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Jeune XY – (Andro)Jeunesse 5 – AndroJeunoPratique – Résumé – Contact
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[ LES CONCEPTIONS PÉDAGOGIQUES ]
DE LA NATION POUR VOTRE JEUNESSE
L’orientation de vos études, métiers se fait plus par défaut, hasard que par adhésion, vocation. Les critères de votre sélection, vos formations privilégient des aptitudes purement techniques. Au détriment de vos intelligence, audace intellectuelle, originalité, pleine finesse d’esprit. Vos établissements d’enseignement constituent une offre éducative non toujours « lisible » pour vous, jeune, votre famille. Parents, enseignants, élèves sont des partenaires d’éducation aux rapports « qui ne vont jamais de soi ».
Vos rythmes, choix éducatifs d’élève gagneraient à être mieux adaptés à vos réalités, besoins, attentes de junior. Les conditions matérielles, pédagogiques de vos études sont encore très perfectibles. Vos débouchés professionnels, de formation sont des plus aléatoires. Vos réussites académiques de junior scolarisé sont insatisfaisantes. Le nombre des diplômés annuels par filières, niveau d’études est encore bien trop modeste proportionnellement à la masse de scolarisés. Par rapport aux pays étrangers occidentaux homologues .
Charlie a quinze ans, il débute sa scolarité au lycée. Timide, il est rejeté par ses condisciples qui le perçoivent comme différent d’eux donc inintéressant. Son professeur de littérature l’apprécie car il le juge brillant. Charlie est isolé, marginalisé, souffre du suicide de son meilleur ami. Puis deux élèves de terminale, Patrick et une fille, Sam l’adoptent, l’introduisent parmi leurs relations. Ils lui permettent de s’intégrer, découvrir les joies de la vie, mieux profiter des délices de la jeunesse en études. Charlie tombe amoureux de Sam… Ainsi débute la trame du film Le Monde de Charlie, (Comédie dramatique, S. Chbosky, États-Unis, 2012) tiré du roman épistolaire du réalisateur : Pas raccord. (États-Unis, 1999)-801.
Cette fiction illustre très bien à quel point le milieu scolaire d’un adolescent influe sur lui et combien la personnalité d’un jeune va conditionner son environnement d’études et sa scolarité. Il s’agit alors de mieux préparer et d’aider un junior à s’adapter, s’intégrer à l’univers académique. Comme de ménager le cadre d’études convenant à tout jeune, susceptible de l’épanouir. Les conditions de la réussite psychique et scolaire sont très liées car l’élève reste toujours avant tout un junior, non l’inverse ! Les blocages scolaires de toutes sortes viennent souvent de sa mauvaise prise en compte.
– Orientation, Sélection, Formation –
De Votre Nouvelle Génération en Études
Orientation est un terme féminin de 1874 pour le sens qui nous intéresse. « Action de donner une direction déterminée ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-802.
Concernant les études il s’agit pour chaque jeune de décider de la formation qu’il souhaite. En tenant compte de certains « paramètres ». En vue d’un exercice professionnel donné. En France, le système de l’orientation scolaire reste bien trop « flottant », aléatoire, très incertain. Tant pour le choix des établissements d’enseignement, des filières d’études, métiers, du projet global d’avenir scolaire et professionnel de chaque junior. Les structures d’orientation restent insuffisantes en nombre, compétences.
Les conseillers d’orientation psychologues demeurent trop peu nombreux, leur approche bien trop théorique, parcellaire. Pour véritablement éclairer concrètement les jeunes sur l’ensemble des cursus d’études et des métiers existants. L’orientation des élèves se fait encore et toujours plus par défaut, échec, hasard, dépit et résignation que par adhésion, réussite. L’empirisme l’emporte trop encore sur la planification rigoureuse des études, comme des carrières professionnelles.
Trois grands critères incontournables de l’orientation scolaire, des métiers des jeunes sont à prendre en considération. Ils sont encore trop souvent éludés aux dépens des juniors. Les appétences personnelles propres. Les capacités, résultats scolaires, effectifs. Les débouchés réels, concrets juvéniles quant à leurs formations, emploi futur. La nomenclature des cursus d’études est encore trop complexe, peu lisible pour les jeunes et leur famille. L’orientation scolaire reste un véritable « parcours du combattant ».
Les cursus non généraux sont encore et toujours discriminés. Ils accueillent prioritairement non les juniors dont c’est la vocation mais ceux que l’on juge « indignes » des études « classiques » si discriminantes. De grands progrès restent à accomplir-803. Aucune information valable n’est directement, d’office donnée aux jeunes dans les établissements même d’enseignement. L’ « opacité » demeure la règle. Les conseillers d’orientation sont psychologues, pas experts en métiers, débouchés d’emploi.
Les rares organismes existants en la matière sont défaillants, lacunaires. Citons les Cio, Centres d’Information et d’Orientation avec bases de données documentaires, les psychologues conseillers d’orientation. Les Cidj, Centres d’Information et de Documentation Jeunesse, sites Web spécialisés. Les publications spécifiques sur les études, métiers de L’Étudiant, l’Onisep, l’Office National d’Information sur les Études et les Professions… Également les salons spécialisés comme celui de l’Étudiant. Les portes ouvertes des écoles, métiers, chambres de métiers et de l’artisanat, chambres de commerce et d’industrie…
Ces entités spécifiques aident tous les jeunes en matière d’orientation scolaire, d’insertion professionnelle or, peinent souvent à les éclairer pleinement. Tant la tâche est fort ardue, les moyens limités, l’information détenue, diffusée insuffisante. Seuls les juniors à vocations bien arrêtées, les milieux les plus favorisés, mieux informés font les choix les plus éclairés, judicieux. Car ils ont toujours la meilleure possibilité d’accéder aux filières les plus exigeantes quoi qu’il arrive, quels que soient leurs goûts. Pour le présent, comme l’avenir. Les autres, ultramajoritaires vont « là où ils peuvent » au gré des « possibilités restantes » plus ou moins grandes ou limitées qui s’offrent alors à eux.
Il est plus tenu compte des « lubies » passagères, obstacles barrant la voie de tel ou tel type d’études. Que des appétences authentiques, aptitudes, résultats scolaires réels, débouchés concrets autorisant l’exercice d’une profession donnée. Il arrive aussi bien souvent que des études soient choisies « pour elles-mêmes » et l’intérêt qu’elles représentent. Sans l’attrait particulier pour le ou les métiers auxquelles elles correspondent, ce qui est non-sens total. En outre le maquis des cursus se fait de plus en plus dense, complexe.
Il est de plus en plus difficile de bien relier un type d’études avec l’exacte famille des métiers correspondante. Tant l’évolution en est des plus rapides, les exigences, sophistications complexes. Les différentes filières d’études choisies par les jeunes en France, nous l’avons vu le sont selon certains critères précis. Les goûts, capacités, débouchés, l’impossibilité de faire autre chose, le milieu socioculturel, l’influence des parents et pairs. L’imaginaire personnel ou encore faire comme une personne admirée… Nous avons déjà passé en revue les différents cursus de formation retenus ou qui s’imposent aux juniors du pays. Le diplôme choisit le jeune plus que l’inverse.
En fonction des époques certaines études sont plus « courues, en l’air du temps » que d’autres. Comme les formations informatiques ou encore de santé-804. L’école maintient sa tâche première de détermination des « meilleurs ». Puisque le monde du travail continue de privilégier les détenteurs des diplômes les plus prisés. Le rôle fondamental de tout jeune est désormais d’obtenir un label de préférence le plus élevé, le meilleur possible.
L’avancement social passe cependant d’emblée plus par le milieu socioculturel d’origine que par la seule certification scolaire. En France le diplôme acquis dans la prime jeunesse continue toutefois de conditionner l’ensemble de la carrière professionnelle. Du tout premier emploi au départ à la retraite. Désormais il y a raréfaction des postes disponibles, surtout d’encadrement et démultiplication des diplômes et diplômés de tous rangs. C’est alors que l’appartenance socioéconomique et culturelle d’origine reprend donc toute sa décisive importance majeure.
Les concours de la Fonction publique attirent de plus en plus de jeunes car ils garantissent en cas de succès un emploi sécurisé à vie. Ce qui est fort apprécié en ce temps de grande instabilité professionnelle. Quoi qu’il en soit seuls les meilleurs diplômes de l’enseignement supérieur mettent le plus sûrement à l’abri du chômage, permettent de faire carrière. Cela est vrai pour les seuls diplômes des Grandes écoles notamment les meilleures parisiennes de réputation nationale. Au-delà, des meilleurs masters universitaires, professionnalisés et surtout labels d’excellence de gestion des affaires tels les Mba.
L’école française échoue par trop à transmettre des connaissances, savoirs adéquats, peine à assurer aux juniors des débouchés professionnels. Elle a aussi des difficultés à inculquer à ses publics l’humanisme qui leur est si indispensable pour « grandir », devenir adultes accomplis. Être d’ « honnêtes hommes, femmes » selon la terminologie même des « beaux esprits » du Grand Siècle (XVIIe s.), liberté, dépassement de soi et plénitude. La traditionnelle instruction civique est remise à l’honneur aux collège / lycée sous l’appellation d’Enseignement moral et civique. Elle n’est pas assez « adaptée » pour apprendre au jeune contemporain le bon « savoir-vivre ensemble ». L’ « éducation citoyenne ne parle pas au junior » par excès d’abstraction.
Elle est trop institutionnelle. Enseigner est une véritable vocation quasi « sacerdotale » à laquelle l’on est appelé. Presque à l’image de la prêtrise, la vie monastique. Bien transmettre exige une triple aptitude. Brillante maîtrise scientifique et disciplinaire. Capacité pédagogique sûre. Puis fine connaissance psychologique des scolarisés. Ce sont surtout ces trois critères prioritaires d’excellence qui font « Le bon prof ». Or, la synergie demeure par trop imparfaite entre l’enseignant, la discipline enseignée, l’acte de transmettre et les élèves.
Cette grande « mystique » est souvent défaillante-805. Les programmes sont inadaptés, pléthoriques, des matières fort importantes sont occultées de façon dommageable pour le jeune. L’école néglige sa mission éducative. Elle conforme et sélectionne bien plus qu’elle ne forme. Elle s’adresse à un modèle abstrait d’élèves moyens, impose un moule unique obligatoire. Elle exclut malgré sa massification, n’enrichit plus. Elle est inadaptée aux jeunes. Ses moyens pédagogiques et matériels sont insuffisants, fort obsolètes. Les sureffectifs sont importants.
Ses publics ont fort changé mais le système demeure encore inexorablement coercitif. La pédagogie autoritaire, hautaine ne peut plus convenir aux juniors des années 2020. La libre participation des élèves est trop peu sollicitée. La culture même des enseignants, celle des enseignés ne cessent de diverger. Le malentendu, la rupture sont consommés. Le bénéfice éducatif est bien trop souvent « quasi nul ». Les publics « choisis » laissent place au « tout-venant » de la masse dont les attentes diffèrent drastiquement face à une école encore si pérenne, très rigide.
L’école prépare insuffisamment à la vie professionnelle et proclame à tort que ce n’est pas son rôle central. Il subsiste un hiatus important entre ses formations intellectuelles théoriques et les aptitudes impérativement attendues par l’entreprise. Facultés d’adaptation, de mobilité, d’initiative et d’autonomie, de proposition, d’efficacité et de résultat rapide concret. Que l’école ignore, n’encourage pas encore assez, ce qui handicape fort ses anciens élèves. Notre école n’est plus un « vecteur de mobilité ni d’ascension sociales »-806. S’il est indispensable de se former le titre ne suffit plus. Une forte valeur personnelle prime !
Les diplômes se dévaluent par leur multiplication même, ne protègent plus tout autant du chômage. L’excellence socioculturelle, économique revient en force au détriment du mérite académique, personnel. Cette école a tendance malgré plus d’ouverture sur l’entreprise, les sciences et technologies nouvelles à bien trop s’isoler frileusement des influences externes. Encore trop réputées nocives par préjugé ancien. L’institution scolaire ignore de façon fort dommageable la culture des jeunes qu’elle accueille. Ceux-ci ont des habitus culturels extrascolaires liés aux médias audiovisuels, au multimédia informatique, à l’Internet et aux réseaux sociaux.
À des pratiques musicales d’avant-garde, des sports inexistants en milieu scolaire. Le fort « malentendu » entre le jeune, la vie extérieure moderne et une école « dépassée » est une réalité inquiétante. Cela compromet l’insertion sociale des adultes de demain. Cette école ne donne pas assez à tout junior les clés de son avenir. Éclairer sur l’univers, inculquer un humanisme et une culture, être un pôle dynamique d’intelligence. Cet enseignement n’est pas « éducatif » mais « instructif », il forme encore et toujours plus des « têtes bien pleines plutôt que bien faites ».
Méthodologie, raisonnement font défaut. Le gavage-rabâchage, le par cœur l’emportent encore sur la libre expression de soi, le vrai débat interactif au détriment du jeune. Le cours magistral aride, l’académisme convenu, le conformisme triomphent de l’originalité, l’audace intellectuelles. Les besoins, attentes des juniors élèves sont trop ignorés, de même que leur personnalité, capacités, goûts. Ils ne sont pas épanouis, ne se sentent pas aimés, reconnus, respectés. Le jeune n’existe pas du tout en tant que tel or, comme scolarisé anonyme.
L’école ne façonne que l’ « élève médian », il s’y ennuie. Ses talents en sont perdus. Alors violences, ratages, dépressions aigus se multiplient. Très mal orientés, les jeunes effectuent leurs études au hasard et par l’échec, sans vocation, motivation ni projet. Ils se sentent non compris, écoutés, aidés mais rejetés, méprisés par l’école, les enseignants qui possèdent trop peu de notions psychopédagogiques. Ceux-ci sont souvent démotivés, indifférents donc bien peu crédibles. « Ignorant » le jeune, l’école est en crise. Il s’agit d’inculquer aux élèves une véritable « propédeutique des choses, valeurs fondamentales de la vie »-807.
Incluant le sens à donner à son existence les valeurs intangibles universelles, le courage personnel, la droiture morale, le civisme. Les notions capitales du droit, les meilleures clefs pour comprendre le monde contemporain, la psychologie ou les relations interhumaines. Le respect anti-discriminatoire de toutes les différences en la tolérance, le respect de soi, des autres, une fort solide méthode de travail-808… Les choix d’études, de métiers restent liés au milieu social d’appartenance et au sexe.
Les ambitions affichées sont bien plus exigeantes, élevées dans les milieux favorisés que plus populaires. Pour les études technologiques du secondaire les garçons optent plutôt pour le secteur industriel, les filles plus volontiers pour celui du tertiaire ou de la gestion. Dans les études générales les filles sont minoritaires en filière scientifique et majoritaires en section économique, très dominantes en cursus littéraire. Les métiers liés à la technique manuelle, l’informatique, l’ingénierie sont encore masculins. Ceux de l’assistance, de la comptabilité, du professorat des écoles demeurent fort féminins.
Les jeunes plébiscitent les filières secondaires générales, les études supérieures longues. Au détriment donc des filières technologiques, professionnelles courtes. À la fin du collège, comme du lycée la moitié des juniors n’a pas encore de choix professionnel arrêté. Les garçons ont bien plus d’ « affinités » en matière académique scientifique, les filles en domaine littéraire. L’orientation scolaire, professionnelle tient encore trop peu compte des intérêts et capacités, compétences, potentialités de débouchés. De la personnalité concernant chaque jeune. Dans l’orientation professionnelle des juniors six types peuvent être isolés.
Concret, réflexif, artiste, social, actif et normatif. Le premier type manie les habiletés techniques. Le deuxième est intellectuel. Le troisième est sensitif. Le quatrième est oblatif. Le cinquième est directif. Le sixième gestionnaire. L’âge moyen des étudiants français tourne autour de vingt-deux ans. La plupart sont des célibataires. Un cinquième des étudiants sort des études sans diplôme. Les filles sont fort majoritaires dans les études supérieures car leurs performances scolaires antérieures sont meilleures. Elles tentent plus le bac, y réussissent mieux que les garçons. Elles optent plus qu’eux pour les filières postbac et plus complètes. (Coslin, 2007).
Or, elles sont encore et surtout dans les cursus littéraires, tertiaires. Ensuite en filières juridiques, économiques, de santé. Les garçons ont toujours le grand monopole des études supérieures scientifiques et technologiques. Ils font « en moyenne » des études supérieures plus longues et plus prestigieuses que les filles. Or, ces dernières travaillent mieux et plus que les garçons. Toutefois elles sont moins qu’eux carriéristes, s’engagent affectivement plus tôt.
Les jeunes populaires sont moins nombreux que les autres dans le supérieur, Sts et Iut exceptés. Moins présents encore dans les filières les plus prestigieuses et socialement gratifiantes. En classes préparatoires, Grandes écoles, formations de santé les enfants de cadres supérieurs, membres des professions libérales sont majoritaires. Ceux d’ouvriers et employés, agriculteurs le cinquième. Il n’y a en moyenne seulement encore qu’un cinquième d’enfants d’ouvriers dans le supérieur.
De nombreux étudiants ont des parents eux-mêmes déjà diplômés du supérieur. Les études secondaires, le bac obtenu, le redoublement ou non, le milieu social, culturel, économique d’origine influent sur la réussite aux examens. Ainsi la quasi-totalité des étudiants en santé ont eu un bac S. Les trois quarts des étudiants ont un travail salarié au moins intermittent. Moins du tiers travaillent l’été. 15 pour cent seulement dans l’année. Plus du tiers de façon continue. Les filles travaillent bien plus que les garçons. À partir de vingt-et-un ans la moitié des jeunes étudiants travaillent. Pour tous les étudiants les revenus professionnels atteignent 40 pour cent des revenus, les bourses, les allocations 25 pour cent et l’aide parentale 35 pour cent. À partir de vingt-cinq ans les salaires d’emploi professionnel deviennent la principale et plus importante ressource financière étudiante-809.
L’orientation scolaire, universitaire des jeunes français n’est donc ni performante ni juste. Les critères de sélection sont très réducteurs et socialement des plus discriminants. Le seul résultat académique limité aux savoirs abstraits est appréhendé. Seule une forme unique et parcellaire d’intelligence est toujours prise en compte aux dépens d’autres notamment manuelle. Une hiérarchie préétablie depuis le primaire est validée par l’orientation. Le milieu social d’origine et la qualification originelle acquise des parents ont un poids « exorbitant ». L’orientation des élèves de cursus professionnels est définitive faute de réelles passerelles adéquates. Le mode d’orientation est très hiérarchisé. En tête vient la « dignité » des filières générales, au milieu le « medium » des cursus technologiques et en dernier le « reliquat » des formations professionnelles niées.
Au sein même de chacune des trois grandes filières du secondaire il en va de même. Ainsi pour les études générales la série S, scientifique puis à majeure scientifique est première, la Es, économique et sociale puis à majeure économique est deuxième, la série L, littéraire puis à majeure littéraire est dernière. En matière technologique la série Stmg, sciences et technologies du management et de la gestion est plus prisée que la Sti2d, sciences et technologies industrielles et du développement durable. En toutes qualifications professionnelles le lycée est fort mieux considéré que l’apprentissage de terrain.
La filière d’ébénisterie jugée plus noble que celle de la mécanique automobile. Le féodalisme scolaire français demeure plus vivace que jamais. C’est encore pis dans le supérieur où les très Grandes écoles écrasent tout le reste. Où même au sein de la seule université les disparités les plus immenses s’observent. Entre établissements, comme entre filières. Paris domine les provinces. Les filières les plus élitistes comme de médecine ou droit l’emportent sur les études littéraires ou de sciences humaines.
La faiblesse de l’école française vient notamment de la rigidité des possibilités d’études professionnelles. Il y a nombre de cursus or, les options accessibles à chaque élève sont des plus ténues. La formation professionnelle s’adapte trop peu aux besoins économiques. Les jeunes concernés optent majoritairement pour des formations professionnelles tertiaires courtes. Au détriment de toutes filières de production qui permettent pourtant autrement de possibilités d’emploi. L’apprentissage demeure le mode de formations qui assure le mieux l’adéquation études-emploi.
Du fait de sa configuration complète entre la théorie et pratique, cours et travail en entreprise, études et emploi. En fonction des seuls besoins réels de la vie active. En France une orientation erronée est souvent irréversible. En fin de troisième six élèves sur dix sont orientés en voie générale ou technologique et quatre sur dix en section professionnelle. Le plus souvent cette orientation engage durablement, voire à tout jamais. Les parcours de réorientation sont limités, malaisés, dissuasifs. Ce qui mène encore trop à des orientations imposées et des abandons ou déqualifications, comme à du chômage.
La réforme universitaire a déjà amélioré l’orientation des étudiants même si celle-ci demeure encore insuffisante. Il existe désormais un dispositif dit d’ « orientation active ». Tout lycéen a accès à l’information, l’aide à l’orientation de l’établissement de sa préférence. Le résultat étant fort mitigé, impliquant encore bien trop peu de jeunes il s’agira sans doute de le rendre obligatoire. Dans l’intérêt des juniors, du pays entier. Quatre-vingt-dix-mille étudiants quittent annuellement l’université sans aucun diplôme, soit un cinquième des sortants.
La mauvaise orientation, le défaut de toute méthode de travail, comme l’emploi concomitant sont les trois causes principales de ces échecs universitaires. Les universités sont désormais obligées de publier leurs indicateurs de réussite, d’insertion dans l’emploi. Or, cela reste encore très limité, aléatoire. Des Bureaux d’Aide à l’Insertion Professionnelle étudiante existent en chaque université. La crise oblige à bien mieux tenir compte des nécessités des filières en difficulté d’embauche. Offres et demandes d’emploi ne sont pas en adéquation suffisante.
Les métiers de services aux particuliers, aux entreprises sont les plus recherchés par les employeurs. Il en va de même des aides-soignants, des métiers de la vente, la restauration, certains postes d’encadrement notamment d’études, comme de recherche. Tout le système d’orientation est à redynamiser, harmoniser pour lutter contre les abandons scolaires. Il s’agit d’y guider les jeunes en « perdition ». En 2006 ont été créés à cet effet une délégation, un délégué interministériels à l’Orientation-810. Il y a trop de structures disparates d’information sur les études et métiers. Les juniors s’y perdent.
Il s’agit de mieux mettre en liaison toutes les structures d’orientation. L’on pourrait faire figurer la bonne connaissance des métiers en la formation, la pratique des psychologues conseillers d’orientation. Cela n’est que peu le cas aujourd’hui. Notre école reste peu performante d’un point de vue intellectuel, académique. Elle ne permet pas assez une bonne insertion dans l’emploi. Elle fragilise psychiquement les jeunes en les faisant douter d’eux. Elle les démobilise au lieu de les encourager-811. L’objectif est de rapprocher l’école de l’emploi. Demandes et offres de stages ne sont pas corrélées.
La législation affirme le lien école-entreprise. Un parcours de découverte des métiers, des formations existe désormais dans les collèges et lycées. Or, les possibilités de stages sont sans cesse plus limitées même sans rémunération. Toutes les conventions de stage école-entreprise indispensables sont soumises à critères d’obtention très stricts. Au lycée général ou technologique, comme à l’université. Il convient donc vraiment des débuts des formations secondaires à la fin des études supérieures de familiariser les jeunes avec l’économie, la culture d’entreprise.
Les stages seraient bien plus accessibles par une meilleure coopération écoles-entreprises. Il convient aussi de bien plus ouvrir les acteurs scolaires aux réalités de l’entreprise. Tous les entrepreneurs professionnels pourraient aussi être plus présents dans le système éducatif. Les compétences des juniors ne sont pas encore assez claires pour les employeurs en terme évaluatif précis. Les diplômes, qualifications ne sont pas harmonisés, lisibles. Toutes les filières en alternance requièrent d’être appuyées, valorisées. Il y a quatre cent mille apprentis aujourd’hui en France dont un cinquième dans l’enseignement supérieur.
60 pour cent des apprentissages concernent les Cap, Bep. La moitié des apprentis sont mineurs. Un dixième ont entre vingt-deux et vingt-cinq ans. La plupart des apprentis français choisissent le commerce, la construction, l’industrie, les services aux particuliers. Les deux tiers sont formés en petites entreprises de moins de dix salariés. L’artisanat, les branches professionnelles, l’apprentissage de l’enseignement supérieur sont les trois grandes filières d’apprentissage. La dernière citée est en expansion la plus nette. L’apprentissage se fait par voie de contrats de professionnalisation.
Cela concerne tous les seize – vingt-cinq ans et les demandeurs d’emplois plus âgés. Les employeurs sont ceux qui financent toute la formation continue. La durée minimum est de six mois. Formation et activité professionnelle alternent. La rémunération est une partie du Smic pour les jeunes. L’alternance peut aussi se faire à l’école et concerne le tiers des lycéens. Du Cap au baccalauréat professionnel. La formation d’apprentissage en alternance, Centre de Formation d’Apprentis, entreprise professionnelle permet une bien meilleure intégration d’emploi. Que les formations professionnelles scolaires. Comme en lycée professionnel. Car au sein de ces derniers la théorie domine la pratique.
La réussite aux examens est moins bonne en apprentissages d’entreprise de Cfa qu’en lycées professionnels. C’est aussi le cas de nos lycéens professionnels par rapport à ceux des études générales et technologiques. Les dispositifs de la Deuxième Chance sont aussi à développer. Cent mille jeunes sortent par an du système scolaire secondaire sans nuls qualifications ni diplômes. Pour enrayer un tel phénomène il y a les Écoles de la Deuxième Chance. Cela concerne la formation des jeunes de dix-huit – vingt-cinq ans sans qualification professionnelle ni diplômes. Une formation personnalisée est alors possible. En alternance avec rémunération de la formation professionnelle sous statut spécifique de stagiaire.
Pour un maximum de quatre ans. Le dispositif « Défense Deuxième Chance » gère les jeunes de dix-huit – vingt-deux ans volontaires en total échec familial, scolaire et professionnel. Sans qualification ni emploi, en risque de marginalité sociale. En règle avec la Journée Défense et Citoyenneté, Jdc qui détecte les difficultés éventuelles. Il y a formation comportementale, civique, de socialisation, maîtrise des savoirs fondamentaux, aussi formation professionnelle à débouchés d’emplois. Le tout en internat avec même petite rémunération. Les résultats de ces dispositifs sont encore très limités mais encourageants. Ils concernent un dixième des juniors sortant de l’école sans certifications : dix mille sur cent mille. Il s’agit donc de réformer toute l’école, le système d’insertion professionnelle des jeunes. (Sénat, France, 2009)-812.
Les « lacunes » de notre éducation secondaire, comme supérieure sont séculaires. Il y a déjà cinq siècles, en 1518, un jeune étudiant zurichois se forme à Paris. Il critique vertement la médiocrité et l’archaïsme, l’étroitesse d’esprit de l’université française, ses ravages pour la jeunesse d’alors. « Je me rends mieux compte chaque jour en quelles profondes ténèbres se languit la jeunesse française. De quels enfantillages, quelles tristes bouffonneries son esprit est pénétré »…
Hélas ce jugement si sidéré d’un jeune étranger sur notre pâle système éducatif universitaire reste d’actualité. « Toujours en retard, jamais à l’heure, encore moins en avance », il est urgent d’en changer-813 ! À défaut de le faire, c’est le pays entier qui régressera encore un peu plus dans le concert à venir des nations. Faute de structures, d’équipements idoines et suffisants les conditions d’études dans les universités françaises sont des plus déplorables. Il est capital de créer au minimum vingt-cinq universités nouvelles portant leur nombre à une centaine.
– Écoles, Parents, Enseignants, Vous, Enseigné –
Rythmes, Choix Didactiques
À l’échelle de l’Europe un système d’échanges universitaires tend à s’organiser au travers du continent. Ainsi le Programme d’Éducation et de Formation « durant toute la vie », 2007-2013, ex-Socrates regroupe-t-il plusieurs dispositifs européens. Également extraeuropéens d’enseignements secondaires et supérieurs. Comenius, enseignements scolaires. Erasmus, enseignements supérieurs. Erasmus Mundus, enseignements universitaires de type Master. Grundtvig, parcours complémentaires.
Puis Leonardo da Vinci, enseignements et formations professionnels non supérieurs. Lingua, langues. Aussi Minerva, enseignements à distance, « technologies de l’information et de la communication » éducatives. Il existe également une mobilité étudiante des études supérieures à l’échelle globale internationale, non européenne. Notamment avec les universités d’Amérique du Nord, d’Australie, du Japon… Aujourd’hui comme hier les jeunes diplômés « s’en sortent » bien mieux en leur vie professionnelle que ceux qui ne le sont pas. Les « grands diplômés » mieux que les « moyens » ou « petits ».
L’école remplit à l’égard de ses scolarisés trois fonctions fondamentales. « Instruire » par la transmission des savoirs académiques. « Permettre de devenir un professionnel » apte à l’emploi avec des débouchés concrets et accessibles. Inculquer un humanisme existentiel « porteur de sens », qui serve de bonne « boussole de vie » à tout junior. Ces trois grandes « missions sacrées » de l’Éducation nationale sont fort difficiles. Tout particulièrement en des temps de majeures turbulences, changements et mutations drastiques rapides.
En lesquels le consensus du contrat social qui fonde une société, scelle un pacte d’entente collective sur l’essentiel est moribond. Comment bien instruire quand les savoirs disponibles ne cessent de s’enrichir et d’évoluer ? Quelles priorités et hiérarchisations établir ? Comment enseigner quand l’information médiatique, informatique foisonnante et instantanée concurrence tant la parole du maître ? Quand la discipline, le respect de l’autorité hiérarchique verticale entre l’enseignant, l’apprenant ne vont plus de soi ? Quand tout se périme si vite ? Il y a crise des transmissions académiques car le monde moderne privilégie nombre d’autres approches !
Toutes plus séduisantes les unes que les autres aux yeux des jeunes. Concernant l’emploi l’essentiel de l’enseignement y est encore trop hermétique. Entreprise et école continuent à largement s’ignorer malgré certains progrès. Le monde du travail se méfie d’une école jugée obsolète, inadaptée, incapable de former une main-d’œuvre, inapte à satisfaire aux exigences de l’économie. L’école « se défie » de l’univers d’entreprise qui reste à ses yeux celui de l’argent, du profit, de l’exploitation capitaliste, libérale de l’homme. Notre enseignement est, demeure encore bien trop théorique, abstrait, académique.
Déconnecté de l’impératif d’être véritablement, directement opérationnel sur le marché de l’emploi dès la sortie des études. Nombre d’employeurs se plaignent de la pénurie de main-d’œuvre compétente, répondant à leurs besoins réels. Ce qui est un comble en un temps de chômage si élevé. En lequel un dixième de travailleurs chôme. Un cinquième de la génération seize – vingt-cinq ans actifs, souhaitant travailler. En France. Quant au type d’humanisme à transmettre aux élèves l’école se fait hésitante, ne sait pas quel parti prendre. Faute de consensus, contrat social clair en la matière en notre pays. Où tout est si volontiers sujet à incessantes polémiques stériles, inutiles, contre-productives. Contrairement à bien d’autres nations homologues.
L’enseignement civique ou du fait spirituel ne répond pas à cette finalité puisqu’il demeure des plus parcellaires, limités. En résumé notre école peine à bien former intellectuellement. À l’heure où cent mille jeunes quittent le système académique secondaire par an sans qualification. Où notre jeunesse reste fort insuffisamment qualifiée par rapport à l’étranger. L’école ne sait pas assez apprendre un métier à chaque junior. Alors que la première tâche de celui-ci au sortir des études est de trouver du travail pour exercer un métier, gagner sa vie. Filles comprises.
Former de « beaux esprits » ne suffit plus. L’école demeure incapable de transmettre le moindre bagage humaniste transversal, pluridisciplinaire, global à toute la néogénération. L’immense majorité quitte ses études sans avoir la moindre idée quant à la « nature du genre humain, de sa destinée ». L’année de philosophie en terminales n’a pas davantage donné la moindre réponse aux « interrogations existentielles fondamentales » de la jeunesse. À un âge où l’on se pose pourtant le plus de questions d’ordre métaphysique !
Notamment entre dix-sept et vingt-trois ans. Le gâchis, la faillite morale de l’école sont en cela retentissants ! Passé cet âge il est presque toujours « trop tard ». Qui n’a pas mûri ces « capitales interrogations » avant « l’âge d’homme » ne le fera sans doute jamais plus. Pris dans le tourbillonnant maelström de la vie active-814. Nulle véritable éducation pérenne, utile ne peut s’affranchir de ses incontournables fondements. Sa pleine essence philosophique, morale, des valeurs. Il s’agit pour l’école de « se réapproprier » ce qui faisait sa force aux origines de la scolastique antique (VIe s. av. J.-C.-IVe s.) et médiévale (Ve-XVe s.).
« Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je… Quel est le sens que j’entends donner à l’existence humaine, à la mienne propre » ? Nos juniors ont besoin pour « se construire » d’obtenir les réponses adéquates à leurs méta questionnements. Il n’est pas impensable que l’école dans le plein respect des croyances, non-croyances de tous, sans prosélytisme aucun transcende tous ses élèves. Leur inculque mieux les « bases morales » universelles et intemporelles de toute civilisation. Propres à faire progresser tout jeune sur la voie de la sagesse, de l’épanouissement, la réalisation et du dépassement de soi.
Le programme européen d’échanges universitaires d’étudiants, d’enseignants permet une richesse intellectuelle dense qu’il s’agit de saluer. Toutefois l’on est bien loin de la vitalité du système universitaire nord-américain, ses moyens colossaux et son rayonnement mondial ! Comme de la tonicité de l’Europe universitaire médiévale si brillante. À l’échelle du globe l’Europe universitaire actuelle « pèse » bien peu. Elle manque de cohésion, d’unité, comme d’uniformisation et de cohérence. Seules les plus prestigieuses des universités britanniques y émergent.
Une harmonisation d’ensemble s’impose avec des interactions, moyens idoines autrement développés. Une simple « organisation d’échange » ne saurait y bien suffire. Les étudiants européens partent en masse étudier en Amérique du Nord sans que l’inverse se vérifie ! D’immenses « progrès » restent à accomplir ! En France l’agence gouvernementale Campus France a pour mission de promouvoir le système éducatif national d’enseignement supérieur. Auprès de la « jeunesse du monde » afin de l’inciter à venir étudier en notre pays. Avec des résultats très variables, bien trop incertains et insuffisants encore aujourd’hui-815.
Plus d’étudiants des pays émergents que des nations occidentales. Plutôt dans les filières littéraires et artistiques, comme de sciences humaines que scientifiques, commerciales. En université plutôt qu’en Grande école. Le rôle et l’intervention des parents dans les études secondaires et même supérieures de leurs enfants scolarisés sont capitaux. L’aide parentale concernant l’orientation, le travail scolaire des jeunes leur est souvent très précieuse ! Les associations de parents d’élèves comptent également beaucoup. L’on peut alors citer la Fcpe, Fédération des Conseils de Parents d’Élèves des Écoles publiques (France, 1947). La Peep, les Parents d’Élèves de l’Enseignement Public (France, 1966).
L’Apel, Association nationale de Parents d’Élèves de l’Enseignement Libre (France, 1935). Avec surtout des implantations régionales, comme départementales. Les liens parents / junior / enseignants / école sont primordiaux dans le secondaire en l’intérêt même des jeunes en études. Les parents participent aux diverses instances de gestion et éducatives des établissements, ont des liens avec les enseignants, l’administration scolaire. Il est utile de rappeler combien ce rôle des parents est capital dans l’orientation, le travail, comme la vie scolaire de leur enfant notamment dans le secondaire. Il s’agit même de l’un des facteurs les plus discriminants qui soient en matière de « démocratie scolaire », comme de pleine démocratisation des études.
Il y a un impact socioéconomique, culturel évident déjà longuement évoqué. Nul n’ignore que certains jeunes sont bien plus favorisés pour mener à bien leurs formations que les autres. Il s’agit des juniors dont les parents sont capables de bien les conseiller, les aider en la réussite de leurs études. Notamment concernant le travail scolaire à la maison et la préparation des contrôles. L’impact des associations des parents d’élèves est insuffisant, amené à se développer.
De même concernant la « démocratie scolaire » et la participation des parents d’élèves à la bonne marche des collèges, lycées. À leur conseil d’administration, aux conseils de classe, discipline, à la vie des établissements. Cela reste encore trop limité malgré les progrès de ces dernières décennies, n’est pas assez satisfaisant. Les relations avec l’administration scolaire et les professeurs sont souvent plutôt lointaines, épisodiques, orageuses. Car plus défiantes et hostiles de part et d’autre que solidaires et concertées-816. Demeure entier le problème de la formation des enseignants de tous les degrés d’études.
Elle n’est plus adaptée à notre temps, aux publics juvéniles, à la triple mission de l’école, les savoirs, l’emploi, l’humanisme. Une « remise à plat » complète devient urgente-817. Depuis la fin des années 1960 le monde enseignant est en crise dans le secondaire et le supérieur. Car la fonction, le statut de professeur sont depuis la massification des études dévalués, la charge se féminise de plus en plus. Ce qui est signe de désaffection croissante en ce pays pour le métier-818. La gratification sociale, matérielle de la profession a disparu.
L’enseignant du secondaire ou du supérieur était rare, considéré pour son savoir « monopolistique ». Il était recruté en milieu social favorisé. S’adressait à des publics clairsemés, sélectionnés, de même milieu, culture que lui-même, en attente d’apprendre. Les Iufm, Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (1989) ont failli. Alors depuis 2013 les Espé, Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation forment les enseignants du secondaire. Puissent-elles mieux réussir que par le passé ! En 2019, elles deviennent les Inspé : Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation.
Les professeurs sont devenus plus nombreux, issus de la classe moyenne ou populaire. Ils font face à des effectifs « pléthoriques » de culture et milieu très différents des leurs. Fort étrangers, hostiles aux savoirs académiques, y compris en premier cycle universitaire-819. Ils ont perdu le monopole des savoirs intellectuels détenus aussi par bien d’autres métiers. Ils sont aussi concurrencés par les connaissances médiatiques, informatiques, des technologies de l’information et la communication.
Leur autorité est remise en cause par une société, une jeunesse récusant la hiérarchie verticale académique unilatérale. Au profit de l’interactivité horizontale. Ils ne sont pas ou plus reconnus ni soutenus par la société, leur hiérarchie, les élèves et parents. En un monde qui ne prise que la réussite matérielle, leurs revenus limités les disqualifient surtout hors supérieur. Ils ont perdu de leur prestige, comme l’intellectualisme abstrait. Au profit des cultures numériques et « matérialistes, hédonistes et consuméristes ». De l’immédiat, du prêt-à-consommer, de la facilité, l’éphémère jetable et de l’artifice, du superficiel.
Les enseignants ne sont plus à l’abri des violences, outrages verbaux et physiques. Ce qui était fort impensable il y a seulement un demi-siècle. Leur formation n’est plus adaptée aux réalités du monde contemporain, des jeunes, des savoirs actuels, de l’emploi, l’humanisme du vingt-et-unième siècle. Connaissances, savoirs brillants, pédagogie sûre, psychologie fine de la jeunesse sont à revoir de fond en comble. De même gestion des crises, du stress, management des groupes, communication pour leur formation d’enseignants d’excellence. Le malaise enseignant est également dû au manque de redéfinition du rôle de l’école, des finalités de l’enseignement d’aujourd’hui, de leur mission d’éducateurs.
En ces conditions le mal-être psychique de plus en plus d’enseignants ne cesse de croître, en fait un « métier à hauts risques ». Le film Le plus beau métier du monde, (Comédie, G. Lauzier, 1932-2008, France, 1996) en rend bien compte. L. Monier, professeur d’histoire-géographie à Annecy est muté en région parisienne. En un collège très difficile de banlieue des plus « défavorisées ». Il se voit alors attribuer la classe la plus dure de quatrième technologique qui le traite sans ménagement aucun en l’indifférence générale. Il doit faire face aux pires avanies-820.
Les enseignants du secondaire, comme du supérieur ne sont pas formés à appréhender, comprendre, aider, aimer, faire progresser leurs publics juvéniles. Ils maîtrisent leur discipline spécifique mais ne sont pas assez aptes à bien la transmettre, intéresser les juniors. Leur connaissance de la psychologie des jeunes qui leur sont « confiés » est quasi nulle. En ces conditions ils multiplient les erreurs psychologiques et pédagogiques. La plupart sont certainement très compétents en termes intellectuel, savant, de recherche académique.
Trop peu en matière d’inculcation, de relations humaines avec des juniors. Ce qui explique en partie le mal-être, la révolte, le désintérêt, l’échec de bien des adolescents scolarisés. Les enseignants de tous niveaux et de tous types d’études se devraient d’être capables avec une formation « adéquate » de bien mieux respecter leurs élèves. Les aimer, comprendre, motiver, encourager, soutenir et passionner. Sous peine du pire. Ainsi Holden est-il renvoyé de son école, livré à lui-même. Désillusionné et en rupture de ban il vivra de lourds errements. (J. D. Salinger, écrivain américain, 1919-2010, L’Attrape-cœurs, roman d’apprentissage, États-Unis, 1951).
Il y aurait alors moins de déchaînements scolaires y compris contre les formateurs. Les enseignants sont eux-mêmes victimes d’un système pléthorique qui les dépasse. S’ils ne cessent de stigmatiser l’attitude irrespectueuse de leurs élèves à leur égard, c’est aussi en partie car ils ne « respectent » pas assez les jeunes ! Nous ne cessons en notre travail avec la jeunesse d’entendre ce qu’elle rapporte concernant les brimades, humiliations, abus de pouvoir, marques de mépris, d’indifférence. De la part de trop d’enseignants ou soi-disant tels à l’égard de leurs élèves.
Ce qui est particulièrement indigne, inacceptable de la part de ceux qui se prétendent pédagogues. Il est particulièrement lâche, méprisable de la part d’adultes en fonctions de responsabilité de profiter de leur prééminence pour maltraiter des juniors à leur merci ! Que les enseignants de ce pays fassent tous un effort d’humilité, de respect car ils sont au service des jeunes, non l’inverse. Tout en étant naturellement fermes en leur position d’autorité. Alors seulement les juniors les « respecteront » bien mieux ! Il y a trop d’arrogance, de suffisance dans la mentalité adulte nationale y compris enseignante.
Il suffit ! Que les profs commencent par donner l’exemple ! Ils sont trop souvent « honnis, vilipendés ». Car ils ne savent pas s’attirer l’adhésion, la déférence, la passion intellectuelle des élèves, étudiants. Un exemple si navrant parmi d’autres des « avanies » infligées aux élèves que se permettent encore trop d’enseignants. Une professeure de français en début d’année de seconde de lycée ose « insulter » ses élèves, les traitant de « bébés de fin de troisième ». Au lieu de les aider car les jeunes sont encore si peu familiers avec le nouveau système lycéen ! Elle les surcharge de travail excessif trop lourd pour les temps impartis.
Elle n’accepte pas que cela « bloque » du fait de son incurie, non de l’impéritie des juniors. Naturellement ces jeunes n’ont pas été préparés à passer du collège au lycée, ils sont censés se débrouiller seuls ! Il est urgent de « refondre » l’ensemble d’un système éducatif délirant qui tend avant tout à maltraiter, faire échouer de plus en plus de jeunes. Vital de réformer de fond en comble la formation, le métier d’enseignant complètement obsolètes. Ce qui fait que les formateurs n’ont plus la foi, la vocation de transmettre. Ils ne peuvent que réprimer, déprimer, laisser aller et renoncer. Au plus grand dam de la jeunesse de ce pays !
Le lien capital de confiance bilatérale qui devait unir apprenant et dispensateur de savoirs constitue ce que l’on pourrait qualifier d’ « occasion perdue ». À l’origine dès la plus haute Antiquité humaniste toutes les « conditions idéales » sont réunies. Pour faire de cette belle relation de re/transmission maître-élève une réussite pédagogique, humaine et réciproque d’exception. D’un côté des « précepteurs » ayant vocation, passion à maîtriser un corpus de connaissances intellectuelles. Mettre en œuvre tous ses mécanismes d’inculcation, faire progresser, éveiller, intéresser.
Posséder la « pratique » de leur public juvénile, accorder leur estime et attention à l’égard des juniors. De l’autre des « disciples » censément avides de connaître, savoir, comprendre, découvrir, s’enrichir, d’apprendre. Désireux en émulation de s’améliorer, se dépasser et perfectionner. Motivés à se préparer pour être capables au temps des responsabilités adultes de mettre en application les sommes assimilées au long du parcours d’études. Pour accéder au meilleur à l’image du « cursus honorum » de la Rome antique. Qui a tant servi la grandeur du premier empire mondial d’alors (Ier-IVe s.) !
Cette « configuration didactique des plus harmonieuses » voit les pleins intérêts des deux protagonistes enseignants et enseignés « coïncider ». Elle se dégrade en trois étapes. À la fin de l’Ancien Régime (France, 1589-1789). Au dix-neuvième siècle. À partir de la décennie 1960. Au second dix-huitième siècle la jeunesse scolarisée conteste fort ses études. Le primat du religieux, des langues anciennes et de la scolastique philosophique, littéraire et morale. Telle qu’issue de la disputatio dialectique, la rhétorique de l’Antiquité romaine (VIe s. av. J.-C.-IVe s.).
Le dix-neuvième siècle du Premier Empire à la Troisième République, (France, 1804-1900) ne cesse de connaître maintes révoltes, jacqueries lycéennes, étudiantes. Contre le système établi d’autorité, comme relationnel éducateurs-élèves, scolarisés-administration scolaire. Dès les années 1960 avec la massification des études l’on change d’ « échelle éducative » pour la première fois en l’histoire. Le lien « prof-potache » se brise faute de réel consensus. École, pédagogues, juniors en formation se séparent pour toujours. Depuis un demi-siècle le « feu sacré enseignant » : passion-vocation à transmettre, maîtrise pédagogique, « amour » des jeunes n’est plus « le même ». Surtout le « métier d’élève » a profondément muté.
Le public d’élite de lycéens, d’étudiants était favorisé, motivé, intellectualisé, peu nombreux autrefois. Son avenir était choisi, balisé, certain, prometteur. Les jeunes adhéraient à la « philosophie scolaire ». Leur succèdent des cohortes juvéniles de plus en plus nombreuses, non préparées, sans vocation ni centres d’intérêts particuliers. Indisciplinées et dénuées de tout « profil éducatif », du sens de l’effort, de la ténacité, rigueur, méthode de travail. Il s’agit souvent de jeunes dont les parents eux-mêmes n’ont pas atteint le même niveau d’études et ne peuvent être soutien didactique. De plus en plus d’élèves, d’étudiants effectuent leur cursus entier par défaut, échec, hasard et sans nulle orientation véritable et adéquate-821.
Ils rejettent le système éducatif, ses contraintes, comme son autorité, ses obligations. La relation maître-élève n’est plus basée sur la libre acceptation mutuelle, l’échange pédagogique et la richesse d’acquisition. Or, sur le malentendu, l’incompréhension et la défiance antagonique réciproques, l’ennui, la violence ou le rapport de force. La coercition disciplinaire verticale : physique, mentale et intellectuelle et l’utilitarisme des formations et diplômes… Le jeune ne comprend plus l’intérêt, la finalité des études. L’enseignant doute, est « mal formé », n’a pas de moyens adéquats. L’école « se coupe » fort du monde. Ses valeurs rigides, autoritaires, celles libertaires, hédonistes, contestataires, informelles des juniors divergent. La motivation à inculquer, celle d’apprendre ayant faibli la relation éducative s’est fortement délitée-822.
« Bon ben le bac sa c’est bien pasé j’ai eu 15 de moyenne general donc menssion bien. bref en philo, je pensai avoir mieux fait j’ai eu que 13… otant dire que je suis dessus, je pensais avoir bien assuré ».
(Le Figaro, quotidien national d’information, article sociologique, France, 2006)-823. S’agit-il de l’exécrable sabir d’un « méchant cancre » écolier ou collégien débutant ? Que nenni ! Celui d’un bachelier S, mention Bien censé être l’élite du secondaire français ! L’on est au cœur de la faillite du système éducatif national, de la baisse continue du niveau des élèves. Du primaire au supérieur. Depuis des décennies. Ce qui en bien des domaines place les « performances » de cet enseignement parmi les « pires d’Occident ». Nous sommes loin des critères d’exigence, d’excellence éducatives d’avant 1914 ou encore 1960 !
Un tiers des enseignants français disent « vouloir changer de métier » ! Cela se passe de commentaire. La plupart des parents ont de grandes ambitions scolaires pour leurs enfants jusqu’au-delà de l’âge de vingt ans. Plus le milieu socioculturel est élevé, plus les capacités, dépenses, attentes, souhaits, investissements, comme stratégies éducatifs sont importants, organisés, efficaces. Les classes moyennes en rapport aux milieux populaires et supérieurs sont les plus « motivées » en cela. Par leur mobilité sociale effective passée leurs espoirs d’ascension socioprofessionnelle future pour leur propre descendance.
Les familles les plus favorisées bénéficient de « moyens éducatifs » puissants. Visant alors à maintenir, voire à améliorer encore la « position sociale » de leur progéniture. Au point de vue tant financier, informationnel que d’influence. Les milieux populaires sont souvent bien plus en retrait par rapport au projet scolaire de leurs enfants. Faute de latitudes aussi développées que celles des autres classes sociales. Toutefois ceux qui ont un niveau de formation, d’emploi, de lien social plus étoffé sont plus aptes à bâtir pour le junior une ambition éducative et sociale ascendante. L’origine conditionne plus l’avenir que les études.
Les familles immigrées sont à raison généralement exigeantes quant à la réussite scolaire de leurs enfants. Car elles ont la volonté d’une fort bonne insertion migratoire. Aujourd’hui la réussite scolaire masculine et féminine des jeunes est autant encouragée l’une que l’autre par les familles. Toutefois les garçons continuent à se voir plus souvent réserver les filières scientifiques, technologiques, industrielles, professionnelles. Les filles les études générales, intellectualisées, littéraires, tertiaires. La majorité des mères suivent au quotidien le travail scolaire des collégiens et des lycéens.
Le plus souvent l’aide éducative parentale est plutôt d’encadrement des travaux, apprentissages scolaires des jeunes. Tandis que celle des familles les plus favorisées est plus académique, didactique au sens strict en un ambitieux coaching pédagogique. En toute famille les tâches scolaires des garçons sont toujours plus surveillées que celles des filles. Les études masculines peuvent sembler prioritaires et / ou car les garçons peuvent être considérés comme souvent plus rétifs à la « chose scolaire »-824.
En outre l’usage des enseignements particuliers, du soutien scolaire se répand de plus en plus du haut en bas de l’échelle sociale. Cela accentue le niveau d’études des jeunes qui en ont besoin et assure la « paix scolaire » des familles. Les parents favorisés utilisent les cours individuels en une optique d’optimisation des capacités académiques d’excellence au lycée. En un cadre privé contractuel géré par la famille. Les familles plus modestes usent plutôt d’un objectif de remise à niveau par le biais de structures non payantes publiques scolaires ou sociales dès le collège.
Les loisirs culturels et sportifs extrascolaires « aident » aussi les juniors à renforcer leur plein « capital proprement éducatif ». Or, ces activités constituent un vecteur hautement discriminant selon les milieux sociaux. Ceux qui sont les plus favorisés optent pour des pratiques à « haute valeur socioculturelle et sportive scolaire ajoutée ». Il en va de même pour les lectures savantes et à fortes teneurs intellectualisées. Le choix d’un établissement scolaire est aussi crucial entre le domaine public et le privé et au sein même du service public éducatif national. Il conditionne aussi l’échec ou le succès.
Seuls les milieux sociaux les plus favorisés sont encore les plus aptes à outrepasser la carte scolaire concernant le choix du collège ou lycée public. Pour obtenir en dérogation de fait sinon de droit les meilleurs d’entre eux. Les autres familles se contentent habituellement de l’établissement de leur secteur « commis d’office ». Car cela ne leur disconvient pas ou car elles ne peuvent ou ne savent pas agir très différemment. Même en cas de changement demandé et obtenu les parents populaires choisissent des établissements fort similaires à ceux de leur sectorisation. Pour raisons de « convenances homéostatiques sociologiques ».
La plupart des parents privilégient aussi le lien avec les enseignants de leur descendance car ils l’estiment bénéfique, en l’intérêt du jeune. Les professeurs sont plus réservés en un souci surtout de pleine sauvegarde de leur souveraineté académique. Les contacts parents-enseignants s’amenuisent fort à mesure que l’on s’approche de la fin des études de collège puis de lycée. Ils sont bien plus nombreux dans l’enseignement privé qu’en celui du public. Les parents les plus « favorisés » sont plus enclins à vouloir rencontrer les enseignants, les chefs d’établissement et autorités éducatives externes. Par exigence et aisance sociale.
De façon générale ou en cas de difficultés particulières du junior. Les parents plus modestes ont plutôt tendance à se distancier des enseignants, surtout les migrants notamment si le jeune est en perdition. Particulièrement car ils sont culturellement très peu proches, à l’aise et familiers de l’institution enseignante, ses représentants pédagogues. En outre ils sont mal vus du corps professoral, tenus en opprobre car jugés inaptes, bien peu compétents en leur tâche éducative. Depuis 1968 les parents entrent aux conseils d’administration de classe des collèges et lycées. En outre depuis les années 1980 les parents ont droit de cité dans la pleine gestion des établissements.
Ils sont également membres de droit des commissions départementales, comme académiques de l’Éducation nationale. Les associations de parents d’élèves sont donc la Peep, les Parents d’Élèves de l’École Publique qui promeut l’action des parents au sein de l’école publique. La Fcpe, la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves revendique la démocratie scolaire publique, laïque et gratuite. L’Apel nationale, l’Association des Parents d’Élèves de l’Enseignement Libre, celui du privé veut défendre la parfaite liberté d’enseigner. Les particularismes de l’éducation chrétienne par rapport à l’école publique.
Ces organismes sont en « crise » comme tout organe représentatif, idéologique, militant d’aujourd’hui. Du fait du déclin très accéléré de la crédibilité des vertus éducatives face au consumérisme scolaire. La Fcpe « traditionaliste » est la plus touchée par cette nette érosion d’adhésion, suivie par la Peep alors plus « moderniste ». L’Apel n’est pas concernée par la désaffection parentale car elle associe « libre-service pédagogique » et valeurs éducatives consensuelles de tous ses adhérents. L’enseignement privé particulariste et plus restreint présente peut être bien plus de cohésion que son homologue du public plus pléthorique, hétérogène.
Concernant le « projet scolaire, comme d’emploi » des collégiens les exigences professionnelles des jeunes sont très fortes. Ils plébiscitent les activités d’encadrement et libérales. Les filles aiment bien les emplois de type traditionnellement connoté « féminin » et les responsabilités liées à des études poussées. En une optique d’ascension sociale. Les garçons notamment de familles les plus modestes ont des visées moindres. Leur promotion socioculturelle passe à leurs yeux par des avancées sociales exogènes et extrascolaires.
Comme le sport professionnel de « très haut niveau » de compétition. Le destin scolaire, professionnel véritable des jeunes ne commence vraiment à se dessiner qu’à partir du lycée. Même si la plupart des juniors n’ont pas encore de « vrai projet d’emploi ». Chez les élèves d’excellence pour qui le métier est grand synonyme d’accomplissement de soi, d’équilibre propre la profession n’est jamais utilitaire. Or, « patrimoniale » et d’exception. Les lycéens moyens des filières non scientifiques générales ne voient pas encore leur vie active future.
Faute de claires représentations et d’assurances et par leurs peurs du néant et d’échec à venir. Les lycéens technologiques et professionnels des filières les moins gratifiantes ne se donnent pas de projet de métier. Car ils n’entrevoient leurs études que telle une parenthèse précédant une mise au travail répulsive à leurs yeux. Les élèves des lycées d’enseignement non général de sections plus « élitistes » parviennent quant à eux à lier études et parcours professionnels. Les filles en lycée général visent l’épanouissement personnel, les garçons la réussite d’objectifs de paliers précis. En matière d’études, d’emploi.
En secteurs technoprofessionnels les garçons aspirent à la stabilité, au contentement de vie personnelle. Alors que les filles rejettent les modes de vie parentaux classiques et visent l’ambition sociale ascensionnelle. Même si elles croient bien moins que les garçons en leur destinée, ce qui réduit d’autant le champ de leur avancée sociale. Il en va de même des filles des filières générales. Elles savent que les hommes dominent encore largement le marché du travail. Qu’elles seules auront à affronter à la fois emploi professionnel et vie de mère de famille.
Une bonne partie des étudiants ignorent quelle sera leur destinée professionnelle après la fin des études supérieures. Les ambitions socioprofessionnelles de ces jeunes n’en sont pas moins généralement élevées. Ils souhaitent en outre jouir du maximum d’intensité et de durée de leur existence estudiantine. Les étudiants diffèrent en leur projet d’avenir plus ou moins bien établi, clair, solide et pertinent. Selon les filières d’études suivies, les types d’établissements d’enseignement supérieur fréquentés, l’adhésion intellectuelle réelle à leurs études. La projection professionnelle et l’insertion dans le système de formation choisi-825.
Dès le début des études collégiales les jeunes s’éloignent des connaissances, comme des enseignants car le savoir se spécialise. Que le maître unique du primaire fait place à un enseignant différent par matière. L’adhésion intellectuelle aux disciplines transmises est fort conditionnée par les professeurs eux-mêmes et leurs qualités didactiques. Plus que par la chose académique. Ainsi que par les pairs qui peuvent donc encourager par leur exemple, l’excellence scolaire ou la desservir. Il y a consumérismes, utilitarisme, instrumentalisations des études en fonction des centres d’intérêt.
Ainsi les garçons sont-ils globalement bien plus attentifs aux matières scientifiques, les filles plutôt aux disciplines littéraires. Au lycée l’attachement culturel pour les « choses de l’esprit » est plus tangible car il dépend moins de l’enseignant, des parents, des résultats scolaires. Les exigences du cursus, la finalité du baccalauréat, comme des études supérieures accentuent encore la « marchandisation » des études. Le lycéen d’ « excellence sociale et académique » travaille beaucoup, survalorise la culture scolaire de la performance pour ne pas être déclassé et maintenir rang et avance.
Le lycéen socialement et scolairement « moyen » vise la rentabilité, la maximalisation de son labeur, ses résultats d’études. Le lycéen « de milieu modeste » cherche généralement à se maintenir à un niveau de notes acceptable, honorable. Le plus souvent selon la filière lycéenne suivie il y a d’autant plus d’investissement personnel, scolaire de l’élève que la matière concernée est importante. À fort coefficient de notation dans l’année et au bac pour le cursus concerné. Dans les études supérieures il y a une « corrélation » très étroite entre l’intérêt pour la formation choisie et la réussite, l’épanouissement, l’insertion qui en dépendent et résultent.
Nombre de jeunes « s’égarent, s’étiolent » encore en leur formation supérieure faute d’adaptation à un système éducatif si différent, nouveau, plus exigeant. À défaut d’une méthode, organisation du travail adéquates. Il y a souvent fort hiatus entre la maîtrise académique nécessaire, la volonté juvénile de récréativités nouvelles permises par l’éloignement de la famille. Les moindres surveillances du système universitaire. Au collège les jeunes sont très globalement démobilisés, démotivés, désenchantés à l’égard de leurs études. L’adolescent n’arrive pas à comprendre la chose scolaire, son intérêt et y adhérer.
Il se sent dépassé, incompris, peu soutenu, en situation de blocage compromettant l’avenir. Cela génère nombre d’échecs, de souffrances, de dysfonctionnements à l’âge délicat des bouleversements pubertaires. Le lycée est le temps du travail et de l’effort persévérant car l’élève a intégré le fait que cela est gage de sa réussite. Méthode, rigueur divergent selon les jeunes, leur établissement d’études. Les ressortissants des lycées modestes éprouvent des difficultés à mener de pair travail assidu, temps libre, sociabilité interjuvénile.
Dans les lycées privilégiés chose scolaire et extrascolaire sont liées à la réussite académique, ce qui favorise travail de cours et efficacité didactique. Les élèves plus favorisés saisissent mieux que d’autres les consignes professorales, ce qui accentue leur réussite. Alors les juniors plus modestes se distancient plus de leurs études. Le lycéen peut être gros travailleur ou cancre notoire. Le plus souvent nombre de lycéens font de très gros efforts de travail scolaire or, sans méthode, cohérence, organisation pertinente ni efficacité. Ce qui mène à l’échec, à la mésestime de soi. La bonne volonté, comme l’action ne sont optimisées que par la rigueur.
Cela se retrouve dans le premier cycle universitaire. En lequel par inadaptation même aux exigences de l’enseignement supérieur plus de la moitié des étudiants échouent alors fort. Notamment dans les filières les moins cotées. Habitus maîtrisés, net brio estudiantins des campus anglo-américains, scandinaves et germaniques restent inconnus en France. Même dans les cursus universitaires les plus sélectifs et les meilleures Grandes écoles. De fait le passage de la terminale à la première année d’études supérieures est plus difficile que de la troisième à la seconde.
Car dans le premier cas il y a changement de nature et transition de l’enseignement secondaire au cursus supérieur. Dans le second la mutation n’est alors que de degré, ne s’effectue qu’au sein même de l’enseignement secondaire même si l’on passe du collège au lycée. Cela se fait même souvent au sein du même établissement. Alors qu’il y a toujours par définition total changement d’établissement pour intégrer l’enseignement supérieur. Sauf pour les classes préparatoires aux Grandes écoles, Cpge, les sections de techniciens supérieurs, Sts. Dont les cours sont toujours dispensés en lycées. La mauvaise appréhension et la non-intégration du fait, comme du statut étudiants sont gages d’échecs.
Les collégiens accordent beaucoup de prix aux liens humains, aux enseignants, ainsi qu’à la qualité, comme l’engagement pédagogiques professoraux. En toute fin de premier cycle du secondaire la relation entre jeunes et enseignants s’est dégradée, défiance, rancœurs, conflits l’emportent. Le rapport à l’enseignant compte fort aussi au lycée. Le lycéen favorisé entrevoit le professeur sous l’angle intellectuel, didactique. Le lycéen « populaire » apprécie l’enseignant apte à le mobiliser, le considérer ou prendre en compte sa propre personne.
Il travaille, progresse à cette condition. La masse des jeunes valorisent, idéalisent leur lien aux maîtres. La majorité en sont « meurtris » car ils le ressentent comme dévalorisant, répulsif, arrogant à leur encontre. Bien trop souvent encore « à raison » ! Globalement les étudiants du supérieur notamment universitaire stigmatisent la distance, l’indifférence, la « morgue » des enseignants à leur égard-826. Il y a plus d’adhésions au corps professoral en filières les plus sélectives, moins pléthoriques de fin de cursus. (Duru-Bellat et al., 2012, 2018)-827.
À quinze ans 98 pour cent des jeunes sont scolarisés. 75 pour cent à dix-huit ans. 43 pour cent à vingt-et-un ans. 18 pour cent à vingt-quatre ans. 11 pour cent à vingt-cinq ans. (Ministère de l’Éducation Nationale, France, 2012-2013)-828.
Les enfants d’ouvriers ou ceux d’inactifs constituent 38 pour cent des effectifs d’élèves en classe de sixième. 29 pour cent de l’ensemble des bacheliers. 19 pour cent des bacheliers généraux. 15 pour cent des bacheliers généraux avec mentions. 9 pour cent des inscrits en classes préparatoires. Les enfants de cadres supérieurs, professions libérales constituent 16 pour cent des effectifs de collégiens de sixième. 23 pour cent de l’ensemble des bacheliers. 33 pour cent des bacheliers généraux. 42 pour cent des bacheliers généraux avec mention. 55 pour cent des inscrits en classe préparatoire. (Ministère de l’Éducation Nationale, France, 2002)-829.
À dix-huit ans 28 pour cent de nos enfants d’ouvriers ont arrêté leurs études. 22 pour cent sont au collège en enseignement spécialisé, en Cap, Bep, apprentissages. 10 pour cent sont en seconde ou première de lycée. 24 pour cent sont élèves de terminale. 8 pour cent sont en Iut ou Sts, secteur paramédical, social. 9 pour cent sont étudiants d’université et de classes préparatoires. À dix-huit ans 5 pour cent des enfants de cadres ont arrêté leurs études. 4 pour cent sont au collège en enseignements spécialisés, Cap, Bep ou apprentissage. Plus le milieu social s’élève, plus les études aussi. 7 pour cent sont élèves de seconde, première de lycée.
24 pour cent sont en terminale. 15 pour cent en Iut, Sts, secteur paramédical et social. 45 pour cent sont étudiants d’université ou encore de classes préparatoires. À dix-huit ans 19 pour cent des enfants de tous milieux sociaux ont arrêté leurs études. 16 pour cent sont au collège ou en enseignement spécialisé et Cap, Bep ou apprentissages. 10 pour cent sont élèves de seconde ou première de lycée. 24 pour cent sont en terminale. 12 pour cent en Iut, Sts ou secteur paramédical et social. 19 pour cent sont étudiants d’université, de classes préparatoires. Niveaux à élever encore donc. (Cerc, France, 2002)-830.
Les étudiants en universités sont 1 531 300. Ils sont 116 400 en Iut. 255 200 en Sts. 95 000 en classes préparatoires. 472 800 en « autres établissements et formations supérieurs ». Soit un total de 2 470 700 étudiants du supérieur. (Ministère de l’Éducation Nationale, France, 2014-2015)-831.
Les enfants d’ouvriers constituent 12,3 pour cent des étudiants d’université en licence. 7,7 pour cent de ceux de master. 4,7 pour cent de ceux de doctorat. Les enfants de professions libérales, cadres supérieurs constituent 28,6 pour cent des étudiants d’université en licence. 34,1 pour cent de ceux de master. 36,2 pour cent de ceux de doctorat. Les étudiants en licences universitaires sont 768 442. Ceux de masters sont 412 539. Ceux de doctorat atteignent les 37 759. (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, France, 2011)-832.
N’oublions pas que comparativement à l’Amérique du Nord ou aux pays scandinaves, à l’échelle de populations respectives la France n’a pas encore assez de jeunes en études supérieures. Notre taux d’accès de la néogénération à ce niveau de formation est moindre, insuffisant, stagne. Il faut au moins quatre millions d’étudiants avec le niveau licence au minimum à la fin des études supérieures. Il s’agit d’avoir plus d’étudiants, plus d’étudiants performants, mieux et plus formés et plus de diplômés en rapport au nombre d’étudiants.
Ce ratio est fort mauvais. Notre enseignement de tous niveaux sera d’excellence quand il fera plus réussir qu’échouer. Nous en sommes encore fort loin avec un taux d’échec dépassant les 50 pour cent en premier cycle universitaire. Actuellement les bacheliers visant les filières d’université en France choisissent surtout quatre cursus. Droit, médecine, psychologie, sports. Or, il s’agit de disciplines sélectives à débouchés des plus limités, peu d’emplois disponibles !
– Vos Conditions, Débouchés –
Succès d’Instruction de Jeune Formé
Les rythmes scolaires de votre enseignement secondaire français sont en complet déphasage. Par rapport à votre chronobiologie, chronopsychologie de jeune, vos capacités, besoins. Vos rythmes, charges de travail sont excessifs, très mal répartis, contre-productifs. Il convient de s’inspirer des modèles étrangers notamment allemand et brésilien bien plus équilibrés et réalistes. Qui réservent les activités intellectuelles à une demi-journée, le reste aux activités extrascolaires, sportives, culturelles ou artistiques…
La qualité de vos études ne serait non seulement pas altérée mais y gagnerait car vous, jeune, y seriez bien plus épanoui, reposé, attentif-833 ! Le calendrier annuel des cursus d’études vous concernant, jeune français du secondaire et du supérieur, n’est jamais adapté à vos rythmes de vie de junior. Nous avons l’une des années scolaires les plus courtes d’Occident. Avec le plus de vacances, les plus grandes concentrations d’heures de cours par jour, semaine, mois, année. Extrêmes surcharges !
Le volume horaire d’enseignement journalier, hebdomadaire est excessif. Car il s’agit de prendre également en compte le temps de travail de l’élève chez lui en moyenne dans le secondaire. Au moins une à trois heures par jour, plus encore selon les semaines et week-end dans le supérieur. Ainsi les adultes travaillent-ils en France en moyenne trente-cinq à quarante heures par semaine. Les élèves du secondaire en leur établissement, chez eux abattent très allègrement en moyenne cinquante heures hebdomadaires de labeur intellectuel, voire plus.
Il convient de diminuer la durée des vacances scolaires, d’ « alléger » le nombre d’heures de travail par semaine. Pour mieux tenir compte des capacités d’attention, de la fatigabilité des jeunes en études-834. Sous l’Ancien Régime français (1589-1789) l’enseignement n’est pas régi par l’État mais par l’Église. La confrontation entre les écoles publiques d’État et privées surtout catholiques a perdu tout son caractère idéologique ces dernières années. Elle perdure sur le terrain de l’ « excellence éducative », de la prise en charge des élèves.
De plus en plus de parents confient leurs enfants à l’enseignement privé. Non pour des raisons confessionnelles mais éducatives de meilleure prise en compte des spécificités de chaque jeune. De fait l’école publique de masse est même qualifiée de « mammouth » par un ministre de l’Éducation C. Allègre, (France, 1997-2000). Elle est incapable d’individualiser ses approches. Contrairement à un enseignement privé à l’échelle plus « humaine ».
Plus attentif aux besoins du junior, exigeant quant à la rigueur des études, au projet pédagogique-835. Avec le vingtième siècle l’essentiel de l’enseignement est devenu public d’État. À partir de la Révolution, (France, 1789-1799), progressivement jusqu’à la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905. L’enseignement privé surtout confessionnel ne relève plus que de la seule sphère privée. Les religieux n’enseignent plus désormais en établissements éducatifs publics secondaires. Car l’Éducation dite « nationale » devient une pleine mission de « Service public d’État ».
Avec la Cinquième République, (France, 1958-), les lois Debré de 1959 l’enseignement privé peut « concourir » au Service public d’éducation et même être subventionné par lui. En certaines limites. Règles d’hygiène, de sécurité, de salubrité, bonnes mœurs, comme de respect des programmes publics, de formation, compétences des enseignants. Cet enseignement privé est alors dit « sous contrat » simple ou d’association. L’enseignement privé hors contrat ne bénéficie d’aucune subvention publique. Il n’est astreint qu’aux seules obligations légales de respect des « bonnes mœurs », de sécurité et salubrité. La rivalité entre les deux systèmes scolaires public et privé s’est apaisée. Ils sont fort complémentaires.
L’enseignement privé essentiellement catholique en France est très apprécié pour sa grande qualité. Pour le fait également qu’il offre à nombre de jeunes, de parents une « alternative fort salvatrice » parfois bien mieux « adaptée » aux juniors. Pédagogie, encadrement, exigence éducative, recours en cas de « blocages » dans le public. L’objectif idéologique et spirituel est alors moins prégnant que jadis. Le dualisme éducatif public / privé « à la française » est un bon « compromis d’équilibre » pour les familles. Par rapport à certains autres modèles étrangers d’enseignements « monotypes » du « tout public » ou du « tout privé ». Ce qui permet d’offrir une « seconde chance scolaire » à nombre de jeunes « transéducatifs ».
Beaucoup de jeunes au cours de leur scolarité passent d’un système à un autre selon leurs besoins. La moitié des familles françaises ont recours à un moment ou à un autre à l’enseignement privé pour leurs enfants. Les passerelles peuvent être plus favorisées. Cette bicéphalie éducative vaut notamment pour le secondaire. Concernant le supérieur le privé se constitue essentiellement des Instituts catholiques. Également d’écoles de commerce, d’ingénieurs, d’enseignement professionnel, technologique.
L’enseignement supérieur d’État domine avec universités et Grandes écoles. Les établissements universitaires non étatiques n’ont pas la latitude de prendre le qualificatif même d’ « université ». Ainsi le Pôle Universitaire Léonard-de-Vinci, Pulv (1995) regroupe-t-il trois écoles : Management, Ingénieurs, Internet & Multimédia. Les universités – départementales – d’excellence de ce type sont trop rares en France. Elles sont appelées à se développer surtout par le biais du mécénat d’entreprise-836.
Face à l’externat majoritaire l’internat semble être une solution redécouverte. Pour certains jeunes ayant besoin d’un milieu et un climat éducatifs plus structurants que ceux de l’école classique et leur famille. Avant les années 1960 l’internat connaît en notre pays un certain engouement des familles. Sous l’Ancien Régime, (France, 1589-1789), au dix-neuvième siècle et dans la première moitié du vingtième. Elles y voient un moyen éducatif très renforcé pour mieux préparer les juniors à leur vie d’adulte. Puis le pensionnat subit une nette désaffection en le droit-fil de l’idéologie « libertaire » de 1968. Laquelle y discernera pour l’adolescent une coercition mutilante qui n’est plus de saison.
Avec le vingt-et-unième siècle l’internat rentre à nouveau en grâce. Car il répond encore plus aux besoins des nouvelles configurations sociétales de ce temps. Il peut être la « solution » la plus adéquate concernant les familles « éclatées », les nouveaux conflits familiaux pour aider le jeune à mieux travailler. Quand le système éducatif classique et une configuration familiale défavorable n’y parviennent plus… De plus en plus même de juniors le demandent eux-mêmes. L’internat devient une alternative séduisante idoine, non plus une sanction comme autrefois ou une coercition. Ses modalités de fonctionnement se sont fort assouplies et bien adaptées aux temps modernes. D’où un regain d’adhésion des familles.
Les exigences de confort, d’hygiène de l’hébergement, de qualité de la restauration se sont grandement améliorées. Les grands dortoirs ont fait place à des chambres individuelles ou à deux places. L’internat peut aider certains jeunes qui en sont d’accord à mieux s’épanouir. Il y a paupérisation de beaucoup de familles, nécessité pour un nombre croissant de juniors de travailler en sus de leurs études. Ce qui peut compromettre la réussite de ces dernières. L’on observe que les bourses d’études ne sont pas assez revalorisées, étendues à plus de jeunes tant sur critères sociaux que de mérite.
L’accès aux études s’est « démocratisé » en France de façon toute relative car il s’est surtout très « massifié ». En ce sens où depuis la décennie 1970 le nombre de scolarisés, de diplômés augmente beaucoup. Sans que pour autant l’accès aux meilleures places socioprofessionnelles s’ouvre largement à d’autres que leurs récipiendaires favorisés habituels. Ce qui sera le cas dans les décennies 1930 à 1960. Depuis trois décennies de plus en plus de juniors éprouvent les pires difficultés matérielles à subvenir à leurs besoins économiques du quotidien. Ce qui obère leurs chances de réussite.
Leurs familles ne peuvent pas toujours les aider étant elles-mêmes en difficulté. En un pays d’Occident qui est parmi les plus touchés. Par la récession économique, la crise sociale, le chômage, la cherté de la vie, la limitation du pouvoir d’achat. Les étudiants sont concernés au premier chef mais aussi de plus en plus de lycéens. Ces jeunes sont souvent obligés de travailler pour financer leurs études, ce qui souvent nuit à ces dernières. Nombre d’entre eux finissent par échouer, devoir renoncer à leurs études de ce fait. Ce qui est régulièrement à juste titre dénoncé par tous les syndicats étudiants. Les aides publiques financières sont très inadaptées et insuffisantes en nombre d’allocations, de montants octroyés.
Le logement lycéen, étudiant ou accessible aux scolarisés est trop rare, inconfortable, les transports sont chers, malaisés malgré l’effort notable des régions en la matière. L’offre de restauration des cantines du secondaire, restaurants universitaires est trop éloignée des attentes juvéniles, médiocre, des plus dépassées. Cnous et Crous (1955) : Centres National et Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires ont en charge le logement, la restauration du junior. Les bourses, l’intervention sociale, culturelle, l’emploi et l’ouverture internationale des étudiants. Des centres locaux, Clous existent aussi.
Leur tâche est immense et les moyens limités. L’ensemble du système français de la « vie étudiante » est obsolète, quasi indigent. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les étudiants occidentaux préfèrent généralement étudier ailleurs que chez nous. L’engagement actuel des pouvoirs publics même accentué est insatisfaisant. Nombre d’étudiants ont des difficultés à se loger, déplacer, voire nourrir correctement. Les aides en la matière peuvent fort s’étoffer tant de la part de l’État que des régions. La professionnalisation des études en France a accompli de grands progrès depuis vingt ans mais cela demeure trop limité.
Il y a encore bien loin entre la théorie et la pratique, les formations et l’emploi, la vie active et les capacités à « y faire ses preuves ». Nous sommes en retard par rapport à l’étranger. Nous en payons le prix par un échec scolaire, une mauvaise insertion professionnelle des jeunes excessifs, inacceptables. L’apport des formations professionnelles continues en entreprise est capital mais encore dérisoire pour les juniors. Il s’agit de les développer largement car le monde du travail est par définition toujours bien plus « proche » de l’emploi que l’école.
Globalement la jeunesse occidentale s’accomplit mieux en ses études, son emploi que la néogénération française en aval. Car son orientation préalable en amont s’est autrement mieux réalisée. Depuis deux décennies toutes les formations scolaires initiales secondaires, supérieures françaises font des efforts très notables. Pour se professionnaliser, bien mieux s’adapter aux exigences du marché de l’emploi. Cependant nous pourrions hélas dire que c’est quasi- « peine perdue ». Tant ce mouvement reste marginal, est toujours plus lent que l’évolution des métiers, du monde du travail qui progressent bien plus vite.
Ce qui aboutit à ce paradoxe si insupportable, l’un des taux de chômage de la jeunesse active parmi les plus importants d’Occident. Le double en moyenne de celui de toute la population occupée générale. Des employeurs qui éprouvent souvent les plus grandes difficultés à pourvoir de trop nombreux postes notamment pour les jeunes. Faute de qualifications, de préparation, d’aptitudes adéquates ! Notre école reste trop déconnectée des réalités de la « vraie vie », de l’emploi pour le plus grand dommage du pays, de sa jeunesse. Les réticences du monde académique en la matière sont contre-productives et d’arrière-garde ! Malgré des progrès.
En vérité que « valent » donc notre enseignement et recherche en regard de ceux de nos plus importants « compétiteurs » mondiaux ? Fort régulièrement des études internationales illustrent qu’en matière littéraire, scientifique, commerciale et artistique notre école montre de dommageables faiblesses. Plus accentuées qu’ailleurs et à tous les stades de ses divers cursus. Le niveau académique des élèves du primaire est insuffisant pour leur assurer une bonne scolarité au collège via le « sas » de la sixième.
De même au collège pour le lycée notamment la transition de la classe de seconde lycéenne pour réussir dans le supérieur-837. Particulièrement en toute première année des études « post-baccalauréat ». L’enseignement supérieur lui-même est le plus souvent inadapté au marché de l’emploi. Notre recherche et nos publications, brevets scientifiques peinent à s’imposer dans le monde faute de moyens, d’efforts, de débouchés concrets. Nombre de nos jeunes chercheurs sont aussi condamnés à l’exil plus ou moins durable ou définitif par manque de possibilités d’emploi en France.
Force est de constater que les enseignements et la recherche littéraires et scientifiques, économiques, artistiques français sont en perte de vitesse dans le monde. Même les arts, la mode ont « quitté » Paris pour Londres et New York, voire Berlin. Nous avons une bonne médecine mais pas de publications internationales dignes de ce nom comparativement aux revues anglo-américaines. Pas de Nobel en ce domaine pendant trois décennies jusqu’en 2008 pour deux chercheurs français notamment le professeur L. Montagnier (1932-2022). Pour sa codécouverte du virus du Sida en 1983, prix en partage avec un Allemand. Puis en 2011 avec J. Hoffmann (1941-), prix également partagé. Les études comparatives mondiales en particulier au sein du monde européen et occidental sont fort critiques. Globalement nos jeunes sont moins bien formés et compétents que leurs homologues étrangers.
Les retards conjoncturels et structurels du système scolaire national se sont sans relâche accumulés. La recherche française ne cesse de reculer dans la plupart des domaines à l’échelle mondiale. Les prix, reconnaissances internationaux tel le Nobel sont relativement peu attribués à des Français sauf en physique entre 1991 et 2012. Les Français sont les plus nombreux à avoir eu le Nobel de Littérature mais ne totalisent « que » 7 pour cent de tous les Nobel depuis 1901. C’est que nos « efforts et qualités » en la matière sont globalement et généralement insuffisants par rapport à ceux d’autres nations. Ces retards concernent aussi bien à des degrés divers l’enseignement général que technologique et professionnel ou la recherche en tous domaines. Notamment scientifique fondamentale exacte et appliquée-838.
En 2007 le Produit Intérieur Brut, Pib consacré à l’éducation tous niveaux confondus est alors en moyenne européenne de 5,09 pour cent. La part des seules dépenses publiques françaises dédiées à l’éducation est de 5,81 pour cent, celle du Danemark en tête en Europe de 8,47 pour cent. Le Pib consacré aux enseignements supérieurs est de 1,21 pour cent en France mais de 2,53 pour cent au Danemark.(Eurostat, Luxembourg, 2007).
Qu’est-ce qu’un jeune élève « heureux » et qui a bien « optimisé » ses études ? Rigueur méthodologique. Efficacité de travail. Enrichissement, pérennisation des acquis intellectuels. Tels sont les gages de formation réussie et d’épanouissement en « sa peau et son métier d’apprenant »-839. Tel est le « schéma théorique idéal » mais en la réalité ? Nous sommes fort contraints de reconnaître que la plupart de nos jeunes n’auront pas été « en mesure » d’y parvenir au cours de leur formation quelle qu’elle soit. De la plus « sommaire » pour la seule scolarité obligatoire à la plus poussée. Il est dit de la culture que « c’est ce qui reste quand l’on a tout oublié ». La formule vaut pour les études et ce qui en subsiste des années après leur achèvement.
En tous domaines « des plus abstraits aux plus concrets » en chimie et langues étrangères, droit et sociologie. Les acquis réels pourtant validés par des diplômes sont bien maigres dans les méandres de la vie pratique. Tel qui était « bon » à ses examens d’anglais se trouve bien incapable de demander son chemin en les rues d’Édimbourg ou de Philadelphie ! La formation académique de la majorité des jeunes n’aura été qu’un « vernis superficiel et artificiel » qui se craquellera sous les vils outrages du temps. Faute de passion d’apprendre, d’approfondissement patient, méthodique les connaissances sont trop vagues, désorganisées et illusoires. Elles ne sont pas « savoirs » ! Là est la « faille » de notre école. Faute d’acculturation intellectuelle suffisamment profonde et durable l’essentiel sera perdu.
Aussi sûrement que le bois mal séché industriellement trop rapidement ne peut faire que de mauvais meubles qui ne résistent pas au temps-840. La formation, les diplômes des jeunes sont étroitement corrélés à leurs futurs emploi, statut social. Plus la scolarisation est longue et exigeante plus le risque de chômage demeure limité. Plus les études sont écourtées, modestes plus ce risque augmente fort. Plus l’inemploi est durable même plus encore en l’absence de toute qualification diplômante. Le sous-emploi juvénile français est plus fort qu’ailleurs.
12 pour cent de tous les seize – vingt-neuf ans sont chômeurs et même 22 pour cent chez les jeunes actifs non scolarisés. Soit plus du double que pour la population active générale. Les filles ont plus besoin que les garçons d’être diplômées pour éviter l’inemploi, le déclassement. Surtout jusqu’au baccalauréat. La plupart des diplômes de l’enseignement supérieur ne sont plus une « garantie absolue » d’emploi depuis vingt ans sauf pour les plus cotés d’entre eux. Même s’ils protègent mieux de la déchéance professionnelle que d’autres.
Les moins titrés se voient réserver l’emploi précaire. Près d’un jeune actif de moins de trente ans sur trois connaît aujourd’hui l’activité instable. Le travail à temps partiel est également une caractéristique grandissante du labeur juvénile surtout féminin. Le type d’occupation, l’ampleur de rémunération dépendent du niveau du cursus d’études surtout pour les filles. Toujours très défavorisées et discriminées par rapport aux garçons à diplôme égal. Seuls les meilleurs diplômes, les plus élevés de l’enseignement supérieur mènent à des fonctions d’encadrement. Les diplômes du secondaire, baccalauréat inclus ne conduisent jamais plus désormais qu’à des professions intermédiaires.
Surtout d’exécution, d’employés ou ouvriers. L’accès au premier emploi est toujours le plus difficile. Plus les études sont « poussées » en durée, excellence et / ou rareté plus la rémunération augmente. Cela perdure au cours de l’ensemble de la vie active. Assurément désormais seuls les « meilleurs » bac plus cinq et plus universitaires, comme les sortants de Grandes écoles d’excellence ont les réels moyens de conduire une carrière. D’exercice de responsabilités au plein sens du terme. L’alternance est bon facteur d’insertion. Le domaine d’études influe sur l’emploi.
Ainsi les études professionnalisées médicales, juridiques, économiques, d’ingénieur ont de bien meilleurs débouchés. Non les formations générales abstraites littéraires et de sciences ou de sciences humaines. Globalement les filles chôment bien plus que les garçons même à diplôme égal et sont généralement moins payées, moins promues. Elles se voient moins confier de responsabilités notamment élevées même en leur maturité. Dans le tertiaire elles sont en concurrence avec leurs aînées. Dans d’autres secteurs il y a encore une « prime à la masculinité ». Être mère avant vingt-cinq ans demeure un handicap professionnel certain.
Surtout le statut socioculturel et économique d’appartenance influe fort sur l’entrée en tout emploi. Les jeunes défavorisés ont un accès bien plus difficile à l’activité que les autres à diplôme égal. Avec des postes moins prestigieux, moins rétribués. Sans compter l’influence des réseaux socioprofessionnels de poids apanages des familles aisées. Le fait que le père soit en activité notamment dans le même domaine ou approchant que ses enfants est un fort indéniable atout à tous niveaux pour tous milieux. De ce fait les diplômés de tous rangs défavorisés optent plus pour les concours donnant accès à la Fonction publique, la sécurité.
L’aisance sociale, économique renforce l’effet des diplômes quand l’inverse le dessert fort. Même en une société plus ouverte le statut social reste très largement intergénérationnel et transgénérationnel au sein d’une même famille. Il semble donc bel et bien que le milieu social influe sur les études. De même ces études conditionnent le niveau social ultérieur du jeune et son emploi. L’on observe le plus souvent une concordance entre le type et niveau de métier des pères et ceux des fils. Le fils de cadre sera toujours plus probablement cadre qu’employé, celui d’ouvrier plutôt ouvrier que cadre.
Quand il y a mobilité, « ascension » sociales des enfants par rapport aux parents cela se fait entre catégories proches, non éloignées. Un fils de cheminot ne devient pas industriel, président de multinationale mais peut devenir comptable ou enseignant. L’on se réfère et opte généralement pour ce qui est proche plutôt que pour des schémas totalement étrangers et inconnus. Surtout en France pays à faible mobilité socioculturelle, économique. Il en va donc pour l’emploi comme pour les unions matrimoniales, une certaine, nette « endogamie socioprofessionnelle » prévaut.
L’ « exogamie du métier » notamment forte est plus rare surtout de nos jours. Par rapport aux Trente Glorieuses, (Occident, 1945-1975), époque plus ouverte, mobile, prospère. Plus les positions sociales sont élevées plus leur accès est limité, le plus souvent dévolu à ceux qui en font déjà partie notamment la descendance. En outre plus la carrière avance plus l’impact du diplôme, de la formation recule, plus celui du milieu social d’origine croît nettement. Milieu social d’appartenance, diplôme, niveau social atteint se suivent et se ressemblent donc fort généralement. Plus le milieu social d’origine est élevé plus la chance d’être promu-e et de progresser en la hiérarchie professionnelle augmente.
Compétences, mérites influent donc de façon mesurée sur les carrières car l’excellence sociale est toujours très prégnante en l’emploi. De plus le nombre de postes, de responsabilité disponibles est toujours inférieur à celui des diplômés d’enseignement supérieur. Ce qui génère distorsions, déclassements, inemploi, frustrations chez nombre de jeunes. Un peu comme à la fin de l’Ancien Régime (France, 1589-1789) pour ceux qui compétents, bien formés se trouvaient « refoulés » de certaines charges. Faute de quartiers de noblesse adéquats, qui n’avaient pas accès au système de la « patrimonialité des offices » : hérédité et vénalité. Ce qui allait entre autres favoriser la Révolution. (France, 1789-1799).
Depuis vingt ans il y a démultiplication du nombre de diplômes, de diplômés. Depuis le baccalauréat jusqu’aux plus hauts grades et labels de tous enseignements supérieurs. Une certaine dévalorisation académique, comme un réel déclassement socioprofessionnel d’une majorité de jeunes s’observe alors. En terme de types, niveaux, rémunérations des débuts professionnels des juniors. Cela concerne encore bien plus les formations générales que professionnalisées.
Redisons toutefois que plus le diplôme est élevé, de qualité, répondant aux besoins de l’économie plus sa rentabilité d’emploi à tous points de vue reste réelle. De fait cet « avantage académique » ne cesse de se relativiser et fort décliner depuis déjà quarante ans, c’est-à-dire depuis la fin des Trente Glorieuses. (Occident, 1945-1975). En résumé le jeune doit sans cesse être plus nanti scolairement que par le passé pour obtenir toujours moins d’un point de vue socioprofessionnel. Alors qu’il continue à raison de cultiver la même forte ambition sociale que les juniors d’antan. Il s’agit alors d’élaborer de « savants compromis des plus réalistes ».
Ce qui génère le malaise de tout une néogénération qui a le douloureux sentiment d’être la première victime d’un « contrat de dupes » en sa défaveur. Au seul bénéfice du système d’entreprise adulte. La « course au parchemin » est alors plus « effrénée » que jamais pour tenter de « rester dans la course ». Ce qui suscite encore bien plus de récipiendaires, de prétendants et donc encore plus de dévaluations académiques. En un cercle vicieux sans fin délétère. Les meilleurs, plus gradés s’en sortent mais moins bien qu’auparavant. Tandis que les moins « nantis » ne récoltent que ce dont « personne ne veut » ou sont carrément, durablement exclus du système d’emploi.
Voire définitivement pour les plus défavorisés. Ils ne relèvent alors plus du marché du travail mais de l’aide sociale, voire psychosociale. En une sorte d’assistanat à vie. Le diplôme ayant perdu de sa pleine « valeur absolue » l’égalité des chances, la méritocratie refluent. Puisque si la qualification se généralise bien d’autres critères très discriminants, inégalitaires se font jour en terme d’excellences socioculturelles notamment. Pour sélectionner les jeunes actifs. Pour autant la formation autodidacte et par l’expérience professionnelle de terrain disparaît de plus en plus par rapport au passé. Pour exercer un emploi quel qu’il soit au seul profit du diplôme. (Duru-Bellat et al., 2012, 2018)-841.
Une bonne initiative notamment de l’université d’Évry en Essonne. Elle aide les nouveaux bacheliers à mieux s’y intégrer pour réussir leurs débuts universitaires. Avant la rentrée ils viennent visiter les lieux, se voient présenter les filières, sont guidés pour éviter l’échec dès la première année. Lequel concerne en moyenne un étudiant sur deux ! D’où tout l’intérêt de ce véritable stage de prérentrée. Cela concerne les bacheliers volontaires.
À l’occasion du plan dit Réussite en Licence financé par le ministère de l’Enseignement Supérieur certaines facultés organisent un accompagnement avant la reprise des cours. Cela dure une dizaine de jours. Tout ce dont les jeunes ont besoin de savoir pour réussir à l’université est abordé. Notamment leur méthode de travail efficace. Dans l’année des cours de soutien sont alors possibles pour ceux qui en ont besoin. Un « projet professionnel personnel » est établi. Avec l’aide professorale, celle du Pôle d’Information et d’Orientation des Lycéens et Étudiants.
Plus que jamais en période de crise les familles sont très préoccupées par les difficultés, potentialités de réussite scolaire de leurs enfants. Les parents analysent la « cause principale » de l’échec scolaire chez leurs jeunes. 46 pour cent estiment que cela provient d’un environnement familial non propice aux apprentissages. 45 pour cent pointent l’inadaptation des méthodes pédagogiques. 34 pour cent évoquent un comportement inadapté au milieu scolaire. 27 pour cent pensent à la mauvaise orientation dans le choix de la filière. 20 pour cent parlent des difficultés à « bien suivre », bien comprendre les enseignements.
17 pour cent penchent pour le mal-être, la souffrance psychologique ou physique. 9 pour cent citent d’autres raisons. Les parents identifient aussi la « cause principale » selon eux des difficultés qu’ils rencontrent en l’éducation de leurs enfants. 54 pour cent disent qu’ils manquent de solutions, de repères. 50 pour cent qu’ils sont submergés par leurs propres difficultés. 36 pour cent qu’ils n’ont pas assez de « temps disponible » à consacrer à leurs enfants. 28 pour cent qu’ils ne se sentent pas vraiment « concernés » par leur éducation. 25 pour cent qu’ils ne comprennent pas les comportements ou réactions de leur jeune. 1 pour cent ne sait pas. (OpinionWay, France, 2012)-842.
Pour la majorité des parents alors sondés les deux « vecteurs » principaux de l’échec scolaire sont l’environnement familial défavorable. L’inadaptation des méthodes pédagogiques aux réels besoins des élèves. De fait le premier facteur de discrimination, d’inégalité scolaires est le milieu, les niveaux socioéconomiques, culturels familiaux des juniors. Notre école n’est plus adaptée aux enjeux de formation actuels. Les parents déplorent aussi leur manque de moyens pour agir. Puis leurs propres difficultés.
C’est cela selon eux qui obère en premier lieu leur aptitude à aider leur enfant à mieux réussir. Comme meilleures solutions possibles pour bien lutter contre l’échec scolaire les familles ont leur idée bien précise. Développer les mesures de prévention d’échec scolaire dès le plus jeune âge à 57 pour cent. Individualiser les méthodes pédagogiques à 51 pour cent. Mettre en place des actions d’information et de « sensibilisation des parents d’élèves sur leurs responsabilités éducatives » à 44 pour cent. (Bva, France, 2006).
Globalement les jeunes de quinze – vingt-cinq ans scolarisés se sentent en sécurité à l’école à 89 pour cent. Le sentiment d’insécurité outre au collège chez les plus âgés à 34 pour cent donc en difficultés scolaires est surtout ressenti au lycée professionnel. À 13 pour cent. Puis à l’université à 9 pour cent et au lycée général à 7 pour cent. Le jugement des jeunes sur les contenus d’enseignements et les enseignants est positif. 86 pour cent se disent intéressés par les matières enseignées. 79 pour cent ont plutôt une bonne image des enseignants.
76 pour cent ont plaisir à aller en cours. Les filles sont plus « motivées » que les garçons. Elles apprécient plus leurs enseignants d’aller en cours. Les plus âgés de vingt-deux – vingt-quatre ans et les étudiants universitaires ont plus d’ « intérêt » que les mineurs, les lycéens pour les études. Ils ont une meilleure « perception » de leurs enseignants. Les apprentis sont les plus convaincus. 97 pour cent sont « intéressés » par leur formation, 87 pour cent aiment aller en cours. Les enfants de milieux favorisés sont plus intégrés à leurs études, l’école.
Les juniors scolarisés du privé manifestent plus d’adhésion aux enseignements et aux enseignants. Or, le plaisir ou déplaisir d’aller en cours est le même que dans le public. Malgré la crise, le chômage 81 pour cent des jeunes ont confiance dans les chances d’avenir de leurs diplômes à venir. Un peu moins chez les plus âgés et surtout les étudiants d’université. Les élèves de lycée professionnel sont plus optimistes que la moyenne. De même que les scolarisés d’enseignement privé. Les enfants d’ouvriers aussi car le diplôme est chez eux le seul vecteur d’ascension sociale. Ils sont suivis par les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures.
Les enfants de professions intermédiaires ou d’employés sont les plus pessimistes quant à la rentabilité sociale de leur diplôme. Malgré tous les ratés patents de l’école française les juniors scolarisés lui font donc plutôt encore confiance. Même si c’est une confiance de raison, la corde soutenant le pendu. 89 pour cent des jeunes se sentent en sécurité en leur établissement. 86 pour cent s’intéressent aux matières enseignées. 81 pour cent ont toute confiance en les possibilités d’avenir que leur offre le diplôme préparé. 79 pour cent ont plutôt une « bonne image » de leurs professeurs. 76 pour cent ont plaisir à aller en cours. Positivité couvrant des réalités variées.
87 pour cent des collégiens et lycéens se sentent « en sécurité » en leur école. 91 pour cent des étudiants d’universités. 88 pour cent des scolarisés du public. 92 pour cent du privé. 90 pour cent de garçons. 89 pour cent de filles. 82 pour cent de collégiens, comme de lycéens « s’intéressent » aux matières enseignées. 89 pour cent d’étudiants d’université. 85 pour cent des scolarisés du public. 90 pour cent de ceux du privé. 83 pour cent de garçons. 90 pour cent de filles. 81 pour cent de collégiens et de lycéens ont confiance en les occasions d’avenir que leur offre le diplôme qu’ils préparent. 76 pour cent des étudiants d’université.
78 pour cent des scolarisés du public. 86 pour cent du privé. 82 pour cent des garçons. 79 pour cent des filles. 76 pour cent de collégiens et de lycéens ont une fort « bonne image » de leurs professeurs. 82 pour cent des étudiants des universités. 77 pour cent des scolarisés du public. 84 pour cent du privé. 73 pour cent des garçons. 85 pour cent des filles. 71 pour cent des collégiens, lycéens ont plaisir à aller en cours. 81 pour cent des étudiants d’université. 76 pour cent des scolarisés du public. 76 pour cent de ceux du privé. 71 pour cent des garçons. 82 pour cent des filles. (Bva, France, 2006)-843. Le jeune aime l’école non pour elle-même mais pour sa seule sociabilité.
En moyenne les étudiants de France ont 610 euros par mois pour vivre. 239 euros en cas de vie chez les parents. 784 euros pour les autres dont 392 euros de loyer en moyenne. 21 pour cent des étudiants financent leurs études avec un emploi en temps de cours. Avec une durée moyenne mensuelle de quarante-huit heures. En moyenne les étudiants passent 59 minutes par jour dans les transports. 7 heures 20 à dormir. 6 heures 20 en cours. 1 heure 25 à manger. 45 minutes à travailler en groupe pour leurs études. 2 heures 40 à travailler seuls pour leurs études.
1 heure 50 à pratiquer des loisirs. Durant la semaine écoulée 54 pour cent des étudiants ont sauté au moins une fois le petit déjeuner. 32 pour cent le déjeuner. 22 pour cent le dîner. 72 pour cent l’ont fait par pur manque de temps. 29 pour cent pour des raisons financières. 11 pour cent pour causes de temps d’attentes. 7 pour cent par défaut de choix. 6 pour cent du fait de la distance. 5 pour cent du fait des horaires d’ouverture. 39 pour cent pour d’autres raisons. L’hygiène de vie juvénile demeure donc des plus perfectibles.
Au cours des sept derniers jours 78 pour cent des étudiants ont eu la nette impression d’être fatigués. 60 pour cent ont été tendus ou nerveux. 51 pour cent ont eu des problèmes de sommeil. 42 pour cent ont été tristes ou déprimés. 31 pour cent se sont sentis seuls ou isolés. 9 pour cent n’ont éprouvé rien de cela. 38 pour cent des étudiants pensent ou ont déjà sérieusement pensé abandonner leurs études. 22 pour cent des étudiants ont renoncé aux études qu’ils souhaitaient faire initialement pour des raisons financières. En dehors de l’enseignement même proposé les principaux éléments d’incitation à choisir l’établissement d’études sont très variés.
45 pour cent des étudiants interrogés évoquent la proximité avec le lieu d’habitation de leurs parents. 42 pour cent la réputation du campus : classement, délais, salaires d’embauche… 26 pour cent la recommandation par un proche. 25 pour cent l’accessibilité des transports. 24 pour cent l’environnement agréable du campus, de l’établissement. 18 pour cent une bonne impression lors d’une journée portes ouvertes. 15 pour cent les frais d’inscription. 15 pour cent le coût du logement et de la vie quotidienne. 5 pour cent les services et commerces présents à proximité du campus, de l’établissement. 3 pour cent la modernité des systèmes informatiques. Tous paramètres pragmatiques donc…
78 pour cent des étudiants sont « satisfaits » de leur établissement d’études. 22 pour cent ne le sont pas. 62 pour cent sont plutôt satisfaits. 16 pour cent tout à fait satisfaits. Puis 18 pour cent plutôt pas satisfaits. 4 pour cent pas du tout satisfaits. En leur établissement d’études 78 pour cent des étudiants se disent satisfaits des bibliothèques, des centres de documentation. 78 pour cent sont satisfaits de « l’ambiance » et des relations avec les étudiants. 78 pour cent des relations avec les enseignants. 65 pour cent des équipements pédagogiques. 53 pour cent des services de santé. 53 pour cent sont plutôt satisfaits de l’information sur la vie de l’établissement, le calendrier des études.
51 pour cent des services de restauration. 49 pour cent des équipements sportifs. 48 pour cent de la totale, réelle disponibilité des personnels administratifs. 32 pour cent des activités, des équipements culturels. 34 pour cent des étudiants demandent de meilleurs infrastructures, équipements d’études. 32 pour cent des étudiants aimeraient des améliorations financières, logistiques pour leur formation. En matière de restauration, coût des études, comme d’accès au logement… 29 pour cent en matière d’amélioration des enseignements et de performance des enseignants.
27 pour cent souhaitent une optimisation des démarches administratives, comme des informations utiles. 18 pour cent en matière d’insertion professionnelle, de stages. 78 pour cent des étudiants se disent prêts à recommander leur établissement d’études à leurs amis, contre 22 pour cent qui ne le feraient pas. 55 pour cent desdits étudiants refuseraient d’adhérer à une association d’anciens élèves. 51 pour cent ne sont nullement prêts à payer pour adhérer. 35 pour cent ne comprennent pas l’intérêt d’adhérer. 34 pour cent n’ont pas envie de participer à la vie de leur ancien établissement.
29 pour cent doutent fort que leur établissement soit capable d’animer un réseau d’anciens. 26 pour cent ne se sentent pas redevables de quoi que ce soit. 25 pour cent des étudiants ne pensent pas que le fait de garder un réseau d’anciens de leur établissement les gratifie en quoi que ce soit. 45 pour cent des étudiants accepteraient d’adhérer à une association d’ex-élèves. 56 pour cent des étudiants diplômés refuseraient de faire un don financier pour leur établissement d’études. 44 pour cent accepteraient. (Bva, France, 2012)-844.
Le journaliste et écrivain français F. de Closets explique à quel point notre école « faillit » à sa mission. En son ouvrage : La Passion d’apprendre et comment on l’assassine. (Essai sociologique, France, 1996). En excluant de plus en plus de jeunes. Elle ne sait pas donner le goût des apprentissages ni dire comment bien apprendre. Elle ennuie, désintéresse l’élève au lieu de le passionner. Les programmes sont inadaptés, pléthoriques, répulsifs. La sélection prime sur les transmissions, l’éducation. Les exigences sont tantôt trop basses, tantôt trop élevées, jamais justes. Les juniors sont tous très différents mais les cours uniques. Alors débordements, désinsertions professionnelles l’emportent trop souvent sur l’harmonie des savoirs et la réussite du métier choisi.
Le dernier rapport de l’Ocde relève que la France est fort mal placée en terme d’inégalités éducatives qui s’aggravent. Le milieu socioéconomique et culturel des juniors a de plus en plus d’influence sur la trajectoire scolaire aux dépens du mérite et travail personnel. Le niveau de « performance » des jeunes français en études est dépassé par celui des juniors d’autres pays homologues. Notre jeunesse a de moins en moins les vrais choix, moyens de son autonomie, indépendance réelles. Sous l’Ancien Régime, (France, 1589-1789) la juvénilité dominante est aristocratique. Bourgeoise au XIXe s. Universelle au XXe. Au XXIe la plupart rêvent d’une classe moyenne de plus en plus inaccessible.
L’école française ne sait ni épanouir, motiver ni faire réussir ses publics juvéniles alors qu’il s’agit de son rôle premier. Connaissances, humanisme et emploi sont défaillants. Au-delà des questions académiques de fond. Égalités des chances, des compétences scolaires, intégration en études, comme des diplômés, qualités des transmissions, plaisir à étudier et pédagogie… Les aspects de forme comptent tout autant. C’est-à-dire les conditions non plus intellectuelles mais matérielles, humaines, psychologiques des cursus : l’existence quotidienne éducative des jeunes.
Les enseignants même s’ils maîtrisent leur discipline n’ont pas assez bien été formés à la pédagogie et la psychologie juvéniles. Ce qui obère le lien maître-élève. Les locaux d’enseignement sont trop souvent vétustes, inconfortables, sinistres même. Les rapports à l’administration rigides, formels. L’ambiance générale, des formations détestable, les cours rébarbatifs, la vie scolaire des plus indigentes… Du collège aux plus hauts enseignements supérieurs sauf très rares exceptions les lieux éducatifs sont « misérables ». Indignes de notre pays, continent, siècle et par rapport à nos voisins !
Le système napoléonien « caserne, couvent, prison » perdure de façon caricaturale dans les murs, pratiques. Voyons les « différences » entre les universités Harvard, (États-Unis, 1636), Oxford, (Royaume-Uni, 1096), Heidelberg, (Allemagne, 1386). Et en France Sorbonne Université (1257/2018) ou Paris-Nanterre (1964), Toulouse-Jean-Jaurès (1229/1969) ! En matière d’équipements scolaires, intellectuels, culturels, sportifs, de détente ou restauration nos retards sont abyssaux. La relation prof-scolarisé et école-étudiant demeure verticale, hiérarchique, glaciale, désagréable. Le jeune est volontiers traité avec les plus grands condescendance, arrogance et mépris « à la française ».
Il ne va pas en cours pour le seul plaisir d’apprendre or, par utilitarisme des diplômes, joie de retrouver les copains du même âge. Contrainte, obligation plus ou moins résignées de devoir se former quoi qu’il en soit. Le climat subi en nombre d’établissements est lourd. Le junior y souffre. L’ « austérité monacale » écrase une génération non reconnue. L’enseignement l’emporte sur l’éducation. Le quotidien scolaire et extrascolaire des élèves en études est « vidé de toute substance ». Étant donné l’inhospitalité des écoles simples espaces de cours, non lieux de vie adaptés pour le jeune, il s’empresse de vite les déserter. Sitôt ceux-ci achevés sans s’attarder.
La faute majeure, mortelle de notre pédagogie est d’ignorer que tout élève, étudiant est avant tout un jeune. Pas plus enfant qu’adulte. En toute sa réalité propre avec ce que cela implique. Comme l’Émile ou De l’éducation rousseauiste l’avait déjà si finement relevé. (Traité pédagogique, France, 1762). Ne l’appréhender qu’en tant qu’apprenant passif d’enseignement n’aboutit qu’aux pires échecs didactiques. Alors la formation d’avenir juvénile sera ratée.
Tant que le junior ne sera pas activement associé à sa propre éducation comme « sujet » plein et entier de son apprentissage. Tant que les méthodes, structures, considération, mentalités et activités ne tiendront pas assez compte de ses vrais besoins, attentes, réalités. À défaut nul bénéfice de cursus réel ne l’enrichira-845. Déjà au temps de 1968 les étudiants revendiquaient à raison un authentique statut reconnu de « travailleurs intellectuels ». En vain à ce jour !
En œnologie la Demi-bouteille représente la valeur de 37,5 cl. La Bouteille en titre 75. Le Magnum 1,5 litre. Le Jéroboam 3. Le Mathusalem 6. Le Salmanazar 9. Le Balthasar 12. Le Nabuchodonosor 15. De même chaque niveau d’études, d’emploi atteint représente l’acquis successif, progressif d’une somme validée de savoirs, connaissances, d’expertise donnés. Cela fait huit contenus, autant d’étapes dans le parcours éducatif complet puis actif des jeunes.
Le stade I est celui des deux premières années de collège, apprentissages premiers des débuts du secondaire. Le II concerne les deux suivantes en approfondissements. Le III a trait à la seconde de lycée dite « de détermination ». Le IV rassemble les deux dernières années de lycée « spécialisées ». Le V regroupe les trois années du premier cycle d’études supérieures. Le VI le deuxième cycle en deux années. Puis le VII le troisième cycle en trois années ou plus. Le VIII est l’entrée en activité qui intervient à tout niveau d’études secondaires ou supérieures.
Au-delà le niveau « officiel » VI d’études était celui du brevet des collèges en fin de troisième… Le V celui des Cap, Bep… Le IV celui des baccalauréats, comme des brevets de techniciens ou professionnels… Le III celui des Bts, Dut, Deust…, bac +2. Le II celui du premier cycle des Licences, du deuxième cycle des Masters 1 et des écoles bac +3 et +4. Le I celui du deuxième cycle des Masters 2, diplômes de Grandes écoles bac +5. Du troisième cycle des écoles bac +6 et plus et Doctorats bac +8 et plus.
Depuis 2019 une nouvelle nomenclature du Rncp, le Répertoire National des Certifications Professionnelles prévaut. Niveau 1 instruction de fin d’études primaires élémentaires. 2 études secondaires de fin du premier degré du collège, brevet des collèges. 3 études secondaires techniques, Cap-Bep. 4 études secondaires de fin du second degré du lycée, baccalauréats. 5 études supérieures de premier cycle universitaire et d’écoles bac +2. 6 études supérieures de premier et deuxième cycles universitaires, bac +3, Licences et bac +4, Masters 1. 7 études supérieures de fin de deuxième cycle universitaire, Masters 2 et diplômes de Grandes écoles bac +5. 8 études supérieures de fin de troisième cycle universitaire, Doctorats et Hdr, Habilitation à diriger des recherches bac +8 et plus. Désormais seuls les niveaux 7 et 8 permettent de « faire pleine carrière professionnelle ».
Ex-abbaye médiévale le Collège de Juilly est fondé par les Pères de l’Oratoire en 1638 sous le roi Louis XIII, (France, 1601-1643). Sur volonté du souverain avec l’appellation d’Académie royale. Il s’agit de l’un des plus anciens et prestigieux établissements d’enseignement secondaire de France. La participation des élèves en classe est encouragée. L’intelligence l’emporte sur la mémoire et l’intérêt sur la coercition. Le respect de la personne du jeune va de pair avec la vertu d’excellence éducative. Après la parenthèse révolutionnaire, (France, 1789-1799) qui obère fort sa bonne marche Juilly retrouve tout son lustre sous l’Empire, (France, 1804-1815) devenant Institution puis Lycée impérial.
À la fin de la Restauration, (France, 1815-1830) l’appellation de Collège de Juilly réapparaît. Au dix-neuvième siècle malgré certains aléas, vicissitudes Juilly demeure une institution éducative de renom. Elle survit aux deux conflits mondiaux, se réorganise après 1945. Au début de notre siècle suite à de fort graves « difficultés financières récurrentes » l’école est contrainte à la fermeture à l’été 2012. Strictes discipline, rigueur, qualité de ses enseignements n’étaient également plus à la hauteur de la réputation de l’illustre internat !
Un patrimoine historique, culturel, environnemental, éducatif d’exception est caduc. L’école de maintes « personnalités » françaises n’est plus. C.-L.-H. de Villars, (Maréchal de France, 1653-1734), H. de Boulainvilliers, (Historien, 1658-1722), C.-L. de Montesquieu, (Philosophe, 1689-1755) et L. de Bonald, (Philosophe, 1754-1840). A. de Beauharnais, (Militaire, 1760-1794), Jérôme Bonaparte, (Homme d’État, 1784-1860), P.-A. Berryer, (Avocat, 1790-1868), P. Noiret, (Acteur, 1930-2006). M. Hidalgo, (Sportif, 1933-2020), C. Brasseur, (Acteur, 1936-2020), M. Polnareff, (Chanteur, 1944-)…-846. Il est inquiétant qu’un « modèle d’enseignement » de près de quatre siècles de ce niveau ait purement disparu !
En un temps où plus que jamais le savoir et la perfection éducative sont la clé de voûte de la prospérité des nations. Cela est un signe marquant de plus du recul de notre pays dans le concert mondial. Imagine-t-on Eton (1440) fermer au Royaume-Uni ? Cela serait inconcevable mais arrive chez nous ! Espérons qu’il n’y aura plus à l’avenir d’autres « malheureux exemples » de ce type. Juilly a finalement piteusement fini en logements d’habitat de luxe. Tragique et pathétique exemple de plus d’un triste et sinistre naufrage français.
« Henri IV, [Souverain régnant, France, 1553-1610] est de la famille des Bourbons comme le whisky. – Louis XIII, [Souverain régnant, France, 1601-1643] mourut à la fin de sa vie. – Louis XIV, [Souverain régnant, France, 1638-1715] est appelé le Roi-Soleil car il aimait les feux d’artifice. – Le Grand Siècle, [Période historique, France, XVIIe s.] a été beaucoup plus long que les autres. – Louis XV, [Souverain régnant, France, 1710-1774] a fait la guerre de Sept Ans, [Conflit armé, Europe & colonies, 1756-1763] parce que la guerre de Cent Ans, [Conflit armé, France, Europe, 1337-1453] avait été trop longue ! –
Marat, [Homme politique, France, 1743-1793] est mort par hydrocution en prenant un bain trop froid. – Avec la guillotine le condamné reste vivant à sa mort. – Les pauvres s’appelaient les sans-culottes, [Révolutionnaires populaires, France, 1789-1794] car ils n’avaient pas les moyens de s’acheter même un slip. – Louis XVI, [Souverain régnant, France, 1754-1793] était assez chétif malgré son obésité. –
Bonaparte, [Militaire, Homme d’État, France, 1769-1821] a ramené d’Égypte la pyramide du Louvre. – L’amiral Nelson, [Militaire, Grande-Bretagne, 1758-1805] est mort d’une rupture de vaisseau. – Napoléon, [Souverain régnant, France, 1769-1821] a été battu par Waterloo, [Champ de bataille, Pays-Bas & Belgique, 1815] à la bataille de Wellington. [Militaire, Homme d’État, Royaume-Uni, 1769-1852]. –
Après la guerre de 1870 la France a cédé l’Alsace-Lorraine pour une poignée de dollars. – Jules Ferry, [Homme d’État, France, 1832-1893] a surtout servi à donner son nom à des rues, des écoles. – Les Tranchées de Camus, [Homme de lettres, France, 1913-1960] nous raconte la guerre de 1914. – Pour arrêter les Allemands les Français ont construit le mur de Berlin. [Barrière de séparation, Allemagne, RDA et RFA, 1961-1989] ». (P. Mignaval, auteur français, Le sottisier du bac, recueil socioéducatif, France, 2007/2013)-847.
Faute de pertinence l’imagination juvénile est sans bornes ! Sans commentaires ! Telles sont les calamiteuses aberrations relevées dans les copies de lycéens français des classes de première et terminale. Âgés en moyenne de seize à dix-huit ans ! Toutes disciplines confondues. Elles en disent long sur l’état de bêtise et d’ignorance, d’inculture et de médiocrité en lequel notre société plonge sa jeunesse. Notre école n’est plus celle de « l’acculturation mais de la déculturation » ! Les productions savantes des étudiants de tous enseignements supérieurs ne valent en leur ensemble guère mieux ! Cela préfigure un monde barbare, inepte, tout uniment obsédé de ses matérielles jouissances.
Très oublieux de son élévation morale, de son accomplissement intellectuel pour le pire sans le meilleur ! Ce qui est des plus inquiétants car ceux qui ont si peu, mal reçu ne sauraient bien transmettre à leur tour. Or, une civilisation qui s’appauvrit tant ainsi sans se renouveler finit par mourir ! Le rapport Pisa 2016 d’évaluation mondiale des élèves de quinze ans est mauvais pour la France. Vingt-sixième rang sur soixante-dix. Plus d’élèves en échec. Inégalités sociales creusées. Écarts croissants entre jeunes forts et faibles. Meilleure performance de l’élite. Anxiété, faible autodiscipline… (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves en sciences, mathématiques, compréhension de l’écrit, Ocde, Paris, 2016).
[ VOTRE « INSAISISSABLE GAGEURE » ]
PROFESSIONNELLE DE JUNIOR
Votre recherche d’emploi de jeune est difficile puisque le monde du travail vous devient largement fermé. Sauf encore pour les plus favorisés, titrés d’entre vous. De même votre insertion professionnelle de junior est malaisée puisque les trentenaires voire quadragénaires vous sont préférés. La pérennisation de l’emploi des seize – vingt-cinq ans n’est ensuite ni linéaire ni automatique. Tant les postes qui vous sont plutôt prioritairement réservés sont très souvent déclassés, précaires et débouchent sur de significatives périodes de chômage.
Mathieu, quinze ans étudie en un lycée agricole. Tout en étant apprenti au travail chez un patron fermier sur son exploitation laitière des plateaux du haut Doubs. Le jeune garçon doit « apprendre » à travailler, le métier, s’adapter, s’intégrer dans la vie active, trouver sa place. Il est amené à s’insérer en la vie de son lycée, l’internat. Celle du milieu du travail où il est en apprentissage professionnalisé. Celle de sa famille « éclatée » aussi. Mathieu a du mal à se comporter tel un travailleur responsable : désinvolte et violent avec les animaux et un camarade. Il souffre de l’absence de son père du foyer familial. Or, quand il le voit le lien père-fils est difficile. Mathieu se révèle plus détendu quand il fait du sport ou étudie l’anglais. Il grandit peu à peu au contact de son maître d’apprentissage.
L’adolescent échoue à son examen mais sur un thème musical qui s’intitule « Je te promets » ! Telle est l’histoire vraie relatée par le documentaire sociologique français L’Apprenti, (S. Collardey, 2008) qui narre une année scolaire d’un jeune en formation et en activité professionnelle-848. Ce qui frappe le spectateur est toute la difficulté d’adaptation au monde très exigeant du travail qui est celle de tous les juniors. Que ce soit en apprentissage professionnalisé du niveau d’études secondaires. En stages d’entreprise des étudiants du supérieur. En premier emploi « de plein exercice » pour tout jeune actif diplômé ayant achevé sa formation. Tous doivent faire leurs preuves en milieu de travail adulte. Fait par essence par et pour les aînés. En lequel le junior est marginalisé, débutant, peu considéré. Dépourvu des codes idoines à apprendre pour exister. Or, avec cet espoir de « promesse » de la fin du film ! Faute d’emploi nombre de jeunes français restent chez leurs parents. Entre dix-huit et vingt-neuf ans presque un junior sur deux est concerné. (France, Insee, 2013).
– Recherche d’Emploi à « Hauts Risques » –
Pour Votre Néogénération
Emploi est un terme de 1538. « Ce à quoi s’applique l’activité rétribuée d’un employé, un salarié. Somme du travail humain qui est effectivement employé, rémunéré en un système économique ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-849.
L’emploi du jeune est le travail professionnel qu’il exerce pour gagner sa vie, être adulte et s’épanouir. Pourquoi nos juniors plus encore qu’en la plupart des pays homologues sont-ils et à leur corps défendant autant « fâchés » avec le marché des métiers ? Pourquoi seuls les jeunes des milieux socioculturels, comme économiques les plus favorisés acquièrent-ils les postes les plus stables, rémunérateurs ? Juniors les plus et mieux diplômés de l’enseignement supérieur qui sont généralement les mêmes de surcroît. À titre exclusif, monopolistique, éminent, le plus rapidement, facilement. Aux fonctions toujours les plus gratifiantes, prestigieuses, de responsabilité, prometteuses, en évolution rapide, progressive de carrière. Avantages aux uns, inconvénients aux autres.
Pourquoi tant d’autres des classes moyennes, subalternes éprouvent-ils tant d’immenses difficultés à s’insérer au travail même quand ils sont correctement qualifiés ? Pourquoi pour tant d’entre eux autant d’inactivité, de précarité, déqualifications, bas salaires… ? Pourquoi tant d’insatisfactions des employeurs, comme des jeunes employés aussi ? Pourquoi tant de juniors français sont-ils hors du champ professionnel avant vingt-cinq ans comparativement à leurs semblables occidentaux ? Pourquoi la stabilisation professionnelle de la plupart des jeunes n’intervient-elle qu’à la trentaine… ?
Autant de questions si « candides » sans doute mais qui taraudent tant les esprits de notre jeunesse depuis trente ans ! Notre dynamisme d’entreprise, notre croissance stagnent. Faute des réformes, reconversions nécessaires de notre économie menées par la plupart des pays d’Occident dès le début des années 1980. Nous perdons des emplois, avons des difficultés conjoncturelles, infra et superstructurelles à en créer. Les places toujours plus raréfiées deviennent fort « chères », réservées à tout niveau. Tout se verrouille. Les « féodalités à la française » petites, moyennes ou grandes reviennent plus que jamais en force ! Aux dépens du pays, comme de tous ses citoyens.
Quand pour le moindre poste qualifications solides, expérience professionnelle minimale, appuis efficaces sont exigés, de nombreux jeunes sont exclus. À la moindre petite récession passagère ce sont en toute priorité les juniors qui restent sans emploi. Il y a aussi notre aberrante tradition mentale qui croit encore ineptement que « la valeur attend le nombre des années ». Les impératifs concurrentiels, de sophistications professionnelles de pointe sont devenus des plus draconiens. L’on estime alors à tort ou à raison que les jeunes ne sont pas les mieux armés pour y faire face.
De même que les seniors également. Les formations théoriques juvéniles ne sont souvent pas des mieux adaptées aux réalités de l’emploi. En se multipliant les diplômes se sont banalisés. Les postes de responsabilités sont fort limités alors que les parchemins des études supérieures longues explosent. Tous leurs détenteurs ne peuvent y prétendre or, seule une « étroite minorité élue » souvent après de longues années d’attente avant l’emploi et en celui-ci. Déclassements, frustrations l’emportent fort.
De plus en plus de diplômés « de haut rang » doivent accepter des postes très subalternes, des rémunérations modestes. Eu égard à leurs certifications. Le diplôme générateur « quasi automatique » d’ascension sociale lors des Trente Glorieuses, (Occident, 1945-1975) est révolu. Il faut à nouveau préalablement faire ses preuves par l’expérience de terrain. En outre pour les employeurs la « lisibilité » des cursus, diplômes est mauvaise, le maquis de ces formations souvent trop flou. Ils ne veulent et ne peuvent prendre de risques excessifs pour recruter en un pays où la conjoncture économique est fort difficile, aléatoire. Les lourdes charges, le licenciement si strictement encadré.
Ils préfèrent embaucher un diplômé de plus de vingt-cinq ou trente ans. Déjà aguerri par l’expérience professionnelle réussie de terrain. Qui a fait ses preuves. Un jeune diplômé des plus sélectives Grandes écoles et meilleures formations professionnalisées. Cela signifie que la plupart des formations, diplômes de l’enseignement secondaire non professionnel et supérieur universitaire n’ont nuls débouchés professionnels naturels. Hormis les concours d’enseignement et de la Fonction publique. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de jeunes « se ruent » frénétiquement vers ces voies outre l’attrait de la sécurité de l’emploi. Ce qui ne peut impliquer la meilleure motivation pour travailler.
Cependant pour des raisons de fortes restrictions budgétaires, redéploiement des effectifs, missions de l’État ces postes sont de plus en plus rares et indisponibles. En outre ce sont des concours très sélectifs, beaucoup de jeunes y postulent, bien peu y réussissent. Notre jeunesse est à la peine car nous observons un déclassement des niveaux d’études actuels au rang de ceux de diplômes inférieurs du passé. De plus en plus de juniors obtiennent des emplois à un niveau moindre auquel ils auraient pu prétendre qu’une, deux, trois décennies plus tôt.
Ainsi bien des diplômés du brevet des collèges acceptent un poste, réussissent un concours de niveau sans diplôme exigé. Un bachelier un travail de niveau brevet. Un licencié du supérieur un emploi de bachelier. Un diplômé de master 2 une responsabilité de licencié… Seuls les diplômés des Grandes écoles « s’en sortent correctement » mais moins aisément qu’avant. La double formation, la personnalité, l’originalité des parcours et la force mentale, comme les expériences extraprofessionnelles… comptent de plus en plus.
Les « oiseaux rares » sont recherchés en toute priorité or, peu peuvent prétendre en faire partie. Les procédures d’embauche sont toujours de plus en plus complexes, exigeantes, « impitoyables ». Elles s’apparentent à de vrais « parcours du combattant » avec des tests d’évaluation, de logique élaborés, de délicates mises en situation concrètes professionnelles. En concurrence collective entre candidats, périodes d’essai rallongées… Les classiques CV, curriculum vitæ, lettres de motivation, entretiens d’embauche même successifs avec divers interlocuteurs ne suffisent plus. Les études, la jeunesse ne sont plus des critères suffisants pour prédire la réussite de carrière.
La néogénération professionnelle est déclassée comme elle l’était sous l’Ancien Régime français (1589-1789). Avec ces bourgeois diplômés de fort haute valeur or, dont la carrière était des plus limitées par l’absence de tous quartiers de noblesse le plus souvent indispensables. Pour parvenir réellement. Par rancœur personnelle nombre d’entre eux allaient « servir » la Révolution, (France, 1789-1799)-850. De plus en plus de jeunes occupent des « petits emplois », postes d’appoint de façon saisonnière notamment durant les congés scolaires officiels. Même si la société française n’est pas encore assez favorable à l’autonomie financière juvénile.
Les juniors travaillent pour leur « argent de poche » ou même à plein temps par nécessité économique pour payer leurs études par exemple. Cela est très formateur à tous points de vue, contribue fortement à l’autonomie, la responsabilité, la confiance en soi des jeunes. Ce fait étant très fréquent en Amérique et Europe du Nord bien plus que « chez nous ». À condition bien sûr que cela soit compatible avec les études, la réussite scolaire, la santé et ne leur nuise en rien. La dureté des tâches à accomplir, le temps hebdomadaire en emploi doivent alors être limités.
Depuis déjà trente ans les jeunes, le marché du travail ont donc les plus grandes difficultés à vraiment « se rencontrer, s’entendre » en vrai « désamour ». Entreprise, jeunesse ont grand besoin l’une de l’autre, pourtant que de grandes défiances réciproques ! Les « petits emplois » des juniors à l’image de ce qui se pratique dans le monde anglo-américain mais à un degré bien moindre sont donc devenus incontournables. Pour tous les treize – vingt-quatre ans en études ou dans la vie dite active pour des raisons d’autonomie, d’expériences de vie, d’argent de poche. Par nécessité économique de pure subsistance matérielle, comme d’expérimentations préprofessionnelles.
Les jeunes français n’y ont pourtant pas encore assez recours. Soit par manque d’idée, de volonté, motivation pour des raisons notamment culturelles par insuffisance d’ancrage en nos traditions. Surtout par l’absence de possibilités concrètes suffisantes. En terme d’offres d’emploi pour juniors saisonnier ou à l’année, à temps partiel ou plus ou moins complet. En un contexte général de pénurie d’activité les embauches de jeunes ne sont pas prioritaires. Les employeurs qui seraient enclins à cela en sont fort dissuadés par les charges sociales excessives, démarches administratives trop lourdes.
Une réglementation juridique certes de protection des juniors notamment mineurs trop contraignante… Ce qui fait que les emplois d’appoint sont quasiment réservés aux majeurs ce qui est regrettable, prive les plus jeunes d’apprentissages très formateurs. Tant qu’ils sont compatibles avec leurs études, leur santé physique et psychique. Même pour les « dix-huit – vingt-quatre ans » il est de plus en plus, difficile de décrocher ces précieux « petits emplois » tant la demande excède toujours l’offre. Le relationnel, les appuis l’emportent de plus en plus pour les plus modestes des postes-851.
Non-étudiants, non-diplômés même pour servir frites, hamburgers, sodas dans la simple restauration rapide sont défavorisés. Ce qui est un non-sens absolu. Nos jeunes se rendent compte avec dépit, colère que même les plus petites gratifications leur sont de moins en moins accessibles en leur pays. Si d’ « héroïque aventure » ils y parviennent malgré tout ils se font bien souvent exploiter de la façon la plus « éhontée ». Tant en terme de salaires que d’horaires, de conditions, nature de l’emploi qui leur revient. Généralement « le pire » leur est réservé. Les réglementations existantes sont plus des dissuasions à leur embauche que de réelles protections suffisamment efficaces du travail juvénile !
Pour les juniors interrogés les vocations professionnelles sont surtout médicales, paramédicales à 13 pour cent. Dans l’industrie à 9 pour cent. Les arts, la création ou les sports à 9 pour cent. Dans le domaine administratif à 9 pour cent. Les sciences et les métiers de l’ingénieur à 8 pour cent. Puis le commerce à 8 pour cent. L’enseignement à 7 pour cent. Puis la Justice et Police à 5 pour cent. Les services à 5 pour cent. La communication à 4 pour cent. Le social à 4 pour cent. L’armée à 3 pour cent. L’artisanat à 3 pour cent. L’agriculture à 1 pour cent. Autres 4 pour cent. Ne savent pas 9 pour cent. Les jeunes sont optimistes quant au pronostic de réalisation de leur projet professionnel. La note moyenne de ce prévisionnel est de 6,9 sur 10. 36 pour cent des juniors interrogés disent 8 et plus.
Les souhaits des jeunes en matière de catégories socioprofessionnelles, de métiers choisis sont de 35 pour cent pour la corporation cadres supérieurs, professions libérales. 22 pour cent pour la catégorie employés. 16 pour cent pour la corporation professions intermédiaires. 7 pour cent pour la catégorie ouvriers. 7 pour cent pour la corporation « autres professions ». Puis 5 pour cent pour la catégorie artisan, commerçant, chef d’entreprise. 1 pour cent pour la corporation agriculteurs. 9 pour cent ne savent pas.
Dans la réalité selon l’Insee en 2005, au sein de la population active en France les employés sont 29 pour cent. Les ouvriers 24 pour cent. Les professions intermédiaires 23 pour cent. Les cadres supérieurs et les professions libérales 15 pour cent. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise 6 pour cent. Les agriculteurs 3 pour cent. Les métiers les plus cités par les jeunes sont acteur, musicien, chanteur, enseignant ou médecin. Également éducateur, militaire, journaliste. Puis puéricultrice, vendeur, secrétaire, infirmier, coiffeur, policier, mécanicien. (Pfizer, France, 2006)- 852.
Il y a encore quatre décennies cette jeunesse était considérée comme un réel ferment de progrès, dynamisme. Par le monde du travail, la sphère professionnelle comme le moyen par excellence de se réaliser, devenir pleinement adulte. Désormais cette tendance s’est totalement inversée. Les employeurs potentiels ne se prennent toujours à « appréhender » la néogénération que tel « répulsif vecteur » de charges sociales, financières rédhibitoires.
Ferment d’immaturité, d’incompétence, voire de subversion ou encore corvée d’encadrement, de formation… Les jeunes redoutent beaucoup l’entreprise d’abord ressentie telle institution exploiteuse, paternaliste, autoritaire, comme des plus aliénantes. Les avantages du « statut adulte » jadis encore si prisés sont éclipsés par les lourdeurs de la contrainte disciplinaire en termes d’efforts, de ténacité. Pour des postes généralement dévalués, précaires, sous-payés, inintéressants, dépourvus de vraies possibilités de mobilité sociale, responsabilités. Pour le plus grand nombre.
La jeunesse répugne à subir l’autorité patronale après la « férule » parentale, professorale. Les employeurs stigmatisent l’indiscipline, le manque de rigueur, travail, motivation des jeunes salariés. Souvent le statut d’ « étudiant prolongé » sans véritables contraintes ou même le chômage et les minima sociaux pour qui peut y prétendre sont plus séduisants. Surtout si les aides parentales, comme le confort familial perdurent. Ainsi les « délices-voluptés » d’une génération adolescente insouciante, oisive, des loisirs, prolongée au maximum demeurent.
Cette tentation est grande, elle est plus généralement subie que véritablement choisie, se paie au prix très fort de l’échec, la marginalité, la souffrance personnels. Une vraie orientation professionnelle du junior mieux construite, programmée, organisée, à bon escient reste à être « inventée »-853. Les différents moyens utilisés par la jeunesse pour rechercher, trouver, obtenir un poste professionnel actif sont variés. Citons la candidature spontanée, la réponse à une offre d’emploi déjà parue.
Également l’utilisation de relations familiales et autres. La transformation d’un stage, petit emploi existants en emploi stable, les salons… Les procédures, critères de recrutement de tout jeune professionnel sont de plus en plus complexes, longs, sélectifs. Notamment pour les diplômés du supérieur, les postes à responsabilité. Les nouveaux processus d’embauche des juniors se déroulent en étapes successives avec différents interlocuteurs après envoi de curriculum vitae, lettre de candidature, motivation. Seule une petite minorité de candidats obtient un entretien d’embauche, doit convaincre de la crédibilité, la pertinence, l’excellence requises.
En l’intérêt de l’entreprise. Cela vaut pour tout le secteur privé. Dans la Fonction publique le concours oral et écrit ou sur titres est la règle pour les postes de fonctionnaires. Il est de plus en plus sélectif car les recrutements publics sont bien moins généreux que par le passé, les postes disponibles toujours plus rares. Les candidats plus nombreux, le degré d’exigences requis encore plus grand à tous niveaux de postes. A pour l’encadrement, B pour l’application et C pour l’exécution.
Pour les contractuels de droit privé le « processus » est celui de l’entreprise plus ou moins « simplifié ». La nouvelle grille des formations et métiers du futur est complexe, constitue un « maquis touffu » en lequel nombre de jeunes se perdent-854. Désormais tout jeune « normalement constitué » garçon, comme fille commence à se préoccuper de son « destin » professionnel futur. Avant même l’achèvement de ses études secondaires. Tant il sait que cela déterminera fortement toute son existence personnelle et sociale durant-855.
Il le sait d’autant plus que l’époque formule des exigences de plus en plus élevées en la matière et que le coût de la vie croît sans cesse. Or, en ce pays tout comme par le passé le projet de carrière, l’orientation d’emploi, l’insertion sur le marché du travail des juniors se font de la façon encore la plus aléatoire, empirique qui soit. Faute de vraies structures spécialisées de guidance professionnelle, de moyens adéquats l’improvisation, l’orientation par hasard, défaut et échec prévalent. Pour le plus grand dommage du jeune premier touché, du pays-856. Il faut de fait bien connaître les arcanes des carrières, y être introduit pour en tirer profit.
Cela défavorise les juniors de milieu modeste, avantage les autres qui peuvent bénéficier d’appuis privés solides. Auxquels ne peuvent prétendre les classes populaires et moyennes. Cela retentit sur les moyens à la disposition des jeunes pour rechercher, trouver un emploi. Aux uns les outils traditionnels telles les annonces diffusées pour les postes « ordinaires ». Aux autres les possibilités relationnelles élevées pour les emplois « supérieurs » ce qui est des plus discriminants.
Nous avons décrit la complexité, longueur et sélectivité accrues des procédures d’embauche professionnelle des juniors diplômés de tous rangs. Individuelles et collectives, en entretiens d’évaluation simple ou mise en situation réelle d’emploi, par oral, écrit. En réponse à des questionnaires, tests de logique, rapidité, d’intelligence, d’aptitude, de rigueur, précision ou autres. De même les concours administratifs de la Fonction publique sont des plus inaccessibles, sélectifs. Les procédures, processus d’embauche se font de plus en plus en fonction de critères très précis, rigides, fermés, strictement prédéfinis, codifiés.
Tant la demande juvénile de travail est supérieure à l’offre de postes des entreprises tant l’afflux des jeunes diplômés grandit. Les curriculum vitae, lettres de motivation sont retenus en très petit nombre. Ensuite les entretiens d’embauche deviennent de véritables concours, sont de plus en plus souvent successifs. Avec différents types d’interlocuteurs. Les candidats sont souvent mis en concurrence directe au cours de séances collectives de sélection. Il y a des questionnaires à remplir, tests serrés à effectuer. De plus en plus le candidat doit subir des mises en situation de travail probatoire.
Démontrer « in situ et in vivo » qu’il est capable concrètement d’effectuer avec succès, brio les tâches à effectuer s’il était embauché. La nature, le type des métiers ne cessent d’évoluer de plus en plus rapidement. Le temps des carrières monogenres linéaires à vie est révolu. Nous en sommes à la formation, l’adaptabilité, la mobilité permanentes et au recyclage continu. Les changements d’affectations, même de métier au long de la vie professionnelle se généralisent. La « grille des métiers » sera donc amenée à changer. Pour toujours mieux correspondre aux réalités de la nouvelle économie. Aux évolutions scientifiques et technologiques, comme sociétales et les plus en pointe-857.
Trop d’hiatus demeurent entre les métiers pratiqués, les besoins réels de l’économie, des populations. La France est l’un des pays d’Occident où l’on observe le plus grand fossé, la plus grande inadaptation entre les jeunes, leur formation d’une part. Le marché de l’emploi de l’autre. La priorité demeure le travail des trentenaires et quadragénaires. Le choix a été fait de maintenir les juniors de moins de trente ans surtout vingt-cinq en études, stages, formations, petits emplois. La plupart des cursus n’ont pas de vrai objectif professionnel, ne sont d’aucune utilité, d’aucun secours réels aux jeunes.
Pour trouver un emploi et pour les entreprises en l’objectif de s’adjoindre des collaborateurs compétents et performants. Les formations académiques se suffisent trop à elles-mêmes. Sans se soucier nullement assez de l’insertion satisfaisante, effective, rapide de tous leurs diplômés en l’emploi. Le système éducatif français se préoccupe trop peu encore du devenir professionnel de ses diplômés. En sorties d’études, en particulier les universités. Même si elles y sont légalement tenues.
Pour la majorité de la jeunesse de plus en plus s’allonge un temps d’attente incertain. Entre la fin des formations initiales et l’entrée en une carrière stable, autonome et rémunératrice généralement à l’orée de la trentaine. En ces conditions toujours plus médiocres la mobilité socioprofessionnelle juvénile est « quasi nulle ». Peu de jeunes parviendront leur vie durant à faire vraiment carrière. Ce qui implique impérativement pleines responsabilités, autonomie, rémunération gratifiante, reconnaissance, accomplissement personnel des plus satisfaisants dans l’emploi… Quand c’est rendu possible cela intervient bien plus tardivement que dans les décennies antérieures, vers la quarantaine.
Les Trente Glorieuses, (Occident, 1945-1975) ont été l’âge d’or par excellence de la démocratisation scolaire, du meilleur rendement des diplômes et qualifications. Un baccalauréat général, une licence universitaire pouvaient sur-le-champ ou rapidement mener à des fonctions de cadre. Aujourd’hui ces mêmes certifications peuvent conduire souvent pour « un temps » au chômage. À des fonctions subalternes d’ouvrier et d’employé ou à des niveaux intermédiaires. Même les meilleurs diplômes sauf une petite minorité privilégiée des plus prestigieux d’entre eux ne font plus systématiquement les plus belles et durables carrières. Diplômé ou pas le jeune reste « discriminé » en tant que tel.
Il faut au junior toujours plus de qualifications pour « débuter sa vie professionnelle plus bas donc finir bien moins haut ». Les diplômes sont plus que jamais indispensables mais plus suffisants. Ils se sont pour la plupart dévalués par leur massification accentuée plus que par leur réelle perte de qualité effective supposée. Ainsi 88,3 pour cent des ados candidats au baccalauréat sont-ils reçus l’année 2018 ! Quand tout jeune ou presque peut accéder aux études, diplômes la donne en est radicalement bouleversée. Une jeunesse mieux formée est bénéfique au pays.
Pour autant le nombre de réels postes disponibles de responsabilité demeure incomparablement moins élevé que celui de tous les juniors diplômés. En mesure théorique d’y prétendre. Par exemple il y a en ce pays autant d’étudiants en psychologie que de praticiens en exercice en ce domaine d’activité ! Les départs en retraite ne peuvent compenser l’afflux si massif de jeunes qualifiés sur le marché de l’emploi. Les promotions au sein des entreprises se font de moins en moins « en interne », à l’horizontale ou au mérite. De plus en plus « en externe » sur le mode vertical et discrétionnaire. Par « parachutage » de responsables plus ou moins légitimes et souvent « imposés » d’autorité de l’extérieur.
Ainsi la mobilité sociale par les seuls potentiels, savoir-faire n’existe quasiment plus. L’on assiste à un retour « féodal » en force de l’arbitraire, du népotisme, favoritisme par fait du prince, de la pleine mainmise oligarchique, ploutocratique. En apparence seul le mérite de la compétence prévaut. En réalité les « privilèges de la naissance » ont encore trop souvent cours. Travailler pour « gagner correctement sa vie » n’est plus un droit humain fondamental, de subsistance mais presque un « privilège » ! Globalement la jeunesse en est exclue et au sein de celle-ci les catégories sociales les plus « favorisées » sont, seront toujours fort « prioritaires ».
Ensuite seulement les autres se partagent ce dont n’ont pas voulu les toutes premières. Les « castes supérieures » s’arrogent de façon « monopolistique » les postes les plus prisés. Les classes moyennes accaparent les « dépouilles » bien moins recherchées, peu prestigieuses de l’emploi. Les milieux populaires « se contentent des oripeaux les moins reluisants » dont les autres ne veulent en aucun cas. De façon pyramidale seuls les diplômes les plus exceptionnels souvent cumulés servent les grandes carrières-858.
Ceux des meilleures universités anglo-américaines comme Harvard ou Stanford, Oxford, Cambridge. Plus grandes écoles françaises parisiennes. École nationale d’Administration devenue Institut national du Service public, École Polytechnique, École Normale Supérieure et École des Hautes Études Commerciales de Paris. CentraleSupélec, Mines ParisTech ou École des Ponts ParisTech… Encore surtout les certifications des meilleurs lauréats de ces formations. Ainsi ce sont les diplômés de l’Ena ayant les « meilleurs profils » qui seuls intégraient les grands corps de l’État. Le Conseil d’État, la Cour des Comptes, l’Inspection Générale des Finances, comme les cabinets ministériels.
Également les meilleurs postes de cadres supérieurs, dirigeants des entreprises publiques, privées. Même si désormais d’autres critères interviennent également. De même pour les polytechniciens également diplômés d’une école dite d’application comme les Mines, les Ponts et Chaussées. Les études générales l’emportent fort sur les études technologiques qui priment sur les cursus professionnels. Capacités, compétences, performances, expérience déjà acquises sont certes primordiales aussi. Or, les appuis, recommandations, relations deviennent « incontournables » mais ils ne sont permis que par le milieu socioculturel élevé. L’appartenance préalable au milieu professionnel convoité surtout par l’entremise familiale.
Pour trouver un emploi les jeunes majeurs sont privilégiés aux dépens des mineurs. Les plus de vingt-cinq ans sont prioritaires sur leurs cadets notamment pour les postes les plus intéressants. Comme chez les adultes les garçons sont plus « prisés » que les filles. Ils ont généralement de meilleures rémunérations, des responsabilités plus élevées. Sauf pour des métiers encore typiquement ou majoritairement féminins dépréciés de nos jours. Comme en matière sociale, éducative, sanitaire, administrative subalterne…
Notre pays demeure encore l’un des plus « machistes, misogynes et patriarcaux » d’Occident. C’est à la gent féminine que revient encore fort traditionnellement l’essentiel des tâches domestiques, d’élevage des enfants. Nous avons vu à quel point l’origine socioéconomique et culturelle prédéterminera les hiérarchies d’excellence scolaire et professionnelle. Pour l’intégration en l’emploi des études ont démontré l’importance du prénom, nom, de l’adresse des candidats. Leur aspect physique, apparence vestimentaire, aisance physique, verbale et assurance psychologique.
La richesse, pertinence de leur discours, force de conviction. Tous les codes implicites et explicites de « supériorité » ou d’ « infériorité » psychosocioéducatifs qui emportent alors les adhésions ou non. L’appartenance ethnique reste encore très discriminante, les nationaux d’origine dits « de souche » sont privilégiés. Par rapport aux jeunes étrangers ou français d’origine étrangère notamment issus de l’immigration des « pays en développement ». Leur taux de chômage est beaucoup plus élevé que celui des autres ce qui est inacceptable à compétences, qualifications égales. L’orientation sexuelle minoritaire peut aussi défavoriser.
Le parcours personnel, d’études et d’emploi joue aussi un très grand rôle dans l’insertion professionnelle de la jeunesse. Les employeurs ont tendance à privilégier les personnalités les plus équilibrées, trempées et les juniors les plus titrés, qualifiés, expérimentés… Ce qui peut se comprendre face à l’afflux de diplômés mais est souvent excessif en notre pays tant les exigences se sont accrues. Les goûts, aptitudes, comme débouchés professionnels interviennent également dans le choix d’un métier et les possibilités de l’exercer pour tout jeune. L’habitat résidentiel d’un junior compte aussi beaucoup-859.
La ruralité peut poser des difficultés en terme de transports, bassin d’emploi suffisamment développé. Nombre de juniors sont amenés à quitter leur milieu géographique d’origine pour travailler en milieu urbain. Les jeunes des banlieues périurbaines notamment défavorisées souffrent de fortes discriminations à l’embauche. Ils manquent de débouchés d’emploi s’ils souhaitent rester en leur zone d’habitat. Les juniors des milieux urbains et notamment des villes de plus de cinquante ou cent mille habitants ont certes plus de facilités de travail.
Ils sont également en compétition sévère avec de nombreux jeunes locaux. Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 signent la fin de la « prospérité », du plein emploi des « Trente Glorieuses ». (Occident, 1945-1975). L’on assiste alors à la fin des nouveaux postes « pléthoriques » et de la pleine croissance, des investissements « tous azimuts ». D’un chômage encore quasi confidentiel et d’un consumérisme des plus massifs en développement exponentiel continu. Le temps de la globalisation mondiale et des ruptures vient depuis 1975 au cours des quatre décennies ultérieures qualifiées de « Quarante Honteuses ». En lesquelles la jeunesse a été perdante !
L’ère postindustrielle qui caractérise notre temps bouleverse de fond en comble le marché de l’emploi. Les secteurs secondaires industriels, comme primaires agricoles s’effondrent au bénéfice du domaine tertiaire marchand. Des services non matériels aux entreprises et aux particuliers. De même dans le seul secondaire le travail non ou fort peu qualifié de simple exécution laisse place de plus en plus à l’emploi qualifié. Même « surqualifié », de pointe et de conception. Dans le tertiaire en revanche prédominent encore souvent les tâches de compétences subalternes.
L’exigence à l’égard du rendement, des aptitudes du travailleur croît aussi. En matière relationnelle, d’autonomie, de polyvalence, capacités et d’adaptabilité, d’initiative propre, de disponibilité, souplesse. De dynamisme, résultats d’excellence, de forte rapidité, d’innovation, de progression… Il s’agit de tout un ensemble exigeant de savoir-faire, savoir-être, faire-savoir. Des emplois disparaissent d’un champ d’activité mais d’autres se créent en d’autres secteurs de travail. Les personnels des uns et des autres restent fort peu mobiles et interchangeables. Avec délocalisations, fermetures, licenciements à la clef.
Le contrat d’embauche traditionnel stable se raréfie notamment pour les jeunes. Employeur unique, durée illimitée, plein temps, droits du travail, protection sociale du salarié. Il devient fluctuant. Employeurs multiples, durée limitée et temps partiel, statut professionnel et social précaire, phases de chômage récurrentes. Généralisation des stages, postes d’intérim, petits emplois déqualifiés, sous rémunérés, très déconsidérés. L’emploi classique qualifié, durable et valorisant perdure, se renforce même car il est devenu le quasi-monopole réservé aux adultes primés. En « plein dynamisme » entre vingt-cinq et quarante-cinq ans.
En amont les juniors et en aval les seniors en sont le plus souvent largement exclus. Les moins de vingt-cinq ans en France sont parmi les jeunes occidentaux les plus « absents » de l’emploi. Les juniors actifs de seize – vingt-quatre ans ne représentent aujourd’hui guère plus de 9 pour cent de l’ensemble de nos travailleurs ! Contre 20 pour cent à la fin des Trente Glorieuses. Un quart seulement des moins de vingt-cinq ans sont dits actifs. Les postes jadis ouverts aux jeunes ont disparu. Les exigences au premier emploi en matière de formation, comme de compétences et d’expérience ne cessent de croître. De façon inutile et abusive.
Les emplois favorisés sont réservés aux adultes d’âges médians notamment masculins. Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de jeunes sans emploi et celui des juniors en activité. Ce taux est élevé, 19 pour cent, 9 au Canada. Les jeunes prolongent de plus en plus leurs études, sont de plus en plus scolarisés. De moins en moins des travailleurs en emploi professionnel. Ils sont donc de moins en moins des « chômeurs » au sens strict du Bureau International du Travail. Il n’en demeure pas moins vrai que bon nombre de juniors aimeraient être autonomes, obtenir un emploi, « gagner leur vie ».
Qu’ils prolongent leurs études à l’infini, non pas tant toujours pour améliorer en soi leur formation, leurs chances corrélées d’insertion professionnelle. Or, car ils ont désormais parfaitement intégré l’idée qu’en France il vaut bien mieux rester étudiant même « attardé », « quasi éternel » que modeste chômeur. Nouveau travailleur pauvre, relégué et déclassé même diplômé ! Nombre de jeunes en études sont donc en réalité des « chômeurs déguisés » bien plus que de réels scolarisés par libre choix, adhésion. Si l’emploi était accessible aux juniors il y aurait peut-être moins ou « mieux » d’élèves et d’étudiants et surtout bien plus d’actifs jeunes.
Réserver toujours un peu plus l’emploi aux aînés fabrique de façon artificielle toujours plus de juniors en études « à rallonges ». Ce phénomène voulu n’est pas autant développé ailleurs en Occident notamment au Royaume-Uni ou en Allemagne. Pays pourtant comparables au nôtre. Quant au taux d’emploi il est le rapport entre le nombre de jeunes actifs et tous les juniors de la même classe d’âge juvénile. En en tenant compte le chômage réel des moins de vingt-cinq ans est de 10 pour cent. Le chômage des jeunes en France concerne surtout les juniors non ou peu qualifiés certes minoritaires mais en nombre non négligeable !
Cent mille jeunes quittent chaque année le système d’enseignement secondaire sans diplôme, quasi autant les études supérieures. Aujourd’hui la jeunesse se partage entre formations et productions marchandes. Elle est donc bien plus encadrée et institutionnalisée qu’avant les années 1960. Depuis le début des années 1980 les juniors en études sont devenus majoritaires dans tous les milieux sociaux. En moyenne la formation se terminera cinq ou six ans après l’âge minimum obligatoire de fin de la scolarité encore fixé à seize ans.
Soit vingt-et-un / vingt-deux ans. Il y a donc de moins en moins de jeunes en emploi. Ceux qui le sont avant l’âge de vingt-cinq ans sont plutôt déqualifiés. La norme actuelle est de fait de jauger tous les jeunes non diplômés comme non valables, non employables. En France face à l’emploi nos juniors connaissent un taux important de chômage et un taux d’emploi au plus bas. Un taux de scolarisation massif et un taux d’inactivité quasi inexistant. Contrairement à d’autres pays « inactivité », chômage des jeunes français sont quasiment confondus.
La plupart des juniors en emploi exercent des métiers non qualifiés, précaires. Ce système si sélectif d’exclusion « anti-jeunes » typiquement français a été délibérément voulu et instauré pour protéger les aînés tous prioritaires. Les juniors étant réputés pouvoir « attendre leur tour » après l’âge de vingt-cinq, surtout trente ans. Le modèle de société français étant en tous domaines depuis toujours de conception malthusienne et limitative. Le travail le plus subalterne est donc « réservé » en toute exclusivité, priorité aux jeunes. Alors que depuis un demi-siècle l’emploi se « surqualifie » pour la population active adulte.
Irrémédiablement la plupart des juniors garçons continuent à être ouvriers, les jeunes filles employées. Cela concerne les trois quarts des juniors actifs contre un peu plus de la moitié seulement de tous les actifs français. Les emplois les plus « médiocres, spécifiques » sont d’abord juvéniles ainsi qu’à temps partiel. Un tiers des jeunes en postes d’activité le sont à temps limité, jamais complet. En outre tous les juniors issus des immigrations notamment africaine et nord-africaine sont généralement moins diplômés.
Donc moins ou moins bien employés dans la vie active que les autres. Même les diplômes les protègent moins encore du chômage que pour les autres jeunes. L’emploi stable leur est toujours moins accessible. Les discriminations les plus défavorables raciales et sociales à l’embauche restent légion. Même en cas de très bons diplômes de l’enseignement supérieur. En l’emploi proprement dit ces mauvais comportements sont fort courants à l’égard des juniors actifs d’origine non autochtone et européenne ou occidentale. Ils peuvent perdurer, prendre toutes formes de défavoritismes injustifiés, injustifiables. La rareté du travail nourrit les dérives. (Nicole-Drancourt et al., 2006)-860.
Début janvier 2012 l’institut de sondages d’opinion l’Ifop établit un « baromètre de l’humeur des jeunes diplômés » auprès de 450 d’entre eux. 51 pour cent de ceux en quête d’emploi pensent qu’ils ont peu de « probabilités » d’intégrer la vie active à l’échéance des six mois à venir. Les diplômés de licences sont les plus pessimistes. Les plus « confiants » sont tous les diplômés de Grandes écoles lesquels estiment à 71 pour cent qu’ils auront du travail d’ici un semestre.
Le parchemin académique n’est plus considéré par les jeunes français comme le meilleur des « talismans antichômage ». 44 pour cent des juniors diplômés en recherche d’emploi ne le considèrent plus comme une vraie « garantie » d’embauche. 73 pour cent des jeunes sont convaincus que les élections présidentielles de l’année n’auront nul impact sur leur sort. (Ifop, France, 2012)-861. Ils penseront de même lors de celles de 2017 !
Ceci illustre une fois de plus que très lucides les juniors ont parfaitement intégré l’idée qu’en France la jeunesse même bien formée n’est jamais prioritaire. Diplômée ou non elle sait qu’elle devra peiner avant de pouvoir s’insérer activement. Car les aînés sont bien mieux protégés aux dépens des cadets. Seules les élites très minoritaires des meilleures Grandes écoles peuvent prétendre le mieux évoluer dès la fin des cursus-862. Ce qui les rend alors à raison toujours plus optimistes que leurs « infortunés congénères » moins bien labellisés-863. Depuis trente ans les jeunes de France ont compris que le diplôme était indispensable or, insuffisant pour réussir, s’intégrer, s’épanouir. Ils savent que de plus en plus le « mérite » personnel, l’effort, la persévérance sont supplantés par maints critères bien moins légitimes.
La prééminence socioéconomique, culturelle, d’origine, les relations idoines, d’entregent, la maîtrise des subtils codes de l’excellence… Seule une petite minorité bien née de l’élite peut y prétendre. Laquelle peut être évaluée à 0,1 pour cent d’une génération au maximum. Ce qui correspond aux lauréats des dix, quinze très Grandes écoles françaises de tête. Via les meilleures classes préparatoires. Lesquels « trustent » l’essentiel des « prébendes à vie ».
Il revient à tous les autres « ce qui demeure », c’est-à-dire « pas grand-chose ». Telle est la démocratie républicaine française. Moins vertueuse en l’espèce que bien des monarchies occidentales actuelles ! Travailler n’est plus « nécessité » mais « apanage ». Le patronat de France en est réduit à dire que : « Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail » ! (Medef, France, 2017). Tant le jeune français est fort mal préparé en sa formation théorique à l’emploi directement pratique et opérationnel de terrain.
Le documentaire sociologique Dix-sept ans, (France, 2003) de D. Nion présente le parcours de Jean-Benoît, jeune prémajeur. Lequel suit comme apprenti junior une formation professionnalisée concrète de niveau secondaire en alternance de mécanicien diéséliste. Le jeune « se forme » à son métier en cours pratiques comme théoriques et travaille sur le terrain auprès d’un « maître-patron ». Pour parfaire tout son savoir-faire technique et exercer en situation réelle sa profession à venir de mécanicien. Le film décrit très bien les grandes aspirations, les doutes, satisfactions et frustrations, adhésions, découragements d’un junior.
Peu à peu plongé dans le « monde réel » du travail, tout en apprenant parallèlement. Ce vidéogramme a l’intérêt de dévoiler tous les états d’âme d’un jeune garçon de dix-sept ans qui s’exprime directement et très librement. Au sujet de sa formation professionnelle, comme du monde du travail. Également de sa vie familiale, affective, comme récréative. Il n’est pas facile de « grandir » pour un adolescent mineur. Tout particulièrement quand l’on est déjà confronté aux exigences de la vie active ou quasi telle ! Cela est toujours possible avec toutes les gratifications personnelles que cela implique. En dépit de tous les efforts, persévérances, aléas requis. Pour réussir et s’épanouir au mieux-864.
Un autre exemple de formation « professionnalisée » ici d’enseignements supérieurs est celui de Valentine. « Figure phare » de la comédie romantique cinématographique franco-italienne : L’Étudiante. (C. Pinoteau, 1925-2012, 1988)-865. Valentine « se forme » au métier d’enseignante, préparant l’agrégation de lettres classiques. Tout en étant déjà en la vie active comme professeure dans le secondaire. Le film sort à la fin des années 1980. Époque où la stature de l’étudiant moderne commence à émerger. Celui des formations supérieures de masse. Lequel accomplit de plus en plus des études liées à un projet et débouché professionnels précis.
Parallèlement à un emploi qui peut être du même secteur d’activité. Ce qui correspond à une bonne préparation concrète du métier envisagé. Loin du traditionnel modèle périmé des purs cursus universitaires dilettantes, généralistes, comme abstraits. Qui avaient moins pour ambitions l’emploi que l’ « accomplissement intellectuel » personnel, gratuit et désintéressé. Les enseignements supérieurs d’aujourd’hui ne forment plus des « esprits » mais des « professionnels ». Pour autant ces étudiants même diplômés s’insèrent plus tardivement et plus difficilement que par le passé sur le marché français de l’emploi. L’on est passé de la génération Tanguy à la « génération tangage ». (M. Fize, sociologue français contemporain de la jeunesse).
– Votre Inclusion Juvénile –
Toujours Plus Incertaine au Sein des Métiers
En fonction de vos qualification, parcours professionnel ou l’absence de ces derniers vous, jeune, êtes amené à « faire véritablement carrière ». En assumant des tâches de direction et conception. Ou simplement « travailler » en appliquant. Pour ceux d’entre-vous les plus en difficulté « végéter » en un emploi d’exécution. Sans compter le chômage, l’inactivité, la succession de petits travaux d’appoint mal rémunérés, peu gratifiants, subalternes.
Faute de mieux pour des raisons purement alimentaires. « Faire carrière » consiste à occuper par libre choix, progressivement des fonctions des plus intéressantes, lucratives d’encadrement importantes. De plus en plus élevées au fur et à mesure du temps, des belles promotions professionnelles successives. Cela est plutôt réservé à votre minorité de junior surdiplômé, de milieu socioculturel supérieur préalablement, gratifié. Généralement vous, jeune concerné, avez des parents déjà installés dans les hautes sphères hiérarchiques de leurs métiers respectifs.
Finalisation d’un projet de carrière, fixation d’un objectif raisonnable manquent trop souvent à l’appel en temps incertains. D’autant plus que les vraies vocations précoces sont rares et les jeunes ne savent souvent que choisir ou y répugnent par peur de se tromper. Ils veulent de plus en plus s’épanouir en leur travail. Le temps des « investissements » absolus « corps et âme » des « yuppies » pour l’entreprise est révolu. En société qui prône l’épanouissement individuel à tout prix la « terreur panique de rater » sa vie professionnelle habite la jeunesse.
Avec tout ce que cela implique en « malheurs » sociaux et personnels connexes. Elle sait pertinemment que le niveau de vie de ses aînés est pour elle-même hypothétique, tardif, dur à atteindre. En contexte de tergiversations, d’atermoiements juvéniles la transition entre les études et le métier est rendue fort hasardeuse, difficile. De plus en plus de temps s’écoule entre la fin des formations, le premier emploi, la stabilisation professionnelle surtout. Il faut en moyenne attendre l’âge de la trentaine. Auparavant des ajustements progressifs et des « allers et retours » entre l’activité stable, instable ou l’inactivité s’accroissent fort-866.
L’un des grands maux de notre pays réside en de trop fréquentes inadéquations. Entre des études et diplômes « théoriques », non adaptés, non opérationnels pour l’emploi. Un univers d’entreprise en prises directes avec les mutations de plus en plus « fulgurantes » du monde. Notamment économiques, scientifiques, technologiques. De nets progrès ont été accomplis mais restent insuffisants. Nos jeunes ne sont pas assez préparés à un contexte professionnel dont ils ignorent à peu près l’essentiel. Même les stages qui se multiplient pendant et après les études sont souvent inadaptés, inopérants.
Les employeurs stigmatisent cet état de fait. Paradoxalement en période de fort sous-emploi beaucoup d’entre eux peinent à pourvoir de nombreux postes. Lesquels restent vacants faute de candidats « adéquats ». Les diplômes, formations s’étant démultipliés depuis vingt ou trente ans ils se sont dévalués. Non par une qualité moindre mais par leur banalisation même, le nombre sans cesse plus élevé de leurs détenteurs. Ainsi le nombre de bacheliers a doublé depuis vingt-cinq ans. Le diplôme protège encore du chômage. Plus il est élevé, rare, plus les « chances » de recrutement augmentent.
Seuls les parchemins les plus sélectifs, rares, si possible doubles ou plus autorisent le vrai « banco professionnel ». Même les nouveaux masters 2 universitaires ne garantissent plus à eux seuls l’accès à des fonctions d’encadrement. Seuls les diplômes des très Grandes écoles, des Mba : labels de gestion des affaires conservent encore plutôt à leurs heureux détenteurs ce « privilège rare ». Leur insertion professionnelle est plus rapide. Ainsi 82 pour cent des lauréats 2006 des Grandes écoles ont trouvé du travail en moins de deux mois-867.
Pour les autres la recherche d’emploi oscille en moyenne entre six et douze mois, voire plus selon les formations. Il faut aujourd’hui bien plus de qualifications que jadis pour obtenir moins de gratifications d’emploi. En notre pays les « élus primés » sont plus des « héritiers » que des « prétendants ». Tant la « mobilité sociale » s’est fortement réduite depuis la fin des Trente Glorieuses. (Occident, 1945-1975). L’archétype classique s’étalant sur seulement trois générations, du grand-père agriculteur au fils enseignant puis au petit-fils cadre supérieur est bel et bien quasiment révolu.
Aujourd’hui le modèle socioprofessionnel fort dominant redevient comme avant le Second Conflit mondial (1939-1945) celui de la pure « reproduction sociale ». Le fils de simple ouvrier, employé le deviendra le plus souvent aussi, celui des professions intermédiaires de même, ainsi pour l’enfant de cadres. Les jeunes de milieux modestes sont défavorisés et de plus en plus aussi ceux des classes moyennes majoritaires, ce qui est très inquiétant pour notre pays. La plupart des juniors « travaillent », ne font pas véritablement « carrière ». En ce sens que leurs évolutions en l’emploi et leurs pleines responsabilités et rémunération, promotions et ascension sociale restent limitées.
Ce qui ne préjuge pas pour une partie d’entre ces jeunes de l’intérêt qu’ils éprouveront pour leur métier, de la vocation voulue par eux pour l’exercer. Les juniors qui sont « exclus » de la vie professionnelle ne font souvent que reproduire des schémas parentaux préétablis. L’on observe que souvent les pères et mères ont déjà eux-mêmes connu ou connaissent encore des difficultés en leur vie professionnelle. Ainsi depuis les années 1980 l’on observe un « chômage familial » qui touche à la fois les parents, comme les enfants notamment les pères, comme les fils.
Fragilisés par une scolarité antérieure souvent « chaotique » ces jeunes sont rejetés de l’emploi car jugés « non conformes ». Ils sont marginalisés de façon durable, voire définitive. S’ils travaillent c’est souvent par intermittence, pour des emplois d’appoint, insatisfaisants qui les aliènent. Leur subsistance matérielle est limitée, aléatoire. Ils restent dépendants de leur famille et leur équilibre psychique même est mis à mal par les aléas qu’ils endurent. La croissance économique qui suit la Libération perdure jusqu’aux chocs pétroliers des années 1970. Les pouvoirs publics ne sont alors pas amenés à « soutenir » directement et massivement l’emploi notamment des juniors.
Tant les conditions de subsistance, matérielles, sociales du pays sont bonnes. Tout change avec la seconde moitié des années 1970 quand les réelles possibilités de travail de la jeunesse commencent à se réduire « comme peau de chagrin ». Du fait d’une conjoncture économique de plus en plus défavorable. Organismes spécialisés et politiques spécifiques de soutien se multiplient jusqu’à aujourd’hui avec le peu de succès que l’on sait. Il y a forte opposition de la néogénération à l’égard de certains dispositifs qu’elle juge discriminatoires, injustes, néfastes à son encontre. Depuis 1976, le premier Pacte pour l’Emploi des Jeunes une centaine de dispositifs antichômage toutes catégories confondues sont déjà intervenus.
Le cap du premier million de chômeurs est atteint en 1975, du deuxième million en 1981, du troisième en 1993. Deux millions en 2002. Près de trois millions et demi aujourd’hui ! En système de marché l’État ne peut suppléer une économie défaillante pour favoriser l’emploi des jeunes. De « gré ou de force » auprès des entreprises, de façon autoritaire, unilatérale. Les deux logiques sont inconciliables d’où l’échec observé du traitement social du chômage.
Le mémorable cri du cœur désabusé du président Mitterrand, (Homme d’État, France, 1916-1996, présidence 1981-1988 / 1988-1995) à ce sujet. « En matière de lutte contre le chômage l’on a tout essayé » ! (France, 1993)-868. Il aurait fallu soutenir la croissance, l’économie, la consommation et le pouvoir d’achat. Veiller à une meilleure formation professionnalisée, une préparation des juniors au travail. Or, l’on s’est artificiellement contenté de vouloir « faire de l’emploi jeune assisté » par le fait du prince. D’assassiner le pays à force de charges, d’assistanat sociaux à outrance, en pure perte !
Ce vice de conception d’origine ne pouvait qu’aboutir au fiasco français de l’emploi juvénile. Avec en moyenne un taux de chômage des seize – vingt-cinq ans actifs qui est toujours au moins le double et plus de celui des adultes depuis trois décennies. En matière d’activité la jeunesse ne serait donc que « pure variable d’ajustement » au profit de ses aînés décrétés prioritaires. Les juniors pouvant « attendre » avec l’aide de l’assistanat familial. Le monde de l’entreprise française n’est pas particulièrement ouvert aux plus jeunes. Hormis pour la petite minorité surdiplômée des meilleures Grandes écoles. Pour la plupart des juniors y compris de plus en plus diplômés de l’enseignement supérieur l’entrée en emploi est très difficile.
Même si la qualification postbaccalauréat protège mieux contre le chômage que les diplômes inférieurs ou l’absence de toute certification. Comparativement aux adultes aînés les jeunes connaissent plus le chômage, l’emploi inférieur à leur degré de qualifications réel, des postes à durée déterminée, courte… Même de nombreux « petits emplois » d’appoint qui pouvaient « faire patienter » en attendant mieux ont depuis disparu. Informatisations, automatisations, robotisations, intelligences artificielles, compressions de salariés, délocalisations, fermetures d’entreprises, faillites et marasmes économiques… Tout ceci a eu raison de pans entiers du travail. En temps difficiles et de compétition mondiale exacerbée les entreprises peinent.
Elles ne veulent ni ne peuvent prendre de risques en terme d’embauche. D’autant plus que le Code du travail français encadre le licenciement « pour faute » et économique de façon très stricte. Ce qui est bénéfique pour le salarié en place, non en matière d’embauche. Même les stages non payés étaient de plus en plus difficiles à trouver. Tant les entreprises recherchent avant tout des jeunes formés, opérationnels et performants. Trouver un emploi pour nombre de juniors de ce pays devient donc un vrai « parcours du combattant », presque « mission impossible ».
Sans compter l’avantage que constituent des appuis, relations adéquats. Les périodes d’essai s’allongent, les mises à l’épreuve sont très sévères. Les contrats d’emploi à durée indéterminée, Cdi pour un premier poste se font de plus en plus rares. Les contrats à durée déterminée, Cdd deviennent la seule règle. En l’optique soulignée de sécurisation maximale pour l’employeur aux dépens du salarié. La jeunesse active française des moins de vingt-cinq ans est largement exclue de l’emploi car sous-employée, discriminée, rejetée.
Elle est conformée à une logique professionnelle médiocre, aliénante, peu épanouissante. Elle subit nombre d’entraves à son développement de carrière satisfaisant faute de stabilité, prévisibilité d’évolution, de mobilité, d’emplois valorisants. La plupart de nos juniors actifs sont obligés de « naviguer à vue » et à très court terme en leurs métiers respectifs. Le meilleur revenant encore et toujours aux mêmes rares privilégiés. Traditionnellement avec le Service militaire, le baccalauréat, le mariage… le premier poste constituait pour la jeunesse le rite de passage adulte par excellence.
Cela n’est plus le cas aujourd’hui tant cette entrée en l’emploi est aléatoire, tardive, malaisée, avec des conditions de travail médiocres. Bien trop souvent des alternances d’activité et d’inactivité plus ou moins forcées. Jamais depuis trois décennies les jeunes n’ont été aussi inégaux face à l’emploi. Si les juniors sont discriminés face aux adultes en matière professionnelle ils le sont bien plus encore entre eux. L’on peut distinguer les diplômés des sans-diplômes, les petits, moyens, grands diplômés. Les jeunes qui peuvent bénéficier d’un « carnet d’adresses » déterminant des « sans-relations »-869. Les juniors à fort potentiel socioéconomique, culturel, de capacités personnelles des autres.
Ceux qui ont de l’expérience ou non, les fortes personnalités des plus ternes, les garçons des filles. Les autochtones des étrangers ou des Français d’origine étrangère, les diverses appétences, les différentes zones d’habitat… Outre les juniors inactifs et les demandeurs d’emploi il y a donc la catégorie supérieure, celle des jeunes actifs qui concevront, dirigeront, « feront carrière ». Ensuite la simple classe intermédiaire de ceux qui appliqueront, suivront, « travailleront ». La position subalterne des juniors qui exécuteront, obéiront, « végéteront ». Depuis la deuxième moitié des années 1970 l’État a « multiplié » en vain les dispositifs.
En faveur de l’insertion professionnelle des jeunes parmi les plus démunis. Du sans-diplôme aux bac plus deux. Des Plans Barre aux mesures Philippe (1976-2020), des Tuc, Ces au Sivp, du Cip au Cpe, des Emplois-Jeunes à la loi Travail… Les « échafaudages » les plus savants se sont succédés. Organismes, actions, politiques publics en faveur de l’emploi juvénile ont « failli ». Ils ont été loin d’enrayer significativement et durablement le syndrome d’inemploi, de sous-emploi, mal-emploi des jeunes. Par un effet pervers induit ils n’ont fait que « stigmatiser » un peu plus les juniors en difficulté. Sans parvenir à les intégrer en de « vrais postes ».
Les faux emplois publics, associatifs, sociaux aidés ont été une impasse. L’on « recherche » toujours la solution idoine depuis quarante ans ! De plus en plus de jeunes depuis le début des années 1980 connaissent avant leurs trente ans de très longues phases de chômage, déclassement, précarisation. Le « travail junior » en France plus qu’ailleurs est avant tout chômé ou en deçà des capacités, qualifications du jeune, sous-payé, limité dans le temps.
Seuls notamment les mieux diplômés, multidiplômés ou employés des services à autrui telle l’hôtellerie, la restauration ou les aides aux personnes y échappent véritablement. Il existe beaucoup trop en France d’emplois payés au Smic, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance. Nombre d’entre eux ont été initialement, théoriquement conçus pour les seuls chômeurs car la plupart d’entre eux sont non ou peu « qualifiés ». En réalité ce ne sont pas les « sans-emploi » qui occuperont ces fonctions mais les jeunes qui pour beaucoup sont surqualifiés pour ces postes modestes.
Malheureusement ces emplois sont peu évolutifs en terme de rémunération, responsabilités, d’autonomie et d’intérêt des tâches concernées. Ils demeurent au Smic. D’où ce fort déclassement professionnel d’une part de la jeunesse française active. Cette dernière est « exclue, conformée et entravée » en matière de travail salarié. La valeur rituelle de passage adulte des débuts de la vie professionnelle s’est donc perdue. Nombre de jeunes en leur vingtaine « s’en sortent » moins par leur « vrai travail » que par les solidarités familiales portant « à bout de bras » leur inactivité forcée.
Les aides sociales publiques, la « débrouillardise » ou les emplois d’appoint déclarés ou non. Voire les menus « larcins », trafics en tous genres de l’économie parallèle des banlieues déshéritées, les études « à rallonge »… Les objectifs de la profession pour les juniors se font de plus en plus malaisés, contrariés. En termes d’autonomie, de socialisation et d’épanouissement. Ils sont matériels, utilitaires, relationnels, d’accomplissement, moraux. Cela devient hypothétique.
Subvenir à ses besoins en un contexte de stagnation des salaires, hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat. Se sentir utile à soi-même, aux autres, à sa société, développer des liens interpersonnels valorisants au travail. S’accomplir humainement par son labeur, donner une orientation à son existence par le « sens » de ce que l’on entreprend… Tels sont les enjeux difficiles souvent hors de portée des juniors de moins de vingt-cinq ans. L’emploi n’est plus un passage symbolique vers la maturité, le statut adultes. Autonomie, reconnaissance, utilité sociales. Il est de plus en plus retardé dans le temps, ses conditions sont souvent des plus médiocres. Le jeune ne gagne pas sa vie ou mal, demeure très dépendant.
Il se sent inutile, nié et rejeté. Les juniors actifs exclus sont légion, en souffrent dramatiquement. Avec toutes les conséquences psychosociales néfastes qui s’ensuivent. L’emploi peine alors à assurer au jeune sa pleine autonomie matérielle, morale, comme personnelle. Sa socialisation par la reconnaissance comme acteur et partie prenante à part entière de la collectivité du fait de son labeur est compromise. L’épanouissement juvénile amoindri faute d’accomplissement personnel. La formulation des Écritures : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » est rendue caduque. (Livre de la Genèse biblique, Ancien Testament, Premier Livre, III, 16-18, Moyen-Orient, VIIIe-IIe s. av. J.-C.)-870. D’un point de vue matériel le travail du junior est rarement suffisant pour lui assurer sa pleine subsistance nécessaire. Il reste dépendant, subordonné, conditionné.
Tant le coût de la vie ne cesse de s’alourdir. Sans pour autant que les salaires notamment des jeunes débutants ne soient suffisamment indexés sur l’indice du même « coût de ladite vie ». L’aide familiale et sociale perdure souvent aux dépens de l’adultisme des juniors. La meilleure façon pour un jeune de se sentir utile à lui-même, aux autres, à sa communauté est surtout de contribuer à sa prospérité et à celle d’autrui par son labeur. Il s’agit de ses premiers statut, label sociaux.
À défaut il ne se sent plus vivre ni exister. Rappelons que le premier malheur du chômeur n’est pas seulement le dénuement matériel mais tout autant la souffrance du sentiment de rejet, solitude, d’inutilité. Le travail socialise, met l’homme au « cœur » de ses semblables par toutes sortes de rituels d’habitudes, de repères, de liens. Lesquels occupent, structurent, balisent sa vie, le rassurent. Désœuvré le junior perd pied, s’isole, a honte, s’ennuie, déprime lourdement, gravement. Il perd ainsi toute fierté de lui.
Certains inactifs en viennent même à cacher à leur entourage leur « état de chômeur », faisant mine de partir chaque jour au travail. Tant le fort sentiment de déréalisation, de perte d’identité taraude, culpabilise. Tant la profession demeure le premier « marqueur social et personnel » par excellence en notre monde occidental. La toute première question posée lors d’une prise de contact avec une « nouvelle connaissance » n’est-elle pas très souvent : « Que faites-vous dans la vie ? » Peu se sentent le courage ni l’envie de répondre : « Rien » ou : « Chômeur / demandeur d’emploi » et : « Je cherche du travail ». Pas plus de citer une occupation dévalorisée et dévalorisante ! Le travail est certainement une excellente source d’accomplissement personnel.
Par la fierté du devoir accompli, bon objectif atteint, des défis réalisés, de la réussite rendue possible. Sinon le sentiment toujours pénible d’indignité, de déchéance et d’incapacité ronge par « autodévalorisation lancinante ». Le travail « ennoblit » le jeune par le bonheur du « dépassement de soi » permanent, la conviction de servir sa destinée propre. Par l’effort, l’ascèse, la pleine ténacité récompensés, le fait de contribuer à un certain ressourcement intérieur aussi humble que soit la tâche accomplie. Par le don de soi, sa compétence, le façonnement de sa personnalité en l’action. À l’inverse la marginalité par la mise à l’écart, l’incapacité à participer et « payer son tribut » par son travail abat.
Elle constitue une véritable souffrance morale. Par sentiment de vacuité personnelle, « honte sociale » cela peut mener à la volonté de mort physique. Tant l’impression de mort sociale, morale « vrille » les consciences les mieux trempées. L’emploi, l’ensemble du monde du travail sont appréhendés très négativement par les jeunes. L’entreprise des « gagneurs » ne fait plus recette. Les juniors n’acceptent plus de tout sacrifier à leur carrière, l’entreprise. Ils privilégient surtout leurs vie et épanouissement privés. Jérémie, vingt-et-un ans évoque ainsi son emploi estival lié à son champ d’études, une éventuelle carrière future à l’auteur.
« Mon travail d’été se passe bien pour le moment. Je suis très content du cadre, le boulot n’est pas trop stressant. Par exemple l’on n’avait rien à faire aujourd’hui, j’ai donc participé à un tournage. Cet après-midi les collègues et moi avons regardé le tour de France en entier » !
Les jeunes en tout début d’activité professionnelle sont surtout présents dans les secteurs à fortes « mobilités » d’embauche. Secteur secondaire alimentaire et primaire agricole, petit commerce, hôtellerie-restauration, services aux particuliers et aux entreprises… Il y a un net « déclassement » en tout début de vie active des juniors notamment pour les diplômés de l’enseignement supérieur avec des postes d’exécution « de base ». L’emploi est fluctuant, instable. Le statut socioprofessionnel est mouvant même si le « mimétisme social » perdure. Les enfants ayant encore tendance à reproduire le statut social parental quel qu’il soit-871. Tout jeune en nécessité d’insertion professionnelle aura toujours besoin de tenir compte de quatre critères marquants spécifiques.
Un patrimoine héréditaire, des vecteurs de milieu, des apprentissages adéquats, des savoir-faire particuliers. Interviennent aussi l’identité du junior, l’image qu’il a du métier. Seule une minorité de jeunes envisage une « carrière sur le long terme ». La plupart souhaitent une transition de réflexion entre la fin des études et leur choix définitif d’un métier, son exercice. Le travail doit être valorisant, intéressant, bien rémunéré, plaire. Si le junior a choisi un emploi spécifique ce dernier peut alors être fort réaliste comme mécanicien ou raisonnable comme informaticien. Ambitieux comme avocat ou inaccessible comme chanteur. Le métier est toujours très largement fonction du milieu social d’origine. Goûts, motivation, travail, ambition et image de soi en découlent.
Plus de la moitié des jeunes entrent en la vie active à la fin de leurs études. L’attente avant le premier poste est de un à trois mois pour le cinquième des juniors. Trois à six pour 15 pour cent d’entre eux. Plus de six mois pour un pourcentage proche. Les deux tiers des jeunes ont un accès plutôt « rapide et stable » à l’emploi. Plus la qualification est haute plus l’insertion professionnelle est aisée. Cette dernière ne concerne que moins d’un tiers des non-qualifiés, la moitié des lycéens non diplômés. 60 pour cent des non-diplômés du premier cycle universitaire.
En revanche les trois quarts des diplômés de Cap, Bep, bac professionnel ou technologique intègrent bien l’emploi. 80 pour cent des bac plus 2 ou d’un deuxième cycle universitaire. Moins du tiers des diplômés accèdent comme premier poste à un contrat à durée indéterminée. Trois ans après la fin de leurs études sept jeunes travailleurs sur dix ont un Cdi ou sont fonctionnaires. Plus des neuf dixièmes des diplômés des Grandes écoles sont en ce cas. Six jeunes sur dix des premier et deuxième ou troisième cycles universitaires sont en situation professionnelle précaire en début de carrière.
Les trois quarts des diplômés en droit ou en sciences exactes sont en Cdi ou fonctionnaires contre 60 pour cent en sciences humaines. Il y a 7 pour cent de cadres chez les diplômés des Sts, 13 pour cent pour ceux des Iut, près de 90 pour cent chez les ingénieurs et docteurs. Cela concerne un quart des licenciés, plus d’un tiers des titulaires de master 1, un cinquième des diplômés de Deug. 63 pour cent des titulaires de master 2, 57 pour cent des diplômés d’écoles de commerce.
En moyenne les débutants gagnent 1 200 euros mensuels. 2 000 pour les sortants de Grande école ou les titulaires de masters 2 ou de doctorats. 1 300 euros pour un premier cycle, 1 450 pour un master 1. (Coslin, 2002, 2017)-872. Les jeunes non diplômés débutent au Smic, un peu plus pour ceux qui abandonnent sans diplôme au seuil des études supérieures. Le chômage frappe un junior sur sept trois ans après la fin de ses études. Cela concerne plus d’un tiers pour les non-diplômés contre moins du dixième pour les diplômés des deux derniers cycles d’université, comme des Grandes écoles. (Coslin, 2007)-873.
« Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur sentant sa mort prochaine Fit venir ses enfants […]. Gardez-vous […] de vendre l’héritage […]. Un trésor est caché dedans. Je ne sais l’endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout ».
(J. de La Fontaine, poète, fabuliste, France, 1621-1695, Le Laboureur et ses enfants, fable 9, livre V, Fables, France, 1668).
En France les seize – vingt-cinq ans ne sont guère plus d’un sur quatre à être en la vie dite active. Un sur deux dans les pays de l’Ocde. C’est l’un des taux parmi les plus bas d’Europe, plus encore de l’Occident. Surtout comparativement à l’Amérique du Nord, au Japon. Cela est notamment dû au fait que peu de lycéens, d’étudiants français travaillent lors des études. Parmi les quinze – dix-neuf ans en formation un dixième travaille. Pour un quart des vingt – vingt-quatre ans. L’alternance, les petits emplois sont moins présents qu’ailleurs.
En Europe du Nord, Allemagne, Amérique du Nord, au Royaume-Uni les jeunes actifs et en études sont plus de deux fois plus nombreux qu’en France. En moyenne les études sont plus longues en notre pays qu’ailleurs. Elles s’achèveront le plus souvent autour des vingt-deux ans. Chez nous, comme ailleurs les moins de vingt-cinq ans sont plus chômeurs que les actifs adultes. Les juniors plus précocement actifs que les autres sont généralement peu, moins diplômés que la moyenne des autres jeunes. Ce qui accentue le chômage des préadultes. Les quinze – vingt-quatre ans n’ont qu’un niveau de formation comparable à celui des quadragénaires !
Jusqu’aux années 1990 la durée et le niveau des études ont progressé. Globalement les jeunes contemporains sont donc notablement plus diplômés que les natifs des années 1950. Le taux de chômage actuel des actifs de moins de vingt-cinq ans atteint les 19 pour cent en 2019. Ce qui est supérieur à la moyenne occidentale. Quant à la part de juniors chômeurs au sein de la population générale elle est proche de la moyenne européenne. Autour de 10 pour cent du fait d’un taux d’activité très bas. L’insertion professionnelle des jeunes reste plus difficile en France que dans le reste de l’Occident.
De 1975 à 1995 du fait de la progression continue des études le taux d’activité des moins de vingt-cinq ans a décru. Depuis 1995 la durée des études est stable. Le taux d’activité des moins de vingt-cinq ans a augmenté un peu car la simultanéité travail-formation a progressé chez eux. Actuellement le taux de chômage des actifs sortis des études depuis un à quatre ans est plus fort que celui des actifs de plus de dix ans d’emploi. Le chômage juvénile est lié à la conjoncture économique. Les débutants sont ceux qui ont le plus de mal à entrer en l’emploi. Ceux qui peuvent en être éjectés le plus facilement. La grande priorité étant donnée aux aînés chevronnés aux dépens des cadets.
Car les emplois des jeunes débutants sont généralement temporaires. Donc pas toujours reconduits notamment en cas de difficultés économiques conjoncturelles. Globalement les derniers entrés dans l’entreprise surtout les juniors sont les premiers à partir en cas de compressions des personnels. En période actuelle de crise économique aiguë le taux de chômage des jeunes actifs augmente deux à trois fois plus que celui des adultes aînés. Il est donc d’un cinquième chez le junior actif de moins de vingt-cinq ans, près d’un dixième pour la population générale. L’impact du diplôme sur le taux de chômage juvénile est majeur.
En 2008 38 pour cent des actifs récents peu diplômés sont au chômage. 17 pour cent pour les diplômés du second cycle du secondaire. 6 pour cent pour les diplômés du supérieur. Pour les travailleurs de plus de dix ans d’ancienneté le niveau de diplôme influe beaucoup moins sur le taux de chômage. En 2008 les peu diplômés chevronnés sont au chômage à 9 pour cent, les diplômés du supérieur à 4 pour cent. En outre en fort pénurie d’emploi les jeunes surqualifiés occupent des postes sous-qualifiés. Ce qui prive de travail nombre de juniors moins, peu diplômés. La jeunesse de France n’est pas prioritaire ! (Mercure et al., 2011)-874.
Un quart des seize – vingt-cinq ans travaillent en France contre un tiers en moyenne en Union Européenne. Le taux de chômage des jeunes en France est plus du double de celui des adultes. La part des juniors en emploi précaire, intérimaire ou à durée déterminée est en moyenne plus du double de celle des adultes actifs. En moyenne la complète stabilisation pérenne de l’emploi des jeunes intervient une décennie après la fin des études. À l’orée de la trentaine. Ce qui est bien plus tardif que pour la plupart des juniors occidentaux.
L’emploi des jeunes est souvent déclassé. La qualification est supérieure au niveau de poste occupé. Un tiers des diplômés seraient même concernés. Notamment les bacheliers technologiques et professionnels. Des intervenants publics spécifiques aident ces jeunes démunis face à l’emploi. Il s’agit notamment des Missions Locales pour l’Insertion Professionnelle et Sociale des Jeunes, ex-Permanences d’Accueil, d’Information et d’Orientation, Paio. Avec surtout le Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale, le Civis. Devenu depuis 2016 le Parcours Contractualisé d’Accompagnement vers l’Emploi et l’Autonomie, Pacea.
Ceci est totalement vain faute de croissance suffisante, significative, d’économie saine, comme d’équilibres financiers et d’emploi. (Sénat, France, 2009). Pôle Emploi devenu France Travail intervient aussi dans l’intégration socioprofessionnelle du junior en association avec les Missions locales. L’Association pour l’Emploi des Cadres, l’Apec aide les diplômés de niveau master ou troisième cycle universitaires et des Grandes écoles à trouver un emploi de niveau lié. De même pour l’ex-Afij, l’Association pour Faciliter l’Insertion professionnelle des Jeunes diplômés.
Le Civis était conclu pour un an renouvelable une fois. Avec prolongation possible pour tous les juniors sans qualification jusqu’à stabilisation professionnelle ou vingt-sixième anniversaire. Les jeunes même diplômés de l’enseignement supérieur toutefois en difficulté d’insertion sont aussi concernés. Un référent spécifique s’occupe alors de tout junior impliqué. Avec des actions d’aide adéquates selon chaque cas particulier. Les jeunes majeurs peuvent en outre bénéficier d’une allocation spécifique de soutien si besoin est.
Les plates-formes de vocation de France Travail repèrent chez le junior concerné toutes les capacités requises par un poste. Dans les métiers qui recrutent le plus ou au contraire peu accessibles. Le jeune est alors mis en situation de faire ses preuves. En cas de réussite aux tests le junior est donc susceptible d’être recruté. Le Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Jeunes, Fipj finance des actions complémentaires à l’accompagnement personnalisé renforcé. Pour les juniors en grande difficulté d’insertion professionnelle. Sous forme de soutiens directs, comme indirects, multiformes. Le Contrat d’Autonomie est toujours géré par des intervenants privés. Ces derniers coachent les jeunes en difficulté pour les faire accéder plus assurément à l’emploi.
Notamment dans les quartiers gérés par la Politique de la Ville. Cela concerne les seize – vingt-cinq ans de ces zones en Contrat Urbain de Cohésion Sociale, ex-Cucs. (Devenu en 2015 Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville, Qpv). Avec un référent personnel pour chaque junior aidé. Pendant un an et demi au maximum. Des aides matérielles et bourses sont possibles. L’objectif est l’emploi ou la formation qualifiante ou la création d’entreprise. En réalité la plupart des jeunes trouvent un travail « par eux-mêmes » sans aides extérieures. Hors Service Public de l’Emploi, Spe. Le système d’activité français privilégie de fait la candidature spontanée et les relations personnelles. Quatre juniors sur dix trouvent un emploi par candidature spontanée. Il y a eu démultiplications des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes depuis quarante ans. « À tort et à travers et en tous sens » !
Ils restent tous peu efficaces. Nonobstant l’exclusion d’un nombre croissant de juniors de la vie active en France ne cesse de s’étendre. Nous l’avons souligné, c’est la pérennisation de l’emploi des adultes qui est privilégiée. Non l’entrée sur le marché du travail des jeunes. Il s’agit alors de mieux renforcer la coordination entre l’école et le Service Public de l’Emploi, développer l’action en réseau. Faire coopérer le réseau des Points d’Information Jeunesse et celui des Missions locales ex-Paio. Diversifier la composition des conseils d’administration des Missions locales. Varier les recrutements des conseillers de France Travail et des Missions locales. Plus personnaliser le suivi des juniors sans activité pour mieux valoriser leurs pleins atouts. Évaluer les intervenants publics et privés du Spe en matière de résultats tangibles d’insertion professionnelle durable des jeunes. Mettre en adéquation compétences et emploi.
Développer le recours aux intervenants privés de placements. De même que les rencontres directes entre entrepreneurs et juniors en quête de travail. Intensifier les dispositifs en faveur de la mobilité. Notamment favoriser l’obtention du permis de conduire des jeunes. Allouer certaines aides financières. Les stages en entreprises sont les périodes de formations en milieu professionnel. Prévues par les règlements des établissements d’enseignement dans la scolarité. Cela concerne les lycéens et étudiants dont la formation académique doit être doublée par un travail professionnel de terrain. À cet effet une convention doit être signée par l’école, le stagiaire, l’entreprise concernés. Les activités du stagiaire liées à sa formation sont définies.
La période du stage est fixée ainsi que la présence maximale hebdomadaire du junior en entreprise prévue. Doivent être aussi précisés le montant de la rémunération, les modalités de son versement. La liste des facilités éventuelles offertes par l’entreprise. Le régime de protection sociale, de maladies professionnelles, aussi d’accident du travail. Les conditions d’encadrement du stagiaire par le référent d’entreprise et par celui de l’école. Les conditions d’attestation, d’évaluation, de validation de stage. Les modalités de suspension et de résiliation de stage. Les modalités d’autorisations d’absence légitimes notamment pour obligations scolaires. Les clauses du règlement intérieur éventuel de l’entreprise concernant le stagiaire. Le stage ne doit en aucun cas faire office d’un autre type d’emploi quel qu’il soit.
Tout stage de toute durée donne toujours lieu à gratification financière. Ce stage peut être requalifié en vrai contrat de travail. Il existe une charte des stages étudiants en entreprises. L’étudiant réalise sa mission et est disponible pour les travaux confiés, respecte les règles, spécificités de l’entreprise, la confidentialité requise. Il rédige l’éventuel rapport ou mémoire de stage dans les délais prévus. L’entreprise propose un stage en lien direct avec le projet pédagogique scolaire. Elle accueille l’étudiant, lui offre les moyens de réussir sa tâche. Elle désigne un ou des référents tutoraux. Elle délivre une attestation officielle de stage afférente aux missions accomplies. L’établissement d’enseignement supérieur fixe tous les objectifs de travail et s’assure qu’il y correspond. Il aide l’étudiant à trouver un stage, à y être préparé.
Un enseignant assure le suivi, le succès de ce stage. Des outils d’évaluation de ce dernier sont donc mis en œuvre. S’il y a rapport ou mémoire de stage l’enseignant référent guide, conseille l’étudiant, organise la soutenance. Le jury comporte un représentant de l’entreprise. L’entreprise, l’établissement d’enseignement communiquent et coopèrent quant au stage. L’étudiant doit s’exprimer sur la qualité de son stage à son école. Il s’agit de plus généraliser l’accomplissement des stages obligatoires pour tous les cursus de l’enseignement supérieur. De même de la troisième au bac pour une « meilleure orientation ». Les stages hors études seraient proscrits pour les jeunes diplômés. Leur objectif est l’emploi, non le stage.
Un junior diplômé qualifié pour les tâches confiées ne pourrait plus être stagiaire mais professionnel à part entière. L’accès aux stages pourrait être plus ouvert, égalitaire. Contre tout népotisme, comme favoritisme. Depuis 2010 le Contrat Initiative-Emploi et le Contrat Insertion-Revenu Minimum d’Activité, le Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi, comme le Contrat d’Avenir ont disparu. Pour aider les jeunes en difficulté d’emploi ils sont remplacés par le Contrat Unique d’Insertion, Cui-875. Il y a aussi les structures d’Insertion par l’Activité Économique, Iae. Elles s’adressent notamment aux seuls moins de vingt-six ans. Juniors en difficultés sociales et professionnelles. Le dispositif en œuvre leur permet alors de travailler tout en bénéficiant d’aides d’accompagnement adaptées spécifiques pour accéder à l’emploi conventionnel classique.
Il s’agit pour l’État de mieux sensibiliser les entreprises privées, les employeurs publics à l’urgence prioritaire de la formation, de l’embauche des jeunes. À l’échelle nationale, comme locale. Des multinationales au très petites entreprises en passant par les grandes sociétés et les petites et moyennes entreprises. En tous secteurs. De même aussi pour toutes les administrations de l’État, comme des collectivités territoriales, tous les hôpitaux publics.
La meilleure façon d’inciter très fortement les employeurs à recruter la jeunesse n’est pas de les subventionner par des aides publiques. Cela ne fonctionne jamais ou mal. Il s’agit plutôt de mieux former professionnellement en amont nos juniors. Pour qu’ils soient plus opérationnels et attractifs en aval à l’embauche-876. La situation française aberrante est la suivante : un très fort taux de chômage juvénile d’une part. Des employeurs qui ne trouvent pas à recruter de l’autre faute de compétences ! En dramatique et dommageable inadéquation formation-emploi. (Sénat, France, 2009).
Les jeunes croient en l’entreprise mais souhaitent qu’elle évolue. Ils ont confiance dans le système existant mais le veulent bien plus juste. 77 pour cent des juniors pensent que la croissance est fort compatible avec l’écologie. 74 pour cent estiment que cette croissance économique profite seulement à une minorité. 71 pour cent sont convaincus que le système économique les empêche de progresser socialement. 69 pour cent croient que la crise est liée à une dérive du système mais ne le remettent pas en cause. 38 pour cent des jeunes sont partisans que l’entreprise fasse participer tous les salariés aux résultats. 63 pour cent suggèrent que l’entreprise respecte environnement et salariés.
35 pour cent réclament une égalité des rémunérations par l’entreprise. Les juniors sont conscients des « failles » du monde du travail mais aspirent à y entrer. Seul un jeune sur deux estime qu’il faut de la croissance économique pour « mieux vivre ». Pour le junior la grande entreprise représente encore « l’excès capitaliste » mais lui semble des plus attractives. L’entreprise rêvée est un réseau social mi-privé, mi- professionnel ! La jeunesse voudrait une entreprise « à son image » ce qui est utopique. Il y a donc divorce entre celle-ci et les juniors. Ils en sont fort exclus et rejettent ses normes. (OpinionWay, France, 2010)- 877.
Les diplômés de l’enseignement supérieur sont plus favorisés que les autres pour intégrer l’emploi. Ainsi leur taux de chômage en 2007 pour ceux entrés sur le marché du travail trois ans plus tôt est-il de 7 pour cent. Contre 32 pour cent pour celui des jeunes sans diplômes soit plus du quadruple. Le diplôme notamment d’enseignement supérieur est une protection relative contre l’inemploi. En 2004 le taux de chômage des diplômés de nos seconds cycles universitaires est près de 12 pour cent. Celui des titulaires de licences professionnelles est de 7 pour cent. Les sortants de Bts, d’Iut ont une meilleure insertion d’emploi que ceux d’université.
En 2004 l’intégration professionnelle des troisièmes cycles universitaires d’alors est satisfaisante. Surtout pour les filières « professionnalisées ». Hors secteur de santé les doctorats ont un fort taux de chômage de plus de 10 pour cent en 2007. Les diplômés des écoles de commerce, surtout d’ingénieurs sont les plus favorisés. Ces derniers ont un taux de chômage de 3 pour cent à la fin de la décennie 2000. Le tout premier emploi des juniors diplômés du supérieur est majoritairement à durée déterminée. Plus des deux tiers ont un poste à durée indéterminée ou de fonctionnaire trois ans après la fin des études en 2007.
Les diplômés des Grandes écoles sont ceux qui obtiennent le plus de postes stables à leur sortie d’études. En 2004 71 pour cent des jeunes diplômés de troisième cycle universitaire obtiennent un emploi de cadre dans les trois ans après sortie d’études. Il en va de même pour les neuf dixièmes des juniors d’écoles d’ingénieurs. Contre à peine six sur dix de ceux diplômés d’écoles de commerce. La même année 2004 moins d’un jeune issu de deuxième cycle universitaire sur trois obtient un emploi de cadre. Cela est plus rare encore pour les sortants d’études professionnelles courtes. Notamment Bts, Iut. Dans les trois ans suivant la sortie d’études les postes de cadres sont surtout réservés à trois catégories de diplômés. Ceux des Grandes écoles d’ingénieurs, commerciales, de doctorats, comme de Masters 2. La rémunération moyenne d’un diplômé du supérieur varie en 2007 du simple au double.
En fonction du niveau de formation et de la filière ou spécialité. Ainsi trois ans après l’obtention de son diplôme le diplômé d’un Bts tertiaire perçoit-il 1 200 euros nets mensuels. Celui d’une école de management, 2 350. La dignité salariale suit celle des cursus honorum. La même année 2007 les jeunes filles issues trois ans auparavant d’un bac plus cinq universitaire ont en moyenne un salaire de 15 pour cent inférieur aux garçons homologues. Précarité, comme déclassement touchent plus les diplômés du supérieur issus de l’immigration des pays « en développement ». Notamment d’Afrique. Globalement il y a discriminations négatives dues aux disparités de niveau scolaire, social, économique et culturel. Malgré la conjoncture très difficile la majorité étudiante pense toujours que sa formation lui permettra de trouver un emploi « plutôt facilement ou très facilement ». (Giret, 2009).
À près de 70 pour cent en 2006 d’après une étude de l’Observatoire de la Vie Étudiante. L’optimisme varie selon les cursus. 98,4 pour cent en santé. 91,6 pour cent en Cpge. 86,3 pour cent en Iut. 75,1 pour cent en Sts. 72,2 pour cent en droit et en économie. 65,6 pour cent en sciences. 51 pour cent en lettres et sciences humaines et sociales. Cette hiérarchie très lucide reflète bien le niveau moyen de débouchés professionnels des filières d’études.
Selon la même enquête 31,3 pour cent des jeunes souhaitent rejoindre le secteur public. 19,7 pour cent le secteur privé comme salarié. 12,3 pour cent le secteur privé comme indépendant. 36,7 pour cent n’ont pas de « préférence ». En 2006 l’étude de l’Ove indique que 39,6 pour cent des étudiants des deux premières années des études supérieures souhaitent aller jusqu’au bac plus cinq. 23,1 pour cent jusqu’au bac plus trois. 23 pour cent au-delà du bac plus cinq. 7,4 pour cent jusqu’au bac plus deux. 6,3 pour cent jusqu’au bac plus quatre. 0,2 pour cent jusqu’au bac plus un. (Observatoire de la Vie Étudiante, France, 2006).
Voyons l’insertion professionnelle des jeunes diplômés d’Europe après leurs cinq premières années d’emploi. Il y a une différence entre jeunes d’Europe du Nord et du centre d’un côté. Ceux du Sud de l’autre. Les premiers ont en moyenne une insertion plus rapide pour des postes plus stables, qualifiés. Les seconds se stabilisent plus lentement, mal et difficilement. Les débuts de carrière y sont plus incertains. La France est en une position médiane. En dépit d’un taux de chômage cinq ans après la sortie finale des études plus élevé pour les deux sexes que la moyenne européenne. En Europe la déqualification des diplômés après cinq ans d’emploi est plutôt limitée. Dans la majorité des pays près des deux tiers des diplômés trouvent un emploi professionnel « à part entière ».
Les jeunes d’Espagne sont les moins bien favorisés. La déqualification des diplômés semble limitée. Dans la majorité des pays d’Europe sept jeunes sur dix disent user des savoirs, compétences acquis dans leurs études. Près de six juniors sur dix affirment que leur formation a été utile pour débuter en l’emploi. Ces avis sont plus élevés en Europe du Nord que du Sud. La majorité des jeunes ne regrettent pas leur choix de formation supérieure initiale et la jugent adéquate à leur emploi actuel. Toutes ces données sont issues d’une enquête européenne Reflex de 2005 auprès des juniors diplômés de l’enseignement supérieur. Cinq ans après leur sortie d’études en quinze pays d’Europe. Quant à l’insertion professionnelle.
Les chiffres pour les jeunes de France sont médians. Taux de chômage 8 pour cent. Part de professionnels 68 pour cent. Part de contrats temporaires lors du premier emploi 48 pour cent. Part de contrats temporaires lors de l’emploi actuel 15 pour cent. Trois employeurs ou plus depuis le diplôme 28 pour cent. Aucune période de chômage depuis le diplôme 63 pour cent. Savoirs et compétences utilisés dans leur travail 73 pour cent. Formation utile pour commencer à travailler 59 pour cent. Formations « utiles » pour leurs tâches actuelles 52 pour cent. Emplois non appropriés au diplôme d’enseignement supérieur 3 pour cent. Choix de la même formation, comme aussi du même établissement d’études si c’était à refaire à l’identique 71 pour cent. (Reflex, France, 2005, Giret, 2009)-878.
Le dispositif d’aide à l’emploi des jeunes mis en place par le gouvernement Ayrault (2012-2014) fin 2012 est celui des « Emplois d’Avenir ». Il consiste à « réserver » un certain nombre de postes de travail aux juniors dans le secteur professionnel public, comme associatif surtout. Également dans certaines entreprises privées ou pour les boursiers souhaitant devenir enseignants. Le principe est le même que celui des « Emplois-Jeunes » de 1997-2002 sous le gouvernement Jospin.
Sauf que désormais cela concerne non les juniors plutôt « formés » mais les autres. Le nouveau protocole s’adresse aux seize – vingt-cinq ans peu ou non qualifiés des zones défavorisées. Cent cinquante mille contrats au moins sur cinq ans ont été prévus. Chacun des bénéficiaires l’aura été pour une durée d’un à trois ans, voire plus encore. Le dispositif est abrogé à compter du premier janvier 2018. Les contrats en cours iront à leur terme mais sans renouvellement possible.
– Pérennisation des Plus Aléatoires –
De Votre Travail de Jeune Actif
Le but n’est plus l’argent mais la passion de ce que l’on fait quitte à s’investir plus, mieux en temps, énergie. Vos loisir, vie privée, accomplissement personnel regagnent nettement en importance au détriment de votre seul travail. Votre idéal juvénile est de faire de votre passion un métier. L’entreprise capitaliste commerciale avec ses exigences économiques, de marché, rentabilité, productivité, performance et compétence vous rebute fort. Vous, junior, plébiscitez donc les carrières tournées vers l’extérieur, au service d’autrui, des plus défavorisés, pour le bien commun, liées à la nouveauté, l’avenir.
Il s’agit de vivre de façon optimale ses plaisirs par un métier enrichissant, libre, créatif, épanouissant. L’antithèse nette de l’emploi aliénant qui revient à la jeunesse d’habitude. Les différents métiers, postes professionnels occupés par les jeunes en France reflètent des choix d’emploi plus ou moins librement consentis par les juniors actifs. Ils sont tout à la fois spécifiques à la nouvelle génération débutante qui prise les nouveaux métiers d’avenir. Ainsi que fort comparables aux activités professionnelles de tous ses aînés.
Le psychologue américain J. L. Holland a élaboré une typologie entre la personnalité et le choix d’une profession. (États-Unis, 1966). Il distingue « six genres d’appétences ». Réaliste, investigateur, artiste, social, entreprenant, comme conventionnel. Il s’agit des manuels, des intellectuels notamment scientifiques et des créatifs ou de ceux qui aiment s’occuper des autres. Des jeunes qui veulent s’engager, impulser, des partisans de l’ordre, la méthode, la rigueur-879. Il s’avère que les lycéens technologiques sont plutôt réalistes, les scientifiques investigateurs, les littéraires artistes.
Les lycéens de la filière sociosanitaire sociaux, ceux du baccalauréat gestion entreprenants et conventionnels. Les attentes du junior face à l’emploi restent très grandes. Un travail utile, correctement rémunéré, gratifiant, avec suffisamment de latitudes, d’initiative, de vraies responsabilités. Des possibilités d’évolution, des formations continues, suffisamment de temps libre aussi. Plus que d’argent, de pouvoir le jeune rêve de libertés, de plaisirs et d’épanouissement personnel. Ce que généralement le monde du travail est bien peu capable de lui permettre véritablement !
Les juniors privilégient l’ « emploi-vocation » sur l’ « emploi-corvée ». Ils souhaitent et préfèrent occuper des métiers qui les intéressent, les motivent quand cela leur est possible plutôt que des postes purement alimentaires. Ainsi les secteurs des nouvelles technologies, de l’écologie, du tourisme et artistiques, culturels et à objets humanitaires, sociaux, éducatifs et d’aide aux personnes. Également des affaires, d’ingénieurs… Tout ceci leur plait. En la réalité nous l’avons vu nombre de jeunes sont amenés du moins à leurs débuts même diplômés à opter pour la sécurité matérielle.
Plutôt que pour leurs passions et par nécessité plus que par choix réels. Ils sont ainsi majoritairement ouvriers, employés ou de professions intermédiaires. Seule une minorité de juniors occupe donc d’emblée dès les débuts de leur carrière des fonctions de responsabilité, création, d’autonomie, de libre décision. Une bonne partie des jeunes commencent leur vie active « au bas de l’échelle » socioprofessionnelle. En majorité ils restent cantonnés leur vie durant à ces tâches ingrates et sans passion.
Une minorité ayant débuté modestement évolue progressivement vers des fonctions plus éminentes d’encadrement. Le jeune actif réaliste tient compte des impératifs. Lesquels au-delà de ses seuls goûts personnels permettent l’insertion, l’enracinement satisfaisant sur le marché de l’emploi. Il appréhende aussi ses capacités réelles, les débouchés existants. Les pesanteurs hiérarchiques professionnelles avec ses supérieurs, collègues ou subordonnés éventuels. Les difficultés des tâches à accomplir, les efforts à consentir. Pragmatique il tente de concilier un maximum de paramètres pour s’épanouir en son travail.
En une logique de rigueur, compromis, d’équilibre entre les avantages et inconvénients de chaque chose. Le junior investigateur est à l’affût des meilleures possibilités d’entrée dans la vie active et de poursuite de celle-ci au mieux de ses intérêts. Il n’hésite pas à mettre en œuvre le plus possible de ses atouts pour y parvenir. Désireux d’apprendre, de découvrir, d’avancer, fort curieux de nature, « habile, voire fouineur ». Il mène sa carrière avec force brio, optimise ses potentiels et ceux de son entreprise et avec avantage. Le jeune à profil artistique met l’accent sur sa vocation, ses passions, sa sensibilité personnelle profonde et l’expression de celle-ci. Son but premier n’est pas matériel ni carriériste, il se situe au-delà de tout confort.
Or, d’atteindre un certain idéal de réalisations de soi au travers de son « art » quel qu’il soit. L’objectif est de toujours « se dépasser » en améliorant constamment celui-ci. Ce type professionnel est créatif, imaginatif et inventif. La sensibilité émotionnelle guide ses pas. Le jeune professionnel à caractéristique sociale partage avec le genre artiste une fort grande sensibilité. Laquelle n’est plus au service d’un « art » mais d’autrui.
Il s’agit de donner, se donner aux autres dans le but et la satisfaction d’aider son prochain par ses compétences techniques et sa personnalité. Générosité, ouverture d’esprit président à ce type vocationnel, idéaliste. La volonté de contribuer à un « monde meilleur », voire de le changer n’y est pas étrangère. Le junior entreprenant ne vit que par et pour l’action immédiate, rapide, concrète et efficace. L’obligation de moyens ne lui suffit pas puisqu’il se base surtout sur la culture du résultat. Il lui arrive même de penser que « la fin justifie les moyens » ! À tout prix !
Dynamique, actif, volontaire, autonome, prenant très volontiers des risques bien calculés, des initiatives, habile négociateur, redoutable manœuvrier. Sa réussite qui vise le plein défi et le charisme repose sur une grande confiance en lui, son succès, l’avenir. Puis le jeune travailleur conventionnel est à l’extrême opposé du dynamique entreprenant. Il tend fort à la prudence, la circonspection, au plein respect de codes préétablis qui le rassurent. Volontiers routinier il recherche la rigueur, l’ordre et la méthode. Il préfère perdre certains avantages plutôt que de se livrer aux tourments des risques imprévisibles, incertitudes lancinantes. Il se conforme aux hiérarchies installées, aux obligations inhérentes à son emploi.
Classicisme, conformisme, attitudes fort convenues sont ses traits les plus marquants. Ce type juvénile professionnel ne recherche jamais à s’imposer, être original, remarquable. Il se complaît en la quiétude de l’anonymat total et du travail bien fait, du devoir accompli et de la conscience tranquille. Réaliste le jeune actif est très volontiers présent dans les métiers techniques de l’ingénierie et de la gestion. Investigateur il opte plutôt pour les métiers scientifiques, de la recherche, d’enquête. L’artiste s’adonne plus aux activités du domaine culturel, des sports, d’expressivité personnelle. Le type social aux carrières de l’aide humanitaire, sanitaire, des services aux personnes. Soit le soutien de son prochain en tous ses aspects multiformes. Le genre entreprenant sied au monde des affaires, métiers indépendants, de la politique. Le style conventionnel aux métiers du droit, de l’éducation, la banque. (Holland, 1966).
L’on ne veut plus tout sacrifier à la carrière mais se passionner, progresser. Le junior veut répartir son temps en trois parts quasi égales équitablement réparties. Travail, vie privée, vie sociale. Pour lui le travail doit donc avoir un sens, une utilité, que cela lui soit « pédagogiquement » démontré. Le travail ne saurait aliéner mais enrichir. Il peut développer des apprentissages. L’autorité devient respect réciproque. Elle ne s’impose plus par la seule hiérarchie unilatérale verticale mais par la compétence établie partagée. L’effort est consenti s’il est reconnu, mis en valeur, récompensé par le salaire, la promotion, les encouragements. Expérimentations et plaisirs successifs l’emportent sur la linéarité des carrières toutes faites, tracées d’antan.
Le but des jeunes n’est pas de s’enraciner en une entreprise or, de chercher en quasi-permanence toujours mieux ailleurs. Trois années en moyenne au même poste ou en la même « boîte » leur paraissent suffisantes en acquis et pour pouvoir prétendre en changer. Même au sein d’un même emploi il faut qu’il y ait du mouvement. L’homo juvenis déteste la monotonie. Il veut « voir du pays ». Le temps des « managers » est fort révolu. Par sa culture individualiste, autonome le junior veut des équipes « autogérées » sans chefs. La notion de carrière disparaît au profit de projets, compétences ponctuels successifs, non linéaires, non plus en une entreprise unique. Le jeune rejette les réunions, palabres qui l’ennuient.
Il ne demande rien car il sait « tout ». Il estime que la rémunération est liée au temps consacré au travail et non à la performance. Se défie des formations classiques internes d’entreprise car il pense que l’Internet suffit. Il s’oppose à la culture d’entreprise traditionnelle car il est viscéralement attaché au respect par le groupe et la hiérarchie de ses propres valeurs. Sa personnalité, motivation, culture personnelle. L’individu junior actif prime seul désormais sur l’organisation collective verticale managériale. Les jeunes privilégient les idées, la créativité, l’instantanéité, l’horizontalité. Ils ne recherchent pas un emploi mais une expérience de vie. Ils veulent qu’on leur fasse confiance. Pour eux la volonté compte plus que les capacités.(Rollot, 2012)-880.
Trop souvent le jeune vit sa vie professionnelle difficilement. L’emploi n’est pas assez gage d’accomplissement de l’individu. Les juniors souvent n’occupent pas le type ou le niveau de poste pour lequel ils ont été formés, ils ne font pas le métier qu’ils souhaiteraient exercer. Ils ont la détestable impression d’être floués, grugés de leurs efforts, d’être une « génération au rabais ». L’orientation scolaire est empirique, aléatoire. Les filières générales sont réservées à ceux qui peuvent s’y « adapter ». Les autres « optent » pour le cursus technoprofessionnel souvent sans vocation, par échec. Cela est une aberration.
L’orientation scolaire inadéquate mène à la mauvaise insertion professionnelle. Le diplômé des filières générales est souvent lui-même très démotivé. L’emploi n’est pas un vecteur d’équilibre propre mais d’utilitarisme alimentaire. L’investissement y est minimal comme lors des études antérieures. La vraie vie est « ailleurs » en la sphère affective et le temps libre. Or, la réalisation personnelle passe toujours d’abord par un réel projet de vie suffisamment porteur. Il y a nette antinomie entre la culture d’entreprise et celle des jeunes. Lesquels exigent une « coopération participative ».
Le monde du travail est rigide, vertical, formaliste. Stress, tensions, pressions, compétitivité sont courants. Les jeunes privilégient le mode consultatif, ludique, interactif et convivial. Leur sociabilité est de type pleinement horizontal, souple, informel. Ils veulent être informés, associés, respectés. Ils rejettent efforts, contraintes. Le divorce avec l’entreprise est très fort. Au préjudice de tous les partenaires. La cohabitation entre les juniors, l’entreprise est chose malaisée. Contrairement à leurs homologues étrangers les jeunes français s’en méfient fort.
Leur culture nationale si « égalitariste » leur a enseigné que le gain d’argent était malsain. La réussite professionnelle douteuse. Les patrons de « vils exploiteurs » illégitimes ! En France l’économie, l’entreprise, le capitalisme de marché sont encore très méconnus, vilipendés. Les employeurs se défient généralement d’une jeunesse active considérée sauf exceptions comme non préparée, inapte à l’emploi-881. L’emploi juvénile ne procure plus tant expérience, compétences, mobilité sociale, perspectives de carrière. Cela est trop peu souvent le cas puisque la trilogie exclusion-déclassement-précarité reste encore des plus prégnantes !
Lot professionnel de bien des jeunes. Il s’agit d’un nœud gordien insoluble car si le travail donne un avenir socioéconomique l’inactivité, l’emploi déqualifié, instable mènent tout droit à l’inverse. L’échec personnel complet, durable. Le junior a plutôt des préventions à l’égard du monde du travail et de son employeur qu’il a tendance à juger « oppressif ». Ce dernier nourrit contre lui des préjugés plus tenaces, irréductibles encore. Les relations, jugements entre jeunes actifs, patrons sont souvent difficiles. Les moins de vingt-cinq ans ne sont pas les bienvenus dans l’entreprise qui leur reste hostile et s’en défie.
Au lieu d’être considérés comme un atout ils sont taxés d’immaturité, d’inexpérience. Leur mentalité ou celle qu’on leur prête est suspectée. Alors la majorité prolonge ses études sans passion et par raison. Le junior est très mal considéré, bien peu intégré dans l’entreprise. Il y demeure à l’écart de l’essentiel. Sa psychologie spécifique est méconnue. La stabilisation professionnelle juvénile n’intervient que vers la trentaine. Auparavant l’emploi alterne avec des phases d’inactivité. On lui confie peu de responsabilités. Il exécute bien plus qu’il ne conçoit malgré des diplômes croissants. La recherche d’un emploi suit pour les jeunes des modalités fort prédéfinies.
De même que le déroulement du début de carrière d’un junior novice. Le panorama des types d’occupation d’emploi, des formes de l’organisation du travail des seize – vingt-quatre ans est contrasté. Qu’ils soient en activité professionnelle exclusive ou non, à temps plein ou partiel. Les jeunes exclusivement actifs sont minoritaires, la plupart prolongeant leurs études. Parmi ces derniers de plus en plus sont amenés à travailler « parallèlement » à leur formation initiale, les conditions socioéconomiques s’étant fort dégradées.
56 pour cent des étudiants sont concernés. Nombre d’entre eux sont conduits à l’échec de leurs études, voire à leur abandon pur et simple. Car leur emploi dépasse parfois très nettement les 15 pour cent de leur temps hebdomadaire. Limite habituellement reconnue pour être compatible avec des études réussies, un épanouissement, des loisirs et un repos suffisants. Les contrats de travail des moins de vingt-cinq ans sont donc de plus en plus souvent précaires c’est-à-dire à durée déterminée. Il y a aussi les nombreux juniors en stages, condition de plus en plus préalable à l’emploi véritable. Avec des abus adultes trop fréquents d’où la réglementation.
Souvent les jeunes stagiaires sont sous-rémunérés, mal employés. Les moins de vingt-cinq ans en postes à responsabilités sont de plus en plus raréfiés malgré des diplômes de plus en plus élevés. Il en va de même pour les métiers indépendants non salariés, les créateurs d’entreprise et de leur emploi. Les postes employés, ouvriers, intermédiaires ou de maîtrise l’emportent nettement sur ceux de cadres. La jeunesse des années 2020 n’a plus le « culte du travail » comme cela avait pu être le cas des générations antérieures.
Elle privilégie la vie personnelle. Loisirs, affectivité, accomplissement de soi, liberté, autonomie, individualisme, hédonisme, anticonformisme, auto-organisation… Toutes valeurs divergentes des impératifs de la plupart des métiers tels que conçus encore aujourd’hui. Ces derniers pour la plupart exigent conformisme, rigueur, ponctualité, rythmes, horaires contraignants, efforts et travail bien fait, résultats. Récompense au mérite réel, soumission à des hiérarchies plus ou moins autoritaires et autonomie, libres initiatives restreintes, comptes précis et réguliers à rendre.
Également conformation à de strictes normes préétablies, une certaine culture d’entreprise, un sens du collectif… Cette dernière malgré des évolutions récentes reste verticale, rigide, conventionnelle. Alors que celle des jeunes est horizontale, souple, anticonformiste. Malgré ou du fait de leurs longues années d’études les juniors ont l’habitude de la négociabilité alors que l’entreprise impose la normativité intangible. Les jeunes ont de plus en plus de difficultés à s’intégrer en l’emploi, en supporter les contraintes. D’autant plus qu’ils y sont généralement une minorité noyée en la masse peu compréhensive voire hostile des aînés.
Cela crée des tensions. Les juniors rejettent totalement les hiérarchies, inerties et le fonctionnement habituel de l’entreprise. Lesquels leur paraissent absurdes, sans fondements valables et obsolètes. Ils entendent être pleinement pris en compte en tant que travailleurs à part entière or, aussi plus encore comme jeunes ! Non en élèves comme jadis à l’école ni tels actifs au travail. Ils veulent être convaincus, éclairés sur le caractère adéquat de ce qui est attendu d’eux. À défaut ils renâclent, font de la « résistance passive ». Ils n’ont pas la « culture d’entreprise » de leurs aînés, s’y investissent peu. Ils se sentent peu concernés par le monde du travail. Les solidarités professionnelles, syndicales leur échappent totalement.
Comme pour leurs études antérieures le travail n’est généralement pour eux qu’une pure « obligation alimentaire » faute de mieux pour subsister. La « vraie vie » du jeune n’est ni à l’école ni au bureau mais en un « au-delà » qui relève de la sphère de l’intime, l’indicible. Le junior ne se considère jamais comme élève ni travailleur or, comme un humain et un… jeune ! Les comportements nonchalants, désinvoltes des cadets apparaissent à l’entreprise comme exaspérants, contre-productifs. Facteurs de délétère désintégration pour la bonne marche de l’entreprise.
Le monde du travail reste encore globalement plus proche comme l’école du système « caserne-prison-couvent ». Que de la configuration mentale libertaire, hédoniste et consumériste juvénile. À tort ou raison le recrutement des moins de vingt-cinq ans est sujet à caution. Ensuite le temps probatoire de mise à l’épreuve professionnelle s’allonge, se durcit. Au-delà la pleine suspicion reste souvent de mise de part et d’autre des protagonistes. Le junior a tendance à juger son patron « incompréhensif ». À juste titre ou pas l’opinion des employeurs à l’égard des jeunes est tout autant et plus encore négative.
« Ils veulent les avantages sans les inconvénients. Ils se préoccupent plus des réductions du temps de travail, des congés que de leur labeur lui-même. Ils n’en font qu’à leur tête. L’on ne peut pas compter sur eux. Tout leur est dû sans contrepartie, même sans mérite, idée qu’ils rejettent. Moins ils en font, mieux ils se portent… » ! Divorce, malentendus réciproques entre jeunes et monde du travail sont une caractéristique défavorable de plus de ce pays. L’on est bien loin de la si formidable « valeur ajoutée » que constitue toujours la jeunesse outre-Atlantique ! Avant même l’achèvement total de leurs études de plus en plus de juniors travaillent donc « crânement ».
Notamment par nécessité économique à l’occasion de leur formation de façon autonome, volontaire. Aussi comme stagiaires en convention de stage, apprentis en alternance. D’autres entrent seulement dans la vie active après l’obtention de leur diplôme terminal. Certains travaillent à temps complet, de plus en plus à temps partiel par choix ou faute de possibilités plus larges. Nous l’avons vu une partie des étudiants et même de plus en plus de lycéens ont un emploi. Les jeunes actifs ont pour la plupart un statut de salariés du secteur privé ou de titulaires ou d’agents privés de la Fonction publique.
Cette dernière les attire beaucoup pour la stabilité professionnelle, la sécurité de l’emploi qu’elle permet en temps si incertains. Or, les postes pourvus par concours se raréfient car les pouvoirs publics sont surendettés, veulent faire des économies. Peu de jeunes ont eu la volonté ou possibilité de créer leur entreprise. Car cela fait peu partie de la culture française notamment pour les juniors de moins de vingt-cinq ans. Les contrats de travail précaires à durée déterminée l’emportent donc de plus en plus sur les postes stables dans le temps.
De même même « bien diplômés » la plupart des juniors occupent des postes sans ou avec très peu de responsabilités hiérarchiques. Les fonctions d’encadrement étant le plus souvent dévolues à leurs aînés de plus de vingt-cinq, surtout trente ans. N’oublions pas que la culture latine valorise l’expérience, l’âge, l’ancienneté au détriment du dynamisme de la jeunesse et l’inventivité innovante. Comparer l’activité professionnelle des jeunes en France, dans les pays de l’Ocde, en Amérique du Nord apporte des indications utiles très éclairantes. Sur l’exclusion de l’emploi de nos juniors par rapport à leurs homologues néogénérationnels.
Qu’est-ce qu’un jeune « autonome » qui s’ « accomplit » fort en sa vie professionnelle ? Vocation et appétences. Sérieux, capacités. Résultats et débouchés en sont des conditions impérieuses-882. Ce qui est considéré ailleurs telle une « chance de progrès » est ici perçu comme « risque ». En France la jeunesse n’est pas une priorité en sa société comme pour les Pouvoirs publics. Les enfants, adultes, personnes âgées le sont bien plus. Ce qui est fort heureux pour eux mais ne doit pas l’être au détriment de la néogénération cruciale qui nous préoccupe. Entre l’enfance et l’adultisme accompli.
Alors l’insertion professionnelle réelle de ces jeunes est fort chaotique pour beaucoup d’entre eux. Elle s’effectue globalement moins bien que dans la plupart des pays occidentaux. Le taux de chômage des juniors de France est parmi les plus élevés des pays homologues excepté ceux d’Europe du Sud. Nos jeunes sont parmi ceux qui entrent sur le marché du travail, stabilisent leur vie professionnelle le plus tardivement. Ils sont parmi ceux qui connaissent le plus long moratoire entre la fin des études, le premier emploi et ladite stabilisation de carrière. Puisque la priorité va aux aînés. Ce qui fait que les juniors sont toujours exclus et révocables du travail « ad nutum ».
Ils sont parmi ceux qui vivent le plus de déclassement, précarité d’emploi en regard de leurs qualifications qui s’élèvent pourtant. Par rapport aux jeunes d’ « outre-Gaule » occidentaux ils sont en moyenne moins bien préparés à la vie active, intégrés dans les entreprises. Leur mobilité sociale est plus limitée, on leur confie moins de responsabilités, leur rémunération est moindre. Leurs épanouissement au travail, motivation, gratifications, pleines satisfactions professionnelles sont moins importants. Les juniors français travaillent bien moins que les autres.
Ils sont aussi plus longtemps en moyenne en études, petits postes, pseudo-emplois rebutants. Chômage, stages, formations professionnelles souvent peu pertinents. Pourtant le travail est la toute première condition de l’adultisme plein et entier de la jeunesse. Trois conditions président à la réussite professionnelle d’un junior. Le travail occupé sera un libre choix consenti par vocation ou au minimum par appétence minimale d’adhésion, non par échec ou hasard. Il s’agit ensuite de faire montre de conscience professionnelle, d’aptitudes sûres car l’incompétence, l’inconséquence, comme la désinvolture interdisent toute carrière.
Nul emploi n’est jamais réalisable sans débouchés concrets disponibles et suffisamment rémunérateurs. Pour mieux subsister, évoluer valablement durant plus de quatre longues décennies de travail. Il requiert également les résultats minimums aptes à « pérenniser » toute occupation professionnelle. L’ensemble de ces « conditions » sont rarement réunies en France pour tous les jeunes actifs de moins de vingt-cinq ans-883. Depuis la fin des Trente Glorieuses, (Occident, 1945-1975), quatre longues décennies tout un arsenal de dispositions en faveur de l’emploi juvénile émerge en France.
Du fait des grandes mutations postindustrielles, du développement de la « construction européenne », de bouleversements socioculturels ces mesures évoluent. Notamment depuis les années 2000 or, avec bien trop peu de résultats véritablement décisifs. À l’origine le « syndrome de victimisation subie et de subversion » provoquée par la jeunesse prévaut. Entre 1975 et 1977 s’applique le premier Programme Interministériel de Formation en Alternance des seize-vingt ans. La figure des « jeunes en difficulté » apparaît alors. Entre 1977 et 1980 ce sont les Pactes Nationaux pour l’Emploi des seize – vingt-cinq ans.
En 1981 paraît le rapport de l’universitaire B. Schwartz titré : « L’Insertion sociale et professionnelle des Jeunes ». (France). Se crée alors la Délégation Interministérielle à l’Insertion professionnelle et sociale des Jeunes « en difficulté », Dij. Elle établit à partir de 1983 les Missions locales pour l’Emploi des Jeunes, aussi les Permanences d’Accueil, d’Information, d’Orientation, Paio. Il s’agit d’accueillir tous les seize – vingt-cinq ans, de relier les différents intervenants de l’insertion socioprofessionnelle des juniors. En une visée de vraie formation adéquate.
L’objectif est notamment de former des jeunes de milieux défavorisés, sans qualifications. Puis il y a la prise de conscience que la crise socioéconomique n’est pas une tourmente conjoncturelle et provisoire fort limitée. Or, une mutation structurelle d’envergure durable. L’évolution des politiques publiques en matière d’emploi juvénile a consisté à partir de la volonté de réduire un niveau de chômage excessif des jeunes. Pour aboutir à contrer un niveau d’emploi des juniors fort insuffisant. La première vision celle d’un « apprentissage-requalification » est antérieure à 1995. Elle est alors abandonnée car caduque et obsolète.
La seconde celle d’une « guidance-entrée dans l’emploi » prévaut depuis. En un premier temps donc l’État incite l’entreprise à embaucher des jeunes par des primes et baisses de charges. En outre les juniors sont aidés par des dispositifs socioéducatifs pour favoriser leurs aptitudes à l’emploi. Mesures anti-échec scolaire, alternance accrue et apprentissages rénovés. Il s’agit de recevoir les jeunes menacés, mieux les former, les aiguiller vers l’emploi, inventorier des pistes professionnelles inédites. En inculquant les habiletés adéquates à cet effet, réduire le coût du travail.
Or, l’ « emploi aidé des juniors » a trop concerné un marché du travail artificiel, d’exception, instable, hors économie de marché. Non suffisamment les pôles de métiers réguliers ce qui vouait l’ensemble du dispositif à ses propres limites. La Loi de Programmation pour la Cohésion sociale de 2005 fixe alors l’ensemble du système d’aide à l’emploi des jeunes. En une appréhension plus européenne. Le junior n’est plus considéré comme faisant seulement partie d’une catégorie à part différente du reste de la société. Les mesures en sa faveur ne lui sont donc plus « propres ». Elles ont trait à tous ceux qui fragilisés ont véritablement besoin d’aide spécifique adéquate à l’insertion professionnelle.
Missions locales et Paio sont liées en 2005 sous le vocable Union Nationale des Missions Locales, Unml-884. L’on observe toutefois pour les juniors notamment des « Chartes d’Action Locale » pour l’intégration des jeunes. La dynamisation des « guichets d’accueil » des juniors accompagnés. Des moyens d’action en faveur de l’insertion juvénile des plus favorisés aux plus déshérités. Contrat de travail : Contrat Nouvelle Embauche. Puis contrat de travail aidé : Contrat Jeune en Entreprise, Contrat de Professionnalisation, Contrat d’Apprentissage.
Aussi pour clore tout le dispositif accompagnement : « Programmes Pacte-Parcours » et Contrat d’Insertion-Revenu Minimum d’Activité. Ce qui regroupe alors les : Contrat d’Avenir, Contrat Initiative Emploi et Contrat Emploi-Solidarité. Puis enfin Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi. Contrat d’Accès à la Fonction publique alternatifs aux seuls concours. Contrat de Volontariat pour l’Insertion. Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale. (Nicole-Drancourt et al., 2006)-885.
Nous pouvons également citer des dispositifs plus récents. Antérieurs à celui dit Emplois d’Avenir (2012-2017) déjà évoqué auparavant. Le Contrat d’Autonomie pour les jeunes des quartiers difficiles. Le Revenu de Solidarité Active dit le Rsa depuis 2008 pour les majeurs actifs de moins de vingt-cinq ans ayant travaillé deux ans dans les trois dernières années. La possibilité depuis 2011 pour les mineurs de seize à dix-huit ans de créer une entreprise individuelle en régime dit d’autoentrepreneur-886. Grâce au statut nouveau de l’Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée, Eirl. Puis le Contrat pour la Mixité des Emplois.
Le Contrat Unique d’Insertion. L’École dite de Deuxième Chance. L’Établissement Public d’Insertion de la Défense. La Formation Compétences Clés. Les Parcours d’Accès aux Carrières de la Fonction publique. Le Parrainage. La Période en Milieu Professionnel. (Dispositifs du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, France). Ces mesures « pour l’Emploi des juniors » reposent sur le triple principe national de la solidarité, l’équité, la médiation-887. Saluons le fait que depuis 2011 il est possible dès seize ans avec accord parental de créer, gérer, diriger une association.
Les quinze – dix-neuf ans ont un emploi actif à 16,7 pour cent. Les vingt – vingt-quatre ans à 60,3 pour cent. Les vingt-cinq – vingt-neuf ans à 92,6 pour cent. Les quinze – vingt-neuf ans à 56,5 pour cent. (Insee, France, 2007)-888. Les 5,2 millions de quinze – vingt-neuf ans actifs représentent 20 pour cent des salariés français tous secteurs confondus. 14,8 pour cent des professionnels de l’agriculture, la sylviculture et la pêche. 17,4 pour cent de ceux de l’industrie. 20,2 pour cent de ceux du tertiaire. (Insee, France, 2007)-889.
La plupart des jeunes actifs sont des salariés. 5,3 pour cent sont intérimaires. 7,1 pour cent sont apprentis. 12,2 pour cent ont un Cdd dans le privé. 3,8 pour cent sont stagiaires ou en contrat aidé dans le privé. 55,3 pour cent ont d’autres contrats dans le privé. 5,1 pour cent ont un Cdd non aidé dans le public. 1,4 pour cent sont stagiaires ou en contrat aidé dans le public. 9,8 pour cent bénéficient d’autres types de contrats publics. (Insee, France, 2007)-890.
67,6 pour cent des jeunes diplômés du supérieur ont un Cdi. 72,2 pour cent des titulaires de bac plus deux. 59,9 pour cent des bacheliers ou « équivalents ». 56 pour cent des diplômés de Cap ou Bep. 40 pour cent de ceux du brevet des collèges. 42,7 pour cent des non-diplômés ou nantis du seul certificat primaire. Les cas sont donc des plus « disparates ». 8,8 pour cent des juniors diplômés du supérieur ont un seul emploi temporaire. 10,1 pour cent des titulaires de bac plus deux. 8,4 pour cent des bacheliers ou équivalents. 19,2 pour cent des diplômés de Cap ou Bep. 12,2 pour cent de ceux du brevet des collèges. 7,7 pour cent des non-diplômés ou des nantis du seul certificat primaire.
13,9 pour cent des jeunes diplômés du supérieur ont un emploi tout en étant au chômage ou en inactivité également. 10,3 pour cent des titulaires de bac plus deux. 21,2 pour cent des bacheliers ou équivalents. 20,8 pour cent des diplômés de Cap ou Bep. 23,2 pour cent de ceux du brevet des collèges. 27,2 pour cent des non-diplômés ou des nantis du seul certificat primaire. 5,9 pour cent des juniors diplômés du supérieur sont exclusivement au chômage ou inactifs. 3,3 pour cent des titulaires de bac plus deux. 6,5 pour cent des bacheliers ou équivalents. 8,7 pour cent des diplômés de Cap ou Bep. 18,2 pour cent de ceux du brevet des collèges. 19,9 pour cent des non-diplômés ou des nantis du seul certificat primaire. (Insee, France, 2003)-891.
31 pour cent des jeunes salariés non qualifiés ont un Cdi, 63 pour cent un contrat précaire. Le « bon diplôme » protège encore ! 34 pour cent des titulaires de Cap ou Bep ont un Cdi, 59 pour cent un contrat précaire. 31 pour cent des diplômés d’un bac professionnel ou technologique ont un Cdi, 54 pour cent un contrat précaire. 32 pour cent des bacs plus deux ont un Cdi, 64 pour cent seulement un contrat précaire. 51 pour cent des diplômés de deuxième cycle du supérieur ont un Cdi, 44 pour cent un contrat précaire. 56 pour cent des diplômés de troisième cycle ont un Cdi, 40 pour cent un contrat précaire. 36 pour cent des jeunes salariés actifs de quinze – vingt-neuf ans toutes qualifications confondues ont un Cdi et 59 pour cent un contrat précaire. (Céreq, France, 2001)-892.
Les seize – vingt-neuf ans totalisent un taux de chômage de 14,5 pour cent. Les jeunes diplômés du supérieur de 8,7 pour cent. Les titulaires d’un « bac plus deux » de 8,3 pour cent. Ceux d’un bac ou équivalent de 11,6 pour cent. Ceux qui ont un Cap, Bep ou équivalent ont un niveau de chômage de 15,3 pour cent. Ceux qui possèdent le brevet des collèges chôment à 21,1 pour cent. Ceux qui n’ont aucun diplôme ou le seul certificat d’études primaires sont chômeurs à 31 pour cent. Tous ces chiffres sont bien supérieurs aux taux de chômage des adultes ! (Insee, France, 2007)-893.
En 2020 les douze – vingt-cinq ans français sont dix millions. La moitié ont de douze à dix-huit ans. L’autre moitié dix-neuf – vingt-cinq. En 2009 16 pour cent des jeunes sortent d’une formation initiale avec un bac professionnel ou technologique. 15 pour cent avec un bac plus deux. 17 pour cent avec un Cap ou Bep. 8 pour cent avec le brevet. 8 pour cent avec une licence. 8 pour cent avec un bac général. 8 pour cent avec un Dea, Dess ou master 2.
3 pour cent avec une maîtrise, un master 1. 6 pour cent avec un diplôme d’école d’ingénieur ou de commerce. 2 pour cent avec un Doctorat. 9 pour cent des juniors n’ont aucun diplôme. 41 pour cent un diplôme d’enseignement secondaire. 42 pour cent du supérieur. (Insee, France, 2009). Par rapport aux pays homologues cela est insuffisant. D’où la volonté en France que la moitié de toute classe d’âge soit diplômée du supérieur si possible niveau licence minimum.
32 pour cent des jeunes non diplômés sont sans emploi au bout de trois ans de vie active. 51 pour cent ont un emploi de type « précaire ». Concernant ceux sortis du système scolaire en 2004. Contre respectivement 14 et 33 pour cent des juniors quant à eux diplômés la même année. Le taux de chômage des titulaires de Bep ou Cap est de 17 pour cent. Plus dans le secteur tertiaire que celui de l’industrie. Le taux de chômage des bac plus deux est de 7 pour cent pour les diplômés de 2004. Les diplômés d’école de commerce ou d’ingénieurs sont les plus favorisés. Ils ont un taux de chômage de 4 pour cent et neuf postes sur dix les concernant sont en Cdi.
Les jeunes sortis de formation en 2004 sont 7 pour cent à reprendre une formation en alternance. À tout niveau de diplôme le taux de chômage des apprentis est en moyenne deux fois moindre que celui des autres jeunes diplômés. 12 pour cent des juniors issus de l’immigration nord-africaine n’ont occupé aucun emploi lors de leurs trois premières années de vie active. Plus leur diplôme est élevé, plus leur taux de chômage baisse. Les jeunes sans emploi trois ans après leur sortie des études en 2004 sont 13 pour cent à en avoir repris. 4 pour cent sont inactifs en formation. 3 pour cent sont inactifs chômeurs. 3 pour cent sont en situations diverses. Les diplômés de Grandes écoles l’emportent.
En 2004 16 pour cent des diplômés du supérieur ont un emploi non ou peu qualifié. 40 pour cent des sortants de troisième cycle débutent en emploi temporaire. C’est le cas pour 63 pour cent des non-qualifiés. 36 pour cent des premiers emplois sont en Cdi. 59 pour cent sont des Cdd, un contrat de travail temporaire ou un contrat aidé. 9 pour cent des sortants d’études 2004 travaillent à temps partiel de façon contrainte. 18 pour cent des jeunes issus de l’immigration maghrébine sont en intérim contre 7 pour cent pour les autres juniors sortis d’études en 2004.
65 pour cent des jeunes en intérim sont ouvriers. 27 pour cent qualifiés et 38 pour cent non qualifiés. 21 pour cent sont cadres. 11 pour cent des juniors sont en intérim pour leur premier emploi. En moyenne après la sortie des études les jeunes de tous rangs trouvent un emploi en trois mois et demi. 26 pour cent ont été « embauchés » immédiatement. 23 pour cent au bout d’un mois. 24 pour cent après deux à trois mois. 12 pour cent après quatre à six mois. 85 pour cent donc dans les six mois. 13 pour cent après plus de six mois.
Ces chiffres concernent les jeunes hors « Zones Urbaines Sensibles », les Zus. (Devenues en 2015 les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville, Qpv). Les juniors des Zus trouvent moins vite leur premier emploi que les autres. 5,7 mois en moyenne au lieu de 3,5 mois pour les autres jeunes. 23 pour cent sont « embauchés » plus de six mois après leur sortie d’études contre 13 pour cent pour les autres juniors. 27 pour cent des jeunes hors Zus ont eu des difficultés dès leur première recherche d’emploi. 46 pour cent d’entre eux évoquent leur manque d’expérience professionnelle. 28 pour cent disent que leurs candidatures spontanées n’ont débouché sur aucun entretien. 15 pour cent reconnaissent qu’ils ne savaient pas « comment » chercher un emploi.
14 pour cent affirment qu’il n’y avait pas d’offres en leur secteur. 9 pour cent qu’ils n’avaient pas de moyen de transport à disposition. 9 pour cent qu’ils ne savaient pas du tout à qui s’adresser faute de réseau. 7 pour cent que les conditions de travail qu’on leur proposait ne leur convenaient pas. 7 pour cent qu’ils étaient trop jeunes. 4 pour cent qu’ils pensaient avoir été discriminés. 4 pour cent que leur profil ne correspondait pas à ce que recherchaient les entreprises. 2 pour cent affichent d’autres raisons. 2 pour cent aucune. La localisation géographique sert de « stigmate ou de dopant ».
Près des deux tiers des juniors en quête d’emploi soit 65 pour cent n’ont pas de critères particuliers de recherche. Ils souhaitent surtout être financièrement autonomes. 67 pour cent des jeunes hors Zus veulent un emploi en adéquation avec leur formation. 35 pour cent à proximité de leur domicile. 29 pour cent un emploi qui leur permette « d’évoluer rapidement ». 26 pour cent un travail non répétitif, diversifié. 23 pour cent avec un salaire intéressant. 15 pour cent rapidement pour découvrir le monde du travail. Plus des deux tiers des jeunes hors Zus, 68 pour cent disent que leur tout premier emploi ne « correspondait » pas à celui qu’ils recherchaient.
En pareil cas 52 pour cent des juniors affirment que leur poste ne correspondait pas à leur qualification. 50 pour cent qu’il n’était pas dans le secteur d’activité souhaité. 11 pour cent que ce n’était pas le « type » de contrat recherché. 9 pour cent qu’il n’était pas du tout qualifié. 8 pour cent que la rémunération était moins bonne. 11 pour cent avancent d’autres raisons. 2 pour cent ne savent pas. 75 pour cent des jeunes hors Zus ont plutôt une bonne image du travail temporaire. 20 pour cent une image qui est fort négative.
L’intérim comme premier emploi est une bonne expérience professionnelle pour 85 pour cent des jeunes. Un moyen pour s’insérer dans l’emploi pour 82 pour cent. Un bon moyen pour trouver un Cdi ou un Cdd dans l’entreprise d’accueil pour 79 pour cent des juniors. Concernant les éléments plus négatifs 57 pour cent des jeunes l’assimilent à une situation ressentie comme subie. 43 pour cent à une position de « difficulté » dans le système d’emploi. Parmi les juniors hors Zus en intérim 46 pour cent recherchaient au préalable une mission d’intérim. 36 pour cent un Cdi. 22 pour cent un Cdd. 3 pour cent un contrat en alternance.
2 pour cent ne savent pas. Hors Zus 68 pour cent des jeunes ont mis moins d’un mois à trouver une mission d’intérim entre l’inscription en agence d’emploi et la mise au travail. 15 pour cent de un mois à moins de trois mois. 10 pour cent de trois mois à moins de six mois. 7 pour cent ont mis six mois et plus. 52 pour cent des juniors hors Zus citent comme avantages de l’emploi temporaire que le salaire est plus élevé en intérim que pour d’autres contrats. 51 pour cent disent que cela peut leur permettre de trouver un emploi en Cdd ou Cdi dans l’entreprise utilisatrice. L’intérim des jeunes n’est pas toujours une impasse.
42 pour cent pensent que cela permet de découvrir et tester un métier. 35 pour cent que c’est un premier emploi, une première expérience valorisante sur le marché de l’emploi. 34 pour cent prisent la liberté du travail temporaire. 31 pour cent apprécient fort le changement d’environnement. 18 pour cent trouvent que l’intérim permet de concilier travail et études. 1 pour cent ne savent pas. Selon les jeunes hors Zus les contraintes de l’intérim sont la difficulté de « construire » des projets à long terme pour 56 pour cent d’entre eux.
40 pour cent évoquent l’instabilité perpétuelle. 29 pour cent la frustration de ne pas pouvoir rester dans l’entreprise. 17 pour cent le sentiment de ne pas s’intégrer dans les équipes. 5 pour cent les horaires des missions qui ne correspondent pas toujours à l’emploi du temps scolaire. 2 pour cent d’autres contraintes. 3 pour cent aucunes contraintes. 2 pour cent ne savent pas. La majorité des juniors français déplorent la précarité, l’instabilité, la variabilité du marché de l’emploi national. Particulièrement pour les jeunes. Ce qu’ils jugent abusif.(Bva, France, 2009)-894.
44 pour cent des jeunes français poursuivent leurs études après le bac. 29 pour cent l’obtiennent. 25 pour cent ont un bac +2 à 4. 17 pour cent un bac +5. 14 pour cent aucun diplôme. 13 pour cent un Cap-Bep. 2 pour cent un doctorat. 49 pour cent des non-diplômés sont chômeurs. 28 pour cent avec un Cap-Bep. 19 pour cent avec un bac. 13 pour cent avec une licence / master 1. 12 pour cent avec un bac +2 hors santé / social. 10 pour cent avec un master 2 ou un diplôme de Grande école. 6 pour cent avec un doctorat. 3 pour cent avec un bac +2 santé / social. Tous jeunes 20 pour cent. (Trois ans après sortie d’études). 46 pour cent des jeunes ont un emploi durable dès la sortie d’études. 11 pour cent peu à peu sept mois après la fin d’études en moyenne. 57 pour cent ont un emploi stable trois ans après la sortie d’études.
12 pour cent demeurent en instabilité d’emploi. 70 pour cent ont un travail trois ans après la fin d’études. 16 pour cent sont chômeurs. Les autres en formation, reprise d’études ou inactifs. 70 pour cent des actifs sont en Cdd. 39 pour cent trois ans après la fin d’études. Dans les trois ans suivant la fin d’études les jeunes sont en emploi en moyenne seize mois. Douze pour les non-diplômés. Seize pour les bac +2. (Hors santé / social). Vingt-trois pour les sortants de Grande école. 52 pour cent des jeunes à deux parents cadres ont bac +5. 6 pour cent de ceux à deux parents ouvriers. (Étude Céreq Quand l’école est finie sur l’insertion professionnelle des jeunes en 2016 trois ans après leur fin d’études en 2013. 23 000 juniors interrogés sur 693 000 concernés. Céreq, France, 2017).
« Remuez votre champ […]. Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse. Le père mort, les fils vous retournent le champ Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage. D’argent point de caché. Mais le père fut sage De leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor ».
(J. de La Fontaine, poète, France, 1621-1695, Le Laboureur et ses enfants, fable 9, livre V, premier recueil, œuvre littéraire de morale allégorique, France, 1668). [Suite et fin].
Pour illustrer la difficile insertion professionnelle des jeunes diplômés prenons l’exemple concret de Colin, vingt-cinq ans. Il est « labellisé » d’une bonne école parisienne privée dans le domaine de la « 3 D » : le champ tridimensionnel. Compétence infographique permettant de maîtriser les techniques visuelles notamment informatiques pouvant servir par exemple à concevoir des effets spéciaux. Pour les dessins animés ou le cinéma… Malgré son diplôme, ses talents créatifs, les besoins en la matière Colin n’y a pas trouvé de travail.
Il lui est fort reproché son manque d’expérience. Son école pourtant professionnalisée ne se préoccupe pas du « devenir » de ses diplômés. Il ne peut même pas faire de nouveaux stages faute de conventions liées à ses études puisqu’il n’est plus étudiant. Son précédent stage était sous-payé, non formateur, de type « café-photocopies ». Colin doit rembourser son prêt bancaire étudiant, vit chez son père du fait du coût des loyers-895. Endettement, précarisation donc.
Il occupe en attendant mieux un poste de vendeur de magasin pour un salaire modeste, des horaires difficiles, deux jours de congé séparés en pleine semaine. Que dire des autres jeunes : les plus défavorisés, non qualifiés et exclus quand même ceux qui sont « armés » pour réussir échouent ? ! Ce pays a donc choisi de faire de toute sa jeunesse une « variable d’ajustement » par l’emploi. Les adultes sont encore et toujours prioritaires nonobstant tous les « Plans Emploi Jeunes » depuis quarante ans. La plupart des diplômes même toujours exigés, multipliés à l’infini sont « dévalués ». L’expérience compte avant tout.
Les études ne servent plus à qualifier ni employer mais « trier, occuper », faire « patienter » de plus en plus longtemps une nouvelle génération « sacrifiée, mise en attente ». Dont l’on ne voit plus l’utilité mais l’ « encombrement ». Les places rares, chères font de l’emploi du junior non un droit mais un « privilège » au prix de sa dignité, son accomplissement-896 ! Pour tenter de mieux « insérer tout jeune en tout emploi » un dispositif existe de 2013 à 2018. Le Contrat de Génération. Les Pme sont incitées par des aides financières à recruter les moins de vingt-six ans en contrat à durée indéterminée. Maintenir les plus de cinquante-sept ans en activité.
En terme d’emploi, comme en d’autres l’inégalité n’est pas seulement intergénérationnelle. Également tout autant, voire plus encore intranéogénérationnelle. Entre juniors et adultes quand dans le passé ces derniers étaient eux-mêmes jeunes, aussi aujourd’hui en leur âge mûr. Entre juniors contemporains selon qu’ils sont favorisés, titrés ou non. Ce sont les jeunes peu ou non qualifiés, diplômés qui sont les plus exclus de l’emploi, comme de la vie sociale.
Bien au-delà même si ces juniors déshérités sont les plus maltraités c’est l’ensemble de la jeunesse notamment active qui est très résolument « défavorisée ». La conférence internationale du travail du Bit de juin 2012 émet à ce sujet en conclusion de ses travaux un terrible avertissement. « Si des mesures drastiques et immédiates ne sont pas prises la communauté internationale devra affronter un désastre, celui d’une génération perdue »-897.
Dans les années 1920 et surtout 1930 de l’Entre-deux-guerres naît l’idée d’une génération « perdue ou sacrifiée ». Nombre de jeunes ont été « décimés » à la Grande Guerre (1914-1918) ou sont revenus handicapés psychiques ou physiques à vie. Quant aux autres ils vivent une époque très morose et déprimée qui ne leur est pas « favorable ». Les années 1920 dites « folles » ont été pour une minorité privilégiée l’occasion d’oublier l’épreuve en « profitant de leur vie ». La décennie 1930 est celle d’une crise économique inédite, de la montée des totalitarismes et de nouveaux combats.
Ceux d’un Second Conflit mondial (1939-1945) bien pire encore que le précédent, les terribles leçons du premier ayant été tragiquement ignorées ! Les juniors en seront une fois de plus les premières victimes et beaucoup y laisseront leur vie. Prenons garde à ce que ceux des temps à venir ne vivent le même sort funeste ! Quand des déchirements éclatent par l’incurie, l’impéritie adultes les jeunes sont toujours perdants ! Que la France fasse un meilleur sort à sa descendance. Contrairement à ce junior hexagonal de haut niveau gratifié outre-Atlantique d’un type de rémunération, d’intérêt de l’emploi, de responsabilités double. Par rapport aux étiques conditions lui étant proposées en son pays. Méditons là-dessus !
D’un côté j’ai le désir de faire des efforts […]
De l’autre je n’ai pas envie de faire grand-chose
Je me laisse aller […]. Un jour je suis arrivé à saturation de tout
Hadrien, seize ans-898
8
VOTRE TEMPS RÉCRÉATIF
Loisirs / Culture-s de Votre
(Andro) Nouvelle Génération
Être capable d’occuper intelligemment ses loisirs
Tel est l’ultime produit de la civilisation
B. Russell
Philosophe, homme politique
Royaume-Uni, 1872-1970
La Conquête du bonheur
Œuvre philosophique, Royaume-Uni, 1930
Presque tout ce qui caractérise l’humanité
Se résume par le mot culture
F. Jacob
Biologiste, France, 1920-2013
Le Jeu des possibles
Essai scientifique philosophique
France, 1981
Que vivez-vous, jeune, au travers de vos loisirs ? Quel « sens » donner à vos pratiques récréatives de junior ? Il existe également des traits distinctifs d’une vraie culture juvénile très typée. Nous nous interrogerons aussi sur le pourquoi d’une culture et d’une culture si spécifique au temps de votre jeunesse. Seconde nature et mode de vie !
La jeunesse occidentale et française d’il y a encore un siècle notamment la plus favorisée axe ses loisirs et sa culture sur d’autres « fondements » que celle d’aujourd’hui. Cela a quasi disparu depuis un demi-siècle. Cette néogénération d’alors est façonnée par les humanités classiques de l’Antiquité gréco-romaine, du christianisme, des auteurs du Grand Siècle, de la philosophie des Lumières… Au sein de « vieux lycées d’élite » fermés héritiers des anciens collèges et lycées royaux et impériaux.
Ces habitus reposent alors sur l’approfondissement, la permanence, l’exigence. Les jeunes actuels même les plus intellectualisés des meilleures formations supérieures étudient par pur utilitarisme. Non par réelle passion académique. La culture mercantile dominante est superficielle, d’artifice, éphémère, vise la facilité. Basée sur l’excitation multisensorielle immédiate. Il ne restera rien de durable, significatif à l’adultisme. Ni dans l’histoire future et à long terme de l’humanité.
Une société « dopée à la pleine vacuité culturelle, civilisationnelle, morale, du factice ne brassera que du… néant » ! Le contentement se suffit de la facilité, du médiocre quand la réalisation de soi requiert l’exigence la plus élevée. Or, des « lueurs d’espérance » subsistent malgré tout ! Ainsi en 2011 cinquante jeunes s’engagent pour cinq ans autour de W. Mouawad. (Homme de théâtre libano-canadien contemporain). En un projet nommé : Avoir vingt ans en 2015.
Avec cinq groupes de dix juniors venant de Mons, Montréal, Namur, Nantes, la Réunion. Vingt accompagnateurs. L’idée vient d’Incendies. (Drame théâtral, W. Mouawad, Canada, France, 2003). Une aïeule y dit à sa petite-fille : « Si tu veux t’en sortir tu dois apprendre à lire, écrire, compter, parler, penser ». Chaque verbe correspond à une année, un séjour des jeunes. Lire à Athènes, Écrire à Lyon, Compter à Auschwitz, Parler en Afrique, Penser en mer. L’objectif est culturel, humaniste, spirituel. Il sera pleinement atteint. En ardents partages, communion, découvertes juvéniles de par le vaste monde.
Le sens de la vie est de trouver votre don
Le but de l’existence est de le partager
W. Shakespeare
Poète, dramaturge
Royaume d’Angleterre, 1564-1616
[ VOTRE « FOLLE PASSION LUDIQUE » ]
DE JEUNESSE DU SIÈCLE
L’essentiel de vos loisirs, goûts récréatifs de jeune n’est pas celui des adultes. Car vos « aspirations » de cadet en la matière comme en tant d’autres divergent fort. Vos attentes juvéniles pour le temps libre sont très grandes. Vos études, emploi sont généralement appréhendés comme corvée, non accomplissement de soi. De fortes déceptions de vos loisirs ne peuvent donc manquer de survenir chez vous, junior.
Vous vous reconnaissez le plus souvent plus comme « consommateur de loisirs-passions » que d’ « études, de travail-pensums ». Les objectifs poursuivis et bénéfices escomptés par vous, jeune, en matière de détente sont tels que vous vous y investissez volontiers « corps et âmes ». Peut être plus qu’en nul autre domaine. D’autant que ces délassements sont prioritairement partagés avec vos pairs plus que solitaires. Ce qui y ajoute une motivation de surcroît aux plaisirs du « temps à soi ».
J.-B. Grenouille naît à Paris en 1738. Il est passionné par l’odorat, les odeurs, les parfums, la parfumerie. Il accomplit dès l’adolescence un apprentissage en la matière. Puis de dix-huit à vingt-cinq ans Grenouille vit en reclus pour peaufiner son art, le conceptualiser. Il invente un chef-d’œuvre olfactif, le Parfum des parfums. Le grand ouvrage de sa vie réalisé Jean-Baptiste meurt à Paris en 1767 à vingt-huit ans. L’histoire pourrait s’intituler : « Une passion juvénile au temps du roi Louis XV ». (France, 1710-1774). Ce jeune fait de sa passion un loisir et de son loisir un état. Par son odorat unique surdéveloppé il crée un singulier parfum inédit à partir des exhalations corporelles de jeunes filles.
Qu’il doit au préalable assassiner à cette fin. Un jeune mâle « dérobe l’essence » de jeunes femelles. Symbolique des plus fortes ! Telle est l’intrigue littéraire fort originale du roman d’horreur, de mystère de P. Süskind, Le Parfum. (Allemagne, 1985)-899. Souvent le loisir juvénile est bien plus qu’un simple passe-temps. À l’âge de toutes les passions il s’agit d’un investissement personnel humain fort et prenant. Un total don de soi. Une obsession et un accaparement de tous les instants. Jusqu’à la « monomanie ». Tel le « geek ou le nolife » passionné exclusif dépendant et fou du Web. Qui n’emplira ses journées que de son « obsessionnelle folie » au détriment de tout le reste !
– Vos Distractions Spécifiquement –
Exclusivement « Junior » ?
Loisir-s est un terme du douzième siècle issu du « latin licere, être permis. Temps de la vie qui n’est affecté ni au travail ni au repos ni au sommeil. Occupations, distractions pendant le temps de liberté ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-900.
Les loisirs des jeunes sont les moments et pratiques récréatifs qui ont pour objectif leur délassement, épanouissement et plaisir. Le loisir est le « champ de prédilection » des juniors et même l’attribut principal du ministère de la Jeunesse. Elle est à un âge où ses appétences naturelles la mènent avant tout en dehors de chez elle fort attirée par des activités extérieures avec les pairs. Pourtant que de ratés, frustrations en cela !
Comparativement aux grands pays occidentaux l’offre ludique est loin d’être « négligeable » mais comporte de trop nettes insuffisances. Les équipements sont parfois trop limités. Par exemple en sports pour la région Île-de-France. Dès 2005 un rapport du Conseil Économique et Social Régional de cette même collectivité souligne des « failles ». Surtout un manque de quatre-vingt-dix-mille mètres carrés de surface d’eau de piscine pour les nageurs. Notamment à Paris, comme également en Seine-Saint-Denis.
La région comporte quatre cents bassins publics et privés de natation. Il en faudrait au moins cinq cents soit un déficit minimum de cent. Plus d’une piscine sur quatre est vétuste, exige des travaux de rénovation. La région devrait accomplir un effort de subventions. Structures et horaires, activités et encadrement ne sont pas assez ou toujours adaptés aux attentes des jeunes. Il y a ceux qui manquent de récréativité, ceux qui en ont trop, ceux qui ne savent l’organiser ou s’y épanouir.
L’équilibre en la matière est très difficile ! La gestion du temps que l’on s’accorde pour se faire plaisir est malaisée. Ce temps est excessif ou insignifiant, passe trop vite ou trop lentement. L’on s’ennuie ferme ou l’on est déçu que tout soit déjà fini. Les loisirs sont trop riches ou trop pauvres. Généralement ils laissent un goût plutôt amer d’incomplétude, d’inachevé, de fadeurs diffuses, indéfinies. Qui se mue en véritable malaise existentiel. Nous sommes en présence d’un paradoxe douloureux pour toute la jeunesse-901.
Jamais en l’histoire des hommes elle n’a bénéficié de possibilités de loisirs aussi vastes ! Jamais elle n’aura à tel point éprouvé le sentiment de nullement ou presque y trouver son « plein et entier contentement ». Il y a des retards de notre pays pour les loisirs juvéniles. Ceux des enfants sont incomparablement plus étoffés que ceux qui sont proposés aux seuls quinze – vingt-quatre ans. Pourtant les jeunes semblent vivre le syndrome de l’enfant. Tant assommé de jouets, jeux pléthoriques qu’il ne sait que choisir, n’en apprécie plus aucun, se lasse bien vite.
Ainsi un garçon étudiant de vingt ans se confie à ce sujet à l’auteur. « Nous faisons généralement semblant de faire la fête, nous nous étourdissons bien plus que nous ne nous amusons en réalité. Le cœur n’y est pas » ! La « fièvre du samedi soir » n’est plus pour cette jeunesse désorientée ce qu’elle était pour ses aînés au même âge ! L’enjeu n’est que de « donner le change ». Les vraies priorités pour la détente du junior sont à redéfinir-902.
Les loisirs des jeunes concernent surtout trois domaines principaux. D’abord les activités physiques et sportives, individuelles ou collectives, scolaires ou extrascolaires, en amateur ou de compétition, en club ou non. Ensuite les sorties d’agrément : promenades, fréquentations des cafés, bars, restaurants, boîtes de nuit, fêtes, soirées informelles privées ou organisées, institutionnelles. Comme les soirées étudiantes ou les regroupements divers entre amis en extérieur ou chez les uns, les autres. Les sorties en parcs de loisirs, fêtes foraines… Puis les départs de fins de semaine, les vacances ou voyages en famille avec des amis ou en solitaire.
Il n’est pas rare que les activités physiques et sportives juvéniles soient loin de sublimer l’esprit d’émulation. De rigueur, d’effort, de maturité, de dépassement, d’harmonie. Qu’elles exacerbent donc plutôt l’agressivité, les rivalités, la haine de l’autre. Lequel est alors considéré en ennemi à abattre par tous moyens plutôt qu’en compétiteur à respecter. La socialisation avec, par autrui est donc trop souvent remplacée par le grégarisme, l’atavisme les plus ravageurs qui étiolent, enferment-903. L’on s’amuse plus « côte à côte qu’ensemble ». Le loisir juvénile n’a plus pour but le délassement sain, la vraie réalisation de soi mais l’ « étourdissement » pur et simple !
Les pleins bienfaits du sport, de l’activité physique ne sont plus à démontrer pour la santé physique, psychique, sociale des humains. En particulier des juniors. Même si à l’instar de l’ensemble de la population les jeunes font plus de sport que jadis cela reste insuffisant ! Comparativement à ce qui se pratique chez les juniors des pays homologues. Les heures hebdomadaires obligatoires d’éducation physique sont encore limitées dans l’enseignement secondaire. Facultatives dans la plupart des établissements d’enseignement supérieur.
En lesquels relativement peu d’étudiants s’inscrivent au sein des associations sportives. Pour le jeune le sport n’est pas assez un moyen de préserver sa santé, développer son anatomie, s’épanouir physiquement, comme moralement. Dans la mobilité du corps, la convivialité en intégration sociale. Trop le considèrent encore comme simple moyen de défoulement rageur sans nul profit pour soi, au détriment d’autrui. Érigé alors en machine de guerre pour réduire l’adversaire il dégénère en règlement de compte. Le vrai bénéfice sportif en est alors perdu.
Le mauvais exemple est donné par les adultes en personne par le sport professionnel qui livre aux jeunes une nocive image erronée. Les athlètes stars-modèles n’ont pas toujours eux-mêmes les meilleurs des comportements. La pitoyable attitude de l’équipe de France de football l’a encore démontré lors de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Le sport est gangrené par le profit financier et la triche, le dopage et la vedettisation, le nationalisme outrancier, la violence. Cela retentit sur l’adolescent qui reproduit parfois le pire par simple mimétisme. Il ne s’y retrouve pas vraiment, s’y aigrit. La plupart des jeunes pratiquant un sport le font en amateur, non à titre professionnel ou de compétition.
Ils se répartissent aussi entre les sports individuels ou collectifs, scolaires ou universitaires et hors études, en clubs ou en associations ou librement. Notamment le cyclisme, la natation, la course à pied ou le tennis, le football… Il y a le sport que l’on pratique, celui auquel l’on assiste en spectateur physiquement ou par vidéos interposées. Les équipements sportifs scolaires, municipaux et autres restent encore trop peu nombreux, mal répartis, à horaires inadaptés, vétustes, pour ne pas dire obsolètes. De très gros efforts restent à accomplir en la matière. Concernant les sorties récréatives les jeunes aiment fort à déambuler, flâner, comme deviser entre eux.
Surtout dans les espaces publics extérieurs. Fréquenter à deux, souvent en groupe cafés, bars, restaurants, boites de nuit, clubs festifs, raves parties, tous rassemblements récréatifs juvéniles. Plus ou moins improvisés, autorisés. Ils apprécient fort de se retrouver en soirées entre amis, « teufs » c’est-à-dire fêtes en langage ado « verlan ». Chez les uns, les autres ou en des lieux plutôt insolites, plus ou moins « squattés » ou encore en plein air quand la météorologie le permet. Nous avons déjà dit à quel point débordements, ennuis, frustrations pouvaient gâcher les sorties de la jeunesse.
Il n’en reste pas moins que celle-ci en attend beaucoup, y aspire, trouve un exutoire salvateur compensatoire à sa mise à l’écart sociale. Il s’agit aussi pour elle du meilleur moyen de partager, vibrer, communier avec les pairs. De même les départs en week-end, vacances, voyages « forment la jeunesse » comme l’on dit. Ils lui permettent surtout de s’évader avidement du morne quotidien d’une semaine, un trimestre, une année de travail. Ces séjours peuvent être scolaires, familiaux ou amicaux.
Ils rythment fortement le temps de vie néogénérationnel, lui apportent aussi une sorte de « respiration, d’oxygène » cyclique. Toutefois les attentes sont souvent telles que de fortes déceptions s’ensuivent immanquablement. Trop couramment ces séquences de non-labeur ne sont pas occasion de repos, détente, d’enrichissement. Plutôt d’ennui, de vide, d’inactivité totale stérile. Trois types de loisirs, trois degrés de satisfaction récréative existent chez les jeunes. « Gratifiants et satisfaisants », « neutres et anodins » « rébarbatifs et décevants ». Cette configuration a un impact considérable sur le stade d’épanouissement plus ou moins avancé des jeunes.
Les juniors sont avides de délassements récréatifs, en attendent beaucoup. Cela est nécessaire à leur « construction psychosociale » propre. Différences et rapprochements existent selon les sexes, âges, milieux, affinités, personnalités, parcours et études, localisations géographiques concernées. Les jeunes sont souvent bien plus sportifs, « fêtards », voyageurs que leurs aînés avec tous les avantages et les excès que cela peut alors comporter. Les juniors sont « comblés » par leurs loisirs récréatifs quand ces derniers répondent à leurs « attentes ». C’est-à-dire quand ils en tirent un total sentiment de plénitude, d’amusement et de satiété. Cela dépend d’un ensemble de critères réunis précis.
Citons l’exemple de la « soirée fun, mégadélire entre potes » chez l’un d’entre eux. Lycéen de dix-sept ans. Ce qui peut se traduire par le fait que la fête s’est fort bien passée. Car les « copains, copines indispensables que l’on aime bien » étaient présents, l’ambiance, comme la musique étaient bonnes. Les boissons notamment alcoolisées, les mets disponibles en abondance, au goût des juniors présents. Les rires, amusements, discussions, jeux, danses, divertissements, plaisanteries, activités conviviales alors proposées ou drague avec le sexe opposé… sympathiques. Le tout en un cadre très agréable.
En résumé un moment entre soi « cool », satisfaisant pour les jeunes car conforme aux canons établis par leur génération en la matière. Libertés et plaisirs communs. Nuit, pairs, sensations. À l’opposé un temps de loisir leur déplaît foncièrement s’ils n’en obtiennent pas ce qu’ils en escomptaient. Ainsi un rendez-vous en un bar n’est pas apprécié s’il y a des défections dans le groupe. Si le lieu, son ambiance paraissent mornes, guindés et « ringards ». Si le bonheur d’échanger, de rire ensemble est trop limité… Puis entre le loisir très satisfaisant et le délassement fort décevant figure la récréativité que l’on peut qualifier de « mitigée ». Avec toutes ses infinies nuances.
Le junior en retire certaines pâles gratifications mais tout autant des désappointements plus forts encore. Souvent ni les unes ni les autres. L’on évoquera la sortie en boîte de nuit dont l’on a apprécié l’ambiance générale mais dont l’ « espoir » de nouvelles rencontres aura été déçu. De même la promenade en forêt certes non désagréable mais qui ne laissera pas un souvenir « impérissable ». Les jeunes considèrent comme loisirs de façon privilégiée les sorties entre pairs, le cinéma, la musique, les activités sportives.
Ils citent aussi comme tels les jeux électroniques, vidéo, comme tous types de jeux, Internet et la télévision. Viennent ensuite la communication physique, téléphonique, informatique, la radio, le shopping. Puis en une moindre mesure les juniors appréhendent comme loisirs la lecture, l’inaction totale, les activités artistiques, les sorties familiales. De façon bien plus marginale certains jeunes évoquent les activités manuelles, le théâtre, la chasse et pêche, les musées et expositions. Entre treize et vingt-quatre ans il y a plus de similitudes de pratiques de loisirs entre âges que d’irréductibles différenciations majeures. Malgré les variables de maturités.
Il y a une relative homogénéité des loisirs juvéniles néogénérationnels. Même si par rapport au jeune mineur de l’enseignement secondaire le jeune majeur des cursus supérieurs ou actif a une récréativité plus proche de celle des adultes. Plus intellectuelle, comme plus « posée » et sédentaire. Les dissemblances entre les sexes sont plus importantes. Filles et garçons accordent la même importance à la télévision, au cinéma, à Internet, l’inaction, aux sorties familiales. Il y a également des activités à tendances bien plus masculines, d’autres à connotations plutôt féminines.
Les jeux électroniques, la chasse ou la pêche et les sports sont l’ « apanage » des garçons. Le shopping, la communication, les pratiques artistiques, la radio et les sorties entre pairs sont plutôt le choix des filles. De même que de façon plus minoritaire le théâtre, la lecture, les activités manuelles, le musée. Le milieu social du junior n’a pas d’impact majeur sur ses loisirs. Même si les pratiques « élitistes, rares » reviennent surtout aux jeunes de parents des catégories socioprofessionnelles supérieures. La « sortie entre amis » est la pratique phare la seule et plus valorisée par une majorité de juniors-904.
La sortie est non seulement l’activité juvénile préférée mais aussi la toute première à être appréhendée en tant que loisir par excellence. Ensuite l’activité physique et sportive est la deuxième activité préférée des jeunes. Puis les juniors aiment fort les activités médiatiques. Télévision, radio, cinéma, jeux vidéo. Viennent ensuite aussi le shopping, la communication Internet, la lecture. Aujourd’hui Internet vient en tête de toutes pratiques de communication. L’équipement notamment mobile des jeunes, les réseaux surtout wifi sans fils s’étant fort considérablement développés. Postérieurement à l’enquête ici évoquée.
Les autres activités sont moins appréciées. L’inaction totale, les activités manuelles, artistiques. Théâtre, comme musées sont des pratiques anecdotiques chez les collégiens, lycéens. Ils sont un peu plus en vogue chez les étudiants. Les garçons préfèrent les jeux, les sports. Les filles plutôt le shopping, la communication et les sorties ou la radio, la lecture, les activités artistiques, le théâtre. Les garçons préfèrent le sport puis les sorties entre amis, les jeux électroniques, la télévision, Internet. Malgré le rapprochement des sexes le loisir juvénile reste monogenre.
Les filles adhèrent aux sorties entre amis puis en moindre mesure au shopping, à la radio, la télévision, Internet. Concernant les pratiques juvéniles effectives de loisirs telles que vécues au quotidien le « tiercé gagnant » n’est pas inattendu. La télévision, la communication et la radio sont les trois activités les plus couramment mises en œuvre chaque jour ou presque. Puis viennent les sorties entre amis, les sports. Médias, images ou sons en tout premier lieu. Puis pairs, mobilité, convivialité. Puis activités physiques et sportives l’emportent dans les loisirs exercés par les jeunes au quotidien ou presque. Suivent Internet, la lecture, les jeux électroniques, l’inaction, le shopping, le cinéma et les activités manuelles et artistiques.
Musées, théâtre sont les activités les plus rarement ou jamais exercées. La pratique d’une activité est d’autant plus marquée, plus fréquente notamment quotidienne que le junior la perçoit comme un vrai loisir. Notamment les sports, les sorties amicales, la lecture, Internet et l’inaction… Pour la plupart des pratiques de loisirs il y a fluctuations à la baisse ou à la hausse selon l’âge même des jeunes concernés. Les filles pratiquent bien plus la radio, la communication, outre les activités manuelles, la lecture, le shopping ou encore les pratiques artistiques, le théâtre. Les garçons usent plus des jeux électroniques, des sports.
La télévision, Internet, le cinéma, l’inaction, les sorties amicales sont quant à eux unisexe. Plus le milieu socioéconomique, culturel est élevé plus les pratiques de loisirs des jeunes sont choisies, élitistes. Notamment en terme de théâtre, musée, d’expositions, de lecture et d’activités artistiques ainsi que de goûts musicaux classiques. De sports « rares », golf ou équitation et aviron, aviation de loisirs, sortie sélecte… L’objectif des juniors en matière de loisirs est tout d’abord le repos. Puis très loin derrière les savoir-faire, comme l’expérience extrascolaires, ensuite passer le temps.
Citons aussi la finalité de se cultiver, développer de solides connaissances générales, se réaliser, acquérir plus d’autonomie, vivre en mondes virtuels. Puis l’amusement, la distraction, la liberté de pleine convenance. Globalement les jeunes cherchent plus à simplement « occuper » leur temps libre qu’à se perfectionner ou se dépasser. Plus l’on vieillit plus l’accomplissement de soi devient un but des loisirs ainsi que la nécessité de se reposer, détendre. Alors que les plus jeunes en sont à faire, s’amuser.
Les filles envisagent plus le loisir comme du repos, de la détente, du divertissement. Les garçons comme un mode de vie en un univers virtuel. La volonté de perfectionnement au travers du loisir est propre aux deux sexes. Les jeunes de milieux très favorisés cherchent moins que les autres à user des loisirs pour juste occuper leur temps. Plus encore que pour les juniors majeurs étudiants et actifs, les collégiens et les lycéens accordent une place très prépondérante à leurs pairs dans la vie, le loisir. Les activités récréatives entre jeunes ont leur faveur première et tout d’abord en groupe puis avec un ou une amie.
Les loisirs seul-e ou en famille sont très peu prisés. La fonction première du loisir juvénile est la rencontre ou la retrouvaille du semblable générationnel des deux sexes ou même souvent du même genre. En progressant en âge le junior s’éloigne de sa famille, se rapproche de ses pairs pour pratiquer ses loisirs. Pour la détente la plupart des jeunes élisent un lieu étranger à leur habitat. Chez les congénères ou ailleurs. Peu aiment à rester chez eux. Le choix des loisirs incombe plus aux juniors concernés, aussi à leurs amis qu’aux parents. Au fur et à mesure que le jeune avance en âge surtout pour les majeurs. En plus grande appropriation. (Observatoire de l’Enfance [et de l’Adolescence] en France, 2004).
Plus encore pour les garçons que pour les filles. En matière de loisirs, comme en d’autres le désir de liberté, d’autonomie, de confidentialité l’emporte chez les juniors. Plus d’un jeune sur deux estime manquer de temps libre. Une majorité pense avoir suffisamment de moyens financiers, d’équipements sportifs, de lieux de rencontres, de liberté parentale pour l’exercice de ses loisirs. Ce qui n’empêche pas les juniors de préférer la fréquentation des pairs plutôt que celle des ascendants. De vouloir s’affranchir des influences familiales.
Plus le jeune mûrit moins il s’accommode de ses loisirs tant en matière d’argent, de temps, d’espaces physiques disponibles. Les garçons collégiens et lycéens se disent plus comblés en terme d’argent, de libertés, des loisirs que les filles. Sans nul doute car ils en bénéficient plus que leurs homologues du sexe féminin. Globalement plus le junior appartient à un milieu « très favorisé » plus il a tendance à s’affirmer heureux des moyens disponibles pour ses loisirs-905. À l’inverse plus le jeune est défavorisé moins il apprécie la modestie du loisir qui lui échoie.
À l’été 2010 sort le thriller cinématographique britannique de H. Nakata, Chatroom. Qui retrace l’histoire de cinq adolescents, lesquels se sont rencontrés sur Internet. Ces jeunes se soutiennent fort mutuellement pour dépasser leurs difficultés quotidiennes de toutes natures. À l’origine William, dix-sept ans, internaute passionné, très dépendant crée alors un forum de discussion, chat en direct sur le Web. Pour ses pairs de la même ville. Les jeunes échangent, se livrent, « se mettent à nu » sous la houlette de leur « mentor » William. Ce dernier très peu équilibré lui-même finit par devenir le gourou charismatique mais abusif, néfaste, sectaire de la bande à sa merci.
Au détriment de celle-ci jusqu’à la pire violence. Ce film a l’intérêt de montrer à quel point Internet a pris une importance si capitale dans le temps libre, le loisir des adolescents et juniors. En volume horaire journalier et hebdomadaire et en emprise totale sur les jeunes esprits. La fiction révèle par l’absurde extrême jusqu’où peut aller cette domination du loisir informatique sur les juniors. Comment et combien certains d’entre eux si déboussolés peuvent user de façon négative, malintentionnée de ce vecteur virtuel. Pour manipuler, influencer, téléguider, décerveler et nuire à d’autres jeunes en leur vie réelle !
Le loisir informatique est privilégié, plébiscité par les jeunes car il s’agit pour eux d’un outil multiforme. D’abord un moyen de communications universel, interactif et instantané « tous azimuts ». Ensuite un pôle d’information, de culture et loisirs démultipliés. Puis un outil de purs virtualité, imaginaire à distance, sans limite. Tout ce que sont et aiment les jeunes y est. Internet les comble de façon jouissive tels des enfants en confiserie libre-service. Désir ardent de communion intense, infinie entre soi et sur « tout et tous » semblables des deux sexes. Vrai « Coffre au trésor » culturel gratuit, inépuisable, sans fond ni fin de type quasi psychédélique et d’excitation plurisensorielle. Sons, images, vidéos, écrits… Monde si clos, irréel, abstrait et magique en lequel tout semble possible, nimbé d’un halo sensuel physique et moral.
Qui brise tous les tabous, abat toutes les barrières. Raison pour laquelle surtout pour les garçons la Toile est illusion, catharsis initiatique, gai royaume irrésistible du jeu, du merveilleux. Laquelle permet alors d’assouvir tous les fantasmes, fantasmagories, fantaisies. Même les plus inavouables, sexuels, érotiques, comme les plus violents, déviants. Internet plait aux jeunes car cela les met « au pouvoir », ce qui leur est interdit en la vraie vie. Répond à leur « imagination » ludique et romantique débridée. C’est pour tous les juniors la quintessence de la « jouissance absolue ». Du « tout, tout de suite, avec tous, quand et ou, comme je veux », à portée d’écran-906. Prenons garde qu’à force de cybervirtualité le junior ne s’enferme en une irréalité nocive de toute puissance infantile des plus illusoires !
Un exemple parmi mille de l’inventivité, la créativité des idées, initiatives étonnantes, formidables que peuvent avoir les jeunes. En matière de loisirs, comme en bien d’autres. En janvier 2012 deux adolescents canadiens de Toronto envoient vers l’espace un petit personnage. Celui-ci est composé de pièces en plastique Lego, atteint l’altitude de vingt-quatre kilomètres. Soit le double de ce à quoi parvient habituellement en moyenne l’aviation commerciale.
L’aventure est filmée en continu puis diffusée à la télévision et sur l’Internet. Matthew et Asad, lycéens de dix-sept ans ont fixé leur petit astronaute miniature brandissant le drapeau de leur pays, le Canada à un ballon météorologique. Ce dernier gonflé à l’hélium, embarquant également quatre mini caméras vidéo et un téléphone mobile. Le cosmonaute en modèle réduit était équipé d’un petit parachute en nylon pour pouvoir ensuite revenir sur Terre « sain et sauf ». Le vol aura duré plus d’une heure et demie.
Les superbes images tournées montrent la figurine spationaute environnée d’un tapis de nuages blancs, comme de ciel azur puis noir dans les strates supérieures. Le ballon a explosé à vingt-quatre kilomètres de haut, l’espace commençant quant à lui à cent. Le petit aventurier de plastique a ensuite été récupéré intact grâce au Gps du téléphone cellulaire. À cent vingt kilomètres d’écart du lieu de son envol-907. Les jeunes ne passent pas tout leur temps libre à s’ennuyer, « faire des bêtises ». S’adonner à des occupations médiocres, illicites et amorales ou dangereuses. Ils sont fort capables d’audace, d’originalité et d’idées non communes.
Ils savent « à fort bon escient » innover dans leur récréativité, comme en matière d’actions altruistes et généreuses. De défis sportifs, technologiques, culturels et artistiques, littéraires et spirituels, comme d’idéaux des plus résolus… Ainsi en 2018 les juniors du monde entier se sont-ils illustrés avec fort brio en matière sportive. À l’occasion des Jeux Olympiques d’été de la Jeunesse à Buenos Aires. Ces Jeux concernent les quinze – dix-huit ans tous les quatre ans. Les Jeux d’été suivants ont lieu à Dakar en 2022. Les derniers Jeux d’hiver se déroulent à Lausanne en 2020. Les suivants en la province du Gangwon en Corée du Sud en 2024.
– Vos Divertissements Néogénérationnels –
« Mitigés, à Double Tranchant »
Nul ne peut nier qu’il existe des tendances ou préférences majeures en matière de loisirs propres à l’ensemble de votre néogénération. En tant que telle. Improvisation, déstructuration, intensité extrême. L’on peut également isoler vos tendances particularistes et distinctives selon vos différents groupes de jeune. Vos loisirs juvéniles sont souvent improvisés car vous, junior, aimez bien suivre vos pulsion, intuition du moment. Plutôt que vous contraindre à organiser à l’avance. Ils sont déstructurés car la fantaisie est plus la nature de votre jeunesse que le formalisme ritualisé rigide.
Le loisir du jeune se veut intense car cet âge est celui des sensations fortes et communions les plus totales. Les garçons aiment plutôt tous les loisirs de groupe souvent entre eux sans les filles surtout mobiles, comme physiques. Ils sont en moyenne plus sportifs que les homologues féminines, préfèrent les sports plus « violents ». Les sorties notamment nocturnes, en lieux insolites, alcoolisées, en bars, boîtes de nuit… Ils partent plus en week-ends, vacances ou voyages sans leur famille qui y consentent plus volontiers que pour les filles. Pour des raisons de sécurité surtout concernant les mineures.
Les filles apprécient bien plus que les garçons les loisirs solitaires, à deux ou en plus petit groupe. Elles sont moins mobiles, physiques que les garçons, moins sportives, adeptes de sports plus « doux ». Des sorties, loisirs en intérieur, diurnes, en lieux plus sécurisés avec moins d’alcool… Les congés sont plus souvent familiaux ou accompagnés surtout avant dix-huit ans. De même les loisirs des jeunes peuvent varier selon les maturités, les âges. Distinguons schématiquement deux catégories. Les adolescents en études secondaires de treize – dix-huit ans résidant chez leurs parents.
Les juniors en études supérieures ou actifs de dix-neuf – vingt-quatre ans vivant pour une bonne part d’entre eux en dehors du domicile familial. Le premier groupe pratique plus de sports que ses aînés, plus fréquemment, plus intensément. Les plus vieux ont plus de loisirs, font notamment plus de sorties en particulier nocturnes que leurs cadets. Car ils bénéficient de plus de libertés et de temps que les plus jeunes qui sont encore mineurs, chez leurs parents donc plus et mieux « surveillés ».
Dont l’essentiel du temps est consacré aux études fort prenantes au collège, lycée. De même les plus âgés partent plus souvent en week-end, vacances, voyages, en outre sans leur famille, seuls ou surtout entre amis… Il y a également de nettes disparités en matière de loisirs entre les jeunes des milieux favorisés, classes supérieures et moyennes d’une part. Ceux des couches dites « populaires » de l’autre. Les premiers feront ainsi plus de sports individuels, coûteux, élitistes comme le surf des neiges, les sports aériens tels l’aviation de tourisme ou le planeur. Des activités nautiques comme les régates en mer.
Les autres, des sports collectifs, plus « courants et accessibles » comme le football. De même en matière de sorties celles des juniors des milieux plus modestes ont tendance à être extérieures, en milieu ouvert public et accessible à tous. Celles des jeunes bien plus favorisés en un cadre intérieur fermé, sélectif, ouvert aux seuls initiés choisis. Les départs systématiques de fins de semaines, vacances, voyages sont plus fréquents, de longue durée et lointains. Pour des destinations plus coûteuses, sélectes, moins courantes pour les juniors aisés que pour les autres. Qui « se contentent » de récréativité plus modeste et à proximités géographiques.
Il y a similitude entre les loisirs des milieux socioéconomiques, culturels élevés et ceux des jeunes ayant fait ou accomplissant de hautes études supérieures. Ressortissants des zones d’habitat privilégiées et ayant un parcours d’élite. Les habitus du temps libre sont bien plus « choisis » que ceux des juniors plus modestes. Les affinités, comme la personnalité de chaque jeune, son éducation jouent un rôle majeur en ses choix de loisirs. Ainsi un solitaire timide introverti préférera un sport individuel de détente comme la natation.
Un extraverti appréciant le rapprochement humain optera pour une activité physique collective très mobile de contact comme le rugby. En matière de sorties un « rêveur intellectuel » appréciera une conversation intimiste en un bar en tête-à-tête. Le « joyeux drille » adorera une « virée » en compagnie très nombreuse en discothèque. Il y a aussi les « casaniers » si peu adeptes des départs « au long cours » pour leurs vacances. Les « aventuriers » qui se lanceront avec jubilation en des équipées lointaines plus ou moins sauvages et organisées. Les politiques publiques des loisirs juvéniles notamment sportives sont certes plutôt dynamiques.
Elles « gagneraient » à l’être bien plus encore. Car comparativement à leurs homologues occidentaux les jeunes français manquent trop d’activité physique. Les organismes publics, privés de loisirs de la jeunesse jouent également un rôle important pour la récréation des juniors. Comme les auberges de jeunesse, les Maisons des Jeunes et de la Culture, Mjc ou l’Ucpa, Union nationale des Centres sportifs de Plein Air… Les loisirs sainement pratiqués contribuent au ressourcement des juniors quand certains débordements conduisent à l’effet inverse.
Le loisir juvénile a du mal à combler l’attente ludique, conviviale, de détente, mobilité physique. Il est aussi un mode de socialisation restrictif réservé au groupe des pairs phares de ce temps de vie particulier. L’amitié, les loisirs partagés contribuent trop peu à la construction et l’épanouissement propres du jeune. Trop souvent son loisir est vécu égoïstement pour lui-même au détriment du véritable rayonnement relationnel avec, pour autrui. Souvent pauvre, convenu le loisir des jeunes est pour eux décevant, ennuyeux et aliénant même parfois. Ils sont alors bien loin d’en retirer tout le contentement initialement prévu, espéré.
La collectivité nationale, les intervenants privés se préoccupent des loisirs de la jeunesse. En particulier l’actuel « ministère des Juniors » : celui de l’Éducation en charge des jeunes développe de fort bonnes initiatives en la matière. Notamment pour ce qui est des séjours de vacances, activités éducatives, culturelles, sportives, récréatives, associatives. Toutefois l’envergure, l’impact des dispositifs mis en œuvre, les publics concernés restent limités. Les initiatives privées « prennent le relais » mais leur coût pour les familles, les jeunes ne permet pas à un maximum d’entre eux d’en bénéficier. Autant que de nécessaire besoin.
Chaque année nombre de jeunes ne peuvent ainsi partir en vacances, leurs loisirs restent bornés notamment en matière sportive. Quant aux lieux festifs commerciaux leurs tarifs peuvent être dissuasifs pour une partie de la jeunesse. Les loisirs juvéniles se caractérisent donc par leur nette tendance improvisée, déstructurée et intense. Les juniors aiment agir selon leurs envies du moment. L’organisation, la préparation à l’avance d’activités préétablies ne sont pas leur « nature première » même si cela peut parfois leur arriver-908.
Souvent le loisir, la sortie choisis sont impromptus selon la conjoncture, les occasions et possibilités immédiates. Envies, désirs et plaisirs pulsionnels l’emportant alors, ces temps sont plutôt informels et sans objectifs précis ni prédéterminés. Ils suivent des « méandres pouvant paraître décousus à tout non-initié » mais qui ont toute leur raison d’être en bonne logique jeune. Cette récréativité a pour visée première d’être intensément vécue par ses participants qui recherchent donc surtout à se défouler. En un véritable « bain de jouvence » libérateur pour « oublier » le temps de la fête, la si morne grisaille du quotidien.
L’exemple extrême en est la « rave ou free party » sauvages non autorisées et en un lieu insolite. Au cours de laquelle l’on entre en transe psychédélique, alcoolique, musicale le temps d’un week-end entier. Avec ses semblables en collective communion de masse. Les loisirs de la jeunesse ont des traits d’originalité. Par exemple la soirée en une usine ou une base militaire désaffectées. Ils peuvent leur être des plus profitables notamment par leur commensalité, convivialité, force d’humanité. Ils contribuent fort à l’équilibre juvénile par le partage de rires, de paix, d’idées. Entre pairs qui se comprennent et se renforcent alors mutuellement.
Ces loisirs peuvent aussi bien appauvrir en conformant et conditionnant à la « loi du plus fort ». Des pratiques aliénantes, voire dégradantes, dangereuses, illégales aussi. Ils peuvent générer de délétères débordements de toutes sortes. Quand le légitime désir de récréativité réparatrice se mue en volonté de s’ « oublier » en l’extrême à risque pour soi, autrui. La nuisance remplace alors la détente en une sorte de fureur jusqu’au-boutiste fort destructrice et dommageable. En Europe et Amérique du Nord les loisirs de la jeunesse, mondialisation oblige se sont uniformisés depuis cinquante ans.
Les mêmes genres d’activités, de sorties, pratiques sportives, vacances prévalent de San Francisco à Zürich et Sydney, Reykjavik, à Prague, Naples. Cette homogénéisation est encore accentuée par la diffusion mondiale de standards uniformisés, comme normatifs de loisirs via les médias, Internet. Or, des clivages s’observent entre Amérique et Europe. Au sein de cette dernière aussi entre sa partie nord et ouest d’une part, ses zones géographiques sud et est de l’autre-909. Tout en nuances.
Ces disparités entre les deux continents, les deux sphères socioculturelles, économiques européennes ne sont pas « négligeables ». Elles sont essentiellement dues à des raisons matérielles, de civilisation, éducatives. Pour tenter d’échapper à cette morosité de plus en plus de juniors recourent à l’euphorie illusoire des toxiques d’évasion, l’agressivité. Comme le jeu, le dessin de l’enfant le loisir adolescent a pour vertu de contribuer à l’affirmation de soi, la consolidation des moi, ça, surmoi. En réalité il déstructure trop souvent, confine à la solitude parfaite.
La ville moderne offre peu de vraies possibilités adéquates de détente aux jeunes. En la matière l’enfant est mieux loti. La vie sociale récréative juvénile s’effectue prioritairement hors de la famille verticale d’origine. La plupart des juniors sortent entre eux, s’invitent mutuellement, organisent des festivités, réjouissances entre jeunes amis. L’amitié entre pairs prévaut. Une petite minorité de juniors reste isolée, solitaire, séparée de ses semblables. Par blocage, préférence, manque d’envie, de sociabilité, de temps ou restrictions parentales. Au fur et à mesure de la progression en âge les sorties entre pairs se multiplient.
Du fait de plus de libertés, latitudes accordées aux mineurs par les parents plus encore aux lycéens qu’aux collégiens. Plus encore d’autonomie, d’occasions, de moyens pour les jeunes majeurs étudiants, actifs. La majorité des juniors disent avoir beaucoup d’amis. Ils apprécient de s’épancher auprès de leurs pairs de sorties. Même nanties d’autant d’amis de sorties que les garçons les filles ont tendance à se sentir plus solitaires. En dépit du fait qu’elles se livrent bien plus qu’eux encore à leurs semblables. Les étudiants sortent donc beaucoup. Leur temps libre est déterminé par leur milieu social, leur éducation, leur parcours d’études.
Les amateurs de théâtre, musée, d’expositions, opéra, de concerts classiques sont plutôt d’extraction « supérieure ». Bacheliers généraux plus âgés surtout filles. Les sorties plus « populaires », exhibitions sportives, soirées récréatives étudiantes, discothèques, bars, cafés… concernent surtout les garçons. Les plus jeunes, d’origines bien plus modestes, les bacheliers technologiques ou professionnels. Les filles étudiantes optent surtout pour des sorties culturelles. Les sorties masculines sont plus diverses et variées que celles des filles. Les étudiants littéraires cultivent plus souvent des sorties culturelles classiques.
Comme le théâtre, les musées que les autres étudiants. Dans les cursus majoritairement féminins les garçons ont des pratiques de loisirs qui se rapprochent de celles des filles. Dans les filières à très forte dominante masculine les filles ont des sorties similaires à celles des garçons. Il s’agit d’une sorte de net mimétisme socioculturel et néogénérationnel. Les filles préfèrent les sorties au restaurant, les garçons celles au café. Les étudiants en couple ont moins de sorties de type juvénile, les différences entre les sexes en matière de sorties ont tendance à s’estomper.
Les activités physiques et sportives sont parmi les pratiques de loisirs les plus prisées des jeunes surtout les garçons. Une majorité des treize – vingt-quatre ans exercent un sport extrascolaire en club ou non, seul ou à plusieurs. Le sport a la vertu éducative juvénile de la liberté, de l’autonomie, de l’insertion groupale et de l’inculcation d’une éthique existentielle. Pour nombre de juniors le sport occupe même quelques heures par semaine. Les garçons y consentent plus de temps que les filles, y sont deux fois plus nombreux qu’elles à s’y adonner. Souvent le jeune accomplit plus d’une activité physique.
La pratique notamment en club baisse avec l’âge, concerne plus le jeune mineur que le junior majeur. Concernant les activités sportives les plus menées chez les jeunes l’on peut citer le football, la natation, le tennis. Aussi le handball, le basket-ball, le volley-ball et l’athlétisme ou les sports de combat, d’autodéfense… L’objectif sportif des juniors est le plaisir, la convivialité de pairs, la santé. Pour les jeunes plus âgés les garçons veulent se muscler et les filles maigrir. Une minorité vise les compétitions, l’émulation, la victoire. Les juniors favorisés, en études générales, surtout les garçons font bien plus de sports que les autres.
De milieux populaires et en formations professionnelles notamment les filles. Plus le milieu d’origine est modeste plus les différences entre les sexes croissent. Le sport juvénile est plus fréquent en zone urbaine que rurale. Les jeunes actifs physiquement se ressentent en meilleures santé et estime d’eux-mêmes que les autres juniors. Ils ont une meilleure prévention sanitaire notamment en terme d’hygiène de vie alimentaire, de sommeil, tabagie. L’activité sportive n’a pas de retentissements réels sur les consommations alcoolisées, celles psychédéliques. Cela vaut pour la pratique sportive régulière modérée, comme « normale ».
L’abus, l’excès d’activité physique et sportive très intensive peuvent causer des problèmes de santé notamment féminins. Des addictions alcooliques et aux stupéfiants, des prises de risques inconsidérés, violences et déviances. Cela est plus accentué et fréquent que chez les non-sportifs et ceux qui pratiquent des sports sans nuls excès. Naturellement la pratique sportive même modérée, prudente peut induire des accidents notamment chez les filles. À la mesure des usages, comme des risques pris. Généralement les pratiques sportives des jeunes sont encadrées, balisées et sécurisées.
La règle, la discipline, l’ordre y règnent. L’accident peut se produire par non-respect des codes ou car l’activité en elle-même induit la potentialité de dérapages. Plus que dans des sports plus paisibles. Ainsi le tennis de table comporte-t-il moins de dangers possibles que les sports de combat ou de grandes vitesses motorisées. L’incident peut provenir de la dureté de l’environnement alors concerné comme en spéléologie ou alpinisme. De sports physiques et à protagonistes compétiteurs engagés pour gagner, éviter la défaite comme en rugby ou boxe. Avec enjeu de lutte sans merci.
Dangers de milieux, humains se conjuguent en certaines compétitions d’endurance entre concurrents en milieu hostile. Comme les courses à la voile autour du monde en solitaire. Il y a le sport conventionnel, institutionnel, très encadré, « codifié », de socialisation, comme d’émulation. Celui extrême, solitaire, d’affranchissement, de révolte comme l’apnée en haute mer et grande profondeur. L’escalade de façades d’immeubles à mains nues. Il y a risque non calculé et maîtrisé mais volontaire provoqué, très élevé et recherché pour lui-même essentiellement par les garçons.
La logique impliquée est ici « subversive et frondeuse » de défis, non de réels accomplissements de soi. Le risque, la transgression, l’excès cultivés l’emportent sur le dépassement de soi, humain, moral, éthique. Il s’agit pour une jeunesse très minoritaire de s’affirmer à sa façon en un ritualisme d’affirmation de soi et d’insertion extrémistes paradoxales. La quasi-totalité des jeunes français, comme des occidentaux de quinze – vingt-quatre ans sont très équipés en téléphonie mobile. Il s’agit pour les juniors d’aujourd’hui d’un outil capital de technologies de pointe. De mobilité et liberté, sécurité et praticité, consumérisme, communication et lien forts interpersonnels et suivis entre pairs.
Lequel abolit espace et temporalité, met à distance tout en reliant à sa tribu juvénile. Un objet personnalisable, comme personnalisé. Ce « sacro-saint mobile Gsm » est renouvelé en moyenne par les jeunes une fois par an pour rester à la pointe d’une technologie sans cesse évolutive. Une nette majorité de juniors estiment l’outil indispensable. Ils en maîtrisent mieux l’essentiel des fonctionnalités que leurs aînés. L’usage qu’ils en font est des plus multiples, plurimédias.
Téléphonie, visiophonie, télévision, radio, fonction baladeur, d’écoute musicale Mp3, Internet, messagerie audio, fonction photo, vidéo. Messages écrits, jeux et répertoire, heure, date, réveil et calculatrice. Stockage de « souvenirs » et transmission / réception de données de toutes sortes, téléchargements, discussions en ligne… Les jeunes sont les seuls à utiliser simultanément, fort bien maîtriser l’ensemble de ces fonctionnalités. (Coslin, 2007)-910.
Le téléphone mobile est la « boite à outils multifonctions » du junior. Il sert aussi à passer le temps en cas d’ennui. Il est un vrai « marqueur d’identité » psychosocial de personnalité néogénérationnelle très fort, prégnant chez les jeunes des deux sexes-911. Le mobile est le vecteur principal de la spécificité juvénile par excellence. Il se doit d’être en fonction en permanence jours et nuits pour « donner sens à sa vie », perdurer aux yeux des pairs. Il permet aussi de maintenir un lien avec les parents que cela rassure et avec les congénères même en restant dans le giron familial. Les jeunes ont besoin de s’exprimer notamment entre eux.
Le mobile permet d’abolir la souffrance de la solitude, de la séparation. Il a une dimension affective entre semblables. Il devient « nocif » quand il sert à s’enfermer en une virtualité sans contacts humains. À médiatiser des violences commises par d’autres juniors. Visionner des supports amoraux, anti-éducatifs-912. Prenons garde à ce que la jeunesse ne se replie jamais sur elle-même par le biais « obsessionnel » d’outils techniques faussement communicatifs. Si ce mouvement prend trop d’ampleur il est à craindre que cela finisse par se faire au détriment de « vecteurs d’enrichissement supérieurs ». D’un point de vue humain, moral, comme intellectuel. Aux dépens donc d’un véritable « accomplissement de soi » !
– Appétence, Bénéfices –
De Vos Délassements de Jeunesse
L’offre de loisirs qui vous est faite, jeune, est inadaptée à vos besoins, aspirations réels. L’organisation de la vie urbaine vous décourage trop souvent en instaurant des règles rigides parfaitement étrangères à vos mentalités juvéniles. Les nouveaux territoires symboliques à investir ont tous disparu. Il en résulte replis sur soi, aigreurs. Vos activités récréatives de junior ne répondent pas vraiment à vos attentes réelles. Elles sont trop souvent sources de frustrations et déceptions voire déviances, violences en tous genres.
Les jeunes ne savent pas non plus toujours les organiser, réussir. Loin d’être apaisé leur mal-être s’en trouve accru car le sentiment de gâchis, d’impuissance est immense. Cette destruction de soi, d’autrui participe du climat général dépressif de notre société. L’adolescent en souffre. Le légitime besoin des jeunes de défoulements, libre expression est mal canalisé, fréquemment perverti. Faute de structures, manifestations adéquates répondant à leurs réelles aspirations. Presque tous les enfants savent follement s’amuser quand tant de jeunes s’ennuient à périr !
De fait leur attente de réalisation de soi trouve fort peu ou mal à se contenter d’espaces, activités non vraiment pensés, conçus pour, par, avec eux-mêmes. Alors prévaut surtout l’insatisfaction. Éthylisme, tabagisme, psychédélisme sont en progression constante chez les juniors. Les sorties en bande sont pour beaucoup l’occasion de déprédations, d’excès. En une sorte de défis rageurs, surenchères permanentes. L’adolescent s’ « éteint », ne sait pas capitaliser de façon plus positive et satisfaisante son temps libre. Par absence d’orientation et d’objectifs au préalable clairement définis, atteints en pleine cohérence pour s’épanouir sainement.
Les loisirs des jeunes français comme la récréativité des juniors des autres pays d’Occident sont révélateurs. En moyenne les possibilités et les satisfactions en matière de détente sont moindres en l’Hexagone qu’au sein des pays tiers comparables ! Qu’est-ce qu’un jeune « comblé » en ses loisirs ? La finalité, la satisfaction premières attendues de ces récréativités juvéniles surtout constituées de « sorties » est la relaxation psychocorporelle, la mobilité physique et la convivialité entre pairs. Comme déjà démontré en l’espèce.
L’ennui est-il une fatalité dans le temps libre de l’adolescent ? Une jeunesse gratifiée en ses loisirs se livre à de saines occupations. En éprouve contentement épanouissant. Cultive des partages, élaborations constructifs en l’optique d’une récréation juvénile enrichissante-913. En Amérique du Nord et en Europe la plus développée les niveaux de vie sont élevés. Le culte du corps, du sport, l’éducation très libérale, la large autonomie laissée au jeune et le consumérisme sont exacerbés.
Cela favorise des loisirs plus variés, fréquents, dispendieux, sophistiqués, plus de départs, voyages planétaires. L’Europe méditerranéenne et celle des ex-démocraties populaires sont moins nanties au point de vue matériel, plus traditionnelles. D’éducation plus stricte, octroyant moins de libertés aux juniors qui cohabitent aussi plus longtemps chez leurs parents. Comme en Espagne ou en Italie ce qui limite également plus les possibilités de loisirs juvéniles. Moyens financiers et infrastructures sont moindres.
L’on peut dire que les jeunes français se situent sur une ligne « médiane » entre le premier et le deuxième groupe de pays en matière de loisirs. Ils sont plutôt favorisés mais sans la pléthore qui caractérise leurs pairs des nations « en pointe » en l’espèce comme les États-Unis ou la Suède. Les finalités d’une bonne pratique pour les juniors en matière de loisirs sont triples. Se détendre psychiquement et physiquement. Bouger, se déplacer et changer. Partager une bonne intimité avec ses semblables. Le loisir est recherché par le jeune pour la relaxation qui en est escomptée, loin de toute contrariété, comme de « prise de tête ».
Avec du plaisir, de la liberté et du contentement gratifiant. C’est souvent le cas mais nous avons dit aussi combien cette attente était fréquemment déçue. Tant il y avait forte inadéquation entre « l’espoir initial et le résultat final ». Un loisir « statique » n’est habituellement pas fait hors visionnage vidéo pour plaire aux jeunes surtout garçons. Ils sont à l’âge du mouvement et à tous les sens du terme il faut que cela « déménage » ! Ainsi plutôt que de passer tout une soirée à un seul et même endroit les juniors apprécient la succession de « micro passages ». En différents lieux et ambiances avec de nouveaux participants et activités, sujets et types de conversations… Mobilité, variations, échanges, richesse, comme émotion s’imposent donc pour la juvénilité.
À l’image des enfants en bas âge qui se lassent vite d’un jouet les jeunes éprouvent le besoin constant de mouvement. Changement, renouvellement rapide et tonique de rythme notamment en leurs loisirs. D’où encore certaines grandes frustrations face à des inerties, monotonies ou répétitions inévitables. La « convivialité » des loisirs juvéniles qu’ils soient sportifs, en matière de sorties, vacances est pour les intéressés un impératif incontournable d’adhésion, de réussite.
Les conditions en sont d’être entouré des pairs que l’on apprécie en une ambiance de bonne humeur, d’échanges fructueux. En un cadre « confortable » où l’on se sent bien adapté aux besoins juvéniles notamment la possibilité de « se laisser un peu aller ». Sans encourir les foudres du voisinage adulte. Cela fait beaucoup de conditions. Même si la « communion » recherchée est bien souvent atteinte notamment en occurrences festives elle est tout autant fréquemment « absente du rendez-vous »-914. En désir / manque.
C’est qu’un temps libre épanouissant, satisfaisant, réussi pour les jeunes requiert trois grandes conditions. S’occuper sainement. Se sentir gratifié par son loisir. Partager, faire en un sens positif. Il s’agit de ne pas s’égarer en des entreprises pernicieuses, dommageables. Or, d’opter pour une récréativité qui élève par son exigence personnelle envers soi-même et autrui. La détente concernée ne peut convenir que si elle apporte au junior une « satiété reposante ». Par l’harmonie, la profondeur des choix opérés. Le loisir altruiste, « nourricier » est par définition non destructeur. Cela signifie et implique pour le jeune qu’il vise à « se grandir » par l’ « accomplissement » de soi même s’il ne s’agit « que » d’un repas entre amis.
Non de s’avilir par des pratiques fort destructrices, autodestructrices comme le vandalisme après alcoolisations excessives. L’objectif très positif est aussi tout autant de donner aux autres un peu de ce « bonheur » même fugace. Que « prendre du bon temps » pour soi, à son seul avantage-915. Il est hélas de plus en plus observé que le loisir juniors ne sert trop souvent pas à s’évader, se détendre ni s’enrichir. Or, à donner « libre cours » aux pulsions les plus violentes, agressives, explosives. Tels autant de signes de mal-être sociétal et juvénile.
Les Seigneurs de Dogtown, Lords of Dogtown est un drame cinématographique germano-américain. (C. Hardwicke, 2005)-916. La trame est également sportive, d’action, biographique. Le film retrace l’histoire des Z-Boys, une équipe de champions de skateboard. Jeunes garçons skateurs qui ont été à l’origine d’innovations marquantes et de prouesses sportives sans précédent en la matière. En la deuxième moitié des années 1970, temps de leurs exploits ces athlètes ados américains vivent à « Dogtown », un quartier de Venice à Los Angeles en Californie.
Leur appellation de Z-Boys vient du nom du magasin de sport où ils travaillent : Zephyr. Lequel vend planches de surf et skate. Au début le matériel est peu « fiable » et la pratique des plus risquées. Puis les roues se perfectionnent, deviennent en matière synthétique antidérapante, les planches en résines plus solides. Les jeunes forment une équipe, s’entraînent et gagnent des compétitions de plus en plus réputées. Lors de la sécheresse de l’été 1976, ils ont l’idée de transmuer les piscines vides en terrains d’entraînements notamment les parois. Ce qui sera les « bowls » d’aujourd’hui !
Les principaux membres de l’équipe, personnages du film sont J. Adams, (États-Unis, 1961-2014), quinze ans en 1976. Lequel est l’une des « figures marquantes » du skateboard de son temps, connaît des dérives délinquantes. T. Alva, (États-Unis, 1957-), dix-neuf ans en 1976 crée sa propre entreprise à cet âge. Il deviendra le premier champion mondial de skateboard. Le premier aussi à réaliser de très spectaculaires voltiges aériennes en skate. S. Peralta, (États-Unis, 1957-), dix-neuf ans en 1976 est l’un des pionniers en matière de pratique du skateboard en rampe. Il crée sa compagnie et son équipe de skate.
Il devient même réalisateur et produit en 2001 le film documentaire sportif Dogtown and Z-Boys, (États-Unis) retraçant ses débuts et ceux de ses coéquipiers-917. Il écrit aussi le scénario de l’adaptation cinématographique de 2005 déjà citée. Ces jeunes témoignent ainsi à quel point les membres de leur génération savent être passionnés et faire pleinement de leurs centres d’intérêt un accomplissement personnel. Y compris en leurs loisirs. Motivés, ils savent donner le meilleur d’eux-mêmes, se dépasser, atteindre un niveau d’excellence et de perfection. Avec effort, ténacité. En cela réside un certain génie créatif de la jeunesse !
[ VOTRE INTENSE CULTURE NUMÉRIQUE ]
« PARTICULARISTE » DE JEUNE
Votre culture de junior ne peut que vous appartenir. Puisqu’elle s’est prioritairement bâtie en opposition tant avec celle de vos successeurs enfants que de vos prédécesseurs adultes. Votre « culture djeunz » n’en est donc que plus homogène, transcendant tous les clivages. Avec toutefois des nuances et différences marquées. La « culture mainstream » populaire pour tous dominante, globalisée et américanisée est la culture favorite de votre jeunesse mondiale. Une minorité plus élitiste cultive des goûts, pratiques plus « recherchés »-918. Vos us culturels juvéniles sont donc plutôt « convenus, typés », peu de juniors s’en démarquant nettement.
Un adolescent « hacker », D. Murphy crée, propage des virus informatiques. Il brise les codes, pénètre donc les systèmes informatiques. Il est alors interdit de tous écrans jusqu’à ses dix-huit ans. Ultérieurement il se rend compte qu’un virus très offensif se prépare à détruire le réseau informatique général. Il s’essaye alors à enrayer cette offensive industrielle et virale, nouvelle « invasion barbare ». Tel est l’enjeu effréné du drame-thriller cinématographique américain Hackers. (I. Softley, 1995)-919.
La culture de la jeunesse mondiale contemporaine notamment occidentale est d’abord fondamentalement numérique, informatique. Tout ou presque passe désormais pour les jeunes par les écrans vidéo de tous types. De façon permanente, comme mobile avec les « tablettes digitales tactiles » et les boîtiers SmartPhones, iPhones. La virtualité Web, comme vidéo se fait réalité de même que le réel devient virtuel. Les juniors sont culturellement une « e-jeunesse-cybergénération ».
Une « race mutante » pour qui l’humain est moins « prégnant » que l’Internet ou les réseaux sociaux. Irréalité d’autant plus frappante que le jeune « surfeur » n’est déjà souvent plus lui-même sur la Toile mais un avatar. Double, projection, représentation de soi, pseudonyme. Souvent même faux self imaginaire grimé, forgé de toutes pièces. Chimères, masques, travestissements. Besoin de l’incertaine adolescence de cacher au mieux son jeu. Le jeune adule le Web car il permet l’extraversion de l’expression, l’introversion de la distance.
Le cinéma notamment fantastique, de science-fiction joue le même rôle fantasmagorique, d’évasion pour la jeunesse. Toujours avide de sensations fortes, d’imaginaire, de rêveries. En quête d’émotions sous le primat du cerveau limbique qui en est le siège. Plus que sous celui du néocortex, cerveau du raisonnement d’usage plus adulte. Ainsi le film de cinéma de science-fiction Avatar a-t-il eu grand succès auprès des jeunes pour les mêmes raisons oniriques. (J. Cameron, États-Unis, 2009).
– Spécificités, Références –
De Vos « Prédilections Culturelles » de Jeunesse
Culture est un terme du seizième siècle, du « latin cultura. Développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés. Par extension, ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement. Ensemble des aspects intellectuels propres à une civilisation, une nation – un groupe humain, une population -. Ensemble des formes acquises de comportements dans les sociétés humaines ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-920.
La culture du jeune est l’ensemble des pratiques, des adhésions ou modes d’expression qui lui sont spécifiques ou non. Ayant trait aux productions de l’esprit pour se divertir, apprendre, s’accomplir. L’écrit est aujourd’hui « remplacé » chez bien des juniors, comme chez nombre d’adultes par la « néocivilisation de l’audiovisuel ». La culture du « tout numérique ». Les juniors sont tous fascinés par les sons, images, écrans multiples.
Cela occupe une part croissante de leur emploi du temps. Concerts, hi-fi, télévision, cinéma, ordinateurs portables miniaturisés, jeux vidéo notamment en réseaux : en ligne sur le Web. En équipes comme World of Warcraft, WoW, surfs sur Internet à très haut débit par fibre optique, création de sites Web. Usage des moteurs de recherche comme Google, courriels, échanges direct live par chats et communications Web audiovidéo Skype puis Zoom par exemple. Forums Internet d’opinion, téléchargements, transmissions de données numériques audio ou vidéo, peer-to-peer, podcastings. Inscriptions sur sites Web de réseaux sociaux personnels, professionnels, applications Internet. Tels Facebook, TikTok, Twitter puis X, Linkedin, Viadeo, Instagram, Snapchat, Periscope, Telegram, WhatsApp à espaces personnels.
Supports audio, vidéo, photos, écrits. Cyberespace, virtualité de vie : Second Life, téléphonie, tablettes mobiles tactiles multifonctions, multimédia. Aussi iPhones, SmartPhones, iPad et Sms, « ShortMessage Service » : textes écrits télétransmis sur mobile à langage elliptique. Mms, Mobile Message Service : fichiers audio et vidéo sur mobile, vidéo mobile, Web sur mobile, Internet par portables comme le iPhone. Télévision « géante » 3D et sur mobiles, cartes mémoire et clés usb multimédia ou connectique à distance notamment Wifi sans fil, informatique tous azimuts, vidéos YouTube… Messageries instantanées comme Messenger. Casques de réalité virtuelle…
Citons l’exemple formidable de ces deux jeunes étudiants français passionnés de natation. Ils ont créé dans les années 2000 un site Internet www.nageurs.com répertoriant, évaluant et donnant en détail des informations « pratiques ». Réactualisées en permanence quant à l’ensemble des piscines collectives de Paris, des provinces et de l’étranger ce qui est d’une très grande aide pour tous les usagers. Avec souvent même plus d’indications que les sites Internet municipaux officiels concernés-921. Toute cette « néotechnologie d’info-com » éveille le jeune à des centres d’intérêt qui peuvent être enrichissants.
Par exemple pour des recherches intellectuelles, son travail scolaire ou universitaire. Toutefois il arrive trop fréquemment que cela prenne une ampleur démesurée. Au détriment d’autres champs culturels « valables », constructeurs pour les juniors. Là encore l’offre culturelle exigeante de qualité à destination de la jeunesse est souvent soit indigente, soit inadaptée aux publics juvéniles. Le fréquent préjugé en cours est que ces adolescents ne sont pas « dignes du meilleur » et aptes à y adhérer ni en profiter pleinement.
Cela est une erreur ! Quand les adultes savent leur proposer des manifestations culturelles haut de gamme recevables à leur âge les juniors sont toujours capables de les apprécier. Tout dépend de la présentation qui en est faite. Pédagogie, psychologie, contenus adéquats s’imposent. Nous pouvons mieux faire. L’initiative des pouvoirs publics d’étendre la gratuité d’accès aux musées et monuments nationaux en faveur des jeunes de dix-huit – vingt-cinq ans est à cet égard à saluer. Cette gratuité était alors avant avril 2009 réservée aux seuls mineurs de moins de dix-huit ans-922.
La culture des juniors leur est spécifique depuis les années 1950, l’émergence du rock. Elle contribue à forger leur pleine identité particulière. En apparence cette culture, ces cultures juvéniles universelles qui relient les jeunes du monde entier entre eux semblent très dominantes. Par rapport à celle et celles « ringardisées » des adultes. En réalité la Culture savante établie demeure celle du classicisme académique des siècles antérieurs. La culture avant-gardiste des juniors est certes surmédiatisée. Toutefois elle reste cantonnée à son seul « ghetto néo-monogénérationnel marginal et éphémère »-923. Depuis six décennies.
Elle est très conjoncturelle, mouvante, n’a pas pour elle de pérennité historique enracinée, légitimée par la fort longue patine du temps. La culture des jeunes des années 2020 est parfaitement étrangère à celle de leurs pairs de 1990. Laquelle l’était tout autant de celle des juniors de 1960. Les dissemblances l’emportent toujours sur la continuité et un certain « fil conducteur ». Cette culture juvénile malgré sa nette valeur et son immense créativité se périme très vite. Quand la « Grande Culture » prend à jamais figure d’éternité, d’universalité, d’intemporalité.
Ainsi aujourd’hui en musique Beethoven, (Compositeur allemand, 1770-1827) s’écoute-t-il dans le monde entier tel et plus qu’il y a un siècle. Il n’en ira peut-être pas ainsi des artistes B. Dylan, (États-Unis, 1941-), Rolling Stones. (Royaume-Uni, 1962-). C. Harris, (Royaume-Uni, 1984-) ou M. Garrix, (Pays-Bas, 1996-)… La culture des juniors est si rapidement périssable, datée, dépréciée par les aînés puis les jeunes suivants avec une belle ironie grinçante. Elle n’en conserve pas moins toute sa richesse originale, inventive, innovante et esthétique. Il y a tout à la fois une culture et des cultures juvéniles en Occident, comme en France même-924.
Cette culture est uniformisée car mondialisée, américanisée parce qu’elle est propre aux goûts des jeunes, spécifique à cette génération. Elle est également multiple en fonction de certaines « caractéristiques » nationales. Au sein même des pays comme du nôtre elle peut varier en fonction des modes éphémères, époques, différents groupes, types de jeunes. Il y a une culture fort unifiée de la jeunesse en tant qu’ensemble néogénérationnel. Des cultures dissemblables des juniors en tant qu’individus différents à aspirations, appétences toujours divergentes et à de multiples points de vue.
Cette culture est conformiste en ce sens où la nouvelle génération s’y plie à des critères préétablis conformes à ses attentes particulières. Elle est tout autant anticonformiste car elle s’inscrit avant tout en réaction opposée aux standards de la seule culture adulte dominante. La culture néogénérationnelle se veut anti-intellectualiste, informelle, iconoclaste. Elle répudie la culture savante, académique, installée des aînés pour cultiver ses propres codes libertaires, déstructurés, déconstruits. La culture des jeunes est un ordonnancement original qui n’appartient qu’à eux. Elle est unique, propre à chaque génération. Chacune met un point d’honneur à se « démarquer » des précédentes.
La culture juvénile est archétypée non en regard des canons et stéréotypes de la culture adulte mais car elle suit des critères rigides. Ceux-ci sont « propres » à la néogénération. Le mode en est conjoncturel, éphémère, informel, convivial et ludique, violent, parfois d’avant-garde, iconoclaste. L’adolescent est aussi victime de cette tyrannie de conditionnement de masse. Lequel oblitère les personnalités les moins trempées, les esprits les plus fragilisés. Par franche opposition à la culture de leurs aînés la pratique culturelle des jeunes se conçoit comme anti-académique, anti-scolaire. La littérature, le cinéma, la musique classiques sont très peu prisés avant l’âge de vingt-cinq ans, de même que le musée, le théâtre ou l’opéra.
Bandes dessinées, films, romans d’horreur, d’aventure, de science-fiction, musiques dance, rock, rap, techno l’emportent. Surtout avant vingt ans ce qui limite les centres d’intérêt. La culture juvénile se veut parcellaire. Elle ignore des pans entiers des connaissances fondamentales. Cela ne lui permet pas d’appréhender tous les arcanes complexes de son temps. Exclusive elle est parfois gage d’appauvrissement, non de réalisation personnelle, d’ouverture. L’on flatte les bas instincts primaires, les pulsions basiques insurmontables par des jeunes très perturbés. Cela n’élève en rien les esprits mais les conditionne au médiocre.
Le Centre national d’Art et de Culture Georges-Pompidou (1977) à Paris organise des ateliers récréatifs pour les enfants de deux à douze ans et pour les jeunes de dix-huit – vingt-cinq. Depuis 2010 les treize-seize ans jusqu’alors « oubliés » ont leur « Studio 13/16 ». De fort nombreux ateliers tournants existent, liés aux expos. Lors de tout stage des artistes proposent aux juniors d’explorer une thématique au travers de la danse ou du moulage, de la beatbox ou la vidéo interactive.
Liberté, créativité sont toujours à l’honneur. Chacun explore sa voie guidé par les animateurs. Félix, quinze ans résume bien la philosophie de ce nouveau concept culturel pour ados : « J’aime bien faire des trucs. Là c’est moi qui fais l’art » ! Les jeunes ne sont même pas « obligés » de participer aux ateliers. Ils peuvent rester au calme, seuls à écouter de la musique ou regarder des vidéos. Le tout fonctionne gratuitement sans inscription tous les mercredis, fins de semaines, vacances scolaires après-midi-925. Heureuse initiative à saluer !
Les Rêves dansants – Sur les pas de Pina Bausch, Tanzträume est un film documentaire socioculturel allemand de 2008. Réalisé par A. Linsel, R. Hoffmann. Il « montre » les répétitions d’une belle chorégraphie de P. Bausch, (Danseuse, chorégraphe, Allemagne, 1940-2009), en 2008, en la compagnie de danse contemporaine de la bonne ville germanique de Wuppertal. Il s’agit d’une œuvre initiale antérieure de 1978, Kontakthof-926. Ici désormais réalisée non avec des professionnels adultes mais de seuls amateurs adolescents volontaires de la ville entre quatorze et dix-huit ans. Ils dansent en uniques personnages centraux de leur remarquable prestation scénique et du film.
Il s’agit pour ces jeunes d’une véritable performance initiatique corporelle, comme psychologique d’affirmation de soi. Gestuelle et maîtrise physiques, plaisirs, désirs, envies et émotions contenus et libérés, sublimés. Personnalités réelles et personnages de scène se fondent et s’expriment en une pétulante comédie musicale-vidéo adolescente touchante, irrésistible. Ce film démontre que les juniors s’intéressent aussi à la culture de qualité. Ils peuvent s’y investir pleinement pourvu que les adultes prennent la peine de bien vouloir les y initier, les motiver à s’y adonner. En toute créativité et inventivité, effort et persévérance, comme total dépassement de soi-927. L’affirmation de soi juvénile « fait merveille ».
Le spectacle de grande qualité est directement produit par ces jeunes si inexpérimentés. Sous la direction de l’une des meilleures, plus célèbres chorégraphes mondiales de danse moderne disparue depuis lors. Leur résultat fulgurant atteste de façon des plus éclatantes de leur « génie adolescent »-928. Ceci démontre que quand il est pleinement fait confiance aux juniors ils s’en montrent le plus souvent dignes.
Y compris surtout pour les entreprises les plus ambitieuses, audacieuses, originales. Ce serait une erreur que de croire que ces jeunes ne sont capables que du pire ou du médiocre. Leur âge et ses qualités leur permettent tout au contraire de pouvoir prétendre au meilleur, plus beau, plus fort, plus accompli ! L’Histoire démontre que chaque fois que les adultes ont « aidé » leurs cadets à se dépasser tous ont eu à s’en louer. À l’inverse quand les aînés ont douté des jeunes cela a nuit à toute la société !
– Votre Juvénile Monde Intellectuel –
Très Uniformisé, Contrasté Également
Votre culture de jeune se veut anti-académique par réflexe libertaire. « En réaction » contre les pesanteurs, contraintes, obligations inhérentes à vos études scolaires. La sphère de l’école étant déjà très connotée intellectuellement la culture pratiquée par vous, junior, est plutôt ludique, conviviale, humoristique et légère. Visant plus votre détente que votre stricte élucubration mentale. Votre culture juvénile est aussi anti-formaliste car votre vie courante de cadet est suffisamment empreinte à vos yeux de rigidités, rudesses.
Pour ne pas avoir envie d’ « en ajouter » dans les pratiques culturelles des jeunes. En outre la « nature juvénile » porte bien plus à la riante « fantaisie » qu’à l’ « austérité » altière. La culture des juniors est anti-classique et moderniste car le propre de la jeunesse est d’être à l’avant-garde, d’inventer des canons bien à elle. De ne pas suivre les voies déjà toutes tracées, faire ses propres choix novateurs. En répudiation de ceux des aînés jugés dépassés. Impropres à satisfaire les aspirations du présent et futur d’une jeunesse tournée avant tout vers l’inédit, le mouvement, la rupture.
Il y a incontestablement une culture jeune ce qui signifie des pratiques, adhésions, goûts communs et purement néogénérationnels. Or, les variables des différenciations humaines entre juniors nous font entrevoir des divergences dans les options culturelles juvéniles. Le premier vecteur fort discriminant est lié à l’âge. À celui du collège les néoadolescents de douze – quinze ans ont plutôt une approche culturelle encore relativement reliée à celle de l’enfance. De leur famille aussi avec des nuances.
Ainsi les aventures de Harry Potter, (J. K. Rowling, suite romanesque fantasy, Royaume-Uni, 1997-2007) peuvent-elles être tout autant appréciées par un enfant de dix ans que par un junior de quinze. Au temps du lycée les adolescents de seize – dix-huit ans ont quant à eux une culture spécifiquement « jeune » par excellence. Par exemple les films d’action ou la musique metal sont fort prisés… Dans les études supérieures ou la vie active les adulescents de dix-neuf – vingt-quatre ans se rapprochent de la culture plus « classique » de leurs aînés. Sans pour autant renier ni répudier tout ce qui « faisait leurs délices » plus jeunes-929.
Ainsi les films plus psychologiques, d’auteur ou les expositions d’art peuvent les intéresser plus qu’aux âges antérieurs. Les préférences culturelles des filles et des garçons se sont rapprochées. Il n’en demeure pas moins de vraies appétences spécifiques à chaque sexe. Les filles plus que les garçons continuent à priser ce que l’on pourrait qualifier de « culture savante ». Littérature, cinéma d’art et d’essai, musique classique, sorties culturelles : musée, théâtre, expositions d’art…
Elles sont globalement plus proches de la « sphère culturelle » au sens strict et académique que leurs homologues masculins. Les garçons sont bien moins lecteurs et plus d’écrits contemporains, apprécient fort le cinéma d’action, la musique plus « hard ». Ils fréquentent peu les lieux culturels comme les musées. Le milieu socioculturel d’appartenance, l’éducation, les études des jeunes ont toujours un impact important sur leurs goûts et pratiques culturels. Un « substrat culturel juvénile » commun à toute notre nouvelle génération existe nous l’avons vu. Façon de « se positionner » en leur unicité !
Or, les juniors les plus favorisés ont accès aux formes de culture les plus élitistes. Par des capacités économiques élevées, une origine sociale « privilégiée » et une éducation qui les a fort sensibilisés à l’exigence, l’excellence culturelles. Des études brillantes prédisposant à la proximité, la familiarité avec cette culture qui y forment et y sensibilisent. En revanche les jeunes moins gratifiés se portent plus naturellement vers des formes culturelles bien plus « accessibles » et dites « populaires ». Non moins intéressantes, formatrices pour autant. Les jeunes ruraux, comme urbains outre leurs goûts culturels juvéniles communs n’ont pas le même accès à la culture. Car notamment l’ « offre culturelle » est plus riche, plus facile d’accès dans les villes surtout importantes que dans les campagnes et les villes modestes.
Les réalités intimes et propres de chaque « individu junior » marquent fort les approches culturelles de chacun. Comptent les âges, sexes, milieux, études, localisations géographiques, parcours individuels, personnalités, modes de vie, appétences et préférences. Les envies et humeurs aussi. Tout cela transcende les clivages évoqués selon des canons juvéniles structurels et conjoncturels. Cette « culture jeune » a le grand avantage de se renouveler en profondeur, rester par définition « en avance, en l’air du temps ». Jusqu’à la suivante ! La culture juvénile est une par les unifications et les métissages, des appétences propres des jeunes. Multiple selon les « différenciations » des individus eux-mêmes-930. Les pratiques culturelles juvéniles sont alors « élitistes-supérieures », « intermédiaires-moyennes » ou « populaires-accessibles ». Selon les spécifiques milieux sociaux originels concernés-931.
À partir d’études sur la vie culturelle de jeunes collégiens et lycéens le sociologue français contemporain P. Mayol décrit sept piliers de la vie culturelle des juniors.
1- « Sans musique je meurs ». Credo de votre écrasante majorité.
2- « Votre culture d’appartement ». En systèmes d’écoutes musicales, 90 pour cent d’entre-vous, douze – vingt-cinq ans en avez outre vos téléviseurs, consoles de jeux vidéo ou vos équipements informatiques.
3- « L’image ». Vous, jeune êtes le tout premier public et le plus assidu aux écrans cinématographiques en salle, bandes dessinées ou autres magazines.
4- « Le voyage ». Que ce soit dans le réel, vous junior voyagez beaucoup plus que vos parents au même âge. Également dans le tout virtuel au travers d’Internet, de la chanson, du récit imaginaire, fantasmagorique. L’attrait pour les métiers où l’on bouge.
5- « Vos deux-roues ». De la mobylette des années 1970 au scooter ou à la moto ils sont symbole de votre émancipation vis-à-vis de votre famille.
6- « Votre curiosité intellectuelle ». Toutes les statistiques démontrent que vous, jeune êtes fort « assoiffé de connaissances » de toutes sortes.
7- « Votre refus du travail imposé ».
(Institut National de la Recherche Pédagogique, Inrp, France, 2000)-932.
Même obligés les juniors cultivent le rejet de la trilogie infernale « métro-boulot-dodo ». Ils pensent que la liberté de la jeunesse doit « durer au maximum » et qu’il faut « savoir en profiter ». La culture des jeunes est « plus » que leur culture. Elle leur permet de s’exprimer, s’échapper et se réaliser, se dépasser, se distraire, se cultiver et s’enrichir. Au-delà de ces réalités de toutes les générations de l’enfance à la vieillesse la culture juvénile est bien « plus » que cela.
Elle est surtout pour tout junior une façon « d’être et d’avoir, de faire et paraître ». Un vecteur d’identité par excellence. Est jeune qui possède viscéralement au fond de soi la « culture junior » comme seconde nature innée ! Il y a un demi-siècle la jeunesse moderne naît par une culture propre, le rock et plus d’études ! Aujourd’hui sa culture unique, particulière, à nulle autre pareille dans le temps et l’espace illustre fort un vieil adage scolastique médiéval. « De gustibus et coloribus non est disputandum. Des goûts et des couleurs l’on ne discute pas » !
– Foisonnantes Pratiques Effectives –
De Votre « Érudition » de Jeune
Votre culture de jeunesse digitale, numérique pour échanger, créer plus encore que pour vous informer est plus que jamais celle de l’image vidéo, du son. Les néotechnologies de l’information-communication. Informatique, flux Rss, surfs sur le Web, usages de Webcams : mini-caméras pour visiophonie Internet, sites Internet, blogs, notamment le réseau Skyrock. Streaming, c’est-à-dire visionnage de vidéos en direct sur Internet. Contenus audiovisuels sur téléphonie mobile, YouTube, intelligence artificielle…
Telles sont les pratiques culturelles jeunes par excellence. Avec toutes les potentialités, richesses d’information, d’apprentissages, de communication formidables que cela permet pour les juniors entre eux. L’ère de la virtualité Internet bat son plein pour ces jeunes. Avec par exemple la création de leur propre avatar imaginaire en trois dimensions, véritable double numérique d’eux-mêmes. En une existence parallèle : Second Life, Deuxième Vie. Les oreilles juvéniles sont aussi les mieux pourvues d’écouteurs audio de toute la planète. Or, l’audiovisuel fatigue et excite sensoriellement et nerveusement des juniors déjà passablement tant et si bien « désorientés ».
Ces jeunes passent en moyenne quatre heures par jour devant un écran vidéo quel qu’il soit. Cela se fait notamment au détriment de leur bon travail scolaire. Génère tout le danger d’enfermement et de perte de contact avec la réalité, de déréalisation, dépersonnalisation, solitude inquiétants. L’écrit est en nettes pertes de vitesse avec les dommages que l’on sait concernant les aptitudes à l’expression écrite, comme orale. La maîtrise des apprentissages intellectuels fondamentaux très approfondis. La superficialité, la facilité, l’illusoire l’emportent.
Toutefois les juniors ne sont pas complètement « fâchés » avec l’écrit, nombre d’entre eux apprécient grandement de lire. Il existe même un grand prix littéraire qui fait autorité attribué chaque année par des adolescents. Il s’agit du Goncourt des Lycéens créé en 1988 par la Fnac avec le rectorat de Rennes, l’appui de l’Académie Goncourt. Une douzaine de lycéens francophones âgés de quinze – dix-huit ans de France, Suisse, Belgique, du Québec font leur choix. Parmi une douzaine de livres issus de la sélection officielle de l’Académie Goncourt.
Cette excellente initiative est à saluer, encourager, reproduire en d’autres domaines culturels et autres. Une littérature spécifique pour le public adolescent se développe de plus en plus. Avec des titres, collections littéraires propres à intéresser le seul lectorat juvénile. Il est important pour nos juniors qu’ils soient éduqués à se « frotter » à toutes sortes de cultures exigeantes outre la leur. Qu’une ambitieuse politique culturelle de qualité leur soit proposée. La culture médiocre destinée à la masse des jeunes est saturée de violences, perversions.
Ce genre mercantile est produit à profusion car le marché concerné est porteur. L’accès en est facile, tentant, la promotion faite auprès d’eux réussit car elle les capte. Par un moindre coût et un attrait prometteur fallacieux. L’adolescent ne se forge plus d’opinion spécifique ni de goûts propres mais est passivement happé corps et âme par le « courant dominant ». L’accès du jeune à la culture de qualité est plus coûteux, exigeant, aride. Il requiert de sa part une démarche particulière malaisée car il est peu familier du genre plus classique, de ses modes d’appropriation si exclusivement, jalousement réservés aux seuls « initiés » !
Trop peu d’efforts sont accomplis pour inciter tout jeune à en bénéficier en dehors du milieu restreint, fermé d’une petite élite étudiante choisie. Celle-ci se coopte, monopolise les « bons plans » en pleine autarcie. La familiarisation de l’ensemble de la nouvelle génération avec tous les modes culturels notamment classique, d’excellence n’est pas chose faite. Trop d’obstacles s’y opposent. L’école et les médias, pouvoirs publics et familles, jeunes et diffuseurs culturels n’y sont pas encore assez sensibles. De grands efforts restent encore à accomplir en la matière. La jeunesse est toujours jugée digne du quantitatif, beaucoup moins du qualitatif.
Or, nos juniors peuvent être qualifiés en matière de consumérisme culturel de « génération zapping ». Le superficiel rapide l’emporte désormais sur l’approfondissement qui sait « prendre son temps ». L’on passe très vite d’un champ à un autre comme devant un programme vidéo avec une télécommande à distance. Le jeune « zappe » sans cesse dès qu’il s’ennuie. La « sensitivité » l’emporte sur l’effort. « La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs ». (H. Arendt, philosophe américaine, 1906-1975, La Crise de la culture, livre de théorie politique, États-Unis, 1961, France, 1972)-933. L’on ne saurait mieux dire pour le junior et ses aînés !
Le choix culturel juvénile tend trop peu à l’enrichissement personnel, l’ouverture sur un champ nouveau. L’apprentissage de savoirs extrascolaires, satisfaire la curiosité, favoriser les expérimentations. Il contribue mal à développer le libre-arbitre, la capacité de jugement, la personnalité. Ses modes d’évasion, de détente coupent bien trop des réalités tangibles de l’existence. Comme avec certains jeux de rôle très délétères qui peuvent tuer. Les activités culturelles ne répondent pas assez aux attentes des jeunes. L’offre de la société adulte est purement mercantile, asservit tous les esprits à un régime toujours plus uniformisé, aliénant, décérébrant, médiocre.
Les jeunes n’ont pas été éduqués à affiner leurs choix culturels par totale rupture de transmissions. Privés de toutes vigies sûres de repérage ils se laissent séduire par les sirènes du vil « prêt à penser, consommer » des masses. La culture juvénile est plus basée sur l’image et le son que sur l’écrit. Or, c’est celui-ci qui est le mieux apte à stimuler et structurer la réflexion, l’intelligence, le savoir. L’image est fugace, flatte les sens, l’hédonisme et la passivité. Elle fait confondre réalité et fiction ce qui est nocif au temps de la fragilité, du caractère influençable, de la confusion et de l’incertitude de nos préadultes.
Elle perturbe par sa violence, peut être reproduite par « imitation-réflexe ». De même que le son. Le rôle de la culture pour la nouvelle génération est de lui permettre de s’ « élever » en clairvoyance. S’ouvrir à d’autres horizons. S’enrichir par le dépassement de soi. Les traits, pratiques culturels des jeunes français, ceux de leurs pairs occidentaux se rejoignent sur certains points communs de civilisation partagée. Ils se séparent sur d’autres qui fondent les particularismes des peuples même appartenant au même monde.
Qu’est-ce qu’un junior cultivé ? Exigence intellectuelle, éclectisme d’esthète, passion intérieure peuvent l’emporter. Sous peine de se perdre dans la médiocrité, la vacuité, l’insignifiance-934. La lecture était le loisir juvénile par excellence jusqu’aux années 1960. L’audiovisuel l’a supplantée depuis lors avec accélération depuis la fin du siècle dernier. Du fait de l’ « explosion » du multimédia informatique et électronique. Au lycée un dixième des filles, même un tiers des garçons ne lisent jamais ! Ce qui marque une certaine « déculturation » de la jeunesse par rejet de l’effort alors induit.
Les filles lisent plus que les garçons, apprécient romans, littérature. Alors qu’une majorité de jeunes mâles préfèrent très largement les bandes dessinées. Les filles aiment le roman psychologique, intimiste et sentimental, les nouvelles, le théâtre, la poésie. Quand les juniors garçons s’intéressent à l’aventure, l’action, la science-fiction, le fantastique, les ouvrages de sciences et techniques. Dans les études supérieures les filles continuent à plus lire, lire plus de genres intellectuels écrits divers, à posséder bien plus de livres que les garçons. Cela s’accentue jusqu’à la fin des cursus d’études.
Ceci se vérifie tout particulièrement dans les filières scientifiques, techniques à très large « dominante » masculine. Non dans les études intellectuelles plus abstraites, livresques et littéraires, de sciences humaines ou menant aux professions libérales à majorité féminine. Là la diversité des lectures est similaire chez les deux sexes. Globalement la nature des lectures féminines est plus riche, variée que chez les garçons. Chez les étudiantes les lectures académiques propres à leurs études l’emportent sur les lectures de « pur divertissement » contrairement aux garçons juniors.
Aujourd’hui comme hier la lecture reste pour les jeunes un « vecteur » d’enrichissements, d’imaginaire, de ressourcement puissants. Ainsi que d’expérimentation, de sociabilité et de levier identificatoire d’apprentissages humains très forts également. L’effort d’abstraction, de conceptualisation intellectuelle à effectuer est plus actif, constructif qu’avec l’audiovisuel. Lequel montre alors que l’écrit laisse à concevoir, imaginer, comprendre par soi-même. À la condition de ne pas devenir un refuge abstrait, absolu et systématique en la seule pure virtualité. De refus total d’insertions au sein du « monde relationnel réel ».
Quant à la presse quotidienne le lectorat juvénile est marginal. Même parmi les étudiants dont les études exigent une connaissance minimale de l’actualité. Les juniors préfèrent les hebdomadaires, les mensuels. Plus des trois quarts ou les quatre cinquièmes des étudiants notamment les filles lisent au moins un magazine très régulièrement. Viennent en tête les programmes de télévision puis tous les magazines sportifs, les revues scientifiques, techniques pour les garçons. Les filles lisent des publications pour femmes ou adolescentes. Les jeunes aiment fort aussi les supports écrits qui ont trait à tous leurs centres de prédilection les plus favoris.
En rapport avec leurs loisirs, les « espaces » qu’ils investissent. Les étudiants s’intéressent également à des hebdomadaires d’actualité, de sujets culturels, artistiques, scientifiques, de mode, intellectuels, sportifs, économiques… Un tiers des jeunes sont même abonnés à un magazine. Les trois quarts lisent souvent la presse d’information gratuite. Le facteur financier intervient donc grandement dans les dépenses ou non en matière de presse écrite chez les juniors. La plupart d’entre eux aiment la presse, ce qu’elle leur apporte notamment dans le domaine des loisirs, ce qui les intéresse en tout premier lieu.
Les jeunes prisent la radio, leur média privilégié qui le leur rend bien, l’écoutent au quotidien. Notamment du fait de la multiplication des radios jeunes périphériques depuis déjà plus de trente ans. Ce sont ces médias fédérateurs et consensuels d’identité que nos juniors écoutent et en toute priorité. Car du fait qu’ils leur sont consacrés « exclusivement » ils s’y identifient, s’y reconnaissent pleinement. Les thématiques abordées les concernent directement. Ils y restent assidus et fidèles en élisant une station qui sera leur préférée sur la durée. En adhésion.
Ils y écoutent d’autres jeunes ayant les mêmes préoccupations individuelles qu’eux. Ils peuvent même intervenir à l’antenne en direct pour exprimer librement leur propre histoire et point de vue néogénérationnel. Partager avec tous leurs semblables. Il s’agit d’émissions interactives quotidiennes nocturnes avec des animateurs proches d’eux en âge, culture d’expression. De socialisations communautaires. Ce sont de fervents vecteurs d’identité, de communication, partages, réelle communion néogénérationnelle catégorielle. D’échanges de toutes sortes, de confidences tous azimuts à programmation musicale prisée des juniors.
Avec complicité et langage, vision, habitus communs. Les quinze – vingt-quatre ans écoutent la radio plus de deux heures par jour en moyenne sur des récepteurs numériques conventionnels. Par l’Internet, le câble, le satellite, les bouquets numériques télévisuels. Les jeunes écoutent surtout chez eux plutôt le soir après vingt-et-une heures. Les radios jeunes FM musicales nationales sont les plus écoutées, trustant jusqu’aux trois quarts de part d’audience. Nrj (1981), Fun Radio (1985), Skyrock (1986). Les autres stations notamment musicales suivent de loin. Les juniors écoutent de plus en plus d’autres « radios jeunes ».
Des Webradios qui n’existent donc que sur Internet. Leurs seules musiques favorites y sont exclusivement diffusées. Rock, tubes de variétés anglophones, d’actualité, dance, techno, rap, électro… Une majorité de jeunes écoutent tous les jours des musiques téléchargées, compilées sur lecteurs Mp3 ou aussi en systèmes d’écoute fixe. Les garçons s’investissent plus dans l’écoute musicale approfondie pour elle-même. Alors que les filles se servent du « vecteur musical » comme fond sonore agrémentant certaines autres activités. Les filles préfèrent la radio, prêtent plus attention aux textes et paroles ou instrumentalisation.
Elles goûtent plus la musique classique que les garçons. Concernant la pratique télévisuelle des juniors ceux de milieux favorisés y sont nettement moins attachés que d’autres. Bénéficiant d’autres loisirs plus variés, riches, élitistes. Aujourd’hui la télévision de masse serait donc devenue un « loisir du pauvre » par défaut faute de mieux. En particulier de plus en plus Internet la supplante avec des possibilités de programmations, streaming, téléchargements. Infiniment plus riches, souples, variés, à la carte et à la demande comme l’on veut, quand l’on veut, où l’on veut. Sans être prisonnier de programmes préétablis rigides à heures fixes.
Malgré la démultiplication des chaînes de télévision numériques généralistes, spécialisées. Les juniors sont friands de cette souplesse de l’Internet à volonté. En particulier pour leurs séries télévisées jeunes favorites stockées sur le Web mondial à portée de simple clic de souris. Les quinze – vingt-quatre ans regardent donc moins la télévision que leurs cadets ou leurs aînés. Même si en moyenne ils lui accordent encore chaque jour une à deux heures. Ils ont bien d’autres sources d’intérêt en matière de loisirs comme notamment outre Internet la radio, l’écoute musicale.
La télévision demeure source de repos, comme de divertissement juvéniles. Ils privilégient les fictions, séries et films d’évasion. La traditionnelle télévision hertzienne offre bien peu de programmation spécifique pour les jeunes. Il n’en va pas de même des récentes chaînes du câble, du satellite, des nouveaux bouquets numériques et des Webtélés. Notamment en matière de musique, cinéma, sports, loisirs susceptibles de plaire aux juniors. Les jeunes y adhèrent car ils y retrouvent des traits qui leur parlent, leur ressemblent. Ils veulent toujours pouvoir s’y reconnaître ! En « mimétiques ressemblances ».
Identifications avec des vecteurs représentant leur milieu social, intellectuel, psychoaffectif d’appartenance. Les jeunes attendent encore de la télévision de la distraction, du rêve et de l’évasion, de l’ouverture sur autrui, le monde. De l’enrichissement, la connaissance et la passion, l’information, l’identification… Il semble que la télévision ne dissuade pas les juniors de se désintéresser d’une culture d’excellence or, fait même lire. Assure une diffusion plus attirante et adaptée de la littérature classique. Donne accès à une culture qui peut être de qualité et intéresser les jeunes si elle leur parle.
Une bonne partie des étudiants continuent à regarder la télévision. Cela concerne plus les étudiants de milieu populaire que les autres. La fréquence d’usage baisse avec l’âge notamment après vingt-quatre ans surtout chez les filles. Parallèlement augmente nettement le choix de chaînes plus intellectuelles, culturelles, qualitatives et exigeantes plutôt que « grand public ». En particulier par les filles étudiantes. Plus les études sont élitistes, intellectuelles moins l’usage télévisuel est important. Plus le choix se porte sur les programmes culturels savants plutôt que de simple divertissement-935.
La sortie cinéma est la plus pratiquée par les quinze – vingt-quatre ans. Ce sont les jeunes de cette tranche d’âge qui remplissent le plus, le plus assidûment les « salles obscures ». Plus encore les adolescents de quinze – dix-neuf ans. Cela bien plus que les enfants ou les adultes. L’usage habituel de la majorité des juniors est en moyenne au minimum mensuel, très souvent hebdomadaire. Le cinéma n’a pas pour les jeunes le rôle premier de faire réfléchir, d’interpeller quant au réel. Or, de détendre, divertir, rêver, s’évader et d’oublier un quotidien plus ou moins satisfaisant.
Les filles privilégient la scénographie du lien humain, psychoaffectif, les garçons l’action, l’aventure et la comédie. Les adolescents s’intéressent aux thématiques les plus « porteuses » pour eux. Car rejoignant leurs préoccupations de la liberté, de l’autonomie, l’identité, des sentiments et de la sexualité. Sans compter les films d’horreur et les clips vidéos. Les garçons sont attirés en outre par les films pornographiques. Violences et agressivités héroïques plaisent aux jeunes mâles. Car elles éveillent en eux leurs pulsions viriles, guerrières, de conquête, domination, victoires sublimées et fantasmées.
En une subversive logique d’opposition aux adultes, à leur prééminence, leurs conceptions, univers. Seule une infime minorité en tirera alors prétexte aux passages à l’acte déviant et délictueux, voire criminel ou suicidaire. Quant aux films X il est évident qu’ils sont très nocifs pour les garçons car ils induisent une conception violente, pervertie de la sexualité et de la femme. Ils peuvent alors intoxiquer le propre vécu affectif, sexuel de garçons immatures à leur détriment, celui de leur partenaire féminine. En une logique de domination, de pouvoir malsaine et perverse.
Aujourd’hui la grande majorité des foyers français sont pourvus d’un équipement informatique connecté à Internet. Désormais à haut débit avec forfait d’utilisation illimité. Voire très haut débit à fibre optique. Les milieux les plus « favorisés » sont quasi tous concernés. La plupart des jeunes de quinze – vingt-quatre ans ont un ordinateur chez eux fixe ou portable. Une tablette multimédia et un téléphone mobile raccordés à Internet. Ces derniers remplacent de plus en plus les Pc ou les Mac de bureau chez tous les juniors. L’usage est le plus souvent pluriquotidien en particulier du fait des utilisations très intensives de l’Internet. Notamment des réseaux sociaux comme Facebook ou TikTok. 82 pour cent des quinze – vingt-quatre ans français y ont un compte personnel. Comme du « surf sur le cyberespace ».
Ces réseaux permettent aux jeunes de communiquer entre eux. Ils remplacent désormais de plus en plus les traditionnels courriers électroniques en différé dits « emails ». Même les réseaux d’échanges en direct comme Zoom ou encore les chats de discussions, les forums d’Internet classiques. Les jeunes utilisent surtout des logiciels de jeux puis éducatifs ou culturels. Tous les étudiants, étudiantes de l’enseignement supérieur disposent d’un ordinateur personnel avec Internet. Quels que soient la filière ou le niveau des études.
Tous les établissements d’éducation secondaire et supérieure sont équipés avec accès à leurs élèves et étudiants. Les juniors sont plus nombreux sur l’Internet que le poids réel de leur seule classe d’âge dans la population. Tous les jeunes utilisent désormais la Toile et y ont accès, sont de plus en plus suréquipés personnellement. Les garçons sont même encore plus adeptes que les filles. Aujourd’hui l’usage informatique, d’Internet des juniors s’effectue plus chez eux ou sur leur propre appareil mobile, téléphonique ou tablette.
Plutôt qu’au sein des établissements d’enseignement ou des cybercafés. L’usage juvénile récréatif d’Internet est plutôt masculin. Les jeunes de milieux favorisés sont encore mieux équipés et utilisent plus l’informatique, Internet que les autres juniors. Le mot blog vient de Web et log, journal de bord. Il s’agit d’un site Internet limité à libre expression régulière. Les internautes peuvent tous très souvent commenter. Les billets, textes avec ou sans éléments multimédia exposent les états d’âme, sentiments, pensée propres à leur auteur. Les blogs de nos jeunes de treize – vingt-quatre ans pourraient constituer jusqu’à près de la moitié des blogs en fonction.
Ils sont l’œuvre d’une majorité de jeunes filles. Le blog notamment celui de réseau social surtout sur Facebook ou TikTok est un outil surprivilégié de purs créativités, partages, d’échanges, de communication. De divulgation des impressions, de dévoilement de soi des juniors et entre eux. L’ensemble autour des mêmes centres d’intérêt juvéniles. Le jeune s’adresse avant tout à ses « semblables », en tout premier lieu à ceux qu’il connaît, qui le connaissent. Cela comble le profond besoin de reconnaissance notamment par les pairs de la nouvelle génération avec les réactions, avis des « congénères »-936. Toujours si attendus.
Plus des trois quarts des garçons, de la moitié des filles affirment jouer aux jeux vidéo. Un tiers des garçons tous les jours, un tiers plusieurs fois par semaine, un tiers d’une fois par semaine à une fois par mois. Le jeu se pratique sur ordinateur en réseau, en ligne ou non, avec une console ou via d’autres supports comme les téléphones mobiles. Divertissement le jeu peut aussi développer des compétences sociales, de socialisation, la coopération en équipe. Des savoir-faire techniques, scolaires, analytiques, de dépassement de difficultés, la confiance en soi.
L’identification à des habiletés et à ceux qui les possèdent, les maîtrisent. Interactivité, ténacité, inventivité, stratégie, réflexion, anticipation, réactivité, organisation et rigueur, apprentissages, aptitudes techniques, cognitives. Le jeu de virtualité apprend à se confronter aux aléas limitatifs de la vie réelle. S’exprimer librement, donner libre cours à son imaginaire propre. Si le jeu devient excès et addiction il y a grand danger de dépendance, d’enfermement, de solitude. En monde fictionnel et irréel devenu alors des plus débilitants.
Le jeu répétitif systématiquement ultraviolent peut être cause de névroses, d’angoisse. Le jeu de rôle en ligne à situations, identités virtuelles fictives multiples peut induire une forte irréalité nocive. Croire que la violence est la solution de vaincre par élimination d’autrui est aussi un danger pour certains jeunes. Le jeu est fort délétère quand il devient le seul moyen imaginaire adolescent d’affirmation de soi en lieu et place de la vie réelle.
Ce jeu est donc particulièrement toxique quand il remplace à lui seul tous ou presque tous les autres pôles d’activités, d’adhésions du junior y compris scolaire. Tout le temps et l’énergie disponibles seront quasi exclusivement consacrés au jeu. C’est le phénomène des « no life », les « sans vie » qui ne vivent plus dans la réalité quotidienne mais uniquement dans la virtualité. Avec tout le risque de déréalisation que cela comporte. Le jeune ne maîtrise plus le jeu mais est totalement dominé par ce dernier. Alors une vraie désintoxication s’impose. (Coslin, 2007)-937.
Les quinze – vingt-neuf ans vont au cinéma à 80 pour cent. Au musée ou encore voir des expositions à 32 pour cent. Au théâtre à 16 pour cent. Au concert ou au spectacle à 46 pour cent. (Insee, France, 2006)-938. Les douze – dix-sept ans disposent d’un téléphone mobile personnel à 76 pour cent. Les dix-huit – vingt-quatre ans à 99 pour cent. 92 pour cent des douze – dix-sept ans ont un ordinateur. 89 pour cent des dix-huit – vingt-quatre ans. (Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de vie, Crédoc, France, 2008)-939.
Nous avons souligné les vertus de la culture juvénile occidentale contemporaine. Toutefois ces jeunes transcendent d’autant plus encore leurs pratiques en l’espèce qu’ils s’ouvrent aussi à d’autres. Celles des adultes tout d’abord. Aptes également tout autant à les enrichir. Également celles d’autres peuples, civilisations que les leurs. La culture du passé, du plus récent au plus lointain n’est pas davantage à négliger. Que la jeunesse qui reproche parfois à ses aînés leur sectarisme et leurs préjugés ou étroitesse d’esprit ne puisse encourir les mêmes reproches. Ne se repliant que sur son seul pré carré culturel monogénérationnel. À l’exclusion de tout autre. De même les adultes se doivent de ne pas nier la culture jeune, s’y intéresser, y déceler « le meilleur » ! Car en dépit de sa « volatilité » elle contient certains ferments de hautes qualité, créativité et ingéniosité.
[ VOTRE JUVÉNILE CIVILISATION ]
« PORTEUSE DE SENS » ?
Le bagage culturel de la plupart d’entre-vous, jeune, n’est pas académique, scolaire, familial, mais avant tout personnel, générationnel, amical. Les politiques culturelles éducatives publiques, l’offre du secteur privé marchand influent relativement peu sur vos pratiques juvéniles en la matière. C’est plutôt vous, junior, qui vous forgez votre propre culture spécifique, suscitez la production de supports culturels susceptibles de vous plaire.
D’une certaine façon même vos goûts, choix culturels « universels » mondialisés de jeune finissent par gagner au moins en partie certaines strates des publics adultes. Avant le troisième âge. Vous, junior, vous forgez une culture « bien à vous », or cette culture contribue tout autant à vous façonner. Influencer votre façon d’être, de vivre, penser, d’aimer, de rêver, s’évader, se dépasser… Radicalement !
En 1949 un enseignant de musique, C. Mathieu est au chômage. Il se résout à devenir simple surveillant en un pensionnat de rééducation pour « mineurs difficiles ». Les enfants et adolescents réfractaires y subissent un carcéral régime répressif, anti-éducatif, peu propice à leur épanouissement. Le lourd climat est à l’hostilité, la rébellion des potaches. Leur nouveau pion entreprend alors de leur inculquer musique et chant choral. Dureté, austérité, coercition n’avaient eu nul effet pédagogique, psychologique, humain sur les jeunes. Or, la musique, l’humanité de leur impromptu chef de chœur parviendront à leur rendre un peu de bonheur, de paix. Le plus rétif de tous, Pierre deviendra même de ce fait un grand chef d’orchestre. L’humanisme culturel de la musique aura pour un temps vaincu l’autoritarisme académique. L’on aura reconnu l’histoire du film à fort succès : Les Choristes. (Comédie dramatique franco-germano-suisse, C. Barratier, 2004)-940.
Ne nous y trompons pas ! Ce n’est pas un « hasard anodin » si la jeunesse prise à ce point la musique, les musiques. Plus largement et de façon très significative la culture, les cultures au sens large sous toutes leurs formes. En particulier purement juvéniles. Cela participe de sa construction, sa plénitude, comme de son accomplissement. Adoucit son « malaisé exil » en un monde adulte et jeune en lequel il faut s’imposer. De plus en plus dur, non épanouissant en lequel le jeune aspire à l’évasion, au réconfort. La culture juvénile passe aussi par l’écrit. Les pouvoirs publics français ne s’y sont pas trompés. Dès 2009 tout junior de dix-huit – vingt-quatre ans peut ainsi recevoir gratuitement un quotidien de son choix un jour par semaine pendant un an. Heureuse initiative à saluer pour inciter nos cadets à lire, s’informer, s’enrichir !
– « Acculturations Singularisées » –
Politiques Culturelles de Votre Jeunesse
Culturalisme est un terme masculin du milieu du vingtième siècle. Il s’agit d’une récente « doctrine sociologique qui considère l’influence du milieu culturel comme des formes acquises de comportement sur l’individu ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-941.
De fait tout jeune est très marqué par son substrat culturel au sens large, comme plus étroit. Chaque vie façonne totalement ce qui attire ou non. Ainsi une personnalité solitaire, introvertie apprécie les longues lectures, les rêveries afférentes. Tel autre, extraverti et sociable recherche plus un concert de rock avec de fort nombreux amis… La culture est encore affaire de moyens financiers, milieu social, d’éducation. S’il existe bel et bien une culture juvénile « spécifique » et « commune » à la nouvelle génération il n’en reste pas moins que tous les juniors n’ont pas accès à la même « culture ». Il existe donc une culture d’élite, une autre intermédiaire et une culture populaire. Celle d’exception est de facture très classique, peu accessible, chère et concerne a priori les catégories sociales très favorisées. Généralement les jeunes qui y adhèrent y ont été précocement familiarisés, formés par leur milieu familial.
Ils sont plutôt en études secondaires et supérieures générales sélectives. L’on peut citer l’exemple de la musique dite classique, lyrique en pratique d’écoute, de concert, d’exercice instrumental, en conservatoire ou préceptorat particulier. La danse classique, le théâtre, les lectures de littérature française et étrangère, ancienne et contemporaine non scolaires. Les sorties culturelles académiques exigeantes et hors programme scolaire : musée, expositions d’art et conférences savantes…
La culture intermédiaire concerne globalement les classes moyennes. Ainsi les juniors impliqués peuvent-ils apprécier d’assister à un concert d’un grand groupe international de musiques rock. La culture du plus grand nombre est la plus répandue car la plus accessible. Elle repose beaucoup sur l’image, le son au détriment de l’écrit, des sorties culturelles académiques. Cinéma, télévision, jeux vidéo, Internet peuvent être prisés pour des genres dits « grand public ». Comme le film thriller, de drame, romance, d’horreur, d’aventure, de guerre, science-fiction, catastrophe, comédie, d’action, fantastique…
Un jeune de culture classique peut également à l’occasion apprécier les jeux vidéo. Or, un junior de culture plus accessible a peu de chance de se retrouver en salle de concert devant un quatuor à cordes de musique baroque. La démocratisation culturelle « pour tous » n’est pas encore une réalité. Un certain « cloisonnement » social, économique, éducatif prévaut encore trop en la matière. Nous sommes entrés en l’ « ère du tout numérique » ce qui n’est qu’un début.
Nombre de jeunes apprécient donc de lire, lisent en sus des lectures scolaires imposées, pas uniquement de la bande dessinée. Y compris même des livres électroniques, ebooks, sur support multimédia. Il y a même certains gros lecteurs et des juniors « écrivains en herbe ». Toutefois il est indéniable depuis quelques décennies que l’acte de lire est en perte de vitesse. Dans l’ensemble de la population, tout particulièrement chez les quinze – vingt-quatre ans en études ou dans la vie active-942. D’où des lacunes culturelles, littéraires.
Il n’y a qu’à constater les très innombrables fautes d’orthographe des plus grossières qui émaillent le moindre texte écrit de nos jeunes. Y compris parmi les étudiants et diplômés du supérieur chez nombre de leurs aînés aussi ! Un exemple caractéristique pitoyable très fréquent : un « r » en fin de verbe au lieu d’un « é » et réciproquement ! Cela en dit long sur le lectorat juvénile car une bonne maîtrise orthographique vient d’une très longue, assidue et très bonne pratique de l’écrit. L’habitude intensive du langage elliptique Sms ou d’Internet ne fait qu’aggraver les choses. Il en est de même du vocabulaire employé par les juniors qui est de moins en moins riche, recherché ou respectueux de la langue.
L’on écrit désormais comme l’on parle et l’on parle même comme dans les vecteurs audiovisuels, c’est-à-dire mal, en idiomes abscons, déstructurés-943. Il s’agit pour tout jeune de prendre conscience de deux fondamentaux aussi essentiels l’un que l’autre. Toute langue, toute culture ont besoin pour perdurer d’évoluer, de s’enrichir d’apports successifs nouveaux : des plus récents et même des plus étrangers à notre culture. Tout autant il y a nécessité et pour la même raison de soigneusement conserver les ferments essentiels de la civilisation sous peine du pire ! L’on ne peut « se contenter d’une juvénilité déconnectée du réel ». Tout entière sous casque vidéo de réalité virtuelle. Privée de toute culture idoine de l’écrit faute de lire et de « bien lire » !
– Apport Constitutif, Universalité –
De Vos Savoirs Juvéniles Globalisés
Même les milieux favorisés commencent à être touchés par le « syndrome du parler des cités » censé être bien plus « branché ». Les médias audiovisuels, informatiques occupent beaucoup de temps, ont beaucoup d’importance chez la plupart d’entre-vous, jeune. Car c’est le vecteur culturel interactif par excellence pour votre jeunesse. Images, sons, échanges flattent votre propension à l’appétence pour l’excitation multisensorielle, la communication tous azimuts. Votre culture juvénile est avant tout visuelle, sonore.
Les juniors y développent toute leur créativité, inventivité. C’est la raison pour laquelle la musique pratiquée, écoutée notamment pour elle-même, sans autre activité concomitante ne laisse indifférent nul jeune ou presque. Outre les rêveries solitaires ou communes qu’elle permet de développer. Nombre de juniors pratiquent aussi une activité d’art plastique notamment au cours des études secondaires à l’école ou en dehors. Peinture, dessin ou sculpture… Il en va de même aux âges similaires pour la pratique théâtrale et de jeux de rôles surtout en milieu scolaire, en divers ateliers.
Le jeu de rôle qu’il soit virtuel ou en milieu physique plait à certains jeunes. Car loin de tout académisme théâtral classique il permet d’endosser certaines personnalités factices et masquées. En un temps de vie où les identités personnelles se cherchent, peineront à se trouver en stabilité. Le jeu est en cela bénéfique à condition de se garder des dérapages malsains, violents. Qui arrivent parfois quand la fiction ludique est pervertie par des réalités manipulatrices et agressives. Le téléphone mobile est l’accessoire indispensable commun à presque tous les juniors qui ne s’en séparent quasiment jamais, le laissent allumé en quasi- permanence.
Tel est le moyen juvénile par excellence de rester continûment connecté à sa tribu d’amis, se sentir exister si important narcissiquement ! À un âge de doutes sur soi et autrui, la vie et sa vie. Si l’on me contacte c’est alors que « Je » compte véritablement. Si j’échange, que l’on accepte de me répondre je suis « Quelqu’un ». En outre le mobile ou portable surtout avec les fonctions de messages écrits est un moyen de communiquer tout en se protégeant de soi, comme d’autrui. Par mise à distance, liberté et souplesse d’usages.
Il plait aux jeunes en tant qu’outil de haute technologie, de contacts, « valorisation » aux yeux des pairs, en terme de mobilité. À des âges où l’on bouge tout le temps il permet alors l’indépendance de ne pas dépendre comme jadis des moyens de communication des parents. D’être autonome, hors de leur contrôle. Il est le grand « ordonnateur » des loisirs juvéniles dont la caractéristique première est bien souvent l’improvisation totale. Le mobile permet les « réglages de dernière minute ».
Les graffs et les tags « fleurissent » en nos villes sur les supports les plus variés, inattendus. Ils consistent alors à peindre à la bombe de véritables fresques multicolores ou simplement à laisser une marque, une signature de son passage. En dehors de l’expression plus ou moins artistique, culturelle, inspirée. Il s’agit d’apposer son sceau, d’occuper, de marquer un territoire et d’imposer sa « griffe » à d’autres juniors rivaux ou aux adultes. Nous pouvons y voir le signe du malaise d’une jeunesse qui n’a sa place nulle part. En est réduite pour clamer son existence, se « rappeler au bon souvenir » des aînés, de la société à peinturlurer les murailles et moyens de transport de ses villes-944.
Les jeunes savent apprécier l’exigence des meilleurs vecteurs culturels ! Pour peu que les adultes se donnent la peine de les leur expliquer, les y conduire. Au-delà les juniors aiment surtout à adhérer à une culture en laquelle ils puissent se reconnaître et s’identifier. Cette culture a, nous l’avons vu une spécificité d’une tonalité particulière et apte à « leur parler ». La culture juvénile est avant tout une culture qui « épouse les contours » de la jeunesse. Ce qui ne signifie pas par ce fait que cette culture soit ès qualité médiocre. Elle plait aux jeunes, répond à leurs attentes, leur donne un certain épanouissement ce qui est déjà beaucoup.
Toutefois nous avons déjà fort insisté sur les travers, dangers également induits. Comme le mercantilisme, les violences, l’incitation aux addictions, la déconnexion excessive des réalités. Les « standardisations de masse », une certaine facilité, limitation qualitative… En outre le danger généré par la modélisation médiatique réductrice, d’uniformisation et normative est la superficialité de tout l’approfondissement de rien. En une sorte de « zapping » permanent. Il s’agit d’inculquer à tout junior le goût « du beau, du grand, du fort » pour s’accomplir.
Ce qui fait que si « la culture est ce qui reste quand l’on a tout oublié » tel le savoir pour citer une formule connue, en l’occurrence il ne reste pas grand-chose. Une fois l’adultisme atteint ! Jeunesse et excellences culturelles n’étant pas incompatibles il s’agit de veiller à ce qu’elles se rejoignent par l’éducation familiale et scolaire. Pour « former le goût culturel » dès le plus jeune âge. Il n’existe pas à proprement parler de politique nationale ni territoriale culturelle globale des juniors de France. Comme en politique générale de la Jeunesse les mesures et actions culturelles publiques à destination des jeunes sont éparses, parcellaires, réduites.
Il n’y a nul projet holistique d’envergure pour l’enrichissement, l’éducation culturels juvéniles. L’essentiel en la matière se passe dans le temps des scolarités secondaires, supérieures de façon limitée, limitative. Au collège cours de musique, d’arts plastiques sont obligatoires. Au lycée les enseignements culturels sont facultatifs. Seules quelques « sorties culturelles » notamment au titre des cours de français et d’histoire-géographie ont lieu au long de l’année scolaire. Outre les quelques trop rares « séjours linguistiques » à l’étranger à l’occasion des enseignements de langues. Les cursus supérieurs ne font guère « mieux ».
Les jeunes fréquentent plus les conservatoires de musique que par le passé ainsi que les cours et activités de beaux-arts. Or, les pourcentages de juniors concernés par rapport aux autres restent marginaux. Les programmes culturels privés à destination des adolescents sont encore relativement rares. En un pays où la culture est pourtant une tradition nationale publique étatique, territoriale. Nombre d’ « événements » culturels ponctuels sont organisés. Comme pour le public et le privé il s’agit de manifestations bien trop temporaires. Jamais de véritables politiques de fond inscrites dans la durée. Nous voudrions insister sur le fait qu’il existe bien entendu des manifestations culturelles pour les jeunes d’initiative publique et privée.
Or, pas de volonté politique ni d’entreprise : « holistique » délibérée en la matière. L’organigramme d’action du ministère de la Culture concerne les différents domaines de son ressort comme la musique ou le patrimoine. Jamais des « publics cibles » spécifiques. Les régions, départements, villes outre les manifestations ponctuelles évoquées mettent surtout l’accent sur la gratuité et les réductions tarifaires. À destination de tous publics de juniors. Quant au mécénat culturel privé notamment pour les jeunes il est peu dans les traditions françaises contrairement aux pratiques nord-américaines-945. Résumons les habitus culturels des jeunes français. Qui sont dans la moyenne occidentale.
Télévision tous les jours, quinze – dix-neuf ans 82 pour cent, vingt – vingt-quatre ans 83 pour cent. Écoute de radio tous les jours, quinze – dix-neuf ans 68 pour cent et vingt – vingt-quatre ans 73 pour cent. Écoutes musicales Web, radio… chaque jour, quinze – dix-neuf ans 69 pour cent, vingt – vingt-quatre ans 69 pour cent. Lecture de livres, en lire, quinze – dix-neuf ans 71 pour cent, vingt – vingt-quatre ans 80 pour cent. Lecture de presse et de magazines, en lire, quinze – dix-neuf ans 96 pour cent et vingt – vingt-quatre ans 93 pour cent. Sports, en faire, quinze – dix-neuf ans 90 pour cent, vingt – vingt-quatre ans 90 pour cent.
Pratiques artistiques amateur, en avoir une, quinze – dix-neuf ans 49,5 pour cent, vingt – vingt-quatre ans 45 pour cent. Fréquentations des bibliothèques, y être allé depuis la rentrée / au cours des douze derniers mois, quinze – dix-neuf ans 38 pour cent, vingt – vingt-quatre ans 32 pour cent. Ensuite fréquentation des cinémas, y être allé depuis la rentrée ou au cours des douze derniers mois, quinze – dix-neuf ans 91 pour cent, puis vingt – vingt-quatre ans 85 pour cent. Fréquentations de lieux dits de patrimoine et / ou de lieux de spectacles, y être allé depuis la rentrée / au cours des douze derniers mois, quinze – dix-neuf ans 70 pour cent. Vingt – vingt-quatre ans 72 pour cent. (Insee, France, 2003)-946.
Aidons, incitons nos jeunes à éviter d’entamer un processus de déculturation qui si les adultes n’y prenaient garde pourrait s’avérer irréversible. Pour le plus grand « dommage » de l’humanité. Il en va de même en culture qu’en écologie. À force d’épuiser la planète, faune, flore, minéraux inclus l’homme détruit son propre berceau souvent irrémédiablement. Ainsi de nombreuses espèces animales et végétales disparaissent-elles régulièrement à jamais sans pouvoir se renouveler.
Le communisme soviétique (1917-1991) aura « tué en Russie la séculaire âme russe » pour longtemps. De même le maoïsme (1949-1976) en Chine a-t-il détruit pendant des décennies l’ « immémorial esprit chinois ». La « spiritualité » en France a mis près d’un demi-siècle à « se remettre » de la Terreur révolutionnaire (1792-1794) pour ne renaître que sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) ! Désastreuses dérives totalitaires à méditer encore et toujours !
– Vos Ressourcement, Appréciation –
De Junior en Matière de Culture
L’exigence culturelle est pour vous, junior, une exigence de l’esprit pour dépasser vos contingences matérielles, utilitaires du quotidien. Elle est un mode privilégié d’ouverture sur l’universel, l’intemporel, la différence. Elle ennoblit par l’exigence d’excellence, la domination de soi, des apports apprentissages qui font sortir de soi. Un jeune tel que vous qui ne se cultiverait pas se laisserait appauvrir en jachère, demeurerait fort en l’infantilisme de l’ignorance et la primitivité.
Vous, junior cultivé, vous grandissez car vous vous décentrez de votre primarité pour atteindre le « merveilleux de votre transcendance ». Non pas « mystique mais humaine supérieure ». Nous avons dit à quel point votre culture juvénile occidentale surtout de plus en plus mondiale avait tendance à se standardiser. Autour de normes communes souvent fort peu exigeantes, consuméristes, voire mercantiles. Partout l’on observe vos mêmes types de sorties et pratiques culturelles.
La culture dominante anglophone est fort symbolisée par exemple par ses grands groupes musicaux d’obédience mondiale. Notamment ceux des années 1960 à 1990 tels les Beatles. (Pop et rock, Royaume-Uni, 1960-1970). Genesis. (Rock et pop rock, Royaume-Uni, 1967-2007). Les Rolling Stones. (Rock, pop rock, Royaume-Uni, 1962-). Les Bee Gees. (Pop, disco, Royaume-Uni, Australie, 1958-2012). Les Pink Floyd. (Rock, Royaume-Uni, 1965-1994)… Il est possible qu’elle pénètre plus encore les juniors britanniques, nord-américains, australiens, germaniques et nordiques que leurs jeunes homologues latins, est-européens. Ceux-ci ont peut-être « préservé des spécificités » toutes relatives.
Ainsi le cinéma, la musique, comme la littérature français ont su malgré la « déferlante culturelle » anglophone maintenir une certaine « qualité, originalité » culturelles. Une « french touch », tonalité nationale auxquelles nos juniors hexagonaux ne sont pas totalement insensibles. Ainsi le concept français de « Fête de la Musique » tous les 21 juin a-t-il fini par être adopté par une centaine de pays dans le monde soit la moitié des nations ! Au-delà l’ensemble de la jeunesse occidentale éprouve une forte et irrésistible appétence pour le « consumérisme culturel de masse ». Avec un vecteur commun des plus prisés qui leur permet d’accéder aux « produits » de la culture en matière d’écrit, de son, d’image-947.
Il est possible d’affirmer que l’éducation culturelle de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire a été négligée, que les priorités sont bien ailleurs. Les trois critères principaux qui fondent l’acculturation des jeunes font souvent défaut ou sont fort insuffisamment ancrés. L’exigence intellectuelle est de plus en plus raréfiée. Pourtant c’est elle qui pousse à savoir, connaître, comprendre et apprendre, être curieux, approfondir, chercher, réfléchir. Aller au-delà du minimum scolaire imparti. Le junior toujours mû par sa « pente naturelle » s’en tient aux « rudiments » imposés par sa société, sa formation, s’en contente généralement.
Tant la valeur contemporaine première n’est plus aux « satisfactions de l’esprit » mais à celles du corps, des sens et plaisirs de l’argent, comme du pouvoir. L’éclectisme culturel humaniste, universaliste, imposant du passé s’est éteint car il s’agit désormais de faire vite et d’aller à ce qui est jugé « essentiel ». De se limiter au plus facile, visible, accessible en quelques domaines habituels ordinaires, les plus médiatisés, promus par la société marchande. Tout doit pouvoir se faire et s’obtenir « en l’instant » comme d’un clic de souris d’ordinateur !
Alors que l’adolescence est fort l’âge des envies, désirs, plaisirs, passions les appétences culturelles juvéniles sont souvent distanciées. Assez peu investies émotionnellement, personnellement. Comme si la « banalisation », la « pléthore » des possibilités culturelles offertes aux jeunes les avaient blasés. Les capacités d’adhésion, d’admiration se sont fort émoussées. Tout se périme, est indifférent, finit vite en incessant tourbillon de « nouveautés culturelles » quotidiennes qui se déprécient à peine sorties. Aussitôt chassées par d’autres et d’autres encore à la mesure des éphémères modes si passagers, coups de cœur fugaces, accélérations technologiques-948.
Les jeunes n’en restent pas moins très attachés à leurs préférences culturelles. À un âge où leur disponibilité, leurs goûts les portent massivement vers une surconsommation culturelle. Si cette dernière n’est pas toujours d’excellence elle a le mérite d’exister, de former un peu les esprits malgré tout-949. Malgré des progrès l’accès de tout jeune aux conservatoires, écoles de diffusion culturelle, artistique reste à élargir. Il demeure encore bien trop « réservé » à une certaine « élite » socioculturelle, économique.
Les jeunes consultés en cette enquête sur leurs pratiques culturelles, de loisirs sont des filles à 55,63 pour cent. Les garçons sont 44,37 pour cent. Les quinze – vingt-et-un ans sont 63,4 pour cent des juniors interrogés. Les quinze – dix-huit ans sont 54,70 pour cent. Les vingt-six – trente ans sont 5,79 pour cent des sondés. Les collégiens et lycéens représentent 58,47 pour cent de ceux-ci. Les étudiants sont 21,16 pour cent. Les chômeurs sont 3,61 pour cent. Parmi les jeunes « actifs » dominent les employés à 8,44 pour cent. 39,83 pour cent des jeunes « sollicités » ont au plus le brevet des collèges.
25,42 pour cent ont un bac général, un diplôme d’enseignement supérieur. 6,09 pour cent ont un bac technologique ou professionnel. 16,05 pour cent des sondés n’ont aucun diplôme. 12,63 pour cent ont un Cap ou Bep. 0,23 pour cent ont un bac plus huit. 76,12 pour cent vivent chez leurs parents. 11,05 pour cent vivent seuls. 8,49 pour cent vivent en couple. 3,89 pour cent en colocation. 2,99 pour cent ont des enfants. 30,19 pour cent vivent en centre-ville. 24,66 pour cent à la campagne. 23,89 pour cent en lotissement. 19,98 pour cent en cité.
La pratique récréative favorite la plus importante des juniors est la soirée festive entre amis. Celle qui occupe le plus de temps de loisirs est bien celle-ci selon 59,40 pour cent des sondés. Puis ils citent le sport à 33,84 pour cent. Les jeux vidéo, Internet à 25,17 pour cent. La télévision à 24,11 pour cent. La lecture à 12,49 pour cent. Les activités artistiques, comme manuelles à 9,88 pour cent. Les concerts à 7,87 pour cent. Les dix-neuf – vingt-et-un ans sont les plus fans des soirées à 69,47 pour cent. Les garçons font beaucoup plus de sport que les filles. Les treize – quatorze ans sont en tête.
Avec 46,61 pour cent des adeptes citant le sport parmi les deux pratiques majoritaires dans leur temps des loisirs. Les quinze – dix-huit ans l’évoquent à 35,37 pour cent. Les dix-neuf – vingt-et-un ans à 32,12 pour cent. Les vingt-deux – vingt-cinq ans à 30,96 pour cent. Le sport est la pratique la plus courante à tous niveaux d’études. Or, plus le diplôme est élevé moins les jeunes font du sport. Sauf les bac plus huit qui sont 41,18 pour cent à lui donner le plus de leur temps libre. 39,93 pour cent des sans diplôme font du sport majoritairement contre 29,33 pour cent pour les bac plus quatre ou cinq. Les demandeurs d’emploi sont les moins pratiquants : 23,60 pour cent.
Contre une moyenne juvénile de 33,84 pour cent. Ils préfèrent les soirées à 61,36 pour cent et la télévision à 34,83 pour cent. Les garçons sont bien plus adeptes des jeux vidéo et de l’Internet que les filles. Or, l’écart se resserre avec l’âge. Les garçons diminuant fort leur pratique en mûrissant. Entre treize et quatorze ans les ados garçons sont concernés comme usage majoritaire récréatif à 39,76 pour cent. Les filles à 32,85 pour cent. Entre vingt-six et trente ans le taux des garçons est de 15,96 pour cent, celui des filles de 13,27 pour cent. À tous les âges les filles regardent plus la télévision que les garçons.
Les treize-quatorze ans sont ceux qui pratiquent le plus. 35,90 pour cent des filles. 28,11 pour cent des garçons. En tant qu’activité importante du temps de loisirs. Les dix-neuf – vingt-et-un ans sont les moins usagers avec 22,33 pour cent d’adeptes. L’accès à la télévision est moindre avec les débuts des études supérieures ou de la vie active, le départ du foyer familial, cela pour beaucoup. 41,75 pour cent des jeunes disent trop regarder la télévision. 35,40 pour cent sont d’un avis inverse. Les treize-quatorze ans suivis des lycéens et des filles de tous âges font partie du premier groupe juvénile bien plus que les garçons. Que les chômeurs à 29,39 pour cent.
Les employés à 21,49 pour cent. Les ouvriers à 22,48 pour cent. 20,62 pour cent de tous les sondés admettent trop regarder la télévision. 50,16 pour cent des jeunes reconnaissent la télévision comme loisir à part entière. 49,84 pour cent sont d’un avis opposé. 30,14 pour cent des juniors de cité voient la télévision comme loisir. 37 pour cent des jeunes de centre-ville ne partagent pas ce point de vue. En milieu urbain ils ont tous « pléthore » de choix récréatifs et culturels, ce qui limite fort l’attractivité télévisuelle. Leur milieu social est en moyenne plus favorisé que celui des jeunes périurbains.
La télévision est alors pour eux moins valorisante, dévalorisée par leur environnement, comme entourage. Car considérée comme un « sous-produit culturel » médiocre, populaire. Ceux qui admettent le plus leur télévision comme vrai vecteur culturel sont les chômeurs à 26,82 pour cent. Les ouvriers à 26,15 pour cent. Les collégiens et les lycéens à 24,30 pour cent. Les apprentis à 22,89 pour cent. À l’inverse les jeunes patrons, industriels et commerciaux rejettent la télévision comme loisir personnel à 56,25 pour cent. Les professions intermédiaires à 48,98 pour cent.
Les cadres et professions intellectuelles supérieures à 33,64 pour cent. Ce dernier score plus bas s’explique sans doute par un usage télévisuel encore bien plus rare, ultrasélectif, élitiste. Plus la télévision est socialement valorisée par le milieu d’origine plus on la regarde. C’est plutôt la situation des familles modestes. Moins elle l’est moins c’est le cas. Cela est illustré par les familles favorisées. Les concerts demeurent une activité exceptionnelle. Les pratiques artistiques ou manuelles sont plutôt le fait des filles surtout chez les plus jeunes. La lecture augmente avec l’âge. 11,61 pour cent des treize-quatorze ans disent beaucoup lire.
23,02 pour cent chez les vingt-six – trente ans. Les plus diplômés lisent le plus. Ainsi les bac plus huit sont les plus gros lecteurs à 41,18 pour cent. Les moins titrés lisent le moins. 61,35 pour cent des juniors estiment qu’ils ont peu / pas assez de temps pour leurs loisirs. Emploi, études prennent bien trop de place aux dépens de ce temps libre. 30,72 pour cent pensent qu’ils ont peu de temps. 23,73 pour cent qu’ils n’en ont pas assez. 38,65 pour cent sont satisfaits du temps disponible pour leurs loisirs. 6,90 pour cent disent ne pas avoir du tout de temps pour leurs loisirs. Les filles se déclarent comme étant les plus « insatisfaites ».
34,61 pour cent ont assez de temps récréatif selon elles. Contre 43,73 pour cent pour les garçons. 33,10 pour cent des filles disent avoir un peu de temps pour le loisir. Contre 27,83 pour cent pour les garçons. 25,55 pour cent des filles pensent ne pas avoir assez de temps de détente. 21,43 pour cent des garçons. Le niveau de diplôme influe peu sur le ressenti du temps disponible pour le loisir. Sauf aux extrêmes. 49,07 pour cent des jeunes sans diplôme sont convaincus d’avoir assez de temps de loisirs. Contre 17,65 pour cent des juniors à bac plus huit.
23,53 pour cent de ces derniers affirment ne pas avoir du tout de temps de loisirs. Contre 8,05 pour cent des sans diplômes. Les chercheurs d’emploi sont les plus satisfaits. 57,09 pour cent disent être pleinement heureux des temps de loisir qui leur sont disponibles. Ceux qui sont les moins contents du temps libéré pour le loisir faute d’un volume suffisant à leurs yeux sont trois. Les professions intermédiaires à 38 pour cent. Les étudiants à 34,61 pour cent. Les agriculteurs à 25 pour cent. La moyenne des sondés sont satisfaits à 38,65 pour cent. Ce qui fonde le constat d’une jeunesse récréativement plus frustrée que comblée.
Ceux qui disent le plus ne pas avoir du tout de temps libre pour les loisirs sont les juniors qui vivent en cité, ont des enfants à 21,13 pour cent. Les jeunes qui ont des enfants à 15,45 pour cent. Les apprentis à 13,46 pour cent. Les patrons industriels et commerciaux à 12,50 pour cent. Les ouvriers à 12,12 pour cent. Les juniors de cité à 9,16 pour cent. Le taux moyen des sondés en la matière est à 6,90. Le sport est le loisir juvénile le plus fréquent après les soirées amicales. 23,38 pour cent des jeunes ne lui accordent aucun temps par semaine.
Parmi les juniors qui disent ne pas faire du tout de sport les filles sont plus nombreuses que les garçons. 28,47 pour cent contre 17,08. Ce sont aussi les demandeurs d’emploi qui accordent le moins de leur temps aux sports. 39,92 pour cent des chômeurs ne pratiquent aucun sport par semaine. 31,56 pour cent des jeunes disent qu’ils consacrent aux sports une à deux heures hebdomadaires. Ensuite 30,29 pour cent évoquent de trois à sept heures. 14,77 pour cent des juniors lui réservent même plus de huit heures par semaine.
34,64 pour cent des jeunes disent regarder la télévision trois à sept heures par semaine. La moyenne nationale juvénile par jour serait de quatre heures. Avec les jeux vidéo, Internet la télévision a le plus fort taux de juniors affirmant lui donner de huit à quatorze heures par semaine. 15,62 pour cent pour la télévision. 15,03 pour cent pour les jeux vidéo et l’Internet. Le pourcentage de jeunes passant autant de temps au sport est de 10 pour cent. Autour de 5 pour cent pour les autres pratiques. Les jeux vidéo, Internet, la télévision ont les taux les plus faibles de sondés qui n’y consacrent aucune heure par semaine. 11,10 pour cent pour les jeux vidéos, Internet.
13 pour cent pour la télévision. Le taux pour le sport est de 23,38 pour cent. 36,17 pour cent pour la lecture. 53,36 pour cent pour les activités artistiques, celles manuelles. Il n’y a pas de différence horaire entre garçons et filles dans les loisirs pratiqués. Seul le taux de juniors qui ne regardent jamais la télévision est plus bas chez les filles que chez les garçons. 12,94 pour cent contre 15,32. Être très diplômé ne semble pas réduire les temps télévisuels. La fraction majeure des filles, 29,54 pour cent accorde une à deux heures aux jeux vidéo et à Internet par semaine. La part la plus importante des garçons, 35,08 pour cent lui donne trois à sept heures. Les garçons sont donc les plus « joueurs et Webophiles ».
La part des filles qui ne consentent aucune heure aux jeux vidéo, 12,22 pour cent est plus importante que celle des garçons, 9,64 pour cent. Ces derniers sont donc plus adeptes que les filles des loisirs multimédias. L’écart entre les sexes quant aux jeux vidéo, Internet se marque plus en temps consacrés que par l’importance que ces pratiques ont en tous leurs loisirs. Le sexe compte moins que l’âge. 8,57 pour cent des garçons de treize-quatorze ans ne leur accordent aucune heure. 21,66 pour cent des vingt-six – trente ans ne jouent jamais aux jeux vidéo lors d’une semaine.
7,77 pour cent des filles ados de treize-quatorze ans ne jouent jamais aux jeux vidéo. Pour 27,80 pour cent des filles de vingt-six – trente ans. 39,92 pour cent des chômeurs ne font aucun sport hebdomadaire. La lecture est bien rare chez les juniors. La majorité disent qu’ils lisent moins d’une heure par semaine à 36,17 pour cent. Seulement une à deux heures à 37,20 pour cent. Le différentiel entre les sexes est des plus marquants. 29,89 pour cent des filles affirment ne lire que moins d’une heure par semaine. Les garçons qui ne lisent pas sont 44,08 pour cent. La dominante est toujours audiovisuelle.
Plus de filles que de garçons lisent au moins de trois à sept heures par semaine. 22,02 pour cent pour les filles contre 15,36 pour cent pour les garçons. Lire plus de sept heures par semaine est très rare pour tous. Les cadres et professions intellectuelles supérieures disent le moins souvent ne pas consacrer de temps à la lecture hebdomadaire. À 13,89 pour cent contre une moyenne de 36,06. Le diplôme n’a pourtant pas d’impacts majeurs sur le nombre d’heures de lecture par semaine. Les pratiques artistiques, comme manuelles sont les moins courues par les jeunes notamment par les garçons. 53,46 pour cent des juniors les ignorent totalement.
Sinon le temps consacré est très limité. 25,09 pour cent leur réservent de une à deux heures. 13,45 pour cent de trois à quatre heures. Les adeptes de quatre heures et plus chaque semaine sont très rares. Les filles leur accordent le plus de temps. 28,44 pour cent d’entre elles donnent une à deux heures aux activités artistiques et manuelles par semaine. 20,86 pour cent des garçons. Cela est le plus fréquent chez les filles ados de treize-quatorze ans à 37,32 pour cent pour une à deux heures hebdomadaires. Les jeunes des professions intermédiaires leur consentent le moins souvent aucune heure de pratique par semaine.
48 pour cent affirment ne donner aucune heure à ce genre d’activité. Contre 53,32 pour cent pour l’ensemble de tous les sondés. Les jeunes des professions intermédiaires sont les plus nombreux à 10 pour cent à leur accorder huit à quatorze heures par semaine. La moyenne de tous les sondés est de 4,45 pour cent pour ceux qui observent bien ce volume horaire. Les chômeurs, les agriculteurs sont nombreux à réserver de trois à sept heures à la sphère artistique ou manuelle. Respectivement à 15,65 et 25 pour cent. Pour une moyenne juvénile de 13,45 pour cent.
Les cadres, comme les professions intellectuelles supérieures leur offrent rarement plus de une à deux heures hebdomadaires. 32,08 pour cent évoquent ces laps de temps. Les étudiants à 26,02 pour cent et les lycéens ou les collégiens à 25,94 pour cent y passent surtout une à deux heures. 52,54 pour cent des juniors ne vont jamais au musée en une année. La différence de sexe intervient peu sauf entre vingt-six – trente ans. 37,14 pour cent des filles de cet âge affirment ne jamais aller au musée. Contre 46,98 pour cent des garçons. Visiter un musée plus de six fois par an est fort rare pour la plupart des jeunes.
Plus le niveau de formation est poussé plus les jeunes vont au musée. 24,49 pour cent des juniors de professions intermédiaires, 20,18 pour cent de cadres, comme de professions intellectuelles supérieures ne fréquentent jamais de musée. Contre 63,14 pour cent de non-diplômés. 16,73 pour cent des bac plus quatre ou cinq n’y vont jamais. Une césure majeure existe entre les bacheliers et diplômés du supérieur et les autres jeunes. 21,21 pour cent des bac plus trois et 29,89 pour cent des bac plus quatre ou cinq ou 23,53 pour cent des bac plus huit vont trois à cinq fois au musée par an.
Les taux des diplômés d’un niveau inférieur au baccalauréat professionnel sont tous plus bas que le pourcentage général, lequel est de 11,10. 38,45 pour cent des juniors ne fréquentent jamais de bibliothèques. Quand ils y vont il s’agit d’une ou deux fois annuelle-s à 25,32 pour cent. 14,10 pour cent s’y rendent plus de douze fois par an. 68,46 pour cent des ouvriers, 66,67 pour cent des agriculteurs s’abstiennent totalement. Les étudiants y sont les plus assidus. 29,25 pour cent disent s’y astreindre plus de douze fois par an. Soit plus d’une fois par mois en moyenne. Lorsqu’ils s’y rendent, cas de la moitié d’entre eux les chômeurs ne le font qu’une à deux fois par an.
À partir du bac général les marquages selon les diplômes sont accrus. Les diplômés d’un niveau inférieur au bac général sont 48,31 pour cent à dire ne jamais aller à la bibliothèque. Il s’agit des sans diplôme, des diplômés du brevet des collèges, des titulaires de Cap-Bep, de bac technologique ou professionnel. Contre 25,57 pour cent d’abstention pour les jeunes de niveau supérieur au bac général. Les étudiants et diplômés de l’enseignement supérieur fréquentent le plus les bibliothèques. Usage de la bibliothèque égal ou supérieur à douze fois par an selon les niveaux de diplômes : sans diplôme, 6,56 pour cent.
Titulaire du brevet des collèges, 11,29 pour cent. Cap-Bep, 5,53 pour cent. Bac technologique, 8,49 pour cent. Bac professionnel, 7,83 pour cent. Bac général, 26 pour cent. Bac plus un ou deux, 29,30 pour cent. Bac plus trois, 34,34 pour cent. Bac plus quatre ou cinq, 28,83 pour cent. Bac plus huit, 35,29 pour cent. Total, 14,11 pour cent. Les juniors sortent souvent en discothèque sauf ceux de treize-quinze ans, ados très nombreux à ne jamais y aller. Car il y a des impératifs d’accompagnement adulte pour tous les moins de seize ans. 87,24 pour cent des garçons, 85,82 pour cent des filles de treize-quinze ans ne vont jamais en discothèque.
Les filles y vont plus jeunes que les garçons. Entre dix-neuf – vingt-cinq ans les juniors s’y rendent le plus souvent. 59,60 pour cent des garçons de dix-neuf – vingt-et-un ans y sont assidus plus de six fois par an. 27,38 pour cent affirment l’être plus de douze fois par an. Seule tranche d’âge où les garçons sont plus adeptes que les filles. 46,34 pour cent des filles de dix-neuf – vingt-et-un ans s’y retrouvent plus de six fois par an. Le ratio s’inverse de vingt-deux à vingt-cinq ans. Les jeunes filles restent les plus grandes « fidèles ».
Les professions intermédiaires à 50 pour cent et les cadres ou les professions intellectuelles supérieures à 44,95 pour cent disent le plus souvent ne jamais fréquenter de discothèques. Sauf pour les collégiens, les lycéens qui ne peuvent y aller sans accompagnateurs majeurs. Hormis les sans diplômes qui affirment souvent ne pas se rendre en discothèque les divers niveaux de diplômés le font de façons plutôt égales. Les divergences concernent les fréquences les plus importantes. Les titulaires de Cap-Bep, bac techno, bac pro sont les plus nombreux à y aller plus de douze fois par an. Leurs pratiques culturelles étant moindres.
Respectivement à 24,43, à 23,70 et 25,32 pour cent. Le taux « toutes catégories » de cette fréquence est de 13,64 pour cent. 63,51 pour cent des jeunes ne vont jamais au théâtre. Lorsqu’ils le font c’est rarement plus de deux fois par an. Plus de six fois est exceptionnel avec des taux, quel que soit l’âge ou le sexe autour de 2 pour cent. L’âge peut intervenir. 17,28 pour cent des garçons de treize-quatorze ans vont au théâtre une à deux fois par an. Ceux de vingt-deux – vingt-cinq ans sont 28,35 pour cent. Pour les filles le taux passe de 24,69 à 29,55 pour cent pour les mêmes âges et les mêmes fréquences.
Les ouvriers et apprentis sont ceux qui fréquentent le moins souvent le théâtre. 80,62 pour cent des ouvriers, 79,90 pour cent des apprentis s’abstiennent totalement. Les cadres et les professions intellectuelles supérieures sont les plus assidus. 16,51 pour cent affirment y paraître de trois à cinq fois par an. Toutes catégories de juniors confondues seuls 8,23 pour cent adoptent cette fréquence. 78,37 pour cent des jeunes sans bac général ne vont jamais au théâtre. Ce taux est de 46,23 pour cent pour ceux qui l’ont obtenu. Ce loisir élitiste revient aux diplômés.
Plus le niveau de diplôme est haut plus les juniors disent profiter fréquemment du théâtre. Même s’ils sont rares à le faire plus de six fois par an. Les ouvriers, apprentis sont ceux qui y vont le moins souvent. Les jeunes ne vont pas à l’opéra. 92,45 pour cent disent ne jamais y aller en une année. 13,76 pour cent des cadres, professions intellectuelles supérieures s’y rendent une à deux fois par an. Pour tous les juniors ce taux baisse à 5,94 pour cent. 99,22 pour cent des ouvriers n’y vont jamais sinon seulement une à deux fois par an. Jamais plus. Seuls 35,37 pour cent des jeunes sondés disent ne jamais aller au concert.
Il semble se démocratiser avec l’âge. De treize à quatorze ans 59,26 pour cent des ados garçons, 42,34 pour cent des filles ados ne vont jamais au concert. De même 29,63 pour cent des garçons de vingt-six – trente ans, 32,38 pour cent des filles du même âge. Les jeunes qui y vont plus de six fois par an sont très rares. Les juniors se déplacent majoritairement une à deux fois par an au concert à 37,35 pour cent. Les collégiens, lycéens et étudiants y vont rarement plus de six fois par an. Les étudiants s’y rendent toujours plus souvent que les lycéens, les collégiens. Seuls 27,48 pour cent parmi eux jamais. Le concert plaît à une minorité choisie.
Les professions intermédiaires, les cadres et professions intellectuelles supérieures y sont les plus assidus. Ils ont le taux le plus bas de jeunes qui s’abstiennent. Respectivement 12 et 20,18 pour cent. Les chômeurs à 43,82 pour cent, les apprentis à 43,06 pour cent, comme les ouvriers à 41,98 pour cent n’y paraissent même jamais. La différence est forte entre les titulaires d’un diplôme supérieur au bac général et ceux des niveaux inférieurs notamment quand la fréquence augmente. Cela est fort patent pour une fréquence de venue au concert comprise entre six et douze fois par an. Sans diplôme, 3,92 pour cent.
Brevet collégial, 5,77 pour cent. Cap-Bep, 3,57 pour cent. Bac technologique, 4,72 pour cent. Bac professionnel, 3,04 pour cent. Bac général, 7,26 pour cent. Bac plus un ou deux, 10,74 pour cent. Puis bac plus trois, 12,75 pour cent. Bac plus quatre ou cinq, 13,52 pour cent. Bac plus huit, 23,53 pour cent. Moyenne globale, 6,25 pour cent. Les juniors vont tous ou presque au moins une à deux fois dans l’année au cinéma. Seuls 6,02 pour cent affirment qu’ils ne vont jamais au cinéma au cours d’une année. C’est l’activité qu’ils prisent beaucoup et le plus souvent avec 18,02 pour cent concernés plus de douze fois par an. Us culturels, loisir juvéniles universels.
La majeure partie s’y rend de trois à cinq fois par an à 30,41 pour cent. Les étudiants, les collégiens ou lycéens affirment très rarement ne jamais aller au cinéma. Toutes catégories confondues nombre de jeunes sont fort assidus de six à douze fois par an. Les écarts se marquent à partir d’une fréquence de plus de douze fois par an. Seuls 9,74 pour cent des chômeurs disent alors être « concernés ». Les professions intermédiaires affirment le plus souvent aller plus de douze fois au cinéma par an à 28,57 pour cent. Les différences selon le niveau de diplôme influent peu ici.
48,66 pour cent des juniors disent qu’ « aller au musée et au théâtre ou à l’opéra les intéresserait ». 51,34 pour cent pensent l’inverse. Les jeunes totalement indifférents sont 36,90 pour cent. Le musée, le théâtre, l’opéra ne passionnent guère les juniors. Les jeunes vivant en lotissement à 37,93 pour cent, en cité à 42,28 pour cent ou à la campagne à 43,87 pour cent sont les moins intéressés. L’intérêt grandit avec l’âge. 9,24 pour cent des garçons, 9,90 pour cent des filles ados de treize-quatorze ans sont intéressés. 36,32 pour cent des garçons, 45,85 pour cent des filles de vingt-six – trente ans.
Les jeunes en formation sauf étudiants, les agriculteurs sont les moins intéressés. Seuls 14,70 pour cent des collégiens, lycéens, 16,67 pour cent des apprentis ou 8,33 pour cent des juniors agriculteurs se disent intéressés à aller au musée, au théâtre ou à l’opéra. Les ouvriers à 42,97 pour cent, les collégiens et les lycéens à 44,03 pour cent, les apprentis à 48,04 pour cent, les patrons de l’industrie et du commerce à 50 pour cent sont indifférents. Le différentiel d’intérêt est aussi patent selon le niveau de diplôme. Avoir le bac général ou un niveau supérieur est très marquant. Les taux les plus importants d’intérêt sont ceux des jeunes de niveaux bac ou plus.
Les niveaux inférieurs au bac général sont alors les plus indifférents. 55,83 pour cent des sans diplômes. 39,42 pour cent des diplômés du brevet des collèges. 50,84 pour cent des jeunes titulaires de Cap-Bep. 38,28 pour cent des sortants de bac technologique. 45,61 pour cent de ceux de bac professionnel. L’effet d’âge est bien la cause capitale de ce net désintérêt pour le musée, le théâtre, comme l’opéra. Les autres facteurs comptent. Y aller reste trop cher pour bien des juniors à 53,24 pour cent. 30,91 pour cent des jeunes vivant en cité pensent que ce type de sortie demeure bien trop cher pour eux.
C’est le pourcentage le plus élevé. Sinon le type d’habitat ne conditionne jamais vraiment l’incidence des coûts de ce genre de loisir. Les treize-quatorze ans à 47,86 pour cent des garçons, 36,52 pour cent des filles ne trouvent pas que musée, théâtre, opéra soient trop chers pour eux. Ce taux baisse ensuite. Chez les jeunes de vingt-six – trente ans il est de 25,35 pour cent pour les garçons, comme 13,66 pour cent pour les filles. 57,28 pour cent des garçons, 67,81 pour cent des filles de vingt-six – trente ans pensent que ces sorties sont trop chères.
Certaines catégories sociales estiment plus que d’autres que musée, théâtre, opéra sont bien « trop chers ». Les chômeurs à 39,39 pour cent. Les professions intermédiaires à 31,25 pour cent. Les ouvriers à 28,68 pour cent. Puis les employés à 26,63 pour cent. Les patrons de l’industrie et du commerce, les agriculteurs estiment généralement que musée, théâtre, opéra ne sont pas trop chers. Respectivement 66,67 et 43,75 pour cent. Les sans-diplômes et les titulaires d’un bac plus quatre ou cinq ont le taux le plus haut de ceux qui pensent que ces sorties demeurent trop chères. Respectivement 20,92 et 25,99 pour cent.
Le volume de temps à 54,20 pour cent et l’intérêt de l’activité à 45,05 pour cent, le coût financier, 40,15 pour cent orientent les loisirs des juniors. À tout âge le temps disponible est le facteur premier des loisirs. Le coût financier acquiert de l’importance avec l’autonomie des jeunes. Cela compte peu pour les treize-quatorze ans à 20,12 pour cent des sondés. Le coût commence à importer pour les dix-neuf – vingt-et-un ans à 49,86 pour cent. Les vingt-deux – vingt-cinq ans lui accordent le plus d’importance à 51,72 pour cent des juniors. Pour ces derniers le temps disponible l’emporte à 56,74 pour cent.
Le coût financier est avancé par 49,65 pour cent des vingt-six – trente ans. Il n’y a pas de nette différence entre garçons et filles en l’espèce. Est toujours considéré comme marquant : le temps disponible, l’intérêt de la sortie, comme le coût financier. Ce dernier est plus fréquemment cité par les filles que l’intérêt de l’activité mais avec une faible différence. 42,39 pour cent des filles évoquent le coût financier pour 41,02 pour cent l’intérêt de l’activité. Les treize-quatorze ans semblent plus « grégaires » que leurs aînés. 35,59 pour cent pensent que le fait que d’autres juniors participent au loisir est capital. Cela diminue avec l’âge mais la jeunesse prise la convivialité.
Selon l’habitat c’est toujours le temps consacré à l’activité qui reste le plus marquant. Les jeunes de cités évoquent plus fréquemment le coût financier à 42,40 pour cent d’entre eux que l’intérêt de l’activité à 39,01 pour cent. Pour tous les chômeurs le coût est bien le plus prédominant. 59,26 pour cent l’affirment. Les patrons de l’industrie et du commerce ou les cadres et professions intellectuelles supérieures sont les plus nombreux à pointer le temps disponible. Comme vecteur fondamental. Respectivement 62,50 et 67,89 pour cent. Plus le diplôme est élevé plus le « vecteur temps » est vital en l’option d’un loisir.
45,91 pour cent des sans diplôme le tiennent pour un élément éminent. Contre 62,54 pour cent des bac plus quatre ou cinq. Les trois grandes variables restent cependant les mêmes. Temps, intérêt de l’activité et coûts financiers fixent les loisirs quels que soient les métiers ou les études. Le coût financier est plus important pour les juniors des cités que l’intérêt du loisir lui-même. Appréciation de l’argent dont les jeunes disposent pour leurs loisirs selon le sexe, l’âge. « As-tu assez d’argent pour tes loisirs » ? Les différents types de réponses sont significatifs.
Garçons de treize-quatorze ans, oui : 76,99 pour cent, non : 23,01 pour cent. De quinze – dix-huit ans, oui : 65,06 pour cent, non : 34,94 pour cent. De dix-neuf – vingt-et-un ans, oui : 58,24 pour cent, non : 41,76 pour cent. De vingt-deux – vingt-cinq ans, oui : 59,24 pour cent, non : 40,76 pour cent. De vingt-six – trente ans, oui : 62,68 pour cent, non : 37,32 pour cent. Total garçons, oui : 63,50 pour cent, non : 36,50 pour cent. Filles de treize-quatorze ans, oui : 73,59 pour cent, non : 26,41 pour cent. De quinze – dix-huit ans, oui : 59,66 pour cent, non : 40,34 pour cent.
De dix-neuf – vingt-et-un ans, oui : 48,04 pour cent, non : 51,96 pour cent. De vingt-deux – vingt-cinq ans, oui : 47,93 pour cent et non : 52,07 pour cent. De vingt-six – trente ans, oui : 57,14 pour cent, non : 42,86 pour cent. Total filles, oui : 57,73 pour cent, non : 42,27 pour cent. « As-tu assez d’argent pour tes loisirs » ? Réponses selon les situations personnelles. Collégiens et lycéen, oui : 62,69 pour cent, non : 37,31 pour cent. Étudiants, oui : à 51,80 pour cent, non : 48,20 pour cent. En formation d’apprentissage, oui : 73,20 pour cent, non : 26,80 pour cent.
Chômeurs, oui : 47,08 pour cent, non : 52,92 pour cent. Employés, oui : 63,04 pour cent, non : 36,96 pour cent. Ouvriers, oui : 68,25 pour cent, non : 31,75 pour cent. « Professions intermédiaires », oui : 44,68 pour cent, non : 55,32 pour cent. Agriculteurs, oui : 63,64 pour cent, non : 36,36 pour cent. Patrons de l’industrie et du commerce, oui : 56,25 pour cent, non : 43,75 pour cent. Cadres ou professions intellectuelles supérieures, oui : 74,07 pour cent, non : 25,93 pour cent. Autres, oui : 60,98 pour cent, non : 39,02 pour cent. Total oui : 60,24 pour cent, non : 39,76 pour cent. 60,28 pour cent des jeunes se disent satisfaits de l’argent dont ils disposent pour leurs loisirs.
39,72 pour cent estiment qu’ils n’en ont pas assez. Ces chiffres cachent des disparités. Ainsi de treize à dix-huit ans les juniors sont très majoritairement satisfaits. Ceux dont l’âge est plus avancé sont les plus critiques. Cela est dû au fait que les premiers bénéficient souvent de l’argent de poche offert par leurs parents jusqu’à dix-huit ans. Qu’ensuite les seconds ne disposent que de leurs revenus propres. Les chômeurs sont les plus insatisfaits de l’argent dont ils bénéficient pour leurs loisirs. Ils sont suivis par les « professions intermédiaires » et les étudiants. Catégories les moins riches.
Les professions intermédiaires sont plus friandes de « sorties culturelles, loisirs ». Le type d’habitat compte peu même si c’est dans les cités et à la campagne que les pourcentages de satisfaction sont bien plus faibles. 59,75 pour cent des jeunes disent qu’ils connaissent les propositions culturelles qui se déroulent en leur ville. 18,29 pour cent sont d’un avis inverse. Les juniors des cités affirment ne pas connaître les propositions culturelles de leur ville plus souvent que d’autres à 21,69 pour cent. Surtout les apprentis, les ouvriers estiment ne pas connaître les propositions culturelles de leur ville. Respectivement 25,50 et 30,77 pour cent d’entre eux.
Les différences selon le sexe et l’âge sont peu déterminantes. « J’ai facilement accès à ces événements » : 65,17 pour cent des jeunes considèrent que c’est le cas. 14,21 pour cent des juniors sont d’un avis opposé. Surtout les jeunes vivant en cité ou en un lotissement sont les plus nombreux à penser qu’ils n’ont pas du tout accès aux événements qui font vivre la ville. 18,84 pour cent des premiers, comme 15,22 pour cent des seconds. Les juniors de centre-ville semblent les plus favorisés. Ils ne sont que 11,14 pour cent à estimer qu’ils n’ont jamais ni complètement accès aux « événements culturels » de leur propre ville.
Les manifestations culturelles, de loisirs sont encore bien trop concentrées, urbaines. Les banlieues n’en profitent pas suffisamment. Les chômeurs surtout pensent qu’ils n’ont jamais accès aux événements de loisirs de leur ville pour 22,31 pour cent d’entre eux. Les jeunes ne vivent généralement pas leurs loisirs seuls à 72,85 pour cent des sondés. Seulement 10,85 pour cent d’entre eux le font. Qui sont donc les juniors qui pratiquent leurs loisirs en solitaires ? Les divers types d’habitat n’influent nullement. Pas plus que les sexes. Or, l’âge certainement. Les treize-quatorze ans sont plus souvent que d’autres à dire qu’ils passent leurs loisirs seuls. 19,83 pour cent des garçons, 15,58 pour cent des filles de cet âge.
Pour l’ensemble des jeunes ce taux n’atteint que les 10,83 pour cent. La part majeure du temps consacré aux jeux vidéo, à Internet ou à la télévision à cet âge explique sans doute cela. D’autant qu’ils ne bénéficient pas des mêmes latitudes de sorties que leurs aînés. Il n’y a pas de nette différence entre les diverses activités des sondés. Seuls les diplômés de bac plus quatre ou cinq s’illustrent. Confirmant le lien entre loisir culturel et niveau d’études. 25,90 pour cent d’entre eux affirment mener plutôt leurs loisirs en solitaires. Seuls 7,55 pour cent le font en groupe. Peut-être la « maturité intellectuelle » mène-t-elle à plus d’autonomie, de souveraineté individuelle solitaire. Comme en matière culturelle, de loisirs. (Joc, Jeunesse Ouvrière Chrétienne, France, 2009)-950.
Fame est une comédie dramatique musicale cinématographique américaine d’A. Parker de 1980. Elle démontre à merveille la passion artistique, culturelle qui peut fort transcender la jeunesse. Les élèves d’une école des arts du spectacle ont l’ambition de la gloire et la célébrité. Au prix d’un très dur travail acharné et incessant. Ils veulent tenter le fort sélectif concours d’entrée de la brillantissime Fiorello H. LaGuardia High School of Music & Art and Performing Arts de New York. Huit candidats sont « mis en avant ». Bruno pour la musique. Leroy, Coco, Lisa, Hilary pour la danse. Montgomery, Ralph et Doris pour la comédie.
Le cursus exige quatre dures années à l’issue desquelles bien peu parviendront à occuper le devant de la scène-951. Il est formidable de voir tous ces jeunes s’activer autour de leur professeur afin de donner le meilleur d’eux-mêmes, « se dépasser ». Exprimer toute leur « fibre artistique » pour porter tout leur talent au firmament culturel de l’excellence. Non, tous les juniors ne « se contentent » pas d’un « minimum culturel » médiocre sans exigence et purement commercial.
Oui, certains même minoritaires aspirent à tout prix à une réalisation de soi culturelle de très haute qualité et sans concessions. Tout en acceptant beaucoup de sacrifices pour cela ! Tel L. de Rubempré. Jeune provincial français débarqué à Paris sous la Restauration. (France, 1815-1830). Qui se bat pour réussir en littérature en vain. (H. de Balzac, écrivain français, 1799-1850, Illusions perdues, étude de mœurs littéraire, France, 1837-1843).
82 pour cent des jeunes pensent que la culture est importante en leur vie. 93 pour cent, indispensable à la société. 86 pour cent, qu’elle favorise la tolérance. 57 pour cent estiment que leur génération est moins cultivée que leurs aînés. Que la famille à 75 pour cent, l’école à 69 pour cent favorisent les transmissions culturelles. Puis les médias. Internet, la télévision sont considérés tels principaux vecteurs culturels. 91 pour cent pensent qu’Internet et 71 pour cent que la télévision contribuent le plus à leur culture. La presse écrite à 43 pour cent, la radio à 37 pour cent.(Étude d’opinion OpinionWay pour Agefos-Pme, Les jeunes et la culture, France, 2016).
La jeunesse est un choc. L’on perd l’innocence
L’on se retrouve confronté à des choses qui peuvent dégoûter de la vie
J’aime mêler imaginaire et réel. J’ai envie d’être un adulte à âme d’enfant
Bruno, dix-sept ans–952
9
VOS ÉTHIQUE, MORALE
Vos Valeurs / Adhésions
D'(Andro)Jeune
L’homme noble est un créateur de valeurs
F. W. Nietzsche
Philosophe, poète, Allemagne, 1844-1900
Généalogie de la morale
Œuvre philosophique, Allemagne, 1887
Toute existence tire sa valeur de la qualité de l’amour
Dis-moi quel est ton amour, je te dirai qui tu es !
Jean-Paul II
Souverain pontife, Saint-Siège, 1920-2005
Existe-t-il une « mystique juvénile transcendante » de valeurs propres ? Peut-on isoler des adhésions idéologiques de jeune ? S’il y a des « vacuités morales » à votre jeunesse il n’en est pas moins d’exigeantes quêtes de valeurs des plus sûres chez nombre d’entre-vous, junior-953.
Tous les habitants adultes de la petite localité américaine de Hadleyville se comportent fort lâchement. Dans le très célèbre western américain High Noon, Le Train sifflera trois fois. (F. Zinnemann, 1907-1997, 1952). Ils refusent leur aide au shérif Kane, bien seul pour affronter une bande de criminels. Hormis sa propre épouse, seul un jeune adolescent de quatorze ans se propose crânement ! Trait frappant du film très finement, justement vu. Les jeunes sont souvent bien plus courageux et valeureux, dignes et droits que bien des adultes !
Ils expriment plus que les aînés de cœur, de générosité et de justice que de calcul, de raison, comme d’intérêts-954. Sachons « donner » aux juniors, ils nous le « rendront alors au centuple » conformément à la parabole biblique dite des Talents. (Matthieu, apôtre, Ier s., Évangile, XXV, 14-30, Nouveau Testament, La Bible, Moyen-Orient, Ier s.). Selon les vertus théologales et cardinales. Le jeune pourra d’autant plus être généreux qu’il aura fort bien reçu de l’adulte !
Sous la Monarchie de Juillet, (France, 1830-1848) L. Leuwen, jeune polytechnicien français est exclu car républicain. Il saura sacrifier tous ses intérêts à ses idéaux ! (Stendhal, écrivain français, 1783-1842, Lucien Leuwen, œuvre de littérature politique, d’apprentissage, France, 1834, parution, 1894). Autre grand exemple de fiction démontrant comme en la réalité également que la jeunesse sait être « plus grande encore qu’elle-même ». Bien au-delà des très pâles contingences temporelles, spatiales, personnelles, factuelles et matérielles. Ainsi P. Claudel, (Poète, dramaturge, France, 1868-1955) s’ouvrant à la spiritualité à dix-huit ans à Notre-Dame de Paris à la Noël 1886.
« J’étais moi-même debout dans la foule près du second pilier à l’entrée du chœur. […]. C’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus ».
(P. Claudel, Ma conversion, Œuvres en prose, France, 1913). De même le jeune Aron, treize ans se sent appelé à une foi nouvelle en la Semaine sainte 1940 en la cathédrale d’Orléans. Il deviendra cardinal, archevêque métropolitain de Paris. (J.-M. Lustiger, prélat, membre de l’Académie française, France, 1926-2007).
Réfléchissons à ce qui possède vraiment une valeur
À ce qui donne sens à notre vie. Ordonnons nos priorités en conséquence
T. Gyatso, Dalaï Lama
Actuel chef spirituel
Du bouddhisme tibétain, Tibet, Inde
VOTRE AVANT-GARDISTE
[ « SYNCRÉTISME JUVÉNILE EXTRÊME » ? ]
« Génération caméléon », votre jeunesse d’aujourd’hui ne croit plus en rien, s’y refuse, aspire encore à croire en tout. En une absolue mystique supérieure. Elle rechigne à s’engager, s’y lance parfois à corps perdu. Il n’y a nulle néogénération sans idéaux ardents, nulles valeurs sans votre puissante, généreuse, rayonnante vitalité de junior. Loin de tout « conformisme et conditionnement » totalitaires, sectaires, d’asservissements. Vos valeurs de jeune vous sont propres.
Les adultes ont de même les leurs. Depuis trente ans l’on observe un grand rapprochement, des accords autour d’un substrat idéologique commun transgénérationnel. A minima. Aujourd’hui comme hier puis demain vous, junior, êtes en quête d’un puissant idéal qui vous transcende comme d’une plénitude ontologique, existentielle forte. Vous êtes soucieux de la réussite de votre vie, d’une trace qui donne tout son sens à votre bref passage terrestre.
Bomont est une petite localité conservatrice de l’Ouest des États-Unis. Musiques et danse en sont bannies pour raisons morales. Car elles sont réputées contraires aux valeurs admises et symboles maléfiques. Depuis qu’a été occasionné un accident de la route qui a tué le fils du pasteur de la ville. Ren, jeune danseur de Chicago s’installe alors à Bomont. Il se bat avec ses amis pour faire accepter la danse, démontrer qu’elle n’est pas vice mais réalisation de soi, expression juvénile très positive, bénéfique. Cette comédie dramatique cinématographique musicale américaine, Footloose, (H. Ross, 1927-2001, 1984) reprend des faits réels de 1978. À Elmore City, bourgade rurale de l’Ocklahoma-955. La danse y est proscrite à la fin du dix-neuvième siècle.
Des lycéens ne l’ont pas entendu de cette oreille, ont « renversé l’ordre établi ». Ceci est très significatif sur le plan des valeurs éthiques. Il est ainsi illustré que la jeunesse se veut moins héritière qu’iconoclaste, initiatrice, prescriptrice en matière de morale-s de vie. De tout temps, toutes contrées. Depuis un demi-siècle elle se contente de moins en moins de reproduire. Pour contester de plus en plus la loi convenue, imposer ses propres normes. Non seulement pour elle-même mais pour toute la société. Ainsi souvent la « dominante juvénile » devient-elle celle de tous ! Pour autant il y a encore un demi-siècle le monde est pour les jeunes :
« Terre promise non désirée. Aujourd’hui il est devenu contrée désirée non promise ».
(F. de Closets, journaliste, écrivain contemporain, France).
– Vos Croyances, Doutes –
Conscience, Représentations de Jeunesse
Valeur est un terme de 1080 provenant du « latin valor. (Deuxième moitié du XIXe s.), ce qui est vrai, beau, bien selon un jugement personnel plus ou moins en accord avec celui de la société de l’époque ; ce jugement. Échelle des valeurs : l’ensemble des valeurs classées de la plus haute à la plus faible en conscience et servant de référence dans les jugements, la conduite ».
(Dictionnaire de la langue française Robert, France, 2007)-956.
Vos valeurs de jeune sont vos adhésions, croyances ou idéaux que vous cultivez « en conscience » en propre ou non. Votre jeunesse a pu être qualifiée de « génération morale ». De fait vous prisez plus Vérité, Justice, Amour, Paix que l’inverse.
93 pour cent des juniors estiment que l’environnement peut être préservé par des gestes simples. 90 pour cent sont inquiets quant aux évolutions actuelles du monde. 85 pour cent sont inquiets quant aux évolutions de la société française. 85 pour cent croient que le « système D », comme le sens de la « débrouille » permettent de « s’en sortir » dans la vie. 85 pour cent affirment que les jeunes peuvent faire bouger les choses. 82 pour cent constatent que l’argent est le « moteur de la société ». Or, la qualité de la vie, l’épanouissement personnel passent avant l’argent pour ces juniors. 81 pour cent affirment qu’il est important de consacrer du temps à des associations.
33 pour cent croient que tout le monde a les « mêmes chances de réussites ». 31 pour cent considèrent que la Justice défend chacun équitablement. 26 pour cent des adolescents croient en l’idée de progrès. 6 pour cent pensent que « le monde de demain sera meilleur que l’univers d’aujourd’hui ». Des éléments d’avenir personnel capitaux, note moyenne sur 10 sont isolés par les jeunes interrogés. Être en bonne santé 9,4. Avoir un travail qui m’intéresse 9,3. Avoir un travail qui me rapporte ce dont j’ai vraiment besoin 8,9. Avoir une vie amoureuse épanouie 8,9. Posséder un travail stable 8,7. Aider les autres 8,6. Avoir une vie stable 8,6. Éduquer les enfants 8,5. La jeunesse est consciente des « priorités de la vie » ! (Pfizer, France, 2006)-957.
Il est un domaine crucial en lequel les jeunes sont soumis aux insondables profondeurs de l’absence : les valeurs morales et spirituelles. Que faire quand plus rien ne signifie, balise plus rien ? Qu’entreprendre dès lors que les aînés chargés de faire passer leurs cadets sur l’autre rive, celle de l’adultisme sont mutiques, absents ? Que l’on est par son jeune âge dépourvu des leviers vitaux dont les adultes ont l’exclusivité, le monopole ? Seuls capables qu’ils sont d’assurer un « transfert » sans encombre. Nos vies sont les reflets de nos croyances. Si nous croyons mal, négativement, n’adhérons à rien de consistant, tangible, sûr nous « vivons mal ».
C’est ce qui arrive au junior, comme à l’adulte perdus du fait de ce dernier. Le relativisme assassin enseigne au jeune que : « Tout vaut car rien ne vaut et que rien ne vaut parce que tout vaut ». Cela constitue une œuvre de démoralisatrice démolition qui ne donne pas aux jeunes l’envie d’avoir envie de vivre or, de mourir. Défions-nous d’un « formatage totalitaire de la bonne pensée unique » chez nos jeunes. Ce qui aboutirait alors au tyrannique nivellement vers le pire de la « rhinocérite » ou du « meilleur des mondes ». (E. Ionesco, dramaturge français, 1909-1994, Rhinocéros, théâtre de l’absurde, France, 1959. A. Huxley, écrivain britannique, 1894-1963, Le Meilleur des mondes, roman d’anticipation dystopique, Royaume-Uni, 1932)-958.
L’on sait que le désir de mort chez le junior n’est pas à proprement parler une volonté de perdre la vie. Or, fuir les souffrances de l’existence présente pour « renaître autrement » à une « réalité meilleure ». Ce qui « frappe » si fort chez notre jeunesse est cette mortelle « morosité » selon l’expression désabusée même d’un jeune confiée à l’auteur. Tout désir, toutes envies et tout plaisir se sont retirés de cette génération. Elle porte le « deuil » de ses espérances ruinées. Au lieu d’être naturellement et consubstantiellement l’âge de tous les appétits elle est celui de toutes les existentielles renonciations résignées. À défaut du seul vrai renoncement moral. Cette infinie tristesse est résumée en un typique mot juvénile : « Nous sommes dégoûtés » !
Pourtant la « génération des quinze – vingt-quatre ans » est toujours la plus « métaphysique » qui puisse être parmi toutes les autres. Cela serait une « tragique erreur » des plus réductrices que de croire que nos juniors ne pensent qu’à rire, s’amuser, jouir, « profiter de la vie ». Trop de malsaines, sinistres obsessions si morbides, mortifères l’accablent déjà tant et plus !
« La jeunesse a des ailes dont les plumes sont faites de poésie, les nerfs d’illusions, des ailes qui élèvent les jeunes gens au-delà des nuages d’où ils écoutent la vie chanter la Gloire et la Magnificence. Or, ces ailes poétiques ont tôt fait d’être déchirées dans la tourmente de la vie et de s’abattre sur le monde de la réalité ».
(G. K. Gibran, poète libanais, 1883-1931, Les Ailes brisées, œuvre littéraire, États-Unis, 1912). Ce sont les jeunes de quinze – vingt-quatre ans qui se posent encore le plus de récurrentes questions. En matière existentielle, philosophique, morale, spirituelle. D’où viens-je, où vais-je, qui suis-je, que faire de ma vie ? Lui donner un sens individuel ou collectif, matériel ou moral, intérieur ou tourné vers autrui… ? Les juniors sont en « permanente quête » d’absolu ontologique. Nous, soi-disant adultes sommes si incapables d’y apporter vraies réponses, éclairages pertinents et satisfaisants-959 ! Cette jeunesse navrée se perd en ses conjectures tourmentées sans fin. Ses credo les plus fondamentaux sont niés, éludés. Œuvrons pour que la weltanschauung des néogénérations, leur tangible « vision de l’univers » ne soit pas une weltschmerz, vraie « douleur du monde ». Or, une weltglück, réel « bonheur terrestre »-960. À quoi croit ou non le jeune ? Quelles valeurs peuvent-elles ou pas lui être spécifiques ?
Les jeunes contemporains prennent de plus en plus conscience des limites, des illusions, dangers des matérialismes. Ils savent les vertus des valeurs morales. Même si hédonismes, consumérismes sont de façon intemporelle, universelle inclinations juvéniles par essence. Ils n’ignorent en rien que : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». (F. Rabelais, écrivain français, 1483 ou 1494-1553, Pantagruel, œuvre littéraire, France, 1532). Idéalisme et idéaux l’emportent donc chez eux malgré tout ! Les juniors pensent que ce qui caractérise le mieux leur génération est la consommation, 26 pour cent. La solidarité, 20 pour cent. La « responsabilité », 12 pour cent. L’enthousiasme, 11 pour cent. La révolte, 11 pour cent. L’individualisme, 9 pour cent. Le matérialisme, 8 pour cent. La résignation, 3 pour cent. Ils se sentent encore avant tout français, 36 pour cent. Européens, 21 pour cent. Citoyens du monde, 21 pour cent. Habitants de leur commune, 15 pour cent. De leur région, 5 pour cent. Puis de leur département, 2 pour cent.
Concernant l’avenir ils sont malgré tout plutôt optimistes, 58 pour cent. Plutôt pessimistes, 27 pour cent. Très optimistes, 10 pour cent. Très pessimistes, 5 pour cent. Total optimistes, 68 pour cent. Total pessimistes, 32 pour cent. Les jeunes pensent que la société française leur manque de considération, 37 pour cent. Qu’elle est fort indifférente à leur encontre, 29 pour cent. Qu’elle est solidaire d’eux, 25 pour cent. Qu’elle les rejette, 8 pour cent. Ils estiment qu’il faut réformer la société française sur certains points tout en « conservant l’essentiel » à 79 pour cent. Qu’il faut radicalement changer leur société, 11 pour cent. Qu’il faut conserver la société française en l’état, 10 pour cent. Le jeune n’est donc ni révolutionnaire ni conservateur mais réformiste. Il n’aspire ni au « grand soir » ni au « statu quo » mais au « changement » évolutif le plus favorable possible.
Les juniors aiment beaucoup écouter de la musique, 83 pour cent. « Apprendre » des choses nouvelles, 79 pour cent. « Faire la fête » avec des amis, 78 pour cent. Être en famille, 63 pour cent. Voyager, 63 pour cent. Aller au cinéma, 55 pour cent. Puis faire du sport, 54 pour cent. Lire, 40 pour cent. Dépenser de l’argent, 38 pour cent. Surfer sur Internet, 22 pour cent. Le travail est avant tout pour eux une source de revenus, 48 pour cent. Ensuite un « plaisir », 30 pour cent. Une source de reconnaissance, 19 pour cent. Une contrainte, 3 pour cent. Réussir sa vie c’est avant tout fonder une famille, 52 pour cent. Avoir un métier à responsabilité, 16 pour cent. Réussir sa vie sentimentale, 14 pour cent. Défendre une grande cause, 8 pour cent. Avoir beaucoup de temps libre, 6 pour cent. Puis gagner beaucoup d’argent, 4 pour cent.
La politique les intéresse : pas du tout, 43 pour cent. Peu, 34 pour cent. Assez, 18 pour cent. Beaucoup, 5 pour cent. Total rejets, 77 pour cent. Total adhésions, 23 pour cent. Les causes d’engagement durable juvénile sont la famille, 89 pour cent. La recherche contre la maladie du Sida, 78 pour cent. La pleine « défense des droits de l’Homme », 71 pour cent. La lutte contre la violence, 71 pour cent. L’aide aux handicapés, 63 pour cent. L’aide aux jeunes défavorisés en France, 63 pour cent. La lutte contre les misères dans le Tiers-Monde, 62 pour cent. Les luttes antipollution, 60 pour cent. La protection animalière, 52 pour cent. La parité entre les sexes, 51 pour cent. La défense de son pays, 50 pour cent. La création d’associations sportives, 35 pour cent. La création d’un groupement de quartier, 31 pour cent. Militer au sein d’un parti politique, 6 pour cent. (Ifop, France, 2000)-961.
Les juniors aspirent tous à un idéal positif d’avenir, d’espoir, d’absolu. « Aller de l’avant » est leur souhait le plus cher quand le monde adulte persiste à les enfermer en un fort stérile désabusement mortifère ! La configuration imposée est un très mutilant « désert spirituel » déshumanisé, éloigné de toute conscience, tout libre-arbitre. En un univers adulte moralement anémié l’adolescent s’essaie à puiser au « tréfonds de son âme » des valeurs indûment, iniquement, cruellement introuvablesè-962.
À ses dépens ! Aujourd’hui, comme hier le jeune est plus idéaliste que cynique mais peine plus à se réaliser. Les jeunes veulent croire aux vérités de l’intériorité, aux exigences morales que le monde contemporain méprise, élude. Ils sont en cheminement éthique, humaniste. Cela contredit la négative réputation imaginaire qui leur est faite par préjugés. L’adulte ne transmet aucune « clef d’avenir ». L’adolescent est en apparence prisé mais les vrais modèles d’identification lui manquent.
Sa quête d’acmé, de transcendance tend pourtant à l’ultime ascèse sublimatoire. Aucun junior n’est véritablement attendu ni entendu par ses aînés. Ceux-ci poursuivent leurs « objectifs propres ». Le jeune peut être « démoralisé » car conditionné à penser que tout accomplissement est pernicieuse hérésie inimaginable. Ce « faux décalogue » ronge le junior qui ne veut être « ni apostat ni relaps ». L’adulte tue délibérément tout espoir, obscurcit l’avenir, nimbe toute chose d’une aura de mort plus que de vie. Les vertus morales ne peuvent être celles empoisonnées du consumérisme. Il manque un axiologique magistère d’espérances. Les attributs des valeurs cultivées par le jeune peuvent être des plus « classiques » comme le plein respect d’autrui. « D’avant-garde » comme l’égalité anti-discriminatoire universelle. « Iconoclastes » telle la mise en cause du devoir d’être utile à la collectivité par son travail. L’ensemble sera selon divers critères propres à la jeunesse.
Les réalités qui comptent le plus pour les jeunes sont la famille, 52 pour cent. Trouver un métier intéressant, 38 pour cent. Les amis, 37 pour cent. L’amour, 32 pour cent. Le sport, 19 pour cent. Bien « se développer » de façon intellectuelle et « se cultiver », 18 pour cent. La musique, 17 pour cent. La santé, 16 pour cent. L’argent, 13 pour cent. Chercher à « créer » quelque chose par soi-même, 11 pour cent. La liberté, 10 pour cent. Avoir des responsabilités comme jouer un rôle important, 10 pour cent. La paix, 9 pour cent. Les voyages, 7 pour cent. La religion, 5 pour cent. La sexualité, 3 pour cent. Ce qui rapproche le plus des amis, les études ensemble, 43 pour cent. Bien s’amuser ensemble, 41 pour cent. Le même âge et la même nouvelle génération, 34 pour cent. La proximité d’habitat, 31 pour cent. Les mêmes styles, goûts, 29 pour cent.
Partager des choses fortes, des émotions, 29 pour cent. Les mêmes loisirs, 26 pour cent. Les mêmes idées politiques ou intellectuelles et les mêmes « valeurs », 19 pour cent. Aimer les mêmes sports, 14 pour cent. Partager les mêmes « rêves », les mêmes projets d’avenir, 13 pour cent. 56 pour cent des juniors ne cultivent aucun idéal or, 44 pour cent le font. Réussir sa vie professionnelle, comme ses études, 22 pour cent. Réussir sa vie privée, amoureuse, 21 pour cent. Réussir sa vie professionnelle, 12 pour cent. Fonder une famille à soi, se marier, avoir des enfants, 12 pour cent. Réussir socialement, 12 pour cent. Exercer un métier qui plait, pouvoir vivre toute sa passion, 9 pour cent. Avoir une bonne situation et de l’argent, 6 pour cent. Être socialement reconnu, jouer un rôle dans la société, 5 pour cent. L’altruisme, la paix, 4 pour cent. Avoir des amis, un bon entourage, 3 pour cent. Être heureux, 3 pour cent…
Selon les jeunes il est inadmissible ou grave de racketter, 100 pour cent. Vendre de la drogue, 96 pour cent. D’insulter l’un de ses professeurs, 96 pour cent. De « prendre » de l’ecstasy, 95 pour cent. Manquer de respect à ses parents, 94 pour cent. D’insulter de façon raciste ou encore antisémite, 91 pour cent. Insulter un policier, 91 pour cent. De rouler à grande vitesse sans respecter les limitations, 91 pour cent. D’avoir une sexualité non protégée, 89 pour cent. De ne pas se laver assez, 86 pour cent. Tricher lors d’un examen, 84 pour cent. Boire de l’alcool de façon excessive, 84 pour cent. Ne pas payer les transports en commun, 63 pour cent.
Fumer du cannabis, 61 pour cent. D’arriver en retard aux rendez-vous, 55 pour cent. De ne pas éteindre son téléphone mobile en public, 48 pour cent. Travailler au noir, 41 pour cent. Changer souvent de partenaire affectif, 30 pour cent. Les jeunes ne se retrouvent pas dans l’image publique que les médias donnent d’eux à 80 pour cent. Seuls 20 pour cent sont d’un avis contraire. Plutôt pas, 44 pour cent. Pas du tout, 36 pour cent. Plutôt, 17 pour cent. Tout à fait, 3 pour cent. Hormis leurs semblables les juniors parlent le plus facilement de ce qui leur tient à cœur avec les trentenaires, 51 pour cent. La « génération des parents », 40 pour cent. La « génération des grands-parents », 5 pour cent. Aucuns de ceux-là, 3 pour cent. (Tns-Sofres, France, 2003)-963.
Dix grandes valeurs humaines et juvéniles en leurs pleines réalités et objectifs ont été isolées et mises en évidence. L’ « universalisme, la bienveillance, la conformité, la tradition, la sécurité, le pouvoir, la réalisation, l’hédonisme, la stimulation, comme aussi l’autonomie ». Il s’agit des notions de bien pour tous, droiture à l’égard d’autrui, du sens des hiérarchies, du respect des choses établies. Du souci de protection, de la réussite sociale, des ambitions, aptitudes, appétences, attirances pour les découvertes, les nouveautés. De la souveraineté en toutes choses. (J. Lecomte, psychologue, Donner un sens à sa vie, livre de psychologie, France, 2007, d’après S. Schwartz, psychologue social, Israël, 1994)-964.
En 2000 un Institut des Valeurs en Action, Values in Action est créé aux États-Unis. Son responsable, C. Peterson, (Professeur de psychologie américain, 1950-2012), en l’objectif de distinguer les principales « forces humaines, de caractère » isole six vertus universelles. « Sagesse et savoir. Courage. Humanité et amour. Justice. Modération. Transcendance ». Toutes nobles qualités notamment indispensables à la jeunesse pour un adultisme accompli, équilibré-965. Cette génération croit plus que jamais en certains humanistes idéaux intemporels, universels. Il lui est toutefois difficile de se mettre concrètement sur-le-champ au service de causes qui lui sont pourtant chères. Elle en répudie d’autres à ses yeux plus répulsives qu’attractives.
« Entre dix-huit et vingt ans la vie est comme un marché où l’on achète des valeurs non pas avec de l’argent mais avec des actes ».
(A. Malraux, écrivain, France, 1901-1971)-966. Les jeunes accordent beaucoup d’importance au travail, ont des « attentes » des plus élevées à cet égard. Ils ne l’associent pas pour autant à l’accomplissement de soi, minimisent plus que leurs aînés les conséquences ressenties de son absence. La majorité des juniors aspirent à ce que l’emploi domine moins leur vie. La famille est encore bien plus importante pour ces jeunes que le travail. Ils savent faire la différence entre leur famille verticale héritée : parents / fratrie et leur famille horizontale de création : conjoint-e / descendants.
Concernant la famille verticale ils reconnaissent le droit des parents à l’amour et au respect de leurs enfants. Ils estiment aussi très majoritairement que le devoir des parents est d’œuvrer au maximum en faveur de leurs enfants. Quant à leur future famille horizontale la plupart des juniors pensent que la pleine fidélité conditionne la pérennité, la félicité de la vie de couple et familiale. Les jeunes ont peu d’attentes à l’égard de l’institution du mariage. Ils la considèrent comme dépassée, rigide, formelle et convenue. Ils voient leurs parents divorcer en masse, en souffrent. Or, ils croient encore malgré tout aux vertus conjugales. Même si le marasme juvénile contemporain est plus fort que jamais, avivé davantage par d’affectives déshérences accrues.
« Un sentiment de malaise inexprimable commença à fermenter dans tous les cœurs jeunes » qui « se sentaient au fond de l’âme une misère insupportable ».
(La Confession d’un enfant du siècle, œuvre littéraire d’A. de Musset, poète, dramaturge français, 1810-1857, France, 1836). Une fois de plus début 2018 la jeunesse de France manifeste. Contre la réforme du bac et de l’accès aux études universitaires. Comme en 1986, 1990, 1994, 1998, 2002, 2006, 2010, 2014. Sans compter les dates intermédiaires comme 2016. Nos juniors expriment en cela leurs inquiétude, mal-être, difficultés en leur société ! Ils valorisent la qualité du lien bilatéral relationnel au sein du couple. Plutôt que les réalités matérielles et d’homogénéité sociale, idéologique, spirituelle et conjugales. Leur mot d’ordre est donc prioritairement aux concessions réciproques, à la coopération équitable entre les sexes quant aux travaux domestiques.
Permettre à toute femme d’être tout à la fois mère, conjointe, travailleuse active est une conception juvénile des deux sexes et féminin surtout. Les jeunes femmes veulent tout à la fois travailler pour être autonomes et bien se réaliser, élever des enfants pour s’épanouir. La valeur de l’amitié est bien la plus prisée au temps de la jeunesse. Aujourd’hui tout autant que pour la néogénération romantique de l’époque de Chateaubriand. (Écrivain, France, 1768-1848). En la première moitié du dix-neuvième siècle. En une optique de socialisation, sociabilité typiquement juvéniles notamment à l’occasion des études secondaires et supérieures. Avant l’entrée en vie active et couple stabilisé. C’est-à-dire avant les débuts de la vie adulte à proprement parler. Les deux tiers des jeunes pensent que les amis, tout comme l’amitié comptent beaucoup en la / leur vie.
Presque tous, garçons et filles valorisent le fait à égalité avec le travail après la famille. Avant les loisirs, surtout la politique, tout comme la religion. Bien plus que leurs aînés. Cet attachement amical ne faiblit et un peu qu’en cas de vie de couple. Le sentiment amoureux éclipsant alors relativement les liens amicaux. Une formation d’études plus poussée est à corréler avec des adhésions plus fortes aux amis. De même que l’appartenance aux milieux sociaux plus favorisés plutôt que populaires, très urbanisés plutôt que ruraux. Cela concerne surtout les plus jeunes à l’âge du lycée, comme des études supérieures.
La valorisation de l’amitié par les juniors qui la cultivent le plus n’est pas à relier avec une sociabilité générale plus dense. Un meilleur contentement existentiel, un sentiment de plus de liberté ou encore de plénitude que chez d’autres jeunes. L’amour de l’amitié est donc chez ces juniors plus conjoncturel et lié au mode de vie avec les pairs et à l’occasion des études que structurel. Mentalité juvénile type qui inclinerait plus que les adultes vers une très forte interactivité entre humains. Notamment intragénérationnelle entre jeunes. La sociabilité des juniors en cadre religieux est fort marginale, à la mesure de leurs très faibles pratiques spirituelles.
Or, leur sociabilité est toujours supérieure en fréquence, voire en intensité vécue à celle de leurs aînés. Entre amis, collègues de travail ou d’études de façon extraprofessionnelle, extrascolaire dans le contexte associatif et récréatif. Au-delà de l’activité de vie nos jeunes accordent plus d’importance que les adultes au fait qu’ils y font quelque chose. Également tout autant qu’ils y côtoient d’autres humains notamment des juniors « comme eux », leurs semblables. L’essentiel n’est donc pas tant pour ces jeunes de « faire » comme c’est le cas pour les enfants que de « faire ensemble ».
Surtout de simplement être en compagnie d’autrui pour le pur plaisir intense que cela représente à l’âge par excellence de toutes les passions terrestres. C’est en cela que les juniors sont si attachants, touchants d’humanité désintéressée par et pour elle-même. Cette sociabilité juvénile est d’autant plus marquée que le niveau d’études, socioculturel, économique est plus élevé. Ce qui prédispose à des interactions sociales plus denses. Sauf en matière associative en laquelle les jeunes ruraux excellent la sociabilité juvénile est toujours incomparablement plus développée en milieu très urbain. Notamment celui des plus grandes villes, comme de l’agglomération parisienne.
En outre les juniors célibataires sont plus en interactions sociales extérieures que leurs pairs en couple notamment avec enfants. De même les plus jeunes, lycéens ou étudiants plus que les juniors plus avancés en âge et dans la vie active. Les filles valorisent autant l’amitié que les garçons mais ces derniers ont une fréquence de sociabilité avec autrui plus élevée. Ce sont les lycéens, les étudiants qui valorisent le plus l’amitié et ont la sociabilité la plus intensive, fréquente. De façon quotidienne et surtout hebdomadaire. La sociabilité juvénile est donc avant tout surtout par essence une sociabilité de scolarisé.
L’amitié est une part capitale des études et réciproquement. La socialisation juvénile surtout lycéenne, étudiante s’effectue d’abord par le truchement du groupe des semblables en âge, comme en études. Il s’agit donc en priorité d’une socialisation et d’une sociabilité amicales de scolarisation. Avant l’âge de vingt-cinq, surtout vingt ans l’essentiel des amis des jeunes ont le même âge qu’eux. L’amitié des juniors est donc avant tout intra et monogénérationnelle. Il s’agit d’une « endogamie » de complicité amicale car liée à la proximité d’âge, de goûts électifs.
L’on peut parler d’une véritable « homophilie amicale de sociabilité néogénérationnelle ». Les condisciples constituent l’essentiel du tissu amical des juniors de quinze – vingt-quatre ans notamment pendant leurs études. À un niveau moindre pour les jeunes déjà actifs. Ces amitiés sont les plus solides, durables, parfois à vie. Les juniors en études prisent plus encore la sociabilité amicale entre pairs que les loisirs eux-mêmes.
Cela démontre bien que l’essentiel pour les scolarisés n’est pas tant l’activité récréative en elle-même que le fait de côtoyer autrui notamment congénère. Le loisir est important pour tout jeune mais il reste par définition et essence limité pour des raisons scolaires et familiales. La sociabilité amicale juvénile de groupe entre pairs est capitale. Les études sont premières « pourvoyeuses » en l’espèce puis les loisirs. La relation à autrui notamment amicale demeure une « variable » fondamentale de la jeunesse. Elle est l’un des fondements de sa spécificité.
Les jeunes plébiscitent le travail professionnel féminin bien plus encore que leurs aînés. L’autonomie financière par le travail est encore plus prônée par les juniors de sexe féminin que par les femmes adultes. Les jeunes filles pensent qu’elles doivent tout comme l’homme assurer l’intendance matérielle familiale. Que l’activité extérieure est bien plus épanouissante encore pour elles que le statut de la seule conjointe et mère. Elles croient que les pères ont toute compétence pour s’occuper des enfants. Que le travail féminin est compatible avec le bien-être des enfants même en bas âges.
Les garçons rejettent moins que les filles l’idée de « femme au foyer » mais plus malgré tout que les hommes adultes. Les juniors les plus diplômés sont partisans de l’autonomie féminine. Les jeunes modestement titrés appuient plus le fait de la femme inactive. L’élévation des niveaux d’études permet d’accorder plus de valeur à l’exercice professionnel des deux sexes. Plus de modernité, largesse, hauteur de vue. La place des sexes sera considérée de façon différente par les juniors par rapport aux aînés.
Nonobstant chez les jeunes, comme chez les adultes de fortes disparités et discriminations professionnelles, domestiques perdurent. Aux détriments des femmes et en nette faveur des hommes de façon fort peu égalitaire en France comparativement aux pays occidentaux du Nord. Amérique septentrionale, pays scandinaves, États germaniques. Généralement les femmes de notre pays n’ont pas très loin s’en faut les meilleurs postes d’emploi professionnel. Travaillent plus à la maison aux tâches ménagères.
Cela est moins marqué chez les juniors mais globalement les filles restent moins bien loties que les jeunes mâles. Si elles ont moins à faire à la maison que leurs aînées c’est bien souvent car elles vivent encore chez leurs parents. Le service d’entretien est alors assuré par leur mère ou du personnel. En outre les occupations professionnelles et domestiques sont encore connotées du point de vue du genre sexué. Les filles sont plus employées, les garçons plus cadres. Les garçons bricolent, les filles font le ménage, s’occupent d’enfants.(Galland et al., 2002, 2012)-967.
Adolescence – Paroles d’ados / Avoir dix-sept ans est un double documentaire sociologique français d’É. Bitoun (2004). Dans le premier reportage, Paroles d’ados, les jeunes se disent et dévoilent ce qui les fait « rêver », révèlent leurs aspirations et craintes. Ils s’expriment et témoignent de façon libre et spontanée, drôle et touchante sur des sujets qui les émeuvent, intéressent, interpellent fort et leurs croyances et valeurs de vie propres. Dans le second court métrage, Avoir dix-sept ans, est dressé le portrait de cinq juniors des deux sexes. Suivis durant leur terminale de lycée précédant le baccalauréat. Ils racontent leurs parcours, expériences existentiels en les études, comme en leur vie personnelle. Ils affirment avec force et passion leurs idéaux et projets d’avenir. Ces beaux documentaires ont le mérite de nous convaincre que nos jeunes sont loin d’être des « jouisseurs décérébrés », apathiques, sans idéal.
Les jeunes contemporains sont tout autant que leurs devanciers juvéniles du passé capables de rêver, d’espérer, d’agir et de se projeter. Cultiver d’exigeantes valeurs morales élevées mais tout aussi simples et naturelles que la vie elle-même, leur vie ! Ils attendent toujours beaucoup d’eux-mêmes et de leur existence présente et future, comme de leurs aînés adultes. Sachons bien répondre à leurs désirs, quêtes, rêves, aspirations tout en les aidant à acquérir leur propre autonomie. Veillons à bien mieux respecter leurs choix et besoins, libertés, dignité, réalités si singuliers-968 ! La jeunesse aspire à vivre intensément tant elle sait que « ses vertes années sont fort comptées ». Qu’elle n’oublie pour autant jamais qu’ :
« En vérité la soif de confort tue l’ardeur de l’âme et suit alors ses funérailles en ricanant ».
(G. K. Gibran, poète libanais, 1883-1931, The Prophet, Le Prophète, œuvre littéraire, poétique et philosophique, États-Unis, 1923). Également que :
« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit ».
(G. K. Gibran, op. cit.).
– Vos Complémentaires Adoptions d’Idéaux –
Entre Junior / Aînés Adultes
Vos adhésions idéologiques, jeune, et celles des adultes se sont rapprochées. Vous êtes désormais plus « réaliste », consentez à plus de concessions que dans les décennies antérieures. Vos aînés sont devenus moins « rigides », plus compréhensifs. Vous, junior, partagez entre vous un substrat d’idéaux communs mais divergez sur certains points. En fonction de vos âges, sexes, milieux, personnalités, parcours, études, adhésions, localisations géographiques… Cela dit une distance est conservée par rapport aux valeurs si dominantes très communément établies par le monde adulte.
Depuis surtout un demi-siècle les valeurs juvéniles demeurent avant tout libertaires-contestataires, consuméristes-individualistes, généreuses-idéalistes. Même si par les aléas toujours plus difficiles des temps actuels l’on peut observer chez ces jeunes un certain conservatisme « frileux », prudent, attentiste. En matière de valeurs, d’idéaux, un réflexe très marqué de peur bien plus encore que chez les générations juvéniles antérieures. Pour autant les juniors savent encore fort cultiver les idées généreuses et solidarités les plus oblatives, désintéressées entre eux et avec autrui.
Ils peuvent également se montrer fort jaloux, ombrageux à l’image des adultes. Quand il s’agit de défendre le pré carré de leurs intérêts propres les plus catégoriels, particularistes. La jeunesse se cherche dans l’incertitude, le questionnement. Les marques rassurantes de l’enfance sont encore trop récentes. Cela mène au rejet de la sphère adulte sociale en ce qu’elle implique, représente et à une certaine volonté de mort. La quête est aussi au bonheur positif, aux moyens de croire, progresser.
L’adolescence est ambivalence avec ses failles de morbidité mais aussi de grands élans vers l’avenir, ses promesses. Les jeunes sont issus d’une génération aînée qui a rompu tout le fil des transmissions éducatives acquises par les ancêtres. Ils ne peuvent donc « renier » ce qu’ils n’ont jamais reçu ! Le junior est désemparé et démuni face à cette existentielle vacuité culturelle, morale, spirituelle. Son préjudice est d’être dépourvu de toute norme sociale et éthique. Faute de solides référents les cadets se sentent perdus, orphelins d’un accomplissement sans objet rendu impossible, introuvable.
Le sens d’altérité, d’introspection, des valeurs, de l’humain est un héritage toujours précieux, indépassable. Ces universaux sont déclassés, isolés de toute référence historique, culturelle, philosophique. Toute pédagogie de transmission, don est rendue improbable. Sans bagage moral ni legs d’aucunes sortes les jeunes sont déstabilisés car ils se retrouvent démunis de tout véritable fondement moral. Pour mieux orienter, asseoir profondément, durablement, de façon pertinente leurs choix essentiels. Le scepticisme, la contestation, comme l’opposition, l’indifférence sont le propre de la jeunesse qui se construit en répudiant les vieux modèles et valeurs de ses aînés.
Cela est aussi tout autant le temps des adhésions, engagements, croyances, combats passionnés. Depuis déjà un demi-siècle la « fermentation idéologique » juvénile des années 1960 et 1970 a marqué tous les esprits. Les valeurs de la néogénération répondent toujours à une même logique de créatrice « ébullition » d’expression vive-969. Par la rigueur des temps présents maints désabusements et « désidéologisations » ambiantes s’ensuivent. Les héroïques ardeurs juvéniles se sont alors quelque peu « émoussées ».
Le « cœur n’y est plus comme aux beaux jours d’antan ». En dépit des manifestations de rues récurrentes. Tel le mouvement des jeunes « Indignés », (Monde, 2011), celui de « Nuit Debout » et anti-loi Travail. (France, 2016). Pourtant ces juniors aspirent fort encore à adhérer à des valeurs exigeantes et nobles qui les transcendent. Ils sont plus anxieux que leurs semblables des Trente Glorieuses, (Occident, 1945-1975) quant à l’avenir, contexte très difficile oblige. Ils veulent encore malgré tout espérer car ils ont foi résolue en leur génération. Conscients des potentiels si remarquables qu’elle recèle.
Ils croient bien plus au renouveau qu’implique leur jeunesse qu’au modèle terni de leurs « aînés déchus ». Ils cultivent à juste titre nombre d’interrogations et réserves sur les fondements, visées du monde en lequel ils vivent. Sur lequel ils n’ont plus guère d’illusions. Les jeunes ont tout autant des certitudes quant à leurs formidables capacités à « rebondir » vers un univers « meilleur ». Les canons des valeurs juvéniles ne sont pas monolithiques mais variables. En fonction des individus, circonstances, domaines de pensée concernés. Ainsi la plupart des juniors insistent sur la notion de considération qu’ils se doivent entre eux et de la part des adultes.
Beaucoup sont sensibles à l’idée d’acceptation des différences, d’équité. Certains affirment qu’ils ne croient pas que l’accomplissement d’un rôle social soit pour eux leur meilleure voie de réalisation. D’épanouissement personnel, de valeur en soi. Que d’autres cheminements sont « préférables ». Nombre de jeunes « oscillent » ainsi des valeurs, croyances les plus traditionnelles, conservatrices ou restrictives aux adhésions les plus souples, permissives et libérales. Les juniors peuvent tout à la fois appeler de leurs vœux plus d’encadrement, d’autorité de la part des adultes notamment à l’école.
Également plus de libertés de choix en certains autres domaines comme leurs loisirs. En 2020 cette génération occidentale Y / Z des treize – vingt-quatre ans est née entre 1996 et 2007. Elle est la première cohorte juvénile du vingt-et-unième siècle naissant. Celle de la globalisation mondialisée « universaliste », la technologie interactive du « tout numérique ». Elle ne se conçoit que comme « citoyenne de l’univers » loin de toute attache particulariste. Elle voyage et la culture Internet mobile de poche et Wifi la relie à l’ensemble de la communauté humaine en permanence.
Ses valeurs sont les siennes, celles de tous ses membres au travers de l’ensemble de la planète. Ces jeunes peuvent naître à Paris, étudier à Montréal, vivre et travailler à Sydney. Cette jeunesse est mobile, flexible et adaptable. Le globe est son terreau naturel. Les juniors sont plutôt par nature « bienveillants » car ils sont très ouverts sur autrui notamment leurs pairs, sur le monde. Ils ont soif d’échanges, de partages, communication. Leur construction, maturité requièrent les métissages multirelationnels, contacts tous azimuts.
Les jeunes sont conformistes non pas tant par rapport aux modèles, attentes des adultes. Que vis-à-vis de leurs pairs, des modes de vie et d’être juvéniles que la « junior attitude » implique. Être jeune c’est avant tout se plier aux « canons préétablis » des codes du « savoir-vivre junior ». Sous peine d’exclusion du monde de la pleine civilité des jeunes, voire de représailles, harcèlements. L’on n’est pas jeune mais le devient par mimétique acculturation d’habitus, de conditionnements, réflexes néogénérationnels. Malgré leur jeunesse les juniors apprécient certains rites fort traditionnels et s’y plient bien volontiers-970. De façon pragmatique, lucide.
Cela les rassure par la stabilité induite car ils ont besoin de structuration cyclique scandant leur évolution naturelle. La plupart des « rites de passage » ancestraux vers l’âge adulte ont disparu. Alors les jeunes s’en sont inventés d’autres à leur mesure et convenance. En lieu et place du Service militaire disparu, premier emploi instable, insatisfaisant et du mariage raréfié. Les jeunes aiment fort à se retrouver entre eux. Pour fêter leur brevet des collèges, baccalauréat dès la fin de leur année d’études, l’arrivée des grandes vacances d’été.
Leurs traditions « bien à eux » ne sont pas toujours loin s’en faut celles des adultes. Elles n’en existent pas moins en légitimité égale. Les valeurs de fidélité, loyauté, confiance sont par exemple respectées. La « sécurité » est très présente à un jeune âge qui prise pourtant tout autant le risque, l’imprévu, l’impromptu, un certain « désordre »-971. Un adolescent de quinze ans confiait à l’auteur qu’en voyage avec ses parents il lui arrivait souvent de s’inquiéter auprès d’eux. De savoir où et comment étaient prévus le gîte et le couvert du soir même !
Globalement le jeune apprécie le « jeu de la roulette russe » mais tout autant les garde-fous qui tranquillisent l’esprit. Les frissons du « grand soir », du défi, de se faire peur sont certes recherchés. L’assurance terminale que l’on s’en sortira malgré tout n’est pas pour autant dédaignée. Autre grande ambivalence de la jeunesse, le « pouvoir » des adultes, des semblables est tenu en suspicion. Car la liberté récente chèrement acquise ne souffre pas d’être écornée par l’autorité d’autrui. Toutefois trop oublieux en cela de la loi de réciprocité relationnelle humaine nombre de juniors sont en mal de reconnaissance par les autres, de domination sur autrui.
Ils ont alors fort tendance à « peser » sur leurs pairs notamment pour mieux asseoir leurs pulsions autoritaristes. Ils leur infligent ce qu’ils reprochent pourtant aux adultes. Les navrants exemples fréquents des bizutages, harcèlements et rackets scolaires en témoignent. Les relations juvéniles entre filles, entre garçons et entre les deux sexes sont ainsi empreintes de jeux de dominations-soumissions. En lesquels les perversions les plus malsaines peuvent s’exercer. La jeunesse incertaine est un « enjeu de pouvoir » pour s’affirmer et se raffermir à ses propres yeux comme ceux des autres. En « réassurances ».
Dans les échanges bilatéraux et de groupe les relations des jeunes sont le plus souvent verticales, meneurs-menés. Plutôt qu’horizontales entre égaux parfaits. Par immaturité. En fonction des caractères inhibés, agressifs, manipulateurs, plus rarement bien affirmés sans timidité ni arrogance. Les valeurs des juniors de France ne sont pas, ne sont plus en rupture avec celles de leurs aînés. Celles de l’ensemble de leur société. Les idéaux juvéniles ont largement « rejoint » ceux des adultes et réciproquement. Citons l’autorité, les mœurs, le sentiment national ou religieux.
Désormais la plupart des adultes sont plus « permissifs », tolérants, libéraux que par le passé, c’est-à-dire bien plus « progressistes ». Les jeunes sont quant à eux plus demandeurs de structurations publiques des relations privées. Pour limiter les abus permissifs. Ils sont donc plus « conservateurs ». Ce qui fait que les générations se sont idéologiquement rapprochées. Cette relative harmonisation intergénérationnelle n’a été rendue possible que du fait d’un cloisonnement croissant entre les âges. Chaque génération vivant désormais plus repliée sur elle-même que véritablement en lien direct réel avec les autres. Ainsi l’ « intragénérationnel » l’emporte-t-il nettement sur l’ « intergénérationnel ».
Cela étant l’on observe aussi un clivage de valeurs entre jeunes diplômés et juniors peu formés. Non pas en matière de mœurs, mentalités, comportements privés mais d’un point de vue sociétal, politique, idéologique public. La première jeunesse est toujours plus ouverte et libertaire, la seconde bien plus radicale et réactionnaire-972. Dans la période de contestation antisociétale juvénile occidentale de la décennie 1965-1975 il y a alors pleines révoltes anticonformistes de jeunes. Pas l’un d’entre eux notamment les garçons alors que la guerre du Vietnam (1955-1975) fait rage n’aurait « misé » sur l’armée.
En temps libertaire des cheveux longs, psychédélismes, tenues déstructurées, « peace and love, flower power ». Celle-ci est alors réputée très liberticide, réactionnaire, rejetée comme instrument illégitime, oppressif, répulsif. Quelques décennies plus tard en un tout autre contexte pacifié le Service national impératif est suspendu en France en 1996. Alors l’armée devient ou redevient auprès des jeunes français l’une des institutions de sauvegarde les plus appréciées. Pour la sécurité et la stabilité ou l’ordre qu’elle représente par excellence. (Galland et al., 2002, 2012).
En un monde plus que jamais inconstant, troublé et incertain la jeunesse inquiète est en quête de « repères », comme d’ancrage, de permanence. Elle a besoin d’être profondément rassurée par une certaine « immanence ». Quatre décennies plus tôt elle souhaite bien au contraire en période plus « immuable » arracher ses libertés. En une société traditionnelle et autoritaire. Contrer tout ce qui lui semble aller dans le sens de la rigidité, la coercition et l’injustice institutionnelles. Symbole de cette époque désormais fort révolue sort en 1971 le drame historique cinématographique franco-italien Sacco e Vanzetti, Sacco et Vanzetti. Du réalisateur italien G. Montaldo.
Sur une musique du compositeur E. Morricone, (Italie, 1928-2020), des paroles de la chanteuse américaine J. Baez (1941-). Cette dernière interprète alors la bande son musicale originale du film Here’s to you / À vous. Il s’agit d’un immense succès planétaire, hymne ultra emblématique pour les droits civils et civiques des années 1970. Il rend hommage à deux « anarchistes » italiens immigrés, N. Sacco (1891-1927) et B. Vanzetti (1888-1927). Alors victimes d’une tragique erreur judiciaire en 1927 aux États-Unis. Sacco et Vanzetti sont condamnés à mort sans nulles preuves formelles puis exécutés pour braquages avec mort d’hommes. Le 9 avril 1927, Vanzetti dira au juge de l’affaire W. Thayer, (États-Unis, 1857-1933) :
« Si cet événement n’était pas arrivé j’aurais alors passé ma vie à parler aux coins des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir en inconnu et ignoré : raté. Tels sont notre existence et notre triomphe. Jamais en notre vie nous n’aurions pu espérer accomplir pour la tolérance, la justice et la compréhension mutuelle entre les hommes ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos existences, nos souffrances ne sont rien. Que l’on nous prenne nos vies, celles d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poissons, cela sera tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe » !
Leur pleine innocence sera enfin établie. Un long demi-siècle après leur mort ils sont très officiellement réhabilités. Leur condamnation, exécution à tort soulèvent une forte indignation mondiale. Ils deviennent les symptomatiques figures de l’iniquité sociale, idéologique d’État. De la lutte résolue contre le racisme, tous les préjugés, les intolérances. À la sortie du film, de sa musique culte la jeunesse mobilisée pour ces idées se reconnaît parfaitement en ce généreux combat. Contre tout « cannibale », dirimant abus de pouvoir quel qu’il puisse être, d’où qu’il puisse venir ! Pour l’absolu respect de la Vérité, la Justice quoi qu’il en coûte.
Les juniors d’aujourd’hui y restent tout autant que leurs antérieurs devanciers des mêmes âges très sensibles-973 ! Cette terrible affaire est à rapprocher d’une autre qui souleva elle aussi et tout autant aux débuts des années 1950 l’émotion planétaire. Celle des époux Rosenberg. J. Rosenberg (1918-1953) et son épouse E. Rosenberg (1915-1953), citoyens des États-Unis furent convaincus d’espionnage. Au profit de l’Union Soviétique (1922-1991), en pleine Guerre froide (1947-1991), maccarthysme (1950-1954), puis exécutés en 1953. Aujourd’hui leur « culpabilité » serait plutôt avérée. Non à l’époque. Les conditions assez iniques de leur procès poseraient encore problème-974.
En 1942 à Paris en pleine Seconde Guerre mondiale, (1939-1945), Occupation nazie, (France, 1940-1944) un jeune Algérien, Younes est arrêté par la Police française pour « marché noir ». En échange d’une libération sans inculpation il accepte alors d’espionner le recteur de la Grande Mosquée de la capitale, (France, 1926) K. Benghabrit. (Algérie, France, 1868-1954). Ce dernier est fort soupçonné de fournir de faux papiers aux résistants, aux Juifs. Younes rencontre le chanteur S. Halali, (Algérie, France, 1920-2005), Juif algérien qui se dit musulman pour échapper aux rafles. Les deux jeunes gens deviennent amis. Interrogeant sa conscience en salutaire introspection Younes abandonne son travail de traître délateur des siens au profit de la Police. En ascèse spirituelle, morale il s’engage pour la liberté auprès de la Résistance à l’occupant au fort péril de sa vie-975.
Telle est la trame du drame historique de cinéma français d’I. Ferroukhi, Les Hommes libres sorti en 2011. Cette fiction historique nous rappelle fort opportunément que les jeunes savent prendre les bonnes décisions qui s’imposent. Face aux choix moraux cruciaux qui se présentent à eux. Cultivant les valeurs idoines élevées, se battant pour les exigeants idéaux subséquents. En généreux sacrifices des plus désintéressés pour autrui.
Authentique visage d’une jeunesse avant tout pétrie de noblesse, dignité pour elle-même, ses frères humains ! Nouvelle génération toujours prompte à s’enflammer, se dresser pour les meilleures causes. Même si en sagesse lucide, réaliste, pragmatique elle sait qu’ici-bas « tout passe, tout lasse, tout casse ». L’optimisme fait crédit à l’homme car il croit en sa vertu de rédemption, transcendance, « rachat de ses fautes ». Le pessimisme le débite de sa déchéance, son indignité, avilissement. Le jeune espère !
– Votre Jeunesse en Recherche –
De « Dépassement, Réalisation de Soi »
Votre jeunesse est aussi le temps des pleines « réalisations » de soi, pour soi, en l’objectif de l’adultisme réussi. Il s’agit de bien vous accomplir en menant à bon terme vos études, trouver un bon travail, quitter vos parents, vous installer chez vous. Ancrer votre vie affective puis fonder votre famille et cultiver vos loisirs, des valeurs structurants, enrichissants… Au-delà il s’agit de vous dépasser en faisant vos preuves par des acquis concrets qui sont la marque de votre capacité de réussite personnelle. Aux yeux de vous-même comme d’autrui.
Cela équivaut au Chef-d’œuvre (Dep., le Moyen Âge) des artisans Compagnons du Devoir et de leur Tour de France. Pour être reconnu, intégré par la communauté du métier concerné. Tel jeune « preux » chevalier médiéval le junior est « adoubé » par ce qu’il a su faire, avoir, paraître tout autant, plus encore que par ce qu’il est. L’ « hédonisme », recherche des plaisirs, l’ « eudémonisme », quête du bonheur animent la jeunesse. Car elle se bâtit sur la plénitude immédiate de l’exaltation des sens, l’espérance d’être « heureux » en ce bas monde. Le renoncement spirituel aux gratifications terrestres en attente de celles plus fortes d’un Au-Delà futur n’est plus depuis la Renaissance. (Europe, XVIe s.).
Surtout depuis le dix-huitième siècle des Lumières. Il s’agit de jouir ici-bas du maximum des possibles et s’épanouir à l’optimum tant qu’on le peut en l’instant présent. Les jeunes sont particulièrement adeptes de cette philosophie du « Carpe diem », bien profiter de la vie temporelle actuelle. L’enfant rêvait d’ « avoir chacun de ses dix doigts plongé en dix pots de confitures différents, d’en mettre partout avec délices ». Le jeune entend bien quant à lui exiger, conquérir, obtenir sa pleine part de « félicité au soleil ».
Pour grandir le junior a aussi besoin d’être « stimulé » en son intelligence, ses capacités. Cela l’encourage à poursuivre ses efforts inlassables pour atteindre ses objectifs de vie. Il s’agit donc pour l’adulte ni de le démobiliser en le stigmatisant sans cesse ni d’exalter son « supposé génie » en le portant constamment aux nues. Or, d’accompagner ses difficultés et progrès vers l’amélioration, la réussite régulières. L’objectif de la jeunesse est l’ « autonomie » car les dépendances de l’enfance sont bel et bien périmées, obsolètes, comme répudiées. Cela à tout jamais !
Le jeune s’ « adultise » en s’opposant, gagnant des libertés nouvelles, prenant toute son indépendance. Le junior postenfant, préadulte se définit d’abord par une forte volonté de souveraineté ombrageuse, jalouse et sourcilleuse. Il ne peut prétendre être déjà « grand » tout en étant encore « petit ». Toute la difficulté consiste pour lui à se voir reconnaître son nouveau statut de « presque grand ». Gérer au mieux un état intermédiaire, provisoire, tant instable, mouvant à souhait, qui lui échappe le plus souvent. Il n’est de fait pas confortable d’être « moyen » car plus vraiment « petit » mais pas encore véritablement « grand » !
La jeunesse cultive avec soin des « valeurs néogénérationnelles » qui lui sont propres, d’autres sont communes avec les adultes. Ses adhésions et répulsions idéologiques fluctuent aussi en fonction de certains paramètres. Dont les sujets concernés ne peuvent totalement faire abstraction. Concernant les âges reprenons notre typologie classique. Les néoadolescents collégiens de douze-quinze ans ou adonaissants. Les adolescents lycéens de seize – dix-huit ou juniorados. Les jeunes étudiants ou actifs adulescents de dix-neuf – vingt-quatre ans.
Au-delà des adhésions propres à chaque jeune l’on peut dire que les adonaissants ont peu d’attaches partisanes, idéologiques. Ils se préoccupent plutôt de ce qui fait tout leur quotidien immédiat de proximité et concret. École, famille, copains et loisirs. Les valeurs de loyauté, solidarité entre pairs ont du prix à leurs yeux. Les adolescents quant à eux commencent à s’intéresser à la « marche du monde », en débattent entre eux. Les grands principes moraux se mettent fort à les toucher. Les adulescents s’interrogent bien plus que leurs cadets quant au « plein sens » à donner à l’existence et la leur en particulier. Puisque l’heure des choix capitaux a alors sonné pour eux.
Concernant les sexes les filles ont plus tendance que les garçons à s’impliquer en matière de culture de certaines valeurs. Quasiment absentes de « Mai-68 » elles ont pris leur « revanche » sur l’Histoire. Elles s’expriment et se mobilisent bien plus volontiers pour défendre certaines causes que leurs homologues masculins. Elles sont plus sensibles à l’écologie, aux injustices, droits humains… Alors que les garçons sont plus attentifs à des luttes protestataires, politiques, revendicatives et catégorielles tranchées. Le milieu socioculturel et économique d’appartenance compte aussi en matière de valeurs.
Les classes supérieures juvéniles étant privilégiées, « profiter de la vie » l’emporte sur tout autre « considération ». Les jeunes des classes moyennes sont plus inquiets pour leur avenir depuis les années 1990. Ils prêtent plus attention aux « idéaux » susceptibles d’influer positivement sur leur sort et de leur redonner espoir. Les juniors les plus défavorisés sont en une incisive logique d’adhésions car ils savent qu’ils n’ « ont plus rien à perdre ». Ce sont eux qui ont le plus à craindre de leur environnement et pour leur avenir personnel. Le risque des pires extrêmes délétères les guette entre apathies résignées et révoltes musclées.
Les personnalités, comme les choix de chaque jeune mènent à la « passion métaphysique ». La désaffection totale pour toute « croyance » de quelque nature qu’elle soit. Également à des intérêts moraux plus ou moins distanciés. Les parcours individuels, études plus ou moins poussées, intellectualisées conduisent à intérioriser ou non certaines valeurs. L’éducation familiale, la culture d’appartenance façonnent les inculcations éthiques ou leur absence dès la « prime enfance ». L’habitat rural était bien plus « propice » à l’adhésion à des valeurs plus traditionnelles et conservatrices, voire parfois « réactionnaires ». Que la résidence urbaine plutôt favorable aux idées modernistes, progressistes et libérales. Cela a bien changé.
Quant à la périurbanité populaire certaines difficultés peuvent inciter à un « radicalisme » idéologique ou religieux marqué. Traditionnellement depuis toujours la jeunesse s’affirme et se positionne en s’opposant aux valeurs entretenues par les aînés. Cultivant les siennes propres, tentant de les imposer pour qu’elles remplacent celles qui ont « force de loi ». En attendant que plus tard notre nouvelle génération fasse de même et ainsi de suite au cours des âges. Le tournant idéologique « libéral » des années 1960, 1970 a quelque peu modifié la donne.
Les jeunes de cette époque de fortes remises en cause sont à leur tour devenus parents puis grands-parents d’adolescents. Les points de vue idéologiques se sont alors fort rapprochés. Ils ont de moins en moins donné lieu à affrontements, controverses en matière d’idéaux, attitudes, de mœurs, mentalités. Il n’en reste pas moins que quasi instinctivement par nature les juniors ne « prennent jamais pour argent comptant » les modèles adultes préétablis. Ils se réservent à leur égard un « droit d’inventaire » exigeant « sous réserve ».
Ils sont très lucides quant à l’état peu reluisant de la planète légué par leurs devanciers. Quant aux transmissions très sujettes à caution qu’ils reçoivent. Aujourd’hui, comme hier ou demain les chahuts, révoltes, charivaris, protestations font partie intégrante de la jeunesse. Par nature en mal de reconnaissance, libertés, d’intégration. Elle use d’assagissements dus à une époque plus rétive aux idéologies, engagements, en crise morale, matérielle. Elle se replie sur ses particularismes, est moins ouverte sur le « champ du collectif ».
Toutefois le junior est plus que jamais autonomiste et réfractaire, matérialiste et hédoniste, altruiste et utopiste. Il se veut de plus en plus « souverain » car les chaînes de l’enfance sont caduques. Oppositionnel car les contraintes, entraves imposées par ses aînés ne sont pas toutes à ses yeux légitimes, fondées. Qu’il veut imprimer à tout prix sa propre marque. Le jeune est consumériste, égocentrique car sa nature est d’être jouisseur par le goût d’expérimenter, de découvrir. D’assouvir de sensualistes quêtes d’absolu à l’âge des plaisirs, désirs, envies.
Car ses aînés souvent issus des Trente Glorieuses (Occident, 1945-1975) l’y incitent, lui en donnent l’exemple. En une société « postmoderne » avide et toujours plus marchande. Les juniors sont désintéressés, passionnés car ils ont conscience des tares, égoïsmes de leurs devanciers. Parce que leur attirance première pour le groupe, le collectif des « semblables-pairs » les prédestine plus au partage. À tenir compte de l’autre, à l’interactivité humaine. L’adolescent veut si désespérément croire en des « forces d’absolu » qui le transcendent. Car il perçoit alors fort confusément, obscurément que sa raison d’être est d’espérer, de rêver, croire et d’adhérer, d’être transporté.
Sous peine de déchéances, de désarrois extrêmes, même au prix des déceptions les plus amères. Il s’agit en outre d’un « talisman » quasi magique à l’encontre de toute désillusion inévitable de l’adolescence. « Vifs frimas » de peu clémentes conjonctures. Réalistes, idéalistes, désenchantés ces jeunes ont des « raisons » de craindre d’un avenir capricieux, insaisissable. Plus que d’en espérer d’improbables rédemptions. D’où anxiétés, flottements, attentismes face au « temps qui passe ». Les juniors se défient des institutions et des pouvoirs établis mais gardent un intérêt plus ou moins conjoncturel pour la chose publique et le bien commun-976.
En matière d’adhésion ou non des juniors à des valeurs, normes idéologiques l’on a pu établir une sextuple typologie morale juvénile. Le type I est celui des jeunes traditionalistes. À tous points de vue ce sont eux qui adhèrent le plus à toutes les formes de normes les plus traditionnelles. Les moins « progressistes », les plus délaissées aujourd’hui. Ce groupe est féminin et assez religieux, moyennement diplômé, peu politisé. Le type II est traditionnel et modéré. Conventionnel en matière de vie privée, ce type est en une moyenne d’exigence quant à son intérêt propre.
Du fait d’une certaine permissivité morale même au prix d’une certaine « immoralité ». Le type III est moralisateur sur certains points mais très laxiste sur d’autres jusqu’à l’illicite déviant. Il rejette plus que les autres l’autorité, la contrainte. C’est le groupe le moins religieux. Sa seule exigence rigide exprimée concerne l’honnêteté fiscale et financière et quant aux obligations à observer à l’égard de l’État. Le type IV est celui des contestataires modérés. Il rejette plutôt l’essentiel des normes sociales classiques sauf en matière de mœurs, pratiques peu acceptées ou réputées déviantes. Il préconise l’autorité.
Il s’agit de juniors peu favorisés, peu diplômés. Pour compenser un faible niveau social ces jeunes plutôt conservateurs sont fort adeptes de l’ « habileté » même illégale. Le type V est contestataire par fortes adhésions quasi systématiques aux options les plus libertaires et opposition constante à l’ordre établi. Il est plutôt masculin, diplômé, peu religieux, politisé et progressiste. Le type VI est à la fois conservateur et libéral. Il est attaché à la droiture morale et au civisme. Tout autant également aux libertés, libres mœurs privées. En l’espèce il est même le groupe le plus libertaire, tolérant.
Concernant le domaine privé les juniors sont de plus en plus permissifs à l’image de leur société globale. La liberté discrétionnaire d’option personnelle prime. Toutefois la notion de fidélité conjugale retrouve chez les jeunes toute son aura ternie. Les juniors ont soif de congruence en matière affective, ce comme en d’autres. L’évolution inverse à celle du domaine privé libertaire prévaut en terme de champ public rigoriste. En 1968 et encore 1981 la jeunesse rejette en un bel ensemble « unanimiste » tradition, comme autorité. Désormais les deux tiers des jeunes adhèrent à l’idée d’autorité. Les « valeurs civiques » sont aussi en très nette hausse au sein de la nouvelle génération.
Les juniors exigent donc tout à la fois plus de libertés privées et plus d’ordre public. Ils ne veulent pas de libertarisme absolu ni de rigidité extrême dans les deux sphères privée et publique. La liberté est attendue pour la vie personnelle, l’ordre pour la matière collective. Le principe d’autorité transcende les deux domaines chez la majorité des jeunes. Les juniors restent attachés à la « liberté » en tout domaine. Leur demande d’autorité ne concerne que l’ordre public en répression à toutes les déviances nuisant fort à la tranquillité collective et à l’ordonnancement social établi. Les jeunes veulent tout à la fois les attraits de la liberté et ceux de l’ordre. Ils ne recherchent pas la contrainte liberticide mais le réel accomplissement personnel. En la garantie de l’harmonie nationale, institutionnelle. (Galland et al., 2002, 2012)-977.
La jeunesse par ses passions, élans propres peut bien volontiers incliner vers les pires adhésions totalitaires. Nonobstant, elle rejette le plus souvent les dogmatismes, intolérances, absolutismes de l’Histoire. Ainsi en matière de libertés propres, de consciences morales et spirituelles elle s’oppose à tout conditionnement, déterminisme idéologiques, axiologiques préétablis imposés. Réfutant ainsi par avance d’obsolètes principes de temps révolus-978.
Tel celui du Grand Siècle de Louis XIV, (Souverain régnant, France, 1638-1715) : « Cujus regio, ejus religio, Tel prince, telle religion ». Par lequel le roi de France Très Chrétien imposait sa seule foi catholique à l’ensemble de ses sujets. Ce qui sera notamment à l’origine des tragiques « dragonnades » anti-protestantes. (France, XVIIe-XVIIIe s.). En une visée bien plus gallicane qu’ultramontaine. D’un christianisme plus national qu’universel. D’obédience plus royale que pontificale. En objectifs plus politiques et temporels que religieux et spirituels.
Les jeunes savent de surcroît faire la différence entre l’imperium du « pouvoir formel captatif » et l’auctoritas du « charisme naturel oblatif ». Ce qui généralement leur permet de ne pas être dupes de l’abusive démagogie de certains adultes à leur encontre. Distinguer ceux qui les comprennent, les aiment ou les servent pour eux-mêmes et sans arrière-pensées intéressées. L’exemplarité ne vient pas que des adultes mais aussi des jeunes. Ainsi Télémaque, fils de Pénélope et d’Ulysse les défend avec héroïsme par pur amour filial en la mythologie grecque antique. Au-delà des temps et des lieux la juvénilité demeure pétrie d’idéal. Ainsi de 2012 à 2016 les jeunes rebelles syriens de Daraya s’opposent-ils à l’oppression, aux bombes par le pouvoir du savoir. Constituant une bibliothèque secrète souterraine avec des milliers de livres récupérés par eux sous les ruines. (D. Minoui, reporter française, Les Passeurs de livres de Daraya, récit, France, 2017).
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