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Jeune XY(Andro)JeunesseAndroJeunoPratiqueRésuméContact


 

 


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Yves REMY

Dr / PhD


 

AndroJeunologue®

Docteur des Universités


 

 


(ANDRO)JEUNOLOGIE®


Relever Votre Défi Jeune !


 

 

Ce livre est une introduction inédite et novatrice aux sciences

Et au conseil personnel de votre (andro)Jeunesse

Et androJeunologiques.

En une large vision optimale : globale, transversale et pluridisciplinaire.


 

 

L’ouvrage présente l’essentiel des particularités de votre (andro)Juvénilité.

Les outils de pointe, d’appréhension et de mentorat pour vous, jeune homme.

L’(Andro)Jeunologie® étude et assistance maximale pour vous, 15-24 ans.

Spécialement garçon. Balisage, tutorat, conseil

En réalisation de vous pour vous mener, junior XY, à mieux vous diriger.


 

 

Ce traité analyse votre néogénération en ce qu’elle est. Il décrit les meilleurs

Et plus appropriés procédés pour vous soutenir, les issues à vos aléas

Attentes, réalités, besoins spécifiques.

En théorie abstraite réflexive : (Andro)JeunoScience®

Et pratique concrète de terrain : AndroJeunoConseil®.


 

 

Protocoles in vitro et in vivo d’avant-garde.

Plus particulièrement concernant votre jeunesse masculine.

En deux tomes doubles

Soit quatre volumes d’AndroJeunologie®.


 

 


Tome I


 

 

Réflexion

D'(Andro)JeunoScience®


 

Données anthropologiques d’ensemble de recherche

Sur votre génération préadulte. Vous, jeune de 13-24 ans.


 

 

Tome II


 

 

Mentoring

D’AndroJeunoConseil®


 

Moyens d’accomplissement de vous androJuvénile.

Vos compréhension et conseil particuliers de junior masculin.


 

 


Tome I / Volume I-1


 

 

[ Votre « Essence » Individuelle de Jeune ]


 

Santé, psychisme, affectivité, sociabilité, ethno-économie.


 

 

Tome I / Volume I-2


 

 

[ Votre « Insertion » Sociale de Jeunesse ]


 

États philo-historiques, formation / emploi, récréativité, valeurs, droit-s.


 

 


Tome II / Volume II-1


 

 

[ Vos « Solutions » AndroJeunologiques ]


 

Fondements, apport, réponse, nature, leviers d’intervention.


 

 

Tome II / Volume II-2


 

 

[ « Effets » de Votre AndroJeunoConseil® ]


 

Performance, adaptation, résultats, principes, plénitude d’action.


 

 


Yves REMY, Dr est consultant

Pour vos questions d’Éducation et de Jeunesse.

Conseil en matière de développement individuel

Pour vous, garçon de 15-24 ans. Expert en AndroJeunologie® :

Vos problématiques et thématiques juvéniles masculines.


 

 

Docteur des Universités en Sciences humaines et sociales.

(PsychoSociologie adoJuvénile), Paris. Certifié Acec / Mentoring personnel.

(Jeunesse). Paris. Conseil androJeunologue®.

Concepteur et théoricien-praticien de l’AndroJeunologie®

Investigations et relation d’aide holistiques vous concernant, junior mâle.


 

 

Approche cognitive, émotionnelle, comportementale de vos vécus, difficultés

Sui generis de garçon jeune. Notamment de votre confiance en vous.

Vos socialisation, gestion du stress, motivation, affirmation de vous

Optimisation de potentiels androJuvéniles…


 

 

Yves REMY, Dr a créé à Paris le premier et unique cabinet privé ad hoc

Spécialisé en France. De conseil androJeunologique

Personnel et intégral de vous seul, 15-24 ans masculin, à titre exclusif.

Comme de consulting Éducation-Jeunesse.


 

 


Yves REMY

Dr / PhD


 

AndroJeunologue®

Docteur des Universités


 

 


(ANDRO)JEUNOLOGIE®


Relever Votre Défi Jeune !


 

 


Tome I


 

 

VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »

CONTEMPORAINES


 

Réflexion

D’(Andro)JeunoScience®


 

 

Tome II


 

 

JEUNOLOGIE D’ « OPTIMISATION

DE VOTRE POTENTIEL » DE JUNIOR MÂLE


 

Mentoring

D’AndroJeunoConseil®


 

 


Volume I-1


 

 

« La Nature Personnelle, l’Identité Commune »

De Votre (Andro)Jeunesse


 

 

Volume I-2


 

 

Vos Réalisation, « Cheminement » Existentiels

D'(Andro)Jeune


 

 


Volume II-1


 

 

L’Alternative AndroJeunologique

Face à Vos « Enjeux » de Jeune Homme


 

 

Volume II-2


 

 

L’AndroJeunologie®

« Vous, Junior Masculin, Aller au Bout de Vous-Même »


 

 


Yves REMY, Dr / PhD  © 2019 

Protection copyright SGDL / Dépôt légal BNF


 

 


(ANDRO)JEUNOLOGIE®


Relever Votre Défi Jeune !


 

 


Tome I


 

 

VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »

CONTEMPORAINES


 

Réflexion

D’(Andro)JeunoScience®


 

 


Volume I-1


 

 

« La Nature Personnelle, l’Identité Commune »

De Votre (Andro)Jeunesse


 

 

À Alexandre, seize ans, lâchement assassiné

Par la folie des hommes-1


 

Aux jeunes victimes des attentats de Paris et Nice

Si odieusement massacrés-2


 

 

1Attentat du RER B, station de métro Saint-Michel

À Paris le 25 juillet 1995.


2Tueries de Paris, le 13 novembre 2015

Et Nice le 14 juillet 2016.


 

In Memoriam


 

 

À vous, jeune de France, d’Europe, du monde

Qui êtes heureux de vivre, souffrez, espérez !


 

 


SOMMAIRE

Tomes I & II


 

 


(ANDRO)JEUNOLOGIE®


Relever Votre Défi Jeune !


 

 


Tome I


 

 

VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »

CONTEMPORAINES


 

Réflexion

D’(Andro)JeunoScience®


 

 


SOMMAIRE

Tome I – V. 1


 

 


PRÉAMBULE

 

« Tempête Sur Vous, Junior »


 

 


Volume I-1


 

 

« La Nature Personnelle, l’Identité Commune »

De Votre (Andro)Jeunesse


 

 


1


VOTRE INTÉGRITÉ PSYCHOSOMATIQUE


 

[ Vos Physiologie / Santé ]

D’(Andro)Jeune


 

 

Votre juvénile « révolution psychopubertaire »

L’indice général de votre santé de jeunesse française

Vos risques, préventions, soins sanitaires de junior


 

 


2


VOTRE PERSONNALITÉ


 

[ Vos Psychologie-s (Andro)AdoJuvénile-s / ]

Postulat de « Crise »


 

 

Votre néopsychologie cognitive-émotionnelle à l’adoJeunesse

Votre construction sociomorale-comportementale de jeune

Votre « trouble de jeunesse, un mythe anti-néogénérationnel »


 

 


3


VOS « ATTACHEMENTS »


 

[ Vos Vie Familiale / Affectivité ]

(Andro)Juvéniles


 

 

Votre indispensable « refuge lignager » de junior

Votre « passionnel investissement affectif » de jeunesse

Vos omniprésentes amitiés, amours, sexualités juvéniles


 

 


4


VOTRE SOCIABILITÉ


 

[ Votre Sociologie (Andro)Jeunologique / ]

Vous, Junior « en Difficulté »


 

 

Vos intégrations, désinsertions sociales de jeune d’aujourd’hui

Votre hypothétique socialisation néogénérationnelle conditionnelle

Votre jeunesse « abîmée » – Maltraitée, handicapée, précaire, déviante


 

 


5


VOTRE ÉTAT ÉCONOMICO-ETHNIQUE


 

[ Vos Niveau de Vie / ]

« Transnationalité » d'(Andro)Jeune


 

 

Vos consommations, consumérismes de néogénération

Vos caractéristiques anthropoculturelles de junior

Votre croissante « globalisation » juvénile généralisée


 

 


Notes

Lexique

Table des matières


 

 


Tome I


 

 

VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »

CONTEMPORAINES


 

Réflexion

D’(Andro)JeunoScience®


 

 


SOMMAIRE

Tome I – V. 2


 

 


Volume I-2


 

 

Vos Réalisation, « Cheminement » Existentiels

D'(Andro)Jeune


 

 


6


VOTRE EMPREINTE « MÉMORIELLE »


 

[ Histoire / Philosophie ]

De Votre (Andro)Néogénération


 

 

Votre riche parcours historique de jeune, de jeunesse

Les savantes visions, doctrines sur votre juvénilité

Imaginer un « marqueur philosophique de votre nouvelle cohorte »


 

 


7


VOTRE INSERTION PERSONNELLE


 

[ Vos Formation / Emploi ]

(Andro)Juvéniles


 

 

Les fondements majeurs de notre système éducatif pour vous, élève

Les conceptions pédagogiques de la nation pour votre jeunesse

Votre « insaisissable gageure » professionnelle de junior


 

 


8


VOTRE TEMPS RÉCRÉATIF


 

[ Loisirs / Culture-s ]

De Votre (Andro) Nouvelle Génération


 

 

Votre « folle passion ludique » de jeunesse du siècle

Votre intense culture numérique « particulariste » de jeune

Votre juvénile civilisation « porteuse de sens » ?


 

 


9


VOS ÉTHIQUE, MORALE


 

[ Vos Valeurs / Adhésions ]

D'(Andro)Jeune


 

 

Votre avant-gardiste « syncrétisme juvénile extrême » ?

Vos « idéologiques élans » de jeune par / pour vous ?

Vos « indifférentismes, quêtes d’absolu » de junior


 

 


10


VOTRE « ENCADREMENT »


 

[ Vos Droit-s de Mineur / ]

Politiques Publiques d'(Andro)Jeunesse


 

 

Vos statut légal, régime civil, facultés, libertés de prémajeur

Vos loi pénale, extrapénale de minorité, civisme juvénile

Les réalités des interventions étatiques pour votre jeunesse


 

 


ÉPILOGUE


 

 

Postface

Sources / Bibliographie


 

 

Notes

Lexique

Table des matières


 

 


Tome II


 

 

JEUNOLOGIE D’ « OPTIMISATION

DE VOTRE POTENTIEL » DE JUNIOR MÂLE


 

Mentoring

D’AndroJeunoConseil®


 

 


SOMMAIRE

Tome II – V. 1


 

 


PRÉAMBULE


 

 


Volume II-1


 

 

L’Alternative AndroJeunologique

Face à Vos « Enjeux » de Jeune Homme


 

 


1


VOS « BASES »


 

[ Public, Nature, Impact Supportif ]

De Votre AndroJeunoConseil®


 

 

Une résolutive relation d’aide pour vous seul, jeune masculin

La « stratégie androJeunologique » – Spécificité, méthode, effet

Un volontariste résultat intégratif, holistique pour votre androJeunesse


 

 


2


VOTRE « AVANCÉE »


 

[ Apports de Votre Médiation ]

AndroJeunologique


 

 

L’idoine « percée » déterminante de votre jeunologie andro

Hardiment créditer, « ré/enchanter » votre (andro)Jeunesse

La triple contribution intello-disciplinaire de votre androJeunoConsulting


 

 


3


VOTRE « RÉPONSE »


 

[ Appréhender Vos Réalités, Besoins, Attentes ]

Andro-Néogénérationnels


 

 

Prendre en considération l’unicité de votre jeunesse mâle

L’AndroJeunoConseil® – Ranimer votre énergie, doper vos aptitudes, vous apaiser

Réaliser « à tout prix » votre dessein adulte


 

 


4


VOS « CATALYSEURS »


 

[ Votre Mutatif Conseil Psychoéducatif ]

De Jeune Homme


 

 

Votre accompagnement androJeunologique en développement personnel

Vos préceptorat de vie / réalisation de soi de l’AndroJeunoConseil®

Votre androJeunologique « guidance directionnelle » éducation-jeunesse


 

 


5


VOS OUTILS POUR « MIEUX VIVRE »


 

[ Vos Appui, Balisage, Entraînement ]

AndroJeunologiques


 

 

Vous conseiller, garçon junior, à « assumer » vos écueils, issues, applications

Votre nouvelle génération masculine appelée à « s’autocontrôler »

L’androJuvénologie – « Agir à bon escient, faire votre possible », progresser


 

 


Notes

Lexique

Table des matières


 

 


Tome II


 

 

JEUNOLOGIE D’ « OPTIMISATION

DE VOTRE POTENTIEL » DE JUNIOR MÂLE


 

Mentoring

D’AndroJeunoConseil®


 

 


SOMMAIRE

Tome II – V. 2


 

 


Volume II-2


 

 

L’AndroJeunoConseil®

« Vous, Junior Masculin, Aller au Bout de Vous-Même »


 

 


6


VOTRE PERFORMANTE APPROCHE INNOVANTE


 

Vous Aider, Garçon Junior

[ À « Vous Dépasser » ]


 

 

Le « double intérêt » de votre jeunologie – Conseil/science de la Jeunesse

Un dispositif neuro-affectivo-béhavioriste bienveillant, productif pour vous

Votre « tonique procédure » – Écrite, directive, interactive, structurée


 

 


7


« VOUS ADAPTER » POUR RÉUSSIR


 

Vos AndroJeunologiques

[ Équilibre, Aplomb, Activation ]


 

 

Votre épanouissement juvénile masculin – Pensées, émotions, actes

Votre assurance de garçon junior – Estime, confiance, affirmation de soi

Votre motivation androJeunologique – Buts, conviction, moyens, ténacité


 

 


8


VOTRE « DÉNOUEMENT »


 

[ Vos Témoignage / Cas Concluant ]

De Conseil AndroJeunologique


 

 

Votre expression significative d’androJeunoConseillé « revigoré »

Votre probante illustration d’androJeunologué « en progrès »

Vos enseignements « parlants » d’androJeunologie® réussie


 

 


9


VOS IDÉAUX


 

[ Vos « Fondamentaux » d’AndroJeunologie® ]

Acquis de Junior Masculin


 

 

Bâtir vos ontologie, « philosophie de vie », espérance de jeune homme

L’ancrage de votre « transcendance » andro-néogénérationnelle

Votre appropriation androJuvénile de « solides repères »


 

 


10


VOTRE PLÉNITUDE INTÉRIEURE


 

[ « Décupler Vos Ressources ]

AndroJuvéniles »


 

 

Préparer votre néogénération masculine à la « compétition » de la vie

Accueillir votre androJeunesse en toutes ses « capitales dimensions »

Un androJeunoConsulting de votre « affranchissement » favorable


 

 


VOS TROIS CENTS MESURES

D'(ANDRO)JEUNOLOGIE®


 

Oser Votre Pari Junior !


 

 


ÉPILOGUE

 

Votre « Jeunesse Revivifiée »


 

 


Remerciements

Postface

Sources / Bibliographie


 

 

Notes

Lexique

Table des matières


 

 


(ANDRO)JEUNOLOGIE®


Relever Votre Défi Jeune !


 

 


Tome I


 

 

VOS « RÉALITÉS JEUNOLOGIQUES »

CONTEMPORAINES


 

Réflexion

D’(Andro)JeunoScience®


 

 


SOMMAIRE

Tome I – V. 1


 

 


PRÉAMBULE

 

« Tempête Sur Vous, Junior »


 

 


Volume I-1


 

 

« La Nature Personnelle, l’Identité Commune »

De Votre (Andro)Jeunesse


 

 


1


VOTRE INTÉGRITÉ PSYCHOSOMATIQUE


 

[ Vos Physiologie / Santé ]

D’(Andro)Jeune


 

 

Votre juvénile « révolution psychopubertaire »

L’indice général de santé de votre jeunesse française

Vos risques, préventions, soins sanitaires de junior


 

 


2


VOTRE PERSONNALITÉ


 

[ Vos Psychologie-s (Andro)AdoJuvénile-s / ]

Postulat de « Crise »


 

 

Votre néopsychologie cognitive-émotionnelle à l’adoJeunesse

Votre construction sociomorale-comportementale de jeune

Votre « trouble de jeunesse, un mythe anti-néogénérationnel »


 

 


3


VOS « ATTACHEMENTS »


 

[ Vos Vie Familiale / Affectivité ]

(Andro)Juvéniles


 

 

Votre indispensable « refuge lignager » de junior

Votre « passionnel investissement affectif » de jeunesse

Vos omniprésentes amitiés, amours, sexualités juvéniles


 

 


4


VOTRE SOCIABILITÉ


 

[ Votre Sociologie (Andro)Jeunologique / ]

Vous, Junior « en Difficulté »


 

 

Vos intégrations, désinsertions sociales de jeune d’aujourd’hui

Votre hypothétique socialisation néogénérationnelle conditionnelle

Votre jeunesse « abîmée » – Maltraitée, handicapée, précaire, déviante


 

 


5


VOTRE ÉTAT ÉCONOMICO-ETHNIQUE


 

[ Vos Niveau de Vie / ]

« Transnationalité » d'(Andro)Jeune


 

 

Les consommations, consumérismes de votre néogénération

Vos caractéristiques anthropoculturelles de junior

Votre croissante « globalisation » juvénile généralisée


 

 


Notes

Lexique

Table des matières


 

 


AVANT-PROPOS


 

 

Printemps 2002. Paris, Palais de l’Élysée, présidence de la République française. Le chef de l’exécutif est candidat à sa propre succession. Sa réélection est loin d’être assurée face au Premier ministre sortant lui aussi prétendant à la magistrature suprême. En ce délicat contexte l’électorat des jeunes majeurs de moins de vingt-cinq ans n’est pas à négliger. D’autant qu’il n’est pas massivement favorable au chef d’État en exercice. Nous sommes alors consulté sur les réalités, besoins et attentes les plus urgents de votre jeunesse de France à l’aube d’un siècle nouveau. Nul « spécialiste » n’œuvrant à demeure pour la présidence.


 

 

Le président réélu, le même scénario se reproduit un peu plus tard à l’Hôtel de Matignon. Les services du nouveau Premier ministre souhaitant une synthèse écrite sur le sujet. Ce qui leur est remis par nos soins. « Anecdotes » des plus significatives ! La jeunesse n’étant pas plus « priorité nationale » à l’époque qu’auparavant ou ultérieurement, il n’y a pour elle aucune marquante avancée depuis lors. Quel que soit le pouvoir en place. Au contraire, la nouvelle génération du pays est bien plus en difficulté encore en décennie 2020 que dans les années 2000. Dommageable échec absolu !

En 1966, B. Zazzo publie le premier ouvrage scientifique français de Psychologie (différentielle) de l’adolescence. En 1991, est éditée une Sociologie de la jeunesse d’O. Galland. En 1999, sortent les Guides de conseils pratiques pour juniors d’A. Braconnier, de M. Rufo. En 2010, paraît le Dictionnaire de l’adolescence et de la jeunesse dirigé par D. Le Breton, D. Marcelli. Sans compter les monographies sur un aspect des questions de jeunesse écrites par les meilleurs experts concernés.

En médecine, psychiatrie, psychologie, économie, anthropologie, ethnologie. Sur la famille, en philosophie, spiritualité, histoire, éducation, emploi, sociologie, droit, sur la culture, les loisirs, valeurs, politiques… Excellentes, précieuses études dont les références figurent en ce présent livre. Dont nous sommes des plus redevables aux auteurs pour leur éminent apport. Toutefois, il manquait en ce pays une introductive synthèse générale savante.

Un complet traité d’(Andro)Jeunologie®. De type holistique, comme transversal et pluridisciplinaire. En matière de juvéniles réalités d’ensemble de nos treize – vingt-quatre ans. Objet du présent double tome de « novatrice façon intégrale » en France. Qui a trait aux seuls adolescents de treize – dix-huit ans et jeunes de dix-neuf – vingt-quatre. Lequel ne se contente pas d’évoquer la nouvelle génération mais en prend tout autant la juste défense. Comme le fait si bien le sociologue français contemporain M. Fize, l’un des rares en ce cas !

Un écrit mettant l’accent sur les insuffisances, qui émet de fermes propositions. Non seulement présente l’essentiel des « problématiques de juvénilité » or, aussi tous les outils afférents de meilleur sort des juniors. Le premier opus théorique, réflexion d’(Andro)JeunoScience®, traite des intéressés eux-mêmes. Le second, des ferments du mieux-être et mieux-vivre des jeunes hommes et du mentoring / conseil androJeunologique.

En particulier, le tome deuxième présente l’approche pratique créée par nous en 2003 : l’AndroJeunoConseil®. Global conseil des quinze – vingt-quatre ans masculins. Ne consistant pas tant comme en classique thérapie à écouter mais à délivrer un rigoureux enseignement, des éclairages. Les mettre en application sans atermoiements ni états d’âme. La démarche n’est pas encore assez ancrée en nos mœurs et mentalités hexagonales ou européennes mais nord-américaines.

Plus concrètes, pragmatiques, ouvertes. Toutefois l’idée fait peu à peu son chemin car après avoir changé de siècle, de millénaire il est vital de s’adapter, changer de logiciel mental. Si l’on veut évoluer, sortir d’un marasme, de blocages ancestraux et séculaires. Tant accentués par la crise socioéconomique et morale des quarante dernières années. Quand le pays entier, les individus qui le composent ont tant besoin d’un drastique sursaut. Pour faire face aux enjeux, défis nouveaux et muter de façon adéquate.

La thérapie apaise surtout les souffrances et / ou a trait à la pathologie. Elle ne concerne pas tous les juniors en nécessités d’aides. Le mentorat d’AndroJeunologie® est une « mission de balisage », tutorat éducatifs pour mener les garçons juniors à « mieux diriger leur existence ». Il ne tend pas seulement à « guider » individuellement chaque jeune suivi. Or, au-delà et collectivement à promouvoir la jeunesse, ses droits – et devoirs – au sein de la société française mais aussi occidentale.

En tant que « minorité subordonnée, conditionnée et dépendante », cohorte non adulte elle est à la peine. L’adulte nuit plus au junior que l’inverse. En France notamment par d’iniques atteintes et dommageables discriminations de toutes sortes, en tous domaines. Ce livre entend le dénoncer avec force. Contribuer à la prise de conscience de l’opprobre frappant la nouvelle génération de ce pays aux dépens de tous. Pour que cesse alors cet « archaïque scandale » !


 

 


PRÉAMBULE


 

 

Si la jeunesse n’a pas toujours raison

La société qui la méconnaît et la frappe a toujours tort


 

F. Mitterrand

Homme d’État, France, 1916-1996


 

Discours

À l’Assemblée Nationale française

Intervention politique publique

France, 1968


 

 


« TEMPÊTE SUR VOUS, JUNIOR »


 

 

« Requiem æternam dona eis, Domine : et lux perpetua luceat eis… ».

« Accorde-leur repos éternel, Seigneur : et que brille sur eux la lumière sans déclin ».

(W. A. Mozart, compositeur autrichien, 1756-1791, Messe de Requiem en ré mineur KV 626, « Introitus », œuvre musicale sacrée, Saint-Empire, 1791)-1

Votre fracassante entrée en adolescence constitue un cornélien « adieu à l’enfance »-2. De même la fin de votre jeunesse, les débuts de votre âge pleinement adulte peuvent constituer pour vous un réel « arrachement » homérique plus ou moins déchirant. Vous, adolescent postenfant et pubère de treize à dix-huit ans, vous devez d’accomplir, de réussir ce fort difficile processus d’individuation -différenciation-autonomisation.

Véritable « nœud gordien » de séparation sur la voie de votre plein adultisme que tous les spécialistes décrivent-3. Il vous incombe, jeune postadolescent et préadulte de dix-neuf à vingt-quatre ans, de parachever, consolider cette très délicate mue progressive-4. Votre jeunesse est une probation. Elle ne vaut pas en elle-même pour ses aînés si elle ne les convainc pleinement.

Hoc Incipit Liber


 

 

Adolescent, terme de 1327 vient du « latin adolesco, adolescere : croître, grandir, se développer au participe présent : qui est en train de grandir. De adolescens ou adulescens : le plus jeune. Jeune garçon, jeune fille à l’âge de l’adolescence ». Adolescence est un terme médiéval qui date de la fin du treizième siècle, issu du « latin adolescentia, de adolescens, adolescent. Il n’entre en France dans le langage courant qu’après 1850 sous le Second Empire (1852-1870). C’est un âge qui succède à l’enfance, précède l’âge adulte. Environ de douze à dix-huit ans chez les filles, quatorze à vingt ans chez les garçons, immédiatement après la puberté ».

Jeune est un nom, également un adjectif du douzième siècle issu du « latin juvenis : jeune, jeune homme ou jeune fille. Peu avancé en âge, qui est dans sa jeunesse. Personne jeune ». Jeunesse est un terme des treizième, quatorzième siècles. « Temps de la vie entre l’enfance et la maturité. Le fait d’être jeune. État – physique ou moral – d’une personne étant jeune. Les personnes jeunes des deux sexes ; les jeunes ». Adulte, adjectif et nom (1394) vient du « latin adultus : de adolesco, adolescere, grandir au participe passé : qui a grandi, qui est en l’âge de la maturité. Se dit de tout être vivant qui est parvenu au terme de sa croissance. Chez l’homme, de la fin de l’adolescence au commencement de la vieillesse ». (Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-5.

Les termes adolescent-s, jeune-s sont utilisés pour désigner les treize – vingt-quatre ans. Le premier relève de la psychologie, concerne les mineurs de l’enseignement secondaire. Le second a trait à la sociologie, aux majeurs en études supérieures, à la vie active. Le tout est la jeunesse. Au-delà en l’actuel contexte psychosociologique l’adolescence se prolonge fort dans la jeunesse « en aval » par des études bien plus longues. La jeunesse mord sur l’adolescence plus tôt « en amont » du fait de certains traits de maturité bien plus précoces. Les deux notions d’adolescence et de jeunesse tendent alors en ce vingt-et-unième siècle à presque « se confondre ».

D’où un usage plus indistinct des deux acceptions par celui du terme générique de jeune. Dans la longue chaîne des générations les zéro à douze ans constituent l’enfance. Les treize à vingt-quatre ans, l’adolescence et la jeunesse. Les vingt-cinq à soixante-quinze ans, l’adultisme, comme la maturité. Au-delà les plus âgés forment la vieillesse. L’enfance était l’âge des « pourquoi ». L’enfant tentant de comprendre toute chose pour grandir. La jeunesse est celui des « comment ». Le junior ayant besoin de maîtriser les tenants et aboutissants de sa vie pour devenir « adulte accompli ».

Par rapport à l’enfance défunte la jeunesse est désormais une fort délicate reconfiguration. Parfois nostalgique et douloureuse. Tout à la fois pleine d’espérances, de craintes, de confiances et défiances pour et en l’avenir. En caractéristique ambivalence ! Sachons fort raisonnablement et justement gratifier notre descendance. Non à notre exclusif profit d’adultes. Pour « acheter la paix sociale et civile » à bon compte. Nous attirer ses bonnes grâces pour l’asservir à nos seuls intérêts d’aînés et à ses dépens. Or, plutôt pour authentiquement servir cette génération, l’aidant à mieux grandir. À l’opposé d’un Napoléon Ier, (Homme d’État, France, 1769-1821) proclamant :

« J’ai fait donner le Monseigneur aux maréchaux de France c’est-à-dire aux hommes les plus attachés aux principes républicains pour assurer à la divinité impériale le titre de Majesté ».

(A. Jouffroy, H. Renard, coord., Napoléon – L’intime et l’exceptionnel, ouvrage historique, France, 2013). Élevant ses obligés aux plus hautes charges et dignités à l’avantage de sa seule gloire souveraine. Il n’en dira pas moins en humilité à son frère lors de son Sacre :

« Joseph, si notre père nous voyait » !

(Paris, France, cathédrale Notre-Dame, 2 décembre 1804).

« Vois ! La lune est au grenier, Les étoiles sont décrochées, L’on t’a cassé tes ballons, Les violons ont perdu ta chanson. […]. Ce soir le spectacle est terminé, Tu vois, le décor est démonté, Non, ne joue pas devant des salles vides, Oui, le rêve est fini, L’amour est parti. […]. Ne reste pas à la table Où s’éteignent les bougies, Quand l’on a voulu rêver Il faut payer le rêve que l’on a fait. Voici venir le temps d’après la danse, Voici la vérité qui recommence. […]. Le spectacle est terminé, Tu vois, la musique est démodée, Tu es seul au milieu de la scène, Regarde autour de toi, Tout le monde est parti ».

(Le spectacle est terminé, œuvre musicale, texte E. Marnay, parolier, 1920-2003, France, 1975)-6. La suprême souffrance des juniors est leur insatiable quête de l’absolu, l’idéal, la plénitude. Si constamment, cruellement déçue, trahie au cours des âges et de leur jeunesse. La détresse de nos jeunes vient du fait de ne jamais pouvoir atteindre l’objet de leurs rêves, désirs les plus forts, chers, comme les plus fous. Celle des adultes de s’être déjà amèrement tant résignés à y renoncer. À tout jamais !

« […]. À mon âge l’on découvre des choses assez bouleversantes ! L’on aimerait que sa vie soit un peu comme un conte de fées or, cela ne marche jamais comme dans les films. […] ».

(Paroles de jeune sur Internet, France, 2010)-7. La jeunesse reste pour toujours l’âge des métaphysiques grandeurs ! À cette heure en notre beau pays de France les jeunes quadragénaires de fin de Génération X se plaignent d’être maltraités, méconnus et mésestimés. Que dire alors de leurs cadets de moins de quarante ans et surtout vingt-cinq ? Qualifiés dans le domaine des ressources humaines, du management, du marketing de « Génération Y » pour Youth : la jeunesse. Why : pourquoi ?, You, Gen Y, Yers, Echo-Boomers, Millenium, www ou Digital Native Generation. Les vingt – trente-neuf ans.

Surtout, ceux que les Nations Unies, l’Union Européenne qualifient de jeunes, estiment être « la jeunesse ». Les quinze – vingt-quatre ans. En 2020, sept millions de juniors en France. Les « Y » Français sont seize millions soit un quart de la population. Leur culture « technoïde » est dite « 2.0 ». Par analogie, numérique informatique. Le recul de leur influence et de leur poids psychologique, économique, social et politique, comme moral ne cesse de croître par rapport au passé. En contexte de multiforme crise priorité est au repli donc aux aînés installés, pas aux jeunes décrétés personæ non gratæ, indésirables-8. La génération Z, celle des moins de vingt ans est désormais la « relève néogénérationnelle ».

Pour la première fois depuis longtemps les descendants « éclopés » seront moins bien lotis que les parents, grands-parents. Les jeunes désemparés ne croient plus au « progrès » continu, à l’ « ascenseur social » qui avaient tant jadis ardemment porté leurs aïeux. D’où la désespérance actuelle accrue de tout une génération. L’exil forcé intérieur ou étranger d’une part croissante d’entre-elle. Nos juniors manipulés et « ignorés » sont traîtreusement ostracisés, desservis, joués par leurs « parjures, apostats, relaps » prédécesseurs.

Lesquels leur refusent de façon « léonine » la vraie confiance en eux, la sincère acceptation de leurs différences, l’oblatif amour. Les seconds, aînés ont fort joui de « bonus » déterminants que les premiers, cadets n’auront sans doute jamais ou alors bien peu ! J.-J. Rousseau, écrivain et philosophe genevois (1712-1778) met en exergue un axiome-postulat. Celui selon lequel l’homme naît naturellement bon or, que la société le « corrompt ». Que le jeune épris de vertu est fort précocement, prématurément perverti par ladite société. Laquelle ne peut donc que l’ « avilir » bien davantage. (J.-J. Rousseau, Émile ou De l’éducation, traité pédagogique, France, 1762)-9.

Les jeunes sont les « captifs proscrits » qu’une société consciente de ses devoirs et intérêts se doit de réhabiliter, libérer de leurs excessives servitudes-10. Ils souffrent d’une mentalité, un système nationaux rigides, autoritaires, fermés, hostiles, répulsifs en maints domaines. Ce qui fait qu’ils « progressent » moins bien et plus lentement que nombre de leurs pairs occidentaux. Même quand ils semblent encouragés, soutenus il ne s’agit souvent que de manœuvrières « flagorneries ». Qui ne sont destinées qu’à duper davantage comme autant de « mortuaires couronnes disposées sur un catafalque ».

Pour leur accomplissement nulle « thaumaturgie » n’est à attendre pour ces jeunes. Tant la sagesse des Anciens s’est perdue pour leur génération. Sagesse de la theoria contemplative, méditative et l’apathia du dépassement des passions. Alors en ce très défavorable contexte la « déréalisation » d’une jeunesse mise en pénitence, mortifiée ne peut que croître et embellir. Sans qu’il y soit fait grand-chose pour y véritablement « remédier » en pleine, entière authenticité-11. Sachons « inverser la donne » ! Que le junior se batte proprio motu avec l’énergie du désespoir !

Nous imaginons volontiers que nos jeunes « goulûment sirotent l’existence ». Quand ils se morfondent dans le « cul de basse fosse » d’une société pour eux sans issue. Laquelle ne les « mérite » pas. Beaucoup trop d’entre eux connaissant encore en notre pays bien de psychiques et morales souffrances intolérables. Les jeunesses qui relativement « se portent bien ou mieux » sont celles des pays, des sociétés pour elles autrement « favorables ». De prospérité, d’abondance, d’ouverture, de progrès et souplesse plus grands.

Comme ceux d’Amérique du Nord, de Scandinavie et des contrées germaniques. Les autres appartiennent au monde plus « déprimé », « vont moins bien, plus mal ». Décrépitude, pénuries, fermeture, régression, rigidités sont leurs caractéristiques. Les jeunes français, comme d’autres juniors latins ou d’Europe de l’Est relèvent de la deuxième sphère. En paient le « prix » du repli, de l’échec, du mal-être. Qu’adviendra-t-il donc de la génération suivante des jeunes actuels de moins de vingt ans, la Génération Z ? Là est toute la « délicate question » pour l’avenir !

« Le drame de la jeunesse française depuis quarante ans, le vôtre par conséquent est celui de vos aînés et de ma génération. Au lieu de vous apprendre à aimer l’on vous l’a « désappris ». Entre la glorification des instincts et la montée des utilitarismes l’on a étouffé cette alliance du sentiment et de la raison. Qui était l’essence même de la « civilisation » et de la « culture ». Sans le patient travail de la civilisation et sans la culture il ne reste plus en l’homme que la violence instinctive, que la pulsion aveugle et que le réflexe tribal. […].

Ne pas être en mesure de trouver les pensées, les mots ou les gestes de l’amour, il n’y a rien de pire. Rien qui incite plus à la violence contre l’autre ou contre soi-même. Voici l’explication à la tentation du suicide chez tant de nos jeunes, la fascination pour la violence, la montée de tous les fanatismes ! […]. Réapprendre à aimer est le plus grand défi auquel se trouve confrontée la civilisation moderne. C’est le plus beau projet que la politique puisse offrir à la jeunesse. […]. En finir avec la détestation de soi par où commence toujours la haine de l’autre. Voilà par quoi doit débuter une politique de l’Homme, de la civilisation pour notre vingt-et-unième siècle ».

(N. Sarkozy, homme d’État français, Discours politique aux Jeunes, intervention publique, France, 2007)-12-1. Hélas nos juniors ont plus motifs à justes griefs, plaintes qu’à allégresse.

« La France […] contient trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement ».

(H. Rochefort, journaliste français, 1831-1913, La Lanterne, 31 mai 1868). Insatisfaction encore plus d’actualité en notre pays de nos jours ! Notamment pour le jeune âge dit « atomique » selon un titre cinématographique, (France, 2012) tant il « détonne » en l’univers adulte-12-2. Aidons nos successeurs à mieux croire en l’espérance. En dépit des désespérances de leur humaine condition. Parce que cela est fort difficile, incertain. Tel le théologien Tertullien, (Carthage, 155-225) clamant : « Credo quia absurdum : Je crois parce que c’est insensé ». (Apologétique, étude théologique, Carthage, 197)-13.

Le grand « malheur juvénile » français est triple : statutaire, affectif et éthique. Pour bon nombre de nos juniors l’espoir d’une existence meilleure, d’un développement personnel satisfaisant, un réel mieux-être n’est plus qu’introuvable utopie. Oblitérée par les peurs de « lendemains qui ne chantent plus » depuis bien longtemps. De terribles marasmes qui semblent ne jamais devoir finir. Le « déclassement » des moins de trente ans n’est pas tant matériel qu’avant tout « moral » ! Aucun vrai projet, aucune construction d’avenir, vision du monde ou weltanschauung. Nulle valeur, aucun signifiant, significatif paradigme personnel ou collectif ne leur sont proposés-14.

Surtout nuls « outils » sûrs leur permettant de s’en forger eux-mêmes par leurs propres soins ne sont mis à leur disposition. La « guigne qui colle à la peau » de nos jeunes telle infamante tunique de Nessus est une véritable « infernale malédiction ». Elle provient des récurrents découragements, dévalorisations, négativité, pessimisme et défaitisme. De la part des humains aînés « sévères procureurs » à l’encontre des jeunes « phagocytés » en leur adversité. Cela explique leur juvénile tourmente, manque de confiance en eux, autrui, la vie, leur démotivation, flottement-15. Nos « homologues » occidentaux du Nord et de l’Ouest savent à l’exact inverse « encourager » leur jeunesse.

L’aider, l’inciter à donner le meilleur d’elle-même. Celle-ci croit plus en elle, est bien plus autonome et mûrie, épanouie, comme « opérationnelle ». Plus précocement que la nôtre. La France ne « mise » pas sur ses juniors et ne parie pas assez sur l’avenir. Plutôt sur le passé ou sur un présent déjà obsolète. Notre pays en paie le prix en moindre dynamisme que les nations phares. Lesquelles ont depuis toujours compris que leur intérêt majeur réside en l’innovation hardie, la mise en avant des juniors. Loin de nos coupables pusillanimités désastreuses d’autres âges-16. Notre société ne croit pas en sa jeunesse ni en elle-même !

Le malheur de ce pays est de souvent ne considérer toute chose qu’en « petit ». De façon étriquée, frileuse, sans ouverture d’esprit ni grandeur d’âme, ambition ou imagination. Ce qui fait qu’il a plus tendance « à perdre qu’à gagner » en une compétition mondiale de plus en plus rude. En tout domaine, des sports à l’économie, de la guerre à la diplomatie, comme des sciences à la culture. Qu’elle ait été heureuse ou non les adultes ont « oublié » leur propre juvénilité passée, leur état d’anciens jeunes. Ils ne savent comment rendre harmonieuse la jeunesse des juniors contemporains.

Y compris suprême paradoxe ceux qui se sont jadis « battus » pour leur génération d’antan. Les juniors d’aujourd’hui sont en colère car il est fort exigé d’eux, de plus en plus d’efforts, comme de sacrifices. Pour obtenir de moins en moins de gratifications liées. À tous points de vue la société française semble bien plus favoriser l’assistanat, la passivité, l’échec, les obstacles rigides de toutes sortes. Les « aînés inclus ». Au détriment de l’activité débordante, l’originalité en souplesse, la libre initiative, la réussite. Des « cadets exclus »-17.

L’étude sociale alarmante de l’Académie des Sciences morales et politiques, (La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse, France, 2007)-18 le démontre amplement. Trois agressions faites aux jeunes y sont soulignées. Dualisme d’adultes « insiders / inclus » et de juniors « outsiders / exclus » sur le marché du travail. Opposition entre élèves sélectionnés et scolarisés laissés pour compte du système éducatif. Déséquilibre des liens entre cohortes, généreuses retraites aux aînés, lourdes charges aux cadets. De façon très antidémocratique et inégalitaire sont injustement et arbitrairement privilégiés les jeunes « parvenus » les plus soutenus par leur famille. Aux grands dépens des « prétendants » bien moins favorisés ou défavorisés.

Les juniors « conservent un pessimiste regard inquiet sur la société. Il n’y a qu’un jeune sur quatre pour croire que le monde de demain sera meilleur que le monde d’aujourd’hui. 85 pour cent avouent leurs grandes inquiétudes par rapport aux évolutions de la société française. 90 pour cent par rapport à celles du monde. Deux jeunes sur trois ne croient ni à l’équité de la Justice ni à l’égalité des chances. Quatre sur cinq considèrent que l’argent est le moteur de la société. Alors qu’eux placent les éléments de qualité de vie bien avant ceux liés à l’argent. Être en bonne santé, avoir un travail intéressant… ».

(P. Coslin, universitaire français contemporain en psychologie, La Socialisation de l’adolescent, essai sociologique, France, 2007)-19. Ils sont « dépités, écœurés, furieux ». Nos jeunes ne croient plus en rien ni en personne, pas même en leur propre individualité. Car ils souffrent trop d’un total manque d’écoute, de compréhension, considération, structuration. En un monde inique toujours plus impitoyable, inhumain qui les nie et les « broie ». Ils se réfugient donc en l’angoisse de tout, de l’avenir, l’irresponsabilité, le net refus de « grandir », l’hyperconsumérisme matériel et la « confusion psychique ».

Nos juniors ont d’immenses capacités et des talents insoupçonnés quasi sans limites. Notre société laisse avec dédain ce magique gisement inépuisable, incomparable, formidable en jachère. Pour le plus grand tort de notre pays. De même que certains États en développement, émergents se placent en la position du « mendiant-quémandeur ». Alors que leur sous-sol regorge de fantastiques ressources naturelles très insuffisamment et mal ou non exploitées. Nous agissons aussi ainsi avec l’ensemble de notre jeune génération !

Celle-ci se meurt d’envies, d’impatiences, de langueurs de se rendre plus utile. D’en être bien trop souvent empêchée par l’éternelle, indéfectible, « féroce » suspicion. Qui la vise en tant que telle. Au lieu d’être le « pôle magnétique » de notre civilisation notre jeunesse n’en est que le « Triangle des Bermudes ». Véritable « trou noir antigravitationnel, fugace étoile filante, faux quasar absolu ». Estafilades, balafres de la vie zèbrent l’épiderme à vif de nos jeunes. Sans que nul « hémostatique alun » ne vienne l’apaiser. La société de l’antipathie, de l’apathie les malmène. Car elle ne pratique à leur égard ni sympathie ni empathie.

Les adultes ont fort « oublié » leurs devoirs de « générativité ». Terme forgé par le psychanalyste américain E. H. Erikson (1902-1994) pour désigner un devoir de transmission, guidance, d’éducation. De l’adulte en faveur du jeune. (E. Erikson, Identité et cycle de vie, essai de psychanalyse, États-Unis, 1959 / Théorie et stades du développement psychosocial)-20. « Pauvre Mexique si loin de Dieu, si près des États-Unis ». (J. Porfirio Diaz, 1830-1915, homme d’État mexicain, 1876-1911). Nous pourrions nous exprimer de même à propos de jeunes « ectoplasmiques ».

« Pauvres jeunes si éloignés de leur plénitude de vie mais si proches de leur potentiel déchirement moral » !

Ils se heurtent à une société de « pure cooptation » hermétiquement recluse sur elle-même. Quand elle se devrait d’être d’ « inclusion » à l’égard de tous ses enfants. Embarqués bien malgré eux vers une douteuse destination aléatoire et incertaine « qui ne leur dit rien qui vaille ». Cette jeunesse ne peut que hurler : « Arrêtez le monde, je veux descendre »-21 ! Le pays connaît une faible prospérité économique mais « a ses juniors ». Sa richesse première, sa valeur, son atout, son salut les plus précieux, puissants, décisifs.

Pourtant notre nation les néglige d’aberrantes façons pour son plus grand malheur, celui de ses propres enfants. Qui prend la peine d’authentiquement connaître ces jeunes passionnants, passionnés ? De les aimer sincèrement tels qu’ils sont, les servir sans retenue ni arrière-pensées ? Il ne pourrait dès lors qu’être frappé par toute leur maturité, noblesse, dignité, grandeur même. Lesquelles émanent tant de leur personnalité si touchante et attachante ! Sachons leur faire confiance, croire en eux, les aider, encourager à bien s’accomplir, comme réaliser leur pleine destinée !

Le malaise des adultes qui retentit si pesamment sur les juniors est que la plupart des premiers ont renoncé. De gré ou de force à la quête élevée d’absolu, de passion, d’idéal, d’ouverture, de générosité. Laquelle caractérise nombre des seconds. Alors qu’elle habitait tant la défunte jeunesse des aînés. Là est la triste prostration de notre morne époque et ses contemporains ! Subordonnés car dominés, conditionnés car manipulés, dépendants car non souverains nos jeunes peinent à être pleinement libérés, heureux. Ils ne sont pas aimés ni acceptés pour eux-mêmes par leurs « devanciers ». Pourquoi ? Parce qu’ils cultivent leurs idéaux, espérances. Alors que désillusionnés les adultes ont renoncé à leurs rêves juvéniles.

Dès lors cette dernière est fort perçue comme un « lancinant reproche vivant » culpabilisant ! Ce que ne supportent pas ses aigris prédécesseurs amers et déçus ! Arrêtons les nets préjugés « anti-jeunes » de toujours qui voudraient que les juniors aient souvent en l’Histoire « les cheveux longs et les idées courtes ». (R. Salomon, auteur français, 20e s., Cheveux longs et idées courtes, essai, France, 1924)-22. Faisons en sorte qu’ils ne puissent plus jamais penser négativement ni tristement de façon si résignée, voire « désespérée » :

« J’avais rêvé d’une autre vie mais la vie a tué mes rêves » !

(R. Hossein, metteur en scène, 1927-2020, Les Misérables, comédie musicale, France, 1980. D’après V. Hugo, écrivain, 1802-1885, Les Misérables, œuvre littéraire, sociophilosophique historique, France, 1862)-23. Les jeunes ont résolument grand besoin des adultes. Toutefois avec ou sans eux, au besoin contre eux ils existeront, s’imposeront « par eux-mêmes ». Ainsi envers et contre tout de façon fort prémonitoire le roi de Piémont-Sardaigne Charles-Albert Ier (1798-1849) se veut-il « clairvoyant ». Dès 1848, avant l’unification politique ultérieure pour l’ensemble de la nation péninsulaire. « L’Italia farà da sè » ! « L’Italie se fera toute seule » ! Permettons à nos juniors de se réaliser, d’entreprendre et de créer, d’inventer, innover et oser. « À l’américaine ou la chinoise ».

À l’image de ce tout jeune étudiant américain de Harvard, M. E. Zuckerberg (1984-). Il monte en 2004 à l’âge de vingt ans le célèbre « réseau social » Internet : Facebook. Lequel « fait fureur » dans le monde entier. Également son compatriote B. Gates (1955-), autre étudiant à Harvard. Il met en œuvre en 1975 à l’âge de vingt ans le premier langage de programmation pour micro-ordinateur commercial et le premier logiciel de Microsoft. La firme informatique mondialement pionnière et à succès qu’il lance alors.

Il y a un malentendu entre la jeunesse et la France, la société française, ses dirigeants, les adultes. Pourfendeurs d’une « néogénération niée ». Donnons une illustration navrante et effrayante de cette bassesse. Digne d’un régime « totalitaire ou très arriéré ». Jamais d’une démocratie développée. Un responsable français de l’Éducation nationale, la Jeunesse se trompe de discours, d’inspiration. Sur le mode des plus ineptes et méprisants dès sa prise de fonction.

« Paradoxalement si nous voulons nous adresser aux jeunes il faut leur faire comprendre que le monde adulte est bien supérieur au leur »-24.

Il est toujours des plus délétères d’user des fort abusives notions de « supériorité, d’infériorité » à l’égard des humains. Cela a mené le nazisme à qualifier « la race dite aryenne de supérieure », certaines autres d’ « inférieures ». Il est ici sous-entendu que les adultes par leur milieu, nature propres sont « supérieurs » aux juniors. Que donc ces derniers du fait de leur seul et spécifique « état » leur sont « inférieurs » ! Belle mentalité jeunophobe, rétrograde, sectaire et inappropriée ! Un pays qui serait intolérant, mesquin, illégitime au point d’oser considérer sa propre descendance telle « vile et seconde » n’a nul avenir en ce bas monde !

Le 11 novembre 2018, le centenaire de la fin du Premier Conflit mondial est solennellement célébré en France, à Paris, place de l’Étoile. Sous l’Arc de Triomphe symbolisant les victoires militaires napoléoniennes. Autour de la sépulture du Soldat Inconnu. En présence des principaux dirigeants de la Planète. Au moment du ravivement de la flamme du Souvenir de jeunes lycéens de France entourent le tombeau de leur illustre pair. Mort au combat un siècle plus tôt comme un quart des garçons français de vingt ans de l’époque.

Ces juniors représentent l’espoir de l’union des nations, des peuples et des jeunes du monde en la paix. Tirant tous les enseignements des tragiques et sanglants errements des générations passées. En cela la jeunesse d’aujourd’hui est celle « du meilleur » pour l’avenir de tous ! Sachons la renforcer, préserver, promouvoir pour qu’elle s’accomplisse en l’intérêt de l’humanité entière. Pour l’ensemble de ses composantes.


 

 


– Faire Votre Vie –

Votre Jeunesse Incertaine


 

 

Déconsidéré, indésirable ilote, vous jeune, êtes trop peu aimé pour vous-même par les adultes. Pas même plus peut-être par vos pairs. Plutôt pour ce que vous êtes susceptible de diffusément « représenter » pour l’avenir. Pour ce que vous pouvez concrètement « apporter » au présent. Vous, junior, êtes « barbare allogène en exil », espèce numériquement rare, en voie de marginalisation, non encore « protégée ». Contrairement à vos aînés retraités de bien plus grande influence électorale, en meilleure phase démographique, expansion, prospérité. Vous êtes invisible, transparent.


 

 

Le taux de suicide des seniors a diminué même s’il demeure le plus élevé des classes d’âge. Celui des jeunes n’aura cessé de progresser dans le passé avec une « décrue » récente. Le sort des personnes âgées s’est amélioré, c’est fort heureux. Celui du jeune s’est nettement dégradé. Il n’existe jamais « ès qualité », n’a pas de réelle représentation propre, « jamais voix au chapitre ». Pour lui les vertueux adages « Mange ta soupe et sois sage ! », « Sois jeune et tais-toi ! » perdurent. Ils ne sont pas que slogans repris avec dérision par les révoltés de Mai-68. Ils restent plus que jamais d’actualité.

Il n’existe pas de véritables politiques de la Jeunesse, de dialogue intergénérationnel ni de place et d’autonomie ou de reconnaissance intrinsèques du jeune. Les adéquats débouchés scolaires, professionnels, économiques et sociaux se réduisent à vue d’œil telle « peau de chagrin ». Le « lot quotidien » des juniors est constitué de ces « miettes rassises » que les adultes veulent bien condescendre à leur laisser. Ces pathétiques « prébendes » au rabais sont présentées comme insigne faveur du prince.

La patrimonialité des offices de l’Ancien Régime monarchique français dit de droit divin (1589-1789) est remise en vigueur contre nos jeunes. Elle les discrimine sans vergogne par rapport aux générations antérieures. Pourtant il est toujours attendu du jeune « bien policé » qu’il aille comme de juste et de bien entendu remercier. Avec la plus grande effusion et gratitude ses « généreux et non moins hypocrites bienfaiteurs aînés »-25 ! Même si ce sont les précédentes générations qui ont sans nuls scrupules très largement « pillé et détruit » notre planète, son écosystème et climat.

Il est requis du jeune qu’il fasse montre de loyauté. Échange de bons procédés entre gens civilisés du meilleur monde et de bonne compagnie. L’un de nos principaux spécialistes de la jeunesse, le sociologue français contemporain M. Fize l’affirme. Les jeunes doivent à eux-mêmes ce qu’ils ont de meilleur, à la société adulte le reste-26 ! Éternel combat des Horaces et Curiaces. (Rome, VIIe s. av. J.-C.). Le handicap juvénile vient du déséquilibre de son éducation souvent « extrémiste ». Le jeunisme est d’ « aduler », de favoriser le jeune ès qualité, de céder à ses moindres « caprices ».

Sinon de le dénigrer, desservir et rudoyer. Du simple, seul fait de sa jeunesse. La discrimination tant positive que négative, pro ou anti-jeune est démagogique complaisance laxiste ou « castrateur » autoritarisme. Elle n’est en rien bénéfique pour nos descendants. Elle ne fait que cultiver chez eux insoutenables arrogances ou dépressogènes abattements. Bien éduquer implique compréhension et fermeté. Lors d’un colloque organisé en octobre 2004 sur L’Avenir de la France un rapport du Parti socialiste français le formule :

« Les nouvelles libertés personnelles dont ont bénéficié les hommes et les femmes de la génération 68 n’ont pas eu qu’effets positifs. Sur la structuration d’identité et psychologique de leurs enfants. La société semble vaciller vis-à-vis de ses descendants entre l’excès et le défaut de transmission ».

(Parti socialiste français, L’Avenir de la France, étude sociopolitique, France, 2004). Trépas d’ancêtre symbolise perte de mémoire pour tous. Déni de jeunesse par défaut ou excès éducatifs vaut autant d’appauvrissement général d’humanité. Nous ne sommes pas même encore capables de véritablement « différencier » les adolescents des enfants ! Il est des plus « symptomatiques » qu’en notre pays il soit encore si souvent dit : les enfants au lieu de : les adolescents quand l’on évoque bien ces derniers. Anachronique archaïsme des plus aberrants au vingt-et-unième siècle ! Méditons cette réplique de Don Rodrigue du Cid, (Tragi-comédie théâtrale française, 1637) du poète, dramaturge français, P. Corneille (1606-1684). Au comte lui faisant grief d’être « présomptueux ».

« Je suis jeune il est vrai mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années »-27.

Aucune spécifique politique globale de Jeunesse n’existe donc encore à ce jour en France. Ni structures, moyens, comme actions coordonnés, efficaces et valables au service de tous les jeunes. Depuis déjà plus de trente ans les mesures collectives limitées, restreintes, parcellaires concernant les préadultes sont surtout socioéconomiques, pénales. Les juniors sont avant tout considérés comme poids, victimes de la crise d’emploi ou danger contre l’ordre public. Les avatars de cette fort réductrice conception sont significatifs. Par exemple loi instituant le Cpe, Contrat Première Embauche pour les seuls jeunes de moins de vingt-six ans. (France, 2006)-28. Loi contre la récidive délinquante des mineurs de seize ans révolus. (France, 2007). Les juniors n’ont pas de représentativité publique politique particulière.

Même si les conseils de la Jeunesse pallient en partie et de façon très restreinte ce fait. Leur impact reste des plus limités. Peu écoutés, reconnus et intégrés les cadets se désocialisent, se centrent sur eux-mêmes. Ils souffrent en silence ou explosent seuls ou en groupe en sporadiques révoltes. Le pays en est le témoin régulier depuis trois décennies. Les conditions d’enseignement de la majorité des collégiens, lycéens, étudiants universitaires deviennent indignes d’un « grand pays ». Le profit intellectuel, moral durable retiré est des plus limités. L’orientation scolaire et des métiers calamiteuse. Les retombées professionnelles bien piètres eu égard au fort capital humain surinvesti-29.

D’un point de vue socioéconomique une nouvelle « paupérisation » juvénile s’observe. Y compris chez les étudiants d’enseignement supérieur. Hormis chez les plus privilégiés très minoritaires. De réelles précarisations et précoces indigences très préoccupantes croissent. La jeunesse est l’âge de tous les possibles, toutes les espérances, folies. Également de toutes les misères.

Rejoignant en cela la marmoréenne vision du sociologue allemand M. Weber (1864-1920) sur le « désenchantement du monde ». (M. Weber, Le savant et le politique, Conférences sociologiques, Allemagne, 1917/1919)-30. Le jeune est une complète personnalité biopsychique mais guère un acteur sociomoral à part entière. Très conditionné, dépendant, subordonné il est dépossédé par le monde adulte de toute vraie souveraineté sur lui-même. Sommé de rester très « sagement jouer » pitoyablement à part dans la « cour des petits ». Pour autant :

« Un seul printemps dans l’année et dans la vie une seule jeunesse » !

(S. de Beauvoir, philosophe, 1908-1986, Mémoires d’une jeune fille rangée, œuvre littéraire autobiographique, France, 1958)-31. Alors nos juniors intériorisent parfaitement la vision nord-américaine.

« A struggle for life between having and having not, insiders and outsiders, winners and losers ».

« La lutte pour la vie entre possédants et dépossédés, intégrés et exclus, gagnants et perdants ».

Véritable folle course éperdue, harassante à la seule survie. Différenciant, favorisant les puissants triomphants aux dépens de tous les autres. En une société de plus en plus violente, laquelle valorise fort avant tout performances à outrance, attributs de force, capacités de nuisance. Les jeunes s’y radicalisent alors entre eux pour pouvoir être à n’importe quel prix « dominants-tourmenteurs » plutôt que « dominés-victimes ».

En ce grossier dualisme manichéen ils ignorent car les adultes ne le leur ont jamais appris qu’inhibitions, comme agressivités ou manipulations sont des plus dévastatrices. Que seule l’affirmation plus sereine d’eux-mêmes permet l’équilibre vrai. Déviances, pathologies, inquiétants syndromes s’ensuivent. Dans le total délaissement de l’égalité, du respect. Seuls libérateurs et épanouissants pour l’humain.

Perverses hégémonies et asservissements dévoyés portent le sceau de l’avilissement des esprits juvéniles. Ces derniers ne font que reproduire à leur échelle une mimétique et diabolique machinerie compensatoire vénéneuse. Exemple empoisonné des plus sordides d’écrasement sans pitié d’autrui montré sans scrupule aucun par leurs aînés. Ces derniers les traitent volontiers non en utiles « alliés » bienfaisants or, en compétiteurs « ennemis » maléfiques. Sinon alors en « pseudo-complices ».

Ce qui fausse grandement les rapports intergénérationnels, comme les liens intragénérationnels des juniors. Cela les condamne à se contenter fort petitement de « faire cuire leur petite soupe à petit feu en leur petit coin ». Pour paraphraser un propos du général de Gaulle, (Homme d’État, France, 1890-1970) sur les partis politiques. En son pamphlet de 1789 prélude à la Révolution française (1789-1799) imminente l’homme politique, essayiste E.-J. Sieyès, (France, 1748-1836) définit le tiers état :

« Qu’est-ce que le Tiers-État ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? À être quelque chose ».

(E.-J. Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers-État ?, œuvre politique française, 1789)-32. Il en va de même de la jeunesse non créditée en sa société de son poids réel. Qui demeure sous-évaluée, dévaluée, défavorisée-33, aspire donc fort légitimement à meilleur destin ! La juvénilité est bien plus qu’elle-même ! Elle représente pour notre pays avec l’éducation un stratégique rôle majeur. Au même titre que l’économie, les sciences, la technologie et la défense ou la diplomatie. En la décennie 1970 il était dit que la France « n’avait pas de pétrole mais des idées ». De même dans les années 2020 pourrions-nous dire qu’à défaut de potentiel de grande puissance mondiale notre pays possède son véritable « Or bleu ». La richesse de sa jeunesse. Ces juniors sont amenés à vivre la majeure partie voire pour les plus jeunes la totalité du vingt-et-unième siècle.

En un nouveau contexte radicalement différent de celui d’aujourd’hui. Les prémices commencent déjà à nous apparaître. Individualisme, libertarisme, hédonisme, technologisme aigu, horizontalités en tout domaine. Fortes adaptabilité, mobilité, instantanéité, vitesse, fulgurante recomposition, permanente évolution. Autoapprentissages, autogouvernement, libre arbitre. Net rejet des contraintes, pesanteurs, autorités, hiérarchies. Informalismes, spontanéité, authenticité, libre initiative, créativités, inventivités et imagination. Domination du son, de l’image numériques immédiats sur l’écrit bien plus lent et différé-34.

En un univers plus globalisé sans frontières. Voire pour la première fois en l’histoire de l’humanité avec de permanentes « colonies humaines » établies en dehors de notre originelle planète nourricière. Il y aura un jour une première génération d’humains non terriens nés, vivant sur d’autres astres du système solaire. Voire bien plus loin encore. Cela est peut-être envisageable d’ici un siècle, à l’horizon des débuts du vingt-deuxième voire avant. Quelles sont donc les majeures tendances de la jeunesse de ces années 2020 ? Un fort allongement accentué s’étalant en moyenne sur une vingtaine d’années.

Avec un élargissement en amont et en aval de l’âge de dix ans à celui de trente environ. Cela est à « relier » notamment aussi à l’augmentation de la durée moyenne des études. Entre l’âge de deux ou trois ans jusqu’au-delà de l’ancienne majorité civile : vingt-deux. Les jeunes sont en quête de reconnaissance, confiance. Alors ils se conforment avant tout aux normes du groupe, des pairs avant que de se plier aux seuls critères des adultes. Comptent surtout l’assentiment des semblables, la communautariste appartenance intranéogénérationnelle et la dure « loi des congénères ».

Par mimétique identification le même que soi, miroir de soi contribue à la construction de l’ego. Par capillarité d’acquisitions personnelles. Le conformisme collectif l’emporte alors sur l’individuelle affirmation de son originalité propre, de soi-même. Il s’agit non pas tant de bien s’imposer par ses différences que se faire accepter en prouvant son adaptabilité aux lois du groupe. La grand-peur est de se faire rejeter si l’on est trop différent. La société des jeunes, comme celle des adultes étant plus permissive que tolérante le junior préfère « annihiler » sa personnalité. Étant intégré par ses pairs plutôt que cultiver sa « spécificité » au risque de l’exclusion, la solitude.

Le monde est uniformisé, totalitaire, sectaire. La seule alternative est de se soumettre ou démettre avec tous les risques que cela implique. La jeunesse même étudiante se veut anti-intellectualiste pour « exister » par, en elle-même. Au travers de ses propres valeurs s’opposant à la culture savante établie par les aînés. Les juniors sont multi, surinformés en tous domaines, privilégient pragmatismes et éclectismes. Ils sont la première génération des nouvelles technologies de l’information et de la communication numériques.

Les jeunes sont complètement immergés dans les univers médiatique, marketing. Les nouveaux moyens de reconnaissance sociale et culturelle. La traditionnelle culture scolaire des humanités classiques est morte. De même que les « modèles de civilisation » préétablis. Cela depuis un demi-siècle. Il y a fondamentalement trois catégories de jeunes. La jeunesse modeste raccourcie très précocement confrontée aux pires aléas économiques et sociaux défavorables. Celle privilégiée prolongée des étudiants sursélectionnés et loisirs gratifiants. Les jeunes majoritaires « moyens » ni exclus ni favorisés en « réussite ordinaire ».

Le capital scolaire est le « reflet » de l’acquis sociofamilial. La démultiplication des diplômes n’a pas changé l’ordre socioculturel préétabli. L’enfant de cadre a dix fois plus de chances d’intégrer une Grande école que celui d’ouvrier. Le niveau moyen d’éducation a progressé or, jamais l’égalité des chances, droits scolaires. Le niveau des études n’a pas baissé mais nombre de diplômes sont fort dévalués par leur multiplication même. Il n’y a pas eu de démocratisation éducative, académique pour les diplômes les plus socialement performants, gratifiants. Les formations se sont surtout massifiées. Les adultes sont favorisés aux dépens des jeunes-35.

L’enseignement demeure ségrégué, sa qualité diffère selon sa localisation géographique-36. Surtout notre civilisation occidentale est passée depuis un bon demi-siècle d’une société de « devoirs sans droits » à une société de « droits sans devoirs ». Avant les années 1960 une conception traditionnelle encore rigide et austère du dix-neuvième siècle prévaut. Elle met l’accent sur les seules obligations sociales auxquelles l’individu doit se plier face au groupe. Ensuite ce sont les libertés personnelles de l’individu qui sont privilégiées par rapport aux collectifs impératifs sociaux.

Aucune de ces deux tendances majeures n’a pu contribuer à l’épanouissement de la jeunesse. La première en limitant les capacités d’expression propre des personnes notamment des juniors. La seconde en tuant tout sentiment de solidarité commune enrichissante. Il appartient au vingt-et-unième siècle d’opérer la bonne synthèse d’équilibre entre les conceptions psychosociales de ses prédécesseurs. Les collectifs devoirs imposés du dix-neuvième siècle au même titre que les libres droits individuels du vingtième.

Ce n’est qu’à ce prix que les nouvelles générations pourront grandir, s’épanouir, s’affirmer par et pour elles-mêmes. Tout en se conformant aux règles minimales. Seules à asseoir la paix, la pérennité sociales, le commun bonheur des peuples. Car comme pour les nuances gustatives de base les jeunes apprennent très tôt que l’existence peut être fort « douce ». Qu’elle est aussi souvent « acide, amère, salée ». Notre jeunesse est en difficulté, présente des traits négatifs qui lui sont propres. Non pas tant par des « tares » intrinsèques qui lui seraient imputables. Que du fait d’extrinsèques « travers » dus aux nets dérèglements des adultes à son égard et ceux de sa société. Ces derniers étant eux-mêmes incertains et en marasme, absents les jeunes ne peuvent s’épanouir ni grandir.

Faute d’exemplarité, de transmissions adéquates ils « sentent » encore les choses comme de « capricieux enfants ». Trop souvent ils n’ont aucun sens de l’effort, la patience, ténacité, la contrainte, frustration. La maîtrise de soi, du dur, long labeur effectué sans découragements sur la durée. Ils ne supportent aucune déception, aucun contretemps ni report. Ils veulent « tout, tout de suite », ne tolèrent aucun refus, nulle remontrance, déconvenue, privation, attente même fort justes. La récompense ne suit plus le mérite mais devient due. L’on exige la gratification, la facilité. Or, nullement la tâche, la peine préalables. Même issue de la forte crise socioéconomique, morale contemporaine cette génération a des aspects d’ « enfants gâtés ».

Car les adultes par pur égoïste narcissisme, démagogique volonté d’ « acheter la paix civile à bon compte » cèdent sur tout ou presque. À la moindre bouderie, fâcherie, menace de rébellion, rétorsion, désamour des jeunes. La génération des ascendants des juniors est à l’heure des divorces, séparations et solitudes démultipliés. Elle a la panique surhantise de ne plus être « aimée » par ses rejetons, d’être rejetée, renvoyée à sa vile « déchéance, péremption de vieillissement ». Son effrayant corollaire « spectral » abandonnique. De façon infantile elle croit s’assurer l’inconditionnelle « adhésion » des juniors. Les couvrant de biens matériels, permissivités, fausses complicités, complaisances. Prévenant ainsi le moindre désir de ces « très chers petits ».

Ainsi ces adultes croyant complaire aux jeunes les déçoivent et exaspèrent. Ces derniers s’enferment alors en les pires laisser-aller, l’immaturité, le caprice, la futilité. Les humains oublient que les jeunes attendent d’eux une juste fermeté éducative. Non une molle complicité factice de mauvais aloi. Au lieu de guider les aînés « singent » les cadets, les livrent à eux-mêmes. Ainsi ils les trahissent. Au lieu de bien s’affermir par l’exemplarité adulte les juniors se « perdent » par les mimétismes les plus infantilisants, décervelants du semblable générationnel. Ils ne peuvent progresser. Ainsi s’amorce de façon inquiétante la terne, triste société du futur : irresponsable, malheureuse, destructive-37. Citons avec vigueur ces admirables paroles dites haut et fort à la jeunesse par Sœur Emmanuelle (1908-2008).

« C’est à toi que je m’adresse, jeune de France, d’Europe. […]. Je voudrais le clamer à chacun-e d’entre vous : sois l’homme, la femme que tu es. Si la déprime est prête à te jeter à terre, sache-le : la force est en toi, en ton corps et en ton cœur. Cette soif de justice qui t’habite, laisse-la t’emporter vers plus malheureux que toi, entre en la bataille. Crois en toi, en cette passion pour un monde où des hommes libres vivraient égaux en frères.

Crois en ton dynamisme, incarne ton idéal à l’endroit même où tu vis, là où tu sens battre ton cœur. Sache bien que ton acharnement en dépit des échecs assurera ton triomphe. Crois en les autres : le même souffle de justice les fait tressaillir. Ne crains pas de rejoindre leur combat : l’union des jeunes est une puissance formidable ! […] ».

(Sœur Emmanuelle, religieuse franco-belge avec F. Huart, Yalla – En avant les jeunes ! Essai de réflexion morale, France, 1997)-38. Aujourd’hui, comme hier et demain la jeunesse espère, ambitionne et se bat. Or, elle se décourage, désillusionne, trébuche tout autant. À l’image des Julien Sorel. (Stendhal, écrivain français, 1783-1842, Le Rouge et le Noir, œuvre littéraire psychologique d’apprentissage, France, 1830). Eugène de Rastignac. (H. de Balzac, écrivain français, 1799-1850, La Comédie humaine, œuvre littéraire, d’étude de mœurs, France, 1830-1856). Fabrice del Dongo. (Stendhal, La Chartreuse de Parme, œuvre littéraire française d’aventure, d’action, 1839).

Littéraires héros romantiques volontaires des auteurs de notre premier dix-neuvième siècle. Tourmentés, plus ou moins heureux en leur vie de jeune et d’homme-39. Maintenant, comme avant et après encore sans doute le « cri du cœur » de tous les juniors au reste du monde est : « Ôte-toi de mon soleil » ! Magnifique réponse du philosophe cynique grec Diogène de Sinope (413-327 av. J.-C.)-40 au roi de Macédoine Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.)-41. Lequel s’enquérait de ses desiderata lors d’une mémorable rencontre à Corinthe. (Grèce, 335 av. J.-C.).

« Les mentalités seraient-elles parfois en avance sur la société ? L’on sait que la France opposa durant tout le XIXe siècle une très forte résistance à l’idéal méritocratique. Que les républiques, les empires, la Monarchie de Juillet prétendirent tant défendre. Lignage et titre comptaient tout autant sinon plus que formation et compétence. Pourtant la toute première génération de ce siècle croyait déjà qu’une vie s’enracinait en elle-même. Plutôt que dans un passé qu’elle se serait alors contentée de répéter ou de continuer à sa manière. L’histoire de l’individu commençait donc désormais avec sa naissance ».

(D. Bertholet, universitaire, essayiste suisse contemporain, Les Français par eux-mêmes – 1815-1885, ouvrage historique, France, 1991)-42. Après les progrès du vingtième siècle il semble que notre époque française renoue fort avec d’ « archaïques travers » antérieurs. Ceux du temps de notre littérateur national V. Hugo. (France, 1802-1885)-43. Le milieu social, de caste l’emporte à nouveau sur les talents et aptitudes-44. La jeunesse est « seconde » par rapport au monde adulte. Non car ce dernier a bien plus de vertus ès qualité qu’elle. Or, par simple principe discriminant pro-maturité et anti-jeune-45 ! Pourtant :

« Dans les démocraties chaque génération est un peuple nouveau ».

(A. de Tocqueville, philosophe politique, historien, France, 1805-1859). Particulièrement la juvénilité !


 

 


– Avoir Reconnaissance –

Vous, Jeune Mésestimé


 

 

Vous, junior, ne disposez pas encore assez de réelle élévation familiale, éducative, du travail, affective, relationnelle, culturelle, des valeurs. La famille occidentale contemporaine est des plus éclatées, atomisées, « composée-décomposée-recomposée »-46. Vous, jeune, n’y trouvez pas toujours votre « pleine place ». Vous avez du mal face à de tels répulsifs contre-modèles à vous projeter vers votre future structuration familiale adulte. De même vous, junior, éprouvez certaines difficultés à construire vos propres schémas psychoaffectifs personnels.


 

 

Faute de stables « miroirs » identificatoires sûrs et crédibles, en un mot cohérents. Tant l’entourage aîné ne sait lui-même y parvenir. Quand les pères viennent à manquer aux fils, les mères à leurs filles le façonnement adulte reste inachevé. L’humain le ressent péniblement et pour le restant de ses jours. L’on observe une grave crise de la paternité, la masculinité adultes en Occident-47. Sans référent paternel masculin adulte solide nombre de garçons, d’hommes restent immatures longtemps voire à vie-48. À défaut d’exemplaires processus de construction-consolidation-émancipation.

Ainsi Duane, dix-sept ans pleure-t-il déjà la brutale mort violente de ses deux demi-frères, Justin et Douglas. Il est en outre confronté à un taciturne père rigide, incompréhensif avec lequel il vit seul. La juvénile « mélancolie » du lien à la vie et à la mort se double d’une souffrance éducative, familiale. Un lourd échec du lien au père dans le roman de l’écrivain, poète américain J. Purdy (1914-2009), Les Inconsolés. (Œuvre littéraire psychologique, États-Unis, 1981)-49.

En outre en matière d’adoption il s’agit de « donner » une famille à un enfant, un adolescent, non un jeune à des parents adoptifs. De même il ne convient jamais que le junior ne soit qu’un simple « faire-valoir-médicament » pour ses parents. Or, que ceux-ci soient d’authentiques fervents éducateurs efficaces, bienfaisants pour leurs descendants-50. N’oublions pas que l’adulte est au service éducatif du jeune, jamais l’inverse ! À défaut il n’y a ni transmissions ni avenir puisque l’ « intergénérationnelle relève » manque cruellement.

Or, de plus en plus de parents attendent soutien et réconfort de leurs enfants. Oubliant qu’il leur appartient d’abord à eux ascendants formateurs d’en apporter à leur progéniture en apprentissages. De même l’école prépare mal nos jeunes aux savoirs, à la vie, l’emploi. Elle ne leur est pas adaptée, ils ne s’y plaisent guère pour elle-même. Les choix opérés, tel le travail s’y accomplissent sans objectifs bien planifiés, véritables méthodologies. Plus par défaut, étroit utilitarisme que par totale volonté, adhésion, option, motivation, réel goût. Les résignations, frustrations, ennuis l’emportent très largement sur les passions, joies, curiosités d’acquisitions.

Prenant insuffisamment en compte ses élèves l’institution plus aversive que dynamisante les indispose. Les contraint physiquement, moralement par abusive coercition tyrannique des notes, « orthopédique rééducation disciplinaire ». Au lieu de s’assurer de leur pleine participation d’attirance volontaire, libre, convaincue donc efficace. Ainsi rate-t-elle fort lamentablement ses missions les plus fondamentales. Les adultes ne savent pas ou plus transmettre aux jeunes l’amour du travail bien fait, de la « belle ouvrage », des fermes principes structurants. Des savoirs sûrs, le sens de l’effort, la persévérance, ténacité, capacité à dépasser ses mécomptes. Ainsi notre enseignement est-il devenu des plus « volatils »-51 !

Le marché du travail est lui aussi fermé aux seize – vingt-quatre ans jugés trop inaptes, non préparés, voire perturbateurs. Avec préjugés, volonté première de rentabilité, compétitivité mal comprises. Par frilosité, manque d’audace une détestable pratique s’est instaurée en France de « surprivilégier » l’emploi des trentenaires et quadragénaires. L’accélération, la sophistication des progrès, techniques exigent plus d’expérience, de savoir-faire d’une part.

Périment très vite les diplômes, compétences de l’autre. Cela fait exclure les jeunes et les plus âgés aussi de l’emploi. L’on a « été trop loin » en ce sens. Notre pays présente l’un des taux d’activité professionnelle les plus bas : des moins de vingt-cinq ans, comme des plus de cinquante-cinq parmi les pays occidentaux-52. Juniors, comme seniors en pâtissent de façon imbécile, débilitante. En folle aberration humaine, socioéconomique contre-productive.

Par l’exclusion la France se prive ainsi dramatiquement des hauts talents indispensables de nombre de ses enfants-53. Y compris parfois dans la tranche d’âge la plus favorisée. Le conformisme le plus stérilisant est donc préféré à l’originale créativité « iconoclaste ». Notre recherche « en berne » s’essouffle. La fuite de nos cerveaux les plus fertiles, prometteurs nous frappe lourdement. Pour le plus grand profit de nos concurrents. Sans bourse délier, sans avoir à les former ceux-ci bénéficient de nos meilleurs éléments d’élite. De plus en plus fréquemment ces derniers étudient même hors de nos frontières.

Dans les meilleurs établissements anglo-américains tels la London School of Economics, Cambridge, Stanford, le Mit, Massachusetts Institute of Technology. Leurs compétences sont alors « récupérées » par d’autres. Prenons garde à ce massif « brain drain », « aspiration, voire captation de nos intelligences » par l’étranger très en avance. Dont les États-Unis, bientôt la Chine savent tout particulièrement profiter. Attention à ce qu’il ne devienne « brain gap », « pénurie de savoir-faire » chez nous. Par certains de nos fort dommageables retards si patents et récurrents !

La France est ainsi passée de la quatrième à la septième place économique mondiale en quelques années ! Notre position en Europe même s’étiole de plus en plus. Ainsi notre pays est-il toujours le « premier client » de l’Allemagne or, cette dernière ne l’est plus du nôtre. Après des décennies de réciprocité économique. La première économie européenne préfère désormais les États-Unis et la Chine à nos dépens. En outre nous réitérons la « sidérante aberration » constituée par la révocation de l’Édit de Nantes d’Henri IV, (souverain régnant, France, 1553-1610)-54 datant de 1598. Par celui de Fontainebleau sous le Roi-Soleil (Louis XIV, souverain régnant, France, 1638-1715)-55 en 1685.

Les Huguenots constituaient l’une des toutes premières forces dynamiques du Royaume de France en tous domaines notamment « de pointe ». La criminelle persécution qui mena nombre d’entre eux à l’exil sans retour nous coupa à jamais d’un précieux ferment de progrès. Bénéficia grandement au reste de l’Europe à notre détriment. Un siècle plus tard Louis XVI, (souverain régnant, France, 1754-1793)-56 signa l’Édit de Versailles dit de tolérance en 1787. La Révolution, (France, 1789-1799) assura l’égalité devant la loi de tous les citoyens. Nonobstant, il était trop tard pour restaurer l’irréparable gâchis-57. De même excluant nos jeunes nous les incitons à émigrer à nos dépens au lieu de les insérer !

L’amitié, l’amour sont la grande affaire des « héroïques années » de jeunesse. Pourtant en ce domaine aussi beaucoup de vives déceptions, trahisons meurtrissent fort les relations interjuvéniles. Quant à l’autre sphère juvénile par excellence : culturelle, récréative, par mercantilisme, consumérisme, matérialisme et hédonisme elle est un frustrant exutoire. Plus qu’un authentique mode de créatrice libération transcendante. Comme la plupart des sujets le jeune est gavé jusqu’à l’apoplexie par la pléthore d’une société saturée de permanents stimuli multisensoriels, consuméristes. Il reproduit alors « à l’identique et l’infini » l’existant convenu bien plus qu’il ne produit de vraie lumineuse originalité porteuse.

Ivre d’hédonistes tentations innombrables et continues le jeune n’est alors plus capable de se concentrer sur l’essentiel. Notamment ses études, sa famille, voire ses amis. Le choc encaissé provient de la cataclysmique rencontre entre le faible degré de résistance du junior à ce qui peut l’attirer irrésistiblement d’une part. L’incalculable somme de distractions qu’offrent la technologie, le commerce, l’état d’avancée de notre société, notre époque de l’autre. La santé physique, psychique, morale des cadets subit alors tout naturellement les grands chocs et contre-chocs explosifs d’un tel délétère contexte. Déstabilisant et trop souvent chaotique.

Les jeunes ont de moins en moins la chance de vivre au sein de « vraies familles unies ». Aimantes, disponibles, structurées avec deux parents soudés pour le meilleur et le pire. En plein objectif de leur juvénile épanouissement. Cela ne les encourage pas à fonder à leur tour une famille à eux. Ce repoussoir contre-exemple perturbe, parasite également leurs relations affectives et amoureuses. L’on « consomme » l’autre comme bien matériel. Sans significatif enracinement profond ni engagement véritable.

D’oblatif, l’amour devient captatif. Pourtant l’idéal amoureux des jeunes masculin, comme féminin demeure ambitieux, intact. De même faute de savoir donner gratuitement le junior n’a été « programmé » que pour recevoir fort narcissiquement à son seul profit personnel. Il peine alors à re/nouer de vrais liens amicaux désintéressés, durables. Calculs, rivalités, jalousies, trahisons, ressentiments, amertumes, envies prennent le pas sur les irrévocables loyautés et le don de soi à autrui-58.

« Chacun se dit ami mais fol qui s’y repose : Rien n’est plus commun que le nom, Rien n’est plus rare que la chose ».

(J. de La Fontaine, poète français, 1621-1695, Fables, Parole de Socrate, œuvre poétique morale, France, 1668)-59. Or, l’amitié est le plus fondamental aimant que jamais nul autre âge ait été amené à connaître avec tant de folles passions. En un temps où tout jeune a besoin de valider sa propre juvénilité. À l’aune de celle de ses semblables et pairs congénères et compagnons d’armes. Pour gagner les « guerres de la jeunesse » vers l’adultisme. Quelles qu’en soient les cicatrices et blessures, plaies et bosses ! Les jeunes ne renoncent jamais à l’amitié, la recherchent avec fougue, y croient fort, y adhèrent encore et toujours. Autant que leurs camarades des époques révolues. Le monde juvénile est aussi prioritairement celui de la « Civilisation du loisir ». (Essai sociologique, France, 1962). Pour user des termes du sociologue J. Dumazedier. (France, 1915-2002)-60. De même que les croyances sont aux néopaganismes.

Là encore hélas l’accomplissement personnel, la soif d’apprendre et la possibilité de se complètement et sainement détendre sont trop souvent gâchés. Par la tentation du médiocre facile, du relâchement, des pires com/pulsions débridées. Connaître n’est jamais savoir. « Se dévergonder », se ressourcer. En cela même l’éblouissant éclat de la juvénilité en vient à fort irrémédiablement se ternir. Portant les espérances les mieux trempées au tombeau des illusions et des espoirs profanés. Alors la santé psychosomatique des juniors s’altère, leur intégrité psychique et morale en paie un lourd tribut. Parfois hors de proportion.

Déprimes, dépressions, violences, stress, anxiété et émotivité mal canalisée, manque de confiance en soi, démotivation, apathies se multiplient. Les maladies mentales sont loin d’être absentes parmi notre jeunesse. Dérisoires « échappatoires » polyaddictives, idées, volontés de mort, accidents, prises inconsidérées de risques, fugues, troubles du comportement alimentaire progressent sans cesse. Tels funèbres fléaux lancinants. Notre jeunesse peut se laisser tenter par les diaboliques « pièges poisseux du délétère laisser-aller ». Par sa détestable et funeste mise hors-jeu désastreuse !

« […]. Notre société ne fait pas à sa jeunesse la place qui devrait lui revenir. Elle ne lui donne pas les moyens de son autonomie, son intégration. En traitant si mal sa descendance notre société sacrifie son avenir. […] ».

(N. Sarkozy, homme d’État, Conférence de presse, France, 2008)-61. Faute d’attention suffisante, de sûres balises des aînés trop de jeunes vivent encore sur le mode du désordre. Du burlesque, de l’excès, l’immaturité, la violence, l’absurde, la perdition-62. Selon le même baroque « archétype » grinçant, décalé, voire des plus désespérants d’un univers complètement délirant. À la J. Irving (1942-) avec son héros Garp. (J. Irving, romancier américain, Le Monde selon Garp, œuvre littéraire biographique, États-Unis, 1978)-63.

Or, la juvénilité, capital temps de vie marque l’être humain à tout jamais. Ainsi revit avec émotion ses débuts de jeune élève un ancien boursier du roi de France Louis XVI (1754-1793). À l’École royale militaire de Brienne-le-Château, en Champagne (1779-1784). Napoléon, (Homme d’État, France, 1769-1821), vingt ans en 1789 se souvient.

« Pour ma pensée Brienne est ma patrie : c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme »-64.

La France de ces juniors se perd en ses conjectures les plus contradictoires et paralysantes. Il y a opposition entre idéalistes principes défendus et réelles applications restant souvent « lettre morte »-65. Quand l’on ne pratique pas l’exact inverse. D’où le lourd malaise dont nos cadets pâtissent les premiers. L’actualité médiatisée est truffée de tragiques faits divers mettant en cause des jeunes. En tant qu’agresseurs ou qu’assassins de leurs pairs ou d’adultes. Les jeunes hommes seraient ainsi en l’ « imaginaire collectif, la mythologie populaire » tous ou presque susceptibles de se livrer au pire. En violentes pulsions consubstantielles irrépressibles. Anges noirs maudits surtout masculins ils seraient profanateurs, pilleurs, violeurs, meurtriers, terroristes, vandales en puissance…

L’on fait volontiers mine d’oublier que les juniors garçons et filles sont bien souvent objets des violences de leurs aînés. Ainsi les jeunes filles sont bien plus victimes d’atteintes sexuelles que les femmes adultes et d’âge mûr. N’oublions pas ces jeunes et leur mère martyrs massacrés de manière si effroyable, de façon présumée par leur propre père à Nantes (France), en 2011. Ils avaient treize, seize, dix-huit, vingt ans. S’appelaient Benoît, Anne, Thomas, Arthur. Ils voulaient pleinement vivre leur jeunesse. Nul adulte n’avait le droit d’en décider autrement ! Ce dernier s’arroge bien trop souvent l’illégitime pouvoir de nuire aux plus faibles, les plus jeunes au lieu de les « servir » !


 

 


– Être Soi –

Votre Néogénération Malmenée


 

 

« Des savants de toutes disciplines lancent des cris d’avertissement de plus en plus dramatiques. Si notre civilisation court à sa ruine, ce n’est pas seulement pour des raisons biologiques, physiques, sociologiques. La cause de la crise du monde moderne est avant tout métaphysique ».

(A. Desjardins, auteur spiritualiste français, 1925-2011, Les Chemins de la sagesse, essai moral, France, 1968-1972, 2003)-66.


 

 

Le junior est de façon inique privé de tout développement spirituel, moral, comme d’idéal satisfaisant. Puisque l’objectif, summa divisio est de faire, d’avoir, de paraître, être est alors vidé de tout son sens téléologique. Des auteurs ont annoncé la « fin de l’Histoire » depuis la mort de la belliqueuse confrontation géopolitique entre l’Est et l’Ouest du monde. N’assistons-nous pas plutôt à la lugubre, paralysante crise des valeurs humaines fondamentales ? En tant que ciment social, ontologie éclairant la destinée de tout un chacun.

Les jeunes sont cruellement privés de toute guidance montrant le chemin. Empêchés par leurs aînés encore immatures, inconséquents eux aussi de grandir en toute sagesse, liberté, équanimité. Ces juniors peuvent-ils déjà et encore avoir la pleine clairvoyance de ne pas confondre libertarisme et libre arbitre, ataraxiques vacuités et conscience morale ? Encore faut-il que les « tutélaires » adultes résolument assument leurs vrais devoirs d’éducateurs a maxima. Rappelant sans relâche ni ambages aux jeunes « apprenants » les vraies règles intangibles d’ontogénique pérennité incontournable d’assertivité et de maîtrise de soi-67. Une bonne part de la métaphysique angoisse existentielle de la nouvelle génération provient de cette abolition de la pensée humaniste. Congruente inquiétude de l’autre. Du désert moral, de l’abandon de toute « transcendance ». De :

« […] Ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes pressés d’exister paraissent éluder le mystère. […] ».

Stigmatisés par l’ancien président français F. Mitterrand (1916-1996) à l’issue de sa vie. (Préface à l’ouvrage de M. de Hennezel, psychologue française, La Mort intime, essai de psychologie, France, 1995)-68. Ontologiques alarmes des plus salutaires que le chef d’État d’alors exprimait au terme d’une complexe existence de clairs-obscurs. Ayant pris conscience au temps de perdre pouvoir et vie de l’essentiel moral. Ajoutant au « couchant » de sa charge publique : « Je crois aux forces de l’Esprit et je ne vous quitterai pas ». (F. Mitterrand, Vœux annuels, France, 1994)-69.

L’infecte rhétorique infligée aux jeunes par les adultes est de prendre, d’extorquer et de dérober au maximum. De donner, gratifier, d’offrir le moins possible. Tout bonheur est alors rendu improbable par l’instrumentalisation de la guerre entre les êtres, les générations. Ainsi qu’au sein d’entre-elles. La vaine vulgate insidieuse d’efficacité, d’intéressement et de productivisme trop excessifs, systématiques, égocentriques empêche le jeune d’être véritablement heureux.

Car seuls la gratuité, la générosité, le dévouement, la justice, l’idéal, l’épurement donnent tout leur fulgurant sens à chaque vie humaine. Comme l’ont bien démontré les théosophiques augustinisme (Ve s.) et thomisme (XIIIe s.) au cours des âges passés-70. Il est donc indéniable que le plus terrifiant, le plus profond des tourments qui taraude même inconsciemment nos juniors est le spirituel néant. Lequel affecte fort l’existence morale solitaire de la plupart d’entre eux. Il s’agit en filigrane d’une nette, dramatique et abyssale rupture des transmissions des valeurs. Par les « dépositaires » aînés à leurs cadets « héritiers ». Ce qui mutile l’esprit, obère l’avenir.

Ainsi s’installe une souffrance des âmes juvéniles qui devient avec le temps une grande « entropie morale » dégénérative. Héritiers sans héritage comme il existe des peuples sans États, (Palestiniens), des paysans sans terres, (Amérique latine) et avocats sans causes, (Universel), les jeunes « se sclérosent »-71. En un monde si étroitement borné qui leur « interdit » de servir leurs idéaux, suivre leurs choix d’engagements. Alors ce fort solennel rappel-mise en garde du cardinal J.-M. Lustiger. (France, 1926-2007).

Au soir même de l’achèvement des « Journées Mondiales de la Jeunesse » de Paris à l’été 1997. Affirmant en substance que cette génération n’a jamais perdu ni renié les racines, traditions, idéaux spirituels ! Qu’elle ne les a en réalité pas obtenus, cultivés. On ne les lui a simplement jamais transmis-72 ! Le jeune ne peut rien apprendre, comprendre, connaître, savoir, croire sans inculcations adultes ! N’ayant pas « reçu » de ses aînés il n’offrira rien à sa descendance. L’essentiel sera alors anéanti !

« La jeunesse campe à nos portes, elle est exclue de la société ».

(J.-M. Lustiger, 1981)-73. L’Archevêque de Paris comparait les juniors aux « volatiles mazoutés des marées noires ». Jeunes pour lesquels nul ne peut plus grand-chose tant le juvénile syndrome d’abandon est vif. Ajoutant que l’accueil de la juvénilité n’était possible que dans la foi en l’avenir. En un dramatique contexte de cassure du lien entre néogénération actuelle et celles antérieures-74. Les juniors de l’univers sont en quête d’une forte, authentique parole morale d’espérance. Cela dépasse le classique ordre traditionnel et immémorial du seul, strict fait religieux établi et de la « Vérité révélée ».

Ils ne peuvent trouver cette consolatrice force intérieure chez de pseudo-adultes. Si préoccupés, emplis, incertains d’eux-mêmes, de leurs propres valeurs ! Ces derniers ont le pressant devoir d’ « éclairer » les plus inexpérimentés. Or, ils les laissent, suprêmes apories en les pires ténèbres, affres, tourments de l’ignorance, du doute les plus ravageurs. Tel le jeune Raskolnikof, torturé par les remords de l’atrocité de son double crime. Qui n’aura de cesse pour apaiser sa conscience, son honneur perdus de se dénoncer. En un terrible, interminable combat intérieur accablant des plus rédempteurs.

« […]. Il ignorait que la vie nouvelle ne lui serait pas donnée sans souffrances, qu’il devrait encore la payer très cher. […]. Or, ici débute une autre histoire, l’histoire du renouvellement progressif d’un homme, l’histoire de sa régénération et de son passage graduel d’un monde à un autre. […] ».

(F. M. Dostoïevski, écrivain russe, 1821-1881, Crime et Châtiment, drame littéraire psychologique, Russie, 1866)-75. Le malheur des juniors est que les aînés soient incapables de les aider à trouver, donner un sens à leur existence. Savoir quelle est leur « mission terrestre ». Ils se retrouvent ainsi embastillés en leur plein dénuement spirituel sur « lettres de cachet » de leur déracinement culturel, de civilisation. L’hédonisme : morale du seul plaisir l’emporte sur l’eudémonisme : éthique du « vrai bonheur ». Le seul bien-être est vain quand il est privé de tout sens.

Cette obsédante vacuité profondément « endeuille » nos cadets. Projette sur tout une génération une pénible ambivalence amère, désabusée. Cette funeste oraison concerne tout autant les désillusionnés vieillards en fin de vie. Il est hautement anormal que cela frappe aussi tôt une jeunesse au printemps d’âge. Qui devrait être à l’aube de toutes les espérances-76. Non au crépuscule des élans à jamais brisés de la grande vieillesse pour la plupart des humains.

La juvénilité pas plus que la sénescence ne saurait être vécue comme cruel naufrage or, telle éclairante émergence transcendante. Tant en la très joyeuse impulsion de tout une vie commençante, qu’en la fort sereine préparation à la mort. Le trépas peut être considéré non comme une tragique fin en soi mais tel le possible potentiel « passage rayonnant » à une autre dimension parallèle. Assurément comme le final aboutissement de la réalisation de soi humaine.

La conscience survivant alors en toute hypothèse à la mort cérébrale, le devoir, la mission terrestres accomplis-77 ! Outre les suprêmes valeurs d’amour, de paix, vérité, justice, les vertus théologales sont oubliées au grand dam des jeunes. La Foi, l’Espérance, la Charité. (Paul, apôtre, Moyen-Orient, Ier s., Première épître aux Corinthiens, XIII-13, Nouveau Testament, La Bible, Moyen-Orient, Ier s.)-78. Or, les Écritures n’annoncent-elles pas les prémices de tout réconfort ?

« Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez et il vous sera ouvert. Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; pour celui qui frappe la porte s’ouvre » !

(Luc, évangéliste, Moyen-Orient, Ier s., Évangile de Luc, XI, 5-13, La Bible, Nouveau Testament, Moyen-Orient, Ier s.)-79. Elles redisent le devoir des adultes :

« Les pères ont mangé du raisin vert, les dents des fils en sont agacées ».

(Ézéchiel, Livre d’Ézéchiel, XVIII-4 et Jérémie, Livre de Jérémie, XXXI-29, 30, prophètes, Moyen-Orient, VIe s. av. J.-C., Ancien Testament, La Bible, Moyen-Orient, VIe s. av. J.-C.)-80. Ce déficit d’accomplissement personnel, moral, spirituel assombrit la néogénération d’Occident. Explique son magistral engouement spectaculaire, inattendu pour des événements comme les Jmj déjà évoquées plus haut. La personne d’un guide pourtant exigeant, impérieux, vieillissant tel le pape Jean-Paul II (Saint-Siège, 1920-1978-2005). Son retentissant et révolutionnaire « N’ayez pas peur ! », (Vatican, 1978) aura galvanisé une jeunesse mondiale conquise, enthousiaste, transfigurée-81. Celle de France élevée en la crainte, la méfiance, le repli. Quand les plus allègres sérénités, ouvertures, rayonnements s’imposeraient tant ! Profondément touchée que le pontife de Rome la place au cœur même de son apostolat.

« Vous êtes l’espérance de l’Église et du monde. Vous êtes mon Espérance » !

(Vatican, 1978)-82. Une humanité qui ne considère pas sa juvénilité comme « moral récipiendaire » étant perdue. Jean-Paul II, l’initiateur des Jmj entendait redire cette vérité première à notre descendance. Lui rappelant dans le droit-fil des Évangiles que « les derniers seraient les premiers ». (Matthieu, apôtre, Moyen-Orient, Ier s., Évangile de Matthieu, XX-16, Nouveau Testament, La Bible, Moyen Orient, Ier s.). Ainsi que l’impossibilité de toute « permissivité morale à rendre l’homme heureux ». (Jean-Paul II aux jeunes, France, 1980)-83. Benoît XVI (pape, Saint-Siège, 1927-2022) s’exprime aussi en continuité lors de son premier voyage tel Souverain pontife en France en 2008.

« […]. Les jeunes sont ma préoccupation majeure. Certains d’entre eux peinent fort à trouver une orientation qui leur convienne ou souffrent d’une perte de repères dans leur famille. D’autres encore expérimentent la limite d’un communautarisme religieux. Parfois marginalisés, souvent abandonnés à eux-mêmes ils sont fragiles et ils doivent affronter bien seuls une réalité qui les dépasse. Il est donc nécessaire de leur offrir un bon cadre éducatif et de les encourager à respecter, aider autrui afin qu’ils arrivent sereinement à l’âge responsable. […] ».

(Benoît XVI, souverain pontife, 2005-2013 de l’Église catholique romaine, Palais de l’Élysée, France, 2008)-84. Le Dalaï Lama actuel, (T. Gyatso, Tibet, 1935-) réaffirme quant à lui avec noblesse que :

« Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être ni d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous » !

(C. Barry, Sages paroles du Dalaï Lama, recueil de philosophie morale, France, 2001)-85. Les pires drames mondiaux continueront tant que la jeunesse ne sera pas éduquée à la paix ! Citons les Conseils en dix-neuf strophes du Dalaï Lama pour ne pas céder au désespoir des temps et pour mieux mener sa vie (2001). L’apophtegme de la troisième strophe se démarque pour « fortifier » la jeunesse.

« Suivez les trois R : Respect de soi-même, Respect des autres, Responsabilité de ses actes ».

Il s’agit alors de rappeler avec vigueur que non seulement le progrès matériel est fort « compatible » avec la spiritualité or, que cette dernière a le grand pouvoir de le renforcer considérablement. En l’intérêt même de l’accomplissement humain de toutes les nations. Cela s’est avéré à l’échelle de l’Histoire, des territoires et des peuples. Les États-Unis d’Amérique (1776-), tout à la fois première puissance mondiale et l’une des contrées les plus ancrées en la foi morale l’illustrent.

L’Homme ne vit pas que de pain ! (D’Esprit aussi).

(Matthieu, apôtre, Moyen-Orient, Ier s., Évangile de Matthieu, IV-4, Nouveau Testament, La Bible, Moyen-Orient, Ier s.).

« Nous pouvons être tellement sceptiques que nous courons tout droit aveuglément à notre perte. Comme autrefois certains peuples très civilisés et raffinés de l’Antiquité. Nous pouvons aussi être plus prompts à aller à l’essentiel. Je souhaite cependant que les nouvelles générations gardent la mémoire : ce qui effraierait c’est qu’elles la perdent. […]. Nous allons avec peut-être plus de cruauté et plus de rapidité au centre, au cœur de la condition humaine.

Si nous acceptons de ne pas nous laisser paralyser par nos échecs, griser par nos succès. Notre époque a ceci d’intéressant que la perte des illusions fait apparaître les choses en une crudité, une nudité extrêmes. […]. Cela peut faire des peuples fatigués ; cela peut aussi engendrer de nouveaux fantasmes ; à voir trop clair l’on a envie de s’aveugler. Toute désillusion comporte ses risques. C’est aussi une chance ; cette génération peut aller plus droit à la sainteté ».

(J.-M. Lustiger, homme d’Église français, 1926-2007, Le Choix de Dieu, entretiens sociologiques et spirituels, France, 1987)-86. Au printemps 2004 le cardinal Lustiger, Archevêque de Paris, (1981-2005) confiait à l’auteur de ce livre combien la décennie 1950 avait été moralement féconde pour les jeunes d’alors. Quand la nôtre est si désenchantée, désabusée, en désarroi. À l’aune d’un triste monde occidental crispé, blessé, en pleine « démoralisation » (1978). Selon le mot même de l’écrivain, historien français J.-P. Aron. (J.-P. Aron, 1925-1988, R. Kempf, 1927-2014, Le Pénis et la démoralisation de l’Occident, essai historique, France, 1978)-87.

Le junior enrage non de son fort jeune âge ou d’inhérentes difficultés de sa condition propre. Or, du fait de son pauvre environnement sociétal, adulte défectueux, défaillant et déficient donc pathogène. Il s’agit d’une génération « flottante », indifférente, blasée à la fois prématurément vieillie outre que bien trop longtemps immature. Elle subit le navrement d’un État-Nation en pleine « décomposition morale ».

Conscient de son infortune nouvelle, sa déchéance des gloires passées. Lequel ne s’en remet pas. Les adultes sont très infantilisés par de multiples tutelles hiérarchiques rigides, ils « puérilisent » à leur tour les jeunes. Ces derniers souffrent de ne pouvoir aimer ni être aimés autant qu’ils le voudraient. De vivre en une société de « solitude glacée », inaffective, peu heureuse. Le « rayonnement, la réactivité et la résolution » juvéniles sont ainsi très lamentablement « annihilés et oxydés ».

Par leurs inconsistants aînés si insatisfaits, attristés et attristants. La « société bloquée » hermétiquement close sur elle-même, perdure. Dénoncée alors par le Premier ministre français (1969-1972), J. Chaban-Delmas (1915-2000)-88. La « Nouvelle société » appelée de ses vœux (1969) se fait encore et toujours fort attendre. Les désastreuses évolutions nationales les plus récentes l’imposent pourtant plus encore !

« Si l’on veut faire bouger cette société bloquée qu’est devenue la société française il faut absolument secouer le carcan que fait peser sur elle la passion de commandement, de contrôle, logique simpliste. Qui anime les grands commis, les patrons, techniciens, mandarins ».

(M. Crozier, sociologue français, 1922-2013, La Société bloquée, ouvrage sociologique, France, 1970). Notre pays parfois plus proche en conceptions des Chinois, Indiens que des Allemands ou Canadiens est irréformable et figé, conservateur et malthusien. (Desjardins, 1968-1972, 2003). Contrairement aux nations les plus avancées il est à ultra lente évolution. Quand l’extrême rapidité d’adaptation devient « vitale ». D’incessants conflits sociaux « à répétition » et une pléthorique bureaucratie hors d’âge. Une fiscalité délirante, une maladive fixité et le refus de toute réforme en profondeur… Cela paralyse toute notre croissance matérielle, morale. Le manque de sérieux, rigueur, méthode, d’efficacité, de sens de l’effort, du résultat impeccable entrave tout progrès et toute réussite.

Une rigidité réglementaire, mentale et pathologique poussée à l’extrême corsète une nation « à bout de souffle, étranglée, exsangue ». Paresse, laisser-aller, faiblesse, passivité, fatalisme, négligence, procrastination parasitent les esprits-89. Le « sous-développement » endémique en tout domaine épuise et éreinte un dynamisme national brisé. La folle conviction arrogante de pseudo-« supériorité universelle » par rapport à l’étranger mène au refus de toute vraie remise en cause. De critique introspection, salutaire changement. Ce qui précipite le pays plus encore à son « inexorable chute mortelle ».

Les efficaces États-Nations sont souples et rigoureux. Nous sommes rigides et désordonnés. Les « nivellements par le bas » et dans le même temps l’élitisme à outrance sont érigés en dogmes absolus. De la démission, l’autoritarisme, du laisser-aller les plus stériles. Tout ceci déboussole nos concitoyens-90. En seulement dix ans entre 1997 et 2007 le différentiel entre le niveau de vie de l’Américain et celui du Français passe de vingt pour cent à trente-six en faveur du premier ! Nos juniors se voient impuissants, à l’étroit, étouffent.

En une contrée « figée, archaïque, déclinante, crépusculaire, vieillissante, repliée sur elle-même ». Qui n’est plus suffisamment taillée pour la pleine compétition mondiale d’aujourd’hui. Ainsi évoquons la désastreuse balance commerciale 2018 déficitaire de la France : – 59,9 milliards d’euros. Celle opulente, bénéficiaire de l’Allemagne : + 227,8 milliards d’euros ! L’Europe entière est en panne, crise économique, financière, morale, est étriquée, velléitaire, divisée, décomposée. L’Occident lui-même s’essouffle. À l’heure où les cruciaux enjeux et dures échéances sont décidément plus que jamais internationaux, mondialisés, globalisés, délocalisés, dérégulés.

La célèbre prédiction de l’universitaire canadien M. MacLuhan (1911-1980) quant au planétaire village-conscience se sera parfaitement réalisée. Déjà préalablement annoncée par le théologien et philosophe français P. Teilhard de Chardin (1881-1955)-91. Notre pays a dilapidé son brillant capital de départ par sa limitative conception de toutes choses. Ordre, rigueur, discipline lui font cruellement défaut. Les cinq dimensions humaines fondamentales : « corps, esprit, cœur, tête et monde » peinent fort à se réaliser pleinement pour tous nos juniors de France.

Pôles physique-matériel ; psychoaffectif-relationnel ; cognitif-intellectuel ; social-organisationnel ; spirituel-des valeurs. Selon la typologie psychosociologique définie par le Pentagramme de Ginger©. (1981, S. Ginger, psychothérapeute gestaltiste, France, 1928-2011)-92. Notre contemporaine jeunesse manque plus que jamais terriblement des plus fondamentaux apprentissages. Sous faux « prétexte » de mieux respecter ses libertés elle est « aliénée et spoliée » car délaissée, évincée en ses pires ignorances !

N’ayant pas assez appris, retenu elle ignore tout de l’essentiel de la vie, risque ainsi de ne jamais le savoir. Elle est « cataleptique » du fait de ses aînés qui le sont tout autant à l’âge adulte. Car ils l’ont eux-mêmes déjà été en leur propre jeunesse ! En ces conditions il est hautement probable – malédiction sans fin – que les jeunes actuels ne pourront que reproduire à l’identique. Ils seront à leur tour d’incomplets adultes fort « bancals »-93. Le junior en son aurore est toujours tenté par les extrêmes envolées baroques elliptiques ou hyperboliques fantasques de son sibyllin âge tendre.

Il s’enlise en une crépusculaire société dépressive et mal en sa peau, aigrie, frustrée et hostile. Les jeunes rêvent d’un « monde en grand » à la mesure de leurs fortes espérances. Alors que leurs aînés les fourvoient en leurs scélérates petitesses sépulcrales. Puisse notre nouveau siècle être enfin l’occasion d’une vraie prise de conscience générale. Celle d’une grave faute collective. Qui consiste pour notre société à abdiquer ses responsabilités les plus sacrées à l’égard des plus jeunes. Pour se rabattre si cyniquement sur ses seuls catégoriels intérêts les plus égoïstes, dérisoires, pathétiques-94 ! Alors même pourtant que la juvénilité est si fondamentale :

« Pour comprendre un homme il faut savoir dans quel monde il a vécu à l’âge de vingt ans ».

(Napoléon Ier, homme d’État, France, 1769-1821). Citons le navrant exemple de la gigantesque dette publique laissée aux futures générations. Faute d’une saine gestion d’État fiscale, comptable, financière depuis des décennies. Qui ne cesse encore de croître ! Celui de la « faillite » de notre système éducatif, social, de santé, des retraites, du chômage. D’une écologie planétaire totalement sinistrée. Tout cela éclaire d’un jour particulièrement tragique le profond mépris pour ceux qui sont pourtant « chair de notre chair, sang de notre sang ».

Ne feignons plus alors de nous étonner sans pour autant nous émouvoir de la forte déréliction, la douloureuse détresse. Celles de tout une cohorte sacrifiée, naufragée, outragée et bafouée. En l’indifférence totale, l’artifice, la superficialité. Sachons lui redonner espoir. Pour que tout jeune, « inestimable trésor de notre monde » ait l’imprescriptible droit à un avenir, sa destinée. Par l’instauration d’une véritable praxis en faveur des juniors-95. Le jugement que portent les observateurs étrangers sur notre jeunesse, son éducation, la façon dont elle est traitée est bien plus objectif, significatif, révélateur que le nôtre. Par le recul, la distanciation et les moindres passions enflammées qu’il implique.

Nous avons intérêt à tenir compte du monde, à l’écouter au lieu de nous replier sur nous-mêmes ! Ainsi l’avis de J. Ardagh (1928-2008), journaliste, intellectuel britannique, excellent spécialiste de la France durant un demi-siècle. (J. Ardagh, La France au nouveau siècle, VII – Réforme de l’Éducation, essai d’analyse sociologique, France, 2000)-96. Il nous dépeint une jeunesse française dépassionnée, avide de qualifications, massivement scolarisée, confrontée aux difficultés de l’emploi. Le scolaire l’emporte sur le culturel. Le dilemme éducatif est alors de moderniser sans « déchoir ». L’excessive centralisation « tue » les réformes.

Les structures ont certes évolué mais non la pédagogie. L’académisme l’emporte toujours sur l’éclosion des esprits. L’enseignement est « déductif et rhétorique », sans réelles interactivités maîtres-élèves. En ces conditions les milieux sociaux les moins « favorisés » s’excluent toujours d’eux-mêmes. Conformismes, théorisations, non-créativité prédominent sans vocation professionnelle en la majorité des cursus malgré certains progrès. Au lycée la filière générale scientifique S « pavoise » de la façon la plus insolente et indécente. Elle enfonce de son très lourd poids hégémonique toutes les autres-97.

L’universalisation du baccalauréat n’a pas été gage de meilleure formation, préparation de la jeunesse aux études supérieures, à l’emploi. Les filières technologiques, professionnelles du secondaire sont toujours des plus dévaluées, dévalorisées en regard des classiques cursus généraux. L’apprentissage demeure insuffisant, en marge malgré des nets progrès. L’éducation exclusivement scolaire gagnerait à être plus globale. L’école française ne donne pas assez aux jeunes le sens des responsabilités, ne leur en confie guère et s’en défie. La démocratie scolaire n’est que « parodique ». Les élèves ne participent en rien à l’essentiel de leur vie de scolarisés alors qu’ils en sont en théorie les majeurs acteurs.

Cela génère « égocentrisme, manque de conscience civique, naturelle défiance envers les autorités ». En un contexte de crise sociale, économique les violences de toutes sortes ont naturellement fini par franchir les portes de l’institution scolaire. L’université française « se meurt » de l’enflure démesurée, mal gérée de ses pléthoriques effectifs étudiants, du pathétique délabrement de ses locaux. De son endémique manque de moyens matériels et son sous-encadrement professoral. De l’indétermination des objectifs de ses enseignements. Elle finira « cyanosée » faute de soins.

Les études secondaires n’ont en rien préparé les étudiants universitaires aux échéances, enjeux qui les attendent pourtant. Beaucoup sont « perdus » en premiers cycles, sans aide aucune et échouent. Ainsi périclite le « branlant édifice universitaire » de ce pays. Solitudes, dépressions, précarités économiques signent la détresse de nombreux étudiants déracinés, livrés à eux-mêmes, fort perturbés. Abandons, « engorgements » sont l’infamante marque d’une « faillite » annoncée. Cette lamentable gabegie est le ferment de nombre d’incalculables dommages pour toute la nation.

Cependant les filières professionnalisées de l’enseignement supérieur scolaire et universitaire progressent. Toutefois de façon scandaleusement limitée. La vie sociale, communautaire des étudiants français est généralement bien plus pauvre que celle des homologues occidentaux. Notamment des cultures scandinave, anglo-américaine, germanique. Faute d’équipements collectifs plus adéquats de vie de campus, manifestations collectives juvéniles catégorielles. Suffisamment structurantes, fédératrices. Alors apathies et désabusements transparaissent très massivement. Aux dépens de nombreux juniors !

Le jeune « hexagonal » est sceptique, passif. L’obsession est celle des examens, concours, recherches d’emploi. Les estudiantines insouciance, joie de vivre d’autrefois semblent avoir été dissoutes par les urticantes aspérités d’une époque trop « maussade », sinistrée. Notre tradition, y compris chez les plus jeunes s’oppose au « collectif, à l’organisé ». L’on préfère toujours se rassurer en restant en son « petit cercle restreint » d’amis sûrs. Plutôt que de se « risquer » à se confronter à des inconnus, seraient-ils jeunes, étudiants eux aussi. Même au prix de se priver de telles ouvertures, tant de mutuels enrichissements. Chacun « reste en son coin quitte à en crever ». Les élitistes, malthusiens monopoles des Grandes écoles ont pu jadis vivifier le pays.

Ils ont surtout figé les blocages, fermetures, limitations, frilosités, archaïsmes, conservatismes qui « vitrifient » le pays. Notre jeunesse française est décrite comme « renfermée, pessimiste ». La transe de l’exclusion la taraude sans nul répit en une obsessionnelle sinistrose. Elle ne croit plus en rien, se méfie de tout. Cette aigre déflagration morale dépasse les simples questions d’insertion professionnelle, peurs de déclassement. La famille rassure, retrouve quelque peu de son aura jadis ternie. Ni laborieux entrepreneurs ou conquérants ni révolutionnaires enragés ou mystiques nos juniors se font attentistes par leurs « métaphysiques angoisses ». Les « fulminantes addictions anesthésiantes » servent à cette génération vaincue de « psychologiques béquilles ». Illusoires, comme impuissantes.

« Plus qu’en Grande-Bretagne les jeunes Français se sentent incompris par ceux qui les gouvernent. Leurs racines et leur famille les sécurisent. […]. Il n’est plus question de changer la société en son ensemble mais de faire ce que l’on peut à son échelle. […]. Le sentiment dominant reste l’isolement. […]. La quête de l’épanouissement personnel, spirituel, culturel ou purement hédoniste qui imprègne l’ensemble de la société française est particulièrement forte chez les jeunes. […].

Ils ont gagné une liberté respectée par leurs parents, comme leurs enseignants mais y ont perdu une direction morale, comme un cadre solide. Ils ne peuvent se fier aux valeurs d’un monde incertain, cherchent les leurs propres et se replient beaucoup sur eux-mêmes. Sont-ils aussi engourdis que l’on veut bien le dire ? Parlez donc à ces jeunes, vous sentirez une force latente, un potentiel encore intact. Ils sont lucides et réalistes. Conscients des folies passées et méfiants à l’égard des faux espoirs. La jeunesse est un acteur talentueux qui patiente en coulisses ».

(J. Ardagh, op. cit., France, 2000)-98. Cinq immenses « universaux psychologiques » sont inhérents au « genre juvénile ». Ils constituent de fondamentaux besoins, attentes et réalités incontournables des juniors. Que la société adulte se doit de mieux garantir, respecter. Ce sont les « cinq axes » à mettre en œuvre pour notre jeunesse. Il s’agit des désirs d’expérimentation-action, encouragement-renforcement, de récompense-gratification, reconnaissance-considération, d’amour-réconfort. Nous rejoignons le sociologue français contemporain de la jeunesse M. Fize. Il établit sept besoins de l’adolescent, l’adolescence.

Ceux de confiance, dialogue, sécurité, responsabilité, d’autonomie, affection, espoir. (M. Fize, L’adolescent est une personne, essai psychosociologique, France, 2006)-99. Ces indépassables droits psychiques du jeune, de la jeunesse sont généralement bien peu et trop insuffisamment ou très mal réalisés. Cela provient essentiellement du fait que l’adulte n’envisage prioritairement toute chose que sous le seul « prisme » exclusif de ses propres raisonnements, points de vue, conceptions. En vérité ses intérêts aussi ! Tout pouvoir par essence tend à se suffire à lui-même et se perpétuer par sa seule force brute d’inertie.

La spécifique vision du junior est bien trop souvent ignorée, minorée, travestie. Malentendus, blocages, incompréhensions sont alors le point d’achoppement, de cassure d’une véritable « guérilla intergénérationnelle ». Le jeune a fort besoin d’expérimenter, de faire par lui-même en toute liberté pour se construire. Cela lui permet de connaître ses limites, capacités, rectifier ses choix en fonction de ses erreurs, échecs, réussites. Or, bien trop souvent il n’en a pas vraiment la possibilité puisque notre monde moderne est avant tout constitué d’une régulation préétablie.

L’adulte a tendance à imposer ses schémas tout faits sous prétexte qu’il sait, que le jeune est trop « ignorant ». Cela conduit ce dernier à l’inexpérience, aux découragements, à l’exclusion à la fois subie et voulue. Il est donc impératif que tout junior ait dès son plus jeune âge la possibilité d’accomplir ses propres essais pour grandir. Même infructueux ils sont inséparables du développement humain, les véritables « bonnes leçons » étant tirées-100. Tout jeune nécessite d’être encouragé, renforcé. Ses efforts, succès reconnus, appréciés comme tels lui donnent le sens, le goût de l’ascèse, comme du dépassement de soi pour s’accomplir.

Cela l’incite à toujours poursuivre fort ardemment vers le mieux. De même ses échecs, erreurs non stigmatisés et condamnés sans appel mais éclairés par le conseil pour mieux faire plus tard amènent à la persévérance, la ténacité sans renonciation. Or, notre société exige des juniors trop ou trop peu, ne reconnaît que fort parcimonieusement leurs mérites par purs préjugés, intolérance, envie et jalousie. Alors le jeune perd toute confiance en lui, autrui, tout sens de l’effort. Puisque quoi qu’il fasse l’indifférence, l’hostilité prédominent.

Le moindre échec ou l’insuffisance minime du jeune sont très sévèrement stigmatisés alors que les réussites sont minorées, ignorées. Il s’agit de l’inciter à donner le meilleur de lui-même en saluant tous ses progrès sans complaisance ni tiédeur. Le junior requiert d’être récompensé, gratifié à la mesure non seulement de ses résultats mais également de ses efforts bien réels. De fait les jeunes sont très inégaux devant le succès. En fonction de nombreux paramètres. L’obligation de résultat ne peut pas faire oublier l’obligation de moyens. Le parallélisme effort-labeur / récompense-gratification est capital à cet âge. Le sens du juste et de l’injuste y prédomine.

Le positif donné et reçu ne saurait y être considéré ni intégré de la même façon que le négatif et l’inexistant. La société adulte éprouve maintes difficultés à « mettre en cohérence », équilibre ce schéma pourtant fondamental. Elle surqualifie ou sous-évalue le positif, comme le négatif ou encore gratifie le négatif, rejette le positif. Les jeunes sont alors dépourvus de toute échelle de saine valeur et d’évaluation équilibrée. Ils sombrent en un nihilisme des plus nocifs puisque « le bien, comme le mal » sont remplacés en leur esprit désorienté par « le bon et le mauvais ».

Il s’agit que toute sanction positive ou négative de l’adulte à l’égard du junior soit évaluée à bon escient. Sans nulles laxistes démagogies ni rigorisme obtus. Le jeune a l’impératif d’être reconnu et considéré. Il lui est impossible de bien mûrir et de devenir un adulte acceptable, accompli sans bénéficier d’une pleine et entière existence au présent. Faute de liens psychoaffectifs, éducatifs idoines, le jeune peut « succomber au pire »-101. La réussite d’une « étape » de jeunesse épanouie conditionne l’équilibre futur. Lui fournissant les éléments d’assurance et de plénitude qui lui seront nécessaires.

Or, le monde adulte refuse de reconnaître la jeunesse comme une qualité et un temps de vie à part entière. Elle n’est pas considérée ès qualité en tant que telle or, comme virtuelle valeur hypothétique future une fois l’adultisme atteint. En ces conditions la réciproque est fort avérée. Non reconnus par leur société les juniors ne la cautionnent pas davantage. Ils se sentent déliés de tout devoir et toute obédience à son encontre. Puisqu’ils sont rejetés à la périphérie sociale en un moratoire d’attente de plus en plus long.

Cela génère des rancœurs, tensions et dépressions juvéniles graves et pernicieuses pour l’ensemble du corps social. Il s’agit de reconnaître l’état de jeunesse comme temps de vie à part entière, non à part. Par le respect, l’accueil de tous ses aspects existentiels. « Ni pestiféré ni subversif » le jeune fait bel et bien partie intégrante de sa société en égale dignité. Avec les « mêmes » droits / devoirs toutes proportions gardées que ses aînés adultes. En authentique humain plein et entier-102.

Ce qui n’exclut naturellement pas la vraie prééminence éducative et de responsabilité de l’adulte sur le junior. Nos cadets aspirent à être aimés, réconfortés. Les jeunes en dérive sont toujours avant tout des juniors victimes de graves privations ou déprivations affectives. Ce qui génère fort immanquablement des carences, souffrances psychiques puis sociales. Pour exister, être en plénitude, réussir sa vie actuelle, à venir tout jeune a besoin de se sentir, se savoir « important et unique » en regard d’autrui. Particulièrement pour son plus proche entourage parental, familial, amoureux, amical, social.

Cela passe prioritairement par la gratification affective. Malheureusement les jeunes vivent tous en un monde affectivement hypercarencé. Qui privilégie de dommageable manière d’hédonistes valeurs matérialistes, utilitaristes, consuméristes, d’intérêt, de pouvoirs… Les juniors en souffrent cruellement. De fort injuste façon l’empathie, la compassion, la congruence dont ils ont tant besoin leur sont interdites. Nuls alternative, échappatoire, équilibre ne leur sont loisibles. Il s’agit de revenir à des valeurs de vie plus saines, épanouissantes pour notre jeunesse et la société entière. Seule l’acceptation de soi, l’autre en sa différence, seul le sentiment d’amour gratuit, reçu, donné sont susceptibles de rendre pleinement, authentiquement heureux.

Il s’agit d’approcher au plus près le « mystère juvénile », de comprendre précisément ce qu’est véritablement l’AndroJeunologie® (2003). Notre propos sera alors « synthétisé » en deux doubles tomes et « thèmes » principaux. Constituant les deux composantes de notre analyse. Réflexion générale d’(Andro)JeunoScience®. Il s’agit des très concrètes réalités et données (andro)Jeunologiques contemporaines. (Tome I). De l’apport pratique du mentoring d’AndroJeunoConseil®. (Tome II). En cet objectif et concernant le « fait juvénile » nous nous inspirerons du Pentagramme de Ginger©, (France, 1981) déjà évoqué. Lequel concerne donc la quintuple essence de l’être humain.

Anatomique-cognitive, les corporels et sanitaires marquages des jeunes : le corps physique pubertaire du junior, sa santé psychosomatique. Les états psychologiques et de personnalité propres du jeune : la psychologie du junior, la notion de « crise » psychique juvénile. Psychoaffective-relationnelle, les conceptions d’attachement sentimental de la néogénération : la famille, les affects des juniors. Les processus de sociabilité, marginalisation des préadultes : les liens sociaux juvéniles, les jeunes en particulière difficulté. Matérielle-d’ouverture au monde, les évaluations de niveau de vie socioéconomique et les planétaires situations des juniors : les modes de vie et de consommation de la jeunesse, comme les comparaisons internationales des juvénilités du monde. (Tome I, Volume I-1).

Les fondamentaux constitutifs d’analyses anthropologiques de la néogénération : l’histoire, la philosophie de la jeunesse. Sociale-organisationnelle, les fluctuations éducatives, d’emploi de la jeunesse : les études, les défis professionnels du junior. Les priorités récréatives et culturelles pour nos cadets : les loisirs ludiques, festifs et la culture juvéniles. Idéologique-d’encadrement, les conditionnements moraux, légaux de la nouvelle génération : ses valeurs, ses engagements spécifiques.

La réglementation juridique de la minorité et les entreprises collectives en faveur du junior : le-s droit-s des mineurs, les politiques publiques de Jeunesse. (Tome I, Volume I-2). Il ne s’agit pas d’une vaine prosopopée abstraite évoquant d’ « imaginaires juniors malgré eux ». (Le Malade imaginaire, 1673 / Le Médecin malgré lui, 1666, théâtre de comédie, France). Pour paraphraser Molière. (Auteur théâtral, France, 1622-1673). Or, d’une vivante évocation de la juvénilité de chair et de sang telle qu’en elle-même. D’ici et d’ailleurs. D’autrefois, de ce temps, de l’avenir.

« […]. Ces enfants sont sans mère. Plus de mère au logis ! – Le père est bien loin !… – Une vieille servante alors en a pris soin. Les petits sont tout seuls en la maison glacée ; […]. – La chambre des parents est bien vide aujourd’hui : Aucun reflet vermeil sous la porte n’a lui ; Il n’est point de parents, de foyer, de clefs prises : Partant, point de baisers, point de douces surprises ! Oh ! Que le Jour de l’An sera triste pour eux ! – Tout pensifs tandis que de leurs grands yeux bleus, Silencieusement tombe une larme amère, Ils murmurent : « Quand donc reviendra notre mère ? » […] »-103-1.

(A. Rimbaud, poète français, Les Étrennes des orphelins, œuvre littéraire poétique, France, 1870). Ces superbes vers, les premiers de Rimbaud, (France, 1854-1891), écrits à quinze ans (1869) reflètent sa douleur d’un père absent, d’une mère trop dure. Éternel spleen familial de tant de jeunes livrés à eux-mêmes ! Les juniors seront en cet ouvrage systématiquement et méthodiquement étudiés sous un triple aspect. Les individuels spécificités, parcours. Les liens interpersonnels. Les mécanismes collectifs et institutionnels.

Cela permettra et vivifiera une réflexion transversale et pluridisciplinaire des plus globales. Pour mieux comprendre encore les « vrais moteurs juvéniles fondamentaux » contemporains. La méthode de travail retenue recoupe alors trois dimensions capitales. Un minutieux inventaire des profondes données du terrain juvénile. En descriptives approches constatives. Un commentaire très approfondi des réussites, des dysfonctionnements surtout concernant les spécificités de la jeunesse.

En explicative, analytique visée. Des propositions de progression pour améliorer le sort de tous nos jeunes d’un point de vue individuel, comme collectif. En démarche consultative, prescriptive. Trois cercles concentriques seront abordés. Le premier a trait aux caractéristiques les plus intimes, proches des jeunes comme l’amitié. Le deuxième cercle est celui des paramètres qui concernent le junior de façon plus « extérieure » à lui-même telle l’école.

Le troisième inventorie des sphères encore plus « lointaines » pour le jeune or, qui ont des incidences sur lui. Par exemple les évolutions majeures de la société en laquelle il vit. Le raisonnement sera déductif et inductif. Nous irons du général au particulier, du particulier au général. Alors en dépit des restrictifs aléas qui peuvent frapper tout junior l’AndroJeunologie® apparaîtra utilement, clairement loin de tout déterminisme rigide préétabli.

En une épistémologie d’innovante approche concluante pour notre jeunesse. Les juniors seront révélés en leur libre contingence flamboyante. Nous appelant à renforcer sans relâche les prolégomènes, « eschatologiques » fondements de cette véritable « Science du Jeune et de la Jeunesse ». Pragmatique mentoring / conseil spécifique des quinze – vingt-quatre ans masculins. Exégèse revisitée et téléologique heuristique de cette nouvelle génération du vingt-et-unième siècle. Nature personnelle et commune identité de la juvénilité. Existentiels réalisation et cheminement de la néogénération. Telle sera la trame de notre « taxinomique » pensée sur les contemporaines réalités jeunologiques… Tant il est vrai, que :

« La jeunesse montre l’homme comme le matin montre le jour ».

(J. Milton, poète, 1608-1674, Le Paradis perdu, poème, Angleterre, 1667)-103-2.

« La liberté nouvelle dévolue au jeune est à cet égard peut être une chance mais elle est à coup sûr une épreuve. L’épreuve de soi à l’issue de laquelle l’on se trouve seul responsable de ses propres échecs. Les tensions entre la culture jeune et la culture scolaire reflètent la difficulté que représente pour les jeunes la tâche de se rapprocher de l’âge adulte. Tout en s’éloignant du monde adulte. Il leur faut concilier les deux exigences de l’expression de soi dans le monde des pairs et de la performance. En un univers éducatif obéissant aux critères de réussite fixés par les adultes »-104.

(É. Deschavanne, P.-H. Tavoillot, philosophes français contemporains, Philosophie des âges de la vie, essai sociophilosophique, France, 2007). De fait le défi à relever par le junior est tout à la fois de bien s’épanouir en choisissant d’existentiels vecteurs typiquement juvéniles notamment récréatifs. Tout en étant en pleine obligation de se conformer à d’adultes « normes de vie » préétablies pour « grandir », bien s’intégrer en société. C’est ce double moteur ontogénique indépassable qui guide tout jeune en notre contemporain Occident. Ce double « cheminement » de nos cadets qui peut sembler contradictoire sinon inconciliable est fort malaisé, incertain.

La plupart y survivent tant bien que mal quand tant d’autres s’y abîment « corps et âmes ». Le fondamental questionnement du junior est d’abord métaphysique. Que faire de son terrestre parcours, quel sens donner à sa vie et quelle « trace » laisser lors de son trépas ? Si éternelles interrogations, infinies souffrances et plénitudes de la nouvelle génération d’hier, d’aujourd’hui, comme de demain. Patient fil conducteur de notre (andro)Jeunologique réflexion :

Relever Votre Défi Jeune !


 

 

Philippe Bosquier dont le père, Charles, possède et dirige un lycée-internat très huppé de garçons échoue à son bachot. Nous sommes à la veille de « Mai-1968 ». Ses résultats aux épreuves d’anglais ont été particulièrement mauvais. Le paternel, chef d’établissement veut alors l’expédier en Angleterre pour l’aider à mieux maîtriser la langue shakespearienne. Dans la famille Mac Farrell. La jeune fille de la famille britannique, Shirley, ira quant à elle en France chez les Bosquier. En un mutuel échange linguistique. Or, Philippe a bien d’autres projets de vacances estivales : naviguer sur la Seine en voilier. Quant à Shirley, sitôt arrivée en France elle sème l’émoi parmi les pensionnaires encore présents, « dissipe » quelque peu le très sage frère cadet de Philippe, Gérard.

Philippe envoie à sa place en Angleterre un condisciple que cela intéresse, Stéphane Michonnet. Ce dernier se fera passer pour le fils Bosquier. Philippe part en douce faire sa croisière nautique comme convenu. L’un de ses amis, Bargin, « collé », non prévu est alors appelé à se joindre à l’équipage pour ses talents de mécano. Shirley Mac Farrell qui en a assez du colérique autoritarisme de son hôte, Bosquier père, fugue de l’internat ainsi que Bargin, ils rejoignent l’équipée sur l’eau. Philippe et Shirley tombent amoureux avant que celle-ci ne comprenne qu’il est le fils aîné Bosquier. L’irascible père du garçon fera tout pour arrêter net leur croisière. Puis empêcher avec le père de Shirley le « mariage clandestin » des jeunes amoureux en fuite.


 

 

Telle est la trame de la comédie cinématographique française de J. Girault (1924-1982) : Les Grandes Vacances, sortie fin 1967-105. Depuis surtout cette époque les juniors se conforment bien plus à ce qu’ils veulent eux-mêmes qu’à ce que souhaitent pour eux les adultes. Comme tous les jeunes protagonistes du film le démontrent à l’envi. D’autant plus encore aujourd’hui sur le mode compensatoire à un temps fort difficile et défavorable à la néogénération.

Une famille atomisée. Des études et une école aléatoires et rebutantes. Un emploi peu accessible et peu épanouissant. Des liens humains et affectifs même aux pairs souvent perturbés. Des loisirs décevants et des idéaux quasi « introuvables ». Une désespérante crise morale et civilisationnelle qui touche tout particulièrement tous les juniors… À défaut également de néogénérationnelle « prise de relais » suffisante, suffisamment précoce et satisfaisante. Pour autant, qu’aucun jeune n’abdique jamais sa pleine et entière allégresse car :

« Nul ne pourra lui ravir sa joie ».

(Jean, apôtre, Moyen-Orient, Ier s., Évangile néotestamentaire, de Jean, XVI, 22, La Bible, Moyen-Orient, Ier s.). Les jeunes sont particulièrement touchants, attachants car plus que les autres ils ont soif de bonheur, d’amour, de réussite de vie. Ce dont sont souvent incapables les adultes aînés. En un pays, la France, un peuple « frappés de difficultés de toutes sortes ». En une inadéquate configuration fort peu appropriée, adaptée aux vrais grands enjeux prioritaires de l’existence et du temps. Aux « pires dépens » de notre jeunesse dès lors que bassesses, inintelligences l’emportent sur l’authentique noblesse, la dignité et l’élévation d’âme.

Quelle navrante contre-exemplarité pour la nouvelle génération ! La jeunesse est le délicat temps du « fracas et de la fureur »-106. Nous, adultes, nous devons donc d’être pour nos juniors habiles « manœuvriers » et vigies très attentives. Tels gabiers de hune et beaupré du navire éducatif en leur nid-de-pie, bâbord et tribord. En « axiologique ontologie d’exemplarité ».

Tout en faisant bien prendre conscience à la néogénération qu’aucun providentiel « Deus ex machina » extérieur ne viendra la « sauver » malgré elle. Qu’elle devra fort avant tout résolument compter sur elle-même de l’intérieur pour accomplir sa pleine destinée humaine et terrestre. Non pas « ex nihilo » pour autant ! Notre société mondiale, surtout occidentale produit de plus en plus une juvénilité malheureuse et déséquilibrée. Par ses graves fautes, carences à l’égard de notre jeunesse. Comme le « drame de Newtown » aux États-Unis l’a démontré de façon tragique fin 2012.

Quand un garçon de vingt ans solitaire, désocialisé en vient à assassiner « de sang froid » vingt jeunes enfants en leur école primaire. Ainsi qu’une demi-douzaine d’adultes dont sa propre mère ! À son ex-école d’enfant. Notons la symbolique consciente ou non du nombre de petits tués. Un par année de vie du meurtrier qui s’est donné la mort après son sinistre forfait par armes de guerre. Méditons gravement sur ce que « nous faisons de nos descendants en leur spécifique ethos » et agissons ! Ainsi l’AndroJeunologie® se veut-elle donc réflexion d’(Andro)JeunoScience® théorique et mentoring d’AndroJeunoConseil® pratique.


 

 

La jeunesse est une phase passionnante d’ouverture au monde

L’on n’est pas forcément rongé par l’angoisse et la colère

L’on a envie d’être soi, indépendant, d’affirmer ses différences


 

Alaric, dix-sept ans107


 

 


I-1


 

 

« LA NATURE PERSONNELLE, L’IDENTITÉ COMMUNE »

DE VOTRE (ANDRO)JEUNESSE


 

 

La jeunesse est le temps

Où il faut choisir entre vivre et mourir


 

H. Aggoune

Écrivain, France, 1973-


 

Quelle nuit sommes-nous ?

Œuvre littéraire poétique, France, 2005


 

 

La jeunesse africaine, américaine, asiatique

Européenne, océanienne

Danse au rythme d’une même musique


 

Y. Khadra

Écrivain, Algérie, 1955-


 

Interview

Entretien littéraire

Evene.fr, France, 2006


 

 

Votre réalité physique et mentale de jeune concerne vos « spécificités » anatomiques et sanitaires. Le corps pubertaire et la santé psychosomatique de votre juvénilité. Votre appréhension rationnelle cognitivo-émotivo-comportementale de jeune évoque votre construction psychique, de personnalité. Psychologie et notion de supposée « crise » psychologique juvéniles. Votre sphère psychoaffective, relationnelle de jeune a trait à votre conception sentimentale, d’attachement. Familiale, amicale, amoureuse, sexuelle.

Elle est aussi en rapport avec vos processus spécifiques de sociabilités et marginalisations. Votre intégration sociale juvénile, l’attention à vous, jeunes les plus « défavorisés ». Jeune maltraité ou en danger, souffrant de handicaps lourds de santé, en précarité socioéconomique, violent et délinquant. Pour terminer, le champ matériel, d’ouverture au monde néogénérationnel groupe les évaluations du niveau de vie, la réalité internationale de votre jeunesse. Vos consommation, types de vie juvéniles et les comparatifs de la « compétition » mondiale entre vous, juniors.


 

 

La jeunesse n’est pas seulement une période importante de la vie

Mais c’est la seule période où l’on puisse parler de vie

Au plein sens du terme.


 

M. Houellebecq

Écrivain français contemporain


 

Extension du domaine de la lutte

Œuvre littéraire psychologique

France, 1994)-108.


 

 

Une « crise du sens de la vie » ? (D. Le Breton, sociologue français). Il n’y a pas de « crise de juvénilité » au sens psychique du terme. Or, assurément plutôt une interrogation morale existentielle des plus aiguës, voire douloureuse de notre jeunesse. Une spécifique métaphysique juvénile qui questionne tout junior et « fait sens » quant au sort du vivant. La pleine destinée de l’Homme. Le propre devenir du « soi junior ». La trace laissée lors du bref passage terrestre, comme après. Le don de soi, l’amour pour soi-même et autrui… Ce qui « hisse l’Homme au-dessus de sa primitive animalité et éclaire sa pleine humanité » !


 

 


1


VOTRE INTÉGRITÉ PSYCHOSOMATIQUE


 

Vos Physiologie / Santé

D’(Andro)Jeune


 

 

Le corps humain

Est le tombeau des dieux


 

É.-A. Chartier dit Alain

Philosophe, France, 1868-1951


 

Système des Beaux-Arts

Œuvre philosophique, France, 1920


 

 

La santé dépend plus

Des précautions que des médecins


 

J.-B. Bossuet

Prélat, écrivain, France, 1627-1704


 

 

Vous, jeune, acquérez un corps tout neuf d’adulte. Vous réalisez une nouvelle donne physiopsychique, véritable « transsubstantiation pubertaire » qui change votre vie. Où en est votre santé de junior français ? Certains facteurs contribuent à votre altération sanitaire. Il s’agit donc de favoriser votre bonne santé juvénile par vos prévention, dissuasion, soin et suivi de jeune.


 

 

Il y a deux millions d’années l’Homo erectus africain devient adulte pleinement développé dès l’âge de douze ans. Soit une dizaine d’années plus tôt que notre Homo sapiens actuel. Le « temps réel » d’adolescence n’existerait chez les hominidés que depuis cinq cent mille ans. En 1984 est découvert au Kenya près du lac Turkana le squelette le plus complet de l’espèce Homo ergaster ou de celle de l’Homo erectus. Tout y est sauf les mains, les pieds. L’état de conservation est maximal.

Il s’agit d’un jeune mâle par la forme du bassin de dix à douze ans environ équivalant à un jeune actuel de vingt ans. Il « daterait » de 1,6 million d’années. Le volume de la boîte crânienne est de 880 cm3 contre 1350 pour les jeunes adultes actuels. Turkana Boy est le plus vieil adolescent humain trouvé ! Lointain ancêtre des jeunes terriens contemporains. Son allure reconstituée n’est pas si éloignée de celle de ses pairs juvéniles du vingt-et-unième siècle. Il est capable de marche bipède rapide. Il est chasseur.

Sa sociabilité est développée. Il sait fabriquer des outils. Le garçon de Turkana est apte à décoder les expressions du visage, comme du langage corporel. Contrairement à ses ancêtres il est doué d’empathie même s’il ne connaît encore nulle capacité d’expression orale, verbale. L’australopithèque Lucy, (Éthiopie, 1974), vingt ans est deux fois plus ancienne ! En évolution humaine rien n’est jamais acquis face à l’incertaine réalité terrestre ! Le progrès n’est pas continu, peut être réversible et sujet à nettes régressions. L’histoire de l’humanité le démontre fort. Outre que biomatériel il ne vaut que s’il est tout autant psychomoral et intellectuel, tout comme spirituel et des valeurs ! La bonne santé est psychosomatique et tout autant sociale et axiologique en ontologique et ontogénique harmonie.


 

 

Plus vous enrichirez le sens de votre vie, nourrirez des espoirs réalistes

Plus vous vivrez de façon authentique, serez résilients aux épreuves

Assumerez plus facilement la responsabilité de votre existence


 

N. Sarrasin

Auteur contemporain

En développement personnel, Canada


 

 


VOTRE JUVÉNILE

[ « RÉVOLUTION PSYCHOPUBERTAIRE » ]


 

 

Votre « machinerie pubertaire » de jeunesse est une « révolution éclair » neuronale, génétique et endocrinienne drastique. Elle est de nature à vous bouleverser et perturber, jeune. Lequel devez ainsi « composer » avec une nouvelle identité psychocorporelle particulière. Cette nouvelle configuration de type adulte implique surtout pour vous un changement extrêmement positif et empli de latitudes prometteuses. En particulier concernant l’assurance, la force physique, la séduction et la sexualité. Ainsi l’ « enfant chrysalide devient-il adolescent puis adulte papillon ».


 

 

Juno MacGuff, seize ans est une jeune fille délurée mais incertaine. Sa rencontre avec un jeune garçon de son âge, Paulie Bleeker « se solde » par une grossesse non désirée. Elle songe d’abord à avorter puis décide de chercher des parents adoptifs pour son bébé. Elle trouve un jeune couple « en quête » d’enfant qui lui semble parfait à ce sujet. Juno accouche d’un fils. La maman adoptive « prend en charge » le petit. Juno qui s’éloignait de Paulie, plus amoureux qu’elle finit par se rapprocher de lui. Tous deux donneront libre cours à un amour qui n’avait commencé que par une sexualité d’adhésion et de sentiment pour le garçon. De désœuvrement et « par défaut » pour Juno. Telle est l’intrigue de l’œuvre de cinéma Juno. (J. Reitman, réalisateur canadien contemporain, romance dramatique de cinéma canado-américaine, 2007)-109.

La puberté advenue implique fertilité, grossesses possibles. Malgré l’accessibilité accrue aux modes contraceptifs, de trop nombreuses jeunes filles continuent en France à être enceintes de façon « accidentelle ». Notamment chez les mineures. Les avortements, à être encore trop nombreux. Peu gardent leur enfant, ce qui poserait un problème pour des filles-mères si jeunes. Peu également le confient à l’adoption comme dans le film précité.

Il s’agit donc d’inciter les jeunes des deux sexes à mieux et plus user de moyens contraceptifs « adéquats ». Raison pour laquelle en France les contraceptifs sont gratuits pour les mineures dès quinze ans. La nécessaire lutte contre le Sida, les Ist / Mst ne saurait occulter l’impérative limitation des grossesses non désirées chez les jeunes. Contraception, comme préservatifs sont à promouvoir pour limiter les avortements juvéniles.


 

 


– Mécaniques Ontogéniques –

De Votre Puberté de Jeunesse


 

 

Puberté est un terme datant du quatorzième siècle qui vient du « latin pubertas. Passage de l’enfance à l’adolescence. Ensemble de modifications physiologiques s’accompagnant de modifications psychiques. Qui font de l’enfant un être apte à procréer – avec apparition des caractères sexuels dits secondaires, des règles – »-110. Puberté, signes de puberté se manifestent aussi par des poils, du duvet et de la barbe. Puberté est un terme également issu de « pubesco, pubescere. Se couvrir de poils, devenir pubère et entrer en adolescence ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-110 bis.


 

 

La puberté est le phénomène biopsychique qui fait passer tout jeune humain de l’enfance à l’adultisme et du corps et de l’esprit via l’adolescence. Tout jeune est avant tout soumis aux lois physiques de son anatomie adulte toute neuve en pleine construction puis achevée. Ce corps qu’il faut bien « habiter » devient une « machine » dotée de tous ses attributs définitifs. Dont l’on entend bien user de toutes les « fonctionnalités, les options » si nouvelles pour exister pleinement. À une inédite ère de vie prometteuse-111. L’ « adopuberté » est tout aussi physique que psychique.

Le corps adolescent connaît un drastique parachèvement neuronal, génétique, endocrinien remarquable. Entre douze et vingt-quatre ans le cerveau des jeunes, leur capital génétique et endocrinien vivent une inédite mutation bouleversante. Les neurosciences, la génétique, l’endocrinologie juvéniles sont loin d’en avoir à ce jour « inventorié » toutes les facettes et implications-112. La nutrition, l’activité physique, sportive jouent aussi un rôle déterminant en matière anatomique et pubertaire du jeune.

Un manuel de géographie humaine des années 1940 nous montre la photographie de deux jeunes chinois de quinze ans côte à côte. Au sortir du Second Conflit mondial (1939-1945). L’un, fort dénutri, petit, rachitique paraît être un enfant de dix ans à peine. Son compagnon du même âge bien nourri, grand, bien bâti, développé le dépasse largement « d’une bonne tête ». Il paraît être un jeune adulte de vingt ans. Chez nous l’abondance nutritionnelle ne doit jamais en faire oublier toute l’importance qualitative, gustative et sanitaire.

Tous ces facteurs génèrent de forts retentissements psychophysiques. Un remaniement somatopsychique s’ensuit chez le jeune. Les métamorphoses du corps, de la taille plus ou moins « satisfaisantes » aux yeux du junior ainsi que d’un strict point de vue médical comptent beaucoup à ses yeux. Bien souvent les filles ont plutôt tendance à se juger trop « grosses » et veulent « faire régime ». Les garçons se trouvent trop petits, trop maigres, songent aux sports, à la musculation pour « s’étoffer ». Tout en espérant grandir encore.

La puberté « fabrique » une anatomie adulte aboutie, remaniée. Avec tous ses accords, ratés concernant l’évolution du corps, de la stature atteinte. Croissances et capacités physiques atteignent leur optimum. La taille moyenne des jeunes occidentaux ne cesse de croître. Du fait notamment d’une alimentation plus riche, variée, équilibrée, d’activités physiques, sportives plus fréquentes et poussées que par le passé. L’on peut véritablement dire que la puberté condition biologique de l’adolescence est une « révolution totale » de la physiologie juvénile.

Elle active l’hypothalamus, l’hypophyse, les gonades. Cette gigantesque déstructuration- restructuration est comme la santé de triple essence. Biologique, psychique, sociale. Avec différenciations en sa dimension historique, géographique et personnelle. Il y a allongement statural, acquisition des attributs sexuels primaires et secondaires. La fécondité devient donc possible. La puberté est alors un phénomène nerveux, neuronal, endocrinien, hormonal. Elle débute à la fin de la première décennie de vie pour les filles. Au début de la deuxième pour les garçons. Ce qui était endormi, quasi en latence lors de l’enfance s’active sous l’effet des mécanismes pubertaires actifs. Testostérone et testicules masculins, œstrogènes et ovaires féminins se développent.

Depuis plus d’un siècle les progrès sanitaires, nutritionnels, les métissages génétiques poussés de la « globalisation » ont contribué à l’accroissement de la taille, du poids des individus pubères. Notamment adolescents. À un « avancement » de la puberté. Particulièrement concernant les premières menstruations. Certains auteurs relèvent que ces dernières seraient plus précoces aujourd’hui qu’au dix-neuvième siècle. Toutefois elles interviennent au même âge de nos jours en Occident qu’à l’Antiquité gréco-romaine. Les conditions de vie étant meilleures qu’à l’ère industrielle d’avant 1914. (Cloutier et al., 2008, 2015). Les chercheurs notent les incidences négatives d’une puberté prématurée ou retardataire pour les jeunes concernés.

Il est plus facile, harmonieux pour ces derniers de connaître la même chronologie pubertaire que celle de la plupart des jeunes. Il semblerait que les filles pubères avant les autres pourraient connaître des dysfonctionnements psychosociaux. Une précocité pubertaire masculine serait bénéfique car valorisante par les attributs forts impliqués. Elle pourrait aussi générer des troubles adaptatifs. De même en cas de retard-113. « Il fait semblant de se plaindre – d’être « couvé » – mais en vérité il adore cela. Ce poussin devine qu’il va bientôt perdre son duvet et il a pris conscience qu’il vit les derniers moments de son enfance.

Ce n’est qu’un petit coq jouant le fier mais toujours en demande de baisers ». Ainsi est décrit en une fiction romanesque française, Disparitions – Retour aux sources, (D. Convard, J. Mazeau, écrivains, 2008), Andreu. Jeune garçon de quinze ans en pleine puberté-114. Il s’agit de pointer l’ « ambivalence » des jeunes consistant à rejeter tous les extrêmes affectifs. Les attachements « trop forts » notamment provenant des adultes, tout autant que l’indifférence totale à leur égard. Un besoin pubertaire irrépressible, tout à la fois de liberté, d’autonomie, d’indépendance. De marques de tendresse, compréhension, comme d’adhésion pour bien et mieux « grandir » en toute sécurité psychoaffective, comme morale.

Chez tout adolescent les bouleversements biopsychiques, psychophysiologiques sont très spectaculaires et radicaux. Le sommeil est perturbé. Le corps humain vit alors sur le mode alternatif veille / sommeil, régulé par une horloge interne. Le tout centralisé dans le cerveau, là où se trouve le noyau suprachiasmatique dit « Nsc ». Il s’agit d’un ensemble de dix mille neurones de la taille d’une petite bille dans l’hypothalamus, fixé à la base du cerveau. Cette zone réagit à la lumière et à la mélatonine secrétée dans le cerveau. Également au stress, au milieu, aux codes sociaux. À la tombée de la nuit le Nsc adresse à la glande pinéale, à la base dudit cerveau un signal donnant l’envoi des sécrétions de la mélatonine. Ces dernières appellent le sommeil une ou deux heures plus tard. À l’adolescence la mélatonine croît vers vingt-trois heures. Le sommeil vient une, deux heures après. Ce qui perturbe.

À la puberté l’horloge biologique est décalée et compromet le sommeil entre vingt-et-une heures et vingt-deux ou vingt-trois heures et minuit. Des causes hormonales, neurologiques, psychologiques, sociales perturbent donc le sommeil adolescent. Alors à sept heures du matin au réveil le jeune a l’impression d’être réveillé en pleine nuit. Au moins deux heures avant d’être en pleine possession de ses moyens psychophysiques. Ce n’est qu’à partir des débuts de la vingtaine que le junior redevient capable de se coucher, lever plus tôt.

La fin de la croissance osseuse signe la fin de la puberté à seize ans pour les filles, dix-huit pour les garçons. De même la fin du « sommeil décalé » pourrait marquer la fin de l’adolescence. L’enfant prend des risques inconscients généralement peu étendus. L’adulte assume des risques conscients et calculés. Ceux des adolescents sont élevés, non calculés ni évalués mais physiquement forts et hédonistes. De façon compulsive, inquiète. Le jeune veut en toute excitation éprouver ses ultimes limites et celles d’autrui-115. Ce qui « passe ou casse » !

Le cerveau adolescent est programmé pour être réinitialisé-116. Le siège des émotions, de la motivation est mis à jour. Le cerveau humain adulte achevé, nanti de ses cent milliards de neurones n’est pas complet vers dix / douze ans au début de la puberté. Pas davantage à la fin vers les seize ou dix-huit. Plutôt autour des vingt-cinq ans à la pleine maturité adulte débutante. Avant l’adolescence les lobes temporaux, comme pariétaux s’étaient développés en premier. Cela concernait les fonctions élémentaires, motrices sensorielles, puis celles de l’orientation spatiale, la parole, l’attention.

À l’adolescence évolue le lobe frontal et celui de l’anticipation, de la coordination, de l’empathie, la compassion et la congruence. Du contrôle, de l’évaluation et de l’organisation. C’est-à-dire de la raison, du lien social, de la régulation émotionnelle. De même chez le rat, le singe-117. Ceci démontre l’absurdité, la nocivité pour les jeunes de penser pour eux que l’éducation s’achève à la fin de l’enfance, à douze ans ! Que les treize – vingt-quatre ans n’ont plus besoin d’accompagnement adulte. Alors qu’ils en ont plus que jamais la grande nécessité pour devenir adultes accomplis. (Levisalles, 2009).

En 1962, le pédiatre endocrinologue britannique J. Mourilyan Tanner (1920-2010) élabore une « classification clinique » de la puberté adolescente. En cinq stades successifs référents encore de nos jours. Par une échelle qui porte son nom. Au stade I, il y a absence de pilosité pubienne chez les deux sexes. Un fin duvet couvre la zone génitale des garçons. Chez ces derniers, testicules, scrotum, pénis sont de taille prépubère. La fille n’a pas de seins. Il peut y avoir une élévation du mamelon, l’aréole est fort petite et plate. Au stade II, quelques poils légèrement pigmentés, droits et allongés vont apparaître généralement à la base du pénis masculin. Quelques poils longs pigmentés poussent sur le pourtour des grandes lèvres des filles.

Il y a croissance du scrotum et des testicules, peau scrotale plus rouge, augmentation du volume du pénis du garçon. Chez la fille l’on observe l’apparition du bourgeon mammaire. Le mamelon et l’aréole augmentent de diamètre et sont légèrement bombés. Au stade III, Les poils pubiens masculins sont bien visibles, pigmentés, bouclés, étalés latéralement. Il y a augmentation de la pigmentation des poils pubiens féminins, lesquels commencent à friser, n’occupent qu’une toute petite partie du pubis. Il y a forte croissance du pénis en longueur. Allongement du scrotum et augmentation du volume testiculaire masculin. Les bourgeons mammaires, l’aréole des filles continuent de s’élargir. Le contour des seins n’est pas dessiné.

Au stade IV, la pilosité des garçons est de type adulte, plus dense. Les poils pubiens des filles continuent de friser, deviennent bien plus drus, la pilosité est plus fournie. Le volume testiculaire et le scrotum des garçons continuent d’augmenter, la pigmentation du scrotum est plus marquée. Le pénis continue de grandir, le contour du gland devient plus visible. Il y a projection antérieure de l’aréole et du mamelon chez les filles, ce qui forme une seconde protubérance. Au stade V, la pilosité adulte s’étend sur toute la surface interne des cuisses des garçons. La pilosité des filles de type adulte en triangle s’étend sur les surfaces internes des cuisses. Les testicules, le scrotum et le pénis atteignent leur taille et leur forme adultes masculines. La protubérance aréolaire féminine disparaît, le mamelon continue de saillir et l’anatomie est de type adulte. Telle est la puberté sexuelle primaire-118. (J. M. Tanner, pédiatre britannique, 1920-2010, Growth at Adolescence, La croissance à l’adolescence, essai médical, Royaume-Uni, 1962).

Il existe des caractéristiques morphologiques, sexuelles pubertaires secondaires. Chez le garçon la taille moyenne est bien plus grande que chez la fille. Il y a un plus grand volume thoracique. Les mains et les pieds sont plus développés. Les os du squelette sont bien plus épais. La pilosité est plus marquée sur le torse et l’abdomen ainsi que sur le visage : barbe et moustache. La peau masculine est bien plus épaisse et plus rude que la peau féminine. L’accumulation des tissus adipeux s’observe principalement autour de l’abdomen, la taille. La capacité musculaire est supérieure. La pomme d’Adam est plus marquée, la tessiture de voix plus grave. Chez la fille la taille moyenne est plus basse que celle des garçons.

Le bassin est plus large que les épaules et le rapport taille-hanche est plus faible. La pilosité faciale et corporelle est moindre. La croissance des cheveux est plus rapide. Le grain de peau plus fin. La distribution du tissu adipeux est davantage répartie sur la surface du corps. Il y a accumulations dans la zone des fesses, des cuisses, des hanches. Les seins sont développés et les glandes mammaires sont fonctionnelles. Sans compter les grandes différences psychiques, affectives, cognitives, émotionnelles et comportementales entre les sexes-119. Ce qui fait qu’à âges égaux les jeunes des deux sexes n’ont pas que des similitudes. Or, comme à l’enfance ou l’âge adulte des dissemblances psychophysiques. (Tanner, 1962).


 

 

En son beau roman littéraire Hygiène de l’assassin, (France, 1992), A. Nothomb, (Auteure belge contemporaine) reprend le mythe d’Orphée et d’Eurydice. L’idéal d’androgynie, l’amour sacrifié de la mythologie antique grecque. Prétextat, un jeune de dix-sept ans décide avec sa cousine Léopoldine, quinze ans que « le premier à devenir pubère » sera tué par l’autre. Parvenant femme, la jeune fille est alors étranglée par le garçon. La puberté est ici, assimilée comme par certains juniors à une « impureté ».

Telle la quête d’un parfait idéal asexué, seule l’androgynie étant considérée comme désirable « modèle » adolescent acceptable. En véritable appel d’absolu spirituel de décorporation, désexualisation, d’immatérialité-120. En vérité, la puberté n’est-elle pas fondamentalement « l’adolescence faite chair et esprit » ? Tout cela éclaire la juvénile ambivalence toujours partagée entre farouche pudeur et trivialité crue ! Fascination pour les pires obscénités et aspiration à l’épurement, l’absolu et la désincarnation.


 

 


– Anatomiques Portées Positives, Délicates –

Pour Vous, Junior


 

 

Votre accroissement physique pondéral, de stature, musculaire et de capacités physiques de jeune pubère implique pour vous un « rapport de force » bouleversé. Plus affermi, en votre faveur, par rapport à vos pairs, aux adultes. Cela est comparable au passage du petit enfant de l’horizontalité de la progression « à quatre pattes », à la verticalité de la marche debout. Dans les deux cas la vision du monde en est radicalement élargie, changée !

Quelles sont les finalités avérées de votre puberté juvénile harmonieuse ? Le parachèvement d’un corps pleinement adulte. Un renforcement psychique personnel. La capacité à donner la vie à son tour. Ces objectifs sont atteints chez la plupart d’entre-vous, jeune. Ils sont la marque décisive de votre jeunesse « réussie », d’un adultisme « sans encombre » assumé. Peut-on alors concevoir une véritable « éducation à la puberté » faite pour vous, junior concerné ?


 

 

Familiariser les jeunes avec tous les mécanismes des changements psychocorporels. Leur apprendre à bien les vivre, les favoriser. Les aider à bien entretenir leur corps adulte. Tout ceci en serait les principaux éléments souhaitables nécessaires. Pour mieux accompagner l’adolescence sur le chemin adulte. Cette véritable « éducation à la puberté » serait utile aux juniors concernés. Cela leur servirait à mieux se re/connaître, s’accepter, grandir. Pour être mieux en mesure d’affronter les défis adultes qui ne manqueront pas de jalonner leur vie humaine. Ce grand « chambardement corporel » interpelle, interroge psychologiquement le jeune.

Sur sa pleine identité « matérialisée » profonde, son enveloppe charnelle « recréée ». L’importance sociale de l’apparence physique pour les juniors n’est jamais négligeable. L’adolescent a changé de corps, de capacités physiques, cela ne va pas sans remaniements personnels psychiques plus ou moins aisés. Or, rien de tout cela n’est véritablement assez bien expliqué, enseigné aux jeunes qui le vivent. Nombre d’entre eux se tourmentent alors inutilement faute d’information suffisante. L’on ne ressent mieux que ce que l’on comprend bien ! Or, l’information adéquate disponible fait souvent défaut pour nombre de jeunes-121.

Il serait bon qu’un enseignement spécifique ait lieu au collège en classes de sixième et cinquième. Exclusivement consacré à l’étude approfondie, l’appréhension des mécanismes pubertaires, physiologiques, psychiques. Ainsi qu’à la « bonne gestion » de tout ce que cela implique pour le nouvel adolescent. D’un point de vue personnel, relationnel ou social. Cela l’aiderait à mieux s’accepter, accepter les autres, en particulier tous ses semblables. Mieux s’épanouir, mieux réussir ses études, tout ce qui concerne sa vie. Les jeunes se soucient de leur apparence physique notamment par rapport à celle de leurs pairs. À un âge de besoin, de désir, de conformation à des critères jugés valorisants par la classe d’âge des alter ego.

Il importe de se sentir « valorisé » dans le regard des autres, le sien propre. Par un physique acceptable, de même que par le vêtement. Les filles se doivent d’être jolies, minces et bien faites. Les garçons, grands, musclés, virils. La « grande souffrance adolescente » est de se sentir coupé des autres par une différence, une dévaluation, un retard non acceptés. Ces changements impliquent aussi pour l’adolescent une sexualisation tout à la fois réjouissante et si inquiétante. De même la bonne compréhension et la gestion adéquate de la maturation sexuelle sont des plus lacunaires en France. Ce qui entretient encore tabous et mal-être !

Les bouleversements hormonaux de la puberté peuvent-ils régir les attitudes, mentalités juvéniles ? Ainsi la testostérone induirait-elle en certaines mesures et occurrences des états de domination. Des rapports de force, de prouesses physiques et sportives, popularité et réussite sociale. De garçons adolescents à taux d’hormone sexuelle mâle plus élevé que chez d’autres jeunes. L’état d’esprit des adolescents est plus changeant, extrême, déprimé surtout pour les filles que celui des autres humains. De façon surtout pessimiste mais aussi constructive.

Aux aspects biopubertaires s’ajoutent nombre de causalités, difficultés d’ordre sociopsychique. Ces dernières ont aussi des conséquences hormonales. Il va de soi que l’aspect physique extérieur visible importe au premier chef en matière d’influence sociale, de réputation propre. La représentation particulière que chaque adolescent se donne de sa plastique anatomique pubertaire, comme postpubertaire est capitale. L’opinion des pairs sur l’enveloppe corporelle est des plus déterminantes. Pour le meilleur et pire. (Cloutier et al., 2008, 2015).

Cela conditionne au plus haut point l’estime, l’acceptation de soi, la confiance, l’affirmation de sa personne. À une époque de grande survalorisation du corps. D’imposition de normes anatomiques stéréotypées, marketing ou idéales pour les deux sexes. De bouleversements de l’adolescence, de recherche d’identité et d’adhésions d’autrui. Les médias imposent une modélisation parfaite et incitent fortement à s’y conformer ! Conseils et directives à l’appui. Cela ne peut qu’accroître plus encore les frustrations surtout chez les filles.

Les proches, les pairs sont aussi vecteurs normatifs pour les juniors en terme d’apparence physique. Les compliments en la matière renforcent l’ego, les blâmes le desservent. Si son corps convient au jeune il sera plus épanoui que l’inverse. Ne pas aimer son corps amène à ne pas s’aimer soi. À penser aussi que les autres ne l’aimeront pas davantage. Avec toutes les souffrances imaginables. Tout cela peut entraîner les pires dérives, abus. La plupart des adolescentes occidentales veulent être très / trop minces. La majorité des garçons optent pour une anatomie développée. Souvent les filles se trouvent trop « rondes », les garçons trop « malingres ».

En outre la perfection corporelle d’image est étroitement corrélée à la réussite, la félicité, la supériorité socioculturelle. Généralement les garçons sont plus satisfaits de leur physique, de son attractivité que les filles. La mécanique pubertaire renforce l’adhésion des garçons à leur nouvelle enveloppe charnelle. À l’opposé, elle tracasse fort les filles quant à celle-ci. La société a inculqué aux filles l’idée que leur esthétique corporelle est bien leur atout premier. Que les garçons se doivent de s’imposer par leur respectable carrure.

Pour tous l’excès de poids est stigmatisé comme indigne. Symbole de laisser-aller, d’incapacité à maîtriser non seulement sa personne mais sa vie même. Toutefois les insuffisances pondérales sont tout autant nocives pour la santé. Attention aux troubles du comportement alimentaire, aux abus, comme au déficit d’activités sportives, physiques ! L’obsession corporelle abusive fragilise l’individu face à lui-même, autrui. Plus de détachement, distanciation rendent bien plus serein et imperméable aux diktats sociaux. Il s’agit de ne pas nier d’autres atouts de la personnalité. En temps où prime négativement la matérialité aux dépens de l’esprit-122.


 

 


– Vos Morphologie, Sexualisation –

Organisme Différentiels Juvéniles


 

 

Il convient de parfaire, parachever votre éducation, vos connaissances en la matière. Pour mieux comprendre les réalités de votre corps, de vos besoins physiologiques, de votre identité de genre masculin et féminin. Vos désirs, vos rapports à l’autre sexe et vous familiariser avec votre propre incarnation corporelle. D’autant plus que ces différences anatomiques, pubertaires entre juniors d’âges différents, filles et garçons, ont un « impact » psychologique, social majeur. Dont vous, jeune, vous devez de mieux prendre conscience.


 

 

Juniors d’âges différents, garçons et filles ne connaissent pas des modalités identiques d’évolution pubertaire physique. En moyenne la puberté féminine intervient entre dix et quatorze ans. La puberté masculine entre douze et seize ans. Avec possible croissance jusqu’à vingt ans environ. Des points de convergences et divergences sont alors observables. Entre treize et seize ans l’essentiel de la puberté, de la croissance est achevé. La postpuberté des dix-sept – vingt ans parachève la « finition » du corps juvénile. Les vingt-et-un – vingt-quatre ans acquièrent une pleine anatomie adulte-123.

L’on distingue le corps prépubertaire des dix-douze ans. Pubertaire des treize-seize ans. Mature des dix-sept – vingt ans. Croissances masculine et féminine adolescentes diffèrent. Les critères pubertaires juvéniles différentiels d’environnement ont trait à l’hérédité, aux milieux socioéconomiques, parcours, personnalités, éducation, études, localisations géographiques urbaine, périurbaine ou rurale des juniors. L’influence induite sur la puberté adolescente est réelle. Nous évoquons ces « facteurs » liés aux milieux, aux conditions de vie car s’ils sont favorables ils conditionnent de bonnes évolutions pubertaires.

Au contraire si ces critères sociaux sont néfastes ils contrarient la puberté des adolescents concernés. Les comparatifs internationaux des processus pubertaires des jeunes d’Occident laissent entrevoir des différences et similitudes physiologiques. En Amérique du Nord, Europe septentrionale de l’Ouest, du Sud, de l’Est. En outre des variations existent entre les processus pubertaires du passé récent bien plus tardifs, lents et ceux d’aujourd’hui plutôt plus précoces et rapides.

Les différences étaient plus grandes il y a par exemple un siècle. Du fait d’un plus grand écart entre les différents modes de vie, d’éducation, d’alimentation. Ainsi la puberté était-elle plus précoce en Europe du Nord qu’au Sud. De même avec les progrès de l’hygiène de vie, des conditions générales d’existence la puberté adolescente intervient en moyenne plus tôt aujourd’hui. S’accomplit plus rapidement que notamment sous le Second Empire (France, 1852-1870).

Ces dernières décennies un rapprochement et une uniformisation socioéconomiques relatifs s’étant opérés les pubertés s’harmonisent également. Qu’est-ce qu’un jeune à aboutissement pubertaire et corporel satisfaisant ? Les critères sont somatiques, métabolico-hormonaux et psychiques. La puberté, nous l’avons dit peut intervenir en avance, de façon normale, sur le mode retardataire. S’effectuer en de bonnes conditions ou avec difficulté-124. Les avances, retards, ratés de l’évolution pubertaire ne concernent qu’une minorité de jeunes-125.

La sexualisation dite primaire permet la reproduction de plein exercice. Ovarisation féminine et éjaculation masculine. La sexualisation qualifiée de secondaire distingue l’aspect général mâle et femelle. Pour le premier, taille adulte de l’appareil génital, poils pubiens, corporels, barbe de la maturité. Mue vocale. Croissance en taille, membres, tronc achevée vers dix-huit ans. Pour la seconde, seins adultes, poils pubiens ou corporels définitifs et équipement génital adulte. Menstruations, croissance du squelette jusque vers seize ans. Pour les deux sexes le poids augmente nettement jusqu’à atteindre les normes adultes.

Muscles, tissus, os se développent. La génétique, le milieu environnemental ou l’hygiène de vie notamment alimentaire éclairent la dissociation pubertaire entre les différents individus et les sexes-126. Assurément l’adolescent dit pubère est un être fort « hybride ». Ni enfant ni adulte car jeune homme ou jeune fille. Tout autant aussi mi-enfant, mi-adulte, « enfant grandi » et « adulte en devenir ». Également encore enfant par certains aspects et déjà adulte par d’autres. Qui participe encore de l’enfance par exemple avec le goût du sucre. Comme déjà de l’adultisme marqué avec des comportements matures telle la sexualité dite active. (Cloutier et al., 2008, 2015).

En matière de développement pubertaire adolescent les neurosciences ont accompli depuis deux décennies de grandes avancées décisives passionnantes. L’adolescence est la phase fondamentale en laquelle le « capital neuronal » opérationnel se remanie, se structure, se spécialise. Ce constat est des plus récents. Jusqu’au début des années 1990 neurologues et psychiatres tiennent pour acquis que le développement cérébral est achevé à la puberté. Si le corps de l’adolescent était en mutation, son cerveau était pensé comme étant déjà celui d’un adulte.

Le paradoxe était que des conduites immatures dans les faits pouvaient être le fruit d’un néocortex réputé quant à lui parfaitement à maturité. Cela était alors expliqué par des raisons psychiques. L’on estimait que la réalité si spécifique du jeune d’un point de vue physiologique, mental, social ne lui permettait pas de posséder un comportement pondéré. Celui que son équipement neuronal censé être mûri aurait dû lui impartir. Or, il s’avère, bonne nouvelle que le cerveau des adolescents n’est pas plus « abouti » que leur corps. Il y a donc logique, concordance, cohérence, non déphasage incompréhensible néfaste.

Ce qui nous fait bien mieux comprendre les fondements, raisons des mœurs, mentalités, comportements des juniors. Ce progrès scientifique doit beaucoup au neurologue, biologiste et psychiatre américain J. Giedd. Ainsi qu’à l’imagerie médicale par résonance magnétique ou Irm. Depuis les débuts des années 1990 ce chercheur de l’ « Institut national de la Santé mentale » de Bethesda dans le Maryland, (États-Unis) explore le cerveau adolescent par Irm. Sans effets nocifs ni invasifs l’on obtient une « cartographie » en trois dimensions meilleure qu’une simple coupe anatomique.

Cela permet de visualiser les structures cérébrales, les différentes aires du cerveau, la répartition, la densité des tissus neuronaux. Cela de façon répétée, évolutive, sur la durée ce qui autorise de suivre les « mutations » d’un même sujet observé. La maturation du cerveau de l’adolescent passe par une diminution de la densité de matière grise qui induit comme un remaniement des connexions inutiles. Jusque vers vingt-cinq ans. Les zones liées aux fonctions élémentaires mûrissent en premier, le cortex frontal ultérieurement. Toutes les aires du cerveau de l’adolescent sont tour à tour concernées. Le cortex préfrontal, les lobes pariétal, occipital, temporal et le cervelet. De façon progressive.

Le cortex préfrontal est la zone la plus aboutie du cerveau humain. Il a un rôle décisif en matière de stratégie, de planification, décision. C’est le vecteur de la réflexion, la pensée et l’abstraction. L’amygdale en forme d’amande est le siège de la conscience, du ressenti, des peurs, des dangers, stimuli vitaux pour la survie. Le corps calleux est disposé entre les deux hémisphères du cerveau. Il est constitué de fibres qui relient les cortex et les deux lobes frontaux, pariétaux, occipitaux. Les noyaux du thalamus sont les relais directs de toutes les informations sensitives transmises en les zones même du cortex.

Ils gèrent le contrôle du mouvement et la régulation des émotions. Le cervelet régule les fonctions motrices. Il est le vecteur de l’habilité gestuelle et mentale. À l’adolescence la densité de la matière grise varie beaucoup, augmente puis diminue progressivement. Les connexions inutiles s’éliminent ou disparaissent. La perte de la matière grise réduit alors le nombre des connexions mais les restantes deviennent plus rapides. À quinze ans il y a plus de latitudes qu’à trente mais le jeune adulte bénéficie de connexions bien plus rapides pour les activités développées par lui.

À l’adolescence le lobe frontal, celui de la planification, la stratégie, l’organisation, l’attention et la concentration n’est pas achevé. Raison pour laquelle les jeunes n’ont pas la capacité de rigueur, raison, structuration des adultes. Le cervelet conditionne fort l’agilité corporelle, intellectuelle. Il n’est jamais achevé avant le début de la vingtaine. Ce qui pourrait expliquer certaines maladresses adolescentes. La génétique joue un rôle dans l’évolution cérébrale en matière de différenciation des sexes. Les filles sont trois à quatre fois moins exposées que les garçons à des pathologies débutant à la jeunesse. Difficulté d’apprentissage, psychoses, schizophrénie, autisme, hyperactivité. Syndrome Gilles de la Tourette : troubles neurologiques à mouvements, sons vocaux irrépressibles.

Le cerveau des filles mûrit un an plus tôt que celui des garçons. En outre les hormones sexuelles qui pullulent à l’adolescence agissent dans le système limbique du cerveau, le centre émotionnel type. D’où l’émotivité extrême de cet âge. Les sensations sont intenses et frénétiquement recherchées. Plaisirs, désirs, envies sont à leur zénith. Alors que toutes les zones neuronales qui pourraient limiter les attitudes à risques, impulsives ne sont pas encore « à maturité ». Contrairement à l’adulte. Ce qui fait que l’adolescent vit tout à la fois si intensément et dangereusement. Du fait des évolutions sociales, sociétales les filles ne deviennent en moyenne pleinement autonomes que vers vingt-deux ans, les garçons vingt-cinq. Surtout après trente ans pour tous. (Pracontal, 2005)-127.

Les jeunes mâles ne sont pas jeunes femelles et réciproquement. Évidence certes or, qui prend toute son importance à l’adolescence. En 2000, 555 garçons mineurs sont condamnés pour crimes et 25 filles mineures. 34 022 jeunes mineurs de sexe masculin sont condamnés pour délits et 3 244 filles mineures. En 1999, 64,7 pour cent des licences universitaires sont délivrées à des filles, 35,3 pour cent à des garçons. Au début de notre siècle en France 86 pour cent des crimes et délits le sont par des hommes.

Le sexe masculin dit fort est en réalité nettement bien plus faible, fragile, inconstant, dépendant, malade que celui du sexe féminin dit faible. Ainsi les nourrissons garçons réclament-ils, ont-ils bien plus besoin de marques d’affection, de tendresse, de réconfort que leurs semblables filles. Notamment de la part de leur mère. Les garçons construisent leur identité sociale sur les transgressions et les prises de risques. Ce qui donne plus d’accidents de la route, de déviances, d’addictions toxicomaniaques, de violences que chez les filles. Les garçons sont bien plus agressifs.

Ils sont aussi moins bons élèves et réussissent moins bien leur scolarité que les filles. En moyenne ces dernières font désormais « plus et mieux » d’études que les garçons. Alors qu’elles sont moins bien payées et traitées en l’emploi professionnel que les garçons. Un garçon sur trois n’atteindra jamais la classe de quatrième de collège. Contre une fille sur cinq seulement. Sur cent jeunes quarante-deux filles ont leur bac pour trente-deux garçons.

Pour cent garçons arrivés en quatrième sans redoublement antérieur il y a cent seize filles en ce cas. Aux tests de détection d’illettrisme des ex-Journées d’Appel de Préparation à la Défense, parmi ceux qui ont fait entre seize et vingt fautes 85 pour cent sont des garçons. En 1900, il y a 624 étudiantes de l’enseignement supérieur en France. Plus d’un demi-million et quatre-vingt mille filles de plus à l’université que de garçons en 2000. Dans la morbidité enfantine il y a soixante-dix garçons, trente filles. Plus du double en moyenne !

À la conception il y a plus d’embryons mâles que femelles. Or, le masculin est bien plus vulnérable. Pour cent vingt conceptions de mâles ne vont naître que cent cinq garçons. À la naissance une fille est l’équivalent physiologique d’un garçon de quatre à six semaines. Les garçons ont un grand mal à verbaliser leurs émotions, blessures, peines. Cela s’aggrave à l’adolescence. Ce qui est un handicap car la société valorise les communications verbales. Alors que les jeunes garçons privilégient fort l’échange physique pour s’imposer, se renforcer. Deux écoles s’affrontent au sujet de ces faiblesses, vulnérabilités masculines.

La première, plutôt américaine, biologique privilégie les dominantes hormonales, comme neuronales des garçons. Ainsi la testostérone masculine favoriserait l’aisance mathématique alors que les œstrogènes féminins renforceraient plutôt l’aisance verbale. La seconde, française, comme sociologique met l’accent sur une répartition préalable des « rôles sociaux » entre les deux sexes. Les adultes notamment éducateurs s’adressent, exigent différemment selon que le jeune est garçon ou fille. Les juniors pour s’intégrer au mieux se conforment à ce strict schéma différentiel sexué préétabli. Des plus rigides ! Ce qui nuit à leur épanouissement.

Les qualités généralement attendues d’un garçon adolescent sont le dynamisme, l’habileté, l’ambition et le sens de l’effort. Pour les filles ce sont le sens de la famille, le « charme », le sens moral, le dévouement à autrui. À la maison les garçons sont encore élevés en « petits rois » à libre initiative encouragée et les filles en « icônes soumises » conformistes. Alors à l’école les garçons sont dissipés, rebelles et brouillons, les filles plus appliquées, ordonnées et tenaces. Les filles ont bien plus, tendance à travailler, réussir, les garçons à s’amuser et échouer.

Or, les enseignants « attendent » toujours scolairement plus des garçons que des filles et les stimulent plus. Les jeunes mâles finissent donc par l’emporter à l’école, comme dans l’emploi. Alors les garçons ricanent, baguenaudent, finissent par triompher car ils ont pleine conscience que le monde leur appartient. Quasi « de droit divin ». Que le meilleur leur est de ce fait dévolu comme mâles. Que les meilleures filières leur reviendront quoi qu’il arrive puisque les filles s’en détourneront d’elles-mêmes. Ainsi les filles se sous-estimeront généralement quand les « jeunes coqs » auront toujours eux tendance à se surestimer !

Comme si chaque sexe avait préalablement et plus ou moins consciemment entériné et intégré les canons réputés prédévolus au genre sexué. Les garçons oseront donc opter pour les plus sélectives formations quand les filles y renonceront par doutes sur leurs capacités à y accéder, réussir. Parents, professeurs, adultes, société et jeunes par favorable préjugé androcentrique et misogynie défavorable vont « en ce sens ». Dans une étude des parents estiment que 70 pour cent de leurs propres fils seront certainement « capables » d’obtenir un baccalauréat scientifique. Contre seulement 45 pour cent de leurs filles. Alors les garçons finissent par monopoliser les meilleurs diplômes, les formations d’excellence car la société attend d’eux cette réussite-128.

Les filles beaucoup moins car l’on exige moins d’elles cet idéal académique-129. Les attentes parentales, scolaires, sociétales concernent la réussite, comme l’ambition de carrière, sociale, professionnelle des garçons. Elles sont infiniment supérieures et exigeantes que pour celles des filles. Neurobiologie et psychosociologie se combinent, se complètent donc bel et bien pour expliquer tout le différentiel de genre sexué des jeunes. Un retard des garçons, une avance des filles aux débuts de l’adolescence. L’inverse à la fin de l’adolescence, à l’âge de la majorité, du bac. Bien plus encore à l’issue de la jeunesse proprement dite vers vingt-cinq ans, la fin d’études, les débuts de vie active. (Lanez, 2002)-130.

Le mal-être des filles adolescentes s’exprime notamment par des troubles intériorisés du comportement alimentaire. En un obsessionnel « culte du corps féminin » mal appréhendé. Le malaise des garçons adolescents se révèle dans les toxicomanies, conduites à risques, comportements violents extériorisés. Les filles sont plus suicidantes, les garçons suicidés. Le rapport au corps, à l’identité sexuelle diffère fort selon le sexe. Les psychanalystes évoquent une réactivation de l’angoisse de castration chez le garçon, du désir de pénis chez la fille-131. Le jeune n’est pas toujours à l’aise avec son sexe ni avec celui d’autrui similaire ou non. Une vraie éducation psychoaffective s’impose au collège et de réalisation de soi au lycée !

Pour tout jeune qu’il soit garçon ou fille le lien développé tant à son père qu’à sa mère est capital. Pour autant nous observons en notre pratique à quel point le rapport père-fils, mère-fille, c’est-à-dire entre enfants, parents de même sexe est crucial, « stratégique ». Sans nier pour autant l’importance de la relation père-fille, mère-fils nous souhaitons ici mettre l’accent sur le face-à-face père-fils. Lors de la petite enfance le nourrisson des deux sexes noue une dualité très privilégiée avec sa mère, « première interlocutrice » par excellence.

À la jeunesse le junior a besoin de s’identifier au parent de même sexe pour grandir tout en prenant ses distances. Le lien père-fils interpelle puisque d’une part il y a une crise de la masculinité, la paternité, l’adultisme mâle en Occident. De l’autre un fort déficit d’identité et d’identification au père, au masculin chez les garçons. G. Corneau, psychanalyste canadien, 1951-2017, le démontre en son livre : Père manquant, fils manqué – Que sont les hommes devenus ? (Livre de psychologie, Canada, 1989). L’Occident passe depuis la décennie 1970 d’une civilisation de type patriarcal à une société de nature matriarcale.

En 1970, notre Code civil marque très symboliquement le fait en remplaçant la puissance paternelle par l’autorité parentale. L’homme chef de famille, pater familias « tout puissant » s’efface devant la « mère-pivot ». Les femmes « masculinisées » travaillent, n’ont plus besoin des finances du conjoint ce qui leur donne liberté, autonomie à son égard. Elles maîtrisent leur fécondité par la contraception, peuvent élever leurs enfants seules. Elles occupent plus de place, responsabilités en société. Leur ascendant sur la progéniture l’emporte sur celui des pères. L’homme « féminisé » se trouve désemparé, desservi par la crise de l’autorité, la hiérarchie verticale, la virilité.

Au profit de la féminité, la maternité, l’affectivité, la douceur du consensus horizontal rassurant. Le temps n’est plus au « dressage » mais au sentiment. De plus en plus de couples se séparent. En ce cas les enfants vivent pour la plupart avec leur mère, voient peu leur père. Même s’il n’y a nulle absence physique la distance psychoaffective prédomine souvent entre pères et fils. Ces pères n’ont pas « appris » de leur propre père à aimer, ne savent exprimer leurs sentiments à leurs garçons. Ces derniers en souffrent ce qui nuit notamment à leur rapport amoureux à l’autre sexe, amical avec leurs semblables.

Ces garçons de treize – vingt-quatre ans pâtissent de l’absence de « lien réussi » avec le masculin adulte notamment paternel. Faute de structuration-identification possible. Ces jeunes mâles sont surtout « confrontés » au féminin : mères, enseignantes, médecins, psys, juges… Toutes professions féminisées. Absents par le corps, l’esprit les pères semblent indifférents, hostiles, incompréhensifs, inaffectifs à l’égard de fils frustrés d’amour, agressifs. Trop durs ou complaisants, autoritaires ou démissionnaires. De plus en plus de jeunes hommes ont du mal à s’épanouir, aimer, devenir adultes du fait de lien raté au père. Ils désespèrent de ne pas se sentir compris, reconnus, encouragés, valorisés, réconfortés, motivés, aimés. Par des pères « inconsistants », insaisissables, indisponibles, mutiques qui ne valent pas mieux que les pères impitoyables du passé. L’amitié des pairs du même sexe ne suffit pas.

L’amour de l’ascendant masculin comme père, homme, adulte est impératif pour le descendant mâle. Il s’agit pour ces pères de « réinvestir » leurs garçons à l’âge délicat de la jeunesse. Pour ces fils « se réapproprier » leur géniteur. Cela évitera la souffrance de tant de garçons « en deuil » du père. Ces pères doivent parler à leurs fils, s’intéresser à eux, partager des activités, centres d’intérêt, leur témoigner leur affection. Les fils pourront mieux se confier, être soutenus, vivre.

Oui, les jeunes mâles humains ont encore besoin de leur père ! Les jeunes hommes sont donc de plus en plus nombreux à être « handicapés ». Souffrir de l’absence de pères, d’adultes éducateurs masculins solides, structurants. Cela nuisant à leur maturation, équilibre, affectivité. Les jeunes mâles ont une espérance de vie moindre que celle des filles. Ils sont plus instables, connaissent plus de suicides, morts violentes, d’accidents, d’échecs scolaires, de déviances. 85 pour cent de la délinquance juvénile est masculine.

Qu’en est-il des filles ? Autre sexe, autre problématique ? De façon paradoxale il semble que les jeunes femelles globalement vivent des tourments bien plus aigus encore que leurs homologues masculins. Toutes les études scientifiques démontrent qu’en moyenne les filles de treize – vingt-quatre ans se plaignent plus de troubles divers de santé psychique et somatique. Elles tentent trois fois plus que les garçons d’attenter à leurs jours. Elles ont plus de pensées suicidaires, de déprimes et de dépressions. Elles sont plus solitaires, insatisfaites de leur vie, ont plus d’états d’âme. Elles consultent plus en médecine générale, spécialisée et psychothérapie.

Elles ingèrent plus de médication notamment psychotrope : somnifères, tranquillisants. Leurs modes relationnels : familiaux, amicaux, affectifs, sociaux sont vécus de façon bien plus malaisée, compliquée, frustrante, conflictuelle. Le lien au corps est moins bien vécu. Les filles sont plus mécontentes de leur anatomie. Elles ont une plus mauvaise image d’elles-mêmes, des difficultés d’identité. Elles se trouvent trop grosses. Leur alimentation pose problème. Elles sont trop dépendantes du nourrissage. Les troubles du comportement alimentaire : anorexies, boulimies, grignotages et régimes sont surtout féminins. Leur pensée est plus compliquée, complexe, « torturée », pessimiste, négative, défaitiste. Elles sont plus perturbées et « mal dans leur peau », sexe, sexualité. Il y a un réel « malaise juvénile féminin » en France.

Pourquoi en notre pays la jeune « Aphrodite » semble-t-elle encore « plus mal en point » que l’éphèbe « Apollon » ? Il y a certes les raisons personnelles, individuelles et celles tenant à la « nature féminine » elle-même, jeune comme adulte. Or, elles sont surtout socioculturelles : conjoncturelles et structurelles. La personnalité, la physiologie féminines notamment juvéniles sont plus complexes que celles des garçons. Pour schématiser nous pourrions dire qu’en caractérologie les filles seraient plutôt plus souvent EnaS, émotives, non actives, secondaires. Or, les garçons volontiers nEaP, non émotifs, actifs, primaires. Même si toutes les nuances s’observent pour les deux sexes « au cas par cas ». Il ne s’agit que d’une hypothèse d’école.

Ce qui pourrait expliquer plus de troubles psychosomatiques féminins. Surtout de même que notre jeunesse souffre plus que d’autres en Occident, les jeunes filles françaises sont plus « complexées » chez nous qu’en d’autres nations similaires. Malgré des progrès en égalité des sexes depuis déjà quatre décennies. À l’image de la femme adulte face à l’homme, la fille reste inféodée au garçon en pays latin. Elle doit servir, séduire. Tout ou presque la discrimine, défavorise. Dès l’enfance le petit garçon sait donc qu’il sera « le roi du monde » et la petite fille « éternel personnage second ». Cela est imposé dans l’éducation et la culture. Aussi sûrement que les classes socioéconomiques déshéritées intègrent leur modeste condition.

Des études démontrent que dans la scolarité les élèves garçons sont favorisés aux dépens des filles. Alors même que ces dernières travaillent mieux, ont de bien meilleurs résultats. Les garçons dominent, sont privilégiés. De même en l’emploi la famille, la société, les loisirs… Les filles souffrent de leur « déchéance » sociale persistante. Cela se traduit par des espoirs de bonnes conditions d’existence moindres. Plus de mal-être diffus, d’aléas de collapsus, moins de sérénité, santé, joie de vivre. Plus d’agressivité, de défensive. L’estime de soi des garçons augmente, celle des filles diminue entre treize et vingt-quatre ans. Les conflits de rôles plus importants pour les filles, leur conscience des difficultés sociales, de réalisation de soi seraient causes de divergences de développement entre les sexes.                              

Il y a dissemblances sexuelles relatives en faveur des garçons dans l’estime de soi générale à l’adolescence. Les jeunes à vision positive de leur apparence physique ont plus que d’autres une estime de soi générale élevée. Les adolescents sont très inquiets de leur image corporelle et leur attractivité physique, leur stade de maturation pubertaire. L’appréciation de soi résulterait du comparatif de ces items avec ceux des autres congénères. Globalement les garçons ont une estime de soi générale plus élevée que les filles, des perceptions de compétence plus fortes en matière scolaire, athlétique, physique. (Publication Enfance [et Adolescence], Puf, France, 2004/4, vol 56).


 

 

Près d’un tiers des adolescents perçoivent un traitement différent des adultes selon le sexe. Les trois quarts reconnaissent qu’être une fille ou un garçon, « cela change beaucoup de choses ». 39 pour cent ressentent de la part des parents une différence en l’éducation selon le sexe. Les jeunes adolescentes ne trouvent pas majoritairement normal que les femmes gagnent moins d’argent que les hommes. Les garçons désapprouvent moins fermement, nettement. 92 pour cent des filles jugent qu’hommes et femmes doivent se répartir les tâches ménagères contre 69 pour cent des garçons. Certains comportements sont estimés « sexuellement typés » par les adolescents tels le téléphone, les tâches ménagères un peu plus féminins. Le sport, les jeux vidéo bien plus masculins. À l’inverse, des conduites telles la violence, les injures semblent aussi fréquentes chez les filles et les garçons. (Étude Ipsos, Fondation pour la Santé de l’Enfant et de l’Adolescent Pfizer, ex-Wyeth concernant la perception des « différences » garçons-filles à l’adolescence, France, 2010. Citée par le quotidien d’information Le Monde, France, 3 février 2010).


 

 


[ L’INDICE GÉNÉRAL DE SANTÉ ]

DE VOTRE JEUNESSE FRANÇAISE


 

 

Votre jeunesse est le temps de la vitalité, la bonne santé, l’insouciance, la rage de vivre. Cela n’empêche nullement « ratés et dérives ». Un état de santé globalement satisfaisant n’exclut pas qu’il soit perfectible. En particulier l’hygiène de vie laisse souvent à désirer, des progrès s’imposent donc en la matière. De fait la démographie, la mortalité ont un impact important sur vos réalités juvéniles. Être en bonne santé ne dépend jamais du seul fait d’être jeune mais aussi de certains critères stricts à respecter : prévention, dissuasion, soins, vigilance.


 

 

Des parents apprennent que leur fille en bas âge, Kate souffre d’une leucémie. Sur conseil médical ils décident de concevoir un autre enfant en l’espoir que ce dernier puisse être pour sa sœur malade donneur compatible de greffes. Notamment de moelle osseuse. Ainsi vient au monde une autre fille, Anna. Adolescente, celle-ci mandate un avocat. Elle poursuit ses parents en Justice pour mettre fin aux protocoles médicaux pratiqués d’autorité sur sa propre personne, obtenir sa pleine émancipation médicale. Car elle ne souhaite pas fournir un rein pour sa sœur du fait des conséquences des plus dommageables pour elle-même. Le juge donnera « gain de cause » à Anna. Tel est le synopsis d’un drame cinématographique américain très profond, Ma vie pour la tienne. (N. Cassavetes, 2009)-132.

La principale, cruciale question éthique, morale de cette fiction a trait au « droit médical des mineurs ». Celui pour un adolescent de consentir ou non aux interventions de soin sur sa propre personne. En droit français, le don d’organes de tout mineur est interdit. Sauf pour la moelle osseuse au profit de la fratrie. Sur accord parental et du mineur. La « majorité médicale » est fixée à dix-huit ans. Avant cet âge le jeune n’a pas droit d’accord ni de « veto » irréfragable quant à sa santé, son corps. Il ne peut consentir à un acte médical. Ses parents le font pour lui, peuvent imposer leur volonté. Sauf pour la contraception et l’Ivg, l’interruption volontaire de grossesse ou également la recherche biomédicale. En ces domaines le mineur peut vouloir ou refuser. Or, en matière générale de santé l’on peut et doit tout autant tenir compte de son avis. Même si la décision revient aux parents et soignants.


 

 


– Données, Fluctuations de la Vitalité –

De Votre Nouvelle Génération


 

 

Santé est un terme qui date de 1050. Il vient du « latin sanitas-atis, de sanus, sain. Bon état physiologique d’un être vivant, fonctionnement régulier et harmonieux de l’organisme pendant une période appréciable – indépendamment des anomalies, traumatismes qui n’affectent pas les fonctions vitales – (Vers 1200). Équilibre, harmonie – de la vie psychique -. État physiologique et psychique des membres d’un groupe social ; les états de « bien-être » au sein d’une société (1953).

Santé publique : connaissances et techniques propres à prévenir les maladies, préserver la santé, améliorer la vitalité et la longévité des individus. Par une action collective : mesures d’hygiène, de salubrité, dépistage, traitement préventif des maladies. Comme dispositions sociales propres à assurer le niveau de vie nécessaire ».  Votre « bonne santé » de jeune est votre totale plénitude sociopsychosomatique. De façon stable et durable dans le temps.

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-133.


 

 

Le junior vibre au rythme de son état de santé réel-134. S’il est défaillant ce dernier est douloureusement perçu comme un plein frein aux jouissances de l’existence. Tel un facteur d’isolement par rapport aux autres notamment les pairs. Alors le fort danger du repli, de l’abattement prévaut. Si la santé est « bonne » elle devient un accélérateur d’action. Avec le risque tentant de « pousser l’engin » au bout de ses limites. Parfois au-delà jusqu’à rupture plus ou moins dommageable-135. Nul n’ignore la maxime du poète latin Juvénal (55-140) :

« Orandum est ut sit mens sana in corpore sano » : « Il faut prier afin d’obtenir un esprit sain en un corps sain ».

(Juvénal, Satires X, œuvre poétique, Rome, 100-130)-136. « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social. Elle ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». (Oms, Suisse, 1948)-137. L’éducation à la santé sociopsychosomatique du jeune est « lacunaire ». À l’image de son éducation affective. En âge en lequel nombre d’illusions nocives persistent encore sur le corps, l’esprit et le lien. D’où l’importance sanitaire d’un mode, une l’hygiène, une discipline de vie juvéniles idoines. Il connaît fort mal le fonctionnement, les besoins, limites de son corps, son psychisme. Il n’a nulle notion d’ « hygiène de vie ». En ces conditions abus, carences en tous genres sont légion. Ainsi obésité, surcharges pondérales et cancers touchent encore bien trop de jeunes, affectent durablement leur métabolisme par négligences.

Les juniors consultent trop peu alors que leur état de santé n’est pourtant pas aussi satisfaisant que nécessaire. Il n’est pas rare qu’ils le négligent à un âge où l’avenir n’est pas forcément la préoccupation immédiate. Où l’on se sent quelque peu « invincible ». Toutes les pathologies adultes d’avant le troisième âge se retrouvent chez les jeunes. Outre les affections, propres à la croissance, la puberté qui ne sont jamais à sous-estimer avant leur achèvement total. Les jeunes ont un rapport fort paradoxal, ambivalent au corps, comme à la santé. Leur anatomie est l’objet de leur part de tous les soins de façon très « narcissique ». L’apparence physique, le bien-être et la séduction comptent beaucoup à leurs yeux. Or, les négligences sanitaires abondent aussi tout autant.

Liberté est souvent confondue avec dépassement des limites : pour s’éprouver et éprouver autrui. Le corps est malmené et testé au-delà de tout ce qu’il peut endurer. Des affections peuvent s’ensuivre. L’adolescence est l’âge de la « réassurance ». Où l’on veut prouver, se prouver et éprouver, s’éprouver dans la surenchère, l’audace, le pari. Toutes les addictions compulsives sont de façon infantile testées. Éthylisme, tabacodépendance, psychédélisme, abus médicamenteux juvéniles augmentent-138. Mal-être, ennui, mimétisme, hédonisme, convivialité, transgressions en sont le moteur.

La nocivité, la dépendance les corollaires. Les cadets signifient en cela exister. Les accidents sont la première cause de mortalité chez les quinze – vingt-quatre ans. Surtout des transports et de la circulation routière. Imprudences, alcool, drogue, irresponsabilité, défis, suicides déguisés en sont les causes principales. Plus que fatalité et hasard ou malchance. La prise de risque fait partie du caractère du jeune qui évalue mal le danger, se targue d’ « éternité ». Le tribut à payer est lourd, tue aussi autrui par inconscience, bêtise ! Notre pays est en la matière encore et toujours très en retard-139.

Surtout les jeunes d’aujourd’hui sont émotionnellement perturbés, affectivement carencés, psychiquement instables. En un environnement humain devenu difficile, défavorable, hostile à l’épanouissement juvénile. Depuis trente ans la prévention en matière de santé des juniors progresse mais demeure encore bien trop médiocre en ses effets réels. Les interventions épidémiologiques et curatives se renforcent mais sont toujours hautement perfectibles ! La santé physique, psychomorale, comme sociale des jeunes connaît trois stades possibles. « Excellent », « satisfaisant », « problématique »-140.

Le deuxième niveau est le plus courant, suivi par le premier, puis le troisième. Globalement l’état sanitaire général de notre jeunesse française : physique, psychique et social est devenu relativement correct. Avec certes des failles conjoncturelles et structurelles à résorber. Face à leur propre santé nos juniors font habituellement montre d’insouciance, d’optimisme, de vitalité. Les filles font part de plus de plaintes et de difficultés psychosomatiques que les garçons, consultent beaucoup plus. Les variables héréditaires, comportementales, d’âge, de milieu, de parcours, personnalité, niveau d’études et la géographie interfèrent notablement sur l’état de santé de tous les jeunes.

Trois milliers de juniors de quinze – vingt-quatre ans meurent chaque année en France. Le risque de mourir demeure triple chez les garçons par rapport aux filles. Le taux de mortalité progresse entre le début et la fin de l’adolescence. L’accident à issue fatale l’emporte sur la maladie surtout chez les garçons. Les morts violentes prédominent fort nettement chez les jeunes. Accidents, suicides, homicides ou empoisonnements involontaires… En matière de morbidité les lésions et les empoisonnements traumatiques priment notamment chez les garçons.

Les filles consultent toujours plus médicalement que les garçons. La majorité des accidents mortels sont les accidents dits de la circulation. Cette première cause de mortalité juvénile est bien plus importante en France que dans la plupart des pays occidentaux. La recherche du risque pour lui-même, les sensations procurées sont une explication majeure. L’accident est cause de mortalité mais aussi de morbidité avec les conséquences possibles durables des handicaps définitifs. Il y a les accidents scolaires, des sports, loisirs.

Les accidents sportifs sont très majoritaires chez les quinze – vingt-quatre ans surtout les garçons-141. Beaucoup de jeunes se plaignent de fatigues et de douleurs : tête, ventre, dos. Surtout chez les filles. Stress, anxiété, déprimes progressent. Les jeunes français sont parmi les plus grands consommateurs de médicaments psychotropes. Somnifères et antalgiques ou calmants. Surtout les filles. Concernant les suicides les vingt – vingt-quatre ans sont plus touchés que les quinze – dix-neuf. Les garçons meurent bien plus par suicide que les filles notamment car ils se ratent moins. Les filles font plus de tentatives non létales. Les taux de suicide juvéniles français ont baissé depuis quelques années mais restent parmi les plus élevés d’Occident. Or, la mesure de la suicidologie des jeunes français est sous-évaluée.

Nombre de morts volontaires de cette génération étant classées comme accidentelles ou sans causes établies. Le taux de récidive est fort important chez ces juniors surtout les garçons. Les pensées suicidaires restent très prégnantes. Ce sont les difficultés et échecs, souffrances, épreuves très lourdes qui génèrent le plus grand nombre de réalités suicidaires chez nos cadets-142. De façon globale les jeunes vont plutôt bien, 85 à 90 pour cent. Contre 15 à 10 pour cent de « mal portants ». L’on observe toutefois un malaise diffus et certain, individuel, comme générationnel, physique, psychique, social. Du fait d’un contexte sociétal, temporel et spatial anxiogène et fort déprimé. Les filles souffrent plus que les garçons. Les plus âgés que leurs cadets. Les jeunes des milieux défavorisés, exclus, en échec plus souvent que les autres. (Observatoire de l’Enfance [et de l’Adolescence], en France, 2001)-143.

De tout temps, toute contrée être jeune a toujours été épreuve difficile. Tout adolescent terrien a de fait eu, a, aura l’obligation de « faire toutes ses preuves » afin de s’imposer, s’insérer dans le monde adulte. Le défi est d’y parvenir en un univers conçu avant tout avec, par, pour les aînés. Lesquels ne sont pas disposés à abandonner leurs « privilèges » aux cadets. Cela est encore pire à notre époque de profondes crises multiformes. En lesquelles les places disponibles sont bien plus rares et les luttes pour les obtenir d’autant plus âpres ! Il serait dommage que pour exister le junior n’ait d’autres choix que rages ou résignations !


 

 

V. Humbert meurt en 2003 à l’âge de vingt-deux ans. Il était tétraplégique suite à un accident de la route. Devenu en outre aveugle et muet mais lucide, sans espoir de guérison, très handicapé. Il demande alors le droit à mourir notamment en une poignante adresse au président de la République française J. Chirac, (1932-2019, présidence 1995-2007). Alors que l’euthanasie est illégale en France. Le suicide non pas forcément souhaité par le malade, l’accidenté, le handicapé incurables. Avec l’aide de sa mère et de son médecin Vincent meurt donc par absorption de produits létaux. Il s’exprime en un livre. (V. Humbert, Je vous demande le droit de mourir, témoignage, France, 2003)-144. Son combat, celui de sa mère pour l’aider sont aussi relatés en un téléfilm dramatique français. (Marie Humbert, l’amour / le secret d’une mère, M. Angelo, 2007)-145.

Voici le cas particulièrement désespéré d’un jeune à la santé irrémédiablement altérée à l’extrême. En un état végétatif définitif profond. Douloureusement confronté à une science médicale, une législation impuissantes en son cas, qui luttera courageusement. Non en l’optique d’une rémission hélas impossible de ses souffrances aiguës tant physiques que morales. Assurément pour « partir » dignement. Choix personnel d’un jeune « aimant fort la vie » quand la sienne à tout jamais n’est plus viable à ses yeux. Cela nous rappelle que la jeunesse n’est pas toujours loin s’en faut une ère de bonne santé sociopsychosomatique à toute épreuve parfaite. Que la maladie, l’accident, le handicap, le suicide, le meurtre, le désespoir, la mort y ont hélas aussi toute leur part. Comme pour les aînés adultes et âgés.

De même M. Robin (1902-1981) la célèbre mystique française tombe malade en 1918 à l’âge de seize ans. Est diagnostiquée une tumeur cérébrale qui la laisse partiellement paralysée, malvoyante. Marthe aurait été atteinte de l’encéphalite léthargique dite maladie de Von Economo-Cruchet, lourde affection inflammatoire des centres nerveux. Elle passera toute sa jeunesse, aussi le reste de son existence recluse et alitée. Dans la pénombre, la prière, la solitude, également gratifiée de nombreuses visites. M. Robin connaîtra une vie spirituelle intense traversée de privations de sommeil, alimentaire : inédie, de phénomènes mystiques dont la stigmatisation. Après sa mort sa cause en béatification est officiellement introduite à Rome. La vérification méthodique des phénomènes vécus avérés est en cours à cet effet-146.


 

 


– Vos Perfectibles Conditions Sanitaires –

Hygiène de Vie de Jeune


 

 

Votre état de santé général, junior, est en France relativement acceptable. Cela tient au fait que vous êtes par essence jeune, vaillant, en bonne forme, que la médecine, l’hygiène de vie ont progressé. Plus que parce que vous y accordez toute l’attention, l’importance requises. Que notre pays accomplit des efforts particulièrement importants et suffisants en matière sanitaire juvénile. Vous, junior, êtes habituellement fort insouciant en terme de santé. Car votre jeunesse vous donne le sentiment, l’illusion que « rien » ne peut vous arriver.


 

 

Les jeunes sont très optimistes car leur robustesse leur donne l’assurance de l’ « invulnérabilité ». Leurs grandes vitalité, facultés de récupération les entretiennent puissamment en un perpétuel maelström de mouvement, d’énergie. Il serait nécessaire de mieux tenir compte des différences entre les sexes. Les filles ont bien plus de préoccupations, d’inquiétudes concernant leur santé que les garçons. Il s’agit également de mieux appréhender les dissemblances en matière de santé du junior. Selon son hérédité, ses pratiques comportementales, les âges, milieux, parcours, la personnalité, les études, la localisation géographique le concernant.

L’hygiène de vie courante et les conditions d’une bonne santé juvénile demandent à être améliorées. Pour ce qui concerne la sérénité, l’équilibre psychomental qui font de plus en plus défaut. Le sommeil : de plus en plus de jeunes dorment mal ou trop peu. « Je n’aime pas dormir, c’est comme si l’on était mort ! » Paroles d’un adolescent du roman d’aventure de l’écrivain français J. Verne (1828-1905), Deux ans de vacances (France, 1888)-147. Également l’activité physique et sportive : insuffisante. Les modes alimentaires : inappropriés. Avec notamment une appétence excessive des jeunes pour les produits alimentaires trop sucrés, salés, gras. La propreté corporelle : qui laisse parfois à désirer.

L’hygiène des locaux d’habitation, d’études, de travail et de loisirs. Les rangements et l’ordre. La régularité et la gestion ou la structuration du temps, la chronobiologie circadienne. La tempérance en tout. Cela éloigne des excès, garantit une meilleure « vitalité », une sociabilité enrichissante. Toutes réalités encore trop souvent aléatoires, inefficaces, sans cohérences… L’hygiène de vie des juniors est souvent empirique, approximative. Il s’agit de leur inculquer en famille, à l’école, chez les professionnels concernés de bien meilleures règles. Pour les aider à être plus équilibrés et performants en la matière. Les jeunes ont été interrogés concernant les facteurs d’hygiène de vie et de bonne santé. Ils ont donné une note de 0 à 10 quant au bénéfice important ou non pour leur santé.

L’hygiène, comme la propreté, 9. Le sommeil, 8,7. Le moral, 8,6. Les relations avec leurs amis, 8,5. L’alimentation, 8,4. L’activité dite physique ou sportive, 8. Les relations familiales, 8. Le travail, 6,8. Les informations de prévention, 6,1. Les résultats scolaires, 6. Les activités intellectuelles, 5,9. Le fait même de discuter avec un médecin, 5,4. Le fait de parler avec un professeur, 4,7. Le fait d’échanger avec une infirmière scolaire, 4.

Différents autres éléments ont également été notés de 0 à 10 pour dire si cela impliquait un risque important ou non pour la santé psychosomatique juvénile. Consommer de l’héroïne, de la cocaïne, d’autres drogues, 9,3. Prendre des ecstasys, 9,2. Avoir des rapports sexuels non protégés, 8,5. Boire de l’alcool régulièrement, 8,1. Fumer du cannabis, 7,8. Fumer des cigarettes, 7,3. Avoir des idées noires, 7,2. Être en conflit avec ses parents, 6,6. Avoir des kilos en trop, 5,9. Grignoter entre les repas, 5,4. Passer des heures devant l’ordinateur, 5,2. Avoir des rapports difficiles avec ses professeurs, 4,7. « Se disputer » avec ses frères et sœurs, 4,6. Boire de l’alcool occasionnellement, 4,5. (Pfizer, France, 2008)-148.


 

 

La façon de vivre, le niveau, la qualité de vie des juniors déterminent leur état de santé au présent et d’adulte futur. La crise socioéconomique, les différenciations culturelles jouent un rôle discriminant majeur en progression en la matière. Globalement les garçons se disent en bien meilleure santé physique et psychique ou sociale que les filles. Ils développent une meilleure acceptation, estime, confiance et affirmation d’eux-mêmes. Les filles connaissent bien plus de troubles anxiodépressifs que leurs homologues masculins. Notre culture latine machiste de domination masculine pourrait sans doute fort accroître le sentiment d’aisance personnelle des garçons. Qui est encouragé, valorisé à tous points de vue et en priorité en société androcentrique. Ce qui accroît le malaise des filles-149.

La santé juvénile concerne tous les aspects pubertaires, gynécologiques, vaccinaux, orthopédiques et médico-sportifs. Dermatologiques, les affections chroniques et les somatisations, les fatigues et le sommeil, l’alimentation et leurs troubles. Les problèmes pondéraux, les infections, maladies sexuelles, la contraception, les grossesses, la parentalité, les orientations et l’éducation sexuelles. La santé psychomentale : anxiétés, phobies, dépressions, suicidologie et psychopathologie-150… Les addictions physiques et psychiques aux personnes, produits et comportements, légales et proscrites, les « prises de risques », les attitudes violentes-151. La prévention accidentelle, les victimes de violences, d’atteintes sociales. L’épidémiologie, la prévention, l’éducation à la santé, la santé scolaire, l’accueil des jeunes en structures, les pratiques de soins plus spécifiques, adaptées-152…

Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) et dans les années du très dur immédiat Après-guerre en France il y a période de pénurie, rationnement alimentaires. (Décennie 1940). La catégorie J 3, Jeunes de la troisième catégorie désigne alors les adolescents et jeunes mineurs de treize – vingt-et-un an. Ces derniers ont donc droit à une « carte d’alimentation » spécifique aux juniors. Donnant accès à une nourriture bien plus riche que celle des adultes. Pour tenir compte des besoins caloriques et physiologiques de la croissance biopsychique juvénile. Plus importants encore que ceux de leurs aînés ou même des enfants. Cela est une façon de reconnaître très officiellement que les jeunes ont en matière de santé, comme en d’autres une réalité et des impératifs, des droits spécifiques à respecter.

Même en période historique troublée de conflit armé majeur et de marasme économique aigu. Des besoins plus particuliers et cruciaux que ceux de tout autre catégorie de la population, enfants et personnes âgées exceptés-153. Ce qui est si crucial en temps de guerre le reste en dehors, surtout en période de crise socioéconomique. Il demeure donc capital, prioritaire de toujours favoriser la santé, la plénitude des jeunes. Aux alentours de vingt-trois ans en moyenne en 2007, neuf jeunes sur dix appréhendent leur santé positivement. Les garçons se disent en meilleure santé que les filles. Ils minorent l’effet des « conduites à risques » sur leurdite santé. Filles et garçons fument à peu près autant pour presque la moitié d’entre eux. Les filles sont moins alcoolisées que les garçons et font plus attention à leur santé.

91 pour cent des jeunes se disent en bonne ou très bonne santé. 9 pour cent indiquent une santé altérée : moyenne ou mauvaise ou très mauvaise. Un jeune sur sept dit souffrir d’une ou plusieurs maladies chroniques. 11 pour cent chez les juniors s’estimant en bonne santé. 43 pour cent parmi ceux se disant en santé altérée. Allergies, asthme, migraines, maladies de peau, maux de dos, affections de la thyroïde et dépressions constituent les trois quarts des maladies chroniques évoquées. Parmi les jeunes à états de santé altérés les filles déclarent plus de maladies chroniques. À 47 pour cent contre 39 pour cent pour les garçons. Moins de 10 pour cent des juniors pensent être limités depuis au moins six mois en leurs activités quotidiennes du fait d’une difficulté de santé. Parmi les jeunes à santé altérée les garçons dépassent les filles à 45 pour cent contre 35. (Insee, France, 2009).

Taille et poids déterminent l’indice de masse corporelle, Imc. Il s’agit du rapport du poids en kilos sur la taille en mètre. Le tout « au carré ». Selon l’Oms moins de 18,5 : sous-poids ou maigreur. De 18,5 à moins de 25 : poids normal. De 25 à moins de 30 : surpoids. À partir de 30 : obésité. Un junior sur dix serait en sous-poids. Plus d’un sur six serait en surpoids. Une fille sur six serait en sous-poids, contre un garçon sur vingt. Près d’un garçon sur cinq serait en surcharge pondérale, contre une fille sur six. Filles et garçons seraient obèses en les mêmes proportions de 4 pour cent. Le regard des filles et garçons sur leur corps diffère et ne correspond pas toujours à l’Imc.


 

 

17 pour cent des garçons se voient un peu ou beaucoup trop maigres, contre 5 pour cent des jeunes filles. En revanche 44 pour cent de ces dernières se trouveraient un peu ou beaucoup trop grosses, contre 21 pour cent des garçons. Parmi les filles à poids normal 40 pour cent se voient un peu ou beaucoup « trop grosses ». Contre 20 pour cent des garçons. Les garçons pensent un peu plus que les filles avoir une alimentation considérée plutôt ou bien équilibrée à 65 pour cent, contre 63 pour les filles. Ils sont plus nombreux à pratiquer au moins une fois par semaine une activité sportive à 57 pour cent, contre 38.

Quant au sommeil la moitié des jeunes interrogés disent dormir huit heures par nuit en semaine. La durée moyenne déclarée s’établit à huit heures trente-sept minutes. Un jeune sur deux dit n’avoir que rarement ou jamais de « difficultés de sommeil ». Les filles usent bien plus de somnifères, d’anxiolytiques et de tranquillisants que les garçons. Dans les douze derniers mois 12 pour cent des filles disent avoir pris des anxiolytiques, 8 pour cent des somnifères, 5 pour cent des antidépresseurs. Contre respectivement 5, 4 et 2 pour cent chez les garçons.

Près de 40 pour cent des jeunes disent fumer tous les jours. 42 pour cent des garçons, 36 pour cent des jeunes filles. 43 pour cent des garçons, 47 pour cent des filles disent n’avoir jamais fumé. Le métier des parents, la position dans les études et l’emploi du jeune influent beaucoup sur la consommation tabagique. Les enfants d’employés, d’artisans, de commerçants fument plus quotidiennement que ceux d’agriculteurs ou de cadres. Les fumeurs quotidiens parmi les étudiants sont moins de 30 pour cent. Soit donc moins d’un tiers. Cela concerne 45 pour cent parmi des juniors ayant achevé leurs études, 51 pour cent pour les chômeurs et inactifs. Il semble que plus le niveau social et d’étude est élevé, plus le tabagisme est limité. Plus il est modeste, plus le tabagisme est important. Ainsi bon niveau social, d’éducation, bonne santé généralement seraient corrélés.

Un jeune sur quatre dit ne pas consommer du tout d’alcool. Or, un junior sur cinq avoue boire au moins deux fois par semaine. En ce cas plus d’un junior sur deux dit s’arrêter à un seul verre et un tiers à deux verres. Pour la consommation ponctuelle près d’un tiers des jeunes disent qu’ils peuvent boire au moins une fois par mois au minimum six verres à un même moment. À l’inverse du tabac les filles sont plus « raisonnables » que les garçons quant à l’alcool. 36 pour cent disent ne pas en consommer du tout contre seulement 19 pour cent de garçons. Parmi les jeunes consommant de l’alcool la fréquence est bien supérieure chez les garçons. Six sur dix sont des buveurs à risque chronique. Ils boivent bien plus que les recommandations mais moins de quarante-huit verres par semaine.

Ils boivent au moins une fois par semaine six verres ou plus à une même occasion. Le non-consommateur ne boit quant à lui jamais rien. Le consommateur « sans risque » ne boit pas plus de quatorze verres par semaine pour les filles, vingt-et-un pour les garçons. Jamais six verres ou plus pendant une seule, même occasion. Le consommateur « à risques ponctuels » ne boit pas plus de quatorze verres par semaine pour les filles, vingt-et-un pour les garçons. Il consomme parfois six verres ou plus lors d’une même occasion. Pour la majorité des jeunes il y a risque ponctuel. Or, plus d’un garçon sur dix est consommateur à risque chronique. Contrairement au tabac ce sont les étudiants qui consomment le plus souvent de l’alcool. 52 pour cent d’entre eux sont des « buveurs à risque » pour la plupart ponctuel. Les enfants d’agriculteurs, de cadres consomment plus que ceux d’employés et d’ouvriers.

Un garçon sur six affirme avoir consommé au cours des douze derniers mois d’autres psychotropes que l’alcool et le tabac. Contre une fille sur dix. 40 pour cent des jeunes disent avoir eu au moins un problème de santé « sérieux » lors des cinq années avant l’enquête. Ce qui est au-delà des normes admissibles. Les accidents domestiques, de la circulation, sportifs et du travail concernent presque un jeune sur cinq. Les garçons deux fois plus souvent que les filles. 14 pour cent des filles ont eu une grossesse menée à terme ou non. 7 pour cent des jeunes ont eu une opération de chirurgie importante. 5 pour cent ont été victimes d’actes de violence. 4 pour cent ont eu une maladie importante. Cela a interrompu leur activité scolaire, d’emploi. Plus d’un quart des jeunes ayant eu au moins l’un de ces problèmes ont eu un arrêt entre un et six mois. 13 pour cent ont dû s’arrêter entre six mois et un an.

Plus de huit jeunes sur dix disent avoir consulté leur médecin généraliste lors des douze derniers mois. Seulement un junior sur deux concernant le dentiste. Les filles vont plus souvent chez leur médecin. Plus de neuf filles sur dix disent avoir vu un généraliste lors de l’année écoulée, contre à peine huit garçons sur dix. Il en va de même pour le dentiste : 55 pour cent des filles, contre 45 pour cent des garçons. 62 pour cent des filles ont consulté un gynécologue lors de l’année écoulée. Plus rarement les jeunes voient des ophtalmologues, dermatologues, chirurgiens, Orl et allergologues. Un peu plus d’un jeune sur dix affirme avoir renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières au cours de l’année venant de finir. Ce qui est inacceptable en un pays riche ! Un jeune sur dix dit avoir manqué de temps pour ses soins dentaires ou craint le fait de voir un dentiste.

Il y a des critères qui incitent un junior à se penser en bonne santé ou non. Notamment l’hygiène de vie, le rapport au corps, la santé psychique. Ainsi le sentiment d’insuffisance pondérale est plutôt lié à un état ressenti de mauvaise santé. Un jeune sur six se disant en « santé altérée » est en sous-poids, un sur cinq se ressent comme un peu ou beaucoup trop maigre. Contre 10 pour cent des jeunes en bonne ou très bonne santé. Le mauvais sommeil, une nervosité récurrente ou la consommation de psychotropes autres que le tabac, l’alcool sont aussi des vecteurs liés à une santé ressentie moyenne, mauvaise ou très mauvaise.

Près de la moitié des juniors en santé perçue altérée ont des problèmes de sommeil une à plusieurs fois par semaine. Autant se sont sentis « nerveux » très souvent dans le mois antérieur à cette étude. Les études, comme l’emploi positifs sont des facteurs favorables en terme de bonne santé perçue. Avoir un emploi, un logement autonome et être en couple. Les écarts quant au ressenti des jeunes sur leur santé sont bien moindres que ceux concernant les modes de vie ou la santé psychique. Les inégalités sociales existent, importent fort mais elles influent surtout quant aux attitudes et modes de vie liés. (Insee, France, 2009)-154.

Les jeunes français scolarisés de seize ans accroissent leurs consommations d’alcool, de tabac et cannabis. Alors qu’il y a stabilité en Europe. Nos juniors sont ceux qui consomment le plus de cannabis. Excepté les jeunes tchèques, ceux aussi qui usent le plus des drogues illicites hors haschisch. (Espad / Ofdt, France, 2012). Triste constat fort peu étonnant en la mesure où les jeunes de France sont parmi ceux d’Occident les plus « tourmentés » moralement, socialement, économiquement.

Ils sont parmi les moins insérés, aimés, respectés en leur société. Leurs emploi et études posent problème. Leur pauvreté atteint des sommets. Ils sont parmi les plus délaissés, maltraités. Ils croient de moins en moins en eux, quasi plus du tout en leur pays. Pourquoi un tel désamour dramatique entre la France et sa jeunesse ? Que fait ce pays pour sa descendance ? Pourquoi les Français ne « croient-ils pas plus en leurs propres enfants » ?


 

 


– Vos Aspects Démographiques –

Items d’Équilibre Néogénérationnels


 

 

La démographie française a connu une « vitalité » accrue. Inédite pendant plusieurs décennies. Elle a eu un impact sur votre jeune génération. Avec plus de natalité, une meilleure espérance de vie, un vieillissement de la population générale. Celle d’aujourd’hui est celle d’une classe démographique creuse très anémiée, ce qui la place en situation bien marginale, défavorable. La tranche d’âge « Baby-Boomer » notamment des seniors retraités et des plus de soixante ans de plus en plus nombreuse domine.


 

 

Avec son très grand poids démographique, pouvoir d’achat important, son influence électorale majeure… Sa longévité et vitalité de vie ne cessent de croître. Elle tarde à « se retirer des affaires ». Contrairement aux juniors d’aujourd’hui tous ces seniors ont connu la pleine prospérité, ont été « mieux gratifiés » par la vie. D’où parfois une certaine propension « arrogante et tyrannique » aux dépens des cadets. Les jeunes dépendant tardivement des générations antérieures en sont réduits à l’inexistence, l’ « invisibilité sociale ».

Démographiquement la jeunesse actuelle se fait bien plus rare, perd de son poids relatif alors que la population âgée grandit. La reprise démographique des décennies 2000-2010 fera que les jeunes de celles d’après seront à nouveau plus nombreux et influents. Ils vivront bien plus longtemps et en meilleure santé. L’espérance de vie s’améliorant pour tous, ils seront confrontés à un net vieillissement de la population générale.

Ce qui ne sera pas sans causer certaines difficultés de dépendance, relations intergénérationnelles. Les objectifs d’une bonne santé physique, psychique, sociale du jeune seront alors de mieux mûrir en sérénité. S’épanouir intérieurement ainsi qu’avec les autres. Travailler plus harmonieusement en ses études et son métier. Il apparaît de toute première importance que notre collectivité en prenne meilleure conscience. Aide mieux sa descendance à y parvenir. Or, à la jeunesse la frontière entre vie et mort est ténue.

En 2009, en France 3 181 jeunes de quinze – vingt-quatre ans meurent avec un taux de mortalité de 42 pour 100 000. 32,2 pour cent par accident routier. 16,4 par suicide. 9,5 par tumeurs. 8,8 par maladie nerveuse ou des sens. 3,9 par maladie circulatoire… (Inserm, France, 2009).


 

 


VOS RISQUES, PRÉVENTIONS

[ SOINS SANITAIRES DE JUNIOR ]


 

 

Quand votre santé de jeune est altérée ce peut être comme pour le reste de la population d’une certaine gravité. Plus bénin ou plus sérieux aussi. Quoi qu’il en soit il importe que les politiques, le système de santé à destination de vous, junior, soient adaptés au plus près à vos états et besoins spécifiques. Pour que les pratiques et les situations sanitaires de votre nouvelle génération soient des plus satisfaisantes pour votre intégrité psychosomatique-155.


 

 

Des jeunes garçons new-yorkais sont en quête de jeunes filles vierges en vue de sexualité non protégée mais sans risque pour eux mâles. Le jeune Telly, seize ans, skateur en est le « meneur ». Or, il est sans le savoir séropositif et a même contaminé son ex-petite amie novice avant lui. Elle le recherche pour qu’il ne récidive pas. Ainsi va la sexualité « débridée » de certains jeunes au temps du Sida. Ainsi que leur consumérisme alcoolique, tabagique et toxicomaniaque. Leurs polyviolences, déviances aussi. Cette fiction est le fil conducteur du drame cinématographique américain de L. Clark, Kids (1995)-156.

Certes le film « met en scène » une jeunesse extrême, défavorisée, perdue, désaxée. En un mot, perverse, malsaine. Quasi pathologique en ses graves et dommageables dérives. Qu’en est-il au juste de la jeunesse occidentale « ordinaire » à l’égard de la santé, des prises de risques ou des addictions ? Depuis un demi-siècle déjà il en va en la matière comme des délinquances. Plus d’usages, bien plus souvent, plus extrêmes et intensifs, de plus en plus jeune, de façon plus répétitive, multiforme ou concomitante.

En temps persistant de Sida, Mst, d’Ist en recrudescence les jeunes ne se protègent pas toujours, non adéquatement, pas assez. De même que les grossesses non désirées, les avortements subséquents restent trop nombreux. La contraception juvénile trop souvent défaillante. Faute d’éducation idoine, d’idéal élevé à sa portée surtout la jeunesse majoritaire s’étourdit de délétères sensations illusoires. Quand la sensualité fugace vide, remplace fort l’esprit transcendant, rien de bon n’est à advenir.

La mort ultérieure tragique par suicide, overdose de deux jeunes acteurs du film le démontre fort bien hélas ! Jeunesse qui ne sait ni qui elle est ni d’où elle vient ni où elle va est « génération perdue ». Aujourd’hui l’on constate une explosion des cas de Sida, d’infections sexuellement transmissibles notamment chez les quinze – vingt-quatre ans. Les pratiques à risques sont nombreuses. L’ignorance en terme de santé, dangers sexuels persiste. Une meilleure prévention des relâchements s’impose !


 

 


– « Lourds Désordres Dommageables » –

De Votre Constitution de Jeune


 

 

Au sens qui nous intéresse trouble est un terme récent du dix-neuvième siècle. Il signifie « modification pathologique des activités de l’organisme ou du comportement – physique ou mental – de l’être vivant ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-157.

Vous, jeune, êtes a priori plus que vos aînés à l’abri de graves ennuis de santé. Ce qui n’empêche pas pour autant une minorité d’en connaître. Les accidents notamment de la circulation routière vous concernent, jeune piéton, vos deux roues et tous vos véhicules motorisés. Également le cadre des sports et loisirs. Ils sont aussi dus à des imprudences, négligences.


 

 

Ils sont la toute première cause très importante de mortalité, handicaps psychophysiques et d’atteintes lésionnelles psychocorporelles chez les quinze – vingt-quatre ans. Ils demeurent beaucoup trop nombreux et graves aussi comparativement à l’étranger. Ils sont le plus souvent évitables. Les quinze – vingt-quatre ans représentent quinze pour cent de la population générale. Plus du quart des tués des accidents de la circulation routière ! Un tiers des blessés graves. Soit nettement le double d’accidentés par rapport au pourcentage des juniors dans la population totale ! Cela est inacceptable !

Un mort sur quatre sur les routes a moins de vingt-cinq ans. Cela représente trente décès par semaine selon les chiffres de 2010 de la Sécurité routière française. Les dix-huit – vingt-quatre ans risquent trois fois plus d’accidents que les autres. De très gros efforts restent à faire en cette matière. Notamment en terme de formation à la bonne conduite automobile, la sécurité, quant aux alcoolisations, prises de drogues au volant. La plupart de ces accidents interviennent de nuit, le week-end, en rentrant de soirées alcoolisées-158. Les trois quarts des adolescents déclarent avoir observé des jeunes prendre des risques pour leur santé-159. Notre pays bat donc des « records » insensés en matière d’hécatombes routières en Occident. Tout particulièrement chez les jeunes ! Il est alors urgent que cesse ce « scandale à la française » dû à la bêtise, l’incurie, l’impéritie générales !

La prévention des accidents de la circulation, sportifs, des loisirs ou dus aux négligences, imprudences reste le parent pauvre de la prévention sanitaire des jeunes. Leur nombre très excessif en témoigne-160. Il appartient de façon obligatoire à toute auto-école de conduite automobile d’assurer de véritables cours didactiques de sécurité routière aux futurs jeunes conducteurs. Les radars automatiques routiers sont, seront plus systématisés encore sur le territoire national. Il s’agit de lutter contre le fléau des accidents de la route juvéniles.

La répression de l’insécurité routière est et sera accrue. Les conditions d’obtention du permis de conduire durcies. Des campagnes de prévention spécialisée sont amenées à se développer. En particulier pour les excès de vitesse, prises de risques, alcoolisme, psychédélisme au volant. Il convient de s’inspirer de l’exemple étranger qui consiste à ce que tout conducteur par roulement ne boive pas et ramène les autres. Que ceux-ci soient incités à se modérer.

De même les enseignants d’éducation physique, sportive assureraient des « modules de sécurité sportive » à leurs élèves-161. Concernant les risques potentiels des loisirs, de la voie publique il revient aux diverses autorités publiques et privées impliquées d’assurer une bien meilleure surveillance. Des préventions, interventions plus diligentes en cas de besoin. Il est prévu à l’instar de nos voisins britanniques de généraliser la sécurisation vidéo urbaine. Ce programme sera accéléré, accentué pour une meilleure sûreté générale et routière.

Pensées, tentatives suicidaires et suicides des quinze – vingt-quatre ans ont eux aussi des ratios anormalement élevés, sous-déclarés en France. Parmi les plus importants d’Europe ! Ce scandale de notre société si favorisée, deuxième cause mortifère juvénile fait cinq cents morts « déclarées » annuelles. En réalité sans doute plus du fait des probables « suicides déguisés » camouflés en – faux – « accidents ». Cent vingt mille tentatives chez les jeunes sont dénombrées par an en notre pays. Dont quarante mille donnant lieu à une hospitalisation. En un contexte sociétal si difficile pour eux l’on observe l’importance des idées suicidaires et des marasmes psychiques des juniors-162.

Ainsi que des stress, déprimes, dépressions chez les jeunes. Le climat y est à la morosité. Le mal-être psychique est exprimé dans la chair. Le jeune met alors en jeu ce qu’il a de plus précieux : lui-même. Pour exorciser son spleen existentiel et revivre ailleurs, autrement. Il ne veut pas tant généralement mourir que faire cesser ses souffrances, son mal-être. Le jeune est « déçu » de lui, des autres, de la vie. Il éprouve une certaine solitude, un échec, une impression d’impasse, d’étouffement progressif insupportable. Il est parfois sous le coup d’une épreuve jugée insurmontable.

Voire sans raisons précises une certaine « fadeur de vie » va l’amener à vouloir succomber-163. Fixons-nous pour objectif décennal de réduire de moitié minimum le nombre de suicides, de tentatives d’autolyses chez les quinze – vingt-quatre ans. Cela évitera par bonne prévention « en amont » que cette deuxième cause de mortalité chez les juniors ne devienne un jour quasi première. Comme chez leurs aînés de vingt-cinq – trente-quatre ans. Pour cela il convient de vite et résolument s’attaquer aux « racines du mal », les pensées suicidaires et dépressogènes des jeunes. Lesquelles empoisonnent leur vie.

Ces idées de mort juvéniles notamment en France sont trop généralisées, récurrentes. Bien plus nombreuses encore que les suicides, leurs tentatives-164. Cela passe par plus de structures et professionnels spécialisés. Surtout un meilleur accueil de la jeunesse en notre société. Un jeune bien entouré, écouté, traité et encouragé se porte mieux. Soyons plus attentifs aux réalités, besoins, attentes de nos juniors, aux signaux d’alerte avant-coureurs. Le suicide juvénile ne saurait être le drame absolu en un pays tel que le nôtre avec des « alarmes » en la matière.

Les structures de suicidologie spécifiques pour jeunes pourraient se multiplier. À l’exemple du centre J. Abadie du Chu de Bordeaux (France) sous la responsabilité du Dr X. Pommereau, psychiatre hospitalier-165. La prévention s’impose avec des campagnes adaptées, une grande attention permanente des adultes. Disponibilité, écoute, prise en compte, au sérieux de tous les juniors sans exception. Il y a aussi les affections somatiques comme l’asthme, le diabète, les méningites, les hépatites virales, les problèmes orthopédiques, la morbidité et la mortalité juvéniles.

Elles nous apportent des enseignements significatifs-166. Il est en particulier de la plus haute importance de tenir le plus soigneux compte des facteurs pathogènes « prédisposants ». Héréditaires, génétiques familiaux de chaque sujet-167. Les « check up » sanitaires complets pour les quinze – vingt-quatre ans seront systématisés. Une fois par an pour les lycéens et les étudiants de la classe de seconde à la fin des études supérieures. De même quant aux jeunes en apprentissage, au chômage, salariés. Actuellement ces contrôles de santé n’ont lieu qu’en classe de troisième, en terminale, à l’entrée des études supérieures et avant une embauche professionnelle. Cela requiert des moyens importants inexistants aujourd’hui-168.

Les violences physiques, psychiques sont dirigées contre les autres ou soi-même : hétéro agressions ou auto agressions. Elles sont également fort susceptibles de causer en notre jeunesse des blessures ou altérations de santé corporelles, morales, voire des décès. Par coups et blessures surtout chez les garçons et concernant les exo violences. Plutôt pour les filles quant aux auto ou endo agressions par automortifications, suicides, comme tentatives suicidaires. Il en va de même concernant les atteintes sexuelles qui sont en recrudescence chez les jeunes. Toutes ces violences sont surtout le fait des juniors entre eux.

Leur santé est alors très compromise par des outrages subis du fait d’autrui de façon plus ou moins « sadique ». Par plaisir de faire souffrir en particulier d’autres jeunes plus faibles, boucs émissaires, victimes désignées. Comme les coups, blessures volontaires, les harcèlements moraux incessants. Par railleries, vexations, humiliations publiques systématiques. Le jeune croit compenser son mal-être par exutoire créant un malaise plus grand encore que le sien chez ses semblables. Il y a les attaques que certains juniors s’infligent à eux-mêmes, non pas tentatives suicidaires ou volonté de mort. Plutôt alarmants signaux. Lesquels impliquent toujours d’inquiétants malaises et dysfonctionnements psychiques-169 !

Il s’agit d’autoagressions visant à exprimer sa souffrance, se punir d’être ce que l’on est par désamour de soi. Pour signifier à l’entourage combien l’on souffre, en signe aussi de reproche, rétorsion contre lui. Il s’agit également de « matérialiser » sa souffrance morale en s’imposant sans détour de souffrir physiquement en sa chair. En une sorte d’ « expiation, de transcendance, rédemption » de soi par sa douleur, quasi à l’image même de la passion christique. Cela peut même procurer un certain plaisir « masochiste » à se malmener ainsi notamment quand le jeune ne s’aime pas.

L’on peut alors citer les scarifications, griffures, écorchures, coupures, piqûres et saignements. Les coups, brûlures, arrachages, marquages, privations et excès. Les autoprivations, autopunitions morales, aussi les solitudes excessives que l’on s’impose… Tatouages, comme piercings peuvent être de simples, anodines marques d’identité et d’individualisation recherchées par les juniors. Ils peuvent être également chez d’autres une manifestation de souffrance visant à s’ « auto supplicier » de façon autopunitive. Quant aux atteintes sexuelles elles sont d’abord le fait hélas croissant, grave des jeunes entre eux.

Elles concernent essentiellement les agressions des garçons sur les filles. Puis viennent les déviances sexuelles des adultes sur les jeunes. Là encore surveillances, préventions et sanctions s’imposent. Par la répression et l’éducation, le dialogue, la proposition d’activités anti-oisivetés adaptées aux goûts des jeunes… Même si la plupart des juniors « vont plutôt bien dans leur tête, corps » les « bleus à l’âme » sont légion chez eux. Ils leur occasionnent des souffrances morales des plus inutiles-170. Bien des affections somatiques des jeunes sont d’origine psychique.

Les interactions sont grandes à l’adolescence. Les désordres, mal-être de cet âge progressent en nombre, comme gravité. Notre néogénération se sait ni attendue ni entendue par sa propre société. Elle souffre d’indifférences, de solitudes, désespérances. Dépressions, anxiétés, angoisses, tristesses, indifférences, replis sur soi juvéniles sont multiples. Aucun souffle moral, d’espoir ne la conforte de la part d’adultes « irresponsables, inexistants, insignifiants ». Lesquels n’assument plus pleinement leur devoir ou mal à l’égard de leur propre descendance pourtant si désirée. Paradoxe des plus déroutants, révoltants !

Le jeune consomme de plus en plus d’antidépresseurs, de somnifères, médicaments « psy ». Il s’agit d’une éperdue fuite en avant délétère vers l’irréalité, le confort factice qui occulte la vraie solution de l’agir-171. Nous avons vu que les raisons principales des blessures psychologiques des jeunes notamment dépressives, anxieuses étaient dues à leurs conditions de vie et d’environnement. Bien plus qu’à de « congénitales tares » propres. Les entités de prises en charges de ces « implosions de l’âme » sont à développer.

Ainsi qu’une prévention par de meilleures conditions d’appréhension de la néogénération. Cela est tout le rôle crucial de la psychologie clinique de la jeunesse. Il s’agit d’éviter que des « jeunes moralement ictériques » éprouvent très cruellement en leur chair et leur esprit la marque de tourments psychologiques parfois insupportables. Ce temps de vie ne saurait être celui de la pure souffrance. Il convient pour la société de mieux le considérer, l’accueillir. Aucun sujet ne peut être livré à lui-même, à la solitude. Le junior encore moins !

L’on « prendra en charge » immédiate tout jeune qui semble avoir besoin d’aide, de réconfort et d’écoute vraie des adultes. Nos jeunes ne peuvent supporter de manquer de tendresse, d’affection, d’amour. En un monde féroce qui écrase les plus vulnérables, ne les écoute pas. Ils ne peuvent pas se torturer, être déchirés par l’indifférence. L’antidote consiste à insuffler de la joie de vivre au lieu de la sinistrose en laquelle se complaisent de façon si malsaine trop d’adultes. Le refus de la société dépressive peut guider toute appréhension humaniste, oblative de la jeunesse-172.

La jeunesse est loin d’être exempte de souffrances psychiques, comme psychopathologiques. L’on peut citer l’anxiété, l’angoisse. Angoisse de séparation, trouble d’anxiété généralisée, attaque de panique, phobies, évitement, inhibition, dysmorphophobies. Ensuite troubles obsessionnels, compulsifs, dépressions, troubles des conduites alimentaires, anorexies, boulimies, addictions. En un monde égoïste et solitaire la jeunesse occidentale est fort livrée à elle-même, ses insolubles tourments. (Alvin, Marcelli, 2005).

Conduites à risque, suicides, tentatives et pensées suicidaires. Psychoses, schizophrénie, autismes et névroses aiguës… Quant aux affections somatiques sérieuses, elles concernent les maladies chroniques, l’asthme, les épilepsies, l’obésité et les scolioses. Aussi le diabète, les cancers, les leucémies, la mucoviscidose, les cardiopathies. Puis les infirmités motrices cérébrales, les myopathies, l’infection par le Vih-173… Les difficultés caractérielles juvéniles peuvent être de l’ordre de l’extraversion. Laquelle peut aller jusqu’à l’exubérance fantasque, l’intolérance à la frustration, la versatilité, la grande variabilité d’humeur.

Tout ceci peut être un paravent pour un certain mal-être. L’introversion aiguë est quant à elle une forte difficulté relationnelle à autrui, un retrait de la vie sociale. Il s’agit d’une protection contre l’extérieur à soi. Mensonges, mythomanies, révoltes oppositionnelles récurrentes peuvent aussi poser problème à l’adolescence. La jeunesse est un âge de vie au cours duquel les conduites à risque sont fréquentes. En l’objectif principal de s’éprouver, « tester », dépasser les limites réputées être celles de l’enfance. Jugées caduques, abaissantes, restrictives.

L’alcoolisme est un « fléau juvénile majeur » qui pourrait un jour être la première cause de mortalité chez les quinze – vingt-quatre ans d’Occident. Il est surtout collectif comme rite de socialisation, ludique, récréatif, de convivialité, commensalité néogénérationnelles. Ivresse, dépendance, désinhibition, autotranquillisation sont les spécificités de cette nette appétence alcoolique des juniors. Les fugues ne sont pas rares à l’adolescence. Il s’agit d’explorations aventureuses de fuites, de difficultés devenant trop insupportables. Le fugueur se rappelle aussi « au bon souvenir » de son entourage pour souligner tout son « marasme ».

Le vol est fréquent chez les jeunes. Première forme de déviance juvénile, plus des trois quarts des larcins en grands magasins seraient le fait de la nouvelle génération. Cela peut aller jusqu’à la cleptomanie pathologique. Les jeunes sont fort concernés par la psychopathologie. La dépression et maladie mentale grave toucheraient jusqu’à 10 pour cent des juniors. Les filles sont plus atteintes que les garçons. Les symptômes principaux sont la tristesse, l’anxiété, l’inhibition, la souffrance morale, l’inappétence, l’isolement, les fatigues. Des troubles du sommeil, nutritionnels, une autodépréciation, une angoisse d’abandon…

Suicides, tentatives et pensées suicidaires obèrent la jeunesse. Ils sont à appréhender avec réactivité, le plus grand sérieux, l’attention extrême. Les garçons parviennent à mourir par autolyse trois fois plus que les filles. Il s’agit plus de fuir ses souffrances que de mourir à proprement parler. C’est aussi une sollicitation, une quête de soutien, de marque d’intérêt. Il y a également les troubles obsessionnels et compulsifs. Rituels qui rassurent comme vérifier, compter, laver et ranger, la crainte d’avoir mal agi ou de nuire à autrui…

L’obsession est une préoccupation récurrente, lancinante, aiguë, rebelle à toute volonté d’annihilation. Vient alors la compulsion qui vise à évacuer la pensée gênante et les troubles anxieux qu’elle génère. Par l’entremise d’un acte précis ou un comportement donné. Toutes sortes de protocoles de réassurance protecteurs peuvent s’exprimer. Comme les adultes nombre de jeunes présentent des troubles névrotiques : conflit intérieur cornélien déchirant. Il y a encore plus grave : tous les traumas psychotiques. Lesquels frappent tout particulièrement le jeune.

La psychose est un trouble profond, brutal, délirant car imaginaire en ses propres objets d’investissements. Le sujet est dépossédé de sa pensée propre. Il lui semble devenir sous influence et manipulé de l’extérieur. En une sorte de possession d’envoûtement diabolique angoissant. En un réflexe d’autoprotection le junior atteint se coupe alors du monde. Il se replie fort sur son univers intérieur factice. Incohérences, bizarreries, passions sublimatoires démesurées, désorientations, lubies… Cela illustre sa psychose. Une psychose chronique devient de genre schizophrénique. Les troubles aigus du comportement alimentaire sont de type boulimique et anorexique.

L’obsession de l’image physique anatomique et le déficit de confiance en soi, des troubles d’ordre émotionnel sont la clef de ces abus ou privations du nourrissage. La boulimie se manifeste alors par des gavages et souvent des vomissements provoqués pour éviter l’embonpoint et des phases ascétiques. De façon généralement très secrète avec sentiments d’écœurements, de culpabilité. Peuvent s’ensuivre des épisodes dépressifs. Les filles sont bien plus concernées que les garçons en près des trois quarts des cas. L’anorexie est une quête effrénée, irrépressible de minceur à tout prix.

L’activité physique et intellectuelle est dynamique, poussée sans fatigues. En dépit d’une anatomie étique et des dérèglements somatiques subséquents. Notamment l’aménorrhée : arrêt des règles. Boulimie, comme anorexie peuvent se succéder alternativement. Neuf cas anorexiques sur dix sont féminins. Tous les troubles du comportement alimentaire débutent généralement à l’adolescence. Car ce temps de vie connaît des remaniements délicats en termes pubertaires, sexuels, psychoaffectifs, physiologiques, relationnels, sociaux… Nombre de tensions s’y font jour notamment avec l’un des parents ou les deux.

L’anorexique craint comme la peste la boulimie et le boulimique l’anorexie. Il y a vulnérabilité et impuissance face aux contradictions, conflits intérieurs et externes. Malaise face à l’image sublimée de soi donnée à autrui, comme à soi-même. Les jeunes dits à « états limites » : « borderline » présentent une personnalité fantasque, hors normes, imprévisible, impulsive et instable. Ces jeunes sont en quête très malaisée d’eux-mêmes, ne savent où ni comment se situer. Un sentiment de confusion, de déficit d’identité, d’image, de vide intérieur s’installe fort alors.

Angoisse, absolutisme, déviances, instabilités, échecs, extrémisme, autodévalorisation, mal-être et déprime peuvent dominer. Le jeune schizophrène est enfermé dans l’irréalité, ce qui constitue une forme de psychose. Il s’agit d’une affection mentale des plus graves, source de souffrances indicibles touchant toute la personnalité. Introversion extrême, comme fragilité la facilitent. Toute communication à autrui est coupée et l’insertion scolaire, sociale faible. Le jeune est atteint par incapacité à intégrer les métamorphoses juvéniles. L’acceptation de son corps pubertaire et de son identité juvénile est alors refusée. Délires obsessionnels, confusions, dissociations et désordres psychiques sont marqués.

L’enfermement individuel tend à faire face à de déchirants conflits intérieurs intrusifs, angoissants, non maîtrisés ni compris. D’où certaines réactions subites violentes, imprévisibles. Donc incompréhensibles pour l’entourage. L’intégrité, l’harmonie et la cohérence psychiques sont détruites. Pensées, émotions, actes sont dissociés comme tous étrangers les uns aux autres. Il n’y a plus ni logiques ni cohérences. Le junior est comme un « pantin disloqué ». Dont les fils seraient follement manipulés par une imprévisible « entité extérieure maligne ». Voire coupés. Qui aurait pris possession et plein contrôle du sujet atteint à son insu et détriment. Il y a alors troubles de l’humeur ou « dysthymie », incoordination entre le verbal et le paraverbal, les attitudes, comportements du corps et les ressentis. Ce qui trouble le jeune. (Braconnier, 2007)-174.

En France les juniors sont les jeunes européens les plus adeptes du tabac, du cannabis, des tranquillisants. Leurs taux de suicide, d’accidents routiers, de contamination par le Sida sont les plus élevés. L’accident traumatique est la première cause de mortalité juvénile. Les trois quarts des décès des garçons de quinze à dix-neuf ans sont dus à de pures causes accidentelles. Or, un peu moins du tiers chez les filles. Avant vingt-cinq ans l’accident est la cause de plus d’un décès de garçons sur deux. De plus de deux décès sur cinq chez les filles.

40 pour cent des hospitalisations des quinze – vingt-quatre ans sont dues à des seules violences accidentelles ou voulues. Soit le double de la population générale. La moitié des garçons mineurs connaissent des accidents, aussi un quart des filles de cette tranche d’âge. Les quinze – vingt-quatre ans constituent plus du quart des morts et blessés annuels graves de la circulation en France. Ces accidents notamment les plus sérieux en mortalité, morbidité concernent bien plus les garçons que les filles. Les garçons plutôt en tant que conducteurs de voitures, deux roues, les filles comme piétonnes et passagères de voitures.

Chez les quinze – vingt-quatre ans les accidents au domicile constituent un tiers des implications traumatiques. Un tiers aussi des accidents sont sportifs à l’âge du lycée. Sur la route ce sont les seize – vingt-quatre ans qui roulent le plus vite à quatre, comme à deux roues. Ce qui augmente leurs probabilités accidentelles. Ils respectent moins le Code de la route que d’autres, les règles de sécurité et prennent bien plus de risques. Ils sont moins expérimentés que leurs aînés. Un cinquième minimum des décès des jeunes est dû aux suicides. Les tentatives de suicide concernent deux fois plus de filles que de garçons.

Les suicides aboutis touchent trois fois plus les garçons que les filles. Un quart des lycéens, un tiers des lycéennes ont vécu des pensées suicidaires. Les causes des suicides juvéniles sont multiples, tous ne sont pas explicables. En « funeste mystère de jeunesse ». (Coslin, 2003). Le jeune peut vouloir mourir sans motif précis. Le mal-être est le fondement sous-jacent le plus universel. Avec échappatoire en la mort appréhendée telle unique voie de salut. Fuir sa vie terrestre ressentie telle mauvaise pour rejoindre un Au-Delà plus clément. Non pas mourir or, mieux revivre. Se détruire, annihiler son mal pour alors « renaître meilleur »-175.

Plus de la moitié des moins de vingt ans s’alcoolisent. Les garçons boivent plus que les filles, la consommation d’alcool augmente avec l’âge entre quinze et vingt-quatre ans. Le tiers des jeunes ont connu l’ivresse, les garçons plus que les filles. Cela progresse aussi avec l’âge. À dix-huit ans les quatre cinquièmes des garçons consomment de l’alcool contre les deux tiers des filles. Seul un dixième des juniors dit ne jamais boire. Pour la moitié des jeunes la consommation est au moins mensuelle. Le but recherché est de plus en plus l’ivresse maximale et rapide de façon festive ponctuelle. Notamment en soirées de fins de semaine. Les juniors alcoolisés ont généralement commencé avant seize ans. Les jeunes boivent plutôt pour des raisons festives, sensorielles, mimétiques et intégratives ainsi que de « béquilles psychiques ». Surtout de nuit ainsi qu’en groupes de convivialité entre pairs.

La préférence va à la bière, comme aux alcools forts notamment chez les garçons. Les filles préfèrent les alcools les plus doux. L’alcool codifié de groupe à tout âge est associé à une norme positive et rituelle du « bien savoir-vivre social ». Ce qui fait à tort fort oublier sa toxicité sanitaire et de grande dépendance physique et psychique. Plus d’un jeune majeur sur deux a consommé une drogue prohibée au minimum une fois. Soit la majorité. Les drogues peuvent être euphorisantes comme l’opium et ses dérivés telle la morphine ou l’héroïne.

Elles sont excitantes comme le café ou les amphétamines. La cocaïne est entre les deux. Il y a aussi les hallucinogènes comme le Lsd et les inébriants comme l’alcool ou l’éther et également les colles. Viennent ensuite les sédatifs, les tranquillisants, les barbituriques. La drogue juvénile par excellence demeure le cannabis. Les garçons consomment bien plus que les filles. Les consommations régulières, comme occasionnelles augmentent fort avec l’âge-176.

Elles sont de plus en plus précoces dès le collège. La majorité expérimente le cannabis avant l’âge de seize ans-177. La majorité de jeunes usagers de drogues consomment aussi de l’alcool, du tabac-178. L’addiction est généralement plus multiple qu’unique. L’incitation vient habituellement des congénères déjà dépendants et par mimétisme. Convivialité, esprit festif suivent. L’usage peut en être sociorécréatif ponctuel, régulier et palliatif, quotidien et addictif, toxicomaniaque et désocialisant.

La drogue est pour les jeunes transgressive et intégrative, relationnelle, dopante. Elle est vectrice d’affirmation de soi, comme de mise à l’épreuve par le risque. Elle valorise. Elle est facteur hédoniste, expérimental. Il y a aussi encore chez les juniors beaucoup d’ignorances, d’idées fausses en la matière. Il s’agit d’oublier les tracas du quotidien, de lutter contre l’anxiété. En tragique illusion aggravant la peine. (Coslin, 2003)-179.


 

 

Le drame cinématographique américain Requiem for a Dream ou Retour à Brooklyn, (D. Aronofsky, 2000) est une adaptation filmique. Celle d’une œuvre littéraire éponyme, (États-Unis, 1978) d’H. Selby Jr. (Écrivain, États-Unis, 1928-2004). Il illustre à merveille les « ravages » si dramatiques des drogues chez les jeunes. Trois jeunes new-yorkais, Harry, Tyron, Marion passent tout leur temps à se droguer, croyant ainsi connaître « la félicité d’un certain paradis terrestre ». Les garçons font du trafic d’héroïne pour assurer leur approvisionnement. Or, ce dernier se tarit et c’est alors le début des fort terribles souffrances du manque. Pour se fournir Marion se prostitue et intègre une bande criminelle.

Harry doit être amputé d’un bras pour nécrose consécutive à ses injections répétées d’héroïne. Tyron est quant à lui condamné à l’emprisonnement et aux travaux forcés-180. La fiction du roman, comme du film de cinéma démontrent très bien à quel point les jeunes peuvent être des plus sensibles et dépendants d’addictions de toutes sortes. Pour notamment fuir un quotidien déprimant. Également à un âge de fragilités, d’incertitudes, d’angoisses, de faiblesses. En lequel le sujet se cherche, a souvent besoin de « béquilles psychiques et physiques » pour illusoirement se rassurer, « tenir ». Avec un système cérébral, redisons-le, encore immature et inachevé avant vingt-cinq ans. Ce qui explique aussi les « errements » de certains jeunes.


 

 


– Problèmes SomatoPsychiques –

« De Votre Quotidien » Juvénile


 

 

Nombre d’entre-vous, jeune, connaissez aussi des problèmes « caractériels ». Comme la timidité, l’instabilité, l’impulsivité, l’opposition, l’intransigeance, le mensonge habituel et pathologique de type mythomaniaque. Également des troubles de santé physique peu graves mais qui ne vous préoccupent pas moins pour autant. Il s’agit de mieux appréhender vos extraversions, introversions, replis, tristesses et mythomanies… Les petits maux de votre santé somatique en apparence anodins mais qui peuvent perturber votre vie quotidienne de jeune.


 

 

Acné, problèmes dermatologiques, fatigues, règles, taille, infections, brûlures, douleurs, allergies et malaises. Petites blessures, fractures, foulures, traumatismes surtout sportifs, problèmes dentaires, de vue, Orl… Notons notamment les surdités juvéniles plus ou moins graves, irréversibles. Dues à l’usage prolongé et fréquent à des niveaux sonores de décibels bien excessifs des écouteurs audio. Les dangers pour la santé humaine des radiofréquences non ionisantes. Résultant d’une utilisation déraisonnable de la téléphonie mobile par les jeunes.

Un dixième des juniors français de moins de vingt-cinq ans ont des troubles de l’audition. Plus de la moitié des quinze – trente ans disent avoir ressenti des affections de l’audition en concert ou discothèque. Gênes auditives, acouphènes se multiplient. Quand les cellules de l’oreille interne sont atteintes la perte de l’ouïe peut être définitive. Les addictions juvéniles, hédonistes substituts compensatoires progressent fort en nombre de jeunes concernés. Aussi en fréquences de consommations, pluralité, toxicité des produits les plus utilisés.

Les alcoolisations sont de plus en plus précoces, fréquentes et graves. L’ivresse devient le but premier, non plus la « festivité récréative » ni même le goût pour l’alcool. Les ventes en tout commerce et la consommation d’alcool dans les débits de boisson sont interdites pour les mineurs de dix-huit ans. Il y a prohibition totale dans les bars, cafés, discothèques. De même des soirées étudiantes à prix fixe d’entrée puis alcoolisation illimitée. Or, la réglementation est peu respectée, les jeunes boivent surtout entre eux et en dehors des lieux commerciaux. Un produit psychotrope comme le tabac est également interdit à toute vente aux mineurs.

Il y a aussi d’autres addictions. Les drogues, produits médicamenteux pharmacomaniaques, psychoactifs. Tels les barbituriques, sédatifs anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques. Citons également l’excès alimentaire, sexuel, la cyberdépendance aux jeux, diffusions vidéo, à Internet, l’informatique. La dépendance aux sport, travail scolaire, loisirs divers, variés-181… Il y a déficit de possibilités de réalisations, débouchés naturels propres, d’épanouissement satisfaisants.

Alors les juniors sont tentés par l’abus des toxiques et usages d’évasion pour dormir, se calmer. Contrôles plus stricts, pédagogies explicatives, dissuasives, alternatives, constructives sont à inventer, re/découvrir. Sous peine de graves déconvenues pour tous. Comment dissuader les jeunes de tant abuser de toxiques psychotropes, d’addictions ? La meilleure méthode ne peut pas mettre en avant les risques pour la santé future ni l’interdit. Le jeune vit au présent, la prohibition, le danger excitent sa propension à transgresser !

Il s’agit de mettre l’accent sur les graves risques, désagréments immédiats encourus. Tant pour sa santé, son bien-être que pour son apparence physique. C’est la seule issue-182. Les troubles des comportements alimentaires : anorexiques, comme boulimiques, les obésités, maigreurs, les désordres de la nutrition constituent une symbolique très forte. En un monde occidental « gavé » où les « trop, trop peu, mal manger » remplacent le « bien manger ». Il s’agit de « remplir, compenser un vide » psychique, moral par la privation, l’excès matériel du nutriment.

Il y a aussi les troubles de santé qui empêchent un développement de stature pondéral satisfaisant. Tous les abus nutritionnels, l’absence, comme l’insuffisance d’activité physique, sportive ont un impact très négatif sur la bonne santé, les désordres pondéraux des jeunes. L’excès de poids tel que le révèle l’indice de masse corporelle, Imc gagne du terrain chez le junior en Occident. En France notamment-183. Comme à l’ère orale l’enfant se fait plaisir par la bouche, le jeune apaise ses « frustrations » par la chose alimentaire ! Il a tendance de plus en plus à « s’empiffrer » tant le malaise sociétal et juvénile croît !

Tout cela sert de révélateur aux « misères » de notre société contemporaine. Les jeunes concernés, surtout des filles, se doivent d’être mieux guidés en leur recherche de solutions, spécialistes. La prévention éducative, psychologique est amenée à s’étoffer. Il est important de mieux traiter les questions d’obésités, comme de maigreurs pathologiques des juniors, les déséquilibres des prises alimentaires. En une société d’abus consuméristes de toutes sortes. Ce qui constitue une urgence de santé publique juvénile.

Une prise de conscience des dangers des sucres : glucides, du sel : sodium, des graisses : lipides notamment animales s’impose. Les protides animaux et végétaux comptent mais sans excès. Viandes, poissons, produits laitiers et céréales, fruits, légumes secs, vitamines, minéraux et oligo-éléments. Il s’agit pour le jeune de pratiquer une activité physique, sportive quotidienne, hebdomadaire suffisante. Notre pays est en fort retard en la matière pour toute la population et surtout les juniors. Désordres, mauvaise hygiène alimentaires et sportifs contribuent aux mauvais états de santé et surcharges pondérales de plus en plus de jeunes. Ce qui est très préoccupant.

La sédentarité due notamment aux addictions vidéo joue en l’espèce un rôle néfaste pour la santé juvénile. Elle est souvent couplée aux « grignotages sauvages » en dehors des repas-184. Les prises de risques propres à l’adolescence sont monnaie courante, inhérentes à cet âge de vie en quête de sensations fortes nouvelles. En une dangereuse logique de perte de contrôle et maîtrise de soi des situations vécues. Elles appellent fortement une approche bien plus dynamique, probante de la part des adultes. L’on peut citer les paris inconsidérés lancés entre jeunes, la vitesse très excessive sur la voie publique et les jeux dangereux.

Notamment de strangulation, d’étouffement, de passage à tabac par un groupe d’élèves d’un camarade isolé. « Victime expiatoire » à l’avance désignée-185. De même la conduite excessive, dangereuse est une défiance rageuse à soi, aux autres. Si le jeune se « sent mal » avec lui-même et autrui peu importe sa « mise en péril » puisqu’il s’agit d’un compensatoire défi vengeur à son malheur ! Un exutoire fort à son impuissance à se libérer par lui-même des sources de son tourment. Une volonté de dépassement de soi-même et d’éprouver des sensations puissantes inédites renouvelées. Parfois aussi un signe pathologique. L’on met ainsi en jeu sa santé, sa propre vie car l’on n’a « plus rien à perdre ». (Coslin, 2003)-186.


 

 

Des jeunes interrogés affirment à 87 pour cent que les tentatives de suicide des ados constituent une question dont le gouvernement devrait davantage « se préoccuper ». Ils disent avoir déjà eu une éducation à la santé, à l’école ou ailleurs à 80 pour cent. L’éducation de santé est pour eux source importante d’information à 73 pour cent. Selon eux les personnes les mieux placées pour faire de l’éducation à la santé auprès d’eux sont : les médecins à 69 pour cent.

Les parents à 41 pour cent. Une personne « ayant l’expérience » du sujet évoqué à 33 pour cent. Une infirmière scolaire à 24 pour cent. Une personne dépendante du ministère de la santé à 9 pour cent. Une association à 7 pour cent. Un professeur de sciences de la vie et de la terre à 6 pour cent. Une personnalité connue, une star ou une vedette à 4 pour cent. Un autre enseignant à 1 pour cent. Les praticiens de santé, la famille, les « experts » l’emportent donc. (Pfizer, France, 2008)-187.


 

 

Près de neuf jeunes sur dix se disent en bonne santé. La moitié des moins de vingt ans se disent victimes de fatigue, difficultés de sommeil, douleurs, nausées. Autant de réels troubles psychosomatiques, de stress. Plus des trois quarts des adolescents souffrent d’acné, trouble dermatologique purement pubertaire, postpubertaire. Cela perturbe grandement les jeunes à un âge de doutes, déficit d’assurance d’importance majeure, de la représentation physique propre.

Le phénomène est déclenché par les glandes sébacées du visage mais aussi du torse, du dos. Les pores cutanés se bouchent par excès de sébum et de peaux mortes-188. En cas d’obstructions plus profondes apparaissent de vilains « bourgeonnements ». Défaut d’hygiène, stress, abus solaires sont des facteurs acnéiques possiblement déclencheurs ou aggravants. La peau est l’organe humain le plus étendu en surface. Il est vecteur protecteur symbolique, siège d’affections psychosomatiques aiguës en cas de perturbations psychiques. Touchés par le tourment psychique, les jeunes en éprouvent les affres physiques !

Le poids constitue de réelles préoccupations juvéniles. Les besoins nutritionnels augmentent par la nette croissance staturale. L’énergie est nécessaire à l’adolescence qui développe la moitié de son poids adulte. Les filles veulent plutôt mincir, les garçons forcir. Les premières seront mises en garde contre les dangers des régimes alimentaires sauvages privatifs. Mettant en danger la santé par carence d’apports nutritionnels indispensables : magnésium, calcium, fer, protéines, vitamines. Fatigues, stress, troubles du comportement alimentaire en sont le corollaire.

Ne jamais oublier l’activité physique, sportive. Nombre de jeunes connaissent aussi des troubles du sommeil avec des insomnies d’endormissement et nocturnes. Trop de tentations d’activités récréatives, d’excitations diffèrent l’assoupissement, nuisent fort à la qualité du sommeil. La plupart des juniors manquent de sommeil, sont fatigués durant toute la journée avec des « états léthargiques » diurnes. Les anxiétés, comme peurs, refus d’endormissement causent des insomnies. Cela fait une jeunesse « amorphe et apathique ».

Au-delà, de trop nombreux juniors se plaignent de fatigues naturelles ou pathologiques. De fort mauvais rythmes chronopsychobiologiques notamment scolaires sont souvent en cause. Les jeunes peuvent se plaindre de douleurs dorsales, de la colonne vertébrale : rachis. Dues à des anomalies de courbure, scolioses, problèmes lombaires. Il peut y avoir des syncopes, de la spasmophilie, des crises épileptiques, des allergies aussi, comme l’asthme, l’urticaire. Certains accidents peuvent occasionner des entorses.

Peuvent advenir des migraines, des céphalées. Toutes les vaccinations d’usage : diphtérie, tétanos, polio, tuberculose… sont à respecter. Accidents, suicides ou maladies touchent bien trop et plus de jeunes en France qu’ailleurs en Occident-189. Les Ist : infections sexuellement transmissibles et le Sida sont en hausse actuellement dans la population générale, comme chez les jeunes. En particulier les champignons, blennorragies, syphilis, les parasites, l’herpès, les hépatites virales. Il s’agit de se faire dépister, se protéger systématiquement par préservatif surtout.

De limiter la promiscuité sexuelle excessive. D’observer les principes d’hygiène de base. D’éviter les pratiques sexuelles à risques et lésionnelles… Si le Sida se déclare fort rarement avant vingt-cinq ans et surtout vingt il sera souvent contracté à ces âges. En cas de mort subséquente avant même les débuts de la trentaine. La plus grande prudence préventive et protectrice s’impose donc plus que jamais par préservatif. Aussi par refus des injections toxicomaniaques collectives. La vigilance se relâche. Il n’y a toujours pas de vaccin ni aucun soin qui guérisse en la matière. La trithérapie ou la plurithérapie ne faisant à l’heure actuelle que prolonger la vie des séropositifs et des malades.

Sans efficacité totale pour tous, à effets secondaires lourds, contraintes de médication à vie. Le seul remède est la prévention par protection. Un dépistage régulier est souhaitable selon les risques, pratiques observés. En centre ou par autotest. Chez les moins de vingt-cinq ans l’usage de drogues, tabac, surtout d’alcool est en nette augmentation constante. En tout milieu social et de façon banalisée, décomplexée, ouvertement affichée, valorisée. La polyaddiction extrême avec tout type de produits est légion notamment en soirée débridée. Telle la skin party : alcool, drogue, sexe.

Les dépendances concernent aussi outre des produits comme les excitants déjà cités des comportements. Comme le lien répété à la nutrition, la sexualité, les jeux vidéo, la musique, le cinéma, le travail. Également aux personnes comme dans le cas de relations amoureuses abusives et non oblatives mais captatives. Aux diverses sectes. Le cannabis, le tétrahydro-cannabinol : delta 9 Thc est surtout feuillu : marijuana ou herbe ou résineux : haschisch ou shit. Concentration, mémorisation, motivation, repli sur soi, désocialisation, échec scolaire et perte d’appétence sont le lourd prix à payer.

En cas de toxicomanie cannabique régulière. Le cerveau est touché et en cas de terrain plutôt favorable un état schizophrénique peut être favorisé. Les hallucinogènes : Lsd, ecstasy, drogue de synthèse à dérivé d’amphétamine sont des excitants euphorisants. Causes de très graves malaises physiques et psychiques. Les solvants organiques causent des ivresses hallucinatoires et peuvent souvent être des plus mortels. Les calmants peuvent être aussi létaux notamment en association alcoolique. Les opiacés : opium, morphine, héroïne… sont euphorisants mais tuent aussi tout autant.

Les hallucinogènes végétaux dits de synthèse peuvent mener aux graves psychoses. Les amphétamines sont des euphorisants menant aussi possiblement aux hallucinations, délires, psychoses. La cocaïne est la cause d’angoisses, de dépressions, psychoses, voire de mort. Tous ces toxiques d’évasion génèrent des dépendances physiques et / ou psychiques à des degrés très divers. Des plus faibles aux plus sévères. Tous impliquent une perte de contrôle, maîtrise, liberté de son destin, un avilissement physique et moral. Dont se relever est fort difficile et douloureux.

Comme en tous domaines de la santé la meilleure préservation est la prévention. Ne jamais tomber en les pièges délétères de l’illusion des paradis artificiels. Le jeune se drogue souvent par angoisse, fuite en avant, rébellion, conformisme et mimétisme générationnels. Le goût du risque, du plaisir, de la marginalité, de l’interdit même relatif, la curiosité et la convivialité du groupe… Or, la dépendance n’est pas en soi toxicomanie. La plupart du temps les pratiques addictives restent limitées dans le temps. Circonscrites à la période de jeunesse des moins de vingt-cinq ou trente ans. Ce qui n’est pas moins grave.

Les dépendances, consommations addictives peuvent être épisodiques, modérées ou non en plutôt bonne socialisation. Régulières, importantes ou non en débuts de désocialisations. Permanentes, massives ou non en nettes marginalisations et toxicomanie. Avec toutes les nuances possibles entre ces trois genres typologiques schématiques. En gastronomie l’on pourrait évoquer le très fin gourmet qui déguste. Le gourmand avide qui ingurgite. Le vorace boulimique qui « bâfre ». Jusqu’à un cinquième des quinze – vingt-quatre ans pourraient user de drogues de toutes sortes occasionnellement ou régulièrement.

À l’orée de leur vingtaine un tiers des jeunes fument quotidiennement du tabac. L’objectif est convivial, ludique, initiatique, récréatif, calmant, de confiance, d’affirmation de soi et de détente. Pour tromper l’ennui, s’exciter. Il s’agit aussi d’un geste mécanique de réflexe d’habitude quasi pavlovien. Également de quasi-subversion et d’identification aux pairs et adultes partageant le même « vice ». Les juniors savent aussi les dangers de santé encourus, l’interdiction de fumer en lieux publics. La cigarette électronique est aussi prohibée pour le mineur-190.

Ce qui ne fait que raviver tous les poisons, délices de la folle excitation de braver, violer si crânement les interdits des adultes et sociétaux. L’addiction ne concerne pas les fumeurs irréguliers ou réguliers de moins de dix cigarettes par jour. La réelle dépendance nicotinique concerne ceux qui « atteignent ou dépassent » les deux paquets par jour. Le tabac s’ajoute souvent ou mène à la drogue et l’alcool. La majorité des jeunes ont connu l’ivresse. La consommation alcoolique régulière au moins bihebdomadaire concernerait au minimum un cinquième des treize – vingt-quatre ans.

Les nets abus addictifs en la matière perturbent la personnalité et sont dépressogènes. Ils mènent souvent les juniors vers les pires « dérives » psychédéliques, médicamenteuses, aussi pluritoxicomaniaques. Accidents notamment de la circulation, handicaps, comas éthyliques s’ensuivent chez nombre de jeunes. Alcools forts, bière prédominent. L’alcoolisation est avant tout collective, festive, très conviviale lors des sorties, soirées juvéniles surtout. L’ivresse totale et rapide pour elle-même est souvent recherchée. Effets de l’alcool, des drogues psychotropes se renforcent très négativement.

La personnalité est constituée de l’inné : le tempérament, de l’acquis : le caractère. Il s’agit de l’ensemble des traits psychologiques distinctifs personnels donnant lieu à des types de comportements spécifiques au jeune. Entre quinze et dix-huit ans la personnalité se fixe à jamais. Le jeune peut être intransigeant. De nature extrémiste propre à l’adolescence il refuse tout compromis par peurs de la compromission. Il y a intolérances aux frustrations, volonté de faire céder le monde, l’asservir à son caprice arbitraire, son bon vouloir. Il s’agit d’obtenir exactement ce qui est désiré et en totalité. À défaut il y a renonciation totale.

Or, l’idéal de renoncement qui est tout autre reste fort inaccessible. Il peut s’agir d’idéalisme, d’idéalisation existentiels. Ce qui peut alors donner le meilleur oblatif de don de soi jusqu’à l’épurement, la sublimation, l’ascèse morale. Également le pire captatif, destructeur jusqu’au fanatisme intolérant et sectaire, totalitaire et réactionnaire. Le jeune opposant s’inscrit en une logique systématique de refus, rejet, négation. Il s’agit d’un « négativisme » de principe érigé en véritable « esprit de contradiction ». Le malin plaisir est alors de dire non et toujours le contraire de ce qu’exprime autrui. De cultiver une sorte de fort « pouvoir de nuisance ».

L’opposition devient une « seconde nature » pour donner pleinement corps à sa légitimité, conforter sa personne, sa spécificité. En regard de celles des autres. Cela rejoint l’adage : « S’opposer pour se poser ». Le jeune instable « met un réel point d’honneur » à varier du tout au tout en tous domaines de vie. Souvent il y a intérêt pour un objet quelconque puis abandon, indifférence. Sitôt obtention, satisfaction, lassitude d’usage plus ou moins rapide. La nouveauté superficielle sans cesse recherchée et renouvelée présente plus de plaisirs que l’enracinement, l’approfondissement, la continuité et la complète stabilité.

En réalité le changement pour lui-même est plus important que l’objet convoité en soi. Le jeune impulsif exige la satisfaction immédiate, totale de ses envies, plaisirs, désirs, besoins, quêtes. Car il ne supporte aucun frein, obstacle s’y opposant. La volonté d’assouvissement est impérieuse, irrésistible, ne souffre d’aucun manquement. À la moindre contrariété et frustration, colères, violences physiques ou verbales et imprécations explosent. Au grand dam de l’entourage !

Avec tous les dommages psychonerveux subséquents pour soi, autrui. L’adolescent timide et inhibé de façon excessive se voit freiné en toutes les occurrences de sa vie en matière psycho-intellectuelle et relationnelle. Le jeune concerné éprouve alors une grande gêne face à autrui. Il s’enferme en son monde fantasmatique intérieur. Culpabilité, honte s’ensuivent souvent. Le manque de confiance en soi peut nuire aux études par excès de doute quant à ses capacités, performances. Face aux obligations de moyens et résultats. La compétition, l’émulation, le fait de se mesurer à autrui effraient.

Découragements, abandons, déprimes, solitude, échecs évitables sont le sceau d’un manque d’acceptation, d’un désamour de soi. Avec à terme, en cas trop extrêmes, dépressions, phobies sociales ou volonté de mort. Un surinvestissement scolaire peut aussi s’observer avec de brillantes réussites. Car le travail d’études est une activité solitaire par excellence qui peut rassurer. Le jeune se protège alors par un volontarisme et une suractivité intellectuels pouvant aller jusqu’à la pleine addiction. Perfectionnisme et / ou perte totale de ses moyens existent aussi. Ces traits de caractères juvéniles peuvent se combiner. Ce qui complique encore l’adolescence ! (Braconnier, 2007)-191.


 

 


– Politiques, Système, Pratiques de Santé –

De Votre Jeunesse


 

 

L’effort consenti par la collectivité nationale pour la prévention, les suivis, les soins de votre santé de jeune n’est pas négligeable. Or, son efficacité auprès des intéressés demeure limitée. Le ministère de la Santé, l’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé notamment veillent. Toutefois cette prévention et alerte sanitaires chez vous, junior, sont une gageure. Car elles font appel à la rationalité à votre âge où le raisonnable est fort décrié.

Les politiques de Santé publique juvénile sont encore trop embryonnaires, parcellaires. Il en va de même d’une véritable « éducation pour vous, junior, à la santé », qui reste encore bien trop empirique et aléatoire voire inexistante. L’accès aux soins, au système de santé ou à l’Assurance maladie, la Sécurité sociale, aux mutuelles se doit d’être bien plus autonome et « ouvert » pour vous, jeune. Couverture maladie, autonomie sanitaire et incitations à prévenir, vous soigner ne peuvent qu’être améliorées pour l’ensemble de votre jeunesse. Tant il y a encore matière en l’espèce.


 

 

Il y a la Sécurité sociale parentale du collégien, lycéenne ou étudiante et des jeunes actifs. Également les mutuelles étudiantes comme la Lmde : La Mutuelle Des Étudiants, aussi les Sociétés Mutualistes des Étudiants à l’échelle des régions. Toutes jouent un rôle capital de santé pour les juniors. La bonne prévention sanitaire consiste à mettre l’accent sur les désagréments au présent, non sur les long et moyen termes. Car le jeune se soucie peu du futur, s’approprie le seul instant présent. L’éducation à la santé des juniors est lacunaire au triple point de vue de la prévention, l’entretien, des soins.

Il convient d’en charger l’Éducation nationale avec des cours spécifiques dans les enseignements secondaires professés par des spécialistes. En outre seront à prévoir des campagnes nationales de santé publique à destination des jeunes. Bien ciblées en fonction des publics juvéniles et principaux risques néogénérationnels spécifiques encourus. Notamment par truchement des médias privilégiés par les juniors. Cela pourrait mieux leur « parler » sous peine d’échec comme souvent par le passé. De meilleures campagnes de vaccination pour les jeunes pourront voir le jour-192.

Il est de la responsabilité des adultes de mieux, plus attirer l’attention des juniors. Sur l’importance des questions de santé psychique, somatique, sociale. En une réelle optique de prévention bien plus encore que curative. Il s’agit d’imaginer des campagnes d’information spécifiques mieux conçues, ciblées, d’instaurer à l’école des cours d’éducation à la santé. Ceux-ci seront propres à mieux répondre aux questionnements juvéniles les plus aigus. Il convient d’inciter les jeunes à prêter beaucoup plus d’attention à leur état de santé général.

Tous dysfonctionnements, mal-être qu’ils pourraient constater. Il s’agit de les convaincre de consulter chaque fois que nécessaire. Il importe en priorité d’éviter que des pathologies aussi anodines, bénignes semblent-elles s’installent, empirent et aient des conséquences néfastes. Faute de soins adéquats et à temps à un âge de vulnérabilité et d’évolutivité. Il s’impose d’alerter les jeunes sur les limites au-delà desquelles le corps, l’esprit humains, l’insertion sociale sont mis en danger. Car ils n’en ont pas toujours, loin s’en faut conscience.

La méthode la plus efficace consiste alors à mettre en parallèle leur bon aspect physique extérieur et la capacité de séduction qui en découle. Comme le retentissement négatif induit. Expliquer que la sévère distorsion qu’ils font subir à leur corps détruira leur intégrité, attrait physiques, psychiques, sociaux. Ils y sont particulièrement sensibles. Les juniors consultent peu à un âge d’ « inaltérabilité ». Que ce soit en médecine somatique générale, spécialisée, suivi psychothérapeutique. Psychiatrie, psychanalyse, psychologie et psychothérapie. Leurs vaccinations ne sont pas toujours bien à jour. Les jeunes sont plutôt peu hospitalisés. La médecine non jeunologique ne leur est pas assez adaptée.

Les scolarisés collégiens ne possèdent pas de couverture maladie distincte de celle des parents. L’autonomie de soins n’est atteinte qu’à partir de seize ans pour les seuls lycéens. Seuls les étudiants bénéficient d’un régime autonome de Sécurité sociale étudiante. Il convient de créer l’équivalent lycéen. La confidentialité des soins, la liberté médicale des treize – dix-huit ans en études sont fort limitées. Les mineurs, pour bénéficier de soins remboursés doivent en aviser leurs parents, se faire « avancer » l’argent par eux. Sauf alors à bénéficier de trop rares centres de santé gratuits. En attente du tiers payant partiel.

L’information santé circule mal chez les juniors. L’apparente surinformation sanitaire aboutit de fait à leur sous-information, mal information, désinformation. Les ignorances et idées reçues perdurent faute de communication adaptée aux jeunes. Sachant frapper leur imaginaire, y trouver un écho plus favorable pour aller mieux. Ne leur parler d’hypothétiques effets nocifs que sur leur santé future, non actuelle est parfaitement inopérant, fort illusoire. Faute d’informations adéquates, peu sûr de lui et peu familiarisé avec l’institution médicale le junior n’a pas un accès très facile au système de soins.

D’autant plus que la notion de santé, la relation au corps, à la psychologie ne vont pas de soi à cet âge. Le jeune répugne à se dévoiler, évoquer ses problèmes. Il préfère souvent éluder, surseoir, plutôt que consulter. Même surtout en cas de besoin sérieux, urgent. Les suivis sont très aléatoires. Il ne sera pas aisé pour tout junior de consulter. La démarche est hasardeuse. Il s’agit d’inciter les jeunes à voir des professionnels de santé autant que de besoin. Motivant ces derniers à tisser des liens plus ouverts, adaptés à cette génération. Des campagnes les sensibilisant à cela pour être en « meilleure forme » encore s’imposent.

Surtout la majorité médicale serait fixée à quinze ans pour les scolarisés, comme actifs. Avec un système d’Assurance maladie autonome de celui des parents, une « carte Vitale » personnelle. Laquelle pourrait s’intituler « Vitale Juniors » pour les collégiens et lycéens. La Sécurité sociale lycéenne, comme étudiante sera établie sur le mode du « tiers payant » réel intégral. Cela permettra des consultations, prises en charge sans avoir à en « avancer » le prix. Y compris concernant la part mutuelle. Comme c’est déjà le cas pour la « Couverture Maladie Universelle ». Également quant à certains centres de santé notamment étudiants et gratuits.

Certains jeunes qui ne se soignent pas assez pour ne pas avoir à « en passer » par leurs parents le feraient ainsi peut-être bien plus. À charge pour les professionnels de santé d’alerter les parents et les autorités en cas de nécessité capitale ce, en l’intérêt du mineur. La santé de tous les jeunes français serait déclarée « Grande Cause nationale ». Des campagnes d’information, de prévention plus spécifiques sont amenées à se développer. L’état sanitaire juvénile est perfectible. Il convient d’y remédier puissamment. Cela passe par une prise de conscience et une refonte du « système de santé jeune »-193.

Il convient de faire un état-bilan complet des situations existantes, besoins prioritaires et d’agir au plus vite, mieux. Tous les jeunes accéderont plus facilement aux soins. Trop d’entre eux en sont encore empêchés pour raisons socioéconomiques. Surtout en contexte de crise. D’information, d’écoute, de prévention, comme de soins les unités spécialisées de santé de la jeunesse sont encore bien trop rares en France. L’on peut citer les établissements de la Fondation Santé des Étudiants de France, les Maisons des Adolescents, les Bapu : Bureaux d’Aide Psychologique Universitaire… Or, les structures hospitalières jeunologiques font généralement défaut.

Les jeunes sont accueillis en centres pédiatriques ou en services d’adultes, ce qui est fort inadapté notamment en psychiatrie. Cela est résolument contraire à une bonne gestion sanitaire des populations concernées. Les moyens manquent. Le plus souvent les jeunes sont traités au sein d’un système de santé peu ou non spécialisé. En particulier en matière psychothérapeutique les juniors consultent généralement des « non jeunologues » en cabinets privés, structures publiques. Que ceux-ci soient psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes, coachs… Le système de santé trop peu spécifique aux jeunes est trop peu sensibilisé à leurs particularismes psychosomatiques.

Le jeune n’y bénéficie pas toujours de la pleine disponibilité et écoute nécessaires. Le personnel soignant est souvent débordé, non ou peu formé à la prise en charge particulière de cet âge. Cela est bien trop négatif d’un point de vue humain, sanitaire, éthique. Pour tout junior le séjour en unité hospitalière est malaisé. Il se retrouve en milieu étranger, peu accueillant, conçu par, avec, pour des adultes. Il est coupé de son milieu naturel familier, ses pairs, activités habituelles, objets usuels favoris. Il s’y ennuie. Son bien-être physiomoral s’en ressent.

Cela s’ajoute alors au stress, à la souffrance de l’accident ou de la maladie, aux contraintes des soins pratiqués. Les services sanitaires spécialisés sont insuffisants et trop rares encore malgré des progrès. Il y a pénurie de médecine scolaire, universitaire, Maisons des Adolescents, de départements hospitaliers de médecine du jeune. D’omnipraticiens jeunologues de santé somatique générale ou spécialisée. Aussi de psycho-intervenants spécifiques exclusifs de l’adolescence et de la jeunesse des treize – vingt-quatre ans.

Également de centres psychiatriques, médico-psychopédagogiques juvéniles d’écoute, de conseils. D’orientation santé aussi en ligne sur le Web comme doctissimo.fr, tasante.com ou filsantejeunes.com joignable aussi par téléphone… En particulier le nombre de personnels sociosanitaires de collèges, lycées, d’établissements d’enseignement supérieur est dérisoire. Rapporté au nombre d’établissements et de scolarisés. Les dispositifs et actions sanitaires biopsychiques spécialisés pour les jeunes, leurs souffrances sont souvent très parcellaires, parfois lacunaires.

Encore bien trop insuffisamment capables de s’adapter réellement aux spécificités juvéniles, faire du « sur-mesure ». Des soins psychosomatiques, dentaires, sociaux gratuits pourraient être réservés aux seuls juniors en des centres bien spécifiques. Le jeune se doit de réapprendre à « apprivoiser » sa santé pour aller encore et toujours mieux. Les structures de santé classiques ne conviennent pas aux jeunes. Celles qui leur sont consacrées sont trop rares encore malgré des progrès récents, sont engorgées. Il s’agit de développer ce qui existe, créer des établissements idoines qui seraient plus « adéquats ».

En toutes les principales villes du pays se généraliseraient des unités de soins somatiques et psychologiques pour jeunes. Ainsi que des structures hospitalières spécialisées. Avec la mise en place de ces réseaux en forme de « maillage » sur l’ensemble du territoire existerait une vraie politique de santé spécifique. Avec des moyens, programmes d’action efficaces. Pour que la santé des jeunes s’améliore de façon plus décisive. Il est alors indispensable de sensibiliser l’ensemble des personnels soignants à la forte spécificité psychosomatique de l’adolescence, la jeunesse.

Les praticiens, personnels spécialisés seraient plus nombreux, mieux formés. En unités de jour, comme de nuit les jeunes seraient regroupés sans enfants ni adultes. Cela contribuerait psychiquement à les rassurer, réconforter face à l’angoisse, la solitude de l’accident, la maladie, la mort, du soin. Il importe que les unités hospitalières qui reçoivent un public juvénile soient non seulement spécialisées, réservées aux jeunes patients mais également spécifiquement aménagées. Afin de répondre à tous leurs attentes, particularismes. Alors s’impose une prise de conscience à ce jour peu existante-194 !

La coupure de l’hospitalisation serait adoucie par un décor, des équipements culturels. La proximité de certains objets familiers et la possibilité de recevoir régulièrement les pairs. La santé scolaire, universitaire qui manque cruellement d’effectifs, de moyens serait renforcée. Il y aurait au moins deux Maisons des Adolescents par département sans exception. Chaque hôpital public et privé d’importance grande ou moyenne aurait un département de médecine de l’adolescent, du jeune. Non plus seulement certains d’entre eux.

Les dispositifs, actions sanitaires biopsychiques pour les juniors, leurs souffrances sont insuffisants, inadaptés. Une refonte-développement d’ensemble se fait fort attendre. L’instauration d’une santé somatique holistique générale, spécialisée et psychothérapeutique « jeunologique » s’impose. Il n’existe pas en France de médecine ni de praticiens de la jeunesse, d’ « adojeunologie » comme pour d’autres âges de la vie ou trop peu encore. Comme la pédiatrie pour l’enfance ou la gériatrie pour la vieillesse. Cela reste non-sens archaïque car la spécificité psychosomatique pubertaire, postpubertaire des sujets juvéniles est majeure et n’est plus à démontrer.

Dans le cursus des études médicales la santé somatopsychique de l’adolescent, du jeune n’est pas assez une spécialité de plein exercice. Reconnue à part entière. Hormis certaines exceptions les jeunes sont amenés à consulter des praticiens généralistes ou spécialistes pour adultes. Le plus souvent ceux-ci sont fort peu sensibilisés et insuffisamment formés à leurs problématiques spécifiques. En outre à cet âge de vie l’interaction entre psychisme et corps physique est particulièrement vive. Bien connaître les vrais arcanes de la personnalité juvénile est primordial pour tout bon médecin.

La relation entre les mineurs et leur praticien ne repose pas assez sur la confiance, le respect ou la stricte observance du secret médical, de la confidentialité. Le jeune ne peut vraiment se dire, être bien soigné que s’il est en relation de confiance. Bien le traiter requiert plus d’effort, d’adaptation, d’écoute, de psychologie que pour des patients adultes. Les médecins français ne sont pas toujours assez sensibilisés, vigilants, attentifs au particularisme en jeu. Une vraie santé jeunologique somatique, psychothérapeutique globale et intégrative pourrait voir le jour. Telle spécialité médicale à part entière. Enseignée au cours des études sanitaires de façon « reconnue ».

Avec une spécialisation en internat pour l’exercice des jeunologues à destination des jeunes. Pédiatrie, pédopsychiatrie ne concerneraient que les enfants. L’adoJeunologie, l’adoJeunopsychiatrie, les juniors de treize – vingt-quatre ans. Psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes seraient formés en adoJeunopsychologie / psychothérapie. Les juniors français ne sont pas les jeunes d’Occident qui ont la meilleure santé psychosomatique, sociale. De gros efforts restent donc à accomplir en la matière.

En France, l’obligation de se recycler, suivre une formation continue n’est pas suffisamment suivie par les praticiens de façon contrôlée, impérative. Elle est plus théorique que pratique. Cela changera. Il n’est pas concevable que face à une médecine qui mute constamment les médecins ne soient pas mieux conduits à se remettre à niveau, surtout en adologie. Tout médecin en exercice qui le souhaite pourrait s’y spécialiser. Il resterait « compétitif », performant lors de sa carrière. Des certifications s’en assureraient. Du fait de la fragilité, l’évolutivité de la personnalité juvénile en maturation le jeune patient doit toujours pouvoir avoir pleine confiance en son praticien.

Celui-ci n’abordera pas leur relation très particulière en fonction du seul âge mais telle personne, personnalité à part entière. Il importe que le généraliste, le spécialiste aient une vision globale parfaite, corps, esprit, sociologie du sujet. Tant les interactions sont grandes, particulièrement cruciales à ce temps de vie si « particulier ». Un jeune en vraie « bonne santé psychosomatique, sociale » acquiert de ce fait un complet état d’intégrité physique, d’équilibre psychologique, de plénitude sociale. Il se sent bien avec son corps, les autres, lui-même, son environnement habituel-195.

Un tableau comparatif de santé juvénile dans le monde occidental nous donne des éclairages sur les progrès restant à accomplir en France. Qu’est-ce donc un jeune en « parfaite santé psychosomatique » ? L’état sanitaire optimum appréciable selon la définition même de l’Oms, l’Organisation Mondiale de la Santé, (Genève, 1948) doit être complet. Il est tout à la fois un bien être physique, comme un bon équilibre psychologique, une plénitude sociale. Il ne se préjuge pas de la simple absence d’altération et de handicap. Comme évoqué en préambule. N’oublions pas l’accomplissement capital de soi : culturel, intellectuel, moral, spirituel. (Alvin, Michaud, 1997).

Les politiques de Santé publique de la jeunesse mettent l’accent sur la prévention-196. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé : éviter ou limiter l’impact de tous affection, accident, handicap. La prévention primaire a pour objectif d’éviter la survenue de troubles sanitaires. La prévention secondaire détecte tous les dysfonctionnements pour mieux les enrayer. La prévention tertiaire lutte contre les rechutes, seconde tous les sujets atteints. Participent au dispositif de soins du jeune : hôpital, médecine de ville, Aide Sociale à l’Enfance.

Protection Judiciaire de la Jeunesse, médecine scolaire, aussi universitaire… Il n’existe pas assez de départements hospitaliers de médecine juvénile pour les seuls treize – vingt-quatre ans. Les plus jeunes vont en pédiatrie avec les enfants, la plupart avec les adultes ce qui est fort inadapté. La psychiatrie hospitalière juvénile est encore embryonnaire. La médecine scolaire ne concerne que le secondaire public, le privé sous contrat. Alors l’enseignement secondaire privé hors contrat est indûment exclu, lacune des plus iniques et dommageables.

Il existe des médecins et infirmiers, des assistants sociaux scolaires et universitaires. En nombre, à moyens bien trop insuffisants-197. La plupart des jeunes consultent leur médecin généraliste au moins annuellement. Les spécialistes le sont beaucoup moins, en particulier de santé scolaire ou psychomentale. Les premiers interlocuteurs de santé de nos jeunes sont leurs parents. La difficulté viendra du fait que le jeune maîtrise encore mal son corps, sa psychologie, sa problématique santé. L’incitation à consulter vient encore plus souvent de l’entourage notamment parental que du junior lui-même. Toute « incursion » de l’adulte en l’intimité, le corps, l’esprit du junior est volontiers ressentie comme une menace contre sa pleine souveraineté.

Concernant la consultation médicale des adolescents mineurs toute la difficulté consiste à les inciter à s’y rendre. À aborder très librement l’essentiel. À ce que les parents ne soient ni trop intrusifs ni trop absents. Le jeune sera généralement vu seul, le secret médical assuré sauf cas de dangers graves. La consultation de jeunes sera non seulement centrée sur un aspect particulier mais aussi sur l’appréciation générale du junior. Quant à son existence quotidienne globale. Cela contribue à mieux comprendre et aider le jeune concerné en son ensemble, holistique et général. Au-delà des dysfonctionnements, plaintes et insatisfactions les réalités les plus positives seront abordées et encouragées-198.

En matière de santé juvénile il s’agit d’optimiser tout recours aux soins, la prévention, l’éducation sanitaires de nos treize – vingt-quatre ans en France. L’on observe au sein de la nouvelle génération une réelle souffrance psychique profonde, prégnante. Accentuée par la solitude, le marasme matériel et financier. Une étude de l’Union nationale des Mutuelles étudiantes régionales, l’Usem, (Devenue EmeVia) révèle des résultats intéressants en l’espèce.


 

 

36,2 pour cent des étudiants interrogés disent leur difficulté à maîtriser leur stress. 31,3 pour cent affirment s’être sentis déprimés au cours de plus de deux semaines dans l’année. 8,8 pour cent disent avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée. 10,4 pour cent consomment « parfois » ou « souvent » des médicaments psychotropes, anxiolytiques, antidépresseurs. 12,2 pour cent avouent avoir une vision plutôt défavorable de l’avenir. (Usem, France, 2008).

Outre la solitude, les difficultés pécuniaires, les causes sont liées aux incertitudes, doutes, peurs et interrogations sur l’orientation ou l’avenir. Ainsi qu’aux discriminations, injustices, violences subies. Cette perte de confiance en soi et en autrui, l’avenir, la vie peut mener à des suicides, conduites à risque et addictives. L’actuel contexte des plus difficiles de crise socioéconomique et morale sociétale aggravée et généralisée accentue la fragilisation des jeunes. Génération moins protégée, expérimentée ou aguerrie que ses aînés. Par ses caractéristiques de vulnérabilités propres à son jeune âge.

Les seize – vingt-cinq ans sont plus sujets aux comportements dangereux et aux dépendances que d’autres groupes de la population. Notamment en terme de produits toxiques psychoactifs consommés en excès des plus répétitifs. Éducation, prévention sont bien insuffisantes notamment en matière de comportements sexuels à risques. Près d’un dixième des jeunes majeurs de moins de vingt-six ans ont un problème lié à l’alcool. Notamment d’alcoolisations extrêmes, fréquentes et ultranocives. Les polyconsommations progressent avec les risques très élevés y compris mortels que cela comporte en déviances. (Sénat, France, 2009).

Plus du dixième des jeunes de dix-sept ans consomment régulièrement du cannabis, plus de la moitié d’entre eux l’ont déjà expérimenté. Les juniors de notre pays sont parmi les plus concernés d’Occident par la prise cannabique. Son coût social pourrait approcher le milliard d’euros. Les jeunes consomment régulièrement bien plus de drogues, de tabac que la population générale mais nettement moins d’alcool. Les juniors sont encore trop démunis face à la sexualité. Notamment en terme d’information, de protection adéquates. La seule pornographie en tient souvent lieu chez les jeunes.

70 pour cent des jeunes de seize – vingt-cinq ans disent avoir déjà eu un rapport sexuel. À quinze ans moins d’un jeune sur six est « sexuellement actif ». 97 pour cent le sont à vingt-cinq ans. Quatre jeunes sur cinq ont eu recours au préservatif lors de leur premier rapport. 86 pour cent des juniors sexuellement actifs disent user régulièrement de contraceptifs. 12,3 pour cent ne tentent rien contre tous les risques de fécondations. Moins de 4 pour cent affirment avoir eu une infection sexuellement transmissible, Ist.

14 pour cent des filles « sexuellement actives » ont usé d’une contraception dite d’urgence. 7,5 pour cent ont recouru à une interruption volontaire de grossesse, Ivg. Plus d’un dixième des filles de vingt-trois – vingt-cinq ans. Les Espaces Santé Jeunes, Esj sont très consultés par les juniors quant aux questions sexuelles. Les espaces de soins étudiants sont trop peu visités car peu connus. Seuls un quart des étudiants connaissent la Médecine Préventive Universitaire, Mpu et même moins de 7 pour cent le Bureau d’Aide Psychologique Universitaire, Bapu.

Les étudiants consultent régulièrement. 83,6 pour cent d’entre eux ont vu leur praticien de santé dans les six derniers mois. Dans près de 85 pour cent des cas les consultations sont généralistes. Or, il n’y a pas toujours d’examen global et préventif. Les prises de risque et les dépendances addictives sont alors souvent décelées tardivement. Les soins auditifs, ophtalmologiques, bucco-dentaires, comme gynécologiques sont fort négligés. Avec tous les risques que cela comporte. Plus des trois quarts des étudiants qui ne consultent pas disent que c’est faute de réel besoin, un cinquième faute de temps disponible.

14 pour cent avancent des impossibilités financières. Il peut y avoir absences de mutuelle santé, difficultés à avancer les frais des consultations notamment ceux dits en dépassements. Plus d’un jeune sur six n’a pas de couverture complémentaire santé. Plus de 83 pour cent des étudiants disent avoir une mutuelle santé complémentaire propre. Taux le plus bas dans la population générale. Une moitié des étudiants non couverts évoquent de vrais obstacles financiers et presque autant un non-besoin, une mauvaise information. 65 pour cent des jeunes peu ou pas qualifiés des missions locales et sortis des études n’ont pas de mutuelle. (Usem, France, 2008).

Même s’ils en ont une beaucoup ne pourraient pas avancer les frais médicaux. Toutefois la création de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire, la Cmu-c, a bien amélioré les choses. En 2007, le taux de couverture des seize – vingt-cinq ans hors Cmu-c se situe entre 83 et 87 pour cent selon l’âge. Entre 89 et 93 pour cent, Cmu-c incluse. Nombre de ces juniors qui pourraient en bénéficier ne le font pas souvent par manque d’information. Les jeunes peuvent consulter tout professionnel de santé en ou hors leur établissement d’études ou d’emploi. Également à des structures sanitaires plus spécifiques. Il y a les Points Accueil Écoute Jeunes, Paej, les Permanences d’Accueil, d’Information, d’Orientation, Paio, devenues Missions Locales pour l’Insertion Professionnelle et Sociale des Jeunes. Ceci pour les juniors les plus en difficulté donc vulnérables. (Sénat, France, 2009).

Conduites à risque, problèmes de santé y sont aussi fort bien pris en considération. Des psychologues y sont présents. Le jeune est orienté vers le système de soins général. Les Espaces Santé Jeunes, Esj sont anonymes, gratuits. Il s’agit d’espaces d’accueil, d’écoute, de prévention, d’orientation pour les onze – vingt-cinq ans. L’objectif est triple. Éduquer à la santé, optimiser la plénitude, comme prévenir tous les troubles psychiques. Avec une équipe pluridisciplinaire et une prise en charge de la santé globale, holistique. Physique, psychique, sociale, relationnelle.

Un travail en réseau avec les professionnels de la santé juvénile. Ces centres trop peu nombreux sont à généraliser. Les Centres d’Examen de Santé, Ces peuvent aussi accueillir des jeunes en difficulté ou en parcours d’insertion. Les Permanences d’Accès aux Soins de Santé, Pass sont des structures de prises en charge médicosociale. Elles facilitent l’accès de toutes les personnes en difficulté au système de santé et d’aide sociale. Sous l’égide le plus souvent du Service public hospitalier. Les centres de Planning familial permettent d’évoquer l’ensemble des questions affectives, sexuelles juvéniles.

Les jeunes filles y compris mineures peuvent s’y voir accorder une contraception y compris d’urgence de façon anonyme et gratuite. Librement, sans autorisation parentale. Elles sont informées sur la sexualité, les méthodes contraceptives. Les Ateliers Santé Ville interviennent lors des Contrats Urbains de Cohésion Sociale. (Quartiers Prioritaires). Il y a des organismes de traitement des addictions. Citons les « aides aux sevrages tabagiques ». Des consultations existent en la matière notamment en milieu hospitalier. Les soins en alcoologie sont délivrés en centres spécialisés ou hospitaliers.

Il y a aussi des consultations spéciales pour usage de cannabis et autres drogues. De façon anonyme, gratuite. Cela permet de bien faire le point quant aux consommations, de proposer des solutions de sortie de dépendance et prise de produit-s. Existent aussi des centres spécialisés pour les toxicomanes dépendants et sous emprise. Une unification de tous les centres spécialisés s’opère avec la création des Centres de Soins, d’Accompagnement, de Prévention en Addictologie, Csapa. Ce qui est positif-199.

En 2006 est signée la Charte de la Santé des Jeunes en Insertion sociale, professionnelle. Car ces jeunes de seize – vingt-cinq ans sont soumis à des problèmes de santé accrus par rapport aux autres juniors. Il s’agit de favoriser l’accès aux soins, aux droits, à la prévention et à l’éducation pour la santé. En renforçant le lien social, en encourageant les actions de promotion de la santé pour améliorer la qualité de vie des jeunes, leur bien-être, autonomie. Le plan Santé des Jeunes de 2008 traite de l’ensemble des problématiques de santé des seize – vingt-cinq ans français. Comportements à risques, addictions, prévention, accès aux soins.

Au-delà, il s’agit de renforcer l’éducation, comme la prévention à la santé pour responsabiliser les jeunes en la matière. Ainsi les professionnels de santé seront mieux formés au repérage des comportements à risques, à la diffusion des vecteurs protecteurs. Une consultation médicale d’ « aptitude professionnelle » peut également concerner tous les juniors débutant une formation en alternance. Il convient aussi de développer, systématiser les enseignements d’éducation à la santé pendant toute scolarité secondaire, supérieure. L’objectif général est de favoriser le recours universel aux soins pour tout jeune. De façon accessible et incitative.

Pour cela il s’agit d’évaluer les structures en charge de la santé de ces jeunes, leur complémentarité avec les organes généralistes. Il convient de généraliser la consultation de santé gratuite du plan « Santé des Jeunes » pour les seize – vingt-cinq ans. L’on peut aussi améliorer la couverture santé grâce à un « Chèque Santé » pour tous les juniors en situation précaire et les étudiants boursiers. Pour financer au minimum les trois quarts du coût d’une mutuelle complémentaire santé. (Sénat, France, 2009)-200. La France se targue toujours d’avoir l’une des « meilleures médecines du monde ». Or, prenons bien garde à certains retards fort endémiques. Nous avons rattrapé notre déficit antérieur en matière de mortalité néonatale. Toutefois en 2019 notre « espérance de vie en bonne santé » atteint les 63 ans, contre une décennie de plus : 73 ans, en Suède ! Efforts, progrès en l’espèce restent donc primordiaux.


 

 

Le drame cinématographique germano-américain Prozac Nation, (E. Skjoldbjærg, 2001) décrit les souffrances psychiques de certains jeunes. Dans les années 1980 une étudiante, Elizabeth réussit à intégrer la fort célèbre université Harvard. (États-Unis). Or, elle finit par y connaître une terrible dépression mentale. Le film suit l’autobiographie d’E. Wurtzel, 1967-2020,  journaliste américaine : Prozac Nation – Avoir vingt ans dans la dépression. (Témoignage, États-Unis, 1994). Elle y narre son quotidien estudiantin très dépressif. Elle est l’une des premières à être soignée par le nouvel antidépresseur Prozac-201.

Peinture d’une néogénération fort désespérée par la désunion familiale, la crise morale, socioéconomique, le tourment existentiel qui est le sien… En ravageuse vacuité axiologique. L’être humain ne peut « vivre de pain seulement » ! (Matthieu, apôtre, Moyen-Orient, Ier s., Évangile néotestamentaire selon Matthieu, IV, 4, La Bible, Moyen-Orient, Ier s.). Même « gavée » à l’excès de tout confort matériel la jeunesse « se meurt » faute de l’essentiel : son accomplissement de soi. Elle ne peut le trouver qu’en elle-même et si l’adulte joue pleinement son rôle d’ « éveilleur-passeur » !


 

 

Parfois l’amitié est plus forte que l’amour

Même si l’on n’est pas toujours d’accord


 

Alexandre, quinze ans202


 

 


2


VOTRE PERSONNALITÉ


 

Vos Psychologie-s (Andro)AdoJuvénile-s /

Postulat de « Crise »


 

 

Il faut se garder de vouloir

Uniformiser les mentalités


 

A. David-Neel

Exploratrice, orientaliste, écrivaine

Belgique, France, 1868-1969


 

 

La crise n’est pas comme une maladie dont l’on ne peut sortir

Elle est comme une sorte de nouvelle naissance !


 

P. Mauroy

Homme d’État, France, 1928-2013


 

Discours de Lille

Intervention politique, France, 1983


 

 

Votre psychologie juvénile présente ses caractéristiques propres. Votre maturation psychologique de jeune est cognitive-émotionnelle et sociomorale-comportementale. Votre essence individuelle psychique de jeunesse, votre façon d’être sont spéciales. Il existe des vecteurs générationnels qui permettent de bien « dépasser » votre juvénilité. Laquelle n’est ni « crise » ni maladie.


 

 

En 1874 le compositeur tchèque B. Smetana (1824-1884) écrit l’un de ses six célèbres poèmes symphoniques La Moldau en allemand. Moldava ou Vltava en tchèque. L’ensemble s’intitule Má Vlast, Ma Patrie (1874-1879), à la gloire de la future jeune nation de Tchéquie, ex-BohêmeMoravie. Libérée, indépendante en 1918 de la tutelle de l’Empire d’Autriche-Hongrie (1867-1918). Il symbolise le cours de cette rivière de Bohême, des deux sources au confluent avec l’Elbe selon ses diverses traversées. Diurne et nocturne, tantôt paisible, apaisé, lent ou tempétueux, violent, rapide-203.

Sont évoqués les bois, les danses paysannes, nuits enchantées. Le déchaînement des eaux jusqu’à l’apothéose solennelle à Prague, l’écoulement en majesté devant la colline de Vyšehrad. Ainsi va la juvénilité en toutes ses phases inhibées, agressives et manipulatrices ou affirmées. De la pure sérénité sublime au plus profond désespoir torturé. En passant par les plus subtiles nuances possibles des humeurs du genre humain. Particulièrement ressenties à l’ « ère magique bien plus que tragique » de la jeunesse-204 !

La jeunesse n’est pas une « crise ». Pas davantage un simple « passage » secondaire qui serait « à vide » entre deux autres temps de vie plus accomplis. Or, un état des plus complexes, multiformes, d’évolution, « non à part mais à part entière ». Certes très éruptif, changeant, radical mais avant tout des plus riches, passionnants, comme passionnés, « métaphysiques » même. La juvénilité se caractérise par une inventivité, créativité, ingéniosité des plus remarquables ! Par une maturation cérébrale cognitive, émotionnelle, comportementale à son zénith.

Ainsi B. Pascal invente la première calculatrice mécanique dite Pascaline à dix-neuf ans, en 1642. (B. Pascal, scientifique, philosophe, théologien français, 1623-1662). L. Braille conçoit le premier système d’écriture tactile à points saillants pour aveugles / très malvoyants : le braille, à seize ans, en 1825. (L. Braille, inventeur, enseignant français, 1809-1852). G. Westinghouse met au point le premier frein à air comprimé pour locomotives à vapeur, à vingt-deux ans, en 1868. (G. Westinghouse, ingénieur, entrepreneur américain, 1846-1914).


 

 

L’homme ne peut supporter

Une vie dénuée de sens


 

C. G. Jung

Médecin psychiatre, Suisse, 1875-1961


 

 


[ VOTRE NÉOPSYCHOLOGIE ]

COGNITIVE-ÉMOTIONNELLE À L’ADOJEUNESSE


 

 

Votre juvénilité moderne a été théorisée depuis l’Émile ou De l’éducation. (Traité pédagogique, France, 1762). De l’écrivain, philosophe genevois J.-J. Rousseau (1712-1778). Au dix-huitième siècle de la pédagogie des Lumières-205. Entre onze et vingt-cinq ans votre psychologie juvénile révèle des caractéristiques spécifiques fort originales. Très éloignées de celles de l’enfance, l’adultisme, la sénescence. Votre personnalité cognitive, émotionnelle, sociomorale, comportementale, les classifications mentales de votre jeunesse nous révèlent une génération passionnante. Touchante et attachante, à nulle autre pareille. Onze / douze ans annoncent la toute fin de votre enfance et les débuts de votre puberté.

Quinze / seize ans marquent les débuts de votre raisonnement « de type adulte ». Dix-huit / dix-neuf ans connaissent les limites ultimes de votre adolescence proprement dite. Vingt-et-un / vingt-deux ans représentent l’acmé de votre pleine jeunesse préadulte. Vingt-quatre / vingt-cinq ans signent enfin l’achèvement de la complète maturation de tous vos tissus cérébraux et de l’ossification générale de votre squelette adulte. Vos habitus psychosociologiques juvéniles présentent un haut particularisme avéré. D’un point de vue éthologique, des mœurs, mentalités, cognitions, émotions, comportements et attitudes.


 

 

Un samedi après-midi cinq jeunes sont consignés à leur lycée. Ils sont radicalement différents mais en réalité leurs similitudes l’emportent sur leurs différences et les rapprochent. Les masques tombent, les images de marque sont dépassées, leurs dissemblances ne sont plus vecteurs de conflits mais d’estimes réciproques. Le thème philosophique de dissertation de colle était : « Qui pensez-vous être » ? Les potaches y ont répondu en leur copie mais surtout par les liens qu’ils ont su nouer entre eux l’espace d’un après-midi.

Ce qui devait être corvée se révéla instructive, enrichissante leçon de vie. Thématique de The Breakfast Club. (Comédie dramatique américaine de cinéma de J. Hughes, 1985)-206. Une jeunesse « plus une que plurielle ». Assemblée, légitimée par ses particularismes psychiques générationnels communs. En dépit des types mentaux, socioéconomiques, culturels d’origine adulte. Une psychologie juvénile à part – entière – ! Il y a des jeunesses mais surtout une néogénération avec ses traits propres.


 

 


– Stades, Grands Traits –

De Votre Personnalité Psychique de Jeune


 

 

Psychologie vient du « latin savant psychologia (XVIe s.). (1754) Étude scientifique des phénomènes de l’esprit, de la pensée et caractéristiques de certains êtres vivants – animaux supérieurs, homme – chez qui existe une connaissance de leur propre existence. Ensemble d’idées comme d’états d’esprit ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-207.

Votre psychologie de jeune est la pleine caractéristique humaine et mentale qui fonde votre spécificité. Vous fait penser, raisonner, agir, être de façon particulière comme semblable. Par rapport aux enfants, adultes, à vos pairs. Votre psychologie cognitive, émotionnelle, sociomorale, comportementale juvénile ne peut se suffire de son évolution propre. Ses progrès endogènes intrinsèques et liés aux sujets. Elle est également « tributaire » des interactions attachées aux milieux de vie, à l’entourage humain et aux signaux, messages, codes… Délivrés notamment par les adultes dont le rôle est éducatif, éducationnel-208.


 

 

Plus que l’enfant, de plus en plus comme l’adulte l’adolescent est doué de raison : aptitude à penser, liberté : capacité d’action. Or, pour le malheur de ces jeunes le nombre d’adultes : parents, enseignants et responsables défaillants, « malfaisants-malfaiteurs » est hélas par trop incomparablement élevé. Bien plus que celui des adultes « à la hauteur », « bienfaisants -bienfaiteurs ». Ces pseudo-adultes ont eu eux-mêmes « maille à partir » avec des parents toxiques. Devenus ascendants à leur tour ils ne feront que « reproduire » au détriment de leurs propres rejetons des troubles et dysfonctionnements !

Ceux dont ils avaient pourtant eux-mêmes tant souffert. Ils ont « oublié » leur jeunesse, misère passée pour les infliger eux-mêmes à autrui comme pour s’en venger. De « victimes de leurs parents », ils se feront « bourreaux de leurs enfants ». Qui plus tard infligeront les mêmes sévices moraux à leur descendance. Ainsi de suite en cercle vicieux continu jusqu’à la fin des temps. Bien-être, mal-être, développement psychiques des jeunes dépendent fort avant tout des adultes. Tout spécialement des parents ! La psychoéthologie juvénile est de type développemental.

En ce sens que tout sujet doit tout d’abord réaliser l’ensemble du parcours du « champ psychique » naturel qui lui est inhérent. De la fin de l’enfance, des débuts de la puberté à la fin de l’adolescence, aux débuts de l’adultisme. Il s’agit d’un « cycle » où tout est réévalué. L’individu jeune y connaît un remaniement psychomental drastique, une mutation fulgurante d’image corporelle plutôt malaisés. Le jeune est vulnérable, inconstant, influençable. En transit prolongé, dépossédé des protections enfantines il n’a pas encore endossé celles de l’adulte.

Il se trouve en une position intermédiaire très inconfortable de fragilité, d’évolutivité physiopsychiques. D’où un sentiment fort pénible d’insécurité, de peur irraisonnée, d’angoisse diffuse, de danger, frustration, d’incomplétude. De remise en cause et « mal-être » défensif quasi permanent. Le dernier trait propre à la psychomentalité juvénile est celui de la maturité en marche. Le jeune est en phase de consolidations agressives de son moi. Il doit régler ses « conflits imagoïques » parentaux et de son identité sexuée. Décider, assumer, vaincre.

Il est en recomposition d’une personnalité chargée d’émotions, de pensées, représentations très idéalisées. Dont il doit faire seul le deuil pour être un adulte accompli psychiquement, socialement acceptable par son milieu. La psychologie juvénile s’est « perfectionnée » par rapport à celle de l’enfance. Or, elle « se cherche » encore et toujours par rapport aux renforcements de l’adultisme accompli. Elle peut alors être inhibée, agressive, manipulatrice, affirmée selon les individus. Cela signifie des attitudes trop en retrait, négligeant soi-même et ses besoins propres. Trop éruptives, privilégiant excessivement son ego, ses avantages personnels. Équilibrées, c’est-à-dire tenant autant compte de soi, ses intérêts propres que de l’autre et son bien.

L’ethnopsychologie du junior d’Occident démontre à l’envi s’il en était encore besoin à quel point les particularismes culturels et anthropologiques peuvent influer sur sa personnalité. Même entre pays d’aires civilisationnelles relativement homogènes. La nouvelle psychologie juvénile laisse entrevoir des régressions, stagnations, progressions. Elle est évolutive et impulsive, plastique et perméable, créative et passionnée. Les finalités des remaniements psychiques de l’adolescence, de la jeunesse sont de devenir adulte en assumant pleinement tout son caractère. D’approfondir, comme mûrir sa pensée intérieure. D’être en mesure de jouer un rôle social accru. Au temps de jeunesse.

L’importance d’une bonne « éducation psychologique » des jeunes n’est pas contestable. Elle peut contribuer à transmettre aux jeunes les connaissances adéquates du fonctionnement, de l’équilibre psychiques humains juvéniles. Pour leur permettre de mieux vivre, réussir leur existence. Qu’est-ce qu’un jeune mature psychiquement équilibré ? Persévérance-ténacité, pugnacité- effort, rayonnement-enthousiasme. Telles sont les « qualités » principales susceptibles de lui permettre d’atteindre ce résultat. Le psychisme juvénile connaît un développement cognitif, émotionnel, sociomoral, comportemental inédit.

La psychologie d’un sujet ne dépend pas que de lui-même, son âge, son parcours. Aussi de son appartenance ethnique, anthropologique, culturelle. Cela crée des similitudes, divergences entre la personnalité des jeunes français, celle de leurs pairs des autres pays d’Occident. La psychologie de la jeunesse connaît des régressions car les protections de l’enfance passée peuvent apparaître comme des plus rassurantes en des circonstances inédites. Ces dernières étant dès lors plus ou moins « inquiétantes ».

Des stagnations existent aussi quand cela réconforte le jeune de pouvoir faire certaines « pauses » pour « refaire ses forces ». Avant que de reprendre tout l’effort de sa progression vers l’adultisme. Majoritairement le psychisme du jeune progresse vers toujours plus d’avancées hardies. Car la quête de l’évolution des nouvelles conquêtes prometteuses est toujours malgré tout la plus naturelle, attirante, gratifiante. En « construction » le jeune est changeant, se fie beaucoup à ses « intuitions » premières. Ce qui ne l’empêche pas d’être à l’occasion hésitant, velléitaire car encore fragile.

Il est influençable par le monde extérieur, ses états d’âme car encore insuffisamment sûr de lui, des autres. Tout en sachant, voulant s’affirmer, s’imposer quand il le peut. Il a envie d’innover, d’adhérer corps et âme car il a soif d’apprendre et de se dépasser. En dépit de phases de doutes, d’abattement, d’inertie, d’inappétences par son état « précaire ». Le junior devient en mesure de se battre, non pour être « convenable » comme à l’enfance. Plutôt pour mieux s’imposer, réussir, l’emporter sur le mode adulte. Une bonne « éducation psychologique » des jeunes est incontournable-209.

Leur transmettre les meilleures connaissances adéquates du fonctionnement, de l’équilibre psychiques humains juvéniles. Leur permettre de mieux vivre et bien réussir leur existence. Trop d’ignorances sont encore gages de mal-être, craintes, manque de confiance en soi, l’avenir. Éclairer le jeune sur lui-même, autrui, la vie devrait aplanir ces doutes lancinants, obstacles délétères. Avancer, être heureux ! Un junior mature psychiquement équilibré est persévérant, tenace, combatif, dur à l’effort.

Il cultive charisme, rayonnement, enthousiasme, ouverture sur les autres. Il sait aller au-delà des contingences par nature décevantes du quotidien. Pour suivre son plein destin avec force, sérénité-210. Le fonctionnement mental des juniors devient plus élaboré, « sophistiqué ». Rêveries, imaginaires, fantasmagories se développent. Le monde intérieur des jeunes devient des plus riches, créatifs, inventifs, productifs. Le stade de raisonnement mental « hypothético-déductif » est atteint. (Coslin, 2013).

Le jeune devient alors capable de façon abstraite de formuler, d’induire des hypothèses pertinentes pointues. D’en tirer des conclusions, des enseignements déduits. Ainsi l’enfant appréhende très parfaitement l’idée d’école, l’adolescent celle d’éducation. Le syncrétisme infantile consiste à penser que si l’on croit théoriquement en quelque chose cela figure alors forcément en la réalité. Que si l’on ne la perçoit plus c’est qu’elle « n’existe plus ». Cela est terminé à l’adolescence. Le junior sait bien désormais faire la différence entre ses certitudes et états d’âme et la matérialité de l’existant réel. En son rapport au jeune l’adulte se doit d’adopter un comportement modéré et compréhensif mais très ferme sur l’essentiel.

Car sa personnalité est instable, évolutive. Le sujet de cet âge ne peut, ne sait supporter la phobie viscérale irraisonnée de ce qu’il est et représente. Ni sa défense inconditionnelle tout autant irrationnelle, néfaste pour lui. Tempérance et équilibre de principe s’imposent en la relation éducative avec tout jeune. L’adulte peut apprendre à mieux relativiser, bien « gérer » les « sautes d’humeur » de l’adolescent. Qui sont imprévisibles, difficiles à appréhender. Elles résultent du syndrome du Complexe du Homard. (La Cause des adolescents, essai psychosociologique, France, 1988). Élaboré et expliqué par la pédiatre et psychanalyste française F. Dolto (1908-1988)-211.

Par lequel le jeune masque toute sa vulnérabilité par des mécanismes de protection réactifs compensatoires. Il s’agit d’être attentif à ne pas brimer cette sensibilité de front. Il convient d’entendre son point de vue. Pour mûrir tout adolescent a résolument besoin de s’opposer pour s’affermir. Affirmer sa nouvelle personnalité, ses attributs de souveraineté tout neufs comme lors de ses trois ans. Il a besoin d’être en mesure de détruire des schémas périmés pour en élaborer d’autres plus adaptés. D’opérer le plein deuil de son passé en un processus de réassurance.

L’adulte gagnerait à comprendre cette configuration, à ne pas s’y heurter, l’accompagner sans nuls « présupposés obtus ». Le junior accède à la « pensée opératoire formelle » selon la classification du psychologue suisse J. Piaget (1896-1980)-212. À partir de l’âge du collège entre onze et quinze ans l’adolescent dépasse le concret, sait identifier la réalité en un tout de transformations réalisables. Idéaux et théories émergent au-delà du simple ajustement au réel. La pensée devient alors apte à toutes inférences mentales.

Le groupe Inrc, « Identité, Négation, Réciprocité et Corrélativité » caractérise les avancées de la « pensée formelle » adolescente. Le « système combinatoire » juvénile est donc la capacité à appréhender l’ensemble des latitudes d’une occurrence particulière. Concernant les facultés de cognition, émotionnelles adolescentes l’on assiste à une reconfiguration des activités mentales des jeunes. Au développement de nouveaux moyens de pensée-213. La réflexion sur des concepts multifactoriels devient possible avec de nouvelles élucubrations analytiques, comme déductives.

Piaget décrit un triple mécanisme d’adaptation, assimilation et accommodation. L’adaptation établit une jonction entre l’assimilation et l’accommodation. Il y a assimilation d’éléments selon des états préétablis, bonne accommodation de ces états aux éléments, comme aux réalités nouvelles. En assimilant, tout sujet juvénile intègre les éléments extérieurs selon ses structures propres. Par l’accommodation idoine les structures sont modifiées pour s’adapter à une réalité et une expérience nouvelles pour le junior. Qui ne pourra grandir qu’en tenant compte de ses réalités endogènes et de celles externes.

Les jeunes sont concernés par le stade IV, celui de l’intelligence formelle, de douze ans à l’âge adulte. La « pensée formelle » est hypothético-déductive et indépendante du contenu. Elle marque le plein passage « du réel au possible ». Elle résout des problèmes à plusieurs dimensions. Elle est combinatoire, faisant envisager tous les cas possibles d’une situation donnée-214. L’adolescent commence à avoir accès à la complexité des liens interpersonnels. Il sait mieux comprendre autrui, ses comportements. Car il connaît, maîtrise bien mieux sa propre personne, personnalité.

La conceptualisation, la méditation sur soi sont en marche. Pensée, activité mentale deviennent alors adultes. Une nouvelle aptitude au raisonnement change à jamais la conception des choses, des êtres. La mentalisation est au centre de la conscience humaine aboutie de toute chose. Ce qui modifie la perception, l’intelligence du monde et de l’existence. Le jeune comprend désormais les données complexes. Car il devient en mesure d’en appréhender de façon concomitante toutes les implications idoines.

Abstractions, déductions, analyses sophistiquées ouvrent la voie à la vraie réflexion de type adulte. L’intelligence opératoire formelle de l’adolescent, comme de l’adulte est liée à deux vecteurs. Le système combinatoire, logique menant à l’aptitude à combiner tous les aspects possibles d’une situation. Le « groupe Inrc » : « Identité, Négation / inversion, Réciprocité, Corrélativité ». Le groupe Inrc est une structure cognitive à double réversibilité. La négation est le contraire de l’identité, la corrélativité l’opposé de la réciprocité. Il y a donc une double réversibilité.

L’identité concerne une action initiale donnée. La négation est alors l’inversion de l’opération originelle. La réciprocité tend à supprimer tout effet de l’opération d’origine en changeant une autre donnée en jeu. La corrélativité contrairement à la réciprocité consiste à soustraire, retrancher. Le système Inrc est donc une potentialité de retour en arrière et de contrepoids. La logique « combinatoire » fait entrevoir toutes les potentialités complètes d’une occurrence particulière. Tous les jeunes ne maîtrisent pas parfaitement la pensée formelle. Le système intellectuel et mental continue à progresser et s’enrichir au long de la vie.

De façon plus élaborée encore postformelle. Le junior devient capable de penser à ses pensées : métacognition. Il peut déduire des règles de ses investigations et aussi analyser les règles elles-mêmes pour en obtenir bien d’autres encore. L’introspection prédispose à de nouvelles aptitudes métacognitives. Se comprendre et mieux saisir les autres, la vie ou l’univers en leur très complexe réalité humaine. La cognition sociale juvénile se renforce également. Elle consiste à mieux comprendre l’opinion, la vision des autres, se mettre à leur place. Voir les choses de leur point de vue personnel et ressentir leurs difficultés propres en réelle empathie, compassion, comme congruence. Relativisation, distanciation, esprit de bon compromis, nuance s’ensuivent inéditement. Puis à l’adultisme. (Cloutier et al., 2008, 2015)-215-1.


 

 

La série de comédie télévisée française Soda porte le terme « anacyclique » d’ados, les adolescents et le symbole de leur boisson favorite avec l’alcool. Elle est diffusée sur la chaîne de télévision M6 puis W9 en 2011-2015. (Création K. Adams et al., Calt Production, France, trois saisons). Le personnage principal et scénariste est le jeune humoriste Kev Adams, vingt ans en 2011. Le dossier de presse de la chaîne résume ainsi ladite série :

« C’est le quotidien d’Adam, dix-huit ans, avec ses parents et sa petite sœur « diabolique », ses deux meilleurs potes, ses angoisses et ses rêves de jeune. Face à son plus grand défi : le monde des adultes et les meufs… »

Le jeune héros y est ainsi décrit :

« Adam a dix-huit ans. Lycéen en terminale L, fils aîné de la famille Fontella et chef implicite de sa bande de potes, il est comme la majorité des jeunes un « paresseux professionnel ». Dont le principal des passe-temps est de se laisser vivre. Quoi qu’il en soit un jour il sera « américain » ! Grande gueule et fanfaron devant tous ses amis et sa famille il l’est beaucoup moins devant Jenna, LA fille du lycée. Avec laquelle il rêve tant de sortir depuis sa sixième »…

Le jeune acteur français qui joue le rôle principal, celui d’Adam définit ainsi la jeunesse :

« Un jeune c’est le mélange entre un enfant et un adulte. Alors je suis d’accord avec vous, l’on aurait dû appeler cela un « enfulte » ou un « adufant » mais l’on trouvait les mots trop violents. Ce passage de l’enfant à l’adulte se fait par plusieurs étapes : l’envie de tester de nouveaux trucs, la découverte de son corps, la recherche de soi, de son identité… Mais avant tout être un jeune c’est faire de sa vie un film avec des phrases telles que : J’ai pas demandé à naître. Si elle ne sort pas avec moi je me suicide. C’est la fin du monde, j’ai pas fait mon exercice de maths ! Les plus petits problèmes prennent une importance « gargantuesque » et font de notre vie un film empli de rebondissements. C’est cela la jeunesse ».

K. Adams / Adam d’édicter ensuite certains préceptes :

« Les dix conseils d’un jeune à ses parents pour éviter les conflits de génération. – Un jean ne se repasse jamais ! – L’argent de poche est un acquis social qui ne peut exiger aucun devoir en retour – Le « rapprochement entre les peuples » étant une utopie…, pourquoi devrais-je m’entendre avec ma sœur ? – Les « conflits de génération » ont toujours existé… Je ne fais que perpétuer l’héritage familial ! –

Oui, dans un kebab il y a au moins cinq fruits et légumes. Sans compter les frites. – Le stress étant le « mal de ce siècle » vous devriez m’encourager dans mon projet de ne rien faire. – L’absence de pâte à tartiner à la maison est l’une des principales causes de fugue. – Je « sors » certes beaucoup mais c’est juste parce que ça me fait plaisir de vous voir quand je « rentre ». – Il n’y a rien de plus important que mes potes et les meufs… Heureusement j’ai mes potes ! – Rappel : un jean ne se repasse jamais » !

(M6, France, 2011)-215-2. Langage, conceptions juvéniles typiques de la mentalité jeune. Il n’y a rien à ajouter de plus. Sinon que cette production télévisée de fiction consacrée à la jeunesse est réaliste, représentative. Avec de jeunes acteurs de talent, beaucoup d’humour. Elle est le reflet sinon parfaitement fidèle, du moins révélateur de la plupart des jeunes, ce qu’ils vivent. De l’essentiel habituel et fort banal de la jeunesse française, occidentale, de son quotidien d’aujourd’hui. La juvénilité est une « magnifique promesse » de tous les possibles, une rayonnante « aurore boréale ». La fin de l’existence humaine trop souvent un regret, une tristesse. Le couchant est un « poignant adieu » toujours plus ou moins déchirant, souvent douloureux arrachement.

C’est pourquoi tant d’adultes vieillissants éprouvent-ils une telle nostalgie de leur flamboyant temps de jeunesse. Quand l’espérance des débuts de la vie était alors à son zénith. Avant que ne surviennent les fruits si empoisonnés des amères désillusions crépusculaires du « finissant âge mûr »-216… L’ardente juvénilité sait se réaliser mieux que tous autres en union symbiotique avec ses pairs néogénérationnels.

« L’expérience du Splendid nous a montré que les plus belles réussites malgré les défauts de chacun se forgent en la recherche de l’unanimité ».

(T. Lhermitte, acteur, scénariste et producteur de cinéma contemporain, France, entretien, Le Pèlerin, magazine hebdomadaire français n° 6982, 2016, p. 8. À propos de la célèbre troupe théâtrale née de la complicité d’un groupe de jeunes amis lycéens).


 

 


– Vos Pensée, Intellect, Raisonnement Mental –

Émotions de Junior


 

 

Votre Quotient intellectuel progresse chez vous, jeune, par rapport à l’enfant. Le Qi est l’un des moyens d’ « évaluer » l’intelligence générale en tant que caractéristique biologique. Il s’agit d’une mesure indirecte. Qi est un terme très générique désignant les tests psychométriques d’intelligence. Également tous les résultats aux « tests normalisés » comparant toutes les « performances » d’un individu donné à des questions précises. Par rapport aux réponses de l’ensemble de la population aux mêmes questions.


 

 

Les tests sont verbaux, de connaissance de la langue. De performance, mémoire et construction… Logiques, suites de chiffres… Les Qi en âge mental plafonnent à seize ans. Il s’agit de diviser le résultat au test de l’âge mental par l’âge réel, multiplier le tout par cent. Le quotient intellectuel des jeunes progresse. Il dépend de trois grands facteurs intervenant chacun à égalité pour un tiers. La génétique héréditaire. Le capital culturel et social. Le vécu original personnel. Surtout différents types d’intelligence, de créativité sont distingués selon les jeunes, leurs aptitudes. Ce qui constitue des indications précieuses quant à leur orientation scolaire et professionnelle adéquate-217.

Notons que la mesure d’une « bonne intelligence » purement intellectuelle, de la pensée ne suffit jamais. Comme seul élément prédictif d’une future réussite, intégration, adaptation à l’adultisme. Il s’agit aussi surtout de prendre en compte ce qui a été qualifié d’ « intelligence émotionnelle ». Habiletés relationnelles personnelles, interpersonnelles : conscience de soi, maîtrise de soi, réussite des rapports humains, empathie, motivation. Ces qualités sont les plus déterminantes en l’espèce-218.

La psychologie du développement juvénile mesure les différents stades d’évolution des sujets. Selon les individus, âges, caps franchis. L’on peut donc schématiquement distinguer les adonaissants ou néoadolescents-219, les adolescents ou juniorados, les adulescents ou jeunes. Neuf intelligences sont isolées par H. Gardner, psychologue du développement américain. (À l’origine de la théorie dite des intelligences multiples). Qui en admettra d’autres, reconnaîtra que le champ des possibles est extensible.

« Logique et mathématique. Spatiale. Interpersonnelle. Corporelle et kinesthésique. Verbale et linguistique. Intrapersonnelle. Musicale et rythmique. Naturaliste. Existentielle »-220. Il a été fixé huit grands pôles de créativité. « Scientifique. Organisationnelle. Sociale. Architecturale. Littéraire. Mathématique. Pratique. Stratégique »-221. Toutes ces « indications typologiques » de l’intelligence et la créativité comme le Qi peuvent être utiles pour le jeune. Notamment quant à l’orientation scolaire, professionnelle.

Il y a donc le néoadolescent « pubertaire » de douze à quinze ans. Ensuite le juniorado « en transition » de seize à dix-huit ans. Puis le jeune « affranchi » de dix-neuf à vingt-quatre ans. La psychologie différentielle juvénile selon les sexes établit des « points de comparaison » entre filles et garçons. En fonction également de l’hérédité, des milieux socioéconomiques, culturels d’appartenance, des vécus, personnalités juvéniles. Cette psychologie différentielle dresse une « cartographie » des mentalités du jeune.

La personnalité humaine se façonne véritablement à la jeunesse. Elle possède une double composante. Innée avec le tempérament ou idiosyncrasie et par ses cognitions, émotions. Acquise par le caractère avec toutes ses émotions et ses attitudes face aux occurrences à autrui. La personnalité est une stabilisation, une adaptation au milieu de vie, des cognitions, émotions et comportements de l’individu. La « caractérologie » de chaque jeune nous aide à encore mieux le comprendre, l’aider à progresser. En tenant compte individuellement de sa nature profonde. Elle associe plusieurs types principaux à certains traits fondamentaux.

Ennea signifie neuf en grec. L’Ennéagramme est donc une typologie de la personnalité humaine en neuf groupes distinctifs. Qui peut nous aider à mieux classifier, comprendre les jeunes. Le Un symbolise la droiture et le travail. Le Deux les affects et don de soi. Le Trois la réussite et l’efficacité. Le Quatre l’originalité et la sensibilité. Le Cinq le savoir et la connaissance. Le Six la loyauté et le devoir. Le Sept l’optimisme et le bonheur. Le Huit la force et le sens de la justice. Le Neuf la sérénité et la bonne composition. Les Deux, Trois, Quatre impliquent l’intelligence émotionnelle et relationnelle. Les Cinq, Six et Sept l’aptitude mentale, réflexive. (Salmon, 2007).

Les Huit, Neuf et Un l’intelligence instinctive, d’énergie vitale-222. Au niveau micro l’on peut distinguer les néoadolescents-adonaissants collégiens de douze à quinze ans, mi-enfants, mi-adolescents. Au stade méso il y a les juniorados-adolescents lycéens de seize à dix-huit ans, ni enfants ni adultes. Au degré macro figurent les jeunes-adulescents étudiants ou aussi actifs de dix-neuf à vingt-quatre ans, mi-ados, mi-adultes. « La préadolescence transforme l’organisation biophysio-psychologique de l’individu et son image corporelle. L’adolescence intègre le corps sexué, intériorise son identité pour lui permettre d’exister psychiquement de façon autonome. La postadolescence ensuite travaille à la forte consolidation du moi »-223.


 

 

Les jeunes pensent que l’on devient adolescent à quatorze ans à 29 pour cent. À treize ans à 23 pour cent. À quinze ans à 18 pour cent. À douze ans à 11 pour cent. À seize ans à 11 pour cent. À onze ans et moins à 9 pour cent. À dix-sept ans et plus à 6 pour cent. Les adultes interrogés estiment que l’on devient adolescent à treize ans à 23 pour cent. À douze ans à 22 pour cent. À quatorze ans à 18 pour cent. À 15 ans à 12 pour cent. À onze ans et moins à 9 pour cent. À seize ans à 8 pour cent. À dix-sept ans et plus à 6 pour cent. La majorité des jeunes croient donc que l’adolescence débute à quatorze ans et la majorité des adultes à treize ans. Les jeunes pensent que l’adolescence prend fin à dix-huit ans à 37 pour cent. À vingt ans à 18 pour cent. À dix-neuf ans à 15 pour cent. À dix-sept ans à 14 pour cent.

Les adultes disent que l’adolescence se termine à dix-huit ans à 33 pour cent. À vingt ans à 15 pour cent. À dix-sept ans à 14 pour cent. La plupart des jeunes, comme des adultes pensent donc que l’adolescence s’achève à dix-huit ans. En moyenne et selon les juniors l’adolescence va de l’âge de quatorze ans à celui de dix-neuf. Soit donc une durée moyenne de cinq années. Pour les adultes l’adolescence débute vers les treize ans et demi, s’achève à dix-neuf ans. Soit cinq années et demie en moyenne selon cette opinion. Les avis divergent encore selon les conceptions, y compris entre spécialistes et les paramètres visés. (Pfizer, France, 2007)-224.


 

 

« Toi jeune qui que tu sois, quel que soit ton temps, ta nation, te dois de rester fidèle à toi-même, tes valeurs, le sens que tu entends donner à ta vie. En ouverture et irénisme. Applique toujours ceci : Même dans la solitude ne dis ni ne fais rien de blâmable. Apprends à te respecter beaucoup plus devant ta propre conscience que devant autrui ».

(Démocrite, philosophe grec, 5e/4e s. av. J.-C.). La jeunesse est le temps des « bouleversements intellectuels », comme c’est la réalité en matière biophysique. Les nouvelles capacités mentales juvéniles semblent issues d’une maturation neurologique et d’une expérimentation physique, comme sociale. Également par le vécu juvénile particulier dopé par une conscience, un raisonnement, une maîtrise de soi accrus. La productivité intellectuelle progresse jusqu’aux vingt ans puis se fixe. Le Qi : quotient intellectuel est comme déjà dit le rapport entre l’âge mental et l’âge chronologique.

Le Qi moyen observé de la population générale est de cent. Chez l’adulte et le jeune-225. Un Qi n’est jamais prédictif de l’intelligence d’un sujet. Le Qi réalisé à l’adolescence reflète assez fidèlement celui de l’adultisme. Un Qi élevé est synonyme de bonne capacité scolaire mais un Qi plus faible n’exclut jamais une bonne intelligence. Car certains facteurs parasites externes peuvent amoindrir les résultats du test. Le Qi n’est pas prédictif de la réussite ou de l’échec en tous domaines. La capacité intellectuelle juvénile s’est décuplée, augmente sans cesse entre treize et vingt ans.

Aptitude à mieux mémoriser, trouver des informations valables, comme à échafauder des hypothèses. Forger des concepts d’intégration et mentaliser le temps, l’espace de façon évolutive. Synthétiser des ensembles très sophistiqués de façon stratégique-226. N’oublions pas qu’il y a plusieurs types d’intelligences. Redisons aussi toute l’importance des quotients et des intelligences émotionnels ! Les formes des « capacités humaines » juvéniles sont multiples. Bien au-delà des nouvelles aptitudes psychomentales des juniors le jeune apprend de plus en plus à « se conformer à lui-même ». Sa conscience, sa volonté, ses idéaux. De moins en moins à se plier aux normes préétablies des adultes et même de ses pairs. Cela s’appelle assertivité, maturité, comme congruence. Le junior applique alors hardiment une célèbre injonction shakespearienne.

« […]. Par-dessus tout sois fidèle envers toi-même et aussi invariablement que la nuit suit le jour tu ne manqueras de foi à aucun homme. […] ».

(W. Shakespeare, dramaturge, poète anglais, 1564-1616, Hamlet, tragédie théâtrale, Angleterre, 1603)-227. Telle est la suprême loi de l’authentique accomplissement humain ! Trop de jeunes souffrent de ne pas s’accepter, de trahir leurs idéaux et « perdre leur âme ».


 

 


– Typologie, Classification –

De Votre Psychisme Néogénérationnel « Plastique »


 

 

Votre psychologie juvénile dépend également de l’hérédité, du milieu d’appartenance et du vécu de votre personnalité de jeune. « La caractérologie est la connaissance des caractères permettant d’analyser les personnalités en leur différence, spécificité, originalité individuelle ». (O. Arnault, formateur, conseil français). Évoquons le modèle classique de G. Heymans. (Psychologue, philosophe néerlandais, 1857-1930). D’E. D. Wiersma. (Psychiatre néerlandais, 1858-1940). Repris par R. Le Senne. (Psychologue, philosophe français, 1882-1954).


 

 

Il distingue des facteurs. « Émotivité, activité, retentissement ». Des modalités : « émotif -non émotif, actif-non actif, primaire-secondaire ». Des symboles : « E-nE, A-nA, P-S ». Le croisement entre les trois facteurs donne huit archétypes de base. « EnAP-nerveux. EnAS-sentimental. EAP-colérique. EAS-passionné. nEAP-sanguin. nEAS-flegmatique. nEnAP-amorphe. nEnAS-apathique »-228. À titre indicatif ces caractéristiques peuvent nous donner certaines informations fort utiles sur la structuration de la personnalité juvénile-229.

Selon donc l’Ennéagramme issu de la tradition orientale soufie l’ennéatype Un est instinctif tourné vers l’intérieur. Son orientation est la rigueur personnelle, les idéaux élevés. Sa vertu la patience. Sa compulsion éviter toute colère. Sa passion la colère. L’ennéatype Deux est émotionnel orienté vers l’extérieur. Son orientation est l’amour. Sa vertu l’humilité. Sa pleine compulsion d’éviter de reconnaître ses besoins. Sa passion l’orgueil.

L’ennéatype Trois est émotionnel tourné vers l’intérieur et l’extérieur. Son orientation est la capacité à agir, réussir. Sa vertu la vérité. Sa compulsion éviter les échecs. Sa passion le mensonge. L’ennéatype Quatre est émotionnel tourné vers l’intérieur. Son orientation est le sens du beau. Sa vertu l’harmonie, le contentement. Sa compulsion éviter le banal. Sa passion l’envie. L’ennéatype Cinq est mental tourné vers l’extérieur. Son orientation est la connaissance, la précision. Sa vertu le désintéressement. Sa compulsion d’éviter le vide intérieur. Sa passion l’avarice-230.

L’ennéatype Six est mental et tourné vers l’intérieur, comme l’extérieur. Son orientation est la loyauté. Sa vertu le courage. Sa compulsion d’éviter toute déviance. Sa passion la peur. L’ennéatype Sept est mental et tourné vers l’intérieur. Son orientation est la joie, l’optimisme. Sa vertu la tempérance. Sa compulsion d’éviter la souffrance. Sa passion l’intempérance. L’ennéatype Huit est instinctif tourné vers l’extérieur. Son orientation est la puissance et le courage. Sa vertu la vraie simplicité. Sa compulsion éviter la faiblesse. Sa passion l’excès. L’ennéatype Neuf est instinctif tourné vers l’intérieur, comme l’extérieur. Son orientation est l’acceptation, le soutien. Sa vertu l’activité. Sa compulsion éviter les conflits. Sa passion la paresse-231. Chez le jeune par essence fort incertain l’Ennéagramme n’a pas valeur absolue mais indicative.

Nul n’ignore que l’une des caractéristiques des juniors est leur « adolangue ». Autrement dit leur façon à eux de parler, s’exprimer avec des mots, locutions, barbarismes, néologismes, termes forgés « de toutes pièces ». Pour les besoins de la cause déformés, dits à l’envers ou détournés de leur sens… Cela évolue avec le temps, les milieux, âges, sexes… Ainsi la soirée entre jeunes était selon les époques surprise-partie, boum, teuf… Il s’agit de se mettre à l’abri des indiscrétions des adultes non initiés par un « langage codé ». Souder un groupe néogénérationnel par une communauté verbale. Jouer avec les mots de façon humoristique, ludique. S’affranchir des règles les plus contraignantes, austères de la langue des adultes.

Pour se réapproprier le langage, le plier à sa façon sur le « mode jeune »… Cela rejoint le grand besoin juvénile d’affirmer sa personnalité en cultivant des particularismes, différences bien à lui. De même que notre jeunesse contemporaine s’est forgée à partir des années 1950, puis 1960 en optant pour des « canons vestimentaires » très déstructurés. Spécifiques aux seuls juniors, à l’opposé de l’uniforme strict, conventionnel des adultes-232. De même de façon plus générale les comportements, attitudes des jeunes se démarquent bien volontiers le plus souvent de ceux des adultes. Ainsi ces derniers ont-ils tendance à circuler l’air grave et préoccupé, de façon pressée et en solo.

Alors que les juniors aiment à bouger en groupe, flânant sans buts précis, en partage de franches plaisanteries ! Les premiers veulent « optimiser » leur temps car « c’est de l’argent à économiser, gagner par l’individu : Time is money ». Les seconds, le « goûter » pleinement car ce temps grappillé est essentiellement de la liberté, du bonheur collectifs dont il faut jouir très vite, bien, tous ensemble. En outre le psychologue américain T. Kahler définit six types de personnalité humaine appréhendant la vie de façon « spécifique ». Cette classification nous aide à mieux « comprendre » les juniors.

L’Empathique privilégie l’émotion, le lien à autrui. Le Persévérant se base sur l’opinion, les idéaux. Le Promoteur tend à l’action, au mouvement. Le Rebelle se veut dans la réaction, la gaieté. Le Rêveur s’inscrit dans l’action intériorisée, l’introspection. Le Travaillomane se fie à la réflexion, rigueur-233. Expressions, comportements, attitudes très caractéristiques des adolescents ont une signification fort particulière et non hasardeuse qui a toute son importance. Les langages oraux, codes verbaux, tics du parler, choix des mots et locutions juvéniles nous révèlent beaucoup de cette génération. Les particularités des façons d’être, d’agir de la jeunesse la définissent de façon particulièrement éclairante car de manière typique-234.


 

 

« […]. On dirait le Sud ! – Le temps dure longtemps – Et la vie sûrement ! – Plus d’un million d’années – Et toujours en été – Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre – On le sait bien – On n’aime pas ça mais on ne sait pas quoi faire ! – On dit c’est le destin ! – Tant pis pour le Sud – C’était pourtant bien – On aurait pu vivre – Plus d’un million d’années ! – Et toujours en été ».

Ainsi s’exprime en sa magnifique œuvre musicale française si « culte », Le Sud (1975), le chanteur N. Ferrer. (France, 1934-1998). Quelle parfaite, superbe métaphore de la jeunesse ! Un temps de vie privilégié et de folles espérances presque béni des dieux et qui semble ne jamais devoir finir. Qui est aussi porteur en soi de lourdes menaces d’incertitudes ou de désemparements. Le tout sur le mode « fataliste, désabusé » du regret et de la nostalgie. Quand vient le temps des épreuves et de la fin de la juvénilité, des désillusions adultes-235. « Un truc qui m’colle encore au cœur et au corps ». (A. Souchon, L. Voulzy, chanteurs français, Rockollection, œuvre musicale, France, 1977)-236. Nonobstant, la tonicité positive de la jeunesse passée pourra porter l’adulte sa vie durant.


 

 


[ VOTRE CONSTRUCTION SOCIOMORALE ]

COMPORTEMENTALE DE JEUNE


 

 

Votre intelligence, vos conceptions morales de jeune se rapprochent peu à peu de celles de l’adulte. Pour finir par leur être quasi similaires. Il en va de même de vos aptitudes et capacités mentales. Vos compréhensions, appréhensions, adhésions, rejets de l’univers, des choses de la vie rejoignent tout autant ceux de vos aînés. Avec toutes les dissemblances, les particularismes qui n’appartiennent qu’à votre nouvelle génération masculine et féminine.


 

 

Dans les années 1960, les « Swinging Sixties », à Tulsa, localité de l’Oklahoma, des juniors donnent libre cours à leurs différends, différences. Les Greasers, jeunes déviants des cités défavorisées affrontent les Socs, enfants de « bourgeois des beaux quartiers ». Ponyboy fait partie des Greasers. Il rencontre une fille, Sherry qui lui affirme que certains Socs sont « valables ». Le meilleur ami de Pony, Johnny tue Bob, un Soc. Recherchés par la Police les deux garçons se cachent en un lieu de culte. En fumant ils y mettent le feu. Ils sauvent de l’incendie cinq enfants présents, deviennent des héros. Johnny meurt de ses brûlures. Pony est donc poursuivi pour la mort de Bob. Il prend alors conscience de la relativisation de toute chose en ce bas monde. Que tout est ambivalence, savant mélange ou équilibre de « bien et de mal, bon et mauvais, bénéfique et nocif ». Y compris chez soi et autrui, les Greasers et les Socs.

Que comme il l’a vécu avec son ami un « scélérat » peut devenir « héros » et même réciproquement. Selon les circonstances, les occasions et les actes. Telle est la morale de ce conte philosophique : The Outsiders, Les Inadaptés. (Drame cinématographique américain, F. Ford Coppola, 1983)-237. Par nature et occurrences la jeunesse peut être « tentée » par un certain manichéisme dur, intransigeant et intolérant. Il s’agit bien plus souvent d’une posture de principe que d’une conviction profonde tant les juniors se sentent « agressés » par le monde extérieur. Le plus souvent au-delà de leurs différences ces jeunes sont plutôt ouverts, tolérants. De fait le début de maturité juvénile consiste à être bien plus capable de « se mettre à la place d’autrui ». De mieux le comprendre. Ce qui « échappe » plus à l’enfance. Empathie, compassion, congruence croissent fort à la jeunesse.


 

 


– Vos Jugement, Éthologie, Paroles –

Attitudes, Actes, Abstentions Juvéniles


 

 

Intelligence est un terme féminin datant du douzième siècle. Il est issu du « latin intelligentia, de intellegere, comprendre. Il s’agit de la faculté de connaître, comprendre l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la « connaissance » conceptuelle comme rationnelle. Aptitude – d’un être vivant – à s’adapter à des situations nouvelles, découvrir des solutions aux difficultés qu’il rencontre ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-238.


 

 

Le jeune progresse donc en capacités de maîtrise des choses de l’esprit. Ainsi qu’en aptitudes à relever les défis qui se posent à lui. La jeunesse est alors aussi le temps d’une « maturité sociomorale » nettement accrue-239. L’intellect produit des élucubrations plus abouties. Le jugement moral se fait plus exigeant. Il atteint pendant la phase pubertaire adolescente le stade de la « moralité conventionnelle ». Orientée vers l’accord avec les autres, comme le souci des autres. Puis la conformation à la réglementation commune. Cela signifie « satisfaire aux attentes de son milieu » au rang de l’échelle 3. « Se plier à la loi et l’ordre social établi » à l’échelle 4.

Le jeune commence à assimiler des paramètres. Déterminés par le psychologue du développement américain L. Kohlberg (1927-1987). Après l’âge de vingt ans une partie des jeunes peuvent atteindre le stade dit de la « moralité postconventionnelle ». Au niveau 5, celui de l’observation des « grands principes humains » supérieurs et du contrat social commun-240. Le niveau du Jugement conventionnel au stade 3, celui du Jugement moral est lié à la bonne concordance interpersonnelle. Il est réalisé en début d’adolescence de douze à seize ans.

Les conventions reliant les interactions entre tous les humains sont assimilées. C’est la « morale conventionnelle ». L’acte juste est celui qui a l’aval des proches, rejoint ses desiderata. L’évaluation des attitudes d’autrui prend en compte l’intentionnalité. Le désir conformiste d’être accepté, bien vu des autres notamment pairs l’emporte. De façon très inédite les valeurs du groupe prédominent sur les préférences toutes personnelles. Le jeune accepte l’inconvénient mineur de son relatif effacement pour l’avantage majeur de son intégration.

Le junior commence à « sortir de lui-même », bien comprendre autrui, comme lui-même. Nombre de juniors et même d’adultes en restent à vie à ce stade. Le stade 4 du Jugement conventionnel est celui de la loi et de l’ordre social, de l’âge de dix-sept ans à celui de vingt. Le comportement légitime est celui qui respecte la règle de l’ensemble de la collectivité. Le contexte est dépassé. La règle admise qui ne relevait jadis que du milieu environnemental devient celle de la société tout entière. Reconnue comme fondement éthique supérieur. En tant que garante impartiale, égale, comme juste des droits de tous.

Désormais les principes régulateurs préétablis dépassent les individus eux-mêmes sans tenir nul compte de l’image et l’ego de chacun. Les principes, la justice priment sur l’opinion subjective et les intérêts catégoriels. Tous les humains ne connaissent pas le niveau de Jugement postconventionnel. Le stade 5 est celui du Contrat social. L’action juste respecte toutes les valeurs qui servent de fondements aux lois. Des principes éthiques encore plus supérieurs peuvent ennoblir le système existant pour plus d’équité entre les hommes. La symbolique suprême n’est plus la loi en tant que telle mais ses pleins principes même. Totalement mis en œuvre ès qualité.

La loi est relativisée car elle est dépassée par la notion même de justice sociale. L’individu comprend que le principe moral est plus élevé que la loi. Qui n’est pas forcément légitime, morale en tant que telle. Puis le stade 6 du Jugement moral postconventionnel est celui de l’éthique universelle. La guidance de tout humain est régie par des lois universelles dans le temps, l’espace. Celles-ci ont pour fondement des options et décisions personnelles bien au-delà des seules lois étatiques.

C’est la conscience individuelle qui gouverne, jauge les mentalités, mœurs, comportements. L’acmé déontologique de chacun, les principes humains supérieurs l’emportent sur les seules édictions des gouvernements. Le modèle de Kohlberg est certes théorique. Dans la pratique la réalité juvénile peut en différer. Toutefois il n’en demeure pas moins encore aujourd’hui une excellente modélisation même abstraite. Qui sert d’échelle pertinente d’évaluation morale des individus notamment les juniors.

La plupart des jeunes sont en formations d’études à un âge où l’intellect se développe beaucoup-241. Les capacités de mentalisation juvéniles s’accroissent, se re/construisant, déconstruisant. Créations, élagages, myélinisations neuronaux, synaptiques sont en chantier. Le jugement sociomoral jeune s’affine et se rapproche de celui des adultes. La pensée morale est le complet système d’évaluation d’un individu. Qui lui fait « décréter » ce qui est légitimement et éthiquement acceptable dans les mentalités et attitudes humaines.

Il s’agit de la déontologie axiologique personnelle que se fait chaque sujet jeune des choses de la vie. La cognition influe donc fort logiquement sur le « jugement moral ». Il y a progression symétrique. Pensée morale et cognition sociale impliquent une « pleine conscience lucide » quant aux moteurs humains. La cognition sociale vise à « saisir » tous les fondements des agissements d’autrui. La pensée morale va plus loin en jaugeant la droiture, la valeur des façons d’être et de se comporter. Cela aide l’individu à forger des lois qui le dépassent et s’y conformer. (Cloutier et al., 2008, 2015)-242.


 

 

Il y a déjà plus de trois siècles I. Newton, (Scientifique anglais, 1643-1727) conçoit une équation mathématique qui serait restée partiellement résolue à ce jour. Un jeune de seize ans, S. Ray alors lycéen de Dresde en Allemagne en aurait dégagé la bonne solution oubliée. Il aurait déterminé par approche très simple ce que seules des opérations informatiques complexes pouvaient faire auparavant. Grâce à ce jeune il devient désormais possible de calculer les trajectoires d’un projectile soumis à la résistance aérienne puis à son rebond. Cela servira d’avancées à la recherche balistique.

Shouryya affirme alors : « C’est parce que le professeur a expliqué que ce problème n’avait pas de réponse que j’ai souhaité le résoudre par naïveté d’écolier ». Arrivé de Calcutta, son Inde natale, sans parler l’allemand, quatre ans auparavant, il résolvait déjà des équations à six ans. Pendant que ses condisciples en étaient « encore » à compter-243 ! Bel exemple des plus probants des très étonnantes capacités intellectuelles juvéniles. Même si ce jeune prodige est un cas plutôt d’exception. Avant vingt-cinq, surtout vingt ans le cerveau juvénile en évolution est des plus plastiques et réactifs. Ce qui fait les inventivités et créativités mentales les plus fulgurantes en nombre de domaines tels l’informatique, l’art, les sciences.


 

 


– Vos Évaluations, Neuronales Maturations –

   « Sui Generis » de Junior


 

 

Les classifications, échelles d’évaluation mentale vous concernant, jeune, apportent certains éclairages complémentaires. Nous avons analysé les rôles de la psychométrie dans l’appréciation de votre intelligence juvénile. Cette intelligence est en partie déterminée par votre hérédité familiale paternelle, maternelle, des aïeux, junior, votre milieu social d’origine et d’appartenance. Outre vos transmissions génétiques biopsychiques, alimentation, soins, éducation, affectivité, moyens matériels, soutien parental…


 

 

Ceci influe fortement sur l’intelligence développée par le jeune. Il devient plus autonome, réfléchi. Il prend son envol psychosocial dans le cadre familial, amical, scolaire, professionnel, consumériste, des valeurs, de ses droit-s, devoirs. Diverses classifications, comme gradations d’évaluation mentale apportent quelques éclairages utiles pour « situer » un junior. Avec la prudence, les relativisations d’usage. La psychométrie évalue aussi au plus près les niveaux d’intelligence des jeunes. L’hérédité, le milieu d’origine ont donc un impact fort sur leur intelligence.

L’adolescent devient plus autonome, mûrit en sa psychologie, cognition sociales. En tant que rejeton, camarade, élève, travailleur, consommateur de loisirs, biens matériels, culturels et porteur de valeurs, sujet, objet de droit-s et devoirs… Il s’ouvre au monde. Le rapport à soi, aux autres, à la société et la vie change radicalement à la juvénilité. Le junior apprend à « apprivoiser » son identité propre, la nouvelle image qu’il se fait de lui-même, d’autrui par rapport à son ego, celui des autres. Le jeune conteste, accepte tout à la fois l’ordre adulte établi.

Le rapport du junior à la discipline, l’autorité, aux institutions est ambivalent, ne « va pas de soi »-244. Il devient alors capable de dépasser le seul intérêt pour son univers retreint, quotidien, familier. Pour s’intéresser aux affaires de la marche du monde et grands débats qui agitent l’univers. La relation aux pairs, le jugement que ceux-ci portent habituellement au jeune sont fondamentaux. Tout junior se construit, renforce essentiellement, prioritairement par l’appréciation positive. L’approbation, la reconnaissance et l’intégration par le semblable.

C’est la raison pour laquelle l’amitié, l’amour ont une telle importance si capitale en la vie des jeunes. Si je suis reconnu par mes congénères je suis donc valable. À défaut je me sens jugé négativement et je me ressens douloureusement comme non conforme. Avec toutes les souffrances que cela implique. Cela peut même mener aux dépressions de rejet, dévalorisation. À cet âge plus qu’à n’importe quel autre l’image et la valeur de soi-même dépendent surtout des autres-245 !

Pour bien devenir adulte à son tour le junior a besoin de remettre en cause les principes qui régissent les « conceptions admises » par les adultes. D’apporter sa contribution originale. Ensuite seulement il sera en mesure de s’agréger à la société telle qu’elle est-246. Finissant alors bon gré, mal gré par accepter de « cautionner » le système sociétal tel qu’il est. N’ayant pu le « réformer » ni de l’extérieur ni de l’intérieur-247.


 

 

Nonobstant, la soupe servie à la jeunesse par le monde, la société et les adultes est infecte. En outre trop brûlante et épicée ou trop tiède et fade ! En ces conditions il ne faut jamais s’étonner que nos juniors crachent dans le potage. Voire renversent la soupière, son contenu infâme sur la tête du chef qui l’a concocté. Lequel prétend par-dessus le marché le leur faire ingurgiter de toute force. Que le gâte-sauce s’estime heureux de s’en tirer à si bon compte si les jeunes ne lui fracassent pas de surcroît le récipient sur le crâne ! La jeunesse de France est « malade de son pays, de ses faillibles aînés ». Elle « étouffe, s’éteint à petit feu ». Elle fuit de plus en plus à l’étranger sous des cieux bien meilleurs pour étudier, travailler, – mieux – vivre. Elle ne supporte plus un « Hexagone étriqué, fermé, mesquin, bien trop peu capable d’innovation, de créativité et d’audace ».

Nos juniors maudissent un univers national « jaloux, envieux, immobile, médiocre, conventionnel, condescendant qui ne veut pas d’eux ». C’est la légitime raison pour laquelle ils rejettent en fort juste rétorsion leur « indigne patrie » si coupable à leur égard des « pires félonies ». Qu’ils assument pleinement leur destin car nul fief n’est inexpugnable ! Comme la « prise du Palais d’Été » de Pékin, (Chine, 1860) ou « celle du Palais d’Hiver » de Petrograd, (Russie, 1917) l’ont tant démontré en l’Histoire.

De fait certains jeunes talents trouvent très tôt à s’exprimer. Ainsi le créateur de musique électronique français M. Benjelloun dit Petit Biscuit, vingt ans en 2019. Lequel par la qualité et l’originalité de son travail saura toucher un vaste public et entamer une fort brillante carrière internationale. Notamment en Amérique du Nord. Encore lycéen. Ce qui ne l’empêchera pas d’obtenir son baccalauréat scientifique avec la mention Très Bien.


 

 


– Progressives Autonomies PsychoSociales –

De Votre Jeunesse des Années 2020


 

 

Parvenu en adultisme vous, jeune, ne renoncez pas toujours pour autant à vos idéaux. Par lucidité de « révolutionnaire, réformiste, indifférent, conservateur » vous vous faites le plus souvent « réaliste, attentiste, modéré, désabusé ou indifférent ».


 

 

Pour les juniors l’autorité est avant tout : les parents à 42 pour cent. Les forces de l’ordre à 23 pour cent. Puis les enseignants à 19 pour cent. Les parents sont une autorité respectée à 70 pour cent. Les chefs d’établissements à 53 pour cent. Les professeurs à 52 pour cent. Ensuite les juges et la Justice à 50 pour cent. Les forces de l’ordre à 48 pour cent. Les infirmières scolaires à 47 pour cent. Les conseillers principaux d’éducation à 47 pour cent. Les délégués de classe à 39 pour cent. Les hommes politiques à 24 pour cent.

Les « autorités » considérées comme les plus justes à l’égard des jeunes sont selon eux : les infirmières scolaires à 38 pour cent. Les professeurs à 36 pour cent. Les conseillers principaux d’éducation scolaires à 32 pour cent. Également les parents à 30 pour cent. Les chefs, d’établissements à 30 pour cent. Les délégués de classe à 27 pour cent. Les magistrats, la Justice à 25 pour cent. Les forces de l’ordre à 25 pour cent. Les hommes politiques à 19 pour cent. Le jeune aime l’adulte « proche » de lui mais avec toute la distance minimale suffisante nécessaire.

Les autorités indispensables selon les juniors sont : les juges, la Justice à 49 pour cent. Les forces de l’ordre à 41 pour cent. Les parents à 40 pour cent. Ensuite viennent les chefs d’établissements à 31 pour cent. Les hommes politiques à 29 pour cent. Les professeurs à 28 pour cent. Les infirmières scolaires à 26 pour cent. Ensuite ce sont les conseillers principaux d’éducation à 25 pour cent. Les délégués de classe à 17 pour cent. Les jeunes considèrent majoritairement que les adultes ont sur eux juste ce qu’il faut d’autorité. Les amis à 68 pour cent. La mère à 66 pour cent. Le père à 64 pour cent. Les enseignants à 52 pour cent. Les médecins à 51 pour cent. 60 pour cent des juniors interrogés pensent qu’il est sans importance que ceux qui représentent une autorité les tutoient ou voussoient. (Pfizer, France, 2008)-248.


 

 

Le jeune ne remet pas en cause la discipline, l’autorité adulte institutionnelle seulement parce qu’il devient « grand ». Avec les capacités de maturité, raisonnement, d’opposition que cela implique. Aux causes psychologiques s’ajoutent des raisons sociologiques, morales. Du fait que en un monde passé de la stricte verticalité hiérarchique, cloisonnée à l’horizontalité participative interactive l’autorité ne va plus de soi. L’enfant, l’adolescent d’hier pouvaient « s’en laisser conter ». Le jeune d’aujourd’hui n’accepte plus la tutelle adulte en tant que telle.

Or, uniquement s’il est convaincu de sa légitimité, pertinence. À l’adulte de faire ses preuves, convaincre par ses seules qualités propres. Savoirs, expérience ne suffisent plus. Seule l’éminence d’intrinsèques vertus supérieures permet de s’imposer. Or, il y a crise des valeurs, certitudes, net manque de crédibilité, d’exemplarité des adultes contemporains. Eux-mêmes sont devenus vulnérables, hésitants, défaillants. Ce qui altère le lien de confiance, de loyauté entre les générations. Le junior n’obéit plus d’office au « chef adulte » en tant que tel : parent, enseignant, patron… L’autorité s’impose par « légitimité ».

Il adhère à un charisme, une personnalité, un humanisme. À défaut il élude, rejette et se mutine-249. La socialisation est le mécanisme d’assimilations des agissements, des mentalités, valeurs préalables à l’intégration sociale d’un sujet. Cela débute à la naissance jusqu’à la complète insertion à l’adultisme, voire en fin de vie ou même jamais. De ce point de vue aussi la jeunesse n’est donc qu’un stade évolutif, transitoire avec un « avant et un après » de socialisation. Du fait des bouleversements biopsychiques juvéniles la socialisation s’accélère considérablement entre les treize et vingt-quatre ans.

Cognition plus poussée, responsabilité y contribuent puissamment. Autonomie et autodétermination amènent à devoir « prendre en compte autrui et son concours. Ce qui conduit à une normativité sociale encore plus avancée. Ainsi valeurs sociales classiques, comme principes juvéniles nouveaux se rencontrent-ils pour un accomplissement de soi. En cas de concordance et succès. En marasmes s’il y a déconvenues. Liberté, potentialité élargies impliquent pleine maîtrise de soi. Plus encore espérance, effort, détermination et persévérance quoi qu’il puisse se produire !

Nanti d’un nouveau corps, d’une nouvelle sexualité le jeune se doit d’accepter de jouer son rôle social d’homme ou de femme. Ce qui influe fort sur sa socialisation. Les impératifs et objectifs de socialisation juvéniles sont une dizaine. Détachement face aux parents, adultes. Choix, comme préparation d’un métier. Autonomie matérielle. Mûrissement du projet psychoaffectif, conjugal, familial. Perfectionnement intellectuel et civique. Responsabilisation sociale. Acquisition de normes et de valeurs morales. Rapports adultes avec les congénères des deux sexes.

Assimilation du genre masculin ou féminin. Aisance propre, comme savoir-faire corporels. (Havighurst, 1972). Peu à peu entre treize et vingt-quatre ans le sujet passe de la dépendance à l’autonomie. Son « salut adulte » en dépend. Le jeune se socialise outre la sphère scolaire et professionnelle par des loisirs spécifiques choisis. Ces derniers sont bien structurés. Sports, occupations socioculturelles, associatives. Ou non structurés. Sorties ou détente chez soi ou autrui. Le temps libre structuré est le plus souvent géré par les adultes. Il implique un calendrier contraignant et régulier. Un impératif de progression spécifique.

La récréativité non structurée repose sur les jeunes eux-mêmes. Il n’y figure pas d’échéance préétablie, de contact physique. De normes fixées, de buts précis, de droit de regard adulte. Les pratiques structurées contribuent à une bonne socialisation, un épanouissement accru satisfaisant des juniors. Les us non structurés peuvent à l’inverse mener à toutes sortes de débordements, déviances et d’inadaptation sociale. Si les jeunes qui s’y adonnent manquent de maturité, d’autodiscipline.

Six caractéristiques majeures de personnalités juvéniles et de socialisation ont été isolées. Le tonus social : sociabilité, optimisme, grégarisme. La dominance sociale : autonomie et estime, confiance et affirmation de soi. L’urbanité : accommodation, ouverture, confiance à autrui, disponibilité. La rigueur : gestion stricte, méthode, discipline et perfectionnisme. La stabilité émotionnelle : bonne maîtrise de soi, constance réactionnelle et patience, résistance aux frustrations, non-impulsivité. L’acceptation du changement et de la nouveauté : goût du mouvement, curiosité, ouverture, quêtes expérimentales. (Roberts, Walton, Viechtbauer, 2006).

Les plus grands changements s’observent de l’âge de vingt ans jusqu’au milieu de la trentaine. Puis l’on « vogue en pilotage automatique, à vitesse de croisière ». En conclusion et résumé la période de treize – vingt-quatre ans est transitoire moratoire. Pour ce qui est de la stabilisation personnelle et de socialisation. Ce n’est en moyenne qu’à partir de vingt-cinq ans, premier quart de siècle de vie que l’individu commence à fixer des traits majeurs. De ce que sera son existence jusqu’à son terme. Cela peut prendre encore une bonne décennie. Il y a les agents de socialisation fort classiques. Parents, enseignants, éducateurs, divers intervenants adultes plus ou moins ponctuels, les pairs…

Or, les jeunes contemporains connaissent aussi une socialisation médiatique. Télévision, cinéma, Internet, jeux vidéo… Plus puissante encore par le temps consacré et l’intensité des pratiques. À plus long terme les contenus médiatiques éducatifs constructifs, de valeur prédisposeraient chez nos jeunes à plus d’épanouissement encore. D’apprentissages et de réussite scolaire, professionnelle et sociale. Les programmes violents, médiocres, malsains contribueraient à plus de désocialisation, d’asocialité, d’échec personnel, de mal-être, déviance. Plus encore chez les garçons que les filles. En intoxication audiovisuelle permanente.

Concernant plus précisément Internet, l’usage des réseaux sociaux par les juniors serait un très bon vecteur de socialisation juvénile. Notamment entre pairs se connaissant pour communiquer entre eux. Pour le reste il en va comme pour le cinéma ou la télévision, cela est fonction des images, contenus visualisés. L’autonomie tout entière est la totale et libre autodétermination sans dépendances restrictives. Le jeune pense, juge, ressent, agit face à toute occurrence par lui-même, sans référent extérieur. Pour ce qui a trait à sa personne, sa vie, son destin, ses choix. Il en a l’aptitude et la possibilité. Il en use et en endosse la responsabilité.

L’autonomie fort caractérisée est cognitive, émotionnelle, comportementale. L’indépendance émotionnelle implique la « désacralisation » parentale. Soit l’appréhension de ses parents comme des humains ayant d’autres dimensions, fonctions que celles de la parentalité. L’aptitude à atteindre ses objectifs, résoudre ses problèmes, penser en dehors de toute référence parentale et d’appel à ses ascendants. L’intimité, le secret à l’égard des parents. (Steinberg, 2008). Tout ceci est bénéfiquement réalisable pour le junior sans nécessité de conflit, rupture ni rejet à l’égard de ses parents. Cet idéal est toutefois loin d’être acquis !

Au contraire, l’harmonie relationnelle parents-jeunes, juniors-parents prédispose à la pleine autonomie émotionnelle juvénile. Le marasme relationnel intrafamilial contribue beaucoup à l’inverse à la totale dépendance psychoaffective du jeune à l’égard de ses deux ascendants. Attachement n’est jamais étouffement. L’affection, le lien véritables impliquent la liberté du junior, comme des parents, non l’interdépendance. Puisque l’amour oblatif est inconditionnel quoi qu’il arrive. Contrairement à l’amour dit captatif, conditionnel à une entente impérative, factice sur tout. L’autonomie comportementale est la libre autodétermination de ses actes et l’acceptation préalable des effets possibles.

En dehors de l’influence adulte et en ignorant les pressions éventuelles de son entourage. Cela implique donc une maîtrise de décision, une indifférence aux desiderata d’autrui quel qu’il soit, y compris les parents, pairs. La maturité cognitive appelle une maturité décisionnaire. Ainsi un junior majeur, préalablement à toute initiative d’importance appréhende tous les risques potentiels. Envisage les conséquences de ses choix. Il requiert plus l’avis d’un expert. Il comprend mieux la subjectivité partiale et partisane de l’opinion d’autrui. (Lewis, 1981). Il commence à mieux se décentrer de lui-même.

Le jeune est moins le jouet des influences extérieures, enclin à y céder quant à sa prise de décision préalable. Cela est le reflet d’une puissance mentale accrue, comme d’une liberté émotionnelle. Nécessite une bonne maîtrise communicationnelle pour imposer son choix. Sans casser les liens entretenus avec les contradicteurs. Cela est aussi rendu possible par un amour propre refondé, une image de soi consolidée. Si le junior ne peut imposer ce qu’il veut, ce qui lui importe, ce qu’il préfère cela signe toute son incapacité à faire prévaloir ses intérêts, triompher sa cause.

Cela fait passer aussi le propre contentement d’autrui, l’opinion donnée de soi avant son accomplissement à soi. La vraie réalité du sujet et de son image authentique. Il semble que les parents influencent les jeunes sur le long terme et pour les domaines fondamentaux. Les pairs le font à court terme et pour les réalités du quotidien. La compétence psychosociale juvénile est donc totale, en entière aptitude sociale, cognitive, émotionnelle et comportementale. Face à toute personne, occurrence. Toujours nécessaire à une insertion interindividuelle des plus satisfaisantes. Soit complète, stabilisée, durable.

Respect de soi, d’autrui. Communication adéquate. Expression idoine de soi, ouverture aux autres. Générosité, coopération, partage. Bonne sociabilité. Tolérance. Charisme. Empathie. Compassion. Congruence. Toutes ces capacités sociales des jeunes dépendent de multiples facteurs. Biologiques. De personnalité : tempérament et caractère. Intellectuels. Familiaux. Scolaires. Amicaux. Culturels. Spirituels. Socioéconomiques. Historiques. Médiatiques.

Trois vecteurs conditionnent l’acquisition des compétences sociales juvéniles idoines. D’abord les ressources endogènes du junior. Ensuite le rapport sociabilité / individualité. Puis tous les savoir-faire sociaux avec les pairs. (Leigh, Peterson, 1990). Les ressources internes incluent certains éléments. L’estime et l’acceptation de soi : s’aimer, être bien avec soi pour aimer autrui, comme « être à l’aise » en société. L’impression d’efficacité individuelle : être capable d’agir, d’influer, de pleinement réussir-250. Oser s’affirmer, prendre des risques à bon escient.

La cognition sociale : empathie, compassion, congruence. L’aptitude à bien résoudre des difficultés entre personnes : maîtrise, juste perception des « aléas » de son environnement. Capacité de résolution. De proposer des buts sociaux. D’en évaluer les effets. D’entrevoir les « tenants et aboutissants » sociaux contextuels. (Shure, 1981). En l’espèce les garçons plus extravertis semblent toujours bien mieux lotis que les filles. Plus tournées vers l’intériorité, l’introspection que l’action, autrui comme les jeunes mâles. L’équilibre entre sociabilité et individualité consiste à pouvoir réussir sa vie sociale avec autrui.

Tout en étant en mesure d’agir de façon libre, autonome. En se positionnant d’abord par rapport à soi-même plutôt qu’à autrui. Sans pour autant trop « favoriser » ni sa personne propre ni celle des autres. L’habileté sociale avec ses semblables est l’aptitude à les faire bénéficier de ses richesses intérieures. L’équilibre entre sociabilité et individualité permet de gratifier les relations avec ses congénères. La difficulté juvénile réside en ce que pour grandir le jeune a autant besoin de se singulariser, « fondre dans la masse ». Privilégiant sa propre personne tout en soignant son approche relationnelle aux autres. En un délicat équilibre ! (Cloutier et al., 2008, 2015)-251.


 

 


[ VOTRE « TROUBLE DE JEUNESSE ]

UN MYTHE ANTI-NÉOGÉNÉRATIONNEL »


 

 

Il est traditionnellement admis que votre jeunesse est un passage crucial entre enfance et âge adulte. Lequel ne peut se réaliser que dans la souffrance, le tumulte. L’on évoque la « crise d’adolescence ». Cette notion est obsolète, erronée. S’il peut y avoir des jeunes « en crise », votre juvénilité n’est pas en soi « une crise ». Tout au contraire, il s’agit d’une des périodes de l’existence parmi les plus réussies, marquantes, riches, passionnées. Sinon la plus féconde, prometteuse à défaut d’être toujours des plus heureuses ! Revers, déceptions, duretés de votre jeunesse ne sauraient occulter les grandes joies de ce temps si flamboyant, exalté et fort !


 

 

F. Bueller est un lycéen favorisé en échec scolaire. Un beau jour il décide de sécher les cours, d’aller passer la journée à Chicago pour y prendre du bon temps. Il « se fait porter pâle », entraîne en son escapade sa petite copine Sloane, son meilleur ami Cameron. Tant il est vrai que « plus l’on est de fous, plus l’on rit », qu’il est plus drôle à l’adolescence de s’amuser avec des congénères que tout seul ! Le trio emprunte alors la Ferrari du père de Cameron. Les trois compères de s’en donner pleinement à cœur joie en ville. D’autant plus qu’il s’agit d’un loisir volé, inespéré, pris sur le temps-corvée scolaire. Ainsi sont bien décrites les libertés souvent prises à la jeunesse en la comédie de cinéma américaine : La Folle journée de Ferris Bueller. (J. Hughes, 1986)-252.

Les jeunes aiment à « tourner les règles », transgresser, « n’en faire qu’à leur tête », prendre des risques, s’amuser… Ils en ont grand besoin pour « grandir ». Comme les petits de trois ans ils « s’opposent fort pour se poser » à l’ordre adulte établi. « Âge baroque de toutes les folies » sans concessions de l’originalité, d’affirmation de soi. La jeunesse est aussi temps de grands doutes, troubles, mal-être, bouleversements. Toutes fortes choses plus ou moins fracassantes, tourmentées qui ont abouti à tort à associer adolescence et « crise ». En réalité ce temps de vie est surtout harmonie, joie de vivre, réussite, plénitude… Le jeune ne veut-il pas « profiter le plus possible de l’existence » ? Signe de nette vitalité, non de crise authentique ! En pleine appétence existentielle il « sort de lui-même ». S’il s’enferme « il y a problème ».


 

 


– Vos Tourment, Passage –

Cohérence Catégoriels de Jeune ?


 

 

Crise est un terme qui date de 1478, vient du « latin médical crisis, du grec Krisis, décision. Manifestation émotive soudaine et violente. (1690) Phase grave dans l’évolution des choses et des événements ou des idées ».

(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-253.

Votre supposée « crise d’adoJeunesse » est conçue par les adultes. Elle est considérée par ceux-ci, parfois par certains juniors eux-mêmes comme un passage de vie ingrat, difficile pour vous, jeune, votre entourage. En l’ « imaginaire collectif » vos image de marque, représentation habituelle et commune d’adoJeune sont répulsives. Votre jeunesse est appréhendée comme source de problèmes plutôt que comme richesse en tant que telle. Un titre d’ouvrage symptomatique parmi d’autres pour illustrer ce dommageable, « abominable malentendu » : Quand ces chers petits deviennent d’affreux adolescents.

(K. Gordy Levine, auteure américaine, livre de psychologie, États-Unis, 1991, France, 1993-254. Traduction en édition française de : When Good Kids Do Bad Things, Quand les braves jeunes se comportent mal. Sic) !


 

 

Il est vrai que l’adolescence est une « récapitulation » de l’enfance comme à l’âge des trois ans. Alors l’ado de treize ou dix-huit ans, voire encore le jeune de vingt-quatre s’opposent pour s’affirmer. Ils veulent ardemment arracher leur indépendance à tout prix. Notamment celui d’incessants conflits avec leurs aînés, leurs semblables et eux-mêmes. Ce qui fait que l’adulte notamment parent, enseignant, employeur en « perd son latin », est fort exaspéré face à ces « adolechiants ». Selon le terme employé par un parent désemparé d’adolescent sur un forum Internet. L’idée de « crise d’adolescence » a-t-elle été inventée par les adultes pour stigmatiser les juniors ? Les enfermer en un état prétendument pathologique comme l’on dit d’une personne qu’elle est psychiquement atteinte, voire dépressive ? Leur dénier toute crédibilité ? Est-elle une réalité inhérente à cette phase de vie ?

Aucune existence ni nul âge humains n’étant par essence faciles, l’ensemble des générations connaissent des « hauts et des bas métaphysiques ». De la venue au monde au trépas-255 ! Il n’y a jamais de « crise d’adolescence » à proprement parler mais certains adolescents-jeunes « en crise ». Il n’y a pas d’ « éruption cataclysmique » juvénile spécifique. Pas plus qu’il n’y a de faille enfantine. De chaos adultes notamment en milieu de vie. De misères de la vieillesse en tant que telle.

S’il existe des souffrances, difficultés chez nombre de juniors cela est moins dû à leur âge, des raisons internes qu’à des motifs externes. Aux « déraillements » des autres à leur égard : pairs, adultes, à leurs conditions de vie insatisfaisantes. Si les jeunes souffrent c’est de ne jamais être pris au sérieux en un pays latin qui ne favorise que la seule maturité, les acquis, l’expérience. Cette idée de crise ne peut être prétexte d’ostracisme. Nous verrons la quête, les troubles mais aussi l’harmonie réelle de la construction d’identité juvénile.

G. Stanley Hall, (Psycho-philosophe américain, 1844-1924), il y a un siècle-256. A. Gesell. (Pédiatre psychologue américain, 1880-1961)-257. A. Freud. (Psychanalyste austro-britannique, 1895-1982)-258. P. Blos. (Psychanalyste américain, 1904-1997)-259. E. Homburger Erikson. (Psychanalyste américain, 1902-1994)-260. J. Coleman. (Sociologue américain, 1926-1995)-261. M. Rufo, (Psychiatre français, 1944-) aujourd’hui-262. Les « difficultés à être junior » sont dépeintes par ces auteurs comme par tant d’autres également tant les remaniements de l’adolescence ne vont pas de soi. Tant un « nouvel arrivant » n’est jamais le plus souvent accueilli « à bras ouverts »-263.

Il apparaît désormais aujourd’hui que tous les âges de la vie sans exception aucune ont leurs propres « états d’âme » et leur « félicité ». Que la jeunesse connaît aussi tout autant ses propres plénitudes spécifiques-264. Il peut alors advenir une vraie « crise » ravageuse de l’enfance en apprentissages premiers et le trépas des premières illusions. Celle du milieu de la vie adulte qui doit « faire la part des choses » avec certaines renonciations douloureuses. Il est instructif d’étudier les jeunes comme la jeunesse par le prisme des experts, des adultes. Le faire par l’entremise de la « parole » des juniors eux-mêmes sur leur propre personne est bien plus « parlant » ! Les jeunes qui écrivent sur leur génération sont trop rares ! Quand ils le font cela « sonne juste » en reflet des authentiques réalités juvéniles « vécues de l’intérieur ».

Il y a aussi la « crise » de la vieillesse avec ses déceptions, résignations. Si le jeune définit son identité comme personne différenciée, il le fait aussi comme junior garçon ou fille, il est considéré ès qualité. Il est conscient des attentes, impatiences, appétits nouveaux qui sont propres à son âge. Il découvre aussi les « obstacles » si frustrants qui se dressent sur son chemin entre ses désirs et les objets de ses ambitions et envies. Les jeunes bien traités ont toutes les chances de traverser sans encombre toute leur jeunesse. Pour parvenir sains et saufs au bon port de leur adultisme plein et entier, accompli. La jeunesse est une période ambivalente, malaisée.

Car elle est autant joie de vivre, plaisirs, passions, accomplissement de soi qu’inquiétudes, déceptions, inappétences et mal-être. Cela étant, du fait d’une société adulte elle-même très incertaine, médiocre et défaite la jeunesse souffre d’abandonnisme. En « drame humain » terrible. Qui est moral, spirituel, affectif, psychologique. Elle « fait mine d’être heureuse » alors même qu’une « tristesse mortelle » peut la frapper de langueur. Il n’y a nulle crise ni marasme individuels d’adolescence mais un dur tourment sociétal collectif qui l’atteint « par ricochet ». La jeunesse n’est bien trop souvent qu’un « dommage collatéral connexe » des adultes bien plus que d’elle-même.

D’hier à aujourd’hui les spécialistes ont bien tenté de la définir au plus près. Ultra classique et fausse la notion de « crise d’adolescence et d’originalité juvénile » n’ « amuse » pas du tout les intéressés. Ceux-ci sont fort lassés d’être constamment réduits au sempiternel rôle d’ « indécrottables fauteurs de troubles »-265. Reste à savoir si ce temps de vie est en soi pour les deux sexes vecteur de difficultés ou non. Si oui, si cela est de nature interne biologique et psychologique ou externe sociale, culturelle ou les deux.

Les spécialistes sont partagés. Avec les progrès d’imagerie : résonance magnétique, scanner et tomographies, neurologues, neuroradiologues et neurobiologistes se prononcent. Ils ont bel et bien « mis en évidence » le fait que le cerveau humain n’est pas « achevé » à la fin de l’enfance. Comme on le croyait jadis. Seulement à la fin de la jeunesse vers les vingt-cinq ans. Le cerveau juvénile se développe par processus électrochimiques, comme physico-intellectuels-266.

Ainsi les « sautes d’humeur », « fantaisies, fantasmagories » du « syndrome du homard » de vulnérabilité juvénile seraient plus compréhensibles selon eux-267. Expliquer difficultés, instabilités du jeune par la seule neurologie n’est pas suffisant. La génétique héréditaire, les influences socioéconomiques, éducatives, la psychologie… interviennent lourdement. Ce qui constitue l’identité juvénile en ses « tenants et aboutissants » doit être analysé avec le plus grand soin, la plus importante circonspection.

Le jeune de treize – vingt-quatre ans est à la recherche de son identité propre plus encore qu’à l’enfance ou l’adultisme. Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je, quels sens, utilité et intérêt donner à mon existence propre ? La liberté, l’autonomie personnelles dont jouissent de façon inédite les jeunes leur imposent de savoir au préalable qui ils sont, ce qu’ils sont ou pas. Il s’agit de se différencier, s’individualiser, se démarquer des autres tout en affirmant, démontrant sa légitimité, pertinence, son attractivité.

Pour exister pleinement en tant que soi souverain. Sujet unique, unifié, cohérent, stabilisé, constant, libéré, crédible et sûr. Se connaître pour être connu et s’admettre pour être admis. Avec ses atouts, comme ses failles en continuum spatio-temporel, personnel, d’action qui fait sens. Lieux de vie successifs. Passé, présent, avenir. Acceptation de soi, réciprocité avec autrui. L’identité est aussi consolidée par un relationnel satisfaisant avec les autres. Intégrité, continuité, interactivité sont les vecteurs d’identité juvénile capitaux tels que définis par E. Erikson (1902-1994). Il a été isolé le lien entre solidité et cohérence d’identité d’une part et épanouissement personnel de l’autre.

À partir de l’adolescence le jeune devient un être qui compte par lui-même en tant que tel, ès qualité. Il possède désormais toute latitude pour exister librement en « acteur souverain » de sa propre existence. Indépendamment d’autrui : pairs, famille, adultes mais en partant avant tout de lui-même. En outre la jeunesse est le temps précis au cours duquel en une seule décennie l’essentiel d’une vie entière se décide, prépare, s’enracine. Pour l’essentiel la durée d’existence juvénile est largement prédictive de l’adultisme ultérieur qu’il conditionne, détermine en ses traits majeurs. Tant d’adultes sont inachevés, incomplets, immatures, en crise après une « jeunesse-désastre » !

Alors si une pertinence de l’identité garantit bien mieux l’avenir, ses errements l’obèrent très grandement. Ainsi estime, acceptation de soi, confiance en soi, autrui, la vie, affirmation de soi sont des facteurs capitaux de plein renforcement de l’identité. L’inverse la fragilisant. De même le sentiment de continuité, distinction des autres, d’appartenance, d’efficacité, de donner tout son sens à sa vie. (Vignoles, 2006). L’identité de genre : masculine ou féminine est capitale pour les jeunes des deux sexes. Les distinctions sont marquées entre filles et garçons.

Traditionnellement l’identité féminine est décrite comme surtout basée sur les liens interindividuels. Celle masculine sur la quête d’indépendance, de liberté et réussite sociale. Aujourd’hui ces frontières se sont fort estompées. Il n’en demeure pas moins que chez les jeunes, comme les adultes les filles-femmes restent défavorisées par rapport aux garçons-hommes. Notamment en matière domestique, professionnelle, sociale, familiale et affective. Du fait d’une société encore fort machiste, sexiste, androcentrique. Même en l’Occident le plus avancé en dépit des progrès accomplis en faveur des femmes depuis un demi-siècle.

Désormais les filles réussissent mieux que les garçons en leurs études et sont souvent plus diplômées qu’eux. Nombre de garçons sont encore socialisés « à l’ancienne ». Ils ont été précocement conditionnés à annihiler leurs émotions en une véritable « alexithymie » : incapacité de verbalisation émotionnelle. Ce qui constitue alors un véritable handicap social, psychoaffectif et personnel. Avec de nets phénomènes agressifs de réactivité compensatoire dommageable, délétère chez certains pour pallier leur « impuissance émotionnelle ». Ainsi la tempérance psychologique des garçons juvéniles puis adultes serait entachée par le culte excessif de la force.

Du courage, du charisme, de la compétition, l’ascèse, la dureté, la victoire à tout prix aux dépens d’autrui… Assurément un « vice de forme » éducatif initial au détriment des jeunes mâles. Par rapport aux femmes les hommes dominent fort encore socialement. Toutefois ce sont eux qui présentent le plus de syndromes de déviances et d’inadaptations psychosociales. Les garçons juniors « dominants » souffrent ainsi bien plus de fragilités, vulnérabilités et d’instabilités sociales, ainsi que d’échecs, de surmortalités ou surmorbidités comparativement aux filles. Dès conception et naissance ! (Cloutier et al., 2008, 2015).

Autrefois nombre d’hommes réussissaient par leur simple statut d’homme. En un monde de savoirs en lequel les femmes excellent, ce n’est plus le cas. De plus en plus de garçons sont donc déclassés et en échec faute de maîtrise suffisante de ces savoirs. En outre la mauvaise gestion de l’ « émotivité » constitue un handicap supplémentaire. De fait la finesse mentale, intellectuelle, psychoaffective, l’intelligence émotionnelle comptent plus désormais pour réussir que la seule « force de caractère ». D’autant que l’économie occidentale a plus besoin de « cerveaux » que de « gros bras » depuis déjà un siècle.

Notamment depuis les Trente Glorieuses (1945-1975). Il est aussi évident qu’une bonne relation du jeune avec ses deux parents, sa famille ne peut que contribuer à affermir son identité, insertion sociale. À l’inverse des troubles familiaux sont un net indicateur de grands risques de déviances et de désintégration sociale. De même l’appartenance du junior à une minorité ethnique peut constituer une forte difficulté d’identité. Sauf si le jeune concerné arrive à bien faire imposer, prédominer sa force mentale et de personnalité propre par une excellente confiance en lui.

Sinon le conflit entre minorité originelle d’appartenance et société dominante de choix de vie peut assombrir l’existence du jeune au quotidien. Le dilemme avec avantages, inconvénients de chacun des deux mondes coexistants peut se révéler crucial pour le junior et à très hauts risques. Notamment en terme de déviances et d’insertion-adaptations. Car outre la fixation de l’identité personnelle il se doit aussi de positionner son identité ethnique propre. Enjeu et défi complexes que n’ont pas à affronter les jeunes autochtones. Difficultés à assumer, assimiler tout à la fois la culture d’origine, comme celle d’accueil.

Sans compter tous les aléas discriminatoires : racistes, xénophobes, antisémites. Il y a donc nécessité pour le junior de d’abord bien intégrer, accepter les valeurs de sa communauté d’origine. Pour seulement être en mesure ensuite de bien s’insérer en son nouveau pays. Pour les jeunes multiethniques les enjeux et conflits d’identité sont encore plus complexes, délicats avec non plus deux mais au moins trois composantes. Les origines ethniques du père, de la mère, de la société majoritaire d’accueil. De même le junior adopté sera écartelé en sa construction d’identité entre ses parents biologiques, ceux adoptifs. En quasi- « conflit-dilemme cornélien » à vie.

Les jeunes relevant de minorités sexuelles ont eux aussi à composer avec leurs pairs et société de la majorité sexuelle. Ainsi les jeunes homosexuels face au monde très dominant hétérosexuel, confrontés parfois ou souvent à l’homophobie de certains de leurs pairs ou des adultes. Voir à ce sujet nos propos consacrés plus bas à l’amour, la sexualité des juniors-268. De façon générale les jeunes de treize – vingt-quatre ans ont à forger de fort multiples identités complémentaires, différentes les concernant. Pour tout le restant de leur vie. Professionnelle, politique, spirituelle et relationnelle, intellectuelle, sexuelle et culturelle, ethnique, d’intérêts, de personnalité et physique-269… À eux de s’en « accommoder » !


 

 

Le caractère par nature fantasque, baroque de l’adolescence a pu la faire assimiler à une crise paroxystique douloureuse. La psychanalyse freudienne n’a jamais été en reste en la matière. Prenons un exemple typique de cette fantaisie juvénile bien inoffensive. Chaque année à l’époque de Noël les jeunes garçons élèves de classes préparatoires scientifiques, internes au lycée parisien Henri IV s’activent de nuit. Ils se rendent sur la place du Panthéon toute proche.

Y a été dressé pour les fêtes de fin d’année un bosquet de sapins de Noël de fort grande taille. Les potaches s’emparent alors de quelques-uns de ces symboliques résineux. Ils les transportent pour les installer de façon clandestine en certaines de leurs salles de cours. En 2011 le proviseur de l’établissement a décidé de sanctionner quelques fautifs. En 2002 d’autres élèves du même lycée Henri IV avaient fait scandale en posant intégralement nus de face comme de dos en leur journal lycéen Ravaillac.

En un dossier consacré à la sexualité. Notons l’humour très noir du titre même de leur publication en allusion à l’assassin du souverain français Henri IV (1553-1610) dont leur lycée porte le nom. La jeunesse a fort besoin de provoquer, transgresser, d’outrer, de dévier pour grandir. Cela n’est jamais pathologique en soi mais au contraire normal et sain. Dans les limites naturelles du raisonnable, de la loi, du respect d’autrui. À défaut cela peut devenir de la pure et simple délinquance hors-la-loi-270.

Heureusement la plupart des jeunes savent « jusqu’où ne pas aller trop loin et s’y tenir ». Quoi qu’il en soit la jeunesse est l’âge des « prises de risques ». Pour des raisons neurocognitives, émotionnelles et comportementales. Ainsi David a quatorze ans. Il rentre d’une balade cycliste avec des copains regagnant la propriété de proches. Il ne sonne pas au portail, escalade les grilles. Hélas il glisse, se tue (1981). Il était le fils de R. Schneider. (Actrice, Allemagne, France, 1938-1982). Sa « hardiesse juvénile » lui aura coûté la vie !


 

 

L’historien français A. Prost observe déjà le grand désillusionnement de la jeunesse de notre pays. En une enquête menée en 1978 auprès de lycéens d’Orléans. Concernant l’avenir perçu pour le monde, 83 pour cent des réponses adolescentes sont pessimistes. Un élève de terminale illustre de façon magistrale ce « grand marasme » juvénile.

« L’avenir pour moi c’est vivre heureux dans une société qui vous offre toutes les chances de ne pas l’être ».

A. Prost de conclure :

« Cette vision noire de l’avenir caractérise une génération sans espoir qui se sent impuissante à refaire le monde, s’y résigne et se consacre à la recherche égoïste du bonheur quotidien »-271.

Dix ans seulement après 68 ! Quarante ans après cette étude la « morne torpeur désabusée » des jeunes est exactement identique… En « pire » ! Car depuis, une dépression socioéconomique, axiologique française, occidentale, mondiale majeure a « frappé de stupeur et langueur » l’univers néogénérationnel. Consomption ontologique, morale plus calamiteuse encore même peut-être que celle des années 1930 !

Le père : « De vrais ovnis nos enfants parfois » ! La mère : « Ovnis, tu es gentil » ! Le fils : « De vraies enclumes nos darons parfois » ! La fille : « Oui, grave relou » ! – Le père : « Les enfants, vous pouvez venir nous aider » ? La mère : « L’ordinateur nous demande le mot de passe… Mais lequel » ? La fille : « Attendez ! Là on est en réseau sur Share Blixus »… Le fils : « Notre chaman va acquérir sa focalisation totémique alors ce n’est pas le moment » ! –

La fille : « Arrête ! Je ne veux pas un gothic-lolita mais un emo-clubber ! Enfin ’Man » ! La mère : « Ah ! Ce n’est pas un débardeur » ? – Les deux ados : « Pour les vacances il nous faut plus de thunes » ! La mère : « Pour mes vacances il me faut moins de ménage et de vaisselle… Alors on fait un deal » ? – La mère au technicien « nettoyeur de chambre » armé d’une combinaison intégrale, d’une fourche et d’un aspirateur industriel : « Entrez ! C’est au bout du couloir » !

Ainsi l’auteure française F. Cestac décrit-elle les rapports si souvent houleux entre jeunes et adultes, parents et juniors. En ses bandes dessinées humoristiques : Les Ados – Laura et Ludo. (France, quatre volumes, 2006-2010). Entre incompréhensions, malentendus, comme désaccords, déceptions et aigreurs mutuels-272. Les adultes ayant généralement bien plus de difficultés à « comprendre » les jeunes que l’inverse ! Le « malaise juvénile » ne vient pas d’une nature tourmentée inhérente au jeune âge des juniors. Or, des conditions de vie, d’environnement que la société occidentale notamment française impose à ses descendants.

Soit un monde figé, rigide et fermé. Aussi hiératique, compassé pour un jeune que les vieilles représentations académiques picturales des siècles passés. Ainsi le très célèbre portrait produit par le peintre P. de Champaigne, (France, 1602-1674) de Mère A. Arnauld (1591-1661). Altière figure du jansénisme, en grande tenue d’abbesse de Port-Royal-273. La figuration très officielle du Roi-Soleil Louis XIV (1638-1715) en apparat de monarque par H. Rigaud. (Peintre, France, 1659-1743)-274. Également le Sacre impérial de Napoléon Ier (1769-1821) couronné en 1804 par le pape Pie VII (1742-1823) à Notre-Dame de Paris. Célèbre toile de J.-L. David. (Peintre, France, 1748-1825)-275.


 

 

We need to talk about Kevin, Il faut qu’on parle de Kevin est un drame de cinéma britannique réalisé par L. Ramsay, sorti en 2011. Également un beau roman littéraire éponyme, (Thriller, drame, États-Unis, 2003) de L. Shriver, écrivaine américaine-276. Eva a renoncé à faire carrière pour élever son fils Kevin. Un conflit sourd, larvé oppose mère et fils depuis l’enfance du garçon. Sa mère lui en veut d’avoir « bousculé » sa vie tranquille et confortable d’avant sa naissance. Enfant, Kevin en prend fort conscience, en est très perturbé et surenchérit dans la provocation, la déviance réactionnelles. Avec une forte ironie mordante, sardonique, vengeresse. Cela s’aggrave à l’adolescence.

Il tarabuste alors sans cesse de façon tyrannique sa jeune sœur cadette et prend un malin plaisir pervers et sournois à nuire à sa mère et autrui. Devenu plus grand, adolescent, « à l’aube » de ses seize ans il bascule en la plus terrible violence gratuite et malsaine. Dans son lycée il finit par abattre à l’arbalète plusieurs de ses condisciples et l’un de ses enseignants après avoir tué son propre père. Observons le « lien-huis clos » étouffant, très dégradé entre mère et fils, le classique thème de la criminalité extrême, de l’horreur, l’effroi, la pire dépravation morale masculins juvéniles. C’est surtout à l’extrême une certaine lourde crise d’adolescence paroxystique, pathologique qui nous est dépeinte. Faute d’environnement sain et équilibré. Conduisant, aboutissant à « commettre l’irréparable ».

Kevin est privé de père par la séparation de ses parents. Avec ce que cela représente de pire pour la « construction de l’identité » d’un garçon adolescent. Dépossédé de l’amour de sa propre mère. Ni compris et aimé ni accepté, soutenu et encouragé de façon inconditionnelle, oblative il n’est pas en mesure de s’aimer lui-même ni autrui, la vie. Il s’en prend donc de plus en plus violemment de façon cruelle et captative aux autres. Comme pour compenser, exorciser son propre mal-être et marasme existentiels profonds. Ce qui est tout autant une façon de s’en prendre à soi. Transcender, réduire sa déchéance, son indignité en sadique catharsis d’apocalyptique déchaînement final. En funeste douleur il s’agit donc également de se punir soi de façon masochiste appelant sur soi-même la « suprême sanction ».

Choisissant d’assumer ses actes, d’en subir les graves conséquences en acceptant de lourdes peines d’emprisonnement. Plutôt que d’échapper à un « tragique sort terrestre » par le suicide. Le personnage filmique si tourmenté et « perdu » de Kevin, (Royaume-Uni, 2011) rejoint ainsi celui littéraire du Raskolnikof de Crime et Châtiment, (Russie, 1866) de l’écrivain F. Dostoïevski (1821-1881). Au-delà des contextes temporels et spatiaux, personnels et d’action différents. Avec pour thématique centrale celle de la rédemption, la délivrance par la « souffrance, l’affliction » : infligées et subies. En vérité, la vraie « crise mystique immanente de jeunesse » serait-elle autre chose-277 ? Une « espérance désespérée ou un désespoir d’espérance » ?


 

 

Il n’y a pas de crise de jeunesse au sens psychique de difficulté particulière par ce fait inhérente à cette classe d’âge. Il y a une nouvelle génération qui moralement souffre d’une situation et d’états de fait difficiles. Par un contexte défavorable, un monde adulte défaillant lui également tout autant « en crise ». Les aînés eux-mêmes sont perturbés, incertains, ne savent plus quelle conduite tenir à leur propre égard, comme à celui des jeunes. Ces derniers ne peuvent alors qu’être « perdus ». La difficulté d’adolescence-jeunesse n’est donc jamais tant intrinsèque ou endogène qu’extrinsèque et exogène. Quand l’adulte n’est plus solide, « sûr de lui » ni de ses valeurs et enseignements, il ne transmet plus à sa descendance. Il la laisse fort « livrée à elle-même » ainsi qu’à ses pires doutes, manques, insuffisances. Cette dernière ne peut plus alors ni grandir, s’épanouir ni s’affranchir.

La jeunesse a certes besoin de souplesse, de compréhension, de libertés, de respect, de reconnaissance… Dans les temps passés cela faisait largement défaut au profit d’iniques duretés, coercitions. Ce qui était la cause principale du mal-être d’une nouvelle génération niée. Depuis quelques décennies la société occidentale contemporaine est passée à l’exact excès opposé. Sous prétexte de mort des interdits et contraintes de tout principe éducatif même les jeunes sont condamnés aux pires « déshérences et dérélictions ». Là réside leur souffrance d’aujourd’hui. Sans pour autant brimer ni entraver où sont donc les éclairages, accompagnements cohérents, les préceptes pédagogiques sûrs, enrichissants de maturité ?

Comment le junior pourrait-il s’y retrouver ? Lui qui a tant besoin de balises, limites pour devenir soi et le moment venu lui-même adulte accompli et digne de ce nom. En conditions délétères, nocives de « mal éducation, non-éducation, voire de déséducation » voici venu le temps barbare du caprice, de l’immaturité, l’irresponsabilité. Le jeune veut avoir le résultat, la gratification, la réussite et les avantages. Sans les « contreparties », les inconvénients et efforts, la ténacité, persévérance, les sacrifices, contraintes par nature toujours corollaires.

D’ordinaire comme c’est fort naturellement la plupart du temps le cas le junior défaillant est justement sanctionné. Dans les faits ou par les humains. Il ne comprend alors pas ou mal la situation. Sa première réaction est de crier au scandale, à l’injustice, à la trahison. Le jeune se met donc en la position de la victime abusée. Sans même voir qu’il est en l’espèce par son comportement à l’origine de ses propres déboires. Plutôt que d’être comptable de soi-même, rigoureux, courageux il est tellement plus agréable de se laisser aller.

De ne voir et servir que ses intérêts personnels même si c’est fort illégitime et au détriment d’autrui. De ne tenir compte que de sa volonté, sa liberté, ses plaisirs et convenances quels que soient les inconvénients pour autrui. La question n’est plus de savoir si je fais bien ou mal et de façon légitime ou pas. Seul compte mon « bon plaisir » car tel est-il, se justifie, suffit-il à lui-même. Voyant les adultes raisonner, se comporter ainsi le jeune est convaincu que le dévoiement constitue une norme habituelle acceptable. Le pire est admis pourvu qu’il corresponde aux préférences du moment. Tant pis s’il en cuit alors méchamment à son prochain, voire à soi.

Les parents ont fort inopportunément oublié qu’éduquer c’est contraindre à bon escient, ni trop ni trop peu, en l’intérêt même du junior. Cela vaut même pour les jeunes majeurs ! Tant que ces derniers vivent sous le toit parental, dépendent encore matériellement de leur famille et ne s’assument pas encore. De façon ni autonome ni indépendante pour l’essentiel de leur vie quotidienne. Les cadets ne sauraient jamais « exiger » valablement des aînés tous les « avantages sans les inconvénients ». Bénéficier de la sécurité et du confort matériels des parents sans pour autant faire en échange tous les efforts nécessaires pour mûrir.

C’est-à-dire travailler avec constance, efficacité pour réussir les études payées par la famille. Se conformer aux règles minimales de bienséance, savoir-vivre, civilité inhérentes à toute vie décente en collectivité, en l’occurrence familiale. Bien participer au quotidien domestique sachant aussi autant que de besoin se rendre utile. Du fait des négligences éducatives des adultes la jeunesse a « oublié » qu’elle avait des devoirs tant à son égard qu’à celui de la société de ses aînés, parents en tête. Être « génération montante » n’en dispense jamais !

Les juniors contemporains ne s’obsèdent que de leurs droits réels ou supposés. Ils ne savent pas ou insuffisamment que rien n’est dû. Que tout se mérite en ce bas monde ! Qu’il s’agit de faire ses preuves. Que se donner le mal de naître ne suffit pas pour s’imposer. Que pour parvenir et s’accomplir seuls le mérite, le talent, le combat de tout une vie vaillent et sont « payants ». Tout jeune se doit de comprendre que pour se grandir, rendre digne de la condition humaine les seuls quête du plaisir, refus de la souffrance ne suffisent pas. Notre époque ne veut plus savoir que rien de beau, de grand, de fort, de significatif et de réussi n’est possible sans ascèse, patience, sacrifice.

La folle croyance infantile en le « tout, tout de suite, facilement, si et comme je veux » n’est qu’un toxique leurre douloureux. Lequel n’a pas fini d’obérer le bonheur des peuples et descendances de ce temps. Nos juniors exigent des adultes autorité, guidance, fermeté, cohérence, constance. Croire qu’ils apprécieraient fort notre laxisme actuel serait une tragique erreur. Sachons être exigeants sans pour autant être autoritaires car nulle éducation réussie ne se donne sans vision. Il est temps de montrer le chemin au lieu de lâchement se cantonner au factice confort des didactiques pusillanimités.


 

 


– Perfectionnements –

De Votre Configuration Psychologique Jeune


 

 

Les interactions entre les individus et leur milieu symbiotique sont riches, complexes quand soi et autrui « se croisent, recroisent, décroisent » sans cesse. Les critères différentiels d’une « crise d’identité » juvénile vous distinguent comme vous rapprochent garçon, fille, vos âges, milieux d’origine, parcours, personnalités, études, localisations,  junior. L’influence réalisée sur votre psychisme, votre vie de jeune nous le démontre fort. Votre « bouillonnement psychique » est une chance positive pour vous, junior.


 

 

Apurement des contentieux, tourments du passé. Responsabilisation de type adulte. Autonomisation, distanciation à l’égard de soi-même et d’autrui. Telles en sont les marques de bouleversements juvéniles constructifs très prometteurs. Il existe indéniablement certaines « difficultés normales » de remaniements psychiques de la juvénilité qui ont un rôle positif, non seulement néfaste. Mise à l’épreuve, renforcement personnel. Redéfinition des orientations de vie. Irrévocables dépassements des acquis infantiles pour optimiser ceux de la jeunesse, comme asseoir ceux de l’adultisme.

Difficultés, bonheurs des juniors pourraient être d’un quadruple ordre. Biophysique, psycho-intellectuel, spirituel et moral, socio-relationnel. À degrés divers. Comme tout humain chaque jeune est corps, « solidité de la terre ». Esprit, « fluidité de l’eau ». Âme, « mouvement de l’air ». Cœur, « chaleur du feu ». Quoi qu’il en soi chaque junior avant vingt-cinq ans demeure à un titre ou un autre « inféodé » à la primauté de ses aînés adultes. En son for interne le jeune se sent tour à tour voué aux malheurs, flottements, bonheurs.

L’adolescent devient capable de se dépasser et résoudre les contradictions en apparence insolubles de son adolescence. À la condition de s’inscrire en un schéma de relativisation des complexités de l’existence et de décentration de soi. Comprenant aussi tout à la fois l’éminence de son personnage unique, la limitation extrême de sa personne noyée en la pléthore humaine de ses semblables. Si la personnalité de chacun-e prend toute sa dimension, celle des autres notamment des pairs compte beaucoup. Des interactions inédites plus riches se nouent-278.

En les joies, les peines interviennent des facteurs endogènes psychobiologiques propres à l’individu. Des éléments exogènes socioculturels et du monde extérieur. Le jeune souffre bien plus de perturbations induites par l’univers qui est le sien que de tourments existentiels intérieurs et purement psychiques. Surmonter cela est indispensable pour être plus heureux, devenir un adulte « qui tienne la route » de façon pérenne. L’on évoque le jeune de treize – vingt-quatre ans de façon très globale. Il s’agit de fait de la jeunesse en son ensemble.

Classe d’âge plus homogène qu’hétérogène qui constitue La Nouvelle Génération. Celle qui est officiellement qualifiée de Jeunesse par les Nations Unies (1945) et l’Union Européenne (1957). Cela étant deux ensembles existent parmi les juniors. Les adolescents mineurs de treize – dix-huit ans de l’enseignement secondaire. Les jeunes majeurs de dix-neuf – vingt-quatre ans de l’enseignement supérieur, comme des débuts de la vie active. La plupart des premiers vivent encore chez leurs parents, sont scolarisés et sont encore très dépendants des adultes. Leur personnalité adolescente est toujours tout « incertaine et en construction ».

Leur statut de mineur limite fort leurs prérogatives et autonomie sociales, juridiques. Les seconds ont pour certains déjà un habitat personnel, font des études supérieures ou ont un emploi. Ils ont donc une autonomie ou indépendance accrue par rapport au premier groupe et aux adultes. Leur personnalité plus aboutie, mûrie leur permet une plus grande stabilité et affirmation de soi psychoaffective, morale. Leur état de majeur leur assure une latitude sociolégale accrue. Quatre sous-groupes peuvent aussi être distingués au sein des juniors.

Le collégien de douze-quinze ans est un jeune adolescent encore proche de l’enfance. Il se doit d’assimiler les lois d’apprentissage de l’enseignement secondaire du premier degré. Il reste encore très présent au sein de sa famille mais il y opère un début de détachement. Il développe de nouveaux liens au monde, aux autres, aux pairs des deux sexes notamment du sien et à lui-même. Il apprend de nouvelles règles d’individuation et d’autonomie propres. Il reste très conformiste et fort dépendant de ses semblables, comme de leur jugement.

Le lycéen de quinze – dix-huit ans est en une logique adolescente déjà plus perfectionnée. Les résidus de la période enfantine ont disparu. Les loisirs choisis prennent une place majeure. Il s’agit de bien maîtriser les règles du secondaire du second degré. Ainsi que de songer à un projet professionnel. En vue de ses études supérieures et / ou de l’entrée en la vie active. L’éloignement par rapport à la famille s’accentue même si l’on vit encore avec elle. Le lien aux pairs l’emporte désormais de façon absolue. En sociabilité adolescente typique. L’intérêt pour le sexe opposé grandit au détriment du groupe des semblables. Le jeune se considère alors de plus en plus comme une entité personnelle propre plus spécifique, indépendante. Notamment des congénères.

L’étudiant de dix-huit – vingt-et-un ans a quitté son adolescence pour la pleine jeunesse. Il expérimente un mode de vie original qui n’est plus adolescent, pas encore adulte. Lequel pourrait être qualifié de « jeuno-étudiant ». Le temps libre est bien plus sophistiqué, intellectualisé, exigeant. La méthode de travail propre aux études supérieures s’affine. Le junior étudie par et pour lui-même. Il a choisi son orientation, s’intéresse à son cursus qui le motive plus et mieux. Il se fait une vision bien plus précise, libre de son avenir professionnel, comme personnel en lien avec ses études. La séparation d’avec la famille est consommée même si l’habitat est encore commun. De plus en plus le logement est distinct. La distanciation par rapport aux pairs s’accentue. La vie sexuelle, affective plus accomplie l’emporte. De même que les liens bilatéraux privilégiés sur les rapports de groupe.

Le jeune actif de vingt-et-un – vingt-quatre ans ou encore étudiant se rapproche alors de l’adultisme accompli. Le temps de la jeunesse au sens strict prend fin. Alors que la maturité dite adulte plus affermie encore sera l’affaire des plus de trente ans. Une certaine phase transitionnelle et adaptative s’observant désormais en la seconde moitié de la vingtaine. Alors les études supérieures s’achèvent. Le temps de la responsabilité professionnelle arrive ou s’annonce.

Le jeune français entre en moyenne sur le marché du travail autour de ses vingt-deux ans. Au titre du temps complet, comme profession principale durable de plein exercice. Non de simple emploi alimentaire temporaire antérieur de jeunesse ou d’étudiant. La consolidation « adulescente » se poursuit. Il s’agit désormais de faire des choix professionnels d’avenir qui engagent durablement. L’étudiant mûr en fin de cursus travaille plus encore pour obtenir ses diplômes, qualifications terminaux de fin de cycle d’études. Afin de devenir travailleur actif.

La part de loisirs adolescents se réduit d’autant. De même le jeune travailleur consacre beaucoup de temps et d’énergie à son nouveau et premier poste professionnel. Il doit de fait y faire ses preuves. Transformer ses aptitudes théoriques d’études en capacité effective de terrain comme salarié. Le temps des décisions, choix assumés est advenu. Les sorties sont moins fréquentes mais plus sélectives. La famille verticale devient lointaine, l’habitat indépendant. Les pairs individuels ou de groupe sont de plus en plus remplacés par la vie affective et de couple installé. L’on devient plus « maître de son destin ». Les centres d’intérêt évoluent, se rapprochent de ceux des adultes : valeurs, pratiques et modes de pensée…

Naturellement cette typologie normative ne représente qu’un schéma moyen d’une certaine jeunesse-type. Laquelle répondra globalement à des standards psychosociaux communément répandus, admis. À notre époque, en notre société franco-occidentale. Il n’en demeure pas moins que d’immenses disparités s’observent à l’échelle des individus, personnalités, mutations, milieux socioéconomiques et culturels. D’autant plus que l’allongement des études, le marasme sociétal s’amusent à « brouiller les pistes », changer la donne, bouleverser les étapes de vie.

Pour tous les jeunes. Comme pour bien des adultes. Il y a aussi la volonté des juniors de prolonger le confort, la sécurité, les plaisirs de la vie de jeunesse. Nous avons vu à quel point l’accomplissement adulte, la pleine insertion ou stabilité en société se font de plus en plus tard et malaisément pour les jeunes. C’est la raison pour laquelle nous avons bien pris soin de préciser que l’adultisme plein et entier s’atteint désormais en Occident à l’orée de la trentaine. Avec la renonciation définitive aux études, aux modes de vie, de pensée, aux loisirs festifs et ludiques typiquement juvéniles.

Également la stabilité professionnelle, l’indépendance d’habitat. De même la pérennité du couple affectif, la naissance du premier enfant qui scelle alors la création d’une famille horizontale « à soi ». On le voit, avant cette consécration pleinement adulte relativement tardive la « génération Tanguy » a encore de beaux jours devant elle ! Pour des raisons d’incertitudes matérielles. De désir du junior de prolonger les joies hédonistes, délétères et illusoires de l’irresponsabilité néogénérationnelle. Comme marqueur d’identité de tout une classe d’âge plus masculine encore que féminine.


 

 

Il n’existe nulle « crise juvénile » au sens d’un lourd traumatisme universel par ce fait avéré et exclusivement dû au seul âge de jeunesse. En revanche ce temps de vie étant celui des découvertes, expérimentations, émois il peut connaître maintes « bizarreries et étrangetés » comme autres pures incongruités. Le thriller cinématographique français de F. Ozon, Dans la maison (2012) en rend excellemment compte. Claude, jeune lycéen brillant de seize ans, en classe de seconde, « pervers narcissique » en est l’un des personnages principaux. Il parvient à s’immiscer dans la maison, la vie, la famille de son condisciple et meilleur ami Raphaël.

Il en fait une « chronique littéraire » suivie sous forme de fort belles dissertations qu’il rend régulièrement à son professeur de français. En lesquelles voyeurisme et manipulation s’exacerbent au détriment de son camarade, sa famille qu’il espionne. De son enseignant également otage bien malgré lui des fantasmagories débridées de son élève. Tour à tour des plus « horrifiés, fascinés ». Sous prétexte de faire du soutien scolaire en mathématiques auprès de son camarade, Claude épie, note tout ce qui se passe chez lui. Pour coucher le tout en détail sur le papier en venimeuse plume assassine et acérée.

Il se paie même « le luxe » d’éprouver un certain penchant pour la mère de son ami « Rapha ». Le personnage adolescent de Claude illustre cette passion si juvénile de la curiosité. Savoir, comprendre, apprendre, connaître… Jusqu’à la volonté de « tout » découvrir chez autrui : congénères générationnels et adultes. S’approprier le vécu, les réalités des autres humains pour mieux être et progresser soi-même. Comme pour « exorciser » ses propres manques et pires démons. Un peu tels les hommes dits primitifs prétendaient ingérer la chair humaine de leurs ennemis pour s’en accaparer les viriles vertus.

En particulier de courage personnel, de combativité guerrière. À force de capacités de nette nuisance et d’influence ou détentions de petits et grands secrets volés sur les uns, les autres, Claude finira par brûler ses vaisseaux. Ses propres ailes et dernières ressources. Révélant fort les limites de l’exercice, la vulnérabilité de l’âme juvénile en peine. Démasqué, tous ou presque finiront par se détourner de lui-279. Morale de l’histoire, toute passion juvénile contient ses limites au-delà d’un certain seuil.


 

 


– Vos Juvéniles Inquiétudes –

Bonheurs Psychoaffectifs Marqués


 

 

Nous avons établi que les difficultés de remaniements psychiques qui peuvent survenir pour votre jeunesse ont un rôle très positif et pas seulement néfaste. Mise à l’épreuve, renforcement personnel. Redéfinition des orientations de vie. Fort dépassement des acquis infantiles pour bien mieux optimiser ceux de votre jeunesse, plus asseoir ceux de l’adultisme. Votre juvénilité permet d’éprouver vos capacités, ambitions, limites, de vous re/construire, consolider en et par l’épreuve. À cet égard votre jeunesse est une véritable ascèse initiatique et un rite fort de passage par et en vous-même.


 

 

Il s’agit aussi à la lumière des enseignements de la maturité nouvelle de réorienter sa vie à bon escient. Pour remplacer les schémas périmés du passé, mieux « rebondir » au présent pour l’avenir. L’adolescence est une excellente occasion de finaliser tous les apprentissages d’enfance. S’approprier ceux de l’adolescence. Surtout se transcender pour être en mesure de « fourbir les armes » adultes. Seules alors capables de permettre la réussite de tout une vie de droiture, d’accomplissement exigeant de soi-même.

Tout objet matériel possède sa triple composante. Électronique, neutronique, protonique. De même tout être humain dont le jeune est entité à trois faces principales. Physique et matérielle. Psychique et affective. Spirituelle, comme morale. S’ajoutent aussi une quatrième dimension sociorelationnelle. Une cinquième cognitivo-intellectuelle. Difficultés, plénitudes juvéniles sont liées au corps anatomique qui change et se développe avec ses toutes nouvelles aptitudes, quelques dysfonctionnements. Une psychologie en chantier, changeante.

Un état moral en recherche avec tous les élans, incertitudes que cela implique. Un positionnement social dont le jeune est toujours tributaire par son milieu de vie et appartenance générationnelle. Une intelligence des apprentissages académiques spécifiques. Le propre de la jeunesse est d’être par rapport à la société des adultes très conditionnée, subordonnée et dépendante. L’influence qu’elle subit de la part de ses aînés la prépare à « devenir adulte ». C’est-à-dire à jouer le rôle qui est attendu d’elle par conformation à un scénario préétabli. Elle est inféodée aux conceptions, gouvernement adultes puisqu’elle ne détient pas les « rênes du pouvoir ».

Les jeunes sont fort liés au bon vouloir adulte pour ce qui est de leur intégration sociétale. L’accomplissement de leur destinée propre individuelle comme sujets, collective en cohorte juvénile. Les jeunes se sentent « voués aux malheurs » tant ils se perçoivent « de trop » en un monde fort hostile. Ils ont aussi une irréelle impression de flottement tant ils ont du mal à s’arrimer solidement au réel. Ils aspirent aussi aux bonheurs car leur quête d’idéal et d’absolu reste malgré tout « ultra ancrée » au plus profond d’eux-mêmes. Les juniors occidentaux développent-ils de façon « obligée, récurrente » une « crise psychomorale » ?

Un tableau international comparatif des difficultés d’élaboration d’une « image psychique » juvénile propre est possible. En fonction des réalités, spécificités des pays, sociétés et mentalités culturelles dominantes en Occident. Il nous laisse alors entrevoir des différences, comme des points communs. Globalement la prospérité matérielle n’empêche nullement un marasme existentiel de nos juniors. Il semblerait au contraire que l’aisance économique aille de pair avec un désarroi, une vacuité, un abandonnisme moraux profonds, douloureux. Pour une nouvelle génération occidentale « ravagée de façon variable par ses tourments ».

Éduquer les jeunes, les parents à mieux gérer les marasmes psychoaffectifs juvéniles leur permet de cerner, reconnaître, d’admettre les blocages. De dépasser la crise par le dialogue, les efforts, la compréhension mutuels. Maintenir le cap coopératif pour garder une sérénité durable. De fait la plupart des conflits, mal-être proviennent, sont aggravés par le manque d’échanges. De claire perception des choses, de réactions de tous, chacun pour « sortir de la crise ».

Une jeunesse « apaisée » fait preuve de constance de vie, renoncement moral, surpassement de soi. Il s’agit de mieux demeurer fidèle à ses convictions, idéaux légitimes, raisonnables. Sans s’entêter en impasses sans issues, renonçant aux chimères, ce qui ne va pas de soi à la jeunesse. Tout en dominant sa « petite condition humaine », se donnant une morale de vie plus « rédemptrice »-280. Seuls ascèse, dépassement de soi l’autorisent ! À défaut la vie humaine est inutile, vidée de tout sens, toute substance, réduite à l’animalité.

À l’automne 2010, lycéens, étudiants français sont descendus dans la rue pour officiellement réfuter la réforme des retraites alors en cours. Depuis la fin 1986, de grandes manifestations quadriennales de masse contestataires, revendicatives, de mécontentement des jeunes se déroulent aux quatre coins du pays. Nul autre État occidental ne connaît de pareilles colères néogénérationnelles homériques répétées ! Afin d’éluder le sens négatif fort gênant de ce « syndrome juniors », minimiser l’importance du phénomène, tourner en dérision les jeunes le déni est de mise.

Il est alors dit que leur action est le signe de leur politisation, manipulation, défoulement cathartique, immaturité sans significations ni consciences véritables. Ce qui a donné lieu à ce slogan très pertinent d’une jeunesse encore et toujours si « bafouée » : « Ni bambins ni pantins » ! L’on a feint de croire que les juniors n’enrageaient que par peur que la prolongation de la durée du travail ne retarde leur entrée dans l’emploi. N’aggrave plus encore leur chômage. De fait ce mouvement s’inscrit dans le droit-fil de tous les autres : le malaise, l’angoisse, l’abandon de tout une génération « oubliée ». Celle-ci saisit la moindre occasion favorable pour crier sa détresse. Il est particulièrement indécent de le lui reprocher.

En 1968, les jeunes « rejettent » leur société. En 2020, le monde adulte « ostracise fort, excommunie » sa descendance. Priée de « disparaître puisque l’on n’a que faire d’elle ». En cette décennie les plus de soixante ans l’emporteront en nombre sur les moins de vingt ! La marginalisation juvénile croîtra encore. À quinze, vingt ou vingt-cinq ans liberté, dignité, intimité des juniors s’amenuisent. Ce terrible « jeunocide » moral constitue un scandale quasi aussi déplorable que d’autres. Minamata. (Japon, années 1950-1960). Thalidomide. (Monde, années 1960-1970). Talc Morhange. (France, années 1970). Sang contaminé. (France, notamment années 1980-1990) ! Il est urgent de créer un « défenseur des Droits des Treize – Vingt-Cinq ans ».

L’inféodation du Défenseur des enfants – zéro – dix-huit ans – au Défenseur des droits n’augure rien de bon pour les juniors français. En son rapport 2010, le Médiateur de la République d’alors met en exergue le profond désarroi, le grave mal-être d’une part croissante de la population. Y compris juvénile. Interrogé, il évoque :

« Une société française fatiguée psychiquement en laquelle l’angoisse du déclassement augmente et qui se fragmente aux dépens de tous. Où le chacun pour soi remplace de plus en plus l’envie de vivre ensemble sans assez de vision collective »…-281.

L’on ne saurait mieux dire. Fin 2010, deux politiques de la majorité : R. Yade, l’opposition : F. Hollande s’élèvent contre l’ « exil des jeunes de France ». La première s’indigne de l’exclusion de nos cadets-282. Le second, futur chef de l’État insiste sur le fait que toute action publique « digne de ce nom » ne peut qu’avoir le jeune pour « priorité ». Devant l’iniquité terrible de l’exécution du duc d’Enghien, (France, 1772-1804), le 21 mars 1804, un parlementaire, conseiller d’État français dira : « C’est pire qu’un crime, c’est une faute »-283 ! (A. Boulay de la Meurthe, homme politique, France, 1761-1840).

Cela pourrait tout autant qualifier la « mort sociale » des préadultes. Ce navrant collapsus est le résultat d’un immense manque d’amour et de reconnaissance qui « taraude » tant la nouvelle génération. Non entendue ni attendue elle « clame toute sa rage », son désespoir. Comme ses multiples manifestations protestataires de 2016 ou de 2018 en France en font à nouveau foi.

Elle sait que pour la première fois depuis 1945 elle sera la toute première cohorte à « régresser » à tous points de vue par rapport à ses ascendants. Déjà elle entrevoit que la pauvreté matérielle, morale, comme humaine lui « revient de droit ». Non, les jeunes ne manifestent pas par fallacieux « intoxication », amusement, infantilisme, subversion, nihilisme. Oui, les juniors se manifestent par esprit de justice, « légitime défense » de leur génération, sentiment d’agression, d’être écartés de « l’essentiel ». Sachons les écouter, entendre, comprendre, encourager, soutenir, intégrer, accepter, aimer, réconforter. Ils n’auront plus besoin de sans cesse « se rebiffer ». Confiants, motivés, heureux ils sauront mieux réussir leur avenir !


 

 

La comédie dramatique cinématographique américaine Project X ou Projet X, (N. Nourizadeh, 2012) illustre fort à propos les « pires dérives » d’une jeunesse « trop avide de vivre ». Tant les latitudes d’expression majeure de sa pleine identité sont le plus souvent des plus niées. En outre le scénario « catastrophe » de la fiction filmique sera reproduit par certains jeunes dans le monde. Avec le même résultat le plus désastreux ! Deux lycéens, Costa et JB veulent fêter l’anniversaire de leur ami Thomas qui accède à l’âge de la majorité. Ils souhaitent surtout soigner leur popularité auprès des condisciples. Ce qui les conduira aux pires imprudences.

Générant en retour des drames en cascades. Thomas est laissé seul chez lui, lieu de la fête, pour tout le week-end. Avant de partir ses parents multiplient les mises en garde et les recommandations. En particulier ne pas inviter plus que quelques personnes. En réalité ce sera une foule de jeunes déchaînés qui envahira la maison et le jardin. Piteux, Costa avoue alors à son ami Thomas que par peur de n’avoir personne il a multiplié partout les annonces, invitations de masse. Ce qui devait à l’origine n’être qu’une anodine petite fête d’anniversaire sympathique se transforme en émeute orgiaque et gigantesque. La maison, les alentours sont livrés aux pires déprédations, destructions, dépravations de « hordes barbares »-284.

La nouvelle génération est qualifiée de « no limit », « sans limite ». Elle n’a pas toujours conscience de la notion de « raison et de déraison ». Toute préoccupée qu’elle est de « jouir sans entrave ». Il ne s’agit nullement de « crise d’adolescence » mais de défaut éducatif, moral, formateur, transmissif de la part des adultes aux juniors. Quand les raisons de croire, d’espérer, de se réaliser, s’épanouir sont introuvables pour la jeunesse il ne lui reste plus alors que l’insignifiance. Qui se traduit en excès de toutes sortes : matérialistes, hédonistes et consuméristes. Tel est le très triste sort d’une génération délaissée, réduite à elle-même. Ses petites autogratifications narcissiques compensatoires du quotidien. Laquelle peine tant à pallier ses délétères vacuités ontologiques et axiologiques. Quand il n’y a plus de plénitude morale ne demeure alors que l’assouvissement pulsionnel primaire du contentement physique le plus immédiat.

Au pire détriment hélas de la pleine réalisation de soi, des authentiques accomplissement et développement personnels de tous ces « jeunes perdus ». N’apportons pas la « géhenne » du déficit de transmissions éducatives, affectives, spirituelles aux juniors. Si nous ne voulons pas qu’ils nous fassent en retour la « guerre du rejet » ! Que faute d’acquis existentiels solides ils ne sabordent leur avenir et la quiétude de leurs aînés.

Trop souvent l’éducation, les transmissions, l’élévation de la jeunesse sont lacunaires, déficientes, défaillantes. Elles ne sont plus guère jardins à l’anglaise, à la française ou à l’italienne. Or, plutôt herbes folles, broussailles et friches de chardons, de ronces et d’épines. Tant déshérence et déréliction frappent cette malheureuse génération. Les mutilantes coercitions du passé ont fait place à de non moins dommageables abandonnismes, laxismes, désordres d’aujourd’hui. Aux pires dépens de la juvénilité.


 

 

Pour moi la jeunesse est un moment comme un autre. […]

L’on n’a pas plus de problèmes qu’à d’autres périodes de l’existence


 

Aldebert, seize ans285


 

 


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