régissant tous les rapports humains. Ensemble des règles juridiques en vigueur dans un État ». Mineur est un adjectif et un nom du quatorzième siècle issu du « latin minor. Qui n’a pas atteint l’âge de la majorité – fixée en France à dix-huit ans – ».

Minorité est une acception de 1437 issue du « latin médiéval minoritas, du latin classique minor, moindre. État d’une personne qui n’a pas encore atteint l’âge où elle sera légalement considérée telle pleinement capable et responsable de ses actes. Temps pendant lequel un individu est mineur ». Majeur est un adjectif comme un nom datant du douzième siècle, issu du « latin major. Qui a atteint l’âge de la majorité légale ». Majorité est un terme de 1510 provenant du « latin majoritas, de major « plus grand ». Âge légal à partir duquel une personne est capable de tous les actes de la vie civile ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-1016.


 

 

Le droit des mineurs est la législation, la réglementation codifiées qui fixent le statut, les capacités, libertés, obligations et les réalités juridiques des jeunes de moins de dix-huit ans. Historiquement l’on est passé d’une minorité prolongée, contrainte à une minorité plus courte, plus libre. Les adolescents de plus de douze ans ont plus de latitudes que les enfants de moins de treize ans. Les droits des mineurs sont l’ensemble des libertés fondamentales et droits de l’Homme dont bénéficient les enfants, adolescents de moins de dix-huit ans.

Avec une majoration pour les juniors de treize à dix-huit ans. Les jeunes majeurs de dix-huit à vingt-quatre ans ont le même statut juridique que les adultes de plus de dix-huit ans. Une exception, les jeunes majeurs entre dix-huit et vingt-et-un ans peuvent fort librement et volontairement demander eux-mêmes à la Justice une « assistance éducative ». En cas de besoins de soutien spécifique.

Les jeunes mineurs de moins de dix-huit ans bénéficient naturellement d’un statut juridique d’exception. Non assujetti au droit commun du majeur. Qui est celui de l’incapacité légale. Eu égard à leur caractère influençable, leur vulnérabilité et immaturité. En une préoccupation capitale de protection maximale à l’encontre du junior lui-même, d’autrui mineur ou majeur. Est qualifié d’ « enfant », terme du onzième siècle, en droit français, le mineur de zéro à dix- huit ans. Du latin infans, celui ou celle « qui ne parle pas ». Les différents âges en cause de la minorité, les champs concernés sont pris en compte par les politiques publiques juridiques des mineurs.

Il est indispensable de fait que l’on ne puisse abuser de la crédulité d’un junior mineur, lui nuire en aucune façon. Le jeune est donc prémuni contre lui-même, les autres. Même remaniée à maintes reprises notre législation des mineurs civile comme pénale est ancienne. Peine à s’adapter aux réalités de la jeunesse, la société contemporaines. Ainsi en matière pénale l’ordonnance de 1945 régissant les déviances des mineurs est-elle obsolète. Les « rafistolages » plus ou moins heureux des dernières décennies n’y ont nullement suffi.

Il ne serait pas bénéfique aux juniors que sous couvert de protection ils puissent avoir un sentiment d’impunité. Dû à une certaine déresponsabilisation du fait de l’excuse de minorité, surtout pour les moins de seize ans. Les seize – dix-huit ans pouvant donc être traités plus « sévèrement », voire comme des majeurs si les circonstances délictuelles ou criminelles le justifient. Il s’agit d’adresser aux jeunes qui « se laissent trop aller » un message fort clair. Certes en tant que mineurs une indulgence plus grande que pour les adultes est possible mais il faut la mériter. Surtout la responsabilité de ses actes est une réalité pour tous !

Tout particulièrement quand l’on n’est plus un enfant à partir de la limite légale des treize ans. En cas d’abus caractérisé la sanction sera, mineur ou pas lourde. Quant aux autres champs du droit notamment civil il serait bon que tous les jeunes mineurs dès treize ans apprennent progressivement à prendre plus de responsabilités. Ainsi en matière associative, des loisirs, scolaire, de bénévolat… Il est nécessaire au « stade d’évolution » de notre société que les juniors mineurs et majeurs soient en mesure de plus, mieux se gouverner eux-mêmes. Cela ne dispense nullement les adultes d’assumer leurs pleins devoirs à l’égard de tout jeune.

Actuellement la légitime tutelle des adultes est défaillante, tantôt trop lourde ou insignifiante. Les jeunes se sentent dépossédés de leur droit, capacité d’initiative et se démobilisent. Ils ne tentent plus rien qui puisse les mener en avant vers le haut. Les juniors majeurs de dix-huit – vingt-quatre ans peuvent parfois même avoir besoin de « réglementations spécifiques ». Le principe d’égalité de tous les citoyens majeurs l’interdit. En outre le statut juridique et le corpus des droits des mineurs gagneraient à être actualisés, adaptés à ce siècle, aux jeunes qui y vivent.

Certes de grands progrès ont été réalisés en matière de « droits des mineurs » par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989. Or, les droits des adolescents demeurent encore trop formels. Ils nécessitent l’aval préalable des adultes afin de pouvoir être concrètement mis en œuvre à leur profit. Les droits des jeunes majeurs sont quant à eux fort mal protégés, bien insuffisamment renforcés et différenciés de ceux de leurs aînés. Ceux de l’adulte accompli prédominent. Le droit pénal du mineur est obsolète, inadapté aux réalités de la société et de la jeunesse. La protection des mineurs menacés est incomplète.

Le traitement des sujets déviants tend à une certaine forme de déresponsabilisation. De fait des adolescents sont enracinés très précocement en la violence répétitive la plus extrême. Le devoir de l’adulte de « dire la Loi » pour se garder de la confusion des valeurs est oublié au détriment de nos cadets. Le droit non pénal des mineurs notamment civil ne répond pas toujours aux vrais intérêts des jeunes. Sous couvert de protection légitime il aboutit trop à paralyser leurs volonté, droit d’initiative, d’entreprise. Le droit de la famille ne correspond plus aux évolutions récentes de notre société ni aux réels besoins des adolescents en l’entité familiale.

L’idée de responsabilité des adultes est encore beaucoup trop absente de la notion d’autorité parentale-1017. Globalement tout mineur est jugé « incapable », doit être représenté par ses tuteurs légaux, le plus souvent ses parents. En cas de procédures juridictionnelles civiles ou pénales les mineurs peuvent toujours être assistés par un avocat spécialisé dans les questions liées à la minorité et à l’état particulier de mineur. Le droit français, européen, international prévoit un statut juridique spécifique du mineur. (Chagnollaud, 2003, 2017).

Réputé trop immature, vulnérable pour « se gouverner » seul. Avec un échelonnement de capacités progressives entre dix et dix-huit ans selon les domaines concernés. La prémajorité pénale est fixée à treize ans, la majorité sexuelle à quinze, la majorité civile, civique, le droit au mariage à dix-huit. Certaines œuvres audiovisuelles ne sont accessibles qu’à partir de douze, seize, dix-huit ans. Le tabac était interdit aux moins de seize ans.

Il y avait des seuils d’âge selon les degrés de boissons alcoolisées servies dans les débits. Désormais la vente de tabac, comme d’alcool est interdite aux mineurs. Le salariat à temps complet est réservé aux jeunes de plus de seize ans, de même que la conduite automobile dite accompagnée. Le droit de contracter revient aux majeurs de dix-huit ans… Il s’agit d’attendre vingt-quatre ans pour être éligible aux élections sénatoriales. Vingt-cinq ans pour bénéficier d’un accès moins restrictif à l’aide minimum sociale, le Rsa, Revenu de Solidarité Active-1018

Le terme de mineur est péjoratif, dépréciateur, obsolète. Celui de prémajeur est préférable. Le mineur est soumis à l’ « autorité parentale, ex-puissance paternelle » depuis 1970 de ses ascendants père et mère. Pour tous les actes dits de la vie courante avec des nuances de libertés relatives en fonction des champs en cause. Cela signifie que les parents ont alors l’obligation de gouverner leurs enfants mineurs, le faire adéquatement. À défaut ils peuvent être amenés à en rendre compte en Justice, être sanctionnés pour défaillance éducative, de surveillance. Il s’agit également de distinguer selon que les parents sont « unis ou séparés ».

Les parents de jeunes mineurs et majeurs ont à leur égard des droits et devoirs juridiques familiaux. De même leurs enfants mineurs et majeurs en ont à leur encontre. Les devoirs parentaux subsistent à la majorité de leurs enfants en particulier l’obligation d’entretien en cas de poursuite d’études. Si le junior y progresse normalement. Les jeunes majeurs qui se marient ou pacsent, ont des enfants ont des droits, obligations légaux conjugaux, parentaux, familiaux-1019. Les parents mineurs ont les mêmes droits et devoirs parentaux que les majeurs à l’égard de leurs enfants. Les juniors scolarisés mineurs et majeurs ont également des droits et devoirs. En matière de discipline, de travail, de libre initiative, d’action ou d’expression…

Également de représentation. Les jeunes français peuvent adhérer à des syndicats lycéens tels la Fidl, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne (1987). L’Unl, l’Union Nationale Lycéenne (1994). Le Sgl, Syndicat Général des Lycéens (2009-2019). Le Mnl, Mouvement National Lycéen (2016). Des syndicats étudiants telles l’Unef, l’Union Nationale des Étudiants de France (1907). La Fage, Fédération des Associations Générales Étudiantes (1989).

Le lycéen peut être délégué de sa classe. Il a des représentants aux conseils de classe, de discipline, d’administration, de la vie lycéenne. Les étudiants sont représentés aux organes décisionnaires des universités, écoles d’enseignement supérieur. Lycéens, étudiants ont le libre droit de créer des supports médiatiques écrits et audiovisuels liés ou non aux études. Dans la limite du respect de la législation applicable en la matière. L’enseignement est obligatoire pour tous sans dérogations de trois (2019) à seize ans. Les lois Ferry (1881-1882) spécifiaient douze ans, le Front populaire (1936) quatorze. Seize ans par l’ordonnance du 6 janvier 1959.

La plupart des juniors sont en formation. Leur statut le plus courant est donc celui d’élève, d’étudiant. Or, l’impact des scolarisés français au sein de leur école est encore trop limité. La grande charte éducative qu’est la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989 place le jeune au centre du système éducatif. Sa position reste pourtant subordonnée, en marge par rapport aux intervenants adultes. Libertés et droits de l’élève demeurent bornés et très formels. Au sein du système éducatif la représentation, l’influence décisionnaire des élèves, étudiants, ainsi que celles des parents de scolarisés mineurs sont restreintes.

Celles des porte-parole de l’administration, des enseignants dominent largement malgré les récents progrès en la matière. L’enseignement est destiné à la jeunesse mais elle n’en est toujours pas un acteur majeur. Ce qui est un flagrant non-sens absolu. Notre pays est très en retard en l’espèce-1020. En France le mineur parvient par paliers progressifs de droits et capacités juridiques à la majorité légale. L’adolescence n’est pas une catégorie juridique en soi. Il reste donc à créer un vrai « régime juridique particulier » de l’adolescence des douze – dix-huit ans. Voire de la jeunesse des douze – vingt-quatre ans car il existe des mesures spécifiques pour les jeunes majeurs. L’adolescent mineur est titulaire de droit-s, il a une capacité de jouissance.

Il ne peut les exercer tous car il ne bénéficie pas d’une totale latitude d’exercice. Pleine capacité de jouissance, comme d’exercice ne concerne que les seuls majeurs. Toutefois progressivement l’adolescent peut agir seul par rapport à lui-même et ses biens. Certains droits sont accessibles à tout âge, d’autres par seuils d’âge successifs. Le Code civil prévoit que le mineur apte au discernement doit être entendu en toute procédure qui le concerne. Il peut saisir le juge des enfants en matière d’assistance éducative. Le mineur peut faire appel de toute mesure du juge des enfants. Il peut assister aux réunions du conseil de famille en accord avec le juge des tutelles. Or, il ne peut faire modifier les modalités d’exercice de l’autorité parentale ou s’opposer aux mesures judiciaires afférentes. Comme non majeur.

Le Code de la Santé publique édicte que le mineur selon sa maturité doit être informé, être associé aux décisions d’espèce. Il doit « consentir » aux actes, traitements médicaux le concernant si son état, son discernement le lui permettent. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (1989) reconnaît aux mineurs les libertés d’association, d’expression, de religion, comme de conscience. Cela reste encore trop théorique en droit interne français. En revanche selon le Code pénal le mineur apte au discernement est toujours pénalement responsable de ses crimes, délits, contraventions avérés. La sanction éducative est possible à partir de l’âge de dix ans début de la « responsabilité pénale ». À douze ans certains films sont donc autorisés. Le jeune consent à son adoption plénière, à un changement de nom ou de prénom.

Il peut personnellement figurer sur le registre national de refus de prélèvements d’organes anatomiques post mortem à partir de treize ans. À quatorze ans tout mineur peut travailler pendant les vacances scolaires sous accord de son représentant légal. La majorité sexuelle est fixée à quinze ans. À seize ans le jeune peut provoquer un conseil de famille, y assister. Il peut créer, gérer une association, ouvrir un compte bancaire et consulter son compte de tutelle sur décision du juge des tutelles. Il demande la nationalité française, la francisation de son nom, signe lui-même un contrat d’apprentissage, adhère à un syndicat. Il peut élire les délégués du personnel membres du comité d’entreprise, être immatriculé à titre personnel à la Sécurité sociale. À dix-sept ans le jeune peut s’engager à l’armée.

Commencer à demander son inscription sur les listes électorales, encadrer des mineurs. À dix-huit ans il acquiert tous les droits propres aux majeurs adultes. L’âge légal de la puberté est fixé à dix-huit ans pour les deux sexes car il s’agit de l’âge d’autorisation à se marier. Le jeune est libre de disposer sexuellement de son corps à partir de l’âge de quinze ans. Aucun majeur n’a le droit de relations sexuelles avec un ou une mineur-e de moins de quinze ans même consentant-e. Ce mineur n’est pas considéré comme apte à consentir à sa sexualité, son accord ne peut être validé en l’espèce. Le majeur contrevenant encourt emprisonnement et amende. La peine est aggravée si le majeur est un ascendant ou a autorité. Il n’y a pas de sanction effective si le partenaire est mineur qu’il ait plus ou moins de quinze ans révolus.

Les relations sexuelles entre deux jeunes mineurs de moins de quinze ans ne sont jamais pénalement sanctionnées. Les mineurs de plus de quinze ans ont toutes latitudes sexuelles avec des mineurs de plus de quinze ans, aussi des majeurs. Sauf concernant les majeurs ascendants ou ayant autorité. Les liens incestueux sont prohibés pour les mineurs même de plus de quinze ans, le partenaire majeur est punissable. L’exercice sexuel des mineurs de moins et de plus de quinze ans est placé sous le plein contrôle des parents, du juge des enfants. Le juge peut assister éducativement le jeune en cas de dérives dommageables comme la prostitution ou la mise en danger. Même après quinze ans les parents détenteurs de l’autorité parentale peuvent encore avoir un droit de regard concernant les relations et les fréquentations de leur enfant mineur.

Donc s’opposer à certains liens affectifs, sexuels s’ils estiment qu’ils sont préjudiciables à leur junior. Les seuls liens auxquels ils ne peuvent jamais s’opposer sont ceux de leurs enfants mineurs avec leurs grands-parents. Sauf si ces derniers sont abusifs. Il incombe alors à la Justice si elle est saisie de maintenir ces liens ou de les interdire. La sexualité des mineurs de plus de quinze ans est libre quand les parents y sont favorables ou ne s’y opposent pas. L’accès à la contraception des jeunes mineurs par préservatifs est libre. La contraception orale des filles ados mineures est toujours autorisée sans accord parental préalable pour éviter grossesses involontaires, Ivg. La contraception est désormais totalement gratuite. De même que l’avortement. Y compris pour les mineures.

Juridiquement les parents détenteurs d’autorité sur des mineurs peuvent s’opposer à toute contraception de leur fille non majeure. Sans nul impact contraignant et insurmontable. La stérilisation chirurgicale définitive sur ado mineur est proscrite. Les mineurs ont le droit d’être parents. La mineure décide seule si elle veut « conserver » son enfant ou non, si elle veut le garder, avorter ou le donner en adoption. En cas d’avortement la mineure peut ne pas en informer ses parents qui n’ont pas à délivrer leur accord ni à s’opposer. Les parents n’ont nul pouvoir en la matière ni concernant la descendance et la filiation de leurs petits-enfants. En cas de naissance elle sera alors aidée comme toutes les mères. Les parents mineurs ont les mêmes droits et devoirs au sens strict que les majeurs à l’égard de leurs enfants mineurs.

Concernant tous les actes de la vie quotidienne dits d’ « usage courant » le mineur peut les accomplir seul, de sa libre initiative car ils sont légaux. Le compte bancaire d’un mineur est ouvert par son représentant légal, géré par ce dernier. À tout âge le mineur peut ouvrir un livret de caisse d’épargne et y effectuer des dépôts d’argent. Les retraits ne sont possibles au mineur lui-même qu’à partir de ses seize ans. Avant cet âge seul le représentant légal le peut. En certaines banques à partir de seize ans, voire moins le jeune peut avoir un compte courant propre. Il peut émettre des chèques, comme user d’une carte de retrait ou bancaire. Habituellement le représentant légal décide des modalités et du maximum des opérations.

L’utilisation de moyens de paiement n’est possible que pour achats d’usage courant. Pas au-delà sauf accord express du représentant légal. Le mineur travaille à partir de ses seize ans. Il peut le faire contre rémunération avant pour des activités de vacances ou artistiques. Cet argent est perçu par le seul représentant du mineur qui le placera jusqu’à sa majorité. Le mineur peut toucher ses salaires mais l’autorisation de son représentant reste souhaitable-1021. Concernant les « cachets » des mineurs artistes ou mannequins une partie va au jeune. Le reste à ses représentants légaux ou administrateurs de biens. Le crédit à la consommation ou contrat de prêt d’argent n’est pas accessible au mineur car il n’a pas de pleines capacités civiles en matière d’emprunt. Un acte « formaliste » est exclu des actions de la vie courante.

Concernant cette dernière l’ado mineur peut effectuer seul les achats de biens mobiliers habituels. Il peut faire appel aux services incontournables du quotidien contemporain. Aucun mineur ne peut acheter de boissons alcoolisées ni de tabac accessibles qu’à partir du seuil d’âge de la majorité. Il peut consommer, dépenser dans la limite des autorisations légales ou d’usage. Le mineur ne peut engager de paris hippiques, fréquenter les casinos. Ni vendre des meubles ou immeubles, signer un contrat de bail.

Il doit être alors représenté. Le mineur avant seize ans ne peut faire de donation entre vifs. À partir de cet âge l’adolescent peut user librement par testament de la moitié des biens qui seraient librement accessibles s’il était majeur. Le mineur peut accomplir tout acte de conservation en vue de préserver ses intérêts menacés. L’émancipation est une forme de majorité avancée permettant au mineur à partir de seize ans d’avoir un statut civil quasi similaire à celui du majeur. Droits et devoirs.

Elle peut être décidée par le juge des tutelles à la demande des parents ou de l’un d’eux, du conseil de famille. Le mineur émancipé ne peut seul demander, obtenir son adoption ni se livrer au commerce. Il échappe toutefois à l’autorité parentale. Les parents n’en ont plus la responsabilité. Il administre lui-même tous ses biens. En matière de Sécurité sociale le jeune dès ses seize ans est un ayant droit autonome qu’il soit actif, en études ou en apprentissage. En matière d’allocations familiales certaines prestations peuvent perdurer pour le junior au-delà de l’âge de vingt ans. En droit fiscal le jeune majeur peut dépendre du foyer fiscal des parents jusqu’à vingt-et-un ans ou vingt-cinq pour les étudiants.

En droit civil jusqu’à vingt-et-un ans tout majeur ou tout mineur émancipé peut demander l’aide du juge des enfants. Prorogations ou mises en œuvre d’une protection judiciaire spéciale en cas de lourds aléas d’intégration sociale. Seul le junior majeur peut le vouloir et la mesure ne peut pas lui être imposée. L’assistance éducative ne concerne que les jeunes mineurs ou majeurs en danger. En droit du travail de nombreuses mesures favorisent l’emploi des juniors jusqu’à vingt-cinq ans. Comme les contrats de professionnalisation, ceux d’insertion. Il y a aussi en droit social des mesures pour les dix-huit – vingt-cinq ans. Fonds d’Aide aux Jeunes, Aide Personnalisée au Logement, Rsa : Revenu de Solidarité Active sous conditions restrictives surtout d’emploi.

La filiation du mineur est par le sang, biologique du fait de parents mariés ou non. Elle peut aussi être adoptive plénière ou simple. L’adoption plénière vaut toujours rupture des liens biologiques entre les ascendants et descendants. L’adoption simple implique que le mineur conserve des liens avec ses parents biologiques. En sus de ses pleins liens avec les parents adoptifs. En toute parentalité les deux parents disposent de concert de l’autorité parentale sur leur-s descendant-s mineur-s. L’exercice en est conjoint sauf quand le couple parental est séparé.

Le lien parental est intangible contrairement au lien conjugal. Pour le mineur né de parents mariés ou adopté par deux époux il y a exercice conjoint de l’autorité parentale pour la durée de ce mariage. La séparation de fait, le divorce ou la séparation de corps des parents ne modifient pas l’exercice conjoint. La résidence permanente du mineur peut être fixée chez les deux parents. Concomitamment, alternativement ou de façon exclusive chez l’un ou chez l’autre de ses ascendants. La fixation de l’habitat du mineur ne va jamais de soi.

Concernant le mineur né hors mariage, reconnu par ses deux parents dans l’année de sa naissance l’autorité parentale est exercée conjointement par les deux parents. Les parents peuvent demander que l’exercice séparé de l’autorité parentale devienne conjoint. Il y a une présomption de pouvoir égal de chacun des deux parents. Qui implique que pour les actes usuels concernant le mineur le parent qui décide est censé bénéficier de l’accord de l’autre. Au moins tacite ou implicite à l’égard des tiers de bonne foi méconnaissant le désaccord de l’autre parent. L’exercice séparé de l’autorité parentale est régi par le seul intérêt du mineur.

Le juge aux affaires familiales en décide, cela s’impose donc aux mineurs. Les parents ont l’obligation de garder un lien avec les mineurs, de respecter la relation de l’adolescent avec les deux parents. L’un des parents exerce au quotidien l’autorité parentale, l’autre dispose d’un simple droit de visite, d’hébergement. Frais d’entretien, d’éducation, de déplacement sont très équitablement répartis par le juge aux affaires familiales entre les deux parents. L’exercice séparé de l’autorité parentale concerne le mineur né hors mariage. Lorsqu’il a été formellement « reconnu » par son deuxième parent plus d’un an après sa naissance. Quand l’un des parents n’a plus de lien avec le mineur ayant définitivement quitté l’autre parent.

Ce dernier peut librement demander au juge aux affaires familiales l’exercice séparé de l’autorité parentale. Il y a aussi exercice séparé pour le mineur adopté simple ou plénier par une seule personne. Qui exerce donc seule la totalité de l’autorité parentale. Lorsque l’un des parents perd l’exercice de l’autorité elle revient à l’autre. Notamment en cas de décès, d’incapacité, d’absence ou autres causes. L’exercice du droit de visite, d’hébergement est un droit acquis sauf motifs graves.

Le parent concerné continue à bien veiller à l’entretien, l’éducation de l’adolescent. Il est tenu informé des modalités principales de la vie du mineur en tout domaine notamment scolaire et sanitaire. Le mineur est domicilié chez ses parents. Si ces derniers sont séparés il habite chez le parent avec lequel il réside. Le mineur doit être autorisé par ses parents ou celui titulaire de l’exercice de l’autorité parentale à quitter même temporairement leur domicile-1022. Le mineur n’est jamais en droit libre de ses mouvements.

Sorties, rentrées du mineur sont à la pleine discrétion des parents. Les parents titulaires de l’autorité parentale autorisent la sortie du territoire national du mineur seul ou accompagné. Hors Union Européenne les deux parents autorisent la délivrance d’un passeport individuel au mineur. Si le mineur est excessivement tenu « enfermé » chez lui cela est caractéristique d’abus de pouvoir. Alors constitutif de mauvais traitements et / ou de danger-s. L’enlèvement d’un mineur est une soustraction de ce dernier à l’autorité parentale par arrêt, enlèvement, détention ou séquestration. Réalisé avec fraude ou violence il s’agit d’un crime puni comme tel de réclusion criminelle.

Notamment si le mineur a moins de quinze ans. Il y a délit, non plus crime si le mineur est libéré volontairement avant la fin d’un délai précis de sept jours. L’enlèvement de mineur est un simple délit s’il est perpétré sans fraude ni violence par une personne non ascendante. La soustraction du mineur même consentant est toujours illicite. L’enlèvement international des mineurs est régi par la Convention de La Haye de 1980. Elle garantit le retour d’office du mineur déplacé et retenu illégalement en tout pays signataire. Assure en tout État lié le droit intégral de garde et de visite d’un pays membre. Les parents régissent toutes les relations de leurs enfants mineurs. De façon légalement discrétionnaire.

Ils peuvent interdire ou limiter tout lien du mineur avec des tiers. Cela concerne les visites, la correspondance, les relations. Y compris en matière de cohabitations affectives et de vies sentimentale, sexuelle. S’il y a exercice séparé de l’autorité parentale le parent qui en est dépourvu au quotidien a droit et devoir de lien personnel avec le mineur. Chaque parent doit être informé du changement de résidence de l’autre. Cela tend au maintien de l’exercice de l’autorité parentale et de la relation des deux parents avec le mineur.

Le parent qui prive de fait l’autre parent de son lien avec le mineur ou qui ne l’informe pas de son changement de résidence est systématiquement sanctionné en Justice. L’enlèvement d’un mineur par un ascendant, soustraction à l’exercice de l’autorité parentale est un délit puni par la loi. Plus encore s’il dure plus de cinq journées. S’il intervient en dehors du territoire national. S’il est commis par un parent déchu de l’autorité parentale. L’illicéité implique un élément matériel, un facteur intentionnel. Éloignements et privation de la présence physique du mineur, acte décisionnel manifeste, conscient et volontaire. Le mineur reste « à disposition » parentale.

Les relations avec les grands-parents ou les arrière-grands-parents ne peuvent donc être empêchées sauf si l’intérêt du mineur l’exige. En cas exceptionnels l’autorité judiciaire peut autoriser un droit spécial de visite ou de correspondance à des tiers de la famille ou non. Les parents font respecter les droits du mineur à sa vie privée et son image. Ils règlent les obsèques du mineur, décident de son mode d’inhumation et sa sépulture ou sa crémation. Le pouvoir des parents peut être limité. Ainsi la Justice peut-elle autoriser une opération de chirurgie à l’encontre de la volonté des deux parents.

L’obligation scolaire légale en France concerne tous les mineurs nationaux ou étrangers de trois à seize ans. En réalité dans les faits la formation commence parfois à deux ans, s’achève en moyenne vers les vingt-deux ans. L’inscription du mineur, son assiduité scolaires sont très régulièrement vérifiées. Il y a appels quotidiens, chaque absence doit donner lieu à justification légitime. À défaut il y a avertissement rapide des autorités académiques aux parents. Hors école la scolarisation peut être suivie à distance ou dans la famille elle-même par les parents ou aussi des tiers. L’administration académique doit en être informée « en temps et heure ».

L’effectivité, les conditions même de cette éducation sont contrôlées. La non-scolarisation obligatoire est sanctionnée. Le versement des allocations familiales peut être subordonné à l’effectivité de la fréquentation scolaire obligatoire des mineurs. Hors obligation scolaire les parents choisissent librement le mode, les méthodes, les moyens éducatifs à donner à leurs enfants mineurs. Nulle autorité y compris judiciaire ne peut « interférer » en la matière. La pleine liberté éducative parentale est contrôlée en Justice par l’assistance éducative.

Toute déviance éducative est proscrite. Violences, abus, amoralité, mauvais traitements, privations, mises en danger notamment sanitaires… Tout ce qui nuirait aux intérêts capitaux du mineur. Les parents ont aussi le libre choix en matière d’éducation religieuse ou non religieuse des mineurs. Sauf si l’intérêt des jeunes mineurs est compromis. S’il y a conflit, désaccord à ce sujet entre les parents le juge peut trancher selon l’intérêt des mineurs. Les parents ont un « droit de correction et de châtiment corporels modérés ». Jamais de violences et mauvais traitements nuisant à la santé ou menaçant la vie du mineur-1023. Son intégrité est inviolable.

Enseignants, éducateurs ne bénéficient pas de ce « droit de correction » des mineurs sous leur responsabilité. Les grands-parents ont un droit de contrôle de l’exercice de l’éducation parentale. Ils peuvent saisir la Justice à cet effet. Les services sociaux, comme les communes et départements veillent aussi en l’espèce. De même le juge des enfants qui peut ordonner des mesures d’assistance éducative si la santé, la sécurité, la moralité du mineur sont en danger. Les conditions de son éducation gravement compromises.

Les parents ont aussi l’obligation d’entretenir, d’éduquer tous leurs enfants mineurs et également majeurs si ces derniers sont en études et / ou sans ressources. Selon les revenus des parents, les besoins du mineur ou jeune majeur. En famille « unie » il y a entretien quotidien. Si les parents sont légalement séparés le parent non dépositaire de l’exercice de l’autorité parentale au quotidien fait un versement direct à l’autre. De sa participation d’entretien, d’éducation du mineur ou jeune majeur. « Entretenir » consiste à assouvir ses pleins besoins en terme de subsistance vitale. Alimentation, logement, santé, éducation selon les nécessités réelles du jeune, les ressources effectives des deux parents.

La contribution d’entretien, d’éducation du mineur par le parent non gardien dite pension alimentaire est fixée par la Justice. Selon les besoins du jeune et les revenus des parents gardien, comme aussi non gardien. Des modifications effectives de situation peuvent mener à moduler les charges du parent non gardien. La dette alimentaire persiste même en l’absence de lien entre le mineur et le parent non gardien. En cas de non-paiement il peut y avoir saisies directes sur salaire, prélèvement forcé par le Trésor public.

Comme en matière d’imposition directe. La caisse d’allocations familiales peut aussi en cas de non-paiements de pensions alimentaires verser l’aide sociale du Rsa. Puis « se retourner » contre le débiteur défaillant. L’abandon pécuniaire de famille sera constitué par les non-paiements de pensions alimentaires judiciaires depuis plus de deux mois. Sauf preuve d’insolvabilité totale il s’agit d’un grave délit pénal toujours sanctionné comme tel.

Les biens du mineur sont généralement gérés par ses parents. Il en a la jouissance or, non l’exercice réel. Qui revient donc à ses représentants légaux jusqu’à sa majorité ou son émancipation, son décès. Sauf retrait d’autorité parentale à l’égard des deux ascendants. Si le juge des tutelles ordonne une administration légale sous contrôle judiciaire ou une tutelle. L’administration légale pure et simple régit les biens du mineur quand l’autorité parentale sur ce mineur est exercée par les deux parents. Pour les actes les plus importants et en cas de désaccord des administrateurs légaux il y a alors autorisation du juge des tutelles. En cas de défaillance parentale, tutelle judiciaire. En l’intérêt des mineurs l’administrateur légal peut faire appel contre les décisions du juge des tutelles.

L’administrateur légal doit bien gérer les biens du mineur. Il est responsable des dommages et intérêts éventuels et des préjudices occasionnés aux mineurs. L’administrateur légal est en l’obligation de présenter sa gestion chaque année au greffe du tribunal d’instance. Ainsi qu’au mineur, à ses héritiers si le jeune est décédé ou au tuteur s’il y a tutelle. La fin de l’administration légale implique un compte rendu terminal de patrimoine. Une transmission au junior majeur de ses biens, sommes lui revenant « de droit ». Les administrateurs ne sont responsables que de leurs seuls actes de gestion. Non de ceux du mineur lui-même effectués sans leur stricte autorisation formelle. Il peut y avoir administration légale des biens du mineur sous contrôle judiciaire. Notamment quand seul l’un des parents exerce l’autorité parentale donc l’administration habituelle des biens du mineur.

Cela intervient en cas de décès ou d’exercice séparé d’autorité parentale et en cas de filiation du mineur avérée qu’à l’égard d’un seul des parents. En cas de gestion des biens du mineur contraire à ses intérêts. L’administrateur légal sera le parent qui exerce l’autorité parentale. En cas de contrôle judiciaire le juge des tutelles choisit l’administrateur légal. Comme l’administrateur l’administrateur sous contrôle accomplit seul tous les actes conservatoires et d’administration. Il a les mêmes prérogatives et obligations. Pour le reste il doit être autorisé par le juge des tutelles. La pleine jouissance légale des biens du mineur appartient aux deux parents. À celui qui est l’administrateur légal, l’Aide Sociale à l’Enfance pour les pupilles de l’État. Ne sont pas concernés les biens acquis par le mineur par son travail, ceux donnés, légués hors jouissance des parents.

Également issus d’une succession dont les parents sont exclus comme indignes. La jouissance légale cesse dès l’âge de seize ans. L’administration légale ne prend fin qu’à la majorité mais les revenus du mineur sont perçus à son avantage, frais d’entretiens déduits. La jouissance légale tombe aussi à la fin de l’autorité parentale. Également au décès du mineur, à celui ou à la déchéance des deux parents. Également quand disparaît l’usufruit. Perte des biens, abus de jouissance, comme renonciation à l’administration légale. La jouissance légale est un vrai droit d’usufruit destiné surtout aux besoins du mineur. Alimentation, entretien et éducation. De façon satisfaisante.

Les parents sont titulaires de l’exercice dit de l’autorité parentale. Ils sont donc civilement responsables des dommages causés volontairement ou involontairement à autrui par leurs adolescents mineurs. Dès que ledit mineur devient majeur ou émancipé il n’y a plus aucune responsabilité parentale. Sauf solidairement avec leur descendant jeune majeur ou devenu émancipé si les parents ont commis une faute. Les parents sont responsables si le mineur cohabite avec eux en résidence habituelle et au domicile parental. La non-cohabitation doit être légitime et habituelle. La responsabilité des parents n’étant désormais plus liée à une faute la cohabitation s’imposait. En une optique de surveillance effective, de contrôle.

Ce n’est plus le cas, cette obligation de cohabitation est donc devenue caduque. Au moment du dommage peu importe que le mineur soit au domicile de l’un ou l’autre des parents ou sous leur surveillance effective. Les parents titulaires de l’autorité parentale unis ou séparés sont tous deux « conjointement et solidairement » responsables de leur ado mineur. Dommage, causalité, comme minorité suffisent à cet effet. Seul le parent qui ne dispose pas de l’autorité parentale est dit irresponsable. Les parents ayant autorité sur mineur ne sont irresponsables qu’en l’absence de présomptions de responsabilité. Par exemple un autre que leur enfant a causé le dommage. Ou en cas de force majeure et de faute de la victime. Pour tout parent de mineur de tout âge l’assurance idoine en responsabilité civile est toujours souhaitable-1024.

Il peut y avoir retrait total ou partiel de l’autorité parentale par la seule Justice. En cas de condamnation pénale des parents afférente à un crime ou délit commis par eux à l’encontre de leur enfant mineur. Lorsque les parents ont été condamnés pour participation à un crime ou délit commis par leur enfant mineur. Lorsque les parents mettent en danger la santé, la sécurité ou la moralité de leur mineur. Par mauvais traitements, alcoolisme, psychédélisme, inconduite, délits, manque de soins ou de direction. Lorsque suite à une mesure d’assistance éducative les parents n’ont pas fait volontairement usage de leur autorité parentale. Selon la latitude laissée par le juge des enfants pendant deux ans. Le retrait total concerne tous les enfants mineurs.

Les parents déchus restent toujours redevables de l’obligation d’entretien, d’éducation des mineurs. Un an au moins après le retrait de l’autorité parentale les parents peuvent demander le recouvrement de leurs pleines prérogatives. En cas de circonstances nouvelles prouvées. Sauf si leur mineur a déjà été « placé » en vue d’adoption. La délégation d’autorité parentale transmet alors tout ou partie de l’autorité parentale à un tiers unique personne physique ou institution. Les parents peuvent même le demander volontairement ensemble ou séparément au juge aux affaires familiales. Selon certaines « circonstances » toujours en conformité avec l’intérêt supérieur du mineur. La délégation peut être forcée en cas de désintérêt manifeste des parents à l’égard du ou des mineurs. Dûment constaté.

Ou si les ascendants sont incapables d’exercer tout ou partie de leur autorité. En cas de délégation totale le délégataire a toute autorité parentale sauf le droit d’accepter une adoption. Car les parents peuvent encore demander, obtenir à nouveau l’autorité, une adoption y mettrait obstacle. En cas de « délégation partielle » les parents exercent les droits restants notamment de visite et correspondance. L’autorité parentale se partage alors entre parents et aussi délégataires. La présomption d’accord entre parents exerçant conjointement l’autorité parentale vaut entre parents et délégataire. La délégation est alors provisoire.

Elle finit ou est transférée par un jugement en cas de circonstances nouvelles selon l’intérêt du jeune mineur. Les parents peuvent le demander au juge aux affaires familiales. Si cela est accepté le remboursement de tout ou partie des frais d’entretiens peut être exigé. Ce qui limite la portée, la possibilité effectives de la demande parentale de réattribution d’autorité parentale déléguée. En cas notamment de décès des deux parents une tutelle familiale peut être instituée. Conseil de famille, comme tuteur gouvernent alors la personne du mineur en autorité parentale substitutive. Ils gèrent ses biens en lieu et place parentaux.

La tutelle existe aussi quand les parents sont défaillants dans la bonne gestion des biens du mineur ou risquent fort de l’être. Quand ce patrimoine est très important. Quand il y a retrait d’autorité parentale ou qu’aucun parent n’a « reconnu » le mineur né hors mariage. La tutelle peut concerner le mineur, ses possessions ou ses biens uniquement. Un administrateur dit « ad hoc » peut agir ponctuellement en cas de divergence d’intérêts entre le mineur et ses parents. Le tuteur doit être majeur, capable juridiquement, comme moralement irréprochable selon les critères du droit.

Il est toujours désigné par les parents « ante mortem » en tutelle testamentaire. Le tuteur peut être aussi choisi par la loi en tutelle légale si les parents n’ont pas exprimé de volonté à ce sujet. La tutelle va alors à l’ascendant le plus proche. S’il y a plusieurs ascendants de même degré le conseil de famille choisit l’un d’eux. La tutelle peut être disjointe entre deux ascendants. La tutelle à la personne allant à l’un, la tutelle aux biens à l’autre ou à un tiers. La tutelle peut aussi être désignée par le conseil de famille en tutelle dative. Cela intervient en cas de concurrence entre différents ascendants au même degré.

S’il y a absence de tutelle testamentaire ou légale. Le tuteur est une personne physique ou morale de droit privé. La tutelle est personnelle et non héréditaire. Seul le tuteur l’exerce. Elle est obligatoire si elle concerne un membre de la famille qui ne peut donc refuser. Sauf excuses comme la maladie, un manque de disponibilité, une autre tutelle préexistante… La tutelle est gratuite sauf indemnisation possible pour frais réels engagés. La fonction tutélaire s’achève à la fin de la tutelle ou par destitution ou démission en les seules hypothèses et conditions légales.

Le conseil de famille doit aussi désigner un subrogé tuteur parmi ses membres avec les mêmes qualités que le tuteur. Les fonctions du subrogé tuteur cessent avec celles du tuteur mais peuvent aussi perdurer. Elles peuvent prendre fin par démission, décès, destitution, récusation ou incapacité. Le conseil de famille comprend de quatre à six membres dont le subrogé tuteur or, jamais ni le tuteur ni le juge des tutelles. Le juge les désigne parmi la famille du mineur paternelle et maternelle ou parmi les personnes portant intérêt au mineur. Le choix va toujours dans le sens de « l’intérêt plein et entier » du mineur.

Le conseil se réunit convoqué par le juge des tutelles. Le juge doit impérativement accepter cette convocation si elle est requise par au moins deux des membres du conseil, le tuteur, le subrogé tuteur ou le mineur de plus de seize ans. Tout membre se doit d’être présent sauf « excuse » ou se fait représenter. Le mineur de seize ans révolus peut assister aux séances avec voix consultative. Le juge des tutelles préside avec voix délibérative prépondérante. Le tuteur ne vote jamais. Les décisions du conseil peuvent faire l’objet de recours en nullité pour dol, fraude ou irrespect de formalités. Par le tuteur, le subrogé tuteur, tout membre du conseil, le mineur, le Ministère public. Le juge des tutelles contrôle, surveille la gestion des biens des mineurs. En outre celle de la vie et de la personne du mineur quand la tutelle l’implique. Le conseil de famille décide via le tuteur du bon entretien, de l’éducation dudit mineur.

Les éventuelles volontés des parents en la matière doivent être suivies. Le tuteur représente le jeune, gère les biens du mineur, s’occupe de sa personne. Applique les règles éducatives édictées par le conseil de famille. Les recours contre les actes du tuteur se font auprès du conseil de famille qui peut le révoquer pour nuisance aux intérêts du mineur. À la fin de la tutelle le tuteur remet au mineur un « compte de tutelle » que le mineur devenu majeur approuve ou non. Le nouveau majeur peut dans les cinq ans suivant sa majorité poursuivre le tuteur ou l’État en « responsabilité civile ». Concernant la gestion des biens. Le subrogé tuteur surveille les actes du tuteur au vu des comptes annuels de la tutelle. Il peut suppléer le tuteur quand les intérêts du tuteur sont contraires à ceux du mineur. Il est alors civilement totalement responsable de ses actes au même titre que le tuteur lui-même.

Le mineur peut aussi être déclaré pupille de l’État, recueilli par l’Aide Sociale à l’Enfance, adopté. Quand les parents de façon « volontaire ou judiciaire » n’ont pas ou plus l’autorité parentale. Cela concerne les mineurs sans filiation. Abandonnés mais avec filiation connue. Orphelins. Le tuteur est le préfet qui délègue alors sa charge au directeur départemental de l’Action sanitaire et sociale. Le conseil dit de famille est ensuite constitué de représentants de collectivités.

L’objectif est l’adoption de ces mineurs. Certains autres mineurs non-pupilles peuvent être pris en charge par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance. Leurs parents ont conservé tout ou partie de leur autorité parentale. Ces jeunes ont été confiés notamment sur décision judiciaire. Ces mineurs sont en difficulté ou délinquants, indigents, leurs parents sont empêchés ou ne peuvent s’occuper d’eux. Ils sont sans abris ou de parents disparus.

Il s’agit aussi de tous les mineurs qui ne peuvent rester en leur milieu d’origine habituel. Leur placement peut aussi être le résultat d’une mesure d’assistance éducative prononcée par un juge des enfants. Un jeune majeur peut aussi demander à être pris en charge par le service de l’Aide Sociale à l’Enfance du fait d’une large difficulté d’insertion. Par manque de moyens financiers avec défaillance des parents. Incapacité parentale à assurer l’entretien, l’éducation du junior majeur concerné. Il s’agit de jeunes en difficulté seulement provisoire. Sauf décision judiciaire le « placement » ne dure qu’un an renouvelable. Les parents restent redevables de l’obligation alimentaire. Le mineur va en foyer puis en famille d’accueil. Il est alors sous responsabilité de la collectivité nationale-1025. Comme il l’aurait été en parentèle.

Les mineurs, les jeunes majeurs en études sans ressources propres dépendent de leurs parents. Ils bénéficient donc par l’entremise de leur famille de prestations familiales de la part de l’État. Cela consiste alors en des aides financières sous condition de ressource des parents. Sous stricte réserve de la conduite d’études et d’assiduités scolaires. Il faut résider en France, être français ou non. Cela concerne les mineurs à charge effective des parents assujettis à leur pleine obligation scolaire. Les seize-vingt ans ou vingt-et-un ans selon les prestations qui ne travaillent pas.

Travaillent sans dépasser une rémunération d’un peu plus la moitié du Smic. Il y a les allocations familiales à partir du deuxième enfant « à charge » scolarisé entre trois et seize ans, assidu à ses études. En études au-delà de seize ans y compris jeune majeur dans l’enseignement supérieur. Le junior ne doit pas travailler sauf de façon limitée en temps et rémunération. Comme les emplois temporaires, de vacances ou dans l’année scolaire comme pour les cours particuliers. Le complément familial concerne les familles de trois enfants à charge et plus encore sous condition de ressources parentales.

L’Allocation de Rentrée Scolaire est également sous conditions de ressources. Elle s’ajoute aux bourses d’études des jeunes scolarisés en l’enseignement secondaire ou supérieur. Dont les parents ont des revenus limités. Cette allocation concerne les juniors scolarisés de trois à dix-sept ans. L’Allocation de Soutien Familial concerne les jeunes orphelins sans filiation établie ou dont les parents n’assurent pas l’entretien. Il peut y avoir tutelle aux prestations sociales lorsqu’elles ne sont pas utilisées au profit du junior. Les familles peuvent bénéficier d’aide sociale notamment à domicile.

Lorsque la santé, la sécurité, l’entretien ou l’éducation du jeune l’exigent et sous conditions de ressources. L’aide peut être financière mais aussi en nature. Par l’action d’une aide familiale, ménagère ou d’un service d’action éducative. Les mineurs émancipés et les majeurs de moins de vingt-et-un ans en difficulté sociale peuvent également en bénéficier directement et personnellement. Le « quotient familial » permet aux familles de payer moins d’impôts sur le revenu. Selon les ressources parentales, le nombre d’enfants mineurs en études. Ou sans emploi, revenus propres à charge. (Raymond, 2006)-1026.

L’instruction scolaire est obligatoire pour les deux sexes de trois à seize ans. Que le jeune soit français ou étranger en situation régulière ou non. L’école maternelle obligatoire (2019) de trois à six ans était en réalité fréquentée par la quasi-totalité des enfants. De même les études secondaires, supérieures après l’âge de seize ans sont facultatives. Elles sont en réalité suivies par de plus en plus de juniors, la majorité entre seize et vingt-deux ans au moins en moyenne. Au-delà pour un certain nombre croissant d’entre eux. La plupart des jeunes vont à l’école institutionnelle.

Une minorité est scolarisée autrement notamment par précepteurs privés aux niveaux d’études du collège, lycée. Cela est bien plus rare et plus difficile concernant l’enseignement supérieur mais pas impossible, inexistant pour autant. Car si l’instruction est obligatoire jusqu’à seize ans, fréquenter le système scolaire public ou privé, collectif et officiel ne l’est jamais. Toutefois le préceptorat personnel est toujours sous la surveillance, le contrôle stricts des communes et des ex-Inspections académiques, Dsden. Directions des Services Départementaux de l’Éducation Nationale.

Il y a des cas de défaut de formation ou d’instruction inadéquate, aussi non suffisante, de mauvaise qualité, de profit pour le jeune jugé non pertinent. Il y a alors sanction, obligation d’amendement. L’enseignement public de l’État reçoit la majorité des élèves du secondaire, comme du supérieur. Il est laïc, gratuit. Depuis les lois de « décentralisation » de 1983 les collèges et lycées publics sont des établissements publics locaux d’éducation. Seules les universités publiques restent désormais des établissements publics nationaux d’éducation. L’État gère les enseignements, les enseignants et les enseignés du secondaire des deux degrés.

Les départements assurent la gestion technique, matérielle, mobilière et immobilière, l’entretien des locaux des collèges. Les régions font de même pour les lycées. L’État assure quant à lui toute la gestion des biens, des personnes des universités, établissements publics d’enseignement supérieur. Il existe aussi des établissements d’enseignement secondaire et supérieur dits privés. Les collèges et les lycées privés très majoritairement confessionnels surtout chrétiens catholiques sont pour la plupart « sous contrat » avec l’État. Bénéficiant de subventions de sa part. En vertu de quoi ils respectent les programmes d’enseignement, modalités organisationnelles précises et strictes contrôlées par l’État.

Ceux des établissements publics homologues. Ces institutions développent alors librement leur philosophie propre notamment en matières morales et spirituelles et sont payants. Les organismes privés pour une petite minorité d’entre eux peuvent aussi être dits hors contrat car sans aucun accord avec l’État. Le contrôle public est alors « minimal ». Formation des enseignants, hygiène, salubrité, sécurité, adaptation des locaux, respect de la légalité, de la moralité les plus élémentaires. Ces entités éducatives ne bénéficient d’aucunes subventions publiques.

Ce qui génère des frais de scolarité pour les familles bien plus élevés, onéreux que la moyenne des établissements privés sous contrat. Dans l’enseignement supérieur il y a les universités, les structures publiques d’enseignement supérieur gérées notamment par l’État à frais d’inscription réduits. Également des facultés privées gérées par des instances privées et à frais plus élevés. Les écoles supérieures privées peuvent être confessionnelles tels les Instituts catholiques ou autres organes de formations professionnalisées. Laïques comme les écoles de commerce, gestion, d’ingénieurs ou autres. Ensemble non négligeable.

Le terme université est réservé aux institutions d’État. Le mineur de moins de seize ans est soumis à l’obligation scolaire. Il doit être scolarisé dans le « système conventionnel » ou par le préceptorat individualisé. Sinon il y a avertissement de l’ex-Inspection académique, Dsden. Chaque commune dresse la liste des mineurs soumis à obligation scolaire. Le choix parental de type d’instruction institutionnel ou préceptoral y figure. Ceux qui ne sont pas en études apparaissent par défaut. Différence entre la totalité des jeunes à instruire et ceux qui ne figurent en aucun type d’enseignement.

La somme des « élèves fantômes » est remise sous forme de liste par les communes à l’ex-Inspection académique, Dsden. Qui avertit les parents de la situation, des sanctions pénales encourues en cas de persistance de la non-instruction du mineur. Si les parents ne réagissent pas il y a aggravation du délit de non-scolarisation donc des sanctions encourues. En particulier le versement des allocations familiales peut être suspendu. En persistant en leur « coupable inertie » les parents faillissent à leur devoir éducatif. Ils compromettent l’avenir, l’enrichissement moral et intellectuel de leur enfant. Cela est puni d’amende, voire d’emprisonnement. En prévention, exemplarité et sanction.

Ils peuvent perdre leur autorité parentale, être condamnés pour « abandon familial ». Les parents ne peuvent librement opter pour le collège ou lycée public de leur préférence. Seuls les établissements privés sont désectorisés et à libre accès. Sous réserve d’acceptation, de sélection par ces établissements et de places disponibles. Il en va de même pour l’université publique qui est aussi toujours sectorisée. Seuls les établissements privés d’enseignements supérieurs sont à libre choix.

Sur dossier, entretien, concours ou simplement paiement de droits élevés d’inscription. Les jeunes sont affectés au collège, lycée, à l’université liés à leur lieu de résidence. Des dérogations sont possibles. Ainsi en cas de distances excessives. De certains types, d’options, d’enseignement, de cursus d’études n’ayant pas cours partout et notamment à l’université. Notons que ces dernières années la carte scolaire créée en 1963 a quelque peu été « assouplie », que la liberté de choix a été élargie. Elle demeure toutefois très encadrée. Sa suppression un temps envisagée n’a en réalité jamais été accomplie.

Les zones de desserte qui constituent la carte scolaire sont des étendues géographiques fixées par la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, la Dsden. Elles fixent quels jeunes, de quelles communes sont dirigés vers un établissement donné. L’objectif est l’égalité de tous les juniors. En réalité le principe reste très théorique puisque les jeunes des quartiers favorisés y étudient. Ceux des cités périurbaines « déshéritées » près de chez eux aussi. Cela est l’une des causes de l’endogamie sociale scolaire secondaire, comme supérieure. Ce qui perpétue, aggrave plus les inégalités sociales que ces dernières ne sont limitées.

Pour autant ce système perdure même si sa suppression a été envisagée. Il y a secteur pour le collège, district pour le lycée. Les dérogations requises en matière de carte scolaire sont décidées par la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, la Dsden. Si les établissements idoines ont des possibilités d’accueil en sus. Si la demande dépasse l’offre de places la Dsden fixe un ordre « prioritaire ». Selon la situation particulière du jeune et / ou des parents. En cas de contestation le médiateur de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur peut être saisi, voire la Justice. En cas de demande de changement hors département les deux Inspections académiques concernées, actuelles Dsden doivent donner leur aval-1027.

Celle du département d’origine et celle du département de destination. Au collège, comme au lycée tout adolescent a droit de demeurer au sein du même établissement au cours d’un cycle d’études intégral. En l’optique de son complet équilibre développemental et de bonne gestion de vie éducative des parents. Sauf naturellement en cas d’abus comportementaux ou de manque de travail caractérisé du jeune scolarisé. Il peut alors y avoir exclusion suite à processus disciplinaire. Au collège le cycle d’adaptation est d’abord constitué par la classe de sixième. Le cycle central d’approfondissement regroupe cinquième et quatrième. Le cycle d’orientation est celui de la troisième.

Au lycée la seconde constitue ensuite le cycle dit de « détermination », la première et la terminale forment le cycle terminal. Dans l’enseignement secondaire il y a un contrôle continu des connaissances. À l’université également outre les examens terminaux de passage d’année ou de diplôme. Dans les cursus supérieurs il est possible de ne pas y être assujetti. De n’être « évalué » que sur les seules épreuves de fin d’année anticipées ou finales. Cela est toujours possible notamment lors du premier cycle universitaire tout particulièrement pour les étudiants salariés, malades, handicapés…

Tout cursus d’études implique une vérification des savoirs, connaissances. Cela mesure les acquis, lacunes, progrès, correctifs d’améliorations à apporter. Cela permet à l’élève de mesurer où il en est. À l’enseignant de s’adapter aux cas, besoins particuliers de chaque jeune. Les contrôles sont écrits ou oraux, prévus ou inopinés, notés par chiffre sur dix ou vingt ou par lettres ou non notés. Les examens, diplômes ou concours évaluent aussi les aptitudes des élèves et étudiants. L’on peut citer notamment le brevet des collèges et le baccalauréat.

La licence, le master ou le doctorat universitaires. Les diplômes des Grandes écoles et des écoles professionnelles. Les brevets de techniciens supérieurs, les diplômes universitaires de technologie. Les épreuves des classes préparatoires aux Grandes écoles. Les concours d’accès aux écoles grandes et plus modestes ou de la Fonction publique, de l’enseignement tels agrégation, Capes… Quel que soit le statut matrimonial des parents les deux parents du mineur élève ont le droit de toujours connaître tous ses résultats scolaires. En cas de séparation des parents chacun d’entre eux est informé parallèlement à égalité.

Cela s’établit par le « carnet de correspondance » qui recense la vie scolaire, les absences, les semonces, observations des enseignants. Par le biais des bulletins semi-trimestriels et trimestriels établissant tous les notes, classements et commentaires des professeurs. Les jeunes se voient aussi attribuer un livret scolaire synthétisant l’ensemble de la scolarité au collège, comme au lycée. Le lycéen majeur peut recevoir à sa demande ses résultats à titre personnel. À une adresse qui peut même être différente de celle de ses parents car l’autorité parentale a cessé. Il y a aussi une évaluation des connaissances pour faire le bilan total des acquis des juniors.

Aux fins d’adaptation des enseignements, non un contrôle des savoirs. Pour l’adolescent cela intervient en sixième et en cinquième. Cela concerne le français et les mathématiques de façon obligatoire. Il y a également des évaluations-bilan au collège qui s’assurent toujours du bien fondé et de l’efficacité du système scolaire et des politiques d’éducation en leur ensemble. L’orientation des collégiens et des lycéens est capitale. En chaque établissement secondaire existe un conseiller d’orientation psychologue. Qui exerce au sein d’un Centre d’Information et d’Orientation, Cio. Au service de tout élève demandeur.

Il figure également des Cdi, Centres de Documentation et d’Information. En l’optique de l’orientation il y a en sixième et cinquième une évaluation de chaque élève. Pour faire le point sur ses avancées, son niveau réels. En l’objectif de ses vrais besoins et d’adaptation pédagogique des enseignants. La seconde est un autre moment important d’orientation. Le jeune choisit la voie de type généraliste, à spécialités économiques et sociales, littéraires ou scientifiques. Technologique notamment Stmg, Sciences et technologies du management et de la gestion. Sti2d, Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable. Le bac professionnel classique ou en alternance.

Les choix d’orientation relèvent des parents pour les mineurs et des jeunes majeurs. Les vœux d’orientation sont libres mais l’acceptation ou non dépend des résultats effectifs des juniors. De leurs comportements de fait lors de l’année écoulée. Concrètement l’obtention d’une filière donnée est liée au fait d’avoir de « bons résultats » dans les matières principales du cursus visé. Ainsi un littéraire peut prétendre à un baccalauréat de spécialités littéraires, un scientifique un baccalauréat de spécialités scientifiques. L’inverse est logiquement fort peu probable. En 2021 un nouveau bac généraliste et technologique voit le jour.

Le conseil de classe, en clair le chef d’établissement décide de l’orientation de chacun. Si le principal ou proviseur est d’accord avec le souhait parental ou du jeune majeur la demande est par le fait même validée. Elle ne peut être « conditionnelle » ou liée à des considérations étrangères au niveau scolaire. En cas de désaccord entre famille et direction il y a un vrai dialogue concerté. Un débat obligatoire entre les protagonistes sous peine d’annulation de tout effet de la réunion par le tribunal administratif. Ensuite le chef d’établissement arrête un choix d’orientation alors communiqué à la famille.

Motivé de façon rigoureuse, argumentée, précise, ainsi que personnalisée au cas par cas. Sous peine de nullité et d’annulation en Justice. Si la famille ou le jeune majeur contestent l’orientation ils peuvent alors saisir une commission d’appel. Dans les huit jours de la notification de la décision d’orientation. En la plupart des cas les décisions des chefs d’établissement sont acceptées sans contestation. En cas d’appel le sort du junior est examiné à nouveau. Des représentants des parents d’élèves siègent dans la commission d’appel. L’élève, ses parents peuvent s’y exprimer-1028.

Le cas est revu, une nouvelle décision d’orientation est prise qui se substitue donc à la précédente. En cas de décision favorable au jeune elle s’impose sans contestation possible. Si la décision de la commission s’oppose au souhait initial parental et du junior les parents peuvent alors « de droit » obtenir un redoublement. Ce qui n’est pas forcément la meilleure solution. Ils peuvent attaquer le verdict en Justice administrative. Laquelle se prononce en fonction des notes, des aptitudes, de la motivation du jeune. Le redoublement n’est plus une sanction mais un « nouveau départ ».

Il n’y a donc plus de redoublements imposés pour la plupart des classes du secondaire. L’équipe pédagogique peut impartir un redoublement en troisième et seconde. Il n’y a a priori pas de redoublement facultatif ou impératif dans les autres classes. Le principe général habituel est désormais non plus le redoublement mais l’accompagnement pédagogique spécifique adéquat. L’obtention du brevet des collèges n’est pas obligatoire pour passer en seconde mais la plupart des jeunes élèves l’obtiennent. Si le junior échoue au baccalauréat il peut toujours redoubler de droit sa terminale en son propre établissement initial.

Sauf s’il y a réel manque de place disponible. Alors l’ex-Inspection académique, Dsden est dans la pleine obligation de réserver une place en tout autre lycée. Concernant les examens et concours l’identité des élèves, étudiants, candidats est toujours contrôlée avant chaque épreuve. Notamment sur production de la carte nationale d’identité ou du passeport. Il peut y avoir flagrant délit de fraude, tricherie notamment au baccalauréat. Alors le surveillant qui découvre le fait arrête le délit sur-le-champ. Il établit un procès verbal officiel signé par tous les surveillants et par le candidat qui peut refuser sa signature.

Il est expulsé s’il a usurpé une identité étrangère à la sienne. Si la fraude constitue en outre un trouble ou un risque de trouble au bon déroulement, comme à la sérénité des épreuves. Si une fraude entache une inscription à un examen l’inscription devient caduque ainsi que le diplôme afférent. Par non-réunion des conditions préalables ou par usurpation d’identité. Quant aux fraudes lors des examens concernant le brevet des collèges : Diplôme National du Brevet le candidat est exclu de toutes les épreuves. Pour le bac il y a au moins nullité de l’épreuve fraudée. L’instance disciplinaire peut toujours décider de l’annulation d’autres épreuves ou de toutes.

Pour le brevet il y a sanction disciplinaire. Pour le baccalauréat il y a blâme dans le dossier. Impossibilité de repasser les épreuves pour une durée variable jusqu’à cinq ans. S’inscrire en un établissement public en une durée similaire. Interdiction à vie de passer tout examen du secondaire ou du supérieur, d’intégrer un établissement public. Il peut y avoir sanctions pénales en Justice avec peines d’amende, d’emprisonnement. Les jurys d’examen étant souverains aucun recours contre les résultats des épreuves n’est possible. Sauf en deux cas « d’exception » l’erreur matérielle et le non-respect par le jury de la réglementation.

Le recours peut être « amiable » auprès du médiateur de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. « Gracieux » auprès du président du jury du concours. « Hiérarchique » auprès du ministre de l’Éducation. « Contentieux » devant le juge administratif. L’enseignement public est toujours gratuit depuis les années 1930 pour l’enseignement secondaire. Les manuels scolaires sont gratuits dans les collèges depuis 1975. Payants dans tous les lycées sauf budgétisation possible par les conseils territoriaux. Les fournitures scolaires personnelles sont à la totale charge familiale.

Les sorties obligatoires sont gratuites. Les voyages scolaires peuvent être payants mais non obligatoires. Il existe aussi des aides éducatives financières. L’Allocation de Rentrée Scolaire concerne notamment les collégiens et lycéens mineurs. Dont les ressources familiales ne dépassent pas un certain montant. Les élèves du secondaire, supérieur peuvent bénéficier de bourses d’études en fonction des revenus parentaux. Il existe aussi un fonds social pour frais de cantine scolaire au bénéfice des familles en difficulté. Un fonds social collégien et lycéen pour des aides exceptionnelles. Afférentes à des dépenses éducatives trop lourdes pour certaines familles.

Les droits, libertés des collégiens et lycéens sont encadrés par la loi, la réglementation de l’Éducation nationale et celle des établissements. Le pluralisme, la neutralité s’imposent. Il y a une liberté d’expression personnelle, collective surtout au lycée et de participation à la vie des établissements. Quant à la liberté d’expression personnelle il est des abus illégaux. Tels le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, l’homophobie, le bizutage. Ils sont interdits et réprimés. La liberté vestimentaire est garantie. Hormis les tenues à sens politique, philosophique ou religieux, incorrectes ou trop excentriques.

Car la liberté de conscience ne peut contrevenir aux principes de neutralité et laïcité de l’enseignement. Les vêtements qui constituent un danger pour certaines activités peuvent alors être prohibés par le règlement intérieur d’établissement. Des tenues, équipements de sécurité peuvent être imposés en fonction des activités, des enseignements. Sinon toute tenue est libre dans la limite de la décence, correction telle que définie par la loi. Il y a une liberté d’expression individuelle et de croyance mais la laïcité prévaut dans l’enseignement public.

Comme dans l’État démocratique et les notions des droits humains. L’élève a toutes libertés de pensée et conscience. Les enseignants s’abstiennent donc toujours de tous signe et opinion en matière tant politique et philosophique que religieuse. Quelles que soient les convictions tous les enseignements sont obligatoires. Il y a des aumôneries religieuses en dehors des cours pour tous les élèves qui souhaiteraient y participer. La liberté d’expression collective concerne les libertés de réunion officielle et informelle. D’association organisée. De publication de toutes sortes notamment de journaux ou tracts en et hors de l’établissement.

Les collégiens ne peuvent se réunir que pour ce qui a trait à la participation à la vie scolaire. À la demande des délégués des élèves notamment en vue de la préparation au conseil de classe. Pour bien d’autres types de réunions non de droit l’administration, les enseignants décident au cas par cas. Les collégiens n’ont jamais de droit d’association sauf en matière sportive. Les associations sportives qui sont des associations spéciales sont obligatoires dans tous les collèges et lycées. Leur adhésion reste facultative et payante. Les lycéens ont un droit-liberté de réunion supérieur à celui des collégiens.

La réunion est exigible par les délégués et tout élève. Elle concerne un groupe limité de jeunes et tout sujet sur la vie scolaire ou d’information. Avec ou non des intervenants extérieurs. En pleins respects de la neutralité et du pluralisme ou du non-mercantilisme, ainsi que de la sécurité. En dehors des temps de cours. Le chef d’établissement accepte ou non de façon motivée la réunion. Avec recours contentieux possible. La liberté d’association a pour objectif pour des juniors de créer une entité générant des fonds propres autour d’une activité donnée sans but lucratif.

Sur accord du conseil d’administration du lycée à seule condition de neutralité, pluralisme. L’objet et l’activité sont areligieux et apolitiques. Les lycéens ont un droit de publications de tout support d’information, comme de communication. Notamment un journal intérieur à libre parution s’il est respectueux des personnes, évite injures et diffamations. Toute publication doit impliquer un libre droit de réponse publié des personnes mises en cause. Collégiens, lycéens ont un droit de participation. Ils élisent leurs délégués de classe en début de toute scolarité annuelle et pour la durée de celle-ci.

Il y a deux délégués et deux suppléants par classe. Tous les élèves sont électeurs et éligibles. Le vote est à bulletins secrets, porte sur deux noms. Le vote concernera les candidats déclarés ou tout élève de la classe. Les élus peuvent accepter ou non leur mandat. Le scrutin est uninominal à deux tours. Il y a élection dès le premier tour en cas de majorité absolue pour les deux délégués. Au second tour la majorité relative suffit. En cas d’égalité le plus jeune est élu. Le conseil de classe observe l’évolution et la qualité de l’objective scolarité effective de tous, se prononce à ce sujet-1029.

Il réunit au moins chaque trimestre chef d’établissement, enseignants, délégués des élèves et ceux des parents. Conseillers d’éducation et ceux d’orientation. Le conseil peut suggérer des orientations. Le conseil d’administration gère l’administration, les locaux, le budget de l’établissement. Il se réunit toujours au moins trois fois par an. Il regroupe des représentants gestionnaires comme le chef d’établissement, des collectivités territoriales, des personnels. Des parents, des élèves élus par les délégués de classe. Les représentants des élèves sont en classe de quatrième et au-delà.

Au collège le délégué des élèves de chaque classe les représente, est leur porte-parole auprès de l’établissement. Il fait partie du conseil de classe et rend compte à ses condisciples à titre informatif des délibérations du conseil. Comme des cas particuliers aux intéressés qui le demandent. De la sixième à la troisième il vote pour les délégués faisant partie de droit du conseil d’administration. Même si ces délégués ne peuvent être en classe de sixième ou cinquième car trop jeunes. Il peut obtenir la tenue d’une réunion liée au seul domaine de son mandat. Au lycée le délégué représente toute sa classe à titre informatif avec droit d’affichage, de diffusion. Il intervient au conseil de classe.

Il vote pour l’élection des représentants délégués des élèves au conseil d’administration. À celle des représentants au conseil des délégués des élèves. Il fait partie de l’ex-conférence des délégués des élèves devenue assemblée générale. Il peut obtenir la tenue d’une réunion d’information. L’assemblée des délégués des élèves de lycée rassemble tous les délégués autour du proviseur. L’assemblée se prononce de façon consultative, non décisionnaire et émet des vœux. Pour tout ce qui a trait à la vie, comme au travail scolaires.

La majorité de l’instance pourra décider d’une réunion du conseil des délégués pour la vie lycéenne. Ce dernier est élu par les délégués et par tous les élèves. Il émet des avis et des propositions. Concernant la gestion du temps des études. Des soutiens du travail individuel des élèves. L’information d’orientation des études et métiers. La santé, l’hygiène, la sécurité aussi. La formation au mandat de délégué. Les élèves du secondaire sont tous soumis aux obligations d’assiduité scolaire. Assister à tous les cours hebdomadaires en totalité horaire, y être fort ponctuels. Toujours arriver à l’heure sans retard, repartir au moment imparti, non en avance.

Retards ou absences injustifiés sont sanctionnés. Tous les cours, options préchoisis sont intégralement obligatoires. Les présences sont toutes toujours vérifiées. Même si l’obligation scolaire s’arrête à seize ans il y a inscription en une année scolaire. Tout jeune de plus de seize ans même majeur est soumis à l’astreinte de suivre tous ses cours. Tous absences, retards sont à justifier par les parents du mineur ou le majeur et l’établissement doit en être informé.

Les motifs recevables sont notamment la maladie de l’élève, un événement familial d’importance, une difficulté de transport ou un empêchement majeur… L’absence peut être injustifiée ou excusée de façon non convaincante ce qui équivaut à manque d’explications. Les parents peuvent ne pas déférer à une injonction à s’expliquer. Il y a alors avertissement de la Dsden. En cas de quatre pleines demi-journées d’absences non excusées par mois il y a avertissement aux parents. Le maximum toléré est deux avertissements-1030.

À partir du troisième mais cela peut être fait avant par toute personne il est fait obligation à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, Dsden de saisir le procureur de la République. Qui fait alors payer une amende ou non et engage ou non des poursuites juridictionnelles. La Dsden peut demander la suspension de toutes les allocations familiales. Les prestations sont alors suspendues en cas d’avertissements puis rétablies en cas de retour durable du jeune en cours. En cas d’absentéisme aggravé, prolongé les prestations sont donc supprimées puis rétablies après reprises durables des cours. L’élève doit effectuer son travail d’élève.

Faire ses devoirs, apprendre ses leçons, passer les contrôles, suivre tous les cours pour lesquels il est inscrit. Être en possession des ouvrages et matériaux scolaires nécessaires. Il peut y avoir non-production ou accomplissement ou réalisation parcellaire ou manifestement bâclée des tâches scolaires. Alors il peut advenir punitions afférentes par l’enseignant, comme sanctions par le chef d’établissement. En cas de mauvaises volontés caractérisées, de non-travail total la sanction disciplinaire est de mise. Le règlement intérieur des établissements prévoit les aspects majeurs de la vie éducative. Notamment l’organisation, comme le fonctionnement de l’établissement. La vie scolaire quotidienne et les études. La santé, l’hygiène et la sécurité.

L’exercice des droits, libertés. La discipline, l’ordre. Le chef d’établissement fait respecter le règlement. Tous les élèves y sont soumis. Tout manquement donne donc lieu à sanction disciplinaire pour infraction à la loi commune. La Justice peut être saisie pour vérification de la conformité à la loi d’un règlement intérieur d’établissement. Les parents ou l’élève majeur signent le règlement. À défaut l’inscription de l’élève peut même être invalidée par le chef d’établissement. Il y a toujours des journées « portes ouvertes » à but informatif dans les établissements à l’intention des parents.

Notamment en débuts de scolarité au collège en sixième, aussi au lycée en seconde. Dans le secondaire les rencontres parents-enseignants sont facultatives mais en réalité fréquentes. En outre les parents peuvent demander à voir certains enseignants. Les parents votent à raison d’une voix par famille pour l’élection des délégués des parents d’élèves. Tout parent peut être candidat. Tous les élus participent aux conseils de classe à raison de deux parents par classe et conseil sous la présidence du chef d’établissement. Ce dernier désigne les deux représentants parentaux. Sur propositions de ceux ayant mené une liste de candidats aux élections des délégués de parents d’élèves.

Ces derniers participent aussi de droit aux conseils de discipline qui décident des sanctions notamment d’exclusion. Ils font partie des conseils d’administration des établissements. Ainsi que d’autres instances comme la Commission d’Appel des Décisions d’Orientation. Le Conseil Départemental de l’Éducation Nationale. Également le Conseil Académique de l’Éducation Nationale. Le Conseil Supérieur de l’Éducation… Les médiateurs de l’Éducation « gèrent » les conflits entre les parents ou les élèves majeurs d’une part, l’Éducation nationale de l’autre.

Le médiateur de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur s’occupe des difficultés « nationales ». Les médiateurs d’Académie gèrent les établissements de leur propre zone géographique académique. Il faut au préalable saisir l’administration de tout établissement concerné. Puis seulement alors le médiateur en cas de désaccords. Le médiateur rend un avis, une recommandation qui ne s’impose pas aux établissements. Le plus souvent les conseils de la médiation sont suivis. L’élève est également toujours soumis à de strictes règles de discipline scolaire-1031.

Punitions pour les fautes mineures n’obérant pas la scolarité notamment prononcées par les surveillants, enseignants. Sanctions disciplinaires des « troubles graves » prises par le chef d’établissement ou le conseil de discipline. Avec recours à la Justice administrative. La délinquance scolaire relève quant à elle de la seule Justice pénale. Concernant les troubles occasionnés sont réprimées les attitudes de toute nature en l’enceinte de l’établissement. Reprochables à un élève ou des élèves de façon « avérée, indiscutable ». La violation du règlement intérieur est disciplinairement sanctionnée.

Y compris pour des déviances même non prévues aux règlements mais ayant occasionné des troubles. Les infractions pénales punies en Justice le sont aussi de façon « disciplinaire ». Tous actes sanctionnés doivent être commis dans l’établissement lors des heures de cours. Également tout le temps que l’élève est en l’établissement quelles que soient ses activités même s’il n’a pas alors cours. Les débordements qui ont lieu aux abord immédiats des établissements peuvent de même être réprimés disciplinairement et pénalement s’il y a lieu. Car relevant aussi du cadre scolaire.

Un comportement déviant ne peut être imputé à l’élève que s’il en est bien l’initiateur direct avéré par productions de preuves certaines. Sinon la présomption d’innocence prévaut. Le plus souvent des témoignages formels et concordants suffisent à l’établissement de toutes culpabilités. Il y a les punitions, les châtiments pour faits les moins graves tel un travail non effectué. Ils doivent figurer au préalable dans le règlement intérieur et sans appel possible en Justice. Cela peut être l’exclusion d’un cours, des travaux scolaires supplémentaires. Des heures de « retenue » en dehors et en sus des temps de cours.

Quant aux sanctions elles répriment les atteintes graves à l’ordre scolaire. Il n’y en a que quatre. Avertissement, blâme, exclusion temporaire pour un mois au plus, exclusion définitive. Les deux sanctions les plus graves peuvent être avec sursis. Il y a effectivité de la peine uniquement si le jeune récidive. Généralement la pratique veut que la sanction prononcée soit moins « lourde » mais infligée sur-le-champ. Un recours est alors possible devant le juge administratif. En cas d’exclusion définitive d’un établissement avant la fin de l’obligation scolaire à seize ans le junior doit poursuivre sa scolarité en un autre établissement. C’est un devoir impératif, non facultatif.

La sanction, comme la punition doivent toujours être individuelles et personnalisées. Si plusieurs élèves ont ensemble et de concert commis la même faute punitions ou sanctions peuvent être identiques. Or, applicables à titre individuel. L’on ne punit jamais un groupe tout entier sans connaître le fautif nominal. Outre les punitions et sanctions ou en lieu et place des mesures éducatives, ainsi que des travaux d’intérêt général peuvent être requis. À titre pédagogique, d’amendement ou réparateur. Sont interdits les zéros ou l’abaissement d’une note pour mauvais comportements.

Il ne peut y avoir « mélange et confusion des genres ». Les notes évaluent le travail académique alors que les punitions et sanctions jaugent des comportements personnels. Les punitions sont prises par les seuls enseignants, conseillers éducatifs et surveillants. Ces intervenants peuvent concernant les sanctions les demander au chef d’établissement. Ce dernier décide des sanctions disciplinaires. Sauf des exclusions pour plus de huit jours et définitives qui relèvent uniquement du conseil de discipline. Le chef d’établissement peut saisir le conseil pour toute sanction en un but d’ « exemplarité ».

Pour certains cas graves ceux-ci exigent notamment une visée de sérénité. Ils peuvent alors être déférés par les principaux ou proviseurs au conseil de discipline départemental. L’élève a toujours le droit de se défendre lui-même ou par son avocat et d’avoir accès au dossier. La sanction est toujours à la mesure de l’acte commis et du comportement général, comme de la situation du jeune concerné. Selon le principe juridique de proportionnalité et d’individualisation de la peine. La sanction est toujours motivée en droit. Car elle doit reposer sur des faits circonstanciés et très précis pour des raisons contentieuses et pédagogiques.

Les sanctions sont supprimées du dossier de l’élève au bout d’un an sauf pour l’exclusion définitive. Concernant les sanctions d’exclusions de plus de huit jours il y a appels possibles devant les recteurs académiques. Puis devant la Justice administrative. Les autres sanctions peuvent être directement portées devant le juge ou simplement l’autorité académique. Les injures et outrages visant les enseignants sont toujours considérés comme des actes, des circonstances aggravants. Notamment s’ils sont publics et particulièrement sanctionnés par la Justice pénale de droit commun. L’enseignant est protégé en détenteur d’autorité publique.

Sont aussi pénalement sanctionnées les menaces contre les biens des enseignants ou des élèves sous forme de chantages, pressions. Notamment quand ladite menace est répétée, écrite, en vue de l’obtention d’un effet. Il y a aussi sanction pénale en cas de dégradation de biens appartenant à l’élève, l’enseignant. Sont pénalement répréhensibles les menaces physiques sur les élèves et les enseignants. De façon réitérée, écrite, sous peine de mort, avec conditions fixées, chantages de représailles en cas d’inexécution. Il y a les violences physiques sur élève, plus encore sur enseignant, membre de l’administration. Spécialement réputés inviolables et protégés en tant que tels par la loi. Elles donnent lieu à poursuites, sanctions aggravées. Concernant les élèves le bizutage, comme l’extorsion sont formellement pénalement prohibés et sanctionnés.

Le bizutage consiste en des contraintes fort humiliantes publiques en un milieu d’études ou du fait des études. Au sein des établissements scolaires de tous ordres ou à leurs abords. Les forces de l’ordre peuvent donc être requises pour faire cesser le délit. Le racket consiste à user de menaces, chantages avec ou sans violences. Pour extorquer des biens ou avantages indus sous peine de rétorsions. La sanction pénale est aggravée s’il y a violences graves sur personne vulnérable en bande organisée avec arme. Toute dégradation volontaire et préméditée des établissements scolaires en tant que locaux publics est pénalement punie. De même pour tous tags, graffitis et inscriptions. Les incendies, tentatives d’incendies volontaires. L’irruption de personnes étrangères aux activités d’établissement non autorisée est punie d’amende pour intrusion. (Chagnollaud, 2003, 2017)-1032.

Les étudiants des enseignements supérieurs français sont en 2020 environ deux millions sept cent mille. Dont un million sept cent mille à l’université même. Ils sont soit en formations initiales, continues, apprentissage ou audition libre. Conditions de vie, droits et devoirs sont fixés par le Conseil des Études et de la Vie Universitaire. L’Observatoire national de la Vie Étudiante, l’Ove évalue tous les besoins et attentes des jeunes en études supérieures. En matière de modalités de parcours, cursus, niveaux de vie matérielle, socioculturelle. Cet enseignement est fort « disparate », les conditions de vie de nombreux étudiants dégradées par la crise. Les étudiants bénéficient des libertés d’expression et d’information. Dans le plein respect des pratiques d’enseignement, de recherche et de l’ordre public. Ils font partie des Conseils de l’Enseignement supérieur, ainsi que de ceux des établissements.

Au Comité d’Hygiène et de Sécurité. Au Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Au Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires. En toutes les Commissions sociales aussi. À l’université les jeunes participent au Bureau de la Vie Étudiante qui regroupe toutes les associations étudiantes. Les projets étudiants bénéficient de l’apport financier du Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes.

Le régime disciplinaire spécial des étudiants est dévolu aux conseils d’administration statuant en matière juridictionnelle et formation disciplinaire restreinte. Les services de Médecine préventive et de Promotion de la Santé initient toute la prévention, l’éducation sanitaires des étudiants. Ils veillent également gratuitement aux contrôles médicaux des pratiques physiques et sportives. Les universités comportent un service universitaire de Médecine préventive, comme de Promotion de la Santé.

Ce service peut être interuniversitaire. L’Action sociale et les assistants sociaux aident les étudiants les moins favorisés. Notamment par de l’information, des soutiens financiers. Les étudiants bénéficiaient d’un régime spécial de Sécurité sociale administré par les mutuelles étudiantes. Avec possibilité de couverture complémentaire. Cela concernait essentiellement les jeunes de seize à vingt-huit ans. Sauf pour les étudiants minoritaires régis par des statuts dérogatoires spécifiques. À compter de la rentrée 2018 nos étudiants relèvent du régime général de Sécurité sociale. Les universités comportent un Service universitaire ou interuniversitaire des Activités physiques et sportives.

Également une Association Sportive Universitaire. Les étudiants peuvent aussi bénéficier d’aides financières indirectes. En faveur de leurs logement, restauration, aides médicales, socioéducatives. Le Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires assure les progressions des conditions de vie, d’études étudiantes. Il coordonne les Centre régionaux, surveille leur gestion. Les Centres régionaux administrent les services, la restauration et le logement des étudiants. Les aides financières directes aux étudiants concernent les bourses sur critères sociaux. Pour les jeunes de moins de vingt-six ans aux revenus familiaux insuffisants en études, en formations dites initiales.

En un établissement relevant du ministère de l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Il y a aussi les bourses de mérite pour les étudiants titulaires d’une mention pouvant aussi prétendre à une bourse sur critères sociaux. Pour revenus familiaux limités. En vue d’étudier, pour entreprendre des études de médecine ou d’intégrer les Grandes écoles. Les bourses de Service public aident tous les étudiants français se préparant à passer certains concours administratifs de la Fonction publique. Les bourses sur critères universitaires concernent les meilleurs étudiants visant un master ou l’agrégation.

Les prêts d’honneur sont accordés aux étudiants français non boursiers sans intérêt. À rembourser dix ans après la fin des études concernées. Les allocations d’études ont trait aux étudiants français se trouvant en certaines situations spécifiques. Les contrats doctoraux soutiennent quant à eux certains bons étudiants et chercheurs sur critères universitaires. Il y a aussi des crédits sociaux d’urgence qui sont très ponctuels pour des cas graves et inopinés. Fonds de Solidarité Universitaire, Allocations d’Aides d’Urgences. Sans compter les aides du gouvernement français pour les étudiants étrangers en France. Lesquels contribuent ainsi au « rayonnement » de ce pays.

Tous les étudiants français et de l’Union Européenne sont soumis au régime universitaire d’études supérieures dit d’harmonisation communautaire, Bmd / Lmd. Licence, Master, Doctorat en France. Le premier cycle d’études universitaires sanctionne trois ans d’études supérieures. Avec en fin de troisième année le diplôme de la Licence, L 1, L 2 et L 3. Il concerne aussi en deux ans le Diplôme Universitaire de Technologie. Le Diplôme d’Études Universitaires Scientifiques et Techniques. Le Brevet de Technicien Supérieur. La licence professionnelle. Les études technologiques en filières universitaires professionnalisées en cinq années.

Le deuxième cycle universitaire et d’écoles comprend deux années soit cinq ans d’études en tout. Avec en fin de cinquième année le Master, M 1 et M 2 indifférencié, ex-Recherche ou Professionnel. Les deux premiers cycles concernent aussi les formations d’écoles d’ingénieur, de commerce. Le Diplôme de Recherche Technologique a trait aux deuxième et troisième cycles. Puis le troisième cycle universitaire dure au moins trois ans ou plus soit huit années minimum d’études supérieures pour le Doctorat universitaire. Six ans ou plus pour les écoles supérieures.

Chaque année d’études fonctionne en deux semestres. Outre les diplômes nationaux il y a aussi les diplômes d’université ou d’établissement. Viennent aussi les magistères, diplômes des Instituts d’Études Politiques, des écoles spécialisées et professionnelles. Les mastères spécialisés, les Mba : labels de gestion des affaires. Des Grandes écoles littéraires, comme scientifiques, d’ingénieurs, commerciales, en sciences humaines. L’accès à ces dernières se fait généralement après deux années de classes préparatoires littéraires, commerciales ou scientifiques. Ces formations postbaccalauréat de niveau de deuxième ou troisième cycle d’études supérieures durent généralement cinq ans et plus. Les études de santé, médecine, d’odontologie ou de pharmacie sont spécifiques, vont de six à douze ans selon les filières-1033.

En France les salariés se syndiquent et s’impliquent peu dans la participation à la vie de l’entreprise. Moins que dans bien des pays homologues occidentaux. Question de mentalité nationale individualiste peut-être. Il en va de même pour nos jeunes scolarisés : lycéens, étudiants. La plupart, les cours achevés s’empressent de fuir au plus vite leur établissement d’enseignement. Qui n’est que cela, non un véritable espace de travail et de vie pour nos juniors usagers pourtant acteurs principaux du système éducatif. Lycéens, étudiants sont des moins syndiqués. Ces derniers participent très peu aux élections étudiantes. Dans les instances décisionnaires lycéennes et étudiantes les jeunes ont une part, un pouvoir et une influence des plus limités.

En outre ils s’y investissent bien peu. Se sentent peu concernés par leurs prérogatives, places dans la marche administrative et le système représentatif et « exécutif » éducatifs. Les juniors se mobilisent fort contre les réformes qui leur semblent contraires à leurs intérêts. Paradoxalement ils s’impliquent bien peu dans le fonctionnement interne de leurs structures d’études. Cela peut possiblement s’expliquer par le fait que de façon lucide les jeunes scolarisés ont intégré que leurs prérogatives consultatives et de décision en l’école secondaire et supérieure française sont ténues. Alors pragmatiques ils préfèrent s’abstenir. Il revient à notre système éducatif de mieux associer ces juniors à la gestion, au pouvoir de leur propre scolarité. Alors seulement ils auront envie de s’y investir !


 

 

Dans l’ouvrage sociophilosophique d’O. Douard, G. Fiche, Les jeunes et leur rapport au droit, (France, 2002) les auteurs démontrent un « fait capital ». Lequel réfute fort les préjugés habituellement opposés à l’encontre des jeunes mineurs, comme majeurs. Ceux-ci disposent d’un certain nombre de repères et limites bien conscients. La plupart maîtrisent parfaitement les interdits sociaux et légaux. Confrontés à la Justice, au droit ils en saisissent parfaitement les enjeux. Ils connaissent, acceptent leurs devoirs, tout comme leurs droits. Ils ont plutôt confiance en la loi, le droit en tant que protection contre les violences, injustices. Dont ils pourraient alors être les victimes toutes désignées en tant que juniors. Adolescents mineurs ou jeunes majeurs du fait de leurs pairs ou des adultes.

Tout cela est très encourageant et fort rassurant quant au réel civisme, à la citoyenneté et au légalisme. À la rectitude morale, juridique, légale dont font généralement preuve la majorité des treize – vingt-quatre ans. La petite minorité « hors-la-loi » avait fini par occulter la grande majorité « loyale » des juniors de tous milieux. Le fort grand mérite de cet essai est d’en faire la magistrale démonstration. La jeunesse est sans doute bien moins « barbare », plus « civilisée » que les adultes veulent bien d’ordinaire le dire. Les jeunes savent fort bien qu’ils ont pleinement besoin de ces adultes pour grandir, prospérer. Épris de liberté, de générosité, justice ils ont tout autant nécessités d’autorité et de repères, limites et contraintes justes. Garants, ils l’admettent fort, de leurs autonomies et bonheurs à venir.

Tout ceci n’est pas validé si cela est imposé unilatéralement d’en haut, de façon vexatoire, arbitraire et verticale. Or, parfaitement intégré par le biais de la légitimité, la négociation. L’explication bilatérale et multipolaire horizontale du respect réciproque. Ce contrat social de compréhension, de tolérance, de reconnaissance partagées s’impose. Bien pratiqué par tous, aînés comme cadets, il permet ainsi préventivement d’éviter d’avoir à recourir au judiciaire, à la sanction. La loi adulte ne peut plus être « assénée », elle ne va plus de soi mais elle se doit d’être « éclairée ». Il nous revient de convaincre les jeunes en finesse par le dialogue. Plutôt que brutalement imposer par force. Le monde autoritariste défiant n’est plus. Est donc venu le temps de la « société participative de confiance »-1034. Du moins en théorie !


                      

 


– Réglementation de Vos Travail –

Loisirs, Valeurs… de Jeune


 

 

Votre emploi de mineur est réglementé. Que vous soyez salarié, stagiaire ou en travail d’appoint entre quatorze et dix-huit ans. En activité ou demandeur d’emploi. L’encadrement légal de vos loisirs et valeurs de mineur se veut également strict, préservateur. L’objectif de la « protection » morale de votre jeunesse est aussi fondamental. Notamment en matière d’accès aux œuvres écrites, audiovisuelles et sur Internet. Concernant vos adhésions, croyances dangereuses et extrémistes de jeune. Comme le satanisme, le gothisme délinquants, le néonazisme ou le terrorisme, l’anarchisme violent et le révolutionnarisme déviant. L’accès aux œuvres cinématographiques, productions audiovisuelles télévisées est limité pour vous, mineur.


 

 

Afin de mieux proscrire les nuisances qui portent atteinte à l’épanouissement physique, mental, moral des adolescents. La catégorie I concerne tous les publics sans restriction. La catégorie II est déconseillée aux moins de douze ans ou leur est interdite en salle pour causes de violence physique et / ou psychologique. La catégorie III est fort déconseillée aux moins de seize ans ou leur est interdite en salle. Pour son caractère alors érotique et / ou de grande violence. La catégorie IV est déconseillée aux moins de dix-huit ans ou leur est interdite en salle. Car elle est uniquement réservée à un « public adulte » notamment du fait de son caractère obscène et / ou pornographique ou d’extrême violence.

Le mineur bénéficie d’une capacité juridique notamment de co/contracter des plus limitées. Sa responsabilité civile personnelle peut être plus ou moins engagée sous le plein couvert de celle de ses représentants parentaux légaux. La scolarisation française étant obligatoire de trois à seize ans le travail des mineurs est a priori prohibé avant seize ans. Les exceptions à la règle avant cet âge ne concernent que les travaux très ponctuels, occasionnels, de fort courte durée.

Toujours en établissements exclusivement familiaux sous la seule direction des parents ou du tuteur. Cela concerne notamment l’artisanat. À partir de quatorze ans le mineur peut travailler lors des vacances scolaires à des fins de rétributions modiques. En de fort strictes conditions d’encadrement. Pour les jeunes de quatorze à seize ans la durée de ces vacances doit être d’au moins deux semaines. Le mineur ne peut alors travailler que durant la seule moitié de ce temps. Pour les vacances d’été le travail ne concernera donc qu’un seul mois sur deux.

Les parents doivent signer le contrat de travail du jeune mineur. L’apprentissage n’est possible qu’à partir de l’âge de quinze ans à l’issue du cursus complet de « premier cycle » des collèges. Soit après la fin de la classe de troisième. Il existe jusqu’à l’âge de trente ans pour le début de la formation. Un apprentissage « spécifique » qualifié apprentissage-junior est loisible à partir de quatorze ans. Les « règles générales du droit du travail » concernent tout comme les majeurs les mineurs qui réunissent toutes les conditions juridiques d’emploi.

Le contrat de travail peut être à durée indéterminée, déterminée ou alors temporaire. Les jeunes sont particulièrement concernés par les contrats de travail mixtes. Liant formation et emploi selon la vraie situation du junior. Contrat d’apprentissage, de qualification, d’adaptation, d’orientation… Les salariés et aussi apprentis mineurs ne peuvent pas travailler effectivement plus de sept heures par jour, trente-cinq heures par semaine. Ce qui constitue la « norme » la plus courante pour le salarié majeur.

L’Inspection du travail peut autoriser jusqu’à quarante heures par semaine maximum. La durée du travail en continu ne peut excéder un temps de quatre heures et demie. Chacune de ces phases de travail doit être suivie d’une pause de trente minutes consécutives non fractionnées. Le repos quotidien des mineurs de seize à dix-huit ans au travail doit durer au moins douze heures consécutives. Il s’agit de quatorze heures consécutives minimales pour les moins de seize ans. Aucun mineur ne peut travailler durant les onze jours fériés légaux annuels.

La seule exception concerne les entreprises qui travaillent « en continu » car en ce cas le travail se fait par roulements. Le travail nocturne des mineurs est interdit. Soit entre vingt heures et six heures pour les jeunes de moins de seize ans, entre vingt-deux heures et six heures pour les seize – dix-huit ans. Le repos nocturne du mineur est de douze heures consécutives minimum. Pour les jeunes mineurs de plus de seize ans le travail de nuit n’est possible que pour la prévention d’accidents imminents. La réparation d’accidents advenus.

Ce, pour extrême urgence si les professionnels majeurs sont tous dûment indisponibles. Exceptionnellement l’Inspection du travail peut autoriser des dérogations pour les activités commerciales ou de spectacle. Du fait de l’heure tardive de leur fermeture. De même sous certaines conditions du fait de la nature spécifique de leur travail. Les apprentis boulangers peuvent donc commencer à travailler dès quatre heures au lieu de six le matin. Certains travaux sont interdits au mineur car ils sont trop durs, insalubres, dangereux pour lui-même et sa santé. Par exemple car ils impliquent l’utilisation d’outils fort dangereux.

De substances toxiques. Présentent une pénibilité élevée ou des postures délétères. De même sont aussi interdits tous les travaux mettant en péril la moralité, les bonnes mœurs des mineurs. Hors contrats de travail spécifiques tels les contrats d’apprentissage, d’adaptation le travail du mineur est rémunéré au minimum. Sur la base du Smic minoré de vingt pour cent avant dix-sept ans. Sur la base du Smic minoré de dix pour cent entre dix-sept et dix-huit ans. À partir de six mois d’activité dans la branche de métier concernée le mineur a droit au minimum au Smic à taux plein ou plus. Le salaire du mineur lui bénéficie toujours directement. Ses parents ne peuvent jamais en disposer contrairement à tous les autres biens des mineurs.

Sauf foyer distinct pour l’imposition fiscale le mineur est « rattaché » à ses parents. Il n’est jamais redevable personnellement. Les stages d’entreprise sont autorisés pour les moins de seize ans. Ainsi les élèves du secondaire général peuvent effectuer des visites informatives sous l’égide des enseignants. Faire des séjours comme « observateurs » les deux dernières années d’obligation scolaire. Il en va ainsi du stage noté ou non normalement facultatif de classe de troisième et de « première familiarisation, avec le monde de l’emploi ».

Les élèves en enseignement alterné ou professionnel lors des deux dernières années de leur scolarité obligatoire suivent des stages d’initiation, d’application. Également des temps de formation en entreprise de façon obligatoire à durée très variable. Une convention de stage lie alors l’entreprise et l’établissement scolaire des jeunes. Les stages obligatoires ou facultatifs des élèves mineurs de l’enseignement secondaire sont non rémunérés. Seule une fort éventuelle gratification volontaire et limitée de l’employeur est possible-1035. De façon très réglementée.

Pour ne pas payer de cotisations d’imposition fiscale cette gratification ne dépasse jamais 30 pour cent du Smic pour tous les stages obligatoires. 25 pour cent du Smic pour tous les stages facultatifs. Le mineur peut travailler dans les entreprises de spectacle ou liées aux médias. Pour éviter les abus d’exploitation, d’image, d’argent ce travail très particulier des mineurs doit toujours être autorisé par le préfet du département. Une commission spéciale d’experts de la jeunesse. Ainsi que par les parents naturellement. L’autorisation n’est jamais requise pour les agences de mannequins à licence d’État et agréments d’engagements de mineurs.

Pour tous les mineurs de six à seize ans, lors des périodes scolaires le travail n’a lieu qu’en semaine hors les dimanches. Pendant les vacances le travail ne concerne que la moitié au maximum de la durée des congés. La rémunération de ces mineurs est scindée en deux par la commission qui a autorisé le travail du jeune. Une part est réservée au mineur pour restitution à sa majorité ou son émancipation. Ce « pécule » n’est pas à disposition du mineur ni de ses parents sauf en situations d’urgences et avec l’accord de la commission.

La seconde part est disponible pour les parents au titre de la jouissance légale. Profit d’une part des biens des mineurs par les parents au titre de la charge constituée par les mineurs. Concernant les mineurs mannequins des agences à licence, agrément il n’y a pas accord de commission. L’argent est également séparé en deux par l’agence sous surveillance de l’État-1036. Le contrat d’apprentissage est spécifique. Il concerne une formation en Centre de Formation d’Apprentis. En établissement conventionné avec l’État ou la région d’au moins quatre cents heures par an en moyenne. Il y a alors versement de salaire et une formation rigoureuse et complète en entreprise et en « centre de formation ». L’apprenti travaille pour l’entreprise lors de la durée du contrat, suit sa formation.

L’employeur est alors agréé par le préfet après avis du Comité départemental de la Formation professionnelle, de la Promotion sociale et de l’Emploi. Travailleur en formation l’apprenti est toujours lié par les dispositions concernant tous les salariés. Sauf opposition au statut des jeunes en primo formation. Les abus de stages des étudiants sont réprimés par de nouvelles règles. Pour les mineurs le travail est de huit heures par jour maximum, cinq jours par semaine et diurne sauf dérogations. Le temps passé en entreprise, comme en centre de formation est alors totalisé. L’apprenti mineur est un salarié payé à un quart de Smic au premier semestre. Jusqu’à 53 pour cent au sixième semestre. Cela même en cas de travail à « plein temps ». (Chagnollaud, 2003, 2017)-1037.

Les stages des étudiants sont mieux réglementés. La loi du 28 juillet 2011 instaure un délai de carence les concernant. Elle impose aux entreprises de respecter une période égale au tiers de la période de stage avant de recruter un nouvel étudiant stagiaire à un même poste. Tous les stages en entreprise sont régis par le Code de l’Éducation. Depuis le 1er septembre 2010 les stages sont intégrés à un cursus d’études.

Le stage en entreprise doit faire l’objet d’un compte-rendu de l’étudiant sous forme d’un rapport de stage généralement noté par l’établissement. Le stage ne peut correspondre à une tâche régulière pour un poste d’emploi permanent. La loi du 24 novembre 2009 stipule que la gratification est toujours mensuelle, obligatoire. Après un temps supérieur à deux mois. Dès le premier jour désormais depuis, 2014. Le stagiaire doit bénéficier des mêmes dispositions que les salariés d’entreprise pour ce qui est de la restauration et des transports.

Le décret du 29 août 2006 stipule qu’un stage ne doit pas être utilisé par l’entreprise pour remplacer un salarié. En cas d’absence, comme de suspension de son contrat de travail ou de licenciement. Le stagiaire n’a jamais davantage vocation à aider l’entreprise à faire face à des accroissements temporaires de son activité. La loi pour l’égalité des chances du 31 mars 2006 affirme que le stage doit faire l’objet d’une convention tripartite entre stagiaire, entreprise d’accueil, établissement d’enseignement.

Sont concernés surtout les stages obligatoires ou facultatifs des étudiants d’établissements d’enseignement supérieur diplômants ou non. Un stagiaire ne peut jamais remplacer un salarié. La convention de stage précise au préalable l’ensemble des « modalités » qui y sont afférentes. Le stagiaire n’est pas un salarié mais en formation. Il est encadré par un enseignant de son école et par un salarié de l’entreprise. Le stage dure six mois maximum par année d’études-1038. Pour éviter tout abus.


 

 


– Vos « Prérogatives Fondamentales » –

Latitudes, Sauvegarde de Jeune


 

 

À l’échelle internationale vos droits de mineur sont garantis par des traités. Comme la « Convention Internationale des Droits de l’Enfant », c’est-à-dire des mineurs, votée le 20 novembre 1989. Entrée en vigueur par ratification d’un certain nombre d’États membres en 1990-1039. Pour marquer le vingtième anniversaire de la convention, la défenseure des Enfants a organisé en 2008-2009 une grande Consultation nationale.

Auprès des moins de dix-huit ans, plus particulièrement vous, junior de douze – dix-huit ans, « Parole aux Jeunes ». Sur vos droits fondamentaux. Les huit sujets de réflexion retenus concernaient vos éducation, famille, la Justice, votre vie privée et Internet, votre santé, vos discriminations, comme les violences, vos expression et participation. Nous avons déjà détaillé tout cela plus haut. Vous, jeune vous êtes exprimé sur un forum Internet officiel.


 

 

Un « tour de France » a eu lieu autour de ces huit forums thématiques. Des ateliers se sont déroulés avec des classes de collèges, lycées. Les jeunes ont fait des propositions. Des débats locaux ont eu lieu avec des professionnels et des élus locaux. Les suggestions, avis des juniors ont été consignés en un « Livre d’Or de la Parole des Jeunes ». Puis un grand rassemblement national a eu lieu à Paris le 20 novembre 2009 alors date anniversaire de la Convention de New York. Avec les porte-parole des juniors ayant participé aux huit forums des « grands témoins ». Ce Livre d’Or a été remis au président de la République, comme au Parlement par la défenseure des Enfants.

À l’occasion de la communication de son rapport annuel 2009. En France la loi, le droit garantissent à tous les mineurs des libertés, droits fondamentaux imprescriptibles, irrévocables, inaliénables. Il s’agit surtout des droits affectifs, éducatifs, sociaux, économiques, au travail et à la santé, au repos, aux loisirs, d’expression, de libre conscience, pensée. Nous avons donc déjà évoqué le fruit de cette consultation. Qui a eu pour mérite de donner la pleine parole aux jeunes eux-mêmes sur leurs vérité, réalités, attentes, besoins. Quand les juniors s’expriment sur leurs propres intérêts cela fait progresser la société tout entière !

Droits à l’intégrité physique / morale, judiciaires, juridiques, légaux, politiques, culturels-1040… Trois types de droits reviennent aux non-majeurs. Les droits à « être », ceux de « faire », ceux d’ « avoir », de bénéficier, de quelque chose. La triple caractéristique du droit du mineur est d’être très protecteur, coercitif, probatoire-1041. Les institutions, actions publiques, privées de protection, défense des mineurs ont pour objectif premier la sauvegarde des intérêts du mineur. Citons la défenseure des Enfants (2000), la Protection Judiciaire de la Jeunesse (1990) ou les avocats pour mineurs. La Brigade de Protection des Mineurs de Paris, l’Aide Sociale à l’Enfance (1945), l’Action Éducative en Milieu Ouvert (1958). Le monde associatif, comme les Associations Départementales de la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence, Adsea.

Les mineurs victimes d’infractions sont préservés par un droit pénal spécifique. Protéger des abus, dédommager de façon compensatoire. Aider avec efficacité la jeunesse atteinte par des infractions malveillantes, néfastes, à ses dépens. Comme les agressions physiques, sexuelles, les vols, l’abandon, le détournement et aussi la séquestration, la maltraitance, les négligences et la mauvaise éducation… Tels sont les objectifs principaux du droit spécifique en la matière. Le mineur, tout comme le majeur a droit à la protection, au respect de sa vie privée. Tout particulièrement désormais en terme de technologies de l’information et de la communication dont les jeunes usent tant.

Il s’agit donc d’être particulièrement vigilant quant à la diffusion de données intimes, personnelles de tout mineur notamment sur l’Internet. Aux liens possibles avec des adultes inconnus plus ou moins bien intentionnés. Les informations concernant l’identité, les noms et l’adresse privée doivent être secrètes et non publiées. Sauf accord formel de la personne notamment mineure. Cette dernière peut également demander à ne jamais figurer en aucun annuaire papier ou électronique. Toutes les correspondances du mineur, tout comme celles des majeurs, papier et électroniques, téléphoniques fixes ou mobiles sont toujours inviolables. Protégées contre les atteintes de tous particuliers et entités publiques ou de leurs agents.

Le secret de la correspondance est violé en cas d’ouverture, de détournement, suppression ou de retard des courriers. La lecture non autorisée par un tiers, délibérée, non par erreur de bonne foi d’un courrier adressé à un destinataire est délictuelle. La règle s’applique tout autant pour les correspondances électroniques et téléphoniques. Il s’agit pour les jeunes de donner le moins d’informations personnelles sur Internet, de diffuser le moins de photos, de vidéos individuelles. La protection de l’image personnelle est bien plus forte en lieu privé notamment résidentiel toujours inviolable qu’en espaces publics.

Ainsi la vidéosurveillance réglementée d’espaces publics est légale en un objectif notamment de sécurité. Car elle ne vise personne en particulier mais surveille l’ensemble des usagers anonymes d’un lieu. La fixation de l’image d’une personne en un lieu privé n’est possible que sur l’accord formel de l’individu concerné. Si cette prise de vue photo ou vidéo est faite de façon fort manifeste, visible, comme publique. Avec plein accord tacite ou non-opposition formelle des intéressés. La voix humaine est protégée, ne peut pas être imitée à but de fraude mais seulement de façon explicite. De manière à ce que l’on sache qu’il ne s’agit que d’imitation pure et simple.

Les paroles dites sur le mode privé ou confidentiel sont également protégées. Contre tous enregistrements clandestins abusifs diffusés ou non sans accord des intéressés. En lieux privés et publics. Les opinions et orientations personnelles sont protégées comme éléments de la vie privée. Leur confidentialité est garantie et leur divulgation publique interdite. Sauf en cas d’actes illégaux comme la discrimination délictuelle. Les parents détenteurs de l’autorité parentale doivent assurer la protection de la vie privée de leurs enfants mineurs.

Tout ce qui concerne la personne d’un mineur doit être validé par les parents. Ce qui regarde en outre l’image, les caractéristiques propres du mineur doit obtenir aussi l’aval du jeune. Les parents ont un impératif de surveillance éducative de leur adolescent mineur. Ces parents peuvent donc préalablement prendre connaissance de tous courriers adressés à leur enfant mineur non émancipé vivant avec eux. Le mineur ne peut réceptionner nul courrier ou colis lui étant destiné à la poste notamment en poste restante. Sauf sur autorisations parentales ou tutorales. Les parents doivent pouvoir contrôler tout ce que reçoit leur junior mineur.

Sans que cela s’opère à leur insu. En cas de mineur victime d’autrui ou de lui-même les médias peuvent rendre compte de toutes occurrences afférentes. Ils ne peuvent diffuser ni l’image des mineurs ni aucun élément personnel d’identité et d’identification. Cela protège l’anonymat, la vie privée et la quiétude même du mineur au présent et pour l’avenir. Sauf si la divulgation d’éléments d’identité dudit mineur est au préalable autorisée par les parents, l’administration, la Justice. Notamment en l’intérêt même du mineur pour aider les forces de l’ordre à rechercher, retrouver de jeunes fugueurs ou disparus.

Donc en danger pour les protéger et préserver leur sécurité et sûreté. Les audiences devant la Justice des mineurs peuvent être non publiques. Devant le juge des enfants il n’y a que les parents, le procureur, l’avocat. Au tribunal pour enfants, comme en cour d’Assises des mineurs s’ajoutent seulement quelques personnes prédéterminées. Devant tout juge quand un mineur est impliqué pour le protéger les audiences peuvent par mesure d’huis clos être sans public. Hormis peu de présents comme les parents ou témoins. Le mineur peut également être absent au moins partiellement. Pour le préserver d’entendre certains propos qui seraient « difficiles » pour lui.

Les mineurs ont un droit d’accès à la santé, aux soins médicaux, à une sexualité sûre. À la protection contre les addictions, les dépendances néfastes à leur santé. Les parents ont le devoir de soins à l’égard de leur mineur. Ils choisissent les praticiens, la thérapeutique. Le mineur peut consulter seul et à l’insu de ses parents pour des raisons de confidentialité. La protection sociale du mineur est celle des parents. Un congé parental sans solde est prévu pour soigner le mineur malade. Cela concerne les moins de seize ans à charge des parents.

Sauf accord de l’employeur ce congé ne dépasse pas trois jours par an pour les mineurs de plus d’un an. Cinq jours annuels si le parent est en charge de trois mineurs au moins de moins de seize ans. Certains accords peuvent même assurer des congés plus longs, voire rémunérés. Tout médecin doit informer les parents de l’état de santé d’un mineur. Il y a une interaction explicative et de décisions thérapeutiques entre les trois protagonistes. Praticien, mineur et parents. En cas de troubles de santé importants, de refus du mineur d’en aviser ses parents le praticien doit toujours fermement inciter et convaincre ledit mineur à le faire.

Si c’est « en vain » le praticien peut ne pas informer les parents ou alors le faire malgré l’opposition du mineur. Cela concerne surtout les mineurs de plus de quinze ans. Le dossier médical du mineur est toujours accessible aux parents ou détenteurs de l’autorité parentale. Le secret professionnel médical s’applique au profit des mineurs vis-à-vis de tout tiers sauf les parents. Il n’y a pas de secret en cas de maltraitance sur mineur de moins de quinze ans. Les praticiens doivent en saisir les autorités sans nul accord des mineurs. En cas d’atteintes sexuelles sur tout mineur le médecin saisit les autorités avec l’accord des mineurs de plus de quinze ans.

Les parents décident des thérapeutiques adéquates à suivre par leur enfant mineur. L’accord du mineur adolescent doit être recherché. S’il s’oppose la volonté parentale s’impose. Il y a les choix de soins vitaux indispensables à la garantie de la santé du junior mineur. Ce dernier peut toujours formellement s’opposer à ce que ses parents en soient avisés. En dépit des tentatives de raisonnement du médecin. Le traitement peut être formellement administré sans accord parental même à l’insu des ascendants. Le praticien peut également passer outre le refus du mineur et explicitement aviser les parents.

Les mineurs de moins de seize ans à la charge de leurs parents assurés sociaux sont de ce fait des ayants droit du régime de Sécurité sociale de leurs parents. De même les lycéens, apprentis, étudiants de moins de seize ou vingt ans. Les jeunes de moins de vingt ans handicapés ou malades chroniques inaptes à l’activité professionnelle. Le mineur dès ses seize ans peut bénéficier de sa propre couverture sociale. Il y a remboursement de frais de santé aux parents pour le jeune qui leur est rattaché. Le junior ayant droit personnel est directement remboursé lui-même.

Cela concerne les seize ans et plus qui le demanderont scolarisés, salariés, chômeurs. Les apprentis, comme les étudiants à partir de seize ou vingt ans. Le mineur qui veut consulter à l’insu de ses parents peut le faire en tous les centres de santé gratuits. L’information sexuelle n’est jamais du « domaine » des parents car elle relève de l’intimité des jeunes. Cette dernière en tant que telle n’est jamais du ressort des ascendants. Cette éducation relève donc de l’école, comme d’autres intervenants spécialisés. Notamment pour la prévention et dissuasion drastiques des prises de risques pathogènes.

Au collège et lycée les cours de « sciences de la vie et de la terre » peuvent contribuer à l’information idoine en la matière notamment en quatrième. Des enseignements spécifiques peuvent être ajoutés. Deux heures obligatoires annuelles pédagogiques ont lieu en classes de quatrième et de troisième. Avec des intervenants spécialisés internes et extérieurs. Les distributeurs de préservatifs peuvent exister dans les lycées. L’information sexuelle, comme de santé sexuelle se fait aussi par des brochures spécialisées. Dans les infirmeries scolaires notamment.

Il y a aussi la presse pour jeunes, les sites officiels spécialisés sur Internet, les associations adéquates. Également les centres spécialisés pour juniors comme les maisons départementales des adolescents. La contraception, ainsi que la bonne protection contre les infections sexuellement transmissibles, le Sida se font par le biais du préservatif masculin. Contre toutes les grossesses non désirées les filles utilisent le stérilet, le diaphragme, surtout les pilules contraceptives. Tout mineur est autorisé à accéder seul à l’insu de ses parents aux moyens de contraception. Cela permet de préserver toute sa vie privée et son intimité.

La mineure peut voir seule un médecin mais il lui faut alors payer la consultation sans nul remboursement ou avec remboursement. Ce qui alertera les parents assurés sociaux pour le compte de leur fille de moins de seize ans. Cette dernière peut directement acheter son contraceptif chez un pharmacien. Également aller consulter en centre de santé gratuit. Le mineur peut toujours très librement acheter ses préservatifs en pharmacie, distributeur. La contraception d’urgence est possible à l’insu même des parents pour la mineure en cas de sexualité ayant eu lieu sans mode contraceptif.

Médecins, infirmiers scolaires, pharmaciens la délivrent en cas de détresse et d’urgences avérées. La mineure décide si l’on informe ses parents ou non. En les deux cas elle obtient la pilule s’il n’est pas trop tard. Sinon elle est dirigée vers tous services adéquats. L’avortement reste possible dans les douze premières semaines de grossesse. La mineure doit accepter son interruption volontaire de grossesse si tel est son souhait. L’on ne peut le lui imposer ni le lui interdire. Au préalable elle doit être informée de toutes les implications par entretien avec experts compétents en la matière-1042.

Le consentement de la mineure lui est propre. Elle seule décide. Ses parents ne peuvent ni imposer ni s’opposer. Pas plus que le père mineur ou majeur. Seul un médecin est habilité à pratiquer une Ivg en outre en centre de santé agréé. Nul praticien n’est tenu de pratiquer un avortement. Celui-ci est possible sans limitations de durée de grossesse si l’enfant à naître connaît des troubles graves. L’accès des mineurs aux débits de boissons est réglementé par la législation. Il appartient aux parents détenteurs de l’autorité parentale de « prévenir » leur junior mineur contre les ravages de toute alcoolisation.

Les médias font de même, ainsi que les brochures spécialisées, les associations de terrain, les pouvoirs publics, l’école. Avec ses soignants médicaux, enseignements et intervenants extérieurs… Aucun mineur de moins de dix-huit ans ne peut acheter ni même recevoir gratuitement de boissons alcoolisées. Aucune consommation sur place ni achat à emporter d’alcool n’est possible. Les mineurs de moins de dix-huit ans n’ont pas le droit de fréquenter tout seuls tout lieu où est vendu ou servi de l’alcool. Bars et discothèques… Il est formellement prohibé d’inciter un mineur à consommer de l’alcool gratuitement ou non. Il est interdit de faire boire un mineur jusqu’à l’ivresse.

Est lourdement sanctionné le fait d’inciter un mineur à s’alcooliser à proximité ou dans l’école. L’information anti-tabac de la jeunesse se fait de façon similaire à celle sur l’alcool. La publicité pour le tabac est réglementée, les paquets de cigarette alertent sur les risques. La vente de tabac aux mineurs de moins de dix-huit ans est interdite. Fumer est interdit en tout lieu public et recevant du public ou collectif, de même que dans les transports en commun. Des espaces fumeurs fermés et spécifiques doivent être installés. Les espaces non-fumeurs sont toujours la règle, comme les lieux fumeurs l’exception.

Il est interdit de fumer en tous lieux d’enseignements y compris même dans les espaces en plein air comme les cours de récréation. Des espaces fumeurs peuvent éventuellement être prévus uniquement pour les majeurs. Les moyens d’informer les jeunes sur les dangers des drogues sont les mêmes que pour le tabac, l’alcool. La consommation de tout stupéfiant est interdite, sanctionnée par des peines d’amende, de prison. Sauf soumission volontaire à une cure de désintoxication. L’incitation à consommer des stupéfiants à l’égard d’un mineur est formellement interdite.

Que cette incitation soit suivie d’effet ou non. Il est formellement interdit de vendre, fournir des stupéfiants. Cela constitue un trafic de stupéfiants et est gravement sanctionné. Par le biais de l’autorité de la protection parentales les parents peuvent limiter les droits de libre circulation de leurs ados mineurs. Notamment quant aux sorties nocturnes qui peuvent être interdites par les ascendants. Dont les horaires de début et de fin peuvent être imposés par les géniteurs. Les parents ont toujours ce droit et ce devoir sous peine de sanctions pour négligence éducative.

Certaines réglementations municipales interdisent la circulation des mineurs non accompagnés de moins de treize ans la nuit. En certains quartiers urbains quand des circonstances locales spécifiques l’imposent, que l’interdiction est adaptée. Les mineurs ne peuvent donc accéder à des lieux où il est vendu, servi de l’alcool que s’ils sont accompagnés par des majeurs. Bars, discothèques… Si ces établissements ne servent pas d’alcool les mineurs y ont accès seuls. Tout mineur en état d’ébriété sur la voie publique est susceptible d’interpellation directe par les forces de l’ordre. Avec obligation d’obtempération.

Certains films de cinéma sont donc interdits à tout mineur de douze, seize ou dix-huit ans. Certaines publications néfastes pour les mineurs peuvent aussi leur être interdites. Pour impudeur, pornographie ou promotion du crime, de la violence, du racisme, des stupéfiants… Elles ne peuvent alors pas leur être vendues, voire être visibles ni objet de publicité. C’est le cas de la pornographie. Il en va de même de tous supports vidéo. Les mineurs peuvent être contrôlés comme les majeurs par les forces de l’ordre en cas de risques d’atteinte à l’ordre public. En objectif de prévention de trouble possible ou probable.

Le mineur est assujetti aux contrôles de Police et ne peut s’y soustraire. Il y a aussi contrôle, voire fouille dans le cas d’infractions, qu’elles soient simplement tentées ou commises. En cas de détention possible de renseignements utiles à une enquête. Si l’ado mineur est susceptible de faire l’objet de poursuites. Sur demande du procureur de la République. Le mineur prouve son identité par tout moyen. Notamment carte nationale d’identité facultative, gratuite et valide, quinze ans renouvelables. S’il ne justifie pas de son identité le mineur peut de ce fait être retenu. Alors ses parents, le procureur sont avisés sur-le-champ de l’arrestation, la privation de liberté.

Le jeune est informé qu’il peut faire prévenir qui il veut. Dès que l’identité de ce mineur est établie il est libéré en un temps ne dépassant pas les quatre heures. Le piéton notamment mineur doit marcher le plus souvent sur le trottoir, user des passages piétons, respecter les feux de signalisation. L’usage de rollers ou skate est assimilé au caractère de piéton avec plein respect des obligations dudit piéton. Avec allure modérée sur les trottoirs, interdiction d’utiliser les chaussées. Le port de protections n’est pas obligatoire en tant que piéton mais recommandé.

Le junior à bicyclette peut rouler sur les chaussées ou également les pistes cyclables lorsqu’elles existent. Les avertisseurs sonores ou sonnettes sont obligatoires sur les bicyclettes. Les deux roues motorisés hors motos de gros calibres sont autorisés aux mineurs à partir de quatorze ans. Dès cet âge le brevet de sécurité routière d’auto-école est obligatoire. Il ne peut être obtenu que si l’attestation de sécurité routière a bien été délivrée, généralement en classe de cinquième. Ce « brevet de sécurité routière » est exigible par tout agent de Police.

Le transport d’un passager est possible s’il y a un deuxième siège distinct prévu, un siège double ou une banquette. Pour tous les deux roues motorisés sans exceptions le port d’un casque homologué et aux normes de sécurité est impératif. Tant pour le conducteur que pour son passager éventuel. L’école délivre des attestations de sécurité routière. Un premier niveau d’attestation est atteint en classe de cinquième. Le second est délivré en troisième. Il suffit d’atteindre la moyenne de dix sur vingt. Ces attestations sont toutes obligatoires pour être autorisé à passer le permis de conduire automobile.

Les mineurs de seize à dix-huit ans peuvent se former par la conduite automobile dite accompagnée. Il y a la théorie du code puis la pratique sur route pendant un à trois ans avec un guide sur au moins trois mille kilomètres. L’accompagnateur est toute personne majeure ayant son permis de conduite ce, depuis au moins trois ans. Aucun mineur ne peut rouler sans ledit permis. En transports en commun tout mineur ou majeur doit avoir un titre de transport valide et validé. Sinon en cas de contrôles avec droit de relevé d’identité et d’adresse par les contrôleurs il y a amende immédiate. Procès verbal, délais de paiement, frais onéreux-1043.

À défaut de paiement après ces délais le procureur de la République est saisi, impose une amende plus lourde encore. En cas d’infractions multipliées il y a alors risques de poursuites pénales aggravées. Les contrôleurs, agents des transports exercent une pleine mission de respect de l’ordre. Ils sont réputés bénéficier comme la Police d’une certaine inviolabilité. En cas d’outrages ou encore de rébellions il y a sanctions pénales doublées si les violences sont commises en groupe. Pour des raisons de sécurité, de place la présence d’animaux, de bicyclettes dans les transports collectifs est très limitée, réglementée. Le principe le plus courant est l’interdiction totale permanente sauf strictes exceptions et conditions précisées.

Différents textes constitutionnels de droit français, également internationaux protègent les droits de l’Homme d’une façon générale. La Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant dite de New York concerne exclusivement tous les mineurs. Elle a été votée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, puis ratifiée par la France en 1990. Elle fait suite à une Déclaration Internationale des Droits de l’Enfant onusienne datant de 1959 bien moins complète. Moins contraignante et impérative pour les États signataires puisque simple déclaration. Non convention liant les États y adhérant, obligeant donc à un minimum de respect des dispositions afférentes. Également d’application concrète dans les pratiques, législations internes des États.

La plupart des pays du monde adhèrent au texte. En France le 20 novembre est chaque année Journée Nationale de Défense des Droits de l’Enfant. L’enfant est considéré par la convention comme la personne humaine qui a moins de dix-huit ans. Sauf dans les États où l’âge de la majorité civile est fixé antérieurement. En ce cas l’enfance cesse lors de l’accès à la majorité plus précoce. Globalement la convention concerne donc tous les enfants et adolescents mineurs des deux sexes de zéro à dix-huit ans.

Il ne peut donc y avoir discriminations, inégalités non fondées d’aucunes sortes entre les jeunes. Ethniques, sociales, économiques, culturelles, religieuses, philosophiques, morales, de sexes, nationales, familiales, éducatives, géographiques… Les droits fondamentaux sont les mêmes pour tous les juniors et leurs parents. Les États signataires s’engagent à suivre, faire appliquer en permanence sans exceptions ce principe absolu de non-discrimination.

Tout jeune a droit à la plénitude. Toute décision doit tenir compte de ses intérêts. Le mineur est entendu en Justice lors du divorce parental. Il est associé par ses parents aux décisions le concernant. Parents et État doivent veiller aux intérêts juvéniles. Notamment quant aux pouvoirs publics par l’entremise d’institutions liées aux mineurs. Écoles, établissements de santé, de protection… Les mineurs ont le droit d’avoir des droits imposés par la convention. Les lois nationales doivent toujours reconnaître les droits des mineurs. Les parents, le cas échéant la famille élargie en certaines cultures ont le droit, le devoir de garantir au mineur un développement satisfaisant.

Ils doivent lui inculquer ses droits, lui donner, expliquer les moyens, les manières d’en user. Tout mineur a droit à la vie sans différenciations entre les jeunes. Quels que soient les caractéristiques du mineur, ses handicaps éventuels réels ou supposés. Il est égal aux autres, doit être préservé avec le même soin. Le mineur a droit à une identité définie, nom, nationalité et droit de savoir qui sont ses parents biologiques. Le droit français ne reconnaît pas totalement ce dernier droit notamment en cas d’adoption-1044.

Les mineurs ont le droit de vivre avec leurs parents en famille biologique ou adoptive. Le plus souvent en l’intérêt du mineur. Sauf si le milieu familial se révèle nocif pour ce mineur notamment par maltraitance et / ou tous manques de soins. Alors la Justice peut le placer en milieu extrafamilial. En cas de divorce ou séparation parentaux le mineur doit s’exprimer à ce sujet. Il doit être en mesure de persister à rencontrer ses deux ascendants. Sauf si cela constitue un danger, une menace pour sa sûreté physique et / ou psychique. Le mineur a le droit de vivre en sa famille.

Le regroupement familial des mineurs séparés du reste de leur famille par éloignement en des États différents est un droit. Qui doit être facilité par lesdits États. À défaut tous les contacts intrafamiliaux « à distance » doivent être rendus possibles. L’enlèvement de la personne de tout mineur est proscrit y compris par ses propres parents. Tout mineur a un droit inaliénable et irréfragable de retour et vie habituelle en son propre pays. Les États doivent scrupuleusement y veiller, bien coopérer entre eux pour garantir, appliquer concrètement ce droit intangible. Tout mineur a droit irréfragable de libre opinion.

Le poids de cette opinion est fonction de l’âge et aussi de la maturité atteints. L’opinion du mineur doit être émise et sollicitée en toute occasion. Devant la Justice, l’administration ou dans le cadre même de la vie personnelle du jeune selon ses goûts, préférences. Le mineur a droit à la totale liberté d’expression au travers de toutes ses formes. Écrite, orale, audiovisuelle… De tout procédé de façon nationale, comme internationale. Dans le respect naturel des droits, des libertés d’autrui, ainsi que de la collectivité.

Les adolescents mineurs bénéficient de la liberté de penser à leur guise sans se voir imposer la pensée unique. Cette liberté de conscience personnelle concerne tout domaine sans aucune exception. Religieux, philosophique, politique, moral et idéologique… Les parents ont la tâche d’aider le mineur à se forger sa propre opinion. Les mineurs émettent des idées dans la limite des lois, du plein respect des droits d’autrui. Sans pouvoir faire admettre par force leur vision des choses à quiconque. Les mineurs se voient reconnaître la liberté d’association. Être ensemble, agir de concert en l’objectif de librement défendre des idées ou mener toutes activités données.

Il y a donc aussi liberté de réunions pacifiques, légales. La limite est le respect des libertés d’autrui et de la collectivité. Hors situations particulières strictement prédéfinies par les lois nulle entité publique ou privée n’est jamais habilitée à se mêler de la vie privée d’un mineur. À aucun point de vue et d’aucunes façons. La personne, la dignité, l’honneur d’un mineur sont inviolables et sacrés. Les États y veillent notamment concernant les médias, comme toutes personnes morales, physiques, entités publiques et privées. En particulier quant aux institutions et aux personnes en relation avec des mineurs. Justice, enseignement, santé, loisirs…

Les jeunes mineurs ont tous le droit à l’information, à une information diversifiée, objective, impartiale. Nationale, comme étrangère. Pour assurer les savoirs des juniors et la connaissance des cultures allogènes. En une optique de plénitude psychosomatique. Les médias sont donc incités à diffuser pour les mineurs des informations, divertissements les plus bénéfiques, enrichissants. Les ouvrages adaptés aux mineurs, aptes à construire leur intelligence et réflexion doivent être également fort encouragés. Les informations néfastes, délétères pour de jeunes esprits doivent toujours être totalement inaccessibles aux mineurs.

Les parents sont responsables de leurs enfants mineurs. Notamment par l’entremise de l’éducation et du développement personnel et moral. L’État se doit d’y concourir par l’action adéquate d’organismes et de politiques compétents. Adaptés aux réalités, besoins, attentes du jeune, des parents. Le mineur doit être garanti contre tout mauvais traitement. Agressions caractérisées et délibérées ou négligences et privations indues ou exploitations sexuelles et par le travail. De la part de l’État, de la famille, des parents, de quiconque. L’État y veille.

Le mineur a le droit d’être protégé dans et hors de sa famille. La famille veille au bien-être à tous points de vue, par tous moyens du mineur. Si la famille est inexistante, défaillante ou indigne, l’État prend sa place. Par l’entremise notamment d’éducateurs spécialisés ou bien de familles de substitution dites d’accueil. Le passé, la culture, comme les caractéristiques propres, personnelles du mineur sont impérativement pris en compte. Le mineur a droit à l’adoption de sa personne dans le strict cadre de ses intérêts et de principes préétablis-1045.

Les parents ou responsables en charge des mineurs doivent agréer la mesure. Si le pays d’origine diffère de celui d’adoption les droits du mineur doivent être équivalents dans les deux États. L’adoption ne doit jamais être lucrative pour les parents adoptants. Les mineurs réfugiés seuls ou non dans un État car fuyant les persécutions idéologiques de leur pays d’origine sont protégés. Par la réglementation internationale, les États. Ces derniers doivent permettre au mineur de retrouver sa famille. Si cela n’est pas réalisable l’État a à charge la protection des mineurs. Les mineurs handicapés physiques, mentaux ou intellectuels ont des droits entiers spécifiques.

Notamment de bonnes conditions de vie. Liberté, égalité, dignité. Au maximum des possibles, sans abus de pouvoir arbitraires sur leur personne. Notamment par coercition et internement abusifs. Les États doivent donc prévoir des soins adéquats, si possible gratuits selon la loi en vigueur. Éducation, santé, loisirs, plénitude, insertion parmi la société et les autres jeunes. Les mineurs ont droit à la santé sociale et psychosomatique, à l’accès aux soins facilité si possible gratuit. L’État et les familles y contribuent. L’effort porte sur l’hygiène, la morbidité, la mortalité, la prévention, la prophylaxie, l’épidémiologie.

La bonne nutrition alimentaire équilibrée, bénéfique, l’interdiction des usages toxiques pour la santé. Tout placement de mineurs en institutions ou en foyer familial non biologique doit toujours être potentiellement révisable. Jamais irrévocable. Les mineurs ont aussi droit à la Sécurité sociale en fonction des situations juvéniles, parentales. Le mineur a droit à un niveau de vie minimal et décent. En fonction de l’état de développement économique de ses parents et des États. Il s’agit de garantir à tout mineur de façon satisfaisante a minima un développement physique, psychique, spirituel, social.

Les parents en ont le strict devoir et la responsabilité. L’État les supplée par des aides appropriées en cas de patentes difficultés parentales. Pour favoriser et soutenir ou promouvoir la famille et la jeunesse. En cas de divorce parental les mineurs ont droit à pension alimentaire obligatoire sous surveillance et astreinte de l’État. Le mineur a le droit à son éducation en tant que chance capitale, devoir personnel de développement. L’enseignement doit donc être obligatoire au moins jusqu’au secondaire. Si possible gratuit ou du moins pouvant donner lieu à pleines aides publiques.

L’enseignement supérieur doit être « accessible ». Tout mineur se voit reconnaître le droit de choisir librement lui-même son orientation et avenir scolaires, professionnels. Assiduité, discipline et travail constants doivent être la règle de tout bon scolarisé. Cela se fait dans le respect total systématique de la dignité et des droits des mineurs. L’État est le garant de l’instruction, de l’éducation et de la formation de qualité de tout mineur. L’éducation ne doit pas être outil de conditionnement, d’aliénation, d’asservissement de la jeunesse à de seuls objectifs, intérêts d’État. Étrangers à ceux des mineurs.

L’école doit servir le jeune, garantir sa plénitude, son équilibre, sa liberté et ses droits. Elle doit l’élever culturellement, l’enrichir, l’ouvrir aux autres, mieux le révéler à lui-même. Il s’agit de mener le mineur vers l’adultisme, l’autonomie, la responsabilité et la maturité. La citoyenneté, les savoirs, les valeurs, le métier et l’insertion sociale… Pour un monde démocratique, prospère, en paix, heureux, libre, égal, fraternel. Dans le plein respect de l’environnement écologique, sociétal, humain. Les mineurs minoritaires et fragiles de ce fait ont des droits plus spécifiques.

Il s’agit de leur garantir le respect, la préservation de leur personne, leur groupe d’appartenance, leur culture, religion. Aussi leurs langue, coutumes, modes de vie, territoires, spécificités, mœurs, mentalités et comportements propres… Les mineurs ont le droit aux loisirs, à la détente et au repos, à la récréativité et au plaisir. L’État, les collectivités locales, les associations, centres spécialisés, équipements spécifiques y concourent. Les temps de scolarisations, plus encore de travail professionnel doivent donc être limités. Pour assurer les régénérations mentale, physique des jeunes par des loisirs sains, bénéfiques et équilibrés.

Les mineurs ont le droit à être préservés de toute exploitation. Le travail des mineurs doit être l’exception et la scolarisation la norme. En Occident le travail régulier permanent des mineurs est totalement interdit en dessous d’un certain âge. Généralement quinze ou seize ans. Il en va autrement ailleurs ! Le principe est donc que si le junior travaille il ne soit pas exploité, abusé. Il s’agit que ce travail ne soit pas trop lourd, long, répété, dans des conditions dangereuses et inadaptées à des mineurs. Notamment les plus jeunes. Il s’agit de tenir compte des capacités de chacun.

Chaque État doit donc préalablement fixer l’âge minimal de travail, les horaires, durées, conditions d’emploi des mineurs. Les sanctions encourues pour le non-respect des mesures en vigueur. Le mineur doit être préservé des stupéfiants et substances toxiques et nocives pour sa santé. Cela vaut non seulement pour la consommation mais aussi la production, le trafic des matières illégales. Le mineur doit être protégé contre toutes atteintes sexuelles. L’exploitation sexuelle telle la prostitution forcée et la sexualité contrainte est formellement prohibée. Elle doit être prévenue, empêchée, punie en cas de réalisation.

Le mineur des deux sexes n’est pas un « jouet-objet sexuel » pour adultes ou d’autres jeunes. Le mineur n’est pas un objet en tant que personne humaine inviolable à part entière. Son intégrité physique, psychique, spirituelle doit être préservée et garantie. Le junior n’est ni objet ni chose mais sujet humain de droit. Il est donc interdit de l’acheter, le vendre, le louer, le commercialiser et en faire la publicité en tout pays. L’esclavage est illégal et puni partout. Le mineur a le droit d’être préservé de la torture ou de toute privation physique, psychique de ses libertés. Les atteintes physiques et mentales sont strictement proscrites. De même que les traitements inhumains, cruels, dégradants, barbares. Quels qu’ils soient, toujours et partout.

Les arrestations, enfermements arbitraires, les violations de dignité, outrages, humiliations sont formellement interdits. Les décisions judiciaires doivent donner lieu à possibilité d’appel et contestation. La peine de mort, l’emprisonnement à vie sans possibilité d’appel, de remise de peine, les durées de claustration abusives sont proscrits. Pour les mineurs de moins de dix-huit ans. Malheureusement quels que puissent être les faits reprochés certains États exécutent encore en notre siècle des jeunes mineurs. Les mineurs doivent tous être à l’abri des conflits armés.

Les moins de quinze ans ne doivent jamais directement entrer en guerre. S’il n’est pas combattant tout mineur doit être protégé comme tout civil. Le mineur doit être réinséré au sein de sa société. Un jeune défavorisé, négligé, maltraité, en difficulté a le droit d’être soutenu par son État. Pour être en mesure d’intégrer une existence, comme un milieu satisfaisants. En plein respect de ses réalités, attentes et besoins passés, présents, à venir à tous points de vue, comme en tous domaines. Les jeunes mineurs ont des droits juridiques, juridictionnels, judiciaires. Avant tout jugement définitif en Justice le mineur doit bénéficier d’office et au préalable de l’irréfragable présomption d’innocence. Quel que soit son cas.

Le jeune doit toujours savoir ce qui lui est reproché, ce qu’il encourt, quels sont ses droits et obligations juridiques. Il doit pouvoir se défendre, être défendu par un avocat. La Justice doit être impartiale et indépendante. La vie privée juvénile doit être préservée ainsi que sa dignité et sa sûreté physique et psychique. La priorité doit être la réinsertion du mineur. Les États doivent avoir prédéfini l’âge minimal des poursuites. Fixé des mesures d’assistances éducatives spéciales pour les mineurs déviants. Tous ces mineurs ont droit à une protection maximale. Cela s’impose à tous les États signataires de la convention. Les principes édictés par la Convention des droits des mineurs peuvent être plus favorables aux juniors que la législation applicable en un État spécifique.

C’est alors le texte international qui prévaut sur la réglementation interne. Les mesures édictées en faveur des mineurs en un État peuvent être plus bénéfiques pour les jeunes que celles de la Convention de New York. Ce sont alors les textes nationaux qui s’appliquent, non ceux de la convention. La règle de droit n’est pas que la législation internationale soit ès qualité dite « supérieure » à celle des États. C’est toujours la mesure la plus favorable aux jeunes mineurs qui l’emporte. Qu’elle soit de droit international ou étatique. L’essentiel est que le junior mineur bénéficie des meilleurs droits, protections pour sa personne physique et morale. En tous pays. (Chagnollaud, 2003, 2017)-1046.

Le droit protège tous les mineurs contre les abus et excès, les contenus nocifs pour leur moralité. Notamment dans les moyens d’information ou de communication conventionnels ou informatiques. Le mineur a droit à l’information et à l’accès aux médias dans le respect de l’ordre public, la santé, la moralité publiques. En matière télévisuelle il y a les productions autorisées à « tous les publics », aux moins de douze, seize ou dix-huit ans. Les diffusions pornographiques ou très violentes ne sont pas autorisées pour les mineurs.

En particulier aux heures de grande écoute. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel veille en la matière. Les images pornographiques ou de violences impliquant des mineurs notamment pédophiles / pédocriminelles sont interdites. Fixation, enregistrement, transmission, stockage de ces supports sont illégaux. Les supports papier, numériques, photo, vidéo, Internet pédopornographiques impliquant des mineurs, pornographiques, violents, contraires à la dignité humaine sont prohibés.

La mise à disposition de ces supports en faveur des mineurs est interdite. En matière de presse écrite prévaut la loi française du 16 juillet 1949 modifiée en 1967 pour ce qui est de la sauvegarde des mineurs. Peut être interdite à la vente toute publication dangereuse pour la jeunesse du fait de son caractère luxurieux, comme pornographique. Également de la place accordée aux crimes ou à la violence. De même en matière de racisme, d’antisémitisme ou de théories proscrites comme le néo/nazisme.

Les publications spécifiquement destinées aux jeunes ne peuvent en aucun cas et d’aucune façon faire l’apologie du banditisme ou du mensonge. Du vol, de la paresse, de la lâcheté, de la haine et de la débauche. Tous actes qualifiés crimes ou délits. De nature à « démoraliser » les jeunes esprits. À inspirer ou entretenir des préjugés ethniques. Tout ce qui évoque le tabac, l’alcool, les stupéfiants est également strictement et toujours prohibé. Les entreprises de presse pour mineurs sont réglementées et surveillées ainsi que toutes leurs publications spécifiques. (Raymond, 2006).

Lesquelles sont toutes systématiquement communiquées au ministère de la Justice. En cas d’infraction sanctions et interdictions sont lourdes. L’affichage public est également toujours réglementé. En matière de respect des bonnes mœurs, promotion, d’incitation aux crimes, délits, violences, haine raciale ou religieuse. Les films de cinéma sont contrôlés. Ils sont tous publics ou interdits aux mineurs de douze, seize ou dix-huit ans. Les mineurs concernés ne doivent pas être autorisés à voir ces films réglementés pour eux. Sous peine de sanctions pour les majeurs qui le permettent.

Le contrôle d’identité à l’entrée doit être strict. La mention indiquant les limites d’âges de chaque film doit être bien indiquée, très visible. L’accès des mineurs aux spectacles, divertissements, établissements de loisirs est très limité pour les mineurs. En fonction de la nature des prestations en cause. Notamment en cas de nocivité avérée sur la santé, la moralité de la jeunesse. L’interdiction d’accès aux mineurs peut alors être décidée par le préfet. Cette interdiction doit être observée, indiquée, publiée par les responsables d’établissements. Sous peine de sanctions, fermeture d’établissement-1047.


 

 

Les droits de l’Homme, les libertés publiques, privées des jeunes mineurs et majeurs ne sauraient se limiter aux seules latitudes juridiques, légales formelles. Avec « feu rouge » pour ce qui est interdit. « Feu vert » pour ce qui est autorisé. « Feu orange » pour que tout ce qui n’est pas dit, prohibé soit faisable. Au-delà de la loi et du droit la mentalité, l’appréhension de la société adulte à l’égard des juniors sont capitales. Comme le dit le président des États-Unis (1953-1961), D. D. Eisenhower (1890-1969) :

« Fixer des lois, imposer par la force ne peuvent suffire à changer le cœur humain ».

La France, les Français se doivent de bien mieux connaître, aimer, comprendre, encourager, soutenir et réconforter leur jeune génération. Avoir en 1990 ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant – et de l’Adolescent – (New York, 1989) ne peut valoir « quitus et satisfecit » absolutoires. Il s’agit aussi de ne pas oublier les droits des jeunes majeurs de dix-huit – vingt-cinq ans. Les droits moraux des juniors sont bafoués quand notre pays impose iniquement l’élitisme scolaire si abusif, le chômage, la pauvreté et l’exclusion. La mise à l’écart, la non-écoute, le défaut d’association des cadets. Même si l’adulte par essence reste « prééminent ».


 

 


[ LA LOI PÉNALE, EXTRAPÉNALE DE VOTRE MINORITÉ ]

VOTRE CIVISME JUVÉNILE


 

 

Le droit pénal de votre minorité tend tout à la fois à poursuivre le jeune mineur auteur d’infraction. Contraventions, délits, crimes. Vous défendre, protéger et dédommager vous, mineur victime de dévoiement d’un autre mineur ou d’un majeur. En matière pénale de votre minorité, prévention, dissuasion, sanction, réinsertion prennent toute leur importance. Le droit extra-pénal de votre minorité ou également de vous, junior majeur de dix-huit – vingt-et-un ans, concerne essentiellement certaines mesures éducatives.

Également de sauvegarde imposées pour vous, mineur et volontaires pour vous, jeune majeur. Une codification globale unique du droit vous concernant, mineur ou junior majeur, serait utile. Un droit européen civil, pénal unifié du mineur serait également bénéfique. La façon dont le droit traite des questions de votre minorité dans les différentes sociétés éclaire fort sur le degré d’avancée des civilisations concernées. Vous, jeune, êtes sensible au droit qui vous régit, à vos droits et devoirs. Vos instruction et sens civiques théoriques et pratiques gagneraient encore à s’ « étoffer » quelque peu !


 

 

Angel, quinze ans est condamné pour vol avec violence de véhicule motorisé. Davis, seize ans pour trafic de stupéfiants. Butch, dix-sept ans pour agression sur officier de probation. Ils sont reclus au centre correctionnel pour les mineurs délinquants d’Enola Vale aux États-Unis. Ils comprennent vite que pour survivre, tenir en tel lieu carcéral ultraviolent nul ne peut ignorer qu’il ne peut y coexister que deux types de jeunes. Les soumis et les autres. Comme tous nouveaux arrivants ils sont « mis à l’épreuve », doivent résister. Morale du drame / thriller cinématographique canadien Dog Pound, La Fourrière. (K. Chapiron, 2010)-1048.

Le plus souvent les juniors mineurs, comme majeurs condamnés pénalement pour faits graves sont par essence des plus déviants, violents. Ils se retrouvent alors généralement en prison avec d’autres jeunes de même acabit. Ce qui fait que la violence extérieure qui les a à juste titre fait condamner se perpétue le temps de l’incarcération. L’exemplarité, le sens, le profit de la peine se trouvent alors trop souvent perdus par le climat, la promiscuité, le mauvais exemple très nocifs des codétenus. Outre les forts dégâts, rancœurs issus de l’emprisonnement même.


 

 


– Législation Pénologique de Votre Jeunesse –

Vous, Jeune Victime / Auteur d’Infractions


 

 

Légalité est un terme féminin de 1606. Il est issu du latin médiéval legalitas. « Caractère de ce qui est légal, conforme au droit, à la loi. État, situation, pouvoir conforme au droit ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-1049.


 

 

Généralement cela rejoint la morale : devoir éthique du bien. Or, le plus souvent faute de déontologiques transmissions adéquates des aînés les jeunes en ont une vision brouillée. Les mineurs auteurs de déviances sont soumis à un droit pénal particulier. Sauf abolition de l’excuse de minorité pour les plus de seize ans en certains cas les plus graves-1050. Préserver moralement, sanctionner les débordements. Accompagner sur les plans juridique et éducatif les juniors déviants, menaces dommageables pour eux-mêmes et autrui. Telles sont les priorités judiciaires à leur égard-1051. Ces jeunes mineurs délinquants relèvent de tribunaux et procédures d’exception. De même pour certains domaines décrétés spécifiques, « hors normes » comme en matière terroriste caractérisée. Fragile, vulnérable, influençable le mineur est « cas spécial ».

Citons notamment les juges, tribunaux pour enfants, c’est-à-dire pour les moins de dix-huit ans concernant les délits. Quant aux moins de seize ans pour les crimes. La cour d’Assises des mineurs est compétente en matière criminelle pour les jeunes de seize à dix-huit ans. En ce dernier cas les peines ne dépassent pas au pire la moitié du maximum prévu pour le majeur-1052. Quant à la jeunesse dite menacée, sa pleine protection juridique, judiciaire et extrapénale tend à la soustraire aux dangers.

Aux maltraitances, mauvaises influences et difficultés diverses qui peuvent la mettre en péril, lui nuire. Ainsi l’assistance éducative peut concerner les mineurs. Ainsi qu’à leur demande auprès du juge des enfants les juniors majeurs de dix-huit à vingt-et-un ans. Ces derniers constatent qu’en dépit de leur majorité ils ont des difficultés à s’ « en sortir » seuls, qu’ils requièrent donc un soutien extérieur. Ils peuvent alors se faire aider en plein respect de leur souveraineté de jeunes adultes majeurs.

L’on peut aussi évoquer les fugues, bizutages, extorsions et la préservation des mineurs contre les mouvances sectaires, extrémistes. Les manipulations, emprises morales abusives, les usages addictifs-1053… Le droit pénal protège tous les mineurs contre la mise en danger. Tout d’abord en cas de privation de soins, de lourdes négligences des parents. Qui en tant que tels ont un devoir d’entretien et d’attention à l’égard de tous leurs enfants. En certains cas graves les « mesures éducatives », le retrait total ou partiel de l’autorité parentale ne suffisent pas.

Les poursuites pénales peuvent s’imposer si la maltraitance est délibérée et voulue. Si l’attitude parentale comporte une gravité notable. Avec pour effet d’obérer la santé, voire la vie même des mineurs. Il est formellement interdit d’exploiter l’image d’un mineur à des fins pornographiques. Par tout type d’enregistrements ou de transmissions d’images. Par réseau comme Internet ou les banques de données d’images ou de vidéos les peines sont aggravées.

Le fait de possession de telles images est un délit. L’abus de la faiblesse d’un mineur est réprimé. Car il s’agit de cas profitant du caractère influençable du jeune pour l’inciter à nuire à ses propres intérêts. Il y a un délit de corruption morale de mineur. Cela vise à le garantir contre des « influences néfastes contraires à son intérêt ». La production et la diffusion de pornographie pouvant être en contact avec un mineur sont toujours prohibées. Il est interdit d’encourager un mineur à violer la loi en commettant des crimes, délits ou contraventions. En usant de stupéfiants. Inciter un mineur à contrevenir à sa santé est prohibé, par exemple l’alcoolisation.

La corruption de mineur, soit le conduire volontairement, délibérément à des actes sexuels même sans passage à l’acte est sanctionnée. Toute violence commise sur mineur est poursuivie, sanctionnée plus lourdement encore que si la victime est majeure. Notamment en cas de violences dites habituelles sur mineurs de moins de quinze ans. Cela concerne surtout toutes les maltraitances par personnes en charge de jeunes mineurs. Les sanctions pour violences, agressions sur mineur sont systématiquement aggravées en cas d’homicide volontaire ou non. Car il s’agit de personnes vulnérables comme les vieillards.

De mutilations comme l’excision, de handicaps permanents. Les peines sont aggravées si l’auteur des violences est un ascendant ou une personne ayant autorité et influence sur les jeunes. Comme un enseignant, un médecin, un éducateur, un conseil… Les parents doivent protéger leur mineur contre toute agression. La famille peut aussi être elle-même abusive, maltraitante ou sexuellement agressive. Notamment sur le mineur de moins de quinze ans. Les médecins ont alors l’obligation de saisir les autorités judiciaires compétentes à ce sujet.

Toute personne mineure ou majeure dont le mineur victime lui-même peut dénoncer une maltraitance. Auprès des personnels, autorités sociaux ou médicaux compétents. De façon générale les autorités administratives, judiciaires et médicales peuvent se voir signaler des faits de maltraitance à mineurs. Elles peuvent elles-mêmes du fait qu’elles peuvent en avoir connaissance faire acte diligent de signalement les unes aux autres. Le non-signalement de maltraitance à mineurs est pénalement puni. Car ce « dévoilement » n’est pas une faculté mais une obligation légale. Sinon cela peut être une non-assistance à personne en danger.

En ce cas le secret professionnel n’est plus « absolu » et peut être levé. Pour protéger tout mineur agressé de moins ou de plus de quinze ans. Par dénonciation auprès des autorités administratives, judiciaires, médicales. Cela concerne notamment les médecins quand le mineur n’est pas leur « patient direct » qui peuvent alors saisir quant à eux la seule Justice. Également tout responsable d’institution, enseignant ont un devoir de « signalement ». En cas de constat ou fort soupçon d’agression sur mineur. Concernant les atteintes sexuelles rappelons que la sexualité d’un majeur avec tout mineur de moins de quinze ans est bien interdite.

De même d’un majeur avec un mineur de plus de quinze ans s’il a autorité, comme influence sur lui. Le mineur prostitué peut être poursuivi, ses clients encore plus. Le mineur peut subir une contravention s’il incite par racolage à la sexualité en un lieu public. Le client d’un mineur prostitué commet un délit en échangeant de l’argent contre du sexe. La peine est aggravée en cas de récidive ou d’usage de réseau comme Internet. En cas d’abus par « autorité et influence » sur les mineurs. Le client mineur de prostitué mineur est également poursuivi. La loi punit tout mineur prostitué de moins et de plus de quinze ans et ses clients.

L’exhibition sexuelle consiste à imposer volontairement, délibérément à autrui la vue d’un corps dénudé. En un lieu public ouvert à tous de façon la plus inopinée, imprévisible, non souhaitée par la personne qui la subit. Ce délit est interdit, sanctionné notamment quand la victime est un mineur. L’agression sexuelle est une atteinte sexuelle non constitutive d’un viol. Commise alors avec violence, contrainte, menace ou surprise tels des attouchements imposés. Si la victime est mineure les peines sont donc aggravées.

Le viol est tous actes de pénétration sexuelle imposés à autrui par violences, contrainte, menace ou encore surprise. La sanction est alourdie si la victime est mineure notamment de moins de quinze ans. Aussi si le viol est collectif dit en réunion ou commis sous la menace d’une arme. L’acte pédophile criminel est un viol ou une atteinte sexuelle sur tous mineurs de moins de quinze ans avec ou sans violences. La sanction pénale est maximale-1054. L’enlèvement, la séquestration surtout d’un mineur de moins de quinze ans sont punis de peines criminelles. (Chagnollaud, 2003, 2017).

De même les actes de torture et de barbarie surtout si le mineur a moins de quinze ans. Aussi si ses tortionnaires sont des ascendants ou des personnes ayant sur lui « autorité et influence ». Les mineurs de quinze à dix-huit ans sont protégés comme les majeurs contre tous les coups et blessures volontaires. La privation d’aliments, de soins compromettant la santé par ascendants titulaires d’autorité parentale ou ayant autorité suivie ou non de mort est sanctionnée lourdement. Surtout concernant les mineurs de moins de quinze ans et en cas de décès.

Le Code civil prévoit une assistance éducative pour les mineurs et les jeunes majeurs de dix-huit à vingt-et-un ans « en danger ». Les majeurs doivent être demandeurs et d’accord. Si la santé, la sécurité ou la moralité d’un mineur non émancipé sont en danger. Si les conditions de son éducation sont gravement compromises des mesures « spéciales » d’assistance éducative peuvent être ordonnées par la Justice… Le danger est physique et / ou moral avéré. Les parents ne sont pas forcément en faute. Il doit alors y avoir carences, opposition ou faute des parents par grave manquement à leur devoir de soins, nourriture, d’entretien. Il doit y avoir urgence, risque de « fragilisation » pour le mineur.

Il y a alors pleine tutelle du service de l’Aide Sociale à l’Enfance. La situation de danger est subjective, évaluable selon la personnalité du mineur, son milieu, sa vie. La santé physique peut être menacée par exemple si les parents refusent un traitement sanitaire vital. La santé psychique est compromise quand notamment les parents imposent au mineur un climat de défiance. De brimades morales systématiques harcelantes. Il peut y avoir une « assistance éducative » si la moralité du mineur est en danger. Par exemple si les parents lui offrent un modèle de vie pernicieux par leur comportement asocial, amoral, déviant.

Les conditions de l’éducation du mineur doivent être gravement compromises. Ainsi par absentéisme scolaire ou non-scolarisation totale. Également par une éducation parentale gravement défaillante ou déviante. Le magistrat compétent en matière d’assistance éducative est toujours le juge des enfants qui peut se saisir lui-même. Il est aussi saisi par les parents, le mineur, le tuteur, l’organisme ou la personne qui s’occupe du mineur, le Ministère public. Le juge auditionne tous les protagonistes concernés sans exception et ordonne toutes enquêtes nécessaires.

La mesure d’assistance éducative décidée est alors susceptible d’appel. Le juge recherche l’adhésion de la famille mais en cas d’opposition il peut « passer outre ». Seul l’intérêt du mineur prime. Le principe privilégié chaque fois que possible est le maintien du mineur en son milieu de vie. C’est l’ « Action Éducative en Milieu Ouvert », Aemo. Le mineur, comme sa famille sont assistés en matière éducative par une personne, un organisme sous contrôle judiciaire. Avec ou sans obligations spécifiques et supplémentaires. Par exemple de suivre sérieusement des études ou encore travailler.

Si des mauvaises conditions d’environnement du jeune sont néfastes à son maintien en milieu familial le juge peut imposer un placement. Auprès du parent n’ayant pas la « garde » d’un autre membre de la famille, d’un tiers, d’un établissement spécialisé, de l’Aide Sociale à l’Enfance. Avec ou sans obligations spécifiques en sus pour le mineur ou son gardien. Les liens avec les parents sont rompus ou maintenus selon l’intérêt du jeune par décision du juge qui fixe les modalités. Les parents conservent leur autorité parentale si cela est compatible avec l’assistance éducative. Leurs obligations d’entretien du mineur persistent alors en toute leur étendue sauf décision contraire du juge.

Ces obligations peuvent cesser par exemple si le jeune est placé en institution. L’assistance éducative cesse dès la fin du danger pour le mineur. L’assistance éducative peut être suivie d’une « délégation d’autorité parentale ». Le juge précise les responsabilités de la personne physique ou morale chargée du mineur. Il est très régulièrement rendu compte audit juge du déroulement de l’assistance éducative du mineur. Le juge adapte la mesure éducative selon les situations et évolutions du mineur. Il peut la modifier ou l’arrêter. Le juge décide de la fin de l’assistance éducative.

Celle-ci prend également fin par l’émancipation du mineur avec autorisation du juge, la majorité du jeune. Le junior majeur entre dix-huit et vingt-et-un ans peut demander la prolongation de son assistance éducative. Tout jeune majeur de cet âge peut aussi volontairement et librement demander à bénéficier d’une assistance éducative. S’il connaît des difficultés personnelles insurmontables seul, sans aide extérieure. La Justice décide alors au vu du dossier s’il y a lieu ou non d’accorder cette assistance éducative pour le jeune majeur concerné. L’aide est sollicitable mais non un droit absolu. (Raymond, 2006)-1055.

La responsabilité civile du mineur requiert au préalable la conjonction de trois vecteurs. Un dommage ou accident comme des blessures ou agressions verbales. Un fait générateur à l’origine du dommage et par faute volontaire ou indirecte. Un « lien de causalité », élément rattachant le dommage au fait générateur. Par exemple une incapacité physique, comme de travail suite à coups et blessures volontaires ou non. La responsabilité civile concerne les cas contractuels ou non contractuels. Le mineur n’a jamais la « capacité » à conclure par lui- même de contrats ayant force de droit.

Par sa totale « incapacité juridique de minorité ». Sa responsabilité civile est donc généralement extracontractuelle. Notamment pour dommages matériels ou corporels. Le mineur est toujours personnellement responsable et doit réparer les préjudices causés par lui. Il est généralement insolvable. Ce sont donc ses parents ou gardiens, lesquels n’ont pas été en mesure de prévenir les dommages qui en assureront le défraiement matériel et financier. Le mineur est réputé « être en mesure » de commettre lui-même des fautes volontaires ou par imprudence en toute occurrence.

Cela est nécessaire pour pouvoir engager toute la responsabilité parentale du mineur fautif et indemniser les victimes. Le mineur doit donc pouvoir se voir imputer sa faute et qualifier ainsi son acte même involontaire. Les objets, choses même fort inoffensifs maniés par les mineurs peuvent provoquer accidents et dommages. Le mineur de tout âge est appréhendé comme « gardien de la chose ». Avec toute latitude de maniement, devoir de maîtrise et contrôle sur elle. Sa responsabilité pour les dommages générés par tous les objets dont il a la garde est donc engagée par principe.

Les parents sont détenteurs de l’autorité parentale sur leurs enfants mineurs. Ils sont donc responsables des accidents, préjudices causés par leur progéniture. Ils doivent lui inculquer les règles éducatives élémentaires de respect de soi, d’autrui. Les préserver au mieux des débordements causés aux autres, comme subis du fait d’autrui. Les parents sont toujours responsables de tous les accidents, les dommages occasionnés par leurs enfants mineurs. Si l’acte qui a très directement causé le préjudice est bien celui du mineur. Si ce dernier réside de façon habituelle avec ses ascendants.

Quant aux parents divorcés c’est le parent qui jouit de la garde habituelle du mineur qui a la responsabilité des torts occasionnés par le jeune. Si l’acte préjudiciable est commis par le junior en milieu scolaire d’externat, comme d’internat la responsabilité parentale persiste. Il n’y a pas a priori de responsabilité de l’école du moins exclusive. L’école et / ou ses agents ne sont en outre responsables qu’en cas de faute qui leur serait directement imputable. Les parents ne peuvent s’exonérer totalement ou partiellement de leur responsabilité. Sauf s’ils démontrent, prouvent que l’accident à l’origine du dommage a bien été causé par la force majeure.

Circonstances irrésistibles et imprévisibles. Occasionné par la faute avérée de la victime elle-même. Il y a aussi une responsabilité des personnes en charge d’un ado mineur. Notamment dans le domaine éducatif, comme récréatif enseignants, éducateurs, moniteurs, entraîneurs, surveillants… Concernant l’enseignement public si l’accident est causé par un élève sous l’autorité d’un enseignant en l’exercice de ses fonctions l’État est responsable. Par substitution de l’enseignant agent public. Cela garantit l’indemnisation des familles, un allègement des pleines contraintes et sujétions de l’enseignement déjà très importantes.

Le défaut de surveillance des mineurs doit être prouvé. Il revient à l’enseignant concerné de faire la démonstration qu’il n’existe aucune faute de son fait et en sa charge de surveillance. Concernant l’enseignement privé c’est l’établissement scolaire lui-même et / ou l’enseignant concerné qui sont responsables. De fait il s’agit d’institutions, de personnels de droit privé même s’il peut y avoir alors contrat dit d’association avec l’État. Les mineurs sont à titre personnel pénalement responsables des infractions qu’ils commettent. Il s’agit de violations de lois ou règlements.

La peine infligée est alors d’amende, de privation de liberté ou travail réparateur direct du mineur à l’égard de la victime. Une tâche d’intérêt général en faveur de la collectivité. Certaines peines peuvent même se cumuler. Il y a trois types d’infractions en fonction de leur gravité respective. La contravention, par exemple un excès de vitesse sur route est punie d’amende financière pour l’État. Le délit, par exemple le vol est sanctionné par une amende plus forte et / ou par un emprisonnement inférieur à dix ans. Le crime, par exemple le meurtre ou l’assassinat est frappé d’une peine de réclusion de dix ans et plus.

Souvent il y a en outre obligation de réparation, d’indemnisation financières de la victime par paiement de dommages et intérêts. Les parents doivent répondre à toutes convocations de la Justice sous peine d’amendes lourdes. La responsabilité pénale du mineur dépend de son âge au moment de l’infraction. Il relève de la Justice pénale dès qu’il y a « capacité de discernement ». Compréhension, pleine volonté de l’acte incriminé. Généralement à l’âge de sept ans dit de raison. Avant, surtout après il peut y avoir mesures d’assistance éducative plutôt que sanction pénale. Notamment réparation, suivi d’éducateur ou placement.

Pour les dix-treize ans les mesures applicables aux plus jeunes le sont aussi. Il peut aussi y avoir des sanctions dites éducatives. La Justice les impose par défaillance des parents qui ne les ont pas appliquées au préalable. Il s’agit de mesures de confiscation de tous biens liés aux infractions. D’interdiction de séjour d’un an maximum là où l’infraction a eu lieu hormis le lieu de résidence habituelle du jeune. D’interdiction de tous contacts avec la victime ou les complices du forfait. De la proposition volontaire du mineur de réparer le préjudice causé-1056.

De l’obligation de suivre un stage d’éducation civique d’un mois maximum. Les mineurs de treize à seize ans peuvent être assujettis aux mesures éducatives, aux sanctions éducatives des dix-treize ans. Ils peuvent en sus subir une peine d’amende et / ou d’emprisonnement. Les peines encourues sont alors diminuées de moitié pour excuse de minorité, clémence due au jeune âge. En cas de « réclusion criminelle à perpétuité » la peine effective est alors ramenée à vingt ans d’incarcération. Le mineur de seize à dix-huit ans peut subir comme celui de treize à seize ans des mesures éducatives et des sanctions éducatives.

Il bénéficie encore de l’excuse de minorité avec des peines diminuées de moitié. La Justice peut aussi éluder cette excuse, infliger la peine tout entière non diminuée de moitié comme pour un majeur. Si elle estime qu’elle ne s’impose pas, n’est pas justifiée, méritée, en considération de la personnalité du mineur, comme du contexte des infractions. Les poursuites impliquent des forces de l’ordre spécialisées notamment les brigades des mineurs. Sous l’autorité du procureur de la République chargé de faire scrupuleusement observer le respect des lois.

L’instruction de l’affaire à charge et à décharge est faite par un juge des enfants ou un juge d’instruction. L’instruction étant une garantie des droits de tout mineur elle est normalement impérative pour les affaires de mineurs. Dans les situations simples ou d’urgence dites de comparution immédiate il n’y a pas d’instruction. Le jugement est immédiat. En matière de contravention si l’amende encourue est inférieure à un certain montant le tribunal de Police ou le juge de proximité sont compétents. Si l’amende encourue est supérieure à un certain montant le juge des enfants intervient seul.

En cas de délits, soit risque d’emprisonnement inférieur à dix ans le mineur comparaît devant le juge des enfants. Qui existe au sein de tout tribunal judiciaire. Ce juge instruit, statue en jugement seul si les faits reprochés sont en deçà d’une certaine gravité. Il examine tous les faits, circonstances mais aussi la personnalité de l’adolescent concerné. Seules les peines limitées sont prononcées. Il s’agit de la déclaration de culpabilité avec dispense de peine, l’admonestation, du placement en établissement spécialisé de la surveillance judiciaire. Le tribunal pour enfants est compétent en matière de pénalité d’amende et / ou d’emprisonnement. Sauf certaines exceptions.

Il est composé du juge des enfants et de deux assesseurs. Ce tribunal est obligatoirement saisi par le juge d’instruction ou par le juge des enfants quand les faits concernés requièrent une peine importante. Les victimes peuvent saisir le juge d’instruction et le procureur de la République, le juge des enfants. En cas de crime donnant lieu à dix ans de réclusion ou plus le mineur relève de la cour d’Assises des mineurs. Dans la réalité des faits par exception les mineurs de moins de seize ans relèvent du tribunal pour enfants.

Seuls les mineurs de seize à dix-huit ans comparaissent donc tous devant la cour d’Assises des mineurs. Celle-ci comporte un jury populaire de citoyens électeurs majeurs figurant sur les listes électorales tirés au sort. Ainsi que des magistrats spécialisés. L’on peut fort regretter ici que le jury ne comporte jamais de mineurs de seize à dix-huit ans amenés à juger leurs pairs. Soit à titre majoritaire, soit au moins en nombre égal ou même minoritaire aux majeurs dudit jury. La garde à vue des mineurs de moins de dix ans est toujours exclue d’office. Entre dix et treize ans le mineur peut être retenu dans les locaux de Police ou de Gendarmerie sous réserve.

Si l’acte possiblement commis est punissable d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Des indices de culpabilité « importants et concordants » doivent exister. Un magistrat spécialisé notamment le juge des enfants doit donner son accord et contrôler la retenue. Avant treize ans il ne s’agit pas de garde à vue mais de « retenue ». La durée est de vingt-quatre heures maximum. La présence et la consultation d’un avocat est obligatoire. Le mineur de plus de treize ans peut être mis en « garde à vue » comme un majeur ou presque. En cas d’indices d’infraction ou s’il peut fournir des informations utiles à l’enquête. Le maximum est de vingt-quatre heures renouvelables une seule fois soit quarante-huit heures en tout.

Entre treize et quinze ans si le délit commis est puni de moins de cinq ans de prison la garde à vue est de vingt-quatre heures. Sinon de quarante-huit heures. De seize à dix-huit ans, quarante-huit heures maximum en cas de forfait solitaire ou soixante-douze pour commission en bande organisée. Selon les cas les parents des mineurs ou ceux qui en ont la responsabilité sont informés de la retenue ou garde à vue. Sur-le-champ ou sous vingt-quatre heures. Pour les moins de seize ans l’examen médical est systématique, obligatoire.

À partir de seize ans il est facultatif mais peut être demandé. Le service d’un avocat est automatique et obligatoire avant treize ans. Au-delà il doit être toujours possible. Le mineur doit toujours être informé qu’il a bien droit lors de sa garde à vue à un avocat choisi par lui-même, sa famille ou désigné d’office. Les parents ou représentants légaux sont également informés de ce droit. Les interrogatoires donnent lieu à enregistrements audiovisuels. Cela sert à éviter au mineur concerné des répétitions pénibles. En cas de contestation avant le jugement, de matière de procès-verbaux, d’interrogatoires.

À l’issue de l’enquête le procureur ne poursuit pas, ne poursuit pas mais prend une mesure alternative ou encore poursuit. Les mesures alternatives sont un « rappel à la loi » pour les petites infractions. L’orientation vers une structure spécialisée, surtout en cas de mise en danger de la santé du jeune mineur. La régularisation d’une occurrence infractionnelle, rectifier une pratique inadéquate. Également des mesures de réparation des torts causés notamment par paiement financier, correction directe auprès de la victime ou travail d’intérêt général au bénéfice de toute la collectivité.

En médiation pénale le procureur tente de résoudre le litige hors jugement. Si le procureur poursuit il charge un magistrat d’une instruction plus « poussée ». Plus rarement il saisit le juge par procédure de jugement dite à délais rapprochés. Le mineur de treize à dix-huit ans passe alors directement devant le tribunal pour enfants. Si les faits en cause ne requièrent nulle investigation et dès lors que les infractions en cause sont fort graves. Cela permet un jugement accéléré entre dix jours minimum et un mois maximum. Il n’y a alors ni enquête ni instruction devant le juge d’instruction ou des enfants par exception.

Normalement il y a toujours instruction pour les mineurs. Pour enquêter sur les faits, la personnalité juvénile, déterminer la nécessité d’un jugement ou non. En attendant le jugement éventuel ou le non-lieu des mesures provisoires sont prises. Éducatives telle la liberté surveillée. Répressives comme le contrôle judiciaire ou aussi la détention provisoire. Le contrôle judiciaire obligatoire concerne les mineurs de plus de treize ans pendant l’instruction. Il s’agit de « protéger » les preuves, d’arrêter un trouble ou de prémunir le jeune contre de possibles représailles-1057…

Il est tenu compte de l’âge du mineur, comme de la gravité des déviances. Cela concerne les criminels de plus de treize ans avec souvent placement en centre éducatif fermé. Cela a trait aussi aux délits des plus de seize ans. Les mineurs de treize à seize ans ayant commis un délit échappent aux centres éducatifs fermés. Sauf quand la peine encourue atteint au moins cinq ans de réclusion. Si des mesures éducatives ont déjà concerné le mineur en cause. Sa détention provisoire avant le jugement est un emprisonnement temporaire pour assurer sa sécurité. Également arrêter toutes les menaces de « trouble à l’ordre public ».

Cela reste exceptionnel. Les moins de treize ans ne sauraient être détenus provisoirement. Ils peuvent être placés en foyer d’accueil. Les mineurs de treize à seize ans peuvent eux être placés en détention provisoire en cas de crime. Pour un maximum de six mois normalement non renouvelables. Pour les délits il faut des « conditions fort strictes ». Non-respect de certaines obligations préalables aux jugements éventuels. La peine possible doit répondre à certains critères. Les mineurs de plus de seize ans peuvent aller en détention provisoire en cas de crimes ou de délits. S’ils ont délibérément violé des impératifs de leur contrôle judiciaire.

À la fin de l’instruction soit il y a « non-lieu », soit mesures alternatives, soit jugement. Toute décision du juge des enfants hors instruction est susceptible d’appel dans les quinze jours de la notification. Alors il y a nouveau jugement par la chambre spéciale des mineurs de la cour d’Appel. Selon une procédure similaire à celle ayant cours devant le juge des enfants. Si l’appel est demandé par le mineur, ses parents la cour ne peut pas « alourdir » les peines décidées en première instance. Si l’appel vient du procureur de la République la cour peut alors durcir sa décision par rapport à celle précédente.

Il peut y avoir contestation auprès de la cour de Cassation pour vérification de l’application correcte de la « règle de droit ». Jamais pour rejugement des faits. La procédure d’appel est la même pour les jugements de cours d’Assises des mineurs. Le mineur a droit à l’effacement automatique de son casier judiciaire des infractions les moins graves à partir de sa majorité. Après trois ans suite à une décision judiciaire pour faits plus graves si le mineur s’est amendé le tribunal pour enfants peut ou non supprimer du casier la condamnation concernée. Cela dépend donc du jeune lui-même.

Le mineur peut commettre des infractions non violentes qui sont sanctionnées. L’on peut citer le vol sans violence sur personne vulnérable ou non. Le fait d’inciter des mineurs au vol est un délit réprimé. Le colportage de rumeurs précises se rapportant à une personne ce, sans preuve, attentatoire à l’honneur est constitutif du délit de diffamation publique ou privée. La sanction est plus lourde pour l’atteinte publique. L’injure est un propos fort désobligeant pour autrui sans affirmation prétendue d’une vérité quelconque publique ou non. La sanction est bien plus lourde pour l’atteinte publique.

La dénonciation calomnieuse est punie également. Au préalable la personne calomniée doit être pleinement innocentée en Justice. Les fausses alertes incendie ou à la bombe sont toujours totalement interdites, condamnées. De même les appels téléphoniques ou les courriers écrits malveillants. Tous les mineurs sont interdits de détention et port d’armes quelles qu’elles soient. Blanches ou à feu. Exception faite pour  les mineurs de neuf à seize ans des armes de faible puissance avec autorisation parentale. La licence de la fédération sportive compétente. Les adolescents mineurs de plus de seize ans peuvent user d’armes de chasse blanches ou de foires avec l’autorisation parentale.

Permis de chasse ou licence de fédération sportive dûment habilitée. Les mineurs peuvent commettre des actes de violence. Tout d’abord contre les personnes physiques. L’acte peut être unique, doit être effectif, peut être divers. Coups et blessures ou sans contact corporel mais ayant causé un trouble réel. Comme des harcèlements, des intimidations par invasion collective… L’acte doit être direct, volontaire, conscient, intentionnel pour faire mal et nuire. Certaines violences très limitées sont admises par l’usage notamment sportif. Les violences contre agents publics sont plus lourdement sanctionnées.

Les violences commises dans le cas de manifestations sportives collectives sont tout spécialement réprimées. Il y a quatre grands types d’actes violents à gravité donc sanction croissantes. Les violences causant une incapacité directe de travail inférieure à huit jours. Supérieure à huit jours. Les violences causant une mutilation ou une infirmité permanentes. Une violence entraînant la mort sans intention de la causer. Les mineurs ne peuvent jamais posséder de chiens susceptibles de représenter un danger, de servir d’arme défensive, comme offensive aux dépens de tiers.

Les plus dangereux ne sont pas autorisés en lieux publics. Les autres seulement en laisse et muselière. Les sévices, cruautés, abandons sur tous animaux possédés sont punis. Toute manifestation de racisme est interdite, punie. Citons les injures raciales, la provocation à la haine ou à la violence raciale notamment en public. La négation ou la promotion des crimes contre l’humanité. Également le port d’insignes, d’emblèmes, uniformes symbolisant de tels actes et régimes afférents. Les actes de racismes commis par les mineurs ou subis par eux sont prohibés. Discriminations, ségrégations raciales, sexisme, antisémitisme, homophobie sont aussi interdits et punis.

De même les profanations de sépultures, cadavres humains à caractère raciste, antisémite, antireligieux. Les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication sont très fréquentes chez les ados mineurs. Dans la vie réelle l’atteinte à la vie privée d’autrui, la diffamation, les injures, l’exhibition de soi ou d’autrui ou la perversion de mineurs, toutes les atteintes et agressions sont réprimées. Il en va exactement de même si cela intervient sur et par Internet. Les montages informatiques, d’images publiés sont interdits quelle qu’en soit la nature même. Sauf s’ils sont manifestes.

En cas de camouflage s’il est bien spécifié que c’est un « montage ». En cas d’atteinte à l’honneur ou la considération humains la sanction est fort aggravée. Tout ceci concerne les montages audio, photo, vidéo. Le décodage frauduleux d’émissions de télévision réservées aux abonnés du câble, Web ou satellite est interdit. De même l’accès à des réseaux sans autorisation par fraude notamment usage de logiciels spéciaux. La simple tentative d’accès illégal est punie. La pénétration indue d’un réseau informatique ou Internet, la perturbation de son fonctionnement sont des infractions.

Par exemple par seule introduction de virus ou systèmes d’espionnage. Que ce soient des virus simples qui se reproduisent alors de façon exponentielle. Finissent par bloquer le système en le saturant par insuffisance de mémoire informatique nécessaire. Par virus virulents qui détruisent ou obèrent des fichiers avec prises possibles de contrôle de tout l’ordinateur à distance. Toutes les créations originales de l’esprit sont strictement, irréfragablement protégées par les droits d’auteur. Notamment les supports écrits, photos, audio et vidéo. En protection de la « propriété littéraire et artistique ».

Qu’ils soient physiques, livres, logiciels de jeux vidéos, numérisés, sur Internet. Les téléchargements de fichiers audio ou vidéo sur Internet sont légaux s’il y a paiement en contrepartie. Si le téléchargement est gratuit, sauvage donc illégal il s’agit de vol par appropriation illicite sur le disque dur de l’ordinateur. Le dispositif initial dit Hadopi de protection juridique d’œuvres de création sur Internet sanctionne ce genre de pratique. Il y a amende, en outre l’auteur de l’œuvre détournée peut bénéficier d’indemnisation pour préjudice subi.

Le streaming est un procédé qui consiste à regarder, écouter en direct des œuvres audio, vidéo sur Internet sans les télécharger. C’est-à-dire sans fixer l’œuvre sur ordinateur. Cela est légal et non sanctionné pour l’internaute pour le moment en France car alors il n’y a nul délit d’appropriation abusive. En revanche la mise à disposition de ces œuvres sur Internet est quant à elle fort illégale. En l’espèce si l’internaute n’est pas encore poursuivi le « pourvoyeur » d’œuvres pour sa part peut toujours l’être. La mise en ligne sauvage d’œuvres protégées constitue le délit légal de contrefaçon. Ainsi début 2012 sur décision de la Justice des États-Unis, l’intervention du Fbi la principale plate-forme de mises en ligne de vidéos « Megaupload » a été supprimée. Tous paiements frauduleux sur Internet par trafics de cartes de paiement bancaire ou récupérations de données, de cartes d’autrui, falsifications sont sanctionnés. En tout support immatériel. (Chagnollaud, 2003, 2017)-1058.

À l’image si délétère, désastreuse de plus en plus d’adultes sans scrupules qui donnent d’eux et de la vie une image pitoyable, des jeunes « dérapent ». Puisque la loi suprême n’est pas ou plus le principe de l’équité mais la force brute tout est permis car la fin justifie à tout prix les moyens. Même si c’est à l’aune des pires injustices illégitimes, corruptrices ! Que faire ? Enseigner sans relâche et avec ardentes déterminations farouches qu’il y a immense satisfaction morale à faire en conscience tout son devoir. Bien plus que de ne souscrire qu’à ses seuls prosaïques intérêts matériels. Surtout si le contentement de ceux-ci ne s’accomplit qu’aux dépens de son prochain. Frère théorique en humanité mais ennemi bien réel dans la « lutte pour parvenir : the struggle for life des purs cyniques ». Il n’est que temps de réagir !


 

 


– Codification, « Nouvelle Donne » –

De la Protection de Votre Néogénération


 

 

Il est fort important que le droit, vos droits et devoirs de mineur et jeune majeur de votre nouvelle génération des douze – vingt-quatre ans soient unifiés. En une nouvelle codification unique défaillante à ce jour en France. Seize ans est une césure importante dans votre vie de junior. Fin de votre scolarité obligatoire, autorisation légale d’avoir un emploi salarié complet, possibilité d’émancipation. Votre statut pénal particulier de jeune mineur de seize – dix-huit ans, conduite automobile accompagnée. Droit aussi de regarder certains films audiovisuels… Envisager d’abaisser votre majorité civile à cet âge serait judicieux.


 

 

Permettrait alors de l’aligner sur la capacité juridique existante pour nombre d’actes légaux en un souci de cohérence. Quitte à prévoir une protection spéciale pour les juniors majeurs de seize – vingt-et-un ans. En 1974 la majorité civile et civique passe de vingt-et-un ans à dix-huit. Cela tient compte de l’évolution des mœurs, la nouvelle maturité des jeunes de l’époque. Le temps est peut-être venu de poursuivre sur cette voie cinq décennies plus tard. La mission du droit pour la néogénération mineure est de l’encadrer pour l’essentiel. La sauvegarder des dérives. La promouvoir en toutes ses avancées. Cela dépasse la seule dimension punitive de déviances.

En droit français le mineur de moins de dix-huit ans est qualifié d’ « enfant », du latin infans, celui ou celle qui ne parle pas. L’on évoque ainsi le tribunal pour enfant, non de la jeunesse comme c’est le cas en Belgique. Le terme même de « mineur » est dépréciatif par rapport à celui de « majeur » plus valorisant. Il s’agit pour le droit de se conformer aux réalités de la psychologie et sociologie. En qualifiant les zéro-douze ans d’enfants et les treize – dix-huit ans d’adolescents.

L’ensemble des mineurs de jeunes et jeunesse. Le terme de mineur peut lui-même laisser place à celui plus valorisant de « non-majeur ». Aussi de « prémajeur ». Puisque le junior peut travailler, être émancipé, arrêter ses études dès l’âge de seize ans, sa majorité civile et civique pourra être fixée à seize ans. Ou alors en cohérence l’obligation scolaire et l’âge légal de l’exercice professionnel seront repoussés à dix-huit ans. Les deux options demeurent admissibles, judicieuses et relèvent de la décision et du choix politiques.

Tel l’abaissement de l’âge de la majorité de trente / vingt-cinq ans (1579) à vingt-et-un à la Révolution (France, 1792). De vingt-et-un ans à dix-huit en 1974 suite à l’élection présidentielle de V. Giscard d’Estaing. (Homme d’État, 1926-2020, France, mandat présidentiel 1974-1981). Dans le premier cas l’on favorise, entérine l’autonomie précoce du junior. Dans le second l’on privilégie le réalisme socioéconomique conjoncturel de l’époque. Il y a les réalités de mœurs contemporaines, certaines dérives juvéniles accrues. Afin de responsabiliser les jeunes il conviendrait donc d’instaurer une majorité dès seize ans.

En matière civile et civique, non seulement pénale. Protéger les prémajeurs ne consiste pas à les « dédouaner de tout », les dissuader d’être responsables. D’accéder dès seize ans à plus de potentialités d’actions, comme de participations à la vie de leur collectivité. Certes la responsabilisation des parents s’impose. Or, c’est celle des juniors de seize ans et plus qui se doit d’être directement « prise en compte ». En tous domaines, circonstances, y compris civilement. À l’échelle européenne et occidentale dès seize ans tout jeune a la maturité nécessaire. Pour être capable d’assumer les obligations légales de base de la vie courante.

En tout domaine puisque c’est plus du double de l’âge dit « de raison ». En un sens plus libéral ou plus restrictif selon les cas. La gradation de seuils d’âges entre douze et dix-huit ans selon les activités concernées sauf exceptions comme en matière de santé n’est plus adaptée. Elle a perdu de sa pleine pertinence à notre époque. Cessons les incohérences, hypocrisies qui consistent à interdire aux prémajeurs la vente de tabac, d’alcool mais non leur consommation ! Il y a de fort graves abus de santé actuels en matière d’alcoolisme et de tabagie juvéniles. Cette consommation puisqu’elle est tout autant nocive peut être assimilée à celle des drogues.

Être de la même façon interdite, comme aussi réprimée chez les prémajeurs. Sinon la législation actuelle n’a aucun sens ! Même peu respectée par les jeunes dans les faits, comme pour les consommations de cannabis la loi aurait à tout le moins le mérite de la symbolique, de l’interdit moral. Notre devoir est de protéger la jeunesse contre son propre « avilissement ». L’autorité parentale a remplacé la puissance paternelle. Il serait bon de passer désormais à la notion de « responsabilité parentale et familiale ». Plus respectueuse des droits et des devoirs des parents comme de leurs enfants prémajeurs !


 

 


– Vos Éducation Civique –

Sensibilisation de Jeune au « Bien Commun »


 

 

Au collège l’éducation civique relevait de l’ « Histoire et Géographie ». Au lycée il y avait entre 1999 et 2015 en France une « Éducation Civique, Juridique et Sociale » dite Ecjs. Le programme à partir de 2011-2012 s’est trouvé renouvelé.


 

 

EN SECONDE


 

L’état de droit : les valeurs et les principes de la République :

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen


 

Thème 1– Droit et vie en société.

Thème 2– Le citoyen et la loi.

Thème 3– Le citoyen et la Justice.


 

 

EN PREMIÈRE


 

Vivre dans une société démocratique : les institutions et

La vie politique et sociale. La nation et sa défense


 

Thème 1– Obligatoire – Les institutions de la République : la Cinquième République en Europe – L’État républicain, l’Union Européenne et la décentralisation.

Thème 2– Au choix – La représentation et la démocratie d’opinion : la représentation et la démocratie d’opinion – Vote et « représentation ».

Thème 3– Au choix – L’engagement politique et social : les partis politique – Les syndicats « acteurs » de la démocratie sociale.

Thème 4 – Obligatoire – La nation, sa défense et la sécurité nationale : la nation, sa défense, la sécurité nationale – Parcours de citoyenneté et Service civique – La notion de « guerre juste ».


 

 

EN TERMINALE


 

Questions de société


 

Thème 1– La bioéthique : le début de vie, l’assistance médicale à la procréation – La fin de vie.

Thème 2– Pluralismes des croyances, cultures en une République laïque : histoire et actualité de la laïcité – Les « dérives » sectaires – Les politiques de la « langue ».

Thème 3– L’argent et la société : argent et « moralisation financière » : finance et éthique – Argent et engagement social : les activités philanthropiques.

Thème 4– Violence et société : la violence et la jeunesse – La violence et le travail-1059.


 

 

Ceci est fort louable et instructif pour les jeunes. Or, pour des adolescents il conviendrait d’aller à l’essentiel. C’est-à-dire ce qui les concerne directement ainsi que leur quotidien, leur est utile, leur parle. Ils n’ont que faire à leur âge de droit public et institutionnel, de science politique et d’éthique sociétale. Or, plutôt de droit-s et devoirs, libertés concrets, pratiques publics et privés, développement personnel des jeunes et adultes. Cela leur serait bien plus profitable que d’abstraites théories ! Depuis 2015 un Enseignement Moral et Civique, Emc de même nature « assure la suite ». Sans grands changements significatifs sur le fond. Le droit des mineurs comparé entre la France et les pays similaires d’Occident démontre globalement un manque de confiance en l’adolescent français, ses potentialités.

Également une moindre autonomie qu’ailleurs en Europe, Amérique du Nord. Les pleines possibilités de libertés sont moindres, les contrôles plus inquisitoriaux, plutôt « a priori qu’a posteriori »-1060. L’influence des critères juvéniles différentiels sur le rapport au-x droit-s des jeunes est grand. Sexes, âges, milieux socioéconomiques, parcours, personnalités, éducations, comme localisations géographiques du junior. L’impact sur le sens de la légalité de la jeunesse nous apporte des enseignements intéressants. Qu’est-ce qu’un jeune « responsable de ses droits, devoirs » ? Civisme engagé, civilité sociale et conscience morale de soi-même, des autres se doivent d’être mieux inculqués à tout junior dès le plus jeune âge. Pour éviter toute dérive ultérieure dommageable. Ce qui ne pourrait donner lieu qu’à de nets regrets fort cuisants-1061.

L’éducation morale, civile des jeunes est liée à leur désir. R. de Valentin obtient une peau de chagrin qui exaucera ses vœux mais réduira sa vie d’autant. Il mourra prospère…, jeune et malade ! Le désir abusif au prix du pire ! (H. de Balzac, écrivain français, 1799-1850, La Peau de chagrin, œuvre littéraire romantique, France, 1831). Un rapport du Conseil Économique, Social et Environnemental préconise un certain nombre de mesures. Pour redynamiser ce qui se nommait « Instruction civique ». De fait l’éducation civique était encore intégrée aux cours d’histoire, de géographie au collège. Souvent les apprentissages liés étaient négligés au profit de bien d’autres types d’enseignements.

Au lycée il s’agissait de cours d’Ecjs, actuel Enseignement Moral et Civique. Selon les écoles ces enseignements sont souvent marginaux et limités. Ils concernent des principes généraux du droit, de science politique ou d’éthique publique et privée. Non quant aux droits et devoirs des jeunes ès qualité. Le rapport précité suggère des « avancées » pour l’édification citoyenne de la jeunesse de France. Une éducation civique dès la maternelle. Il s’agit d’éveiller le « sens moral » des élèves. Dès l’appropriation du langage. À cet effet il sera pris appui sur les « fondamentaux » de la République française. Par consolidation des principes essentiels.

Correction des faiblesses patentes du système. Il s’agit de mettre en œuvre une « pédagogie existentielle » transversale d’action, d’expérience, comme de valeurs. Se pose au préalable la question des grands fondements et de la légitimité de l’éducation et de l’école. L’héritage républicain comporte des forces et des failles. Le pays connaît une crise de société majeure. L’enseignement civique actuel s’impose mais a désormais atteint toutes ses limites. Le choc de la globalisation fait sentir ses effets ! Avec une quadruple crise. Crise de la souveraineté nationale. De la cohésion économique et sociale. De la démocratie représentative. De l’État providence.

Le tout génère un véritable marasme sociétal suraigu, cela ne peut que retentir sur l’école. En outre cette dernière secrète des inégalités. Violences et addictions ou abus d’images, cyberdépendances affectent négativement l’ensemble de la jeunesse. Une bonne éducation civique peut s’inspirer du meilleur des modèles étrangers. Les bonnes spécificités du modèle scolaire français actuel sont à conserver, améliorer. L’essentiel du Plan éducatif « Langevin-Wallon » de 1946 peut être mis au cœur de l’actualité scolaire car il demeure plus que jamais valable. Avec naturellement les adaptations nécessaires à notre temps.

L’objectif d’une bonne éducation civique est alors précisé. – Structurer l’apprentissage des attitudes de la vie commune. – L’école ne peut que tenir compte du grand désarroi moral d’un nombre accru de familles. – La nécessité d’une solide formation morale face à la banalisation de « la loi du plus fort » et au rejet des valeurs universelles et atemporelles. – L’impératif de former les maîtres sur des qualités concrètes, non seulement abstraites. – Les enseignants seront instruits en matière juridique et philosophique pour être en mesure de bien inculquer l’éducation civique. –

Celle-ci sera axée sur les valeurs républicaines, comme démocratiques. Il s’agit de la liberté-égalité. L’égalité-diversité. La fraternité-solidarité. Puis la responsabilité-sécurité. Du respect d’autrui-de la réciprocité. La civilité en sphère publique, comme privée. La laïcité. L’État de droit et la séparation des pouvoirs. Les modèles étrangers nous offrent déjà un certain nombre d’enseignements bénéfiques qui peuvent positivement nous inspirer. Citons notamment les exemples nord-américain, germanique, scandinave et britannique… – Favoriser la communication élève-enseignant, maître-scolarisé et des élèves entre eux.

– Développer toutes les potentialités du corps, comme de l’esprit. – Inculcations des valeurs favorables à l’autonomie, la responsabilité authentiques. – Sensibiliser à l’environnement et au développement durable, à la rareté, l’économie « intelligente ». – Systématiser le soutien scolaire idoine notamment au collège aux élèves les plus vulnérables, leur famille. Lutter contre l’échec scolaire, les problèmes de comportement, d’absentéisme.

– Réguler l’emploi du temps, les comportements des élèves de façon plus drastique et efficace. – Susciter les participations plus actives des élèves quant aux méthodes et à l’organisation des temps de travail. En conclusion il s’agit d’éduquer au civisme dès l’école maternelle. De renforcer le modèle républicain en réduisant toutes ses faiblesses. D’inculquer de façon transversale, pluridisciplinaire et holistique les « fondamentaux de valeurs humanistes ». (Slama, 2009)-1062.

Les jeunes de quinze – vingt-cinq ans ont été interrogés sur leur rapport au droit, à la Justice, la loi. Leurs réponses au sondage réalisé pour le ministère français de la Justice dressent le portrait d’une authentique « génération morale » contemporaine. Ils semblent pleinement adhérer aux « valeurs éthiques » traditionnelles contrairement aux préjugés négatifs à leur encontre. Bien décidés à se conformer aux attentes de leurs aînés « férus » d’égalité.

Ils semblent parfois même encore plus exigeants qu’eux mais aussi souvent paradoxaux. Globalement d’idées très raisonnables. Voire conformistes. Le junior n’est pas toujours « progressiste-permissif » mais peut s’avérer aussi « conservateur-rigoriste ». Bien loin de ces jeunes sulfureux, désinvoltes, subversifs, asociaux ou hors-la-loi déviants stigmatisés depuis toujours. Non seulement les juniors acceptent la loi mais pour certains des délits soumis à leur avis ils se montrent tous inflexibles.

Pour les conducteurs alcoolisés et les voleurs d’argent ils sont impitoyables. Ils condamnent à 99 pour cent ces déviances. Leur gradation de la « gravité » des délits est « à rebours » des idées si convenues sur leur génération. Voler dans les magasins est un peu plus « répréhensible » à 90 pour cent que tenir des « propos racistes » à 88 pour cent. Puis fumer du cannabis assez grave et plus encore pour les ados de quinze – dix-sept ans à 78 pour cent. Contrairement à l’opinion commune la jeunesse est plus volontiers « morale » que déviante. Ces jeunes exigeants pour eux-mêmes se révèlent paradoxalement être lucides, très sévères sur leur propre classe d’âge. Ils ne cultivent nulles complaisances ou magnanimité envers leurs semblables s’il s’agit de les « juger ». « Les autres ne respectent pas la loi mais nous si ! » Pour 79 pour cent d’entre eux.

Ils sont très durs à l’égard des mineurs accusés à 70 pour cent de la violer sans vergogne. La même ambivalence paraît dans leurs liens à la Justice. Globalement les juniors sondés se montrent partagés quant à la connaissance de leurs droits, comme de leurs devoirs de citoyens. 49 pour cent affirment bien les connaître. Ils estiment avec moins de nuances que les autres sont encore bien plus mal « informés » à 70 pour cent. Peu contestataires et revendicatifs ils estiment que leurs droits sont plutôt respectés dans leur existence habituelle. À 79 pour cent. Ils sont ainsi empreints d’une certaine « maturité, sagesse ». Celles d’une génération assez peu rebelle, révoltée. Plutôt plainte et crainte, tout particulièrement frappée par la crise, d’avenir aléatoire, introuvable, habituée de toutes les manifestations autodéfensives. Les jeunes paraissent réalistes et pragmatiques, voire conventionnels.

78 pour cent pensent avoir « plus de droits » que leurs parents au même âge. Partager avec eux aujourd’hui les mêmes droits, les mêmes devoirs. Leur soif d’égalité concerne aussi la Justice dont ils méconnaissent les rouages et usages. À l’égard de la loi ils sont à 54 pour cent favorables à un « statut juridique, judiciaire » des mineurs identique à celui des adultes. Ils ne trouvent pas les juges plus sévères à l’égard des jeunes délinquants que vis-à-vis des adultes à 66 pour cent. Ils aspirent pour autant à une Justice bien plus protectrice. Une nette majorité à 89 pour cent souhaite que l’avis des jeunes mineurs soit pris en compte dans les procédures qui les concernent. Ils sont aussi nombreux à le demander entre quinze et dix-sept ans qu’entre vingt-et-un et vingt-cinq ans à 90 pour cent. En rapport avec l’assistance accrue des avocats notamment pour mineurs au bénéfice des juniors qui le souhaitent.

Par exemple lors du divorce parental. Ils sont plus exigeants encore. La moitié estiment que la Justice remplit correctement sa « mission protectrice » à leur égard. Ils sont pour d’autres aspects emplis de « griefs » à son égard. 67 pour cent pensent que la « tendance » de la Justice est répressive alors que 71 pour cent la voudraient plus préventive. Le fait qu’un tiers d’entre eux ait déjà été victime de vol à 33 pour cent et d’agression dans la rue à 17 pour cent peut « expliquer » cette requête.

Les plus « soumis aux vols » sont les vingt-et-un – vingt-cinq ans à 37 pour cent. Les plus agressés à l’école sont les quinze – dix-sept ans victimes aussi d’extorsion à 9 pour cent. Les plus concernés par les violences sont les jeunes des formations techniques ou professionnelles. Bien que plus de la moitié d’entre eux, 54 pour cent n’aient jamais été victimes de déviances cela motive peut-être aussi leurs attentes vis-à-vis de la Justice. (Bva, France, 1997)-1063.


 

 

Des adolescents, jeunes collégiens tous scolarisés en classe de cinquième en Seine-Saint-Denis ont répondu à certaines questions sur l’État de droit.


 

 


I


 

 

LA LOI


 

1- Citez les lois que vous connaissez


 

« La légitime défense.

Ne pas voler, ne pas violer, ne pas se faire justice soi-même

Ou ne pas racketter ».


 

2- Qu’est-ce que la « loi de la jungle » ?


 

« Le droit du plus fort. La loi de la cité :

Ta famille doit respecter la loi de la jungle » !


 

3- Y a-t-il des lois dans la cité ?


 

« Oui, ne pas dénoncer. Ne pas dénoncer son ami

S’il se fait prendre par la Police pour des trucs.

La « loi du silence ». Le droit de fumer pour les mineurs.

Ne pas « balancer » les bandes. Aider fort quelqu’un

Quand il se fait « prendre ». Si tu parles tu es mort.

Ne jamais dénoncer car sinon t’es une balance ».


 

4- Pourquoi y a-t-il un parler codé

Dans les cités ?


 

« Pour que la Police ne comprenne pas notre langage.

Cramez pas les blazes, ne dites pas de noms ».


 

 


II


 

 

EXEMPLES PRATIQUES


 

1- Vous êtes témoin d’un vol

Vous reconnaissez le voleur, que faites-vous ?


 

« S’il s’agit d’un « petit vol », que le voleur est un ami

Je ne fais rien parce que cela ne me regarde pas.

S’il s’agit d’un « gros vol », je vais à la Police

En disant que je suis le « témoin » d’un vol

Mais je ne dénonce pas le voleur ».


 

2- Une jeune fille est attaquée

Sous votre fenêtre, que faites-vous ?


 

« J’appelle la Police mais comme je sais

Qu’elle mettra bien trop de temps je descendrai l’aider ».


 

3- Même situation mais c’est votre sœur ?


 

« J’appelle la Police, je descends

Avec une arme blanche, un couteau ».


 

4- Vous n’avez rien vu mais un voisin a vu l’agresseur

Il ne veut rien dire. Qu’en pensez-vous ?


 

« D’un côté il a raison, de l’autre il a tort

Parce qu’il refuse d’aider son voisin ».


 

5- Un professeur s‘est fait agresser au collège

Qu’en pensez-vous ?


 

« L’élève n’aurait pas dû agresser le prof

Mais le prof est aussi provocateur ».


 

 

(L’Express, hebdomadaire d’information, France, 1997)1064.


 

 

Juvéniles raisonnements « adaptatifs ». Le jeune a son « bon sens » bien à lui, ce qui n’est point exempt d’un « idéal moral » réaliste. Comme d’un « réalisme moral » idéaliste ! Incertaines ambivalences toutes adolescentes y compris en matière de fort stricte légalité ! Cornéliens tiraillements de juvénilité des plus contradictoires.

« Je crois qu’une question fondamentale nous est posée aujourd’hui : Sommes-nous dignes de la confiance que nous fait notre jeunesse, de l’affection qu’elle nous porte ? Si oui il nous est urgent de réagir et c’est aux responsables politiques pour une fois unis et rassemblés qu’il appartient de proposer des solutions. Que nous citoyens devons approuver si le beau mot de solidarité a encore quelque valeur pour les parents et les grands-parents que nous sommes.

Si nous ne pouvons plus honorer la confiance qui nous est faite, comme répondre à l’amour de nos descendants, alors nous recueillerons un jour les fruits amers de notre indignité. Je ne veux, ne peux le croire. Car pour eux, avec eux, grâce à eux, nos jeunes, nous sommes encore capables de bâtir un avenir en Europe et dans le monde ».

(Y. Cluzel avec A.-M. Hubin, Vive le lycée – Un proviseur répond à une mère d’élève, témoignage socioéducatif, France, 1999)-1065. Ainsi s’exprime si justement en un passionnant, comme émouvant livre d’entretien Y. Cluzel. (France, 1942-2017). Proviseure du lycée Janson-de-Sailly à Paris. (France, 1988-2002). De fait nos jeunes attendent beaucoup de nous, adultes et comptent sur nous pour les aider à « passer sur l’autre rive », celle de la maturité épanouie. Pour ne pas les « trahir » ni décevoir leurs légitimes attentes il convient d’agir idoinement. Par devoir de citoyenne solidarité intergénérationnelle. Sinon le pire est à craindre. Notre société ne devrait pas en arriver-là ! Puisqu’elle possède en elle-même tous les ferments nécessaires à l’accomplissement des nouvelles générations.

Il revient alors aux aînés pour eux-mêmes, comme pour leurs cadets de faire leur la pensée nietzschéenne. « Tout ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort ». (F. Nietzsche, philosophe allemand, 1844-1900, Le Crépuscule des idoles, essai de philosophie morale, Allemagne, 1888)-1066. En « gage d’espoir » pour ne point décourager, démoraliser la jeunesse. Au contraire afin, en espérance de « porter » la nouvelle génération vers sa destinée, sa meilleure réalisation d’elle-même. Telle est sa juste aspiration ! Ainsi se présente notre « devoir le plus sacré » à son égard ! Donner à espérer à la descendance est le plus sûr gage de plénitude juvénile et sociétale.


 

 

Chaque année en France nombre d’adolescents mineurs et de jeunes majeurs de moins de vingt-cinq ans disparaissent. Du jour au lendemain, de façon inexplicable et inexpliquée. Certains à tout jamais. Ainsi Lucas, quinze ans n’est pas réapparu depuis 2015 de manière inquiétante. Ses restes seront retrouvés en 2021 suite à une mort accidentelle a priori. Les moyens policiers et judiciaires afférents sont insuffisants. Il s’agit de les développer pour plus d’efficacité.


 

 


[ LES RÉALITÉS DES INTERVENTIONS ÉTATIQUES ]

POUR VOTRE JEUNESSE


 

 

Depuis des décennies l’État et les collectivités territoriales ont développé des actions en direction de votre jeunesse. Il reste maintenant à passer de mesures d’entreprises parcellaires, limitées, ponctuelles à une politique globale, pérenne, significative. Non plus de la Jeunesse mais des Jeunes, des Droits du Junior. En tenant meilleur compte de vos réalités, besoins, attentes de junior. Avec des structures, moyens, actions adaptés, puissants, efficaces.

En cette configuration nouvelle les acteurs non publics ont également toute leur place. En particulier le milieu associatif actif et dynamique pour vous, jeune. Quand il agit directement par et pour vous. Au-delà, la finalité de toute bonne politique des juniors est de toujours vous placer « au cœur » même de toutes menées initiées. Avec, par, pour vous. Consultation, association, participation, large place accordée en société, dialogue, pouvoir décisionnaire…


 

 

Pour les politiques publiques la jeunesse est considérée comme ressource, population à protéger, menace à l’ordre public. Pour les juniors la commune gère la sphère socioculturelle et les loisirs de proximité, les équipements sportifs et culturels. Le département, le Fonds d’Aide aux Jeunes, l’Aide Sociale à l’Enfance ou l’Éducation spécialisée. Il y a des axes de politiques de Jeunesse. Des textes précisent les enjeux territoriaux, valeurs d’intervention. Des élus ont des délégations Jeunesse. Des services, missions Jeunes et une Délégation Interministérielle à la Jeunesse existent. Au lieu de ne relever que du Premier ministre elle est rattachée au ministère de l’Éducation et de la Jeunesse et assume aussi les fonctions de la direction de la Jeunesse. Ce qui en limite fort la portée, l’action interministérielle.

En revanche le Conseil d’Orientation des Politiques de Jeunesse relève du Premier ministre. Il coordonne et évalue les actions afférentes concernant les seize-trente ans. Il est consulté sur la réglementation. Il fait des propositions. Il prend en compte l’intérêt général lié aux jeunes. La politique de Jeunesse souffre d’une faiblesse conceptuelle. Le cadre d’intervention est vague quant aux valeurs et objectifs de l’action publique. Le niveau micro est trop abusif. L’articulation des compétences, d’échelons d’action, des intercessions territoriales est insuffisante. Les objectifs sont flous, discordants, contradictoires. Les moyens financiers et humains bien trop légers. Il y a inégalités de mise en œuvre. L’action Jeunesse indigente, inadaptée, dépassée est donc à refondre d’urgence. (P. Loncle, politiste française, Panorama des politiques de Jeunesse en France, ouvrage de sciences et sociologie politiques, France, 2010)-1067.


 

 


– Mises en Œuvre d’Actions de la Collectivité –

Pour Vous, sa Descendance


 

 

Politique est un terme de 1265 qui vient du « latin politicus, du grec politikos, de la cité – polis -. Art, pratique du gouvernement, des sociétés humaines – État et nation -. Manière de gouverner un État. Dispositions prises en certains domaines par le gouvernement ». Public-que est un adjectif datant de 1239 issu du « latin publicus. Qui concerne le peuple pris en son ensemble ; qui appartient à la collectivité sociale, politique, en émane ; qui appartient à l’État ou une personne administrative ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-1068.


 

 

Les politiques publiques de la Jeunesse sont les mesures décidées par les autorités constituées élues ou déléguées. À destination de la nouvelle génération. À la télévision le jeune chanteur français D. Balavoine (1952-1986) apostrophe vivement le candidat à l’élection présidentielle de 1981 en France F. Mitterrand (1916-1996).

« […]. Ce que je peux vous dire c’est que la jeunesse se désespère. Elle est profondément désespérée car elle n’a plus d’appuis. Elle ne croit plus en la politique française ! […]-1069 ».

Déjà, encore et toujours !

Les Troisième et Quatrième Républiques, (France, 1870-1940 et 1946-1958) jettent les fondements d’un « embryon » de politiques publiques de Jeunesse en France. La Cinquième, (France, 1958-) en assure l’assise moderne actuelle. Entre l’instauration définitive de la République à la fin du Second Empire, (France, 1852-1870) en 1870 et le Front Populaire en 1936-1938 la collectivité « s’intéresse » à la jeunesse. Comme seul vecteur d’affermissement de l’État-Nation. Il s’agit alors d’unifier le territoire. De transmuter tous ses ressortissants en société nationale.

La jeunesse n’est pas appréhendée en tant que telle mais au travers de la seule action sociale. Les jeunes s’évaluent en une optique républicaine socioprotectrice. De sentiment national et défense, développement et renouveau. Avec au premier chef les nouveaux ordonnancements éducatifs et militaires. Il s’agit pour la jeunesse de France de préparer la revanche sur la si humiliante défaite de Sedan face à la Prusse en 1870. De recouvrer tous les territoires perdus dans l’Est. Cela passe par l’activité physique, sportive et paramilitaire en cadre scolaire ou non.

À la fin du siècle pacifismes, internationalismes prennent le dessus. Puis dans les années précédant la Première Guerre mondiale (1914-1918) ressurgissent toutes les idées bellicistes, militaristes, nationalistes. L’École, comme l’Armée sont alors les « instruments » privilégiés de l’unité nationale, la préparation à la guerre et à la victoire. À cette fin le Service militaire, (France, 1798-1997) moderne, masculin, obligatoire et universel est instauré en 1872 et 1873. Systématisé pour la « Revanche » au début du vingtième siècle. Parallèlement les sociétés de tir, gymnastique, les équipements sportifs se multiplient.

Hygiène, bonne santé, comme contrôle médical également visent tout particulièrement les jeunes hommes. Car cela conditionne leur aptitude au combat. L’école laïque républicaine se fonde prioritairement sur l’ « Instruction civique et patriotique ». En remplacement de la foi chrétienne. Toutes les disciplines enseignées doivent alors concourir à consolider l’élan national. Ce n’est qu’à l’issue de la Grande Guerre de 1914-1918 que cet état d’esprit conquérant change. Par les pertes immenses engendrées au sein de la nouvelle génération pour le pays. Outre l’ « État-Nation » pour l’affermir davantage émerge l’ « État-Providence ».

Les jeunes étant fort vulnérables les actions contre l’indigence leur sont tout spécialement appliquées. La Défense nationale et l’économie industrielle exigent une jeunesse masculine spécifique. Militaire et travailleuse, nationale, patriote et républicaine « en état de marche ». Outre que garantie contre toute déviance, perversion. Il s’agit de lutter contre les dangers, conflits sociaux, l’asocialité. Consolider civisme, citoyenneté juvéniles. L’assistance publique d’État aux plus démunis succède aux actions caritatives privées. Qui ont un quasi-monopole de l’Aide sociale avant la Troisième République. (France, 1870-1940).

À partir de l’Entre-deux-guerres, (Occident, 1918-1939) la jeunesse devient outil de menée publique. Renforcer la démocratie, réduire la conflictualité sociale sous le Front Populaire, (France, 1936-1938). Nourrir la Révolution nationale, (France, 1940-1944), reconstruire à la Libération, (France, 1944-1945). Entre 1936 et 1958 l’État agit activement pour la jeunesse en lien avec le réseau associatif local. L’armée, l’école sont désormais en retrait en matière d’action pour les jeunes. L’Éducation populaire « prend le relais » avec le sous-secrétariat d’État aux Loisirs et Sports, (France, 1936) dirigé par L. Lagrange. (France, 1900-1940)-1070.

De façon inédite l’État encadre les jeunes sur le mode non scolaire libre, non imposé ou dirigiste. Sous le régime de Vichy, (France, 1940-1944) volontarisme, idéologie forte visent à contrôler les juniors. Pour la toute première fois se crée un secrétariat d’État à la Jeunesse sous la direction de G. Lamirand. (France, 1899-1994). Avec un bureau dit des « Mouvements de Jeunesse ». Cette néogénération est avant tout considérée comme l’outil par excellence de renouveau et de renaissance politiques du pays. Puis à la Libération, (France, 1944-1945) la jeunesse relève du ministère de l’Éducation nationale sous l’égide de R. Capitant. (France, 1901-1970).

Il n’y a pas de « ministère de la Jeunesse » pour ne pas desservir les autres administrations. Il apparaît que les politiques de Jeunesse sont par essence de type interministériel. Les juniors sont reconnus telle force politique. Sans relever de « spécifiques politiques publiques autonomes ». Sous la Troisième République, (France, 1870-1940) le monde associatif privé est à l’origine des interventions de l’État en faveur des jeunes. Dès le Front Populaire, (France, 1936-1938), sous la Quatrième République, (France, 1946-1958) aussi les associations sont les seules intermédiaires entre jeunesse et gouvernants.

Fin dix-neuvième siècle se développent nombre d’organisations de jeunesse. À la mesure de l’urbanisation, l’industrialisation d’alors. Avec ses effets négatifs sur les juniors populaires au travail. En outre des enquêtes sociales permettent de mieux cerner les dures réalités et besoins de ces jeunes. Les juniors ruraux majoritaires sont peu concernés. L’on s’intéresse fort aux jeunes ouvriers, employés et artisans ou étudiants et bourgeois. Les efforts portent sur les conditions de vie, la moralité des jeunesses urbanisées.

Dans les années 1840 l’éducateur J. Bosco, (Italie, 1815-1888) crée le premier patronage à Turin. Cette initiative prend en charge les juniors notamment les apprentis, leurs loisirs. Elle se développe en France avec succès. De même les colonies de vacances se multiplient à l’instigation du pasteur H. W. Bion, (Suisse, 1830-1909) à Zürich en 1876. L’objectif est d’envoyer les jeunes défavorisés au grand air des campagnes. Pour les désintoxiquer des « miasmes délétères » des villes. Le militaire R. Baden-Powell, (Royaume-Uni, 1857-1941) crée le scoutisme protestant en Grande-Bretagne en 1907. En une optique d’endurance, comme de dépassement des corps et esprits juvéniles, d’autodiscipline. En climat sain, naturel. En 1920 naissent les Scouts de France catholiques.

Suivent en 1927 les scouts israélites. Il y a également le scoutisme laïc des Éclaireurs de France (1911). En 1925 naît en Belgique la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. En 1929 viennent ensuite la Jeunesse Agricole Catholique, puis la Jeunesse Étudiante Chrétienne. En 1930 la Jeunesse Maritime Chrétienne. Puis en 1935 la Jeunesse Indépendante Chrétienne plutôt bourgeoise. Tous ces mouvements de la jeunesse catholique ont leur pendant féminin. Les auberges de jeunesse à l’origine allemandes ont pour but les « échanges » et des lieux de rencontre entre juniors. Hors des villes notamment lors de randonnées.

Le concept se développe à compter de 1907. En France la première des auberges ouvre en 1929 sous l’égide de l’homme politique français M. Sangnier, (France, 1873-1950). Idéologie de préservation des jeunes notamment populaires et « moralisation pédagogique et sanitaire ». C’est ce qui domine alors toutes ces entreprises. Avant 1914 le junior est encadré sans considération pour ses spécificités psychophysiques. Les adultes ont la totale direction et l’objectif affiché est « protecteur et moralisateur », sanitaire et idéologique. Entre 1918 et 1939 pour la toute première fois les jeunes eux-mêmes dirigent pleinement leurs propres mouvements. L’activité a désormais pour primat le loisir et le plein épanouissement de soi.

L’Acjf, l’Association Catholique de la Jeunesse Française (1886-1956) se crée sous l’impulsion d’A. de Mun. (Parlementaire, France, 1841-1914). C’est un groupement fédératif de mouvements de jeunesse catholique plus favorisée que populaire. Dès 1936 l’État intervient bien plus activement en matière de politiques publiques de Jeunesse. Sous le Front Populaire, (France, 1936-1938) il travaille avec les associations. Sports, loisirs et équipements sportifs, vacances, fins de semaines au bon air. Notamment pour les juniors et surtout ceux les plus modestes.

Tout ceci se multiplie, se répand. Puis le régime dit « de Vichy », (France, 1940-1944) développe les Chantiers de la Jeunesse Française pour l’éducation morale, physique des garçons. Après la Libération, (France, 1944-1945) en 1949 se crée le Conseil Français des Mouvements de Jeunesse. Un effort d’unité se fait jour pour mieux aborder la problématique juvénile globale. En 1948 naît la Fédération Française des Maisons de Jeunes et de la Culture-1071. Toutefois la Jeunesse n’a jamais été en France ni vraie priorité ni réelle préoccupation publiques et politiques.

Contrairement à d’autres secteurs de l’activité de l’État et des collectivités territoriales. Or, elle fait bel et bien partie des grandes missions régaliennes de cet État au même titre que la Défense, la Justice, l’Éducation. Puisqu’elle est par définition l’avenir incontournable du « pays tout entier ». Lors d’une intervention télévisée le chef de l’État N. Sarkozy, (France, 2007-2012) s’exprime en 2008 à propos des très éruptives manifestations lycéennes françaises de l’époque.

« Il faut toujours écouter les inquiétudes de la jeunesse. Si l’on n’est pas inquiet quand l’on est jeune c’est que l’on n’est pas jeune. Parce que quand l’on est jeune l’on est forcément inquiet »-1072.

Bien au contraire ! Ce n’est pas parce que les juniors sont habituellement préoccupés par nature qu’ils protestent. Que cela est donc parfaitement normal, compréhensible. L’État faisant tout ce qu’il faut pour améliorer leur sort ! La nation ne fait pas en cela le maximum. C’est l’inverse ! Les jeunes sont par essence insouciants, optimistes et heureux de vivre bien plus qu’à nuls autres âges de l’existence humaine. Il est donc parfaitement anormal, inquiétant qu’ils soient si souvent plus que tourmentés ! Du fait que les pouvoirs publics ne s’en soient jamais préoccupés « comme il le fallait » en ce pays. Depuis déjà de trop longues, nombreuses décennies ! Il ne faudrait pas que ce paralogisme se mue par sa répétition en sophisme ! De même en 2005 le président J. Chirac, (France, 1932-2019, mandat présidentiel 1995-2007) s’était-il fort mépris à propos des juniors.

« […]. C’est un sentiment – la peur – je ne vous le cache pas que je comprends mal. Notamment de la part des jeunes qui s’engagent dans la vie et qui devraient précisément ne pas avoir peur. Je comprends qu’ils aient énormément de problèmes, je les connais bien entendu mais c’est une question d’état d’esprit. […] »-1073.

Concernant le scepticisme de la jeunesse de France à l’égard du projet de nouveau traité constitutionnel européen de l’époque. Autre chef d’État, même ignorance totale des vraies réalités et mentalités juvéniles ! Si les juniors « ont peur » c’est que la société adulte « fait tout » pour cela ! Il y a traditionnellement depuis la monarchie française d’Ancien Régime (1589-1789) jusqu’à aujourd’hui un fort dramatique « divorce » entre jeunes et adultes ! Car les aînés ne veulent voir que leur propre opinion valorisée, jamais celle du junior dépréciée comme telle.

Cassure entre la jeunesse, le monde, les régimes politiques de France. Qu’ils soient royaux, impériaux ou républicains. Conservateurs, comme progressistes. La Cinquième République, (France, 1958-) ne fait pas exception à cette détestable réalité. Cela commence de façon exécrable. Avec le refus d’élèves rebelles de l’École Normale Supérieure de serrer la main tendue par le général de Gaulle, (France, 1890-1970) président de la République française (1959-1969). Au bal annuel de l’école le 21 février 1959.

Puis Mai-68, les mouvements lycéens, juvéniles des années 1970. La marche des jeunes « issus de l’immigration » au début des années 1980. Jusqu’à récemment encore avec l’opposition massive, frontale des lycéens, étudiants aux réformes éducatives voulues par le président d’alors N. Sarkozy, (France, 2007-2012). Comme contre la loi Travail, (France, 2016) du président F. Hollande, (France, 2012-2017). Cela est dommageable pour les juniors, le pays. En dépit des propositions Descoings, Hirsch, (France, 2009), Ayrault, (France, 2013) pour ces jeunes-1074.

En 2020 les mesures Jeunesse menées depuis 2013 n’ont encore donné nul effet tangible. La politique Jeunesse est demeurée un secteur embryonnaire, mal structuré, aux ambitions, objectifs, contours flous, incertains, indéterminés. L’on s’est « contenté » de la seule sphère scolaire avec l’Éducation nationale. Professionnelle aussi avec l’Emploi. De la délinquance juvénile avec la Justice. Des loisirs avec la Jeunesse, la Vie associative. Des sports avec les Sports. Le secrétariat d’État ou ministère des Familles concerne les enfants, adolescents mineurs, non les jeunes majeurs.

L’administration Jeunesse intervient surtout en faveur de la néogénération en matière d’information. De participation des juniors, conseils de la Jeunesse. D’initiatives, d’engagements, de vacances, loisirs, d’actions éducatives, culturelles, sociales, sanitaires. D’échanges européens, internationaux à destination du jeune. (www.jeunes.gouv.fr). Le portail Internet gouvernemental ministériel de la Jeunesse traite donc des études et de la formation. Au collège, au lycée, comme dans l’enseignement supérieur, en apprentissage et en alternance. Il envisage aussi l’emploi. Orientation, stages, emplois, entrepreneuriat, vie professionnelle. Il évoque le logement et les transports. Notamment les aides au logement, les moyens d’en trouver.

Il met en avant la santé, le bien-être. Accès aux soins, sexualité, addictions et alimentation. Il parle également de la citoyenneté du jeune mineur et majeur. Droits, devoirs, parcours citoyenneté, bénévolat, volontariat. Il met en exergue les activités. Sport, culture, vacances. Il termine par la mobilité internationale. Études-formations, emploi, séjours. En 2009 succède au traditionnel ministère de la Jeunesse et des Sports un Haut commissariat à la Jeunesse. En ajout aux « Solidarités actives » déjà existantes. Ce Haut commissariat à la Jeunesse et aux Solidarités actives devient le ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives en 2010.

Puis le ministère de l’Éducation Nationale l’est aussi de la Jeunesse et Vie associative. Avec une secrétaire d’État dédiée. En 2014-2017 il existe un hétéroclite ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Puis le ministère de l’Éducation est en charge des Jeunes. Il en va de même actuellement, (France, 2018-2022) avec en outre un secrétariat d’État à la Jeunesse. En 2017-2018 il n’y a pas de ministère Jeunesse spécifique. Fort significative omission. Nonobstant, l’approche usuelle est atomisée, à court terme, parcellaire. Privilégiant surtout les juniors « en difficulté ». De façon étriquée, amoindrie, non holiste, idoine, efficace.

Le champ d’action concerné demeure surtout limité aux loisirs, vacances et autres sphères récréatives, associatives. Restreindre le secteur jeunesse à une approche d’intégration, des difficultés et loisirs est déficient, dépassé, inopérant. Les jeunes ne sont toujours pas jugés dignes d’une administration qui ne se consacre qu’à eux. En tant que génération spécifique ! Rien d’essentiel, peu de pouvoirs réels, d’action pour les seuls juniors. Les sports, l’éducation populaire, la vie associative n’ont rien à voir avec la jeunesse. Sauf à assimiler cette dernière aux seuls loisirs. Ce qui en dit long sur la conception réductrice, dévalorisante de la France quant à ses juniors.

L’absence de ministère plein des Jeunes et des Droits de l’Adolescent à titre exclusif, autonome est symptomatique de l’indifférence portée à la jeunesse de ce pays. L’ex-maire de Paris B. Delanoë, (France, 2001-2014) a fait preuve de grande intelligence et finesse politiques. En séparant la Jeunesse et les Sports dès son arrivée au pouvoir municipal en 2001. Nommant deux adjoints différents pour chacun de ces deux « domaines » qui n’ont aucun rapport entre eux. Qu’il était donc fort vain, absurde d’unir. Comme le « mariage de la carpe et du lapin ». Cela est au détriment des juniors, ne mène qu’à l’inertie à leur égard ! À l’échelle nationale, comme territoriale cette jeunesse reste un domaine éclaté. Donc vide !

Entre un trop grand nombre d’administrations sans passerelles entre elles. Indifférences, non-volonté politique dominent, perdurent. Ministère, directions régionales, départementales, conseils régionaux, départementaux et municipaux aussi de la Jeunesse existent certes. L’essentiel pour le jeune n’y est nullement. N’avoir jamais en ce pays reconnu la jeunesse comme domaine d’action publique unifié, fondamental, d’avenir est symptomatique. Quant à l’indifférence, l’abandonnisme, voire l’hostilité, le mépris même que suscitent les jeunes !

Tout reste à accomplir en la matière. Nous sommes aux antipodes des concepts nordiques ! En apparence notre jeunesse fait l’objet de toutes les sollicitudes de la part de la collectivité nationale et notre pays. Ainsi le budget de l’Éducation est le plus important des moyens mis en œuvre par l’État tous secteurs confondus. En réalité sous aucun gouvernement depuis un demi-siècle les juniors n’ont véritablement été prioritaires. L’on ne fait mine de s’inquiéter d’eux et de façon si « hypocrite » que lorsqu’ils menacent en force la quiétude publique !

Par leurs révoltes, manifestations pour mieux les « oublier » ensuite. De 1968 à nos jours l’actualité en fait foi. Les organes d’action à destination de la jeunesse sont trop démunis de résultats, trop dispersés. Ils manquent de cohésion, d’aménagement, adaptation aux vrais besoins des jeunes des années 2020. Les conseillers « Jeunesse » des présidents de la République, du Sénat, de l’Assemblée Nationale, du Premier ministre sont de peu de poids. Par rapport à leurs homologues d’autres secteurs toujours jugés plus importants. Au sein de notre actuel ministère de l’Éducation nationale « en charge des Jeunes » la seule direction Jeunesse, Éducation populaire et Vie associative a des compétences insignifiantes, étroites concernant les juniors.

Fait défaut un vrai « centre national d’action » décisionnaire. Une refonte, restructuration totales d’ensemble s’imposent donc. Au-delà de l’action spécialisée évaporée des collectivités locales il n’existe pas au niveau national d’entité administrative. Interministérielle, transversale, groupée pour les affaires de Jeunesse. Elles sont réparties entre tous ministères de façon pluridépartementale, éparpillée par domaines à tort séparés et peu efficacement. Ce choix est paradoxal puisque la jeunesse est matière interministérielle, pluriforme par excellence. La nouvelle Délégation à la Jeunesse n’y change hélas « rien » !

De même il n’existe pas de codification législative, réglementaire non morcelée pour tous les textes officiels ayant trait aux seules « questions de Jeunesse ». Mineure ou majeure comme cela a été effectué pour l’Éducation. Les textes concernés demeurent fort épars et confus. Nuls mise en assemblage, regroupement, synthèse n’ont encore été tentés à ce jour. Ce que l’on peut fort regretter car le Service public de l’ensemble des jeunes y gagnerait très certainement.

En ce pays les premières « forces vives de notre société », les juniors n’ont jamais constitué une réelle urgence nationale. À aucun moment de notre Histoire récente ou lointaine-1075. Il y eut telle une grande incompréhension, un « dialogue de sourds », maintes occasions ratées à l’égard de ces jeunes. De la part des gouvernants successifs qui se sont suivis à la tête du pays depuis 1789. Surtout depuis le dernier demi-siècle. (Loncle, 2003).

Le récent Conseil d’orientation des politiques de Jeunesse, (France, 2016) n’y fera pas grand-chose. Ces juniors ont tour à tour été considérés comme des privilégiés de la prospérité. De violents dangers publics. D’encombrants gêneurs si importuns. Des victimes de la « crise ». L’on veut bien leur octroyer quelques loisirs. Réprimer ce qui à tort ou à raison est estimé tels inacceptables débordements. Les faire patienter en interminables études souvent sans réels intérêt ni utilité, débouchés. Tenter aussi de favoriser sans grand succès leur insertion professionnelle… Rien n’y fait. Cette jeunesse crie toujours sa colère, son mal-être.

Certes il y a encore au vingt-et-unième siècle des jeunes qui meurent de faim, d’exploitation, de guerre. Partout ailleurs dans le monde dit en développement. Cela ne vaut pas pour autant absolution de l’incurie française pour ses juniors. La jeunesse d’Occident particulièrement européenne, plus encore française souffre de douloureuses déréliction, déshérence. Cela ne vient pas tant d’une misère matérielle que d’une morale vacuité. Comme nous n’avons cessé de le « marteler » au long de nos propos. Les jeunes fort matériellement démunis du Tiers-Monde sont souvent bien plus moralement « heureux » que ceux des pays favorisés. Comme le démontre avec force brio l’écrivain philanthrope français D. Lapierre (1931-2022) en son magistral récit La Cité de la joie. (Roman ethnosociologique, France, 1985)-1076. Avec une fort lumineuse conclusion en substance : « L’être épanouit plus que l’avoir, le faire, le paraître » !

Mère Teresa de Calcutta, (Missionnaire, Albanie / Inde, 1910-1997) n’affirmait-elle pas que les « vrais pauvres », les pauvres d’amour, de bonheur, spiritualité étaient en Occident-1077 ? ! La jeunesse est « encombrée de sa propre vie », ne sait qu’en faire tout empêtrée qu’elle est d’elle-même. Alors elle s’autosaborde, souffre faute d’intégration réelle en sa propre société. C’est en cela que nos pouvoirs publics sont si coupables. Ils ignorent leur jeunesse, la maintiennent exilée, éludent ses vrais réalités, besoins et attentes.

En cela le pays décline, ne s’en relèvera pas faute de sursaut drastique bien improbable en l’état actuel des choses. Selon cette logique de fort « déni de jeunesse » nulle organisation efficace, intégrale au service du junior, de sa socialisation n’existe. À l’échelle territoriale, nationale, européenne. Outre la « vie associative », les métiers de l’animation les compétences de l’administration Jeunesse sont étriquées, fractionnées. Son rattachement à l’Éducation est inadapté, dépassé.

Service civique, expérimentation pour la jeunesse, aire sociale, information des jeunes, conseils de la jeunesse. Programme « Envie d’Agir ! », séjours de vacances et accueils de loisirs, loisirs éducatifs et pratiques culturelles. Échanges européens et internationaux, Jeux de la francophonie. Il est temps d’instaurer en ce pays pour la toute première fois un grand ministère autonome de plein exercice des Jeunes et des Droits de la Jeunesse. Tout ce qui concerne les treize – vingt-cinq ans actuellement si « écartelé » entre maints ministères lui reviendrait. La transversalité, comme l’interministérialité des questions de Jeunesse peuvent être dévolues, reconnues à ce seul ministère des Juniors.

Comme cela a été jadis réalisé avec le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable, de l’Aménagement du Territoire. Seuls les ministères de l’Éducation nationale, des Enseignements Supérieurs, de la Recherche, concernant également les jeunes subsisteraient. En la mesure où ils sont plus des administrations de l’enseignement, la recherche, des enseignants que des juniors globalement eux-mêmes. Un nouveau ministère de l’Éducation unifié verra le jour. Il gérera tous les niveaux d’études du primaire au supérieur inclus. Il ne s’ « occupera » alors que des enseignants, des enseignements, de la pédagogie, de la discipline, des examens, concours. Il y a ce qui a trait à la vie scolaire au sens strict et extrascolaire soit « non académique ».

Comme les droits des élèves, les loisirs, activités culturelles, récréatives… des jeunes. Tout cela relèvera exclusivement du ministère des Juniors. De même en matière économique, judiciaire, de sécurité, internationale, culturelle, comme de services civiques… Les ministères concernés qui régissent ces domaines en matière de jeunesse seront dessaisis. Au profit du nouveau ministère « ad hoc ». Par exemple la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse quittera le ministère de la Justice. Pour être intégrée au ministère des Jeunes avec ses personnels qualifiés qui seront détachés.

Ce ministère des Juniors aura l’autorité politique, technique nécessaire. Pour régir toutes les questions spécifiques de jeunesse de ce pays. Ce ministère aura des relais d’État en tous les départements et / ou les régions. En outre sur ce modèle toutes les collectivités locales auront leurs propres instances Jeunesse municipales, départementales, comme régionales. De façon complémentaire harmonisée. L’Europe instaurera une nouvelle entité communautaire. Chargée de combiner, d’uniformiser, de rationaliser, d’homogénéiser les politiques Jeunesse de l’Union. Voire de les fusionner !

Le Parlement européen des Jeunes, les conseils national, régionaux, départementaux et municipaux de la Jeunesse seront refondés. Élus par les juniors de treize – vingt-cinq ans au suffrage universel direct. S’impose une dynamique lame de remembrement, refondation des institutions appelées à s’occuper de la jeunesse de France. De nouveaux moyens sont impératifs pour plus de fulgurance, de vérité et de justice. Ceux qui sont mis à contribution aujourd’hui sont dérisoires. Comparativement à ceux d’autres nations. Tout d’abord l’État ne sait pas à « qui il a affaire ».

Il ignore encore bien trop délibérément l’ensemble des treize – vingt-quatre ans en leur respectable spécificité irréductible. Il est incapable de spécifier ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire. Pour répondre à ce que les juniors attendent, aux conditions optimales de leur meilleur épanouissement. La logistique financière, matérielle et organisationnelle nécessaire pour bien insérer cette jeunesse fait défaut. Certes le premier budget de l’État est toujours celui de l’Éducation nationale, des Enseignements Supérieurs, de la Recherche. Cela ne concerne que le système éducatif en tant que tel. Non directement les questions globales, transversales et pluridisciplinaires de toute la jeunesse.

Il n’existe pas en ce pays de budget spécifique consacré aux juniors ès qualité. Car il n’y a pas de ministère ni d’administration exclusivement consacrés aux seuls treize – vingt-cinq ans. De façon holistique en tous domaines concernés. Comme la Défense seule s’occupe des militaires ! Autrement dit les institutions politiques publiques de la Jeunesse n’ont jamais les moyens de leur… politique ! Une optimisation, une conjugaison meilleures de ces moyens s’imposent. Entre les différentes collectivités territoriales et l’État, l’administration européenne, les différents États membres de l’Union.

Il s’agit de mieux différencier les groupes de jeunes en fonction de leurs réalités, besoins ou attentes. Sans logique « communautariste » mais pour « coller » au plus près aux données de terrain. Tout en cultivant une « vision idoine » d’ensemble de la jeunesse française. Ensuite l’on sera amené à créer les puissants outils efficaces nécessaires pour mieux « appréhender » les juniors. Il ne figure donc pas encore de « politique générale intégrale » de l’ensemble des questions d’éducation et de jeunesse en France. À aucun point de vue ni nul échelon géographique.

Au stade territorial déconcentré il y a des services locaux d’État. Au niveau décentralisé, des services locaux des collectivités municipales, départementales, comme régionales. Rien d’articulé, d’ordonnancé entre les niveaux d’intervention, d’holiste, d’entier n’existe. Il en va de même à l’échelle nationale. Il n’y a donc jamais eu de politique des Jeunes et des Droits de la Jeunesse. Or, des actions ponctuelles, partielles en tel ou tel domaine de jeunesse, pour des parts d’entre elle. Il n’y a ni unité ni agencement ni volonté politique ni conception d’ensemble. La jeunesse est encore considérée comme « classe dangereuse ».

Dont l’on se défie et qu’il ne faut surtout pas reconnaître officiellement. Par peur absurde de la renforcer et d’accroître une menace potentielle imaginaire. En la matière les discours publics ne sont qu’une somme d’hypocrisie, de fausse bonne conscience, d’apaisement fallacieux. En 2018 il y a encore et toujours une opposition des jeunes français à la politique éducative menée. Ces juniors sont lucides, constatent qu’ils vivent en un pays qui néglige sa néogénération, ne croit pas en elle, se « paie sa tête » en prime ! Quant à l’Europe en la matière, comme en tant d’autres hélas la logique de « l’attentisme, l’inaction et l’enlisement » prévaut.

La réglementation communautaire prévoit que ce qui est du ressort des États ne peut l’être de l’Union. Que les juniors ne relèvent que des législations de leur pays respectif. Pour ce qui est des politiques de l’Éducation et la Jeunesse. Les unités, enseignements spécialisés de sciences de la Jeunesse transversaux, pluridisciplinaires font encore défaut. De même que suffisamment de travaux de recherche, publications scientifiques correspondants. Cela est fort préjudiciable à la connaissance intellectuelle savante du jeune. À la formation de bons praticiens généralistes et spécialistes des problématiques concernées.

La France est en grand retard en la matière. En terme de politiques de la Jeunesse les responsabilités ne sont pas assez clairement définies. Cela aboutit à une irresponsabilité de fait, l’impéritie du « système de commandement ». Faute d’unification pertinente, comme adéquate du secteur concerné la chaîne et la mécanique décisionnaires sont absconses. Elles souffrent alors de déperditions, d’efficacité importantes. Le naturel mouvement de cette organisation est plus à l’immobilisme institutionnalisé, la coupable impuissance qu’à l’activisme le plus forcené !

La Jeunesse est trop souvent liée à d’autres domaines connexes plus ou moins étrangers. Cela brouille les objectifs, est révélateur du peu d’importance accordée aux juniors, à ce qui les concerne directement. Toujours rattachés très artificiellement à l’administration des Sports, Solidarités, de l’Éducation nationale et populaire, la Ville, la Vie associative. Il n’existe toujours pas de réel ministère spécialisé exclusivement chargé d’agir. Le domaine Jeunesse souffre d’être encore mal défini, circonscrit, validé au plus haut niveau de l’État. Sa légitimité demeure incertaine, fragile, révocable.

Il reste à définir ce que l’on entend par « politique-s de la Jeunesse ». Quels sont les moyens que l’on souhaite lui allouer, quelle place et priorité entend-t-on donner aux intéressés ? Seuls une volonté politique très forte, un signe clair de l’exécutif peuvent donner l’impulsion nécessaire. Ils font cruellement défaut. Peu nette, compréhensible, précise la politique de Jeunesse est dépourvue d’un vrai centre névralgique d’impulsion. Elle ne remplit pas son objectif premier de tenir compte des spécificités et données concrètes des jeunes. Pour répondre « au mieux » à leurs réels souhaits et priorités.

Décision, conseil et recherche sont trop déphasés les uns des autres. L’ensemble est lui-même « coupé » des intéressés, ce qui délégitime les actions engagées et accentue les blocages. Faute de management central l’action de l’État manque nettement de lisibilité, ne sait pas « communiquer ». Cela brouille le message à destination de l’opinion des juniors eux-mêmes. Le temps, les moyens, la volonté, les hommes disponibles font trop défaut. L’État est dépourvu d’un puissant organigramme d’action Jeunesse. Lui permettant d’évaluer, de prévoir, recenser et comprendre pour intervenir à meilleur escient.

Condamné à s’abstenir totalement ou agir « en aveugle » il multiplie les graves erreurs d’appréciation, les dommageables approximations. L’aboutissement en est l’échec patent des politiques en la matière. Il n’existe nul organisme central d’évaluation et de prospective pour la jeunesse. Les structures publiques existantes de socialisation, d’insertion de cette néogénération font de leur mieux. Avec des moyens limités, peu de rendements concrets pour les juniors qui en ont pourtant le plus besoin. Les moyens mis en œuvre sont sans ambitions, ampleur ni dessein. Non prioritaire la politique de Jeunesse souffre d’un déficit budgétaire chronique.

Les affectations sont toujours monoministérielles. Alors que la jeunesse est par essence un champ d’intervention interministériel aujourd’hui bien trop « hétéroclite ». Insuffisants, les fonds disponibles sont mal répartis, utilisés, sans rentabilité. Le ministère compétent est peu doté. Pour des programmes très souvent succincts, spécialisés, provisoires, amenuisés, sans logiques. Pour les mêmes raisons les moyens matériels en tous genres font fort défaut à l’échelle nationale, comme territoriale. L’action Jeunesse de l’État est très faiblement relayée par des directions départementales et régionales déconcentrées à logistiques très limitées.

Les collectivités locales, villes, départements ou régions développent aussi leurs protocoles spécifiques d’ampleur variable. Souvent modestes, de « saupoudrages », avec peu de gros budgets. Les ressources humaines sont pauvres. Les décideurs « spécialisés » manquent souvent des trois critères capitaux pour « bien réussir » auprès des jeunes et pour eux. Compétences scientifiques, techniques en matière de questions, psychosociologie du junior. Motivation, vocation, connaissance idoine et réel intérêt pour les sujets eux-mêmes, leurs problématiques. Solides dimension, charisme personnels humanistes, éthiques et moraux.

À tous échelons territoriaux les espaces d’action adéquats pour les jeunes sont absents. Par inertie, imprévoyance, indifférence. Le junior ne sait ni où aller ni à qui s’adresser pour ses démarches, activités propres. L’information spécialisée circule fort mal. Il est « livré à lui-même », doit bien souvent « se débrouiller » seul comme il peut. Cela génère encore trop d’erreurs d’aiguillage si néfastes pour sa parfaite insertion sociale. Les ossatures existantes sont insuffisantes, souvent inadaptées aux attentes des jeunes.

Faute de les consulter au préalable car leur conception est avant tout le fait des adultes. Le système est trop opaque, foisonnant, compliqué pour être facilement décodable et accessible. Le mode du « guichet unique » qui a toujours fait ses preuves est bien trop peu instauré pour le junior. À ses dépens. L’irrationalité l’emporte. Les pôles d’intervention « Jeunesse » souffrent de paralysie structurelle, conjoncturelle, routinière. Manque de dynamisme et conviction, d’innovation et audace. Auberges de Jeunesse, (France, 1929), Maisons des Jeunes et de la Culture, (France, 1948) datent-1078 !

Depuis vingt ans les créations bénéfiques marquantes font défaut. Les programmes d’action nationale et territoriale pour la jeunesse sont à son égard défaillants, peu intéressants, à objet inadéquat. Les décideurs spécialisés sont donc singulièrement privés d’imagination en la matière. Le terne, le conventionnel, le déficit d’ambition, d’ampleur l’emportent alors. Les objectifs visés, cibles, publics précis à atteindre sont ratés. Car les prévisions de départ sont radicalement faussées ou trop approximatives. Les « dispositifs de Jeunesse » sont bien peu opérationnels car déjà dépassés, disséminés, peu logiquement reliés les uns aux autres.

Chevauchements et inexistences sont légion. Quand l’ambition initiale se fait attendre les politiques de Jeunesse se muent en vaine disparate mosaïque d’ « actions-confettis ». À l’impact des plus incertains. L’on se cantonne bien volontiers au seul pré carré traditionnel bien « inoffensif » et fort réduit de la culture et des loisirs. Les actions spécifiques sont trop événementielles et ne concernent que des aspects en marge de la vie des intéressés. L’on peut citer la Fête de la Musique, (France, 1982), la Techno Parade de Paris, (France, 1998), Paris Plages, (France, 2002), la Nuit blanche parisienne, (France, 2002). Les conseils national, départementaux de Jeunesse, (France, 1997).

Toutes choses valables mais qui ne s’inscrivent pas en « lumineuse vision d’ensemble » ni continuité profonde, féconde, utile. Les interventions publiques à destination de la jeunesse sont segmentées, bornées en tout point. La France n’a jamais eu de réelle vision fructueuse, ambitieuse du junior, pas plus que l’Union Européenne. Une grande politique territoriale, nationale et européenne de la Jeunesse doit être « appelée de nos vœux ». Il n’existe pas aujourd’hui en Europe, comme en France de volonté politique publique générale, centrale, judicieuse, appropriée pour le junior.

Les mesures qui lui sont destinées sont éparpillées et irrégulières, incomplètes, indigentes. Il n’y a jamais de projet, de souffle clair ni adéquat de ce qu’il convient d’initier pour l’ensemble des jeunes du pays. Rassembler, relier, mettre en réseau, synergie fait défaut. L’inertie publique est le corollaire fort direct de l’indifférence sociale marquée qui prévaut à leur encontre. Il y a dilution de l’action des pouvoirs publics en matière de toutes questions de jeunesse. Qui se double d’une réponse bien trop insuffisante aux besoins exprimés par celle-ci. L’intérêt pour le junior n’est qu’ « intéressé, tactique ».

L’on ne fait mine de s’en inquiéter que quand il se fait menaçant. Quand les revendications exprimées sont liées à des problèmes suraigus, urgents à force de négligences. Il s’agit de « calmer la fièvre » plus que d’agir véritablement. Les mesures projeunes sont non profitables car inadaptées, disjointes, mal ciblées et organisées. Elles souffrent en outre d’une nette méconnaissance des réalités en cause. La politique mise en œuvre est souvent faite sans consulter les intéressés eux-mêmes, sans eux, voire contre leurs avis. L’on répugne à une certaine spécialisation, l’action originale, l’audacieuse innovation vraie pour les juniors. Cela accentue leur exclusion. La jeunesse n’est jamais considérée comme un objectif national politique prioritaire, structurel.

Or, comme domaine d’intervention transitoire, provisoire, sinon conditionnel, révocable et sporadique. Les mesures sont éphémères, sans lendemains. Les déclarations d’intention l’emportent sur les réalisations concrètes, durables. Par exemple la Consultation des Jeunes de 1994 (France) était une excellente initiative mais de peu de portée réelle tangible. La société française, ses dirigeants, guides d’opinion n’ont pas de transcendante représentation arrêtée de l’essence juvénile. Ils ne sont pas « sensibilisés » à la question. Ils en ignorent trop souvent beaucoup d’essentielles implications. Les vrais contacts entre gouvernants, jeunes sont rares. Beaucoup d’adultes ont « oublié » leur propre passé.

La problématique afférente a tendance à être trop systématiquement minorée, occultée. Il en résulte la vacuité de tout « clairvoyant projet sociétal » pour l’acceptation, l’avenir du junior. Celui-ci n’est pas prioritaire en l’ordre des urgences nationales. De ce fait ses besoins sont éludés. Repère, respect, comme responsabilité. De même que ses attentes ignorées. Écoute, expression, espoir. (M. Fize, sociologue français contemporain de la jeunesse). Ses réalités sont niées. Désinsertions, marasme et mal-être. La spécificité des juniors est éludée. Développement, dépendance et dénégation. L’action publique pour les jeunes se focalise sur ceux qui sont le plus en difficulté. Cela conduit à négliger les besoins des autres pourtant très majoritaires.

Le sujet est « légitimé » par ses problèmes, non son existence même. Cette vision erronée est malsaine parce qu’elle laisse sous-entendre que la jeunesse est un réel problème en soi à résoudre comme un autre. Il s’agit d’une grave, totale méconnaissance de son essence la plus fondamentale. Ce choix délibéré conduit à « isoler », mettre en avant des minorités de juniors bien « spécifiques ». Celles-ci sont paradoxalement rejetées, stigmatisées, peuvent ainsi se radicaliser. L’on ne s’intéresse pas aux jeunes « pour eux-mêmes » mais aux troubles psychosociologiques de certains d’entre eux. Ces minorités varient selon les circonstances ou les choix politiques. La profondeur humaniste n’est pas le moteur d’une telle partiale conception fausse et délétère.

L’ex-site Internet Jeunes de la Ville de Paris (France) traite des domaines de vie essentiels au junior parisien. Sorties et bons plans. À savoir, le Kiosque Jeunes, culture, société / citoyenneté et sports et loisirs. Démarches et infos pratiques. Ce qui regroupe les dispositifs Paris Jeunes, les études et les orientations, la santé, l’emploi, le logement, les transports et le « Paris pas cher ». L’expression citoyenne. C’est-à-dire la citoyenneté, le civisme ou les Conseils de la Jeunesse-1079.

L’ex-site Internet Jeunes du Conseil régional d’Île-de-France présente également son action et ses services pour les juniors franciliens. De façon très complète et utile. Éducation / formation : orientation et établissements, handicap et études et mobilité européenne et internationale. Emploi : projet professionnel, formations, premiers emplois. Logement : aides, annuaires et annonces en ligne, logements alternatifs. Transports : en commun, à bicyclette, à pied ou avec un handicap. Environnement : gestes « au quotidien », éducation à l’écologie, aide à l’équipement de composteurs.

Vie citoyenne et solidarités : dans la région le civisme ou la lutte contre les discriminations, les projets de solidarité. Le « Conseil régional des Jeunes ». Santé / social : prévention, santé et protection sociale. Culture et loisirs : divertissements et sports ou découverte du patrimoine régional. Les actions régionales pour les jeunes sur tout plan-1080.

Le portail Web de la jeunesse de l’Union Européenne (1957) établit ses « champs » d’actions prioritaires pour les jeunes des États membres. Éducation : scolaire, universitaire et professionnelle, apprentissage des langues, éducation non formelle. Emploi : stages et embauches, emplois d’été, au pair. Volontariat / échanges : Service volontaire européen et chantiers et échanges de jeunes. Les droits : du jeune consommateur, immigrant, membre d’une famille, différences, égalité, droits de l’Homme. Informations sur l’Europe. Citoyenneté active : participation aux débats, monter son projet, dialogue structuré. Voyager en Europe : informations pratiques et services d’information Jeunesse-1081.

Il existe un e-portail Jeunesse de l’Organisation Internationale de la Francophonie (1970). Il présente ce qu’est la « francophonie » dans le monde, ses actions spécifiques notamment à l’égard des juniors, de l’éducation et de la formation. Également le Volontariat international de la francophonie, les Jeux de la francophonie et les réseaux à thématiques « Jeunesse ». Le Forum international francophone dit « Jeunesse et emplois verts », les Écoles d’été de la francophonie, les Droits de l’Enfant en l’espace francophone-1082.

L’Unicef ou The United Nations of International Children’s Emergency Fund (1946) est le Fonds d’Urgence des Nations Unies pour la Jeunesse mondiale. Enfants et ados ou jeunes. Son portail Internet rappelle que trois milliards de Terriens sur sept sont des jeunes de moins de vingt-cinq ans. La majorité ne bénéficient pas de conditions minimales satisfaisantes de vie. Concernant les adolescents du monde l’Unicef intervient en matière d’investissements utiles, de développement, comme de citoyenneté, de protection, soutien, sécurité et droits. Il s’agit aussi d’aider les juniors en situations d’urgences, de répondre aux réalités, besoins spécifiques des jeunes filles. De donner aux juniors des moyens d’expression-1083…

L’Unesco est l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (1945). En son site Internet, volet « Sciences sociales et humaines » un programme est dévolu à la jeunesse. L’objectif est l’autonomie des quinze – vingt-quatre ans en leur permettant d’exprimer, faire valoir tous leurs ressources, talents propres. Ces jeunes constituent un cinquième de la population mondiale soit 1,3 milliards de personnes. En « tenant compte » aussi des variations culturelles en fonction des régions du globe et au sein des États. Afrique, États arabes, Asie / pacifique, Europe / Amérique du Nord et Amérique latine / Caraïbes.

Les domaines alors traités concernent le développement, la pauvreté, le Sida et les droits et besoins, l’aide aux organismes de jeunesse et les jeunes filles « en difficulté ». Également la coopération avec les Ong, les organisations non gouvernementales et les forums des juniors délégués du monde entier à l’Unesco. La prévention de la violence, les jeunes handicapés, l’Année Internationale de la Jeunesse 2010/2011. La Journée Internationale de la Jeunesse (1999) chaque 12 août. Concernant le domaine de l’éducation l’Unesco œuvre pour le développement mondial d’un enseignement secondaire de qualité. Ainsi que pour la diffusion internationale maximale d’un enseignement supérieur d’excellence sur tous les continents sans exception-1084.

Ainsi la jeunesse étudiante canadienne du Québec se manifeste en masse au printemps 2012. En un mouvement juvénile estudiantin dénommé « Printemps Érable ». En référence aux révoltes des jeunesses arabes, au symbole même du Canada. Pour protester contre l’augmentation drastique des frais d’inscriptions universitaires de 75 pour cent. Ce qui obère l’accès à un enseignement supérieur de qualité pour le plus grand nombre de juniors. In fine les jeunes de la « Belle Province » finiront en leurs luttes par contribuer au changement de gouvernement lors des élections législatives suivantes. Les mesures qui avaient provoqué leur « juste colère » seront rapportées. Preuve s’il en est que quand la jeunesse s’unit pour porter ses légitimes revendications elle peut infléchir le cours de son destin. Faire plier les adultes et les gouvernants. Comme faire renoncer aux mesures abusives qui la frappent !

La politiste française contemporaine P. Loncle dresse donc un intéressant état des lieux. En son ouvrage de sciences politiques Politiques de jeunesse – Les défis majeurs de l’intégration. (France, 2010). Quant aux actions publiques entreprises en faveur de la jeunesse en France et en Europe. Notamment en matière d’insertion sociale et politique. Les évolutions historiques majeures en l’espèce sont très bien décrites. Les politiques françaises de Jeunesse sont exposées, analysées.

Les insuffisances et les ratés de ces actions de la collectivité nationale pour les juniors sont évoqués. Mauvaises formulations, trop grande dilution, dispersion. Erreurs d’objectifs idoines et inadéquates mises en œuvre. Absence de réelle participation et d’aval des jeunes eux-mêmes. Les politiques Jeunesse sont en retard, malaisées, inadaptées en France. Elles ne savent pas assez répondre aux réalités, besoins, attentes véritables des treize – vingt-quatre ans d’aujourd’hui. L’État reste trop inactif et en décalage, voire en « porte-à-faux », comme bien trop peu réactif en la matière.

Il y a un écart majeur entre les intentions et les discours d’une part et les actions concrètes et les résultats effectifs de l’autre. Ainsi ni la Consultation des Jeunes de France en 1994 ni les propositions de la Commission Hirsch de 2009 n’ont abouti à grand-chose pour les juniors. Il était fort à parier que les mesures Jeunesse appliquées en 2013-2017 n’amorceraient nulle réelle révolution majeure pour les intéressés ! L’immense enjeu d’insertion et de réussite ou d’épanouissement de la jeunesse française reste ainsi en « jachère et déshérence ». Ce qui est particulièrement grave, dommageable. Non seulement pour la nouvelle génération elle-même mais pour le présent, l’avenir de l’ensemble de la nation, du pays. Ces derniers ne se régénéreront, ne pourront bien prospérer que si la jeunesse est « au cœur » de la cité, comme des préoccupations de tous.

En ces temps de marasme généralisé et accru en tous domaines il y a urgence à bien le comprendre. Faute de « décliner » plus encore, finir par disparaître. Quand l’étranger, tout particulièrement les grandes nations émergentes gagnent toujours plus de terrain. Poussent gentiment mais fermement dehors « le vieux monde, la vieille Europe et vieille France ». Vers la sortie de la compétition mondiale et de l’Histoire-1085. À moins d’un immense, drastique et décisif sursaut régénérateur bien improbable à ce jour, en l’actuelle conjoncture atone ! Notons toutefois la création d’une Clause d’Impact Jeunesse. Il s’agit de « mieux prendre en compte la situation des jeunes dans les lois, règlements. Par l’évaluation systématique de l’impact des projets de loi et textes réglementaires sur la jeunesse ». Avec compensations en cas d’inégalités anti-jeunes.


 

 


– Initiatives, Implications d’Entreprises Holistes –

En Votre Faveur de Junior


 

 

L’immense « marais » de votre classe moyenne se trouve « oublié », subit un net déclassement continu. Au profit de vos minorités qui ont les moyens de se « faire entendre » par leurs pouvoirs violents de nuisances. Vous, jeune, n’existez pas par et en vous-même. Or, par les dérives dont certains d’entre-vous peuvent être les victimes ou la cause. Le jeu social est faussé par des extrêmes qui « donnent le la » pour tous. De façon illégitime, arbitraire, dommageable.

À un triple échelon. Local : municipal, départemental, régional. National d’État. Européen des vingt-sept nations membres. Les structures, moyens, actions publics pour vous, junior, sont à refondre, mieux adapter, dynamiser, développer. Il existe donc un portail Internet Jeunes du ministère – entre autres – de la Jeunesse, www.jeunes.gouv.fr. L’action de notre État français domaine par domaine en votre faveur, jeune, y est détaillée. Avec toutes ses principales subdivisions. Une politique territoriale Jeunesse existe toutefois en partie, déjà évoquée.


 

 

Comme l’action Juniors de la ville de Paris. Trois secteurs municipaux clés ont été instaurés en 2014 pour les jeunes parisiens. Avec à la tête de chacun un adjoint au maire de la capitale. « Jeunesse, Vie associative. Affaires scolaires, Réussite éducative et Rythmes scolaires. Vie étudiante, Recherche ». Nous avons vu que le portail Jeunesse de la ville organisait la vie des juniors en plusieurs domaines. Que de même sur Internet existent un portail européen et un portail francophone de la Jeunesse. 2010/2011 aura été Année Internationale de la Jeunesse selon les Nations Unies.

Avec un congrès, une conférence mondiaux et des jeux Olympiques de la Jeunesse. Des organismes spéciaux, dispositifs, actions d’initiative privée à objectifs d’intégration juvénile existent également. Des citoyens, des institutions non publiques s’organisent. Pour suppléer toutes les « insuffisances » de la collectivité nationale en matière d’insertions des juniors. L’on peut citer la Fondation Apprentis d’Auteuil, (France, 1866) d’ « utilité publique ». Qui œuvre pour former les jeunes en difficulté à un métier professionnel comme l’horticulture, l’hôtellerie-restauration, les savoir-faire du bâtiment ou du bois-1086… Sa devise est :

« Chaque jeune a droit à un avenir » !

Les programmes internationaux de la Jeunesse en particulier ceux des Nations Unies sont également amenés à fort s’étoffer. L’objectif des politiques de la Jeunesse est de soutenir le projet personnel de vie, d’avenir. D’insérer en société, épanouir moralement les juniors. Les politiques juvéniles dans les principaux pays de l’Occident sont plus toniques que celles de la France. Elles démontrent que ce pays « en fait donc insuffisamment » pour sa jeunesse. Nos politiques du « Troisième âge » sont bien plus dynamiques.

Ce qui augure fort négativement de l’avenir d’un pays déjà si mal en point qu’il préfère ainsi obérer son futur. Ainsi notre « politique de Jeunesse » est faite de délaissements, d’impuissances, de faux-semblants. À l’égard des juniors qu’elle prétend servir. L’influence des critères juvéniles différentiels sur les politiques de la néogénération est réelle. Elle concerne les sexes, âges, milieux socioéconomiques, parcours, personnalités, éducation, localisations géographiques du jeune. Le fort retentissement sur l’appréhension publique des questions « Juniors » est très significatif. Qu’est-ce qu’un jeune « citoyen à part entière » ?

Consulté, écouté, pris en compte, compris. Acteur satisfait, activement, pleinement engagé de et en sa société, son pays. Avec le sentiment que sa vie est utile et a un sens pour lui-même, les autres, sa collectivité- 1087. Il n’y a donc nulle harmonisation ni politique européenne des Juniors. Tout au plus pouvons-nous observer de timides débuts de coordination des diplômes avec le système Lmd. Des échanges d’étudiants avec le système Socrates et son successeur. Tout cela est fort dérisoire par rapport aux enjeux mondiaux contemporains !

Il n’existe pas d’Europe de la Jeunesse. Les particularismes nationaux l’emportent. L’Europe est capable d’imposer des réglementations parfois absconses. Par exemple en matière de produits de consommation courante. Toutefois elle ne sait pas construire son avenir commun en « niant » ses jeunesses. L’agriculture est ainsi jugée plus « prioritaire » ! De fait pour un accomplissement optimal notre futur dépend de la ressource éducative et juvénile ! Or, un continent tel que le nôtre qui privilégie le matériel au détriment de l’humain se prépare un très sombre avenir. D’amères désillusions, non l’espérance.

Certes les individus ne doivent d’abord compter que sur eux-mêmes pour promouvoir leur destin. Or, il est du plein devoir de la collectivité, l’homme étant « animal social » de montrer l’exemple. D’impulser l’ensemble surtout quand il s’agit des jeunes. Humains en devenir, en fragile construction. Bâtissons en agissant ! Nous avons vu que la Ville de Paris depuis 2001 faisait de louables efforts en matière de politique de Jeunesse. La capitale s’implique de façon dynamique en matière de Conseils de la Jeunesse. Départemental / municipal ou d’arrondissements. D’engagements des jeunes, de droits et d’information.

Antennes jeunes, kiosques Jeunes, Info Jeunesse… D’initiatives. Paris Jeunes Aventures, Paris Jeunes Talents, Scèn’Expos, Paris Jeunes Associations, Aides aux Projets, Spectacle et Création. Les études, le travail, le logement, les aides et dispositifs divers, la santé, les loisirs… Il y a donc inertie collective habituelle à l’égard des juniors sauf rares exceptions. Des organes, dispositifs et actions d’initiative privée ont pris le relais d’institutions publiques par trop défaillantes. Pour aider les jeunes à grandir et à s’insérer en leur société.

Il faut saluer à cet égard l’action méritoire, courageuse, d’avant-garde d’un puissant tissu d’interventions notamment associatif. Qui accomplit un remarquable travail avec fort peu de moyens, souvent peu d’aides notamment publiques. Au service des jeunes de ce pays, de leur intégration. En particulier en zones géographiques les plus « déshéritées ». Ces entités aident les juniors les moins favorisés à s’informer, réussir leurs études, trouver du travail, avoir des loisirs équilibrants… Ce système peut être très renforcé, coordonné et bien mieux encouragé, aidé par la collectivité.

Les jeunes les plus en difficulté sont prioritaires. Or, il ne s’agit pas d’oublier l’immense majorité de ceux des « classes moyennes ». Qui ont eux aussi besoin de solides structures d’encadrement, d’aiguillage. Peinent à trouver des interlocuteurs adéquats susceptibles de pouvoir les aider à mieux cheminer vers l’adultisme vrai. Soit ces organismes n’existent pas, soit encore ils ne sont pas adaptés aux demandes juvéniles. Le maillage d’aménagement du territoire en la matière est toujours insuffisant, mal réparti équitablement. Les zones des métropoles les plus urbanisées sont bien mieux pourvues que les zones périurbaines. Surtout le monde rural est encore trop démuni et « abandonné ».

En matière d’action, de politique publiques de la Jeunesse il en va de l’échelle mondiale comme de celle de l’Europe. Les États souverains agissent en la matière à leur guise sans véritable contrôle extérieur. Puisqu’il est systématiquement opposé en cas d’abus le droit et le devoir de non-ingérence à l’égard de nations indépendantes. Ainsi le travail des mineurs, l’enrôlement forcé dans les forces armées officielles ou dissidentes d’enfants, d’adolescents. La prostitution, les mauvais traitements, comme le non-respect des obligations minimales en matière d’éducation, de santé et loisirs… Tout cela est encore bien trop courant, non assez sanctionné. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant, (New York, 1989) n’est pas respectée de par le monde et sa violation non punie.

Car elle n’a pas de réelle valeur « contraignante » avec sanctions pour les États. La quasi-totalité l’ont pourtant ratifiée mais pas encore le plus puissant d’entre eux, les États-Unis ! Quant à d’authentiques politiques de la Jeunesse favorables aux juniors bien peu de pays y compris parmi les plus « évolués » en mènent. Toutefois notre pays se « paie le luxe impudent » de faire moins bien encore en la matière que nombre de ses grands homologues occidentaux. Notre politique de la Jeunesse est faite de délaissement des jeunes car les priorités nationales sont ailleurs. L’on se contente d’agir en peu de domaines pour bien peu de juniors. Cette politique est impuissante puisque ses effets pour les intéressés demeurent encore et toujours des plus « faibles et inopérants ».


 

 

En 2009 la Commission sur la Politique de la Jeunesse sous l’égide du Haut commissariat à la Jeunesse élabore cinquante-sept propositions. Au sein de douze « principes-clés » en faveur des jeunes de France.


 

 


Propositions Pour Vous de la Commission Nationale

Sur la Politique de la Jeunesse


 

France, 2009


 

 


I


 

– Soutenir Votre Autonomie Juvénile –

Par l’Information, le Libre Choix en Votre Orientation


 

 

Proposition 1- Faire de votre éducation au choix une mission « ultra-prioritaire » de l’école.

Proposition 2- Modifier les pratiques professionnelles de votre orientation pour les inscrire en votre environnement familial et extrascolaire de junior.

Proposition 3- Reconnaître votre droit d’élève, d’apprenti et d’étudiant à une information impartiale et homogène sur vos débouchés.


 

 


II


 

– Dédramatiser, Jeune –

Votre Orientation Scolaire & Professionnelle


 

 

Proposition 4- Mieux préparer vos transitions.

Proposition 5- Revaloriser toutes vos « filières technoprofessionnelles » en travaillant sur les perspectives qu’elles vous offrent.

Proposition 6- Garantir votre réorientation en cours d’année : en tous les moments clés de votre orientation.

Proposition 7- Créer un « livret des compétences » support de votre orientation plus positive.


 

 


III


 

– Organiser pour Vous, Junior les « Étages » –

D’un Service Public de l’Orientation Territorialisé, Spot

Qui ne Soit Plus Sous-Partie de l’Éducation Nationale


 

 

Proposition 8- À l’échelon national partir de l’identification des services à vous fournir pour bien repenser l’architecture des opérateurs de votre orientation.

Proposition 9- Créer une nouvelle instance régionale de pilotage de votre Service Public d’Orientation Territorialisé, Spot.

Proposition 10- Garantir une organisation locale rendue lisible et visible pour vous, junior.


 

 


IV


 

– Ne Laisser Aucun de Vous, Jeune à l’Abandon –


 

 

Proposition 11- Supprimer votre délai dit de « carence ».

Proposition 12- Définir une obligation de résultat de votre collectivité publique.

Proposition 13- Affirmer votre obligation, junior de seize à dix-huit ans de vous former ou à défaut de mieux préparer votre entrée en la vie active.

Proposition 14- Construire au niveau régional des offres de formations de « raccrochage » pour vous, jeune qui n’avez pas le baccalauréat. Afin de « doper » votre faible niveau scolaire.

Proposition 15- Avancer à l’âge de vos seize ans la Journée d’Appel de Préparation à la Défense, Japd pour vous « repérer », junior en difficulté.

Proposition 16- Mieux reconnaître la compétence des Conseils généraux dans votre protection de jeune majeur.


 

 


V


 

– Refonder le Projet des Missions Locales pour Combler les Manques –

En Votre Prise en Charge de Jeunesse en Difficulté


 

 

Proposition 17- Reconnaître la responsabilité des maires et des présidents de mission locale d’aller à votre devant, junior sans emploi et sans formation qui ne « demandez rien ».

Proposition 18- Créer les bonnes conditions pour que votre système de formation initiale Éducation nationale, Cfa, centres de formation d’apprentis s’implique davantage dans vos « Missions locales ».

Proposition 19- Ne pas faire de vos Missions locales de simples auxiliaires de Pôle Emploi.

Proposition 20- Réformer votre Civis.


 

 


VI


 

– Réduire, Junior la Durée Entre Votre Sortie –

De Formation et Votre Obtention d’un Emploi Stable


 

 

Proposition 21- Mettre en place un suivi conjoncturel du temps moyen pour vous, jeune d’accéder à un Cdi depuis la sortie de votre formation initiale.

Proposition 22- Soutenir votre travail professionnel étudiant en un cadre compatible avec votre cursus universitaire de junior.

Proposition 23- Accompagner toute votre recherche d’emploi de jeune diplômé. Pour vous qui avez le plus faible réseau relationnel.

Proposition 24- Interdire vos stages hors cursus.


 

 


VII


 

– Impliquer les Entreprises en Votre Réussite de Jeune –


 

 

Proposition 25- Mobiliser les branches professionnelles sur la création d’emplois de qualité pour vous, junior.

Proposition 26- Assurer pour vous tout le respect du droit du travail.

Proposition 27- Conditionner la possibilité de demander la production d’un extrait de casier judiciaire au moment de votre embauche à l’existence d’un accord de branche ou d’entreprise le prévoyant agréé par l’État.

Proposition 28- Mettre dans la négociation collective une vraie « convention de votre transmission intergénérationnelle ».

Proposition 29- Mieux sécuriser les cadres juridiques des dispositifs de votre préembauche de junior en formation.


 

 


VIII


 

– Doubler Pour Vous le Nombre –

De Juniors en Alternance d’Ici 2015


 

 

Proposition 30- Réformer pour vous la taxe dite d’apprentissage.

Proposition 31- Valoriser votre apprentissage pour changer le regard de la société à son sujet.

Proposition 32- Développer votre logement spécifique d’apprenti.

Proposition 33- Développer votre apprentissage dans le secteur public et associatif notamment dans les métiers de la petite enfance et des prises en charge des personnes âgées. Pour tenir compte des nombreuses possibilités d’emploi afférentes.

Proposition 34- Permettre votre entrée en apprentissage au long de l’année.

Proposition 35- Mieux tenir compte de vos niveaux de qualifications d’apprenti dans la fixation de votre rémunération, de l’aide à votre employeur.

Proposition 36- Vous aider, jeune tout une année à l’occasion d’un contrat en alternance.


 

 


IX


 

– Vous Donner, Jeune les Moyens –

De Prendre en Main Votre Existence


 

 

Proposition 37- Soutenir vos ressources, junior pour améliorer votre plein accès à une formation ou à un emploi.

Proposition 38- Soutenir vos revenus, jeune en emploi sans discrimination par rapport aux plus de vingt-cinq ans.

Proposition 39- Créer une banque non lucrative pour soutenir vos projets de junior.


 

 


X


 

– Faire de Votre Jeunesse un Passage Obligé –

De la Politique du Logement


 

 

Proposition 40- Inclure pour vous un volet dit Jeune en chaque document « stratégique » de la politique du logement.

Proposition 41- « Faciliter votre accès au logement pour vous, junior le plus en difficulté ».

Proposition 42- Développer les solutions de votre logement, jeune en insertion professionnelle.

Proposition 43- Faciliter votre accès de junior au logement locatif privé. Pour pallier la pénurie existante en la matière.

Proposition 44- Renforcer votre accès, junior au parc social.


 

 


XI


 

– S’Assurer qu’Aucun d’Entre-Vous, Junior –

Ne Renonce aux Soins Pour Raisons Financières


 

 

Proposition 45- Concrétiser par une conférence biennale nationale la priorité donnée à vous, junior dans les politiques de Santé publique.

Proposition 46- Améliorer votre « couverture santé complémentaire » de jeune pour éviter votre renonciation aux soins pour des raisons financières.

Proposition 47- Mettre en place une consultation de médecine du travail à l’entrée de votre formation professionnelle.

Proposition 48- Vous mobiliser, junior sur les préventions et l’éducation à la santé.


 

 


XII


 

– Créer un Espace Politique de « Projets Partagés » –

Pour Toute Votre NéoGénération

Autour d’un Service Civique Ambitieux


 

 

Proposition 49- Faciliter et promouvoir votre engagement au long de la vie.

Proposition 50- Permettre aux municipalités de développer des « espaces de vie » ouverts à vous, jeune.

Proposition 51- Engager un « débat national » avec les partis politiques, les syndicats, les autres acteurs de la société civile organisée sur la place qu’ils vous accordent à vous, junior.

Proposition 52- Transformer vos modes de représentation de jeune.

Proposition 53- Supprimer tous vos seuils d’âge ne se justifiant pas.

Proposition 54- Promouvoir la création d’un volet complémentaire au programme Erasmus ciblé pour vous, junior qui n’êtes pas étudiant.

Proposition 55- Faire du Service Civique une vraie étape naturelle dans votre vie de jeune.

Proposition 56- Promouvoir, valoriser votre bénévolat de junior.

Proposition 57- Tenir compte des spécificités de votre jeunesse ultramarine. Qui souffre de difficultés locales.


 

 

(Livre Vert, France, 2009)-1088.


 

 

Il s’agit de propositions publiques complètes intéressantes pour les jeunes de ce pays. La réflexion la plus large menée sur le sujet depuis la Consultation Nationale de la Jeunesse de 1994, quinze années auparavant. Celle-ci n’avait apporté que peu d’ « avancées concrètes » majeures pour la néogénération. Il était à craindre que les propositions de 2009 connaissent le même sort malheureux. Comme cela s’est hélas vérifié. Il n’y a en France nulle politique de la Jeunesse car il n’y a nulle action globale, transversale, interministérielle en sa faveur. Il n’y a nulle volonté politique pour cela car les jeunes « font peur ». Il s’agit donc plus de les « contenir que les libérer ». À leurs dépens en l’immobilisme permanent.

Le Comité Interministériel de la Jeunesse, Cij (France) se réunit le 21 février 2013. Il émet certains constats quant aux réalités juvéniles françaises. Il établit un certain nombre de propositions de mesures d’amélioration à ce sujet. Les jeunes sans diplômes ont un taux de pauvreté de 30 pour cent mais les diplômés du supérieur de 10 pour cent. 75 pour cent des juniors qui obtiennent un « master » en 2007 accèdent rapidement, durablement à l’emploi. Contre la moitié des titulaires d’un Bep ou Cap. Les non-diplômés ont un taux de chômage de 25 pour cent contre 15 pour cent pour les détenteurs d’un Cap. Parmi les diplômés de doctorat il y a six enfants de cadres pour un enfant d’ouvrier. Chez les non-diplômés cinq enfants d’ouvrier pour un enfant de cadre. Le taux de chômage est de 9 pour cent pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur.

22 pour cent pour les bacheliers et titulaires de Cap, Bep. 46 pour cent pour les non-diplômés. Les juniors sont 22 pour cent de la population active mais 40 pour cent des chômeurs. 15 pour cent des jeunes de quinze – vingt-neuf ans ne sont ni en emploi ni en formation. 55 pour cent des juniors salariés de quinze – vingt-quatre ans ont un contrat d’emploi temporaire. Contre 11 pour cent pour les aînés de vingt-cinq – cinquante-quatre ans. Le taux de pauvreté des jeunes de dix-huit – vingt-quatre ans est de 24 pour cent en 2018 contre 14 pour cent pour l’ensemble de la population ! Les moins de trente ans constituent la moitié des « personnes pauvres ». Un tiers des étudiants renoncent à des soins pour raisons financières. Un cinquième des étudiants n’ont pas de complémentaire santé. 13 pour cent des seize – vingt-cinq ans présentent des épisodes dépressifs majeurs.


 

 


Plan National 2013-2017

Pour Votre Jeunesse de France


 

 


I


 

– Votre Service Public Junior –

D’Information, d’Accompagnement, d’Orientation


 

Mesure 1- Votre nouveau Service Public d’Orientation, Spo.

Mesure 2- Rationaliser les dispositifs d’information pour vous, junior.


 

 


II


 

– Lutter Contre Votre Décrochage Scolaire –

Pour Votre Réussite de Jeune


 

Mesure 3- Des réseaux Objectif Formation-Emploi pour vous.

Mesure 4- L’aide du Service Civique pour vous, « décrocheur ».

Mesure 5- Prévenir, lutter contre votre décrochage.

Mesure 6- Lutter contre votre sortie de premier cycle d’études supérieures sans diplôme et favoriser votre réussite étudiante.

Mesure 7- Laisser vos parents décider de votre orientation d’adolescent en fin de classe de troisième de collège.


 

 


III


 

– Optimiser Votre Santé Juvénile –

Votre Accès Préventif, Curatif


 

Mesure 8- Mieux vous aider, junior à obtenir une « Couverture Maladie Complémentaire ».

Mesure 9- Fixer les priorités sanitaires à venir pour votre jeunesse.

Mesure 10- Doubler en deux ans le nombre de vos centres de santé universitaires.


 

 


IV


 

– Améliorer Votre Accès de Junior au Logement –


 

Mesure 11- Une garantie universelle de vos loyers.

Mesure 12- Perfectionner le droit actuel pour mieux vous loger, junior.

Mesure 13- Mieux vous héberger, jeune en alternance.


 

 


V


 

– Booster Votre Emploi Juvénile –


 

Mesure 14- Rendre effectif votre Contrat de Génération.

Mesure 15- Vous aider, junior créateur d’entreprise.

Mesure 16- Resserrer les liens entre tous vos établissements d’enseignement supérieur et le « Service Public d’Emploi ».

Mesure 17- Soutenir votre travail, jeune des quartiers défavorisés.


 

 


VI


 

– Protéger Votre Insertion Sociale –

Professionnelle de Jeune


 

Mesure 18- Vous accompagner, former, employer, garantir financièrement pour doper votre insertion d’emploi juvénile.

Mesure 19- Une allocation d’études, de formation sous critères de vos ressources propres.

Mesure 20- Limiter votre abandon de cursus d’apprentissage pour vous, junior en difficulté.

Mesure 21- Limiter au maximum les abus d’usage de vos stages, bonifier votre statut de stagiaire.


 

 


VII


 

– Mieux Vous Réinsérer, Junior Détenu –

Ou Relevant d’une Mesure Judiciaire


 

Mesure 22- Former, orienter, valider vos compétences.

Mesure 23- Normaliser votre situation de junior notamment pour votre emploi et votre autonomie.

Mesure 24- Développer votre accès aux soins et au logement.


 

 


VIII


 

– Développer Pour Vous, Jeune –

Vos Loisirs, Culture, Communication


 

Mesure 25- Une accessibilité maximale aux sports pour vous.

Mesure 26- Promouvoir pour vous, junior des loisirs éducatifs de qualité.

Mesure 27- Favoriser pour vous, jeune l’accès à l’art et à la culture.

Mesure 28- Un Service Public Audiovisuel et Numérique pour votre jeunesse.


 

 


IX


 

– Vous Rapprocher, Jeunesse –

De la Culture Numérique des Métiers de l’Internet


 

Mesure 29- De nouveaux services pour vous, junior dans les Espaces Publics Numériques, Epn.

Mesure 30- De vrais Emplois d’Avenir dans vos Epn.


 

 


X


 

– Favoriser, Étoffer Vos Mobilités –

Européenne et Mondiale NéoGénérationnelles


 

Mesure 31- Plus d’entre-vous, junior, de diversité de publics en « mobilité » européenne et internationale.

Mesure 32- Coordination des intervenants pour votre meilleure accessibilité aux programmes prédéfinis concernés. Lutter contre les dispersions néfastes.

Mesure 33- Mieux communiquer par vos pairs, vos organismes de jeunesse.

Mesure 34- Vaincre les discriminations affectant votre jeunesse ultramarine.


 

 


XI


 

– Encourager, Bonifier –

Vos Engagements Juvéniles


 

Mesure 35- Communiquer et vous motiver, jeune quant aux vertus de votre acte d’engagement dans et hors de vos études.

Mesure 36- Intégrer toute votre expérience associative, syndicale, politique dans vos études et votre emploi par la capitalisation de vos acquis.

Mesure 37- Accroître votre dispositif de junior sapeur-pompier volontaire notamment pour vous, jeune en difficulté.


 

 


XII


 

– Développer Votre Représentation de Junior –

En la Sphère Publique


 

Mesure 38- Vous inciter, junior à intégrer les organes associatifs, politiques ou syndicaux.

Mesure 39- Vous motiver et aider, jeune à créer, gérer votre propre organisation.

Mesure 40- Vos « collèges juniors » dans tous les Conseils Économiques, Sociaux, Environnementaux Régionaux, Céser.

Mesure 41- Faire des inventaires quant à la réalité de vos échanges, de votre participation de jeune à la vie publique.

Mesure 42- Organiser une cérémonie citoyenne de remise de votre première carte d’électeur à vous, nouveau junior majeur et citoyen.

Mesure 43- Vous, jeune électeur de tout âge serez éligible à toute élection politique, professionnelle.


 

 


XIII


 

– Resserrer Votre Lien Institutions-Jeunesse –

Annihiler Vos Discriminations


 

Mesure 44- Améliorer votre lien Police-jeunesse notamment par l’entremise des « Délégués à la Cohésion Police-Population ».

Mesure 45- Éviter vos contrôles d’identité discriminatoires.

Mesure 46- Une Fonction publique intégrant toute votre diversité juvénile de milieu, d’études.

Mesure 47- Strictement repérer vos discriminations anti-jeune de tous types en matière de votre insertion scolaire, professionnelle, de votre logement et de vos stages, comme de vos loisirs.


 

 

(Priorité Jeunesse, France, 2013)-1089.


 

 

Espérons que ces bonnes dispositions gouvernementales 2013-2017 pour les juniors seront mieux suivies pour eux d’effets concrets positifs. En 2019 les résultats décisifs les plus tangibles se font encore attendre ! Des organes nationaux de jeunesse se sont groupés en Forum Français de la Jeunesse, Ffj. Excellente initiative de coordination ! Or, ceci paraît bien pâle quand le chômage, l’exclusion, la désinsertion juvéniles croissent. Il s’agit surtout de créer un Parlement Français des Jeunes, Pfj, élu démocratiquement par tous les juniors du pays. Pour débattre, proposer, décider en matière de questions de jeunesse.


 

 

Tous les chefs d’État de la « Cinquième République » (1958-), le régime politique actuel de la France se sont exprimés sur la jeunesse, l’éducation.


 

 


C. de Gaulle


 

 

Le premier d’entre eux C. de Gaulle, (France, 1890-1970, présidence 1959-1969) le fait notamment lors d’un voyage en Allemagne. Il s’adresse alors aux jeunes d’outre-Rhin à Ludwigsburg le 9 septembre 1962.


 

« Quant à vous, je vous félicite ! Je vous félicite tout d’abord d’être jeunes. II n’est que de voir cette flamme en vos yeux, que d’entendre la vigueur de vos témoignages, de discerner ce que chacun de vous recèle d’ardeur personnelle. Ce que votre ensemble représente d’essor collectif. Pour savoir que devant votre élan la vie n’a qu’à bien se tenir et que l’avenir est à vous ! […]. Le champ nouveau et prodigieux qui s’ouvre ainsi devant vos existences, c’est à ceux qui ont aujourd’hui votre âge qu’il appartient de faire en sorte qu’il devienne la conquête. Non de quelques privilégiés mais de tous nos frères les hommes. Ayez l’ambition que le progrès soit le bien commun et que chacun en ait sa part, qu’il permette d’accroître le beau, le juste, le bon. Partout et notamment dans les pays qui comme les nôtres font la civilisation. […] ».


 

 


G. Pompidou


 

 

 G. Pompidou, (France, 1911-1974, présidence 1969-1974) intervient à l’Assemblée Nationale. Le 14 mai 1968 en tant que Premier ministre (1962-1968), lors des événements en cours.


 

« […]. À travers les étudiants c’est le problème même de la jeunesse qui est posé. De sa place en la société, de ses obligations, comme de ses droits, de son équilibre moral même. Traditionnellement la jeunesse était vouée à la discipline, à l’effort au nom d’un idéal et d’une conception morale à tout le moins. La discipline a en grande partie disparu. L’intrusion de la radio, la télévision a mis les jeunes dès l’enfance au plein contact de la vie extérieure.

L’évolution des mœurs a transformé les rapports entre parents et enfants, comme entre maîtres et élèves. Les progrès de la technique, comme du niveau de vie ont pour beaucoup supprimé le sens de l’effort. Quoi d’étonnant enfin si le besoin de l’homme de croire en quelque chose et d’avoir très solidement ancrés en soi quelques principes fondamentaux se trouve contrarié. Par la remise en cause constante de tout ce sur quoi l’humanité se sera appuyée pendant des siècles. La famille est souvent dissoute ou relâchée, la patrie discutée, souvent niée, Dieu est mort pour beaucoup. L’Église elle-même s’interroge sur les voies à suivre, bouleverse ses traditions »…


 

 


V. Giscard d’Estaing


 

 

 V. Giscard d’Estaing, (France, 1926-2020, présidence 1974-1981) parle aux jeunes à une réunion de la campagne présidentielle le 28 mars 1981 porte de Pantin.


 

« […]. En mon septennat nouveau la priorité sera celle de la jeunesse. La jeunesse c’est-à-dire son éducation, comme aussi sa formation professionnelle, son emploi. Aujourd’hui je m’engage à ce que soit offert par priorité aux jeunes autant d’emplois ou de postes de formation qu’il arrivera de ces jeunes sur le marché du travail. […] ».


 

 


F. Mitterrand 


 

 

F. Mitterrand, (France, 1916-1996, présidence 1981-1995) évoque l’importance de la jeunesse, son éducation. Lors du discours de clôture d’un colloque intitulé : Informatique et Enseignement le 22 novembre 1983.


 

« […]. J’ai déjà dit maintes fois que pour notre pays la formation symbolisait l’investissement majeur. Notre jeunesse représente pour nous la principale ressource. C’est pourquoi la formation de tous ces jeunes Français constitue la clé de notre avenir commun. Notre école grâce à laquelle des générations entières de jeunes auront su acquérir les apprentissages fondamentaux. Lire, écrire, compter, connaître les langues, l’histoire et la géographie ou les sciences. Notre école grâce à laquelle nous avons pu nous initier à notre futur métier de citoyen. Reflet du savoir, d’une société, des valeurs qu’elle a choisies ou qu’elle contient. Notre école est en mesure d’épouser en permanence son temps et les progrès qui marquent ce temps-là. […] ».


 

 


J. Chirac


 

 

 J. Chirac, (France, 1932-2019, présidence 1995-2007) se prononce quant à lui sur les questions d’éducation et de jeunesse le 20 novembre 2003. À l’occasion du Débat National sur l’Avenir de l’École.


 

« […]. Le moment est venu, je pense, pour notre pays de se rassembler autour de ce qu’il désire pour sa jeunesse. De renouveler le pacte qui le lie à son école. […]. Le monde, l’Europe, la société changent et l’école comme à toutes les étapes de son histoire a le devoir d’anticiper ce changement. À nouvel environnement, nouvelles ambitions et surtout nouvelles méthodes. L’école résonne de tous les défis qui traversent notre société. Défi d’un monde toujours plus ouvert. Pour les jeunes l’horizon n’est plus loin s’en faut celui que dessinent nos frontières.

Ils auront besoin de clés nouvelles pour maîtriser leur destin. […]. Au cœur de ce débat sachons aussi entendre les jeunes eux-mêmes. Qu’ils soient collégiens, lycéens, apprentis ou étudiants, à toutes et à tous je veux dire que c’est bien d’eux et de leur avenir qu’il est aujourd’hui question. Qu’ils ne se laissent jamais gagner par le doute, comme le scepticisme ou le désenchantement. L’école ne l’oublions pas est une chance autant qu’une conquête. Si tout ne s’apprend pas dans une classe c’est là que chaque élève construit avec ses professeurs toute sa vie d’adulte. C’est en pensant à notre jeunesse, à sa capacité d’engagement, comme à sa soif d’idéal que nous devons conduire nos réflexions. Nous avons le devoir de lui offrir la meilleure école possible. […] ».


 

 


N. Sarkozy


 

 

 N. Sarkozy, (France, 1955-, présidence 2007-2012) s’adresse aux jeunes lors d’une réunion de la campagne présidentielle. Porte de Versailles le 31 mars 2012.


  

« […]. Vous avez vingt ans, vous avez la vie devant vous et cette vie n’appartient qu’à vous ! Ne laissez personne vous la prendre. Ne laissez personne écrire votre histoire à votre place, personne ! Car cela est l’éternel dilemme de la jeunesse, vivre son histoire ou la subir. La jeunesse est un moment très exaltant, parfois angoissant parce que la jeunesse est un passage, parce que la jeunesse est un saut dans l’inconnu. […]. Mes chers amis, vous avez vingt ans… Ces valeurs sont les vôtres. Vous êtes à un âge où l’on veut partir, fuir les pesanteurs de la vie, tenter l’aventure. Vous voulez partir ! Aller à la conquête du monde, N’ayez pas peur !

C’est un grand homme qui a dit cela à la fin des années 1970, un grand pape – Jean-Paul II – N’ayez pas peur ! N’ayez pas peur ! Que l’on croie aux forces de l’Esprit, que l’on croie à la transcendance ou pas, n’ayez pas peur. Quel plus beau message ? ! Un message universel. […]. Vous êtes les enfants d’une crise terrible ! C’est peut-être pourquoi parce que vous êtes les enfants d’une terrible crise vous pouvez et mieux que d’autres être ouverts au changement.

C’est peut-être pourquoi mieux que d’autres vous pouvez avoir l’esprit libre après avoir connu ces crises terribles pour imaginer autre chose. En ces temps de crise vous devez être l’avant-garde ; vous êtes la jeunesse de France ; vous devez être l’avant-garde de notre pays. Cette jeunesse de France l’on ne la fera pas taire. Cette jeunesse de France ne veut pas baisser les bras. Vous êtes la jeunesse de France dont la crise n’a pas brisé les rêves et n’a pas brisé l’envie d’espérer ! […] ».


 

 


F. Hollande


 

 

 F. Hollande, (France, 1954-, présidence 2012-2017) présente ses vœux présidentiels à la Jeunesse le 23 janvier 2013 à Grenoble.


 

« […]. C’est vous qui allez porter votre avenir ; c’est vous qui allez donner la chance à ce pays d’avancer ; c’est vous qui avez les réponses. Nous notre devoir – celles et ceux qui ont par le suffrage universel un mandat, qui l’exercent – c’est de vous donner toutes les occasions. Toutes les conditions pour que vous puissiez réussir votre vie donc faire réussir la France. […]. Oui notre devoir c’est que nos enfants vivent bien mieux que nous. Pour cela il doit y avoir une mobilisation générale. […]. Ce qui s’est exprimé c’est à la fois un besoin de liberté, d’indépendance, de souveraineté même pour assurer les premiers pas de chacun de ces jeunes. En même temps le besoin d’être accompagné, parrainé, d’avoir des repères pour les premiers moments de la vie. C’est le rôle de l’État, le rôle aussi de l’ensemble des acteurs publics et d’être capables de fournir cette transmission.

J’ai fait de la jeunesse la première priorité du quinquennat. […]. J’ai considéré qu’aider la jeunesse, lui permettre de retrouver une espérance c’était donner un horizon à toute la France et à toute la société. Parce que quand un pays peut donner cette certitude que la génération qui vient va vivre mieux que celle précédente alors ce pays avance. Inversement quand il n’est plus capable d’assurer cette promesse il décline. […].

Qu’est-ce qui finalement à un moment va nous réconcilier ? Qu’est-ce qui va nous élever ? Qu’est-ce qui va nous permettre de nous sentir une nation fière et forte ? Ce sera simplement ce que nous pouvons faire pour les jeunes. […]. Nous serons le pays le plus jeune d’Europe. C’est cet atout que je voudrais donner comme facteur d’espérance à notre nation. Si j’ai un vœu à formuler c’est que la France fasse plus confiance à sa jeunesse. Parce qu’en faisant confiance à sa jeunesse elle assurera son avenir et sa propre réussite ».


 

 


E. Macron


 

 

 E. Macron, (France, 1977-, présidence 2017-2027) au cours de la campagne présidentielle de 2017 adresse aux jeunes de France une « lettre ouverte ». Datée du 18 avril. Avant son élection à la magistrature suprême.


 

« […]. Je veux vous donner les moyens de votre indépendance sans quoi rien ne changera dans votre quotidien. Car pour vous aider à réussir la République doit donner un avenir professionnel à tous les jeunes, vous garantir une rémunération décente et vous faciliter l’accès au logement. Candidat du travail je veux de meilleures conditions de vie pour les travailleurs en début de carrière pour que le travail paie. […]. Je généraliserai la Garantie jeunes à deux cent mille jeunes qui facilite l’insertion professionnelle de ceux éloignés de l’emploi.

Grâce à un parcours d’accompagnement intensif assorti d’une allocation. […]. J’engagerai à l’occasion de mon plan d’investissement une action sans précédent pour la formation d’un million de jeunes sans emploi éloignés du marché du travail. […]. Je mettrai en place des emplois francs pour encourager l’embauche des jeunes des Quartiers prioritaires de la Ville. […]. Je ferai construire quatre-vingt mille logements pour les jeunes, une part du logement social vous sera réservée car c’est votre première dépense. […]. Je soutiendrai l’innovation et j’éliminerai avant la fin de mon quinquennat les zones sans réseau dans le monde rural. […]. Je veux vous donner les moyens de l’émancipation. L’orientation, la formation et la culture seront donc au cœur de mes priorités.

Je veux vous donner les moyens de faire les bons choix dès la fin du lycée. L’orientation doit être plus transparente. […]. Je veux mettre un terme à la sélection par l’échec. […]. Il faudra que chacun ait validé des prérequis avant de se lancer dans un cursus [universitaire]. […]. Je créerai cent mille places de licences professionnelles en établissements d’enseignement supérieur. […]. Je généraliserai la formation en alternance. Parce qu’elle est la meilleure garantie d’emploi elle doit devenir la principale voie d’accès aux diplômes de qualification intermédiaire. […]. Je mettrai fin au régime spécial de la Sécurité sociale étudiante qui fonctionne mal, est source de complications. […]. L’émancipation se fera grâce à l’accès à la culture. C’est pourquoi je créerai un Pass Culture de cinq cents euros qui sera remis à tout Français l’année de ses dix-huit ans.

[…]. Je veux une jeunesse engagée et libre de ses choix. Pleinement engagée en France, en Europe, dans le monde, je souhaite donner à votre génération la possibilité d’être pleinement les acteurs de votre avenir. […]. Le Service civique sera pérennisé en gardant tous ses fondamentaux afin qu’il soit accessible à tous les jeunes. […]. Je créerai un Service national obligatoire. Il durera un mois. […]. Pour démocratiser l’expérience de l’Europe je ferai monter en puissance le programme Erasmus. […]. Je m’engage à insuffler le renouveau démocratique que vous espérez. […]. On ne pourra désormais plus réaliser plus de trois mandats successifs afin que les nouvelles générations d’élus locaux ou nationaux puissent émerger. […] ».


 

 

Tout président français du demi-siècle écoulé se préoccupe des affaires d’éducation, de jeunesse. A mis en œuvre des mesures concrètes en faveur des juniors, de leur formation. Or, il y a bien loin des – belles – paroles aux actes – à effets -. Force est de constater que les priorités majeures vont aux aînés plutôt qu’aux cadets. Avec pour illustration une jeunesse française parmi les moins bien traitées, les plus en marasme, mal-être, détresse d’Occident ! « Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse » ! (F. Hollande, homme d’État, France, 2012). Bel impératif à effets des plus « limités » !

Citons malgré tout les Emplois d’avenir, la Garantie jeunes, les Contrats starter, aides à l’apprentissage, formations au numérique. L’extension du Service Civique, la création d’organisations de jeunes ou la Clause d’Impact Jeunesse. Le Conseil d’Orientation des Politiques de Jeunesse, plus de mobilité internationale. L’accession à la Prime d’Activité, l’amélioration des bourses, les stages, les logements étudiants, comme le Droit universel à la garantie locative. Le Tiers payant, la gratuité totale de la contraception, de l’avortement. Un accès facilité au permis de conduire… (Ministère de la Jeunesse, France, 2016). Quant aux actuels quinquennats présidentiels, 2017-2027, il seront « jugés sur pièces ». À commencer par les premiers intéressés, les jeunes eux-mêmes ! Quelle déception hélas à leur achèvement !

Nonobstant, au-delà des besoins matériels légitimes et indispensables de la jeunesse il convient de ne pas éluder ses impératifs axiologiques. Non moins capitaux ! La néogénération ne saurait se complaire ni se contenter des seuls matérialisme, hédonisme, consumérisme. Elle ne le souhaite pas. Elle aspire tout autant, voire plus encore à son plein accomplissement moral, spirituel, métaphysique. Pour nos jeunes la primauté, la philosophie de ce qui peut être formulé comme l’idéal : « Panem et circences, Du pain et des jeux » sont dépassées. (Juvénal, poète, écrivain latin, Ier/IIe s., Satires, œuvre poétique, Empire romain, 90-127).

Les juniors à raison attendent bien plus des adultes que de quoi se nourrir, loger, travailler ! Ils veulent se réaliser, donner un sens profond, authentique, transcendant à leur vie ! Nulle prébende ne saurait à elle seule acheter à bon compte la paix sociale. Les masses juvéniles de ce temps ne sauraient se laisser aliéner, manipuler, endormir par un factice confort aux dépens de leur élévation morale.


 

 


– Vos « Irréductibles Positionnements » de Jeune –

En Votre Communauté


 

 

Les politiques de la Jeunesse se réfugient trop souvent en de faux-semblants. Puisqu’elles prétendent généralement faire plus qu’elles n’accomplissent en réalité. Qu’il y a toujours un abyssal hiatus entre les ambitions affichées, réalisations concrètes et résultats probants pour vous, junior. L’Unicef, « The United Nations Children’sFund, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance » est donc une grande agence internationale de l’Organisation des Nations Unies. Comme précité elle a pour objectif principal la protection, l’éducation, les droits des mineurs enfants, adolescents du monde.


 

 

Elle agit au mieux avec des moyens limités. Nulle politique globale, coordonnée de la Jeunesse à l’échelon international n’a encore cours. Il est donc nécessaire que l’Onu soit mandatée par les États pour édicter un « minimum de règles » applicables. Non plus seulement en matière de protection des jeunes mais aussi plus largement en terme d’action holistique internationale. De même qu’elle mène des opérations dites de maintien de la paix. Pour mieux aider la jeunesse du globe à s’accomplir. Tant dans les pays réputés « avancés » qu’en ceux dits encore « en développement ou émergents ».

Dans les débuts de la Cinquième République française les vingt premières années, un grand effort de sectorisation et d’interministérialité est effectué. En matière de politiques publiques de la Jeunesse. Les juniors deviennent l’objet d’impératifs d’avancées sociales. Mis en œuvre par les gouvernants du nouveau régime. Du général de Gaulle au président Giscard d’Estaing, (France, 1959-1981). Or, les acteurs du secteur jeunesse ont peu de moyens, de latitudes d’action à disposition. Face aux autres domaines ministériels. L’impact de leurs interventions reste des plus limités.

De 1958 à 1966 il y a un Haut commissariat à la Jeunesse et aux Sports avec à sa tête M. Herzog. (Homme politique, France, 1919-2012). Un Haut comité de la Jeunesse est créé en 1955 par E. Faure. (France, homme d’État, 1908-1988). Qui assure « l’harmonisation » entre l’État et les organismes de jeunesse. Il coordonne, initialise les politiques de Jeunesse sous l’autorité du Premier ministre. Il reste plus au stade de la réflexion que des réalisations. Le Fonjep, Fonds de coopération de Jeunesse et d’Éducation Populaire, (France, 1964) n’est pas plus performant.

Les associations se regroupent au sein du Gerojep. Groupe d’Études et de Rencontre des Organisations de Jeunesse et d’Éducation Populaire. (France, 1958). Ce qui concerne alors des associations confessionnelles et laïques. Aussi au sein du Cfmj, le Conseil Français des Mouvements de Jeunesse. (France, 1949). Pour les organes catholiques. En 1966 un ministère de la Jeunesse et des Sports est créé avec alors F. Missoffe, (Homme politique, France, 1919-2003) comme ministre.

Or, sous la Cinquième République française le ministère dit de la Jeunesse et des Sports n’est qu’une « coquille vide ». Tout comme l’actuel ministère de l’Éducation qui n’est en charge de la Jeunesse qu’à titre second. Le ministère de l’Éducation nationale ne concerne que les collégiens, les lycéens. Comme le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation les jeunes étudiants. L’administration de la Jeunesse demeure encore et toujours impuissante car « limitée, ligotée, bâillonnée » par le caractère interministériel et donc éparpillé des questions de Jeunesse.

Tous les autres ministères sont amenés à intervenir en la matière. Ce qui réduit le ministère ou le secrétariat d’État de / à la Jeunesse à se cantonner essentiellement à la seule sphère des loisirs. En réalité ce ministère ne traite que de ce que les autres ministères ne prennent pas en charge. C’est-à-dire pas grand-chose. La jeunesse française ès qualité est donc réduite à la seule sphère récréative ou peu s’en faut. Ce qui est pour elle particulièrement réducteur et dépréciatif ! Cela est un grand frein au progrès de tout le pays, lequel obère ainsi son dynamisme plein et entier. Brisant les « élans fort constructeurs » de sa propre descendance. Pourtant gage d’avenir et de réussite. En outre le département ministériel dévolu aux jeunes se heurte toujours aux acteurs associatifs et autres.

Du seul terrain socioculturel de la jeunesse. Eux-mêmes divisés et peu structurés, efficaces. Dont le domaine d’intervention est tout autant amoindri. Les acteurs socioculturels de la jeunesse sont dépourvus de tout statut, de corps professionnels organisés, constitués. Ce qui restreint encore plus leurs légitimité, influence et performance. Animateurs socioculturels, éducateurs spécialisés sont donc généralement « court-circuités » par l’État. Qui gère de plus en plus directement lui-même les affaires de jeunesse. L’entente entre partenaires de terrain et national est rarement très bonne. Ce qui génère « cacophonie », inaction, incurie des plus dommageables pour les jeunes du pays.

La formation des acteurs de la Jeunesse est toutefois désormais assurée par des diplômes d’État mieux reconnus. Le tout en une optique de technicité autour des sciences générales sociales, humaines, de l’éducation. Au détriment de ce qui fait la spécificité des mouvements locaux de jeunesse. À partir de la seconde moitié des années 1970 il y a crise économique consécutive aux chocs pétroliers. Les politiques de la Jeunesse limitent alors fortement leur préoccupation surtout récréative, culturelle, éducative. Elles passent à une nouvelle priorité d’insertion et d’adaptation socioéconomiques.

Les juniors notamment d’origine populaire et immigrée exclus sont les premières victimes de la crise. Sont en proie à l’échec scolaire, au chômage, aux violences. Surtout en zones périurbaines les plus défavorisées, délabrées. Pans entiers de territoires sinistrés et appauvris. Les conditions de vie y sont calamiteuses. Les politiques de la Ville prennent alors en matière d’aide aux jeunes les plus fragiles le relais volontariste des traditionnelles politiques de la Jeunesse. Il s’agit de fait désormais de trouver des « solutions de vie sociale acceptable » aux juniors les plus déshérités-1090.

Il y a déconcentration et décentralisation. Services extérieurs de l’État, surtout collectivités locales, régions, départements, villes s’investissent plus que l’État. En matière d’actions en faveur de la jeunesse. Les élus locaux sont plus réactifs que les administrations centrales. Il y a la montée d’un véritable « Quart-Monde paupérisé » notamment juvénile. Naissent des organismes français de bienfaisance. Tels Atd Quart-Monde, Agir Tous pour la Dignité (1957) du Père J. Wresinski. (Prêtre, France, 1917-1988). La Fondation Emmaüs (1949) de l’Abbé Pierre. (Religieux, France, 1912-2007). Ils prennent une part de plus en plus forte dans l’intervention pour les jeunes les plus démunis.

Aussi les précieux Restaurants du Cœur (1985) de l’humoriste Coluche, (France, 1944-1986) en matière d’aide alimentaire. Le Dal, Droit au Logement, (France, 1990) pour l’abri des plus vulnérables. Également le Samu Social. (France, 1993)… Depuis 1977 les mesures publiques en faveur de l’emploi des juniors se multiplient avec le peu d’efficacité que l’on sait. Se créent en 1981 les Zones d’Éducation Prioritaire, Zep. (France). Elles n’ont pas éradiqué loin s’en faut l’échec scolaire, comme la déscolarisation des jeunes en difficulté. Pas plus les Zones Urbaines Sensibles, Zus, (France, 1996-2014) pour la désocialisation.

Il existe des Conseils de Sécurité et de Prévention de la Délinquance locaux et départementaux. (France, 1983 et 2002). Des Contrats locaux de Sécurité, (France, 1997). Ils visent à mieux contenir, prévenir les déviances notamment juvéniles. Interviennent également un nouveau Forum Français de la Jeunesse (2012), des Conseils régionaux, départementaux, (France, 1997), municipaux, (France, 1963/1967) de Jeunes. Les juniors de France sont-ils pour autant réellement associés à la marche des affaires de leur pays ? À tout le moins de celles qui les concernent si directement ? Il est permis d’en douter.

D’autant plus qu’il n’y a toujours pas en ce pays ni de véritable ministère des Jeunes ni de vraie politique de Jeunesse globale, transversale, interministérielle. Du ressort exclusif de ce seul ministère-1091. Nous avons dit que ce pays n’avait pas de « réelle politique » pour les treize – vingt-cinq ans. De fait les objectifs d’une véritable bonne politique publique de la Jeunesse sont au nombre de trois. Le soutien, l’insertion, l’épanouissement de tous les juniors. La famille et les jeunes sont les premiers comptables de ces finalités. (Loncle, 2003).

La collectivité peut y avoir ensuite également sa part. Or, depuis le marasme de société des années quatre-vingt les pouvoirs publics sont bien impuissants à y contribuer. Faute de volonté politique au plus haut niveau de l’État, de moyens, mobilisation mis en œuvre. De soutien au projet personnel de vie, à l’insertion sociale, l’épanouissement moral avons-nous dit. Les juniors de ce pays ne sont, ne se sentent nullement soutenus, compris, encouragés par l’ensemble de la société française. Les adultes qui prétendent pourtant s’en occuper à titre professionnel. Les pouvoirs publics. C’est même le contraire qui se produit.

Ce « cher et beau pays » ne sait que « jeter sa jeunesse à la rue » en récurrentes protestations monstres. Tant elle se considère à raison comme maltraitée. Nul autre État homologue ne témoigne d’autant de mépris à sa descendance ! De même sommes-nous l’un des pays d’Occident en lequel l’insertion des plus jeunes s’effectue le plus tardivement, le plus mal à tous points de vue. Quant à l’épanouissement nulle autre jeunesse homologue ne fait montre d’un état d’esprit, de vécus aussi « maussades, renfrognés, souffreteux » ! Ce qui est indigne de notre pays. La juvénilité traitée en « paria telle roupie de sansonnet » par et en sa propre société est en réalité concernant cette dernière « essentialité ». Pleine et entière !

Nous avons déjà analysé tous ces sinistres paramètres du mal-être moral encore plus que psychique de cette génération bafouée. Pour ne pas avoir à y revenir ici. Que peut donc être une véritable politique de la Jeunesse pour mériter son plein qualificatif ? Aide, intégration, autodéveloppement ! L’aide de la collectivité c’est le dialogue, l’écoute, la compréhension. Des moyens et un accompagnement pas à pas de tous les juniors sur tout le territoire. De tous les milieux socioéconomiques, culturels… L’intégration des jeunes c’est leur faire toute la place qui leur revient de droit ni plus ni moins.

En fonction certes des réels talents, efforts, mérites sans nul passe-droit générationnel. De façon à ce que les qualités juvéniles de tous soient toujours pleinement employées sans exception. L’autodéveloppement du junior sera ainsi bien mieux assuré si cette néogénération se voit créditée de valeurs de plénitudes, d’espérances morales, d’accomplissement de soi. Au lieu de ne se satisfaire que des seuls besoins ou pseudo-besoins purement matériels. Car nonobstant les esprits chagrins elle y aspire très ardemment. En sus bien sûr des habituels critères affectifs, récréatifs, de réalisation d’objectifs personnels…

Nombre de nos homologues européens, occidentaux ont depuis des décennies développé des politiques de la Jeunesse. Puissantes, holistiques et intégratives. Contrairement à notre pays ces nations notamment canadienne, scandinaves, germaniques se donnent tous les moyens de bien traiter leurs juniors. Leur faire confiance, les associer à la marche de leur société. En un net esprit de tolérance, d’ouverture, d’acceptation des différences, spécificités positives de leur descendance juvénile. L’atout majeur de ces politiques est la confiance qui est faite aux jeunes de ces pays sans préjugés. Il est cru en leurs potentiels.

Ils se voient « donner leur chance ». Les talents de chacun sont favorisés, peuvent librement s’exprimer. Seuls comptent les mérites et les capacités exprimées, non l’âge. Notre pays quant à lui se défie tant du jeune âge ès qualité jugé « inapte » en tant que tel. Ce qui fait que les pays « jeunophiles » avancent quand les États « jeunophobes » tel le nôtre stagnent, reculent. Il est bien évident qu’une « bonne politique Jeunesse » ne peut se contenter d’appréhender les juniors de treize – vingt-cinq ans « en bloc ». Sans distinctions pertinentes. Certaines approches peuvent être « globales ». C’est-à-dire universelles, intégrales et holistiques.

Considérant l’ensemble de cette classe d’âge comme entité néogénérationnelle homogène, unie. La plupart ne peuvent qu’être « ciblées » très précisément. Il s’agit de distinguer entre garçons et filles. Adolescents de douze-quinze ans, juniors de seize – dix-huit et jeunes de dix-neuf – vingt-cinq ans. Sujets des différents milieux socioéconomiques, ethniques, culturels. Non pour discriminer bien sûr mais au contraire assurer l’égalité, les mêmes chances de tous sans exception aucune. Entre les jeunes de parcours, de personnalité, d’éducation différents.

Entre juniors urbains, périurbains, ruraux, voire « rurbains » c’est-à-dire étudiant ou travaillant en ville mais résidant à la campagne. Tous ces complexes paramètres sont à prendre en compte pour mieux « gérer » la nouvelle génération. En son unité, sa diversité de réalités, besoins, attentes. Un jeune qui se perçoit utile à sa communauté se sent alors reconnu comme « citoyen à part entière » même mineur. Car il est consulté, écouté, pris en compte, compris, acteur satisfait, activement engagé en la « vie de la Cité ». Pour être utile et reconnu il s’agit de pouvoir librement agir, s’exprimer, participer, apporter sa contribution, jouer un rôle, être influent…

Il convient pour cela de toujours pouvoir donner son plein avis, dire son opinion, ses choix, préférences, s’épanouir comme l’on est. Sans craindre censure, rejet ni incompréhension. Force est hélas de constater que ces conditions si indispensables pour l’ « élévation » des juniors français sont loin d’être réunies. Ce qui nous situe vers les « bas du classement » en Occident-1092. Ce qui nécessite d’urgence maintes mesures de « rattrapage ». L’objectif des politiques de Jeunesse est d’abord de renforcer l’engagement associatif des jeunes.

Divers organes, dispositifs œuvrent à la « participation citoyenne » du junior. Forum Français de la Jeunesse, Conseils régionaux, départementaux et municipaux de la Jeunesse, programme « Envie d’Agir ». Également Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire et Centre Européen de la Jeunesse ou Service Civique. Toutefois aucun de ces programmes, institutions n’a encore réellement « fait ses preuves » en matière de meilleures acceptation, insertion, place et prise en compte de la jeunesse en sa société. (Sénat, France, 2009).

Tout cela est bien peu connu des jeunes eux-mêmes, peu représentatif de leur ensemble. Les juniors n’y participent qu’en une petite minorité d’entre eux. Les domaines concernés, les pouvoirs de décision, d’influence sont trop segmentés, restreints. La Journée Défense et Citoyenneté, Jdc est une session de formation théorique obligatoire pour tous les jeunes français des deux sexes de dix-huit ans. Sur les questions de Défense nationale. Les acquis scolaires fondamentaux y sont évalués.

Cela concerne sept cent mille juniors par an. Il reste à réinventer en France un système public susceptible de fédérer un maximum de jeunes autour de valeurs, d’engagements, d’actions communs. Le Service Civique devenu militaire volontaire les tente. Toutefois il séduit peu d’entre eux, reste borné à des domaines encore trop fragmentés. Il s’agit donc de développer, d’étendre, universaliser le dispositif à un maximum de juniors. En les informant mieux à ce sujet, en le rendant plus attractif aussi. En libre volontariat-1093.

En matière de politique nationale étatique de la Jeunesse saluons un effort, progrès de la collectivité pour les juniors. En 2013 le gouvernement décide que le Comité Interministériel de la Jeunesse se réunira désormais une fois par an. Au lieu de deux seulement depuis 1990 ! Surtout pour la toute première fois a été créée en France une Délégation Interministérielle à la Jeunesse, la Dij. Ce qui s’imposait depuis longtemps car la juvénilité constitue par essence un domaine transversal, holiste, pluridisciplinaire d’intervention.

Espérons que ce ne sera pas une « entité vaine » mais un réel outil efficace au service des jeunes ! Toutefois cet organe relève du ministre de l’Éducation et de la Jeunesse, non du Premier ministre comme il le faudrait. Son interministérialité n’est qu’un leurre ! Tous les quinze – vingt-cinq ans sont concernés. Quinze ans, fin de puberté, début du lycée, du raisonnement mental, moral adulte. Vingt-cinq, fin d’ossification de la clavicule, du développement cérébral, des études. Débuts de la vie dite active et du plein adultisme. Pour de nombreux jeunes.


 

 

Je vais manifester car c’est l’un des derniers moyens d’expression

L’un des ultimes leviers pour faire bouger les choses


 

Corentin, dix-sept ans1094


 

 


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